Hello tout le monde ! Je n'ai pas pu vous faire attendre plus longtemps, alors voilà la suite de notre affaire... De l'action de l'action de l'action !

J'espère que vous aurez autant de plaisir à me lire que moi à l'écrire. On se retrouve plus bas :)

Bonne lecture !


Chapitre 34 : Dans le feu de l'action

Sam et Dean se précipitent hors de la remise, renversent presque Suzanne qui attendait derrière. L'angoisse au ventre. Ce son qu'ils ont entendu, ils le connaissent à merveille. C'est un dernier cri d'agonie, aucun doute là dessus.

Plusieurs patients passent devant eux en courant, de toute évidence terrifiés. L'un d'entre eux se tient les cotes. Sam peut voir du sang filer entre ses doigts. Il roule des yeux épouvantés.

Quelque chose attaque.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?! » Dean essaie d'en attraper un pour en apprendre plus mais peine perdu.

Sam lui, est déjà à l'autre bout du couloir menant aux dortoirs. Il tombe sur le grand cadavre de Marcus, le ventre ouvert de haut en bas. Voilà donc l'origine de ce hurlement affreux.

« Oh non ... »

C'est nouveau ça.

Entre l'égorgement et l'éventrement, Sam n'est pas sûr de vouloir un jour choisir.

Le fantôme de la dame se tient également devant lui. Elle lève brusquement la tête dans sa direction. Elle n'est pas bien grande mais son visage est tordu dans une expression qui ressemble à une haine profonde. Ses cheveux sont tressés de chaque coté de sa tête, à la manière d'une petite fille. Sam lui donne la trentaine, pas plus.

Mais il n'attend pas de goûter aux deux scalpels qu'elle tient, un dans chaque main, pour prendre les jambes à sou cou. Il rassemble du mieux qu'il peut les personnes qui hurlent un peu partout.

« Dean ! »

Plus le moment de garder leur couverture, la température est glacée tout autour d'eux, et les lampes clignotent plus fort que jamais

« Faut les faire sortir d'ici ! Tous !

-Compris ! » réplique son frère dans la seconde, et il profite de son statut de gourou et de gagnant de poker pour les mener vers la sortie.

Bien en peine cependant. Déjà ils ne le suivent pas tous comme de gentils petits moutons, mais en plus la porte du couloir menant à l'extérieur refuse de s'ouvrir.

« Sam ! » crie Dean à son tour « elle a fermé les issues ! »

Sam reste en arrière, repousse courageusement l'apparition grâce à une poignée de sel habilement jeté.

« Les fenêtres ! »

Mais Dean a beau insister, elles restent toutes aussi fermées.

Tout le monde s'affole autour d'eux, Dean peine à les contenir.

Ils ont rarement fait face à une situation aussi bordélique. Des attaques dans des lieux publiques, oui, quelque unes. Mais jamais au milieu de personnes aussi fragiles. C'est un véritable capharnaüm de cris, de pleurs, de rires même !

Sam voit un homme arracher carrément son tee shirt pour s'enfuir ensuite torse nu, comme s'il était plus léger ainsi. Comme si cela le sauverait, d'exposer sa peau blafarde et abîmée. Ou alors il se prend pour Super man, mais à entendre ses cris effrayés, Sam en doute.

Dean décide d'emmener tout ce petit monde vers la grande salle commune tandis que Sam reste en arrière, veille à repousser l'apparition à chaque fois qu'elle tente de s'en prendre à quelqu'un. Elle a l'air furieuse ! Est-ce parce que Sam a brûlé ses os ? Il n'imaginait pas une telle réaction défensive !

Une fois arrivés, Dean et lui s'empressent de verrouiller la porte et de tracer une ligne de sel sur toutes les issues, portes ou fenêtres. Ils ne s'arrêtent qu'une fois cette maigre protection en place. Échangent un regard inquiet.

« Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? » demande Johnny, le deuxième infirmier de service avec Sam.

Il essaie de calmer un jeune homme qui s'enfonce les ongles sous la peau en beuglant comme un veau. Pas un franc succès.

Mais les frères l'ignorent complètement.

« Laisse moi deviner … une femme ?

-Dans le mille.

-T'avais pas cramé ses os ?!

-Non Dean, j'ai menti, je suis allé à Disneyland !

-D'accord d'accord. Bon le sel devrait la retenir. Tout le monde est là ? »

Ils font un rapide décompte.

« Je crois que oui... » s'avance Sam, un peu rassuré « Dean, elle doit être rattaché à Mark, c'est logique ! Après tout, elle l'a suivit jusqu'ici.

