Bonjour à tous ! C'est l'heure du cadeau de Saint-Nicolas ! Un chapitre assez long, même sans compter mon petit mot d'introduction mais il fallait bien ça, les choses sérieuses vont bientôt commencer XD En plus, on fait un petit détour par... oh, vous verrez bien mais il fallait bien aller prendre de ses nouvelles, n'est-ce pas ?

Merci pour toutes vos reviews pour le chapitre précédent et malgré quelques doublons (on sait donc valider à partir du clavier, je devrai aussi faire attention à ça, je suis une spécialiste de la touche qu'il ne faut pas au mauvais moment lol), nous en sommes à plus de 100 reviews. Merci beaucoup, ça me touche vraiment. Merci aussi à ceux qui m'ont rajouté dans leur favoris ^_^ Ah ! manga-powa (et aussi pour les autres qui attendent sûrement): ils devraient sûrement s'embrasser bientôt mais vous devriez être habitués depuis le temps, j'aime bien tout décrire et mettre en place tous les éléments avant d'arriver à quelque chose (je sais, je fais fort, 36 chapitre et toujours rien lol).

Merci aussi à mon bêta-lecteur, ne vous inquiétez pas, il souffre lui aussi en lisant et en attendant la suite XD

FMA ne m'appartient pas (of course)

Je vous souhaite donc une bonne lecture et je vous retrouve le 16 décembre pour le chapitre 37 !


Chapitre 36

Julia et Kimblee restèrent un long moment dans cette position, sans échanger un mot. Aucun des deux ne bougeaient, sans doute de peur de voir éclater la petite bulle qui les entouraient, les coupant presque du monde extérieur étant donné qu'ils avaient pleinement conscience que cette chance ne se reproduirait peut-être pas de si tôt, aussi bien à cause de la politique de Natasha Bakov à leur encontre qu'en raison du caractère sournois des homonculus qui pourraient profiter de ce genre de moment de faiblesse pour faire pression sur Kimblee. Aussi en profitèrent-ils le plus longtemps possible. Mais simultanément, l'alchimiste ne pouvait pas s'empêcher de se demander ce qui avait pu passer par la tête de la jeune femme qu'il tenait dans ses bras pour qu'elle ose un geste si audacieux.

« Depuis le départ, le moindre geste que j'ai fait envers elle l'a fait rougir, ou l'a en tout cas mise mal à l'aise. », se dit-il en baissant les yeux vers Julia qui semblait apprécier sa nouvelle position étant donné qu'elle avait fermé les siens. « Alors soit on me l'a changée depuis tout à l'heure, soit elle doit vraiment en avoir assez de cette situation… À moins que ça ne soit à cause de cette énième interruption… »

À cette pensée, Kimblee afficha un petit sourire, se disant qu'il avait sans doute gagné au change et se demanda s'il ne devrait tout de même pas remercier Alyosha. Il repoussa cette pensée dans le fond de son esprit, en se promettant qu'il y songerait à nouveau plus tard et reporta de nouveau son attention sur la jeune femme qui se tenait contre lui. Il devait reconnaitre que le contact entre leurs deux corps n'était pas désagréable et se dit qu'il pourrait rester dans cette position pendant encore un long moment, ce qui l'étonnait assez, lui qui, d'habitude, ne recherchait pas la proximité des gens et encore moins leur contact.

« Eh bien, il y a une première fois à tout je suppose… Même si elle est probablement la seule personne à avoir jamais gagné ce privilège… et qu'elle restera probablement la seule. », se dit Kimblee en fermant lui aussi les yeux un instant. Il les rouvrit lorsqu'il sentit Julia bouger et comprit que l'instant était passé. En effet, la petite bulle éclata et la jeune femme se défit lentement de l'étreinte de l'alchimiste et s'éloigna quelque peu de lui, comme si elle s'était rendue compte qu'elle était allée un peu loin.