-Mark ! » appelle Dean en se tournant brutalement.

Il est là, prostré dans son fauteuil, ébahi par cette agitation. Et il peut.

Dean dénombre quatre personnes qui prient en cercle, une femme qui se ronge les ongles jusqu'à la peau, trois hommes qui se hurlent dessus, chacun à propos d'un sujet différent. Et beaucoup qui se contentent de rester là, pâles comme la mort, sans bouger. Si ouvertement terrifiés et impuissants à comprendre la situation que Dean ressent une bouffée de rage.

Merde, est-ce que ces gens là n'en bavent pas assez comme ça ?! Est-ce qu'ils méritent vraiment de vivre une autre épreuve de ce genre ?

Mark cependant, n'a pas dû quitter la salle commune, et ses yeux papillonnent autour de lui, à la recherche d'une explication. Dean se rapproche de lui.

« Qu'est-ce qu'il se passe Kenny ?

-Ta femme, voilà ce qu'il se passe ! » réplique brutalement Dean

« Ma femme ?

-Ok, j'ai un scoop pour toi : les fantôme existent et tu n'es pas fou. Félicitation. »

Dean applaudit.

« Maintenant que les choses sont claires, dis nous, tu as gardé un souvenir de ta femme, pas vrai ? Un mouchoir sur lequel elle aurait pu saigner, un collier lui ayant appartenu, merde, même une rognure d'ongle, je sais pas ?! Il nous le faut ! »

Johnny et Vanessa marchent vers eux.

« Mais hé, Eric, tu vas me dire pourquoi tu as rassemblé tout le monde ici ?! Et c'est quoi ça ? Du sel ?! » l'apostrophe Johnny.

« Écoute, j'ai pas vraiment le temps de tout t'expliquer maintenant » s'excuse Sam « Mais fais moi confiance, quelque chose de dangereux nous attaque là tout de suite.

-Tu planes ! Quelque chose de dangereux ? Je ne vois rien là ! Ça t'amuse de semer la panique ?!

-Johnny je …

-Non, ça suffit ! »

Dean se détourne de Mark en entendant cet échange, pas vraiment ravi d'avoir à s'interrompre.

« Hé Johnny-boy, désolé pour ce prénom, mais c'est pas de notre faute. Maintenant tu écoutes calmement et tu arrêtes de te la jouer « c'est moi qui représente l'autorité ici » ! »

L'infirmier pose deux yeux ébahis sur ce patient qui lui parle comme si c'était lui le fou ici.

« Marcus est mort, d'accord ? Oui, mort, comme Matt et Ian avant lui. Ça t'avait pas mis la puce à l'oreille déjà ? » ton dédaigneux.

Devant le manque de répartie de son vis à vis, Dean enfonce le clou.

« Bon, allons y pour le speech : lui et moi » il désigne Sam « on chasse les créatures dangereuses. Et sans faire la liste, les fantômes sont dessus. »

Silence stupéfait.

« Maintenant » poursuit Dean, imperturbable « si tu nous empêches d'agir, il y aura bientôt d'autre morts. Merde, probablement nous tous, pour ce qu'on en sait ! C'est un esprit vachement en rogne qu'on a sur les bras là !

-Quoi ? Mais …

-Il a raison Johnny » intervient Sam, un poil plus calme.

« Tu peux le croire. Tout ce qu'il dit est vrai. »

Vanessa dévisage les deux frères, suspicieuse. Passe de l'un à l'autre, la mine sérieuse, tandis que Johnny essaie encore de digérer ces informations si perturbantes.

« Eric tu n'es pas vraiment infirmier ? » marmonne-t-il, vexé de cette imposture à laquelle il a cru.

« Non. D'ailleurs je ne m'appelle pas Eric non plus » sourire d'excuse vers Vanessa.

La surprise s'affiche encore sur le visage des deux infirmiers, ainsi qu'une méfiance instinctive.

«Et toi tu n'es pas un vrai malade » devine Vanessa dans un souffle, s'adressant à Dean « Tu as baratiné le docteur O'Connel ? D'autre ont essayé avant toi, tu es un bon menteur … » fait elle, mi figue, mi raisin.

Elle scrute Dean dans un effort évident de cerner cet homme qui se fait passer pour ce qu'il n'est pas. Enfin, peut être pas, son avis sur la folie des deux hommes qui se tiennent en face d'elle est encore réservé.

« Vous vous connaissiez... » lâche-t-elle encore à mi-voix.

« Oui on est ... » commence Dean avant de s'arrêter soudain.

Il jette un regard hésitant vers Sam. Difficile de définir ce qu'ils sont en réalité. Voilà une conversation qu'il n'a pas du tout envie d'avoir, ni avec Sam, ni avec personne en fait.

« On travaille ensemble depuis longtemps » balance-t-il pour couper court. Sans se mouiller.

Ah. Pointe de déception pour Sam. Frisson désagréable au bas du dos. Travailler ensemble... Oui, c'est sûr que c'est un moyen de les définir. Mais un moyen tellement restreint ! Ce n'est qu'une partie, une toute petite partie de ce qu'ils sont, non ?

En même temps il s'attendait à quoi de la part de Dean ? Faut arrêter de croire aux miracles ... Et puis, ce n'est pas vraiment le moment pour se lancer dans des explications trop détaillées non plus.

« Mais l'important, c'est de nous laisser faire maintenant » reprend Sam « On peut faire en sorte de nous sortir de ce merdier. Nous et personne d'autre.

-Disons qu'on a l'habitude de s'occuper de cas un peu plus avancés que les patients d'ici... genre carrément morts » précise Dean un peu en vain.

Johnny est sur le point de protester encore quand la porte se met soudain à trembler. Agitée de grands coups. Comme si quelqu'un poussait de toute ses forces derrière. Quelqu'un de sacrément en colère.

Voilà de quoi attirer l'attention des infirmiers. Ils fixent la porte, stupéfaits.

« Qu'est-ce que c'est ?» demande Vanessa d'une voix blanche.

« Un esprit vengeur sur les nerfs » s'empresse de répondre Dean.

« Qu'est-ce qu'on peut faire ?»

Que ce soit la peur ou autre chose qui pousse Johnny à poser cette question, Dean lui en est reconnaissant.

« Vous, pas grand chose. Pour l'instant la porte la retient » explique Sam

Vanessa hoche lentement la tête avant de se tourner vers ses patients, essaie de les rassurer comme elle peut. Elle repère l'homme blessé plus tôt, qui se tient toujours les côtes et le prend en charge. Autant faire ce qu'elle sait faire. Soigner.

Dean se retourne vers Mark. Le temps presse.

« Alors ? Qu'est-ce que c'est ? L'objet lié à ta femme ?

-Je … mon médaillon j'imagine …

-Un médaillon, parfait. Il était à elle ?"

Mark remonte ses lunettes sur son nez. Ses doigts tremblent.

"Non, mais j'ai gardé une mèche de ses cheveux à l'intérieur...

-Très romantique" reconnait Dean "Où est il ?

-Je ne sais pas.

-Quoi ?

-Quelqu'un me l'a volé hier. Je ne le trouve plus. »

Dean se plonge la tête dans les mains. Le monde est contre eux, c'est pas possible ! Il s'efforce d'ignorer la migraine tenace qui lui broie le crane depuis un moment maintenant. Sam fait la grimace. Ça s'annonce compliqué.

« Une idée de qui pourrait avoir fait ça ?

-Non, pas du tout.

-Bien. Très bien. Parfait. »

La porte tremble de plus en plus fort. A ce rythme elle ne tiendra pas des heures...

Dean ne prend pas le temps de réfléchir et sur une impulsion, monte sur une table. Il ne commence à parler qu'une fois bien certain que chacun peut l'entendre et le voir correctement. Vanessa et Johnny le laisse faire, partagés. Mais pour l'instant, trop choqués pour tenter quoi que ce soit.

« Bon écoutez moi tous ! Oui tous, même toi Fernandez, je te vois te boucher les oreilles ! »

Le Fernandez en question retire aussitôt ses mains.

Sam s'étonne de l'autorité de Dean sur ces gens. Quoi, deux jours parmi eux, et ils lui obéissent déjà au doigt et à l'œil ? Il faut croire que le gène du commandement est courant chez les Winchester. Et ce n'est que le début.

Dean augmente le volume de sa voix et reprend :

« Bon, on a besoin de retrouver un collier « égaré » » il mime des guillemets de ses doigts, pas dupe.

« Le collier de Mark. Un joli médaillon au bout d'une petite chaîne. Alors qui que ce soit, je m'en contrefiche, d'accord ? Mais je dois savoir où il est, maintenant ! »

Silence pesant.

« Alors ? Personne ? »

Silence.

« Bon très bien, mais n'oubliez pas que c'est vous qui m'y avez forcé ! » gronde Dean.

Il fixe le regard sur un patient dont Sam n'a pas retenu le nom.