« Autant ne pas abuser des bonnes choses. », pensa-t-elle avec regret alors qu'elle croisait les bras sur sa poitrine tout en évitant le regard de Kimblee, ayant trop peur de ce qu'elle pourrait y lire. Celui-ci la fixait avec une expression neutre mais un regard attentif aurait pu y déceler une certaine satisfaction. Aucun d'eux ne prit cependant la parole et si pour Kimblee, ce silence lui permettait d'observer à loisir la jeune femme, pour celle-ci, la situation devint vite pesante. Aussi pensa-t-elle que l'alchimiste n'avait pas apprécié son geste et leva les yeux vers lui pour s'excuser. Elle ouvrit alors la bouche mais aucun son n'en sortit car l'alchimiste avait posé un doigt sur ses lèvres pour l'en empêcher.

« Si c'est pour vous excuser, je préfère encore que vous gardiez le silence. », dit-il simplement en faisant délicatement glisser son doigt sur les lèvres de Julia ce qui la fit rougir quelque peu.

« Mais… », articula celle-ci, complètement perdue.

« Vous regrettez ce qui vient de se passer ? », lui demande Kimblee d'un ton neutre.

« Non, pas du tout ! », s'exclama presque Julia, ce qui arracha un petit sourire à l'alchimiste tout en accentuant la gêne de la jeune femme.

« Alors ne vous excusez pas. », conclut l'écarlate.

« Pourtant, vous… », commença Julia mais elle ne put continuer sa phrase car elle ne savait pas vraiment comment formuler son idée.

« Moi ? », reprit Kimblee en haussant un sourcil. Il se pencha alors lentement vers Julia car il voulait lui murmurer la suite à l'oreille. « Vous me connaissez sans doute assez à présent pour savoir comment j'aurais réagi si je n'avais pas apprécié votre geste, Miss Morton… »

Une fois sa phrase terminée, l'écarlate se redressa en prenant son temps. Il plongea ensuite les yeux dans ceux de Julia qui en eut le souffle presque coupé à cause de ce qu'elle pouvait y lire et que l'alchimiste ne dirait probablement jamais. Elle lâcha un léger soupir et afficha ensuite un petit sourire, presque provoquant, ce que lui rendit Kimblee. Le sourire de la jeune femme continua à s'élargir jusqu'à ce qu'elle lâche un petit rire, plus par soulagement que par amusement, tant elle ressentait un profond apaisement de ne pas être allée trop loin mais également parce qu'elle était heureuse que l'alchimiste ne la repousse pas dans ce genre de moment.

« Cette histoire va me rendre folle… », finit par dire Julia en secouant la tête et en allant s'asseoir sur le divan, non loin de Kimblee.

« Sauf si nous prenons la situation en main. », répondit l'alchimiste en restant près de l'âtre. Il affichait maintenant un petit sourire qui n'annonçait rien de bon mais dont Julia ne perçut pas la malveillance comme le fait que les choses changent l'arrangeait.

« Mais comment ? », demanda-t-elle alors en se tournant complètement vers l'alchimiste. « Natasha Bakov a une telle façon de s'imposer et de diriger tout son petit monde… Il est difficile de lui refuser quoique ce soit. »

« Mais nous avons Alyosha de notre côté. », fit Kimblee en jetant un regard de biais à son interlocutrice. « Ce… gamin pourra sûrement nous aider à échapper à l'emprise de madame Bakov vu qu'elle ne peut, à son tour, rien lui refuser. »

« Il s'agit donc de faire jouer cet élément à notre avantage, c'est bien ça ? », conclut la jeune femme en comprenant peu à peu où Kimblee voulait en venir. « Mais acceptera-t-il ? »

« Sans aucune doute… D'abord parce qu'il nous doit bien ça… », expliqua l'écarlate. « Ensuite parce qu'il ne porte pas cette femme dans son cœur. La démonstration de ce matin montre qu'il est toujours partant lorsqu'il s'agit d'ennuyer sa grand-tante. »

« D'accord… mais comment procéder ? », demanda Julia, qui reprenait peu à peu espoir devant le plan qui se dessinait progressivement et qui permettrait sans doute de se débarrasser de la présence pesante de la quinquagénaire.