« Alex, est-ce que c'est toi ? Et si tu mens, j'appelle ta mère, c'est juré ! »

Le jeune homme en question secoue la tête d'un air terrifié.

« Et toi Maria ? Tu ne veux pas que les licornes reviennent te voir pas vrai ? Pas celles avec les cornes en fer ? »

Nouvelle dénégation horrifié.

« Si tu sais quelque chose, parle, ou je n'hésiterai pas à les faire venir ici ! »

Dean continue un moment, passe de névrose en psychose, trouve les mots pour chacun jusqu'à ce qu'enfin, le coupable se dénonce.

Sam est ébahis de cette efficacité. Deux jours lui ont suffit pour apprendre à connaître chaque patient, pour savoir leurs noms et leurs pathologies. Qu'on ose dire que Dean n'est pas le meilleur chasseur de tout les temps ! Enfin, l'un des meilleurs, Sam ne s'exclue pas non plus ...

« Gary mais enfin ! Qu'est-ce qu'il t'a pris ! » l'engueule Dean.

« C'est eux. Les martiens. Ils m'ont demandé de le prendre. Je ne sais pas pourquoi, je le jure » il pleurniche, pitoyable.

« Où tu l'as caché ? »

C'est à ce moment que la porte s'ouvre en grand dans un dernier énorme coup de butoir.

Une apparition fantomatique se tient devant eux. Elle les dévisage, et Sam ne sait pas comment elle fait, mais on dirait qu'elle les regarde tous en même temps. Menaçante comme la mort. Droite, juste à la limite de la ligne de sel.

La foule explose en cris mais le cœur de Dean se glace.

Ok, deux constatations là.

La première c'est que Mark vient de l'appeler, les larmes aux yeux. Comme s'il la connaissait. Comme si c'était sa femme.

La deuxième, c'est que ce n'est pas la même femme que celle qui l'a agressé dans sa chambre la nuit dernière. Pas d'erreur. Cette dame là est beaucoup plus petite et plus jeune.

Comment est-ce possible ? Dean n'est peut être pas très bon en maths, mais quelque chose cloche là ...

Avant qu'il ait le temps de dire quoi que ce soit cependant, Sam pulvérise l'apparition d'une adroite projection de sel. Pas le plus pratique, de jeter du sel à main nue. Ses fusils lui manque.

« Heu Sam … » l'appelle Dean alors qu'il s'échine à refermer la porte. Protection bien inutile, mais tout plutôt que les patients paniquent à nouveau à cette vue d'outre tombe.

« Quoi, Dean ?

-On a un problème …

-Non sans rire !

-Non mais un autre, je veux dire. »

Sam le dévisage avec un air fataliste. La loi des série existe. Cette fois c'est sûr.

« Je crois qu'elles sont deux …

-Quoi ?!

-Celle que j'ai vu … c'était pas la même … pas la femme de Mark. »

Sam se plaque une main sur le front désespérée.

« Ils sont à moi ? » cite-t-il de mémoire.

«Oui. C'était une autre.

-Deux … elles sont deux …

-Bienvenue à Ghostyland » tente Dean, se raccrochant comme il peut à cet humour noir qui le caractérise.

Gary se rapproche à ce moment là. Il tremble de tout son corps, clairement terrifié.

« Je ne comprends pas … C'était un alien ?

-Gary, où est ce foutu collier ? » lance hargneusement Sam, qui commence à en avoir marre de ces chasses qui tournent systématiquement au vinaigre.

Merde, ils ne méritent pas ça !

« Sous mon oreiller.

-Original » siffle encore Sam, conscient de passer ses nerfs sur un innocent.

Dean se place entre eux.

« Ok, on se calme là. T'emballes pas Sam, et allons chercher ces putains de cheveux, d'accord ? Un coup de zippo et ça ira déjà mieux. »

Sam inspire profondément. Bon.

« On peut pas les laisser seuls Dean. C'est dangereux. »

Dean grogne, se passe la main dans la nuque, réfléchit à toute vitesse. Avant qu'elle ne revienne.

« Le sel la retient. »

Il se tourne vers Vanessa et Johnny, nettement plus coopératifs depuis qu'ils ont eut un assez bon aperçu de la menace. Nettement plus effrayés aussi.

« Vous pouvez faire un sorte que personne ne quitte cette pièce ? Vous ne risquez rien tant que vous restez tous derrière cette ligne » explique Dean.

« Vraiment ? Mais ... » demande Johnny, incrédule.

« Vraiment » affirme Dean d'un ton confiant.

« Les téléphones ne marchent pas... » se désole Vanessa

« Elle a du brouiller le signal » explique Sam.

« Vous allez la faire partir ? » interroge-t-elle avec circonspection.

« Si tout se passe bien, oui » promet Dean.

« Alors allez y » approuve Vanessa « on s'occupe d'eux.

-Parfait.

-Mais il faudra tout nous expliquer ensuite …

-Entendu. »

Puis s'adressant à Sam de nouveau :

« On a besoin d'armes. »

Sam se creuse la tête une minute. Armes, armes. Qu'est-ce qu'ils ont sous la main ? Soudain il claque des doigts.

« Je sais ! Le bureau du directeur ! Il a une cheminée.

-Des tisonniers » traduit Dean immédiatement « Et ce n'est pas loin ! Au bout du couloir si je me rappelle bien !

-C'est ça !

-Bien, alors bureau, chambre, zippo » Sam en sort un de sa poche « et on revient ici en vitesse » résume Dean.

Silence.

« Et le deuxième fantôme ?

-On verra plus tard, tu veux bien ? D'abord la connasse qui attend derrière la porte. Ensuite la tarée noctambule. »

Sam hoche la tête.

« En route alors.

-Tu es prêt ?

-Maintenant ou jamais ! »

Et ils franchissent la porte.


Sam peine à contenir le sang qui coule encore et encore de son entaille au bras. Les doigts rouges depuis un moment maintenant. Des vertiges commencent à l'attaquer par vagues successives. Il voit flou.

Mais rien de tout ça n'a d'importance.

Pas quand Dean gît inconscient devant lui.

« Dean ! » appelle-t-il encore, dans l'espoir que ce dernier puisse l'entendre et ouvre ses yeux verts une fois de plus.

Sam n'est pas prêt à renoncer à cette vision, jamais.

Tout s'était plutôt bien passé pourtant. Enfin à peu près. Mieux que ce qu'ils espéraient. Le bureau s'était ouvert facilement avec le passe-partout de Sam, les tisonniers étaient bien à coté de la grande et belle cheminée. Ils avaient trouvé rapidement la chambre de Gary, sous les indications de Dean.

L'esprit avait bien tenté de les attaquer. Plusieurs fois. Mais leurs armes faisaient leur boulot, et c'est indemnes qu'ils avaient trouvé le médaillon, caché sous l'oreiller comme prévu.

C'est à partir de là que les choses avaient commencé à se corser.


Dean actionne le zippo d'un geste brusque, nerveux. Tu m'étonnes. Sam lui accorde ça, il a le droit d'être légèrement anxieux !

Sam, lui, monte la garde devant la porte de la chambre de Gary, sur le qui vive, prêt à réagir au moindre déplacement d'air, au moindre bruit suspect.

« Alors ?! » presse-t-il Dean

« Donne moi une seconde, tu veux ? » le rabroue Dean, concentré.

Sam fixe le briquet et comprend tout de suite le problème. Dean n'arrive pas à l'allumer. Plus d'essence. Dean s'acharne encore un moment avant de jeter un regard consterné vers son frère.

« Sérieusement Sam ?! »

Il désigne le zippo, désespéré.

« T'as pas pensé à vérifier le niveau avant qu'on se jette dans la gueule du loup ?

-Toi non plus ! » se défend Sam instinctivement.

« C'est pas mon putain de briquet ! »

Sam chasse le fantôme d'un beau revers de tisonnier. Il s'en ait fallu de peu.

« Bon changement de programme, on retourne avec les autres ! Vanessa doit avoir un briquet !

-Elle a plutôt intérêt, oui ! » réplique Dean violemment « Ou on est tous foutus par ta faute ! »

Sam ne relève même pas. D'abord survivre, ensuite désigner le responsable de ce fiasco. Ils remontent en courant le couloir, leurs corps entiers tendus, préparés à la bataille. Petits soldats en pleine guerre.

Et puis soudain, tout s'accélère.

Suzanne, qui les guettait anxieusement depuis la porte les aperçoit enfin. Elle écarquille ses grands yeux, plus exorbités que jamais, quand l'apparition fantomatique fait son retour en face d'eux. Sam et Dean s'arrêtent immédiatement. Fixent l'esprit avec un air mauvais. Tout prêts à se défendre.

C'est plus que Suzanne ne peut en supporter. Elle enjambe la ligne de sel et se précipite au secours de son messie.

« Suze non ! » hurle Dean.

Mais trop tard. L'esprit se tourne vers elle. Elle sourit froidement. Suzanne se fige. Alors que le scalpel s'abaisse en direction de sa nuque, Sam se jette entre lui et Suzanne, interposant son biceps.