Loin de là, beaucoup plus loin, de l'autre côté de la frontière, la situation n'était pas aussi réjouissante. Les recherches dans les décombres de la mine que Kimblee avait fait s'effondrer quatre jours plus tôt à Baskool se poursuivaient mais rien n'avait encore été trouvé, ce qui commençait à devenir désespérant, surtout pour Meyer qui croyait de plus en plus qu'il ne reverrait plus son amie et que cette mine, perdue au milieu d'une ville abandonnée et gelée, serait sa dernière demeure.

« Merde… », pensa-t-il en fixant d'un air dur les pelleteuses qui déblayaient tant bien que mal les décombres de la zone d'effondrement. « Si ça se trouve, Morton est encore là-dessous et elle attend qu'on vienne la chercher… Elle est peut-être blessée ou en train de mourir… Ou même déjà… »

Il ferma les yeux un instant pour éviter de hurler de frustration. Il ne pouvait rien faire à part attendre que l'entrée de la mine soit dégagée afin que les équipes de secours se mettent à la recherche d'éventuels survivants. Il était vrai que peu leur importait si Kimblee et ses sbires étaient en danger, mais la disparition de sa collègue ainsi que du Fullmetal Alchemist inquiétait tous les esprits. De plus, les recherches avaient été retardées par une autre tempête qui s'était déclenchée le lendemain de l'explosion, empêchant les soldats de travailler en toute liberté.

« Vous savez… Ce n'est pas en fixant les engins de cette façon que ça ira plus vite… », lui lança soudain une voix dans son dos.

Meyer se retourna pour apercevoir le commandant Miles qui se tenait derrière lui en fixait lui aussi les opérations d'un œil neutre. L'officier de Briggs supervisait les opérations de secours mais en l'absence du général Armstrong, et malgré la présence des militaires de Central, il faisait des allers-retours constants entre Baskool et la forteresse afin de s'assurer que tout se déroulait bien, des deux côtés.

« Je sais, mon commandant. », fit Meyer en soupirant et se retournant vers les engins de chantier, après avoir salué rapidement l'officier. « Mais je me sens impuissant actuellement… Cela va déjà faire trois jours que nous travaillons à déblayer les décombres et je ne nous vois pas avancer. »

« Votre impatience est légitime… Votre collègue se trouve peut-être sous les décombres, et nous ignorons tout de son état. », continua Miles en venant se placer juste à côté de Meyer.

« Peut-être ? », répéta le soldat avant de comprendre où l'officier voulait en venir, ce qui lui fit froncer les sourcils. « Sauf votre respect, mon commandant, je ne vois pas où Morton pourrait être d'autre que là-dessous. »

« Nous ne savons pas ce qui s'est réellement passé là-bas une fois que Kimblee a soulevé ce nuage de vapeur et qu'elle a pénétré dans la mine. », expliqua l'officier sans détourner son regard des pelleteuses. « Elle pourrait très bien être avec… »

« N'en dites pas plus… s'il vous plaît… », murmura presque Meyer. « Elle ne peut pas avoir fait ce choix-là… Elle est trop honnête. »

« Tout comme elle semblait bien apprécier Kimblee. », renchérit Miles en se tournant cette fois vers le soldat de Central qui fixa son supérieur avec des yeux de merlan frits avant de soupirer et de reprendre un air dur.

« Oui, j'y ai cru au début aussi… », commença Meyer. « Mais il s'est passé quelque chose dans la nuit de lundi à mardi… Quelque chose qu'elle a refusé de me confier et qui a conduit aux événements qui se sont déroulés mardi après-midi. C'est comme si elle avait décidé d'endosser seule la responsabilité de le tuer. »

« Alors… », fit le commandant en suspendant sa phrase car il n'était pas sûr de vouloir imposer cette évidence au soldat de Central.