Dean serre les dents quand il voit la ligne de sang qui apparaît immédiatement sur la peau de son frère.

Connasse !

Sam pousse Suzanne en direction de la salle commune tandis que Dean détourne l'attention de la chose qui vient de blesser Sam.

« Par ici pouffiasse ! »

Il la renvoie de là ou elle vient d'un habile coup de tisonnier. Peut être pourrait-il envisager une carrière dans le tennis ? Son revers est à tomber !

Dean commet l'erreur de baisser sa garde en voyant la jeune femme disparaître. Déjà absorbé à l'idée de trouver de quoi arrêter le saignement du bras de Sam. On est dans un hôpital, ça devrait pas être trop dur !

Il se dirige vers Sam, seulement avant qu'il n'ai le temps de dire ouf, ses pieds quittent terre et il se retrouve projeté contre le mur le plus proche. Sa tête heurte violemment la surface dure et tout devient noir.

« Dean ! »

Sam se retourne dans un bond, une fois Suzanne à l'abri derrière la ligne de sel.

Une deuxième apparition se tient devant lui. Une femme aussi. Mais plus grande. Plus vieille. Un air de pure malveillance se dégage de son visage abîmé par son séjour outre tombe.

La tarée noctambule, comme Dean l'a appelé plus tôt.

Elle a bien choisit son moment ! Trop occupés à combattre le premier fantôme, Sam et Dean ont occultés le fait qu'il y en avait certainement un deuxième. Des cris résonnent dans la grande salle, quand plusieurs personnes l'aperçoivent. Nouvelle panique, que Johnny et Vanessa contiennent de justesse.

Sam s'interpose une fois de plus, cette fois entre Dean et l'esprit malveillant. Il montre les dents, le tisonnier bien en place dans sa main droite. Elle doit sentir cette haine brûlante, cette envie d'en découdre, parce qu'après un dernier regard inquisiteur, elle disparaît d'elle même.

Sans attendre, Sam attrape Dean et le porte en sécurité.


Le sang s'écoule encore du grand corps de Sam, mais tant que Dean ne rouvre pas les yeux, Sam refuse de s'en inquiéter. On verra ça plus tard.

Il balance le médaillon en direction de Vanessa.

« Brûle le. Avec un peu de sel. Vite ! » ordonne-t-il sans se préoccuper de son ton autoritaire.

Vanessa s'exécute immédiatement, une fois réquisitionné le briquet de Johnny et quelques pages de journaux comme accélérateur.

Pendant ce temps Sam place délicatement la main derrière la tête de son frère. Et la retire plein de sang.

Sans qu'il s'en aperçoive, une grande partie des patients se regroupent autour de lui, saisis par cette scène. Probablement inquiets pour cet homme qui les a rejoint seulement deux jours auparavant, mais pour lequel ils ont développés une certaine forme de sympathie.

Andy, le vieil homme, en particulier, se tient au dessus de lui, le visage fermé.

Gary a joint ses mains et torture ses doigts, les tordant dans un sens puis dans l'autre.

Mark fronce les sourcils de loin. Il ne s'est pas levé. Anéanti, autant par la vision de sa femme ainsi transformée que par ses actes meurtriers. Il se sent atrocement coupable. Pourvu que l'homme aux yeux verts ne meurt pas... Il ignore que ce n'est pas sa femme la responsable de cette blessure.

Vanessa et Johnny regarde le médaillon fondre sous les flammes avant de reporter leur attention sur l'homme au sol. La gorge serrée devant la détresse de leur ex-collègue.

Sam, inconscient du rassemblement autour de lui et son frère, serre la mâchoire, en colère contre le monde entier.

Ce n'est pas bon. D'abord les pilules, puis ça … L'organisme de Dean subit un sacré assaut aujourd'hui ! Une sacrée épreuve.

« Dean » appelle encore Sam. Il refuse de baisser les bras.

Et c'est comme si les patients autour de lui cessaient aussi de respirer devant ce spectacle. Le cœur de Sam ne recommence à battre qu'une fois que les paupières de Dean se mettent à papillonner doucement.


Sam s'examine attentivement dans l'un des trois miroirs placés en cercle devant lui.

« Je sais pas Dean...

-Je préférai le précédent » réplique immédiatement son frère aîné.

Dean est assis sur l'un des fauteuils accompagnateurs que propose cette boutique de costumes de luxe. Enfin, affalé serait sans doute plus juste. Ses pieds occupent un deuxième siège, ce qui leur vaut le regard réprobateur de la vendeuse à leur droite.

Mais elle ne prend quand même pas le risque de rater une vente juteuse pour une paire de chaussures envahissante.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Dean détonne dans ce décor. Tee-shirt AC/DC et boots militaires … Pas vraiment la tenue de rigueur dans ce genre de boutique. Mais il ne pourrait s'en ficher plus. Personne ne l'empêchera d'emmener Sam où il veut l'emmener. Point à la ligne.

Sam réajuste un peu la veste. Lève les bras pour s'assurer qu'il n'est pas trop à l'étroit. Spectacle on ne peut plus amusant pour Dean. Un grand bêta qui se dandine sur lui même, mal à l'aise. Voilà à quoi Sam ressemble.

Pourtant à dix huit ans, il n'a pas de quoi rougir. Sa carrure est plus que respectable.

« Mais Dean, je ne suis dans ce lycée que depuis trois mois …

-Ça ne change rien. Tu vas au bal de promo. C'est non négociable. »

Dean sort une barre de céréale de sa poche et mastique consciencieusement. Appliqué à sourire à la vendeuse en même temps. Petit test pour savoir jusqu'à quel point elle peut tolérer son impertinence. Dean admire sa patience.

Pas moche d'ailleurs, la petite employée...

« Dean, tu n'es jamais allé à aucun bal de promo, que je me souvienne » grommelle encore Sam.

« Tu y vas Sam ! » le gronde Dean, la bouche pleine « maintenant arrête de râler, et repasse le costume d'avant tu veux ? Celui là te va moins bien.

-Ah parce que tu es expert de la mode maintenant ?!

-Je suis expert en tout. Obéi, petit ingrat ! Tu sais combien de temps j'ai du travailler papa pour que tu puisses y aller ? J'ai même menti en disant que ça pouvait être utile de savoir se conduire correctement en société. Si on doit chasser dans un bal de charité par exemple »

Dean déblatère d'un air nonchalant. Sam ouvre de grands yeux surpris.

« Papa a gobé ça ? »

Bien sûr que non, mais quoi qu'il en dise, il t'aime, espèce de débile ! Voilà une réflexion que Dean garde pour lui. Evidemment.

« Faut croire » réplique-t-il.

Sam s'éclipse en cabine d'essayage, ce qui permet à Dean d'adresser un sourire rayonnant à sa cible. Oh oh, elle rougit un peu on dirait ! Sensible à son charme … Dès que Dean s'en rend compte, il perd une grande partie de l'intérêt qu'il avait pour elle. Trop facile.

Il avale sa friandise et se lève dans l'optique de se rapprocher de la cabine de Sam. En chemin il cache son emballage sale dans la poche d'une veste de costard au prix indécent. Vengeance du petit peuple.

Il glisse sa tête dans la cabine.

«Alors ?

-Dean ! Sors de là ! »

Dean éclate de rire.

« Comme si je t'avais jamais vu à poil ! »

Mais Sam ne se laisse pas faire, il le repousse brutalement.

« Mais fiche moi la paix, c'est pas possible ! »

Devant la toute nouvelle pudeur de Sam, Dean se décide à regagner son siège, un grand sourire aux lèvres. C'est qu'il grandit le petit dernier Winchester !

Sam écarte la tenture et reprend sa place face aux miroirs. Dean est assez impressionné. Il a de l'allure son petit frère, c'est le moins qu'on puisse dire !

Quand il ne fronce pas son nez comme un demeuré, bien sûr. Exactement comme maintenant. Et qu'il reste droit et non pas tordu de coté pour tester la coupe du costume. Il se tortille à droite puis à gauche, tente de toute évidence d'apercevoir son postérieur. Triste spectacle.

Si cet idiot avait un peu plus confiance en lui, il pourrait faire des ravages.

« Mais arrête un peu de gigoter ! »

Sam se fige immédiatement, surpris de cet ordre. Il reste immobile tandis que Dean le scrute, des pieds à la tête, attentif au moindre détail. Puis il hoche la tête, appréciateur.

« Pas mal. Enfin, je veux dire, t'es quand même pas aussi beau que moi, mais c'est pas mal. »

Sam sourit. Ah, voilà ce qu'il manquait ! Un joli croissant de dents blanches pour aller avec cet ensemble hors de prix. Parfait.

« Ouais je l'aime bien, d'accord. Mais Dean, je ne connais pas grand monde. Ça va être bizarre... »

Dean se retient de soupirer. Il observe Sam se baisser pour tenter de rallonger le bas de son pantalon, qui, il est vrai, lui va un peu court... Alors Dean se relève et va examiner cet ourlet gênant. Sam se redresse et s'examine encore dans la glace tandis que Dean travaille sur ce détail, à ses pieds.

« Alors quoi ? Tu veux que je t'accompagne ? Que je te tienne par la main jusqu'à la piste de danse ?! »

Hm il devrait être possible de défaire ce pli là, pour allonger un peu le tissu.

« La piste de ... » Sam déglutit avec peine « la piste de danse ? Laisses tomber, j'y vais pas ! »

Dean lève les yeux, encore agenouillé devant lui. Il se désespère de ce comportement de gamin de cinq ans. Décidément, cet idiot ne comprend rien à rien !

« Sammy » reprend-il d'une voix basse, plus sérieuse, tandis qu'il baisse à nouveau les yeux sur l'ourlet « c'est la dernière chose de normale que tu peux faire avant un sacré bout de temps, tu le sais très bien. Alors fais un effort. Va à cette fête. Bois de l'alcool. Danse. Rencontre des gens. Trouve toi une fille. Éclate toi. »

« Parce qu'après, tout ça, c'est fini » se retient-il d'ajouter.

« Il va te falloir des chaussures pour aller avec ça » réalise brusquement Dean en prenant un pas de recul.

C'est à ce moment que Sam comprend enfin l'insistance de son frère aîné. Dean ne sait pas. Sam n'a pas encore eu le courage de lui dire. Qu'après le lycée, il ne part pas sur les routes avec son père et lui.

Qu'il quitte le chemin familial pour se créé le sien.

Et à cette minute, à voir le dévouement sans faille de Dean pour lui, il se sent si coupable que ça lui coupe le souffle.

« D'accord » réussi-t-il à lâcher dans sa direction « J'irai. »

Il peut bien accorder ce dernier plaisir à son frère. Oui, il peut, parce qu'il sait très bien qu'ensuite il devra lui briser le cœur.

« A la bonne heure ! » s'exclame Dean, ravi.

Détruire cette dépendance. Cette amitié, cette confiance réciproque, cette intimité créé par leur histoire commune, pour se trouver lui. Sam. Le vrai lui. Sans sa famille. Sans ce travail épuisant et si dangereux.

« Tu vas voir, tout le monde aime les bals de promo. Il y a pas de raison que tu ne t'amuses pas aussi » clin d'œil complice.

Sam veut découvrir qui il est vraiment. Et pour ça, il n'a pas trouvé d'autre moyen que de partir.

« Alors je prends celui là ?

-Tu peux en essayer d'autres » affirme Dean.

Il se laisse tomber comme une masse sur un des fauteuils.

« Je suis pas pressé » précise-t-il en sortant une seconde barre de sa poche.


Oh je réalise que c'est encore une fin un peu abrupte avec Dean au sol ... ne m'en voulez pas trop x) J'espère que cette partie agitée vous a plu !

N'hésitez surtout pas à me donner vos avis, c'est toujours très intéressant :3 D'ailleurs merci à tous ceux qui m'ont mis en favoris ces derniers temps, j'apprécie beaucoup x) même si je trouve ça un peu dommage de ne pas avoir de commentaire de la plupart d'entre vous... Vous êtes timides ? Ok je comprends :)

Une Shapshifter : Tu as raison, Bobby n'a pas mis de frein du tout finalement. Il n'a pas du en avoir le courage... L'enquête progresse ! Pas encore le fin mot de l'histoire, mais on avance pas mal non ? :) Dean a besoin de drogues pour être aussi détendu et affectueux, c'est triste ! Enfin, c'est Dean, on lui pardonne x)

Misew : Contente que tu apprécies toujours mon histoire :3 la suite est arrivée rapidement tu vois ! J'attends avec impatience ton prochain message me demandant si tu as déjà laissé une review ici x)

Melanie : Oui je suis bien d'accord avec toi ! Ils ont peut être des problèmes, mais jamais il ne pourront se lasser l'un de l'autre x) Mark est bien dans ce chapitre, et en effet, le (les ?) fantôme s'attaque à Sam et Dean ;) Voyons si tu devines la suite maintenant !

MicroFish, je suis toujours déterminée à t'épouser, juste pour que tu le saches xD

narutine, ne me traite pas de traîtresse, je fais de mon mieux, promis x( je ne veux pas te tuer, juré !

slashes, toi qui aimes les flash back, tu penses quoi de celui là ? Moi je l'aime bien :) (j'ai le droit de dire ça même si c'est moi qui l'ai écris ? bah on s'en fiche !)

Kazuki et Fullby : *coeur*