« Je sais… Si jamais elle a réussi à le rattraper, il n'a pas dû hésiter une seconde. », conclut Meyer alors qu'un masque de colère recouvrait soudain son visage à l'évocation du sort que l'alchimiste écarlate avait dû réserver à sa collègue.

« Il reste cependant un espoir… », dit Miles au bout de quelques secondes de silence.

« De quoi êtes-vous en train de parler, mon commandant ? », demanda Meyer, un peu perdu.

« Vous devez l'avoir remarqué aussi, n'est-ce pas ? », l'interrogea l'officier avec une mine sérieuse. « Le comportement de Kimblee envers votre collègue… Je ne sais pas comment analyser cela mais… imaginez un peu que ça soit plus profond qu'on le pense. »

« Vous ne sous-entendez tout de même pas qu'il l'aurait épargnée pour ensuite l'emmener avec lui là où il se trouve à présent ! », s'exclama presque Meyer, incrédule devant l'hypothèse de son supérieur.

« À vrai dire, je ne sais pas… Je ne sais de cet homme que ce que j'ai pu en apprendre à gauche et à droite mais je ne pense pas le connaitre assez pour prévoir la moindre de ses réactions. », reprit Miles. « Il n'empêche que son comportement pose question, encore plus envers Julia Morton. »

« Peut-être mais elle avait l'air décidé à ne pas le laisser s'échapper… Alors quant à l'épargner et le suivre ensuite, c'est une autre affaire. », répliqua Meyer en haussant les épaules.

« Sans doute, vous la connaissez mieux que moi. », conclut Miles. « Quoiqu'il en soit, nous serons bientôt fixés : si nous ne retrouvons pas sa trace, soit c'est parce que Kimblee ne lui a laissé aucune chance, soit c'est parce qu'il ne lui a rien fait et il faudra alors s'interroger sur sa… »

« Soit l'explosion lui aura été fatale et elle n'a même pas pu retrouver Kimblee. », le coupa Meyer, sans se soucier du fait qu'il venait d'interrompre son supérieur. « Je suis désolé, mon commandant, mais je connais assez Morton pour savoir qu'elle ne suivrait pas quelqu'un comme Kimblee juste pour ses beaux yeux, en sachant ce qu'il magouille avec ces homonculus. »

« Sans doute… », répondit Miles de façon laconique, comprenant qu'il ne parviendrait pas à faire accepter son idée au soldat. Il salua celui-ci d'un hochement de tête et s'éloigna pour reprendre sa tâche, interrompue un instant pour venir remonter le moral de Meyer, ce qui avait échoué quelque peu.

« Morton qui suit Kimblee… Bon sang, si jamais elle est encore en vie, elle n'a pas intérêt à avoir fait ce choix parce que je ne sais pas si je pourrai jamais lui pardonner. », se dit Meyer en tapant du pied dans la neige avec rage. « Jamais ! »


Tandis que Meyer se torturait à propos du sort de Julia, celle-ci était à mille lieues de se soucier de son collègue, resté de l'autre côté de la frontière. En effet, durant presque une heure, et après avoir été interrompue deux fois par les domestiques venus allumer les lampes et leur apporter le thé, elle avait discuté avec Kimblee de leur plan de bataille afin de se débarrasser de Natasha Bakov et de son caractère impossible. Ils en étaient à présent arrivés à la conclusion évidente que sans l'aide d'Alyosha, ils ne sauraient pas mener leur projet à terme.

« Nous devons donc l'avoir avec nous en permanence… ou du moins leur faire croire qu'il est avec nous. », conclut Julia en reposant sa tasse de thé qu'elle venait de vider.

« C'est tout à fait ça… Du moins pour demain, voire lundi…Je doute malheureusement après cela d'avoir assez de temps pour rester en votre compagnie étant donné que le général exigera sûrement ma présence à ses côtés jusqu'à la fin de la préparation de son opération. », expliqua Kimblee en soupirant presque.

« Ah… je l'avais presque oublié lui. », s'exclama Julia en levant presque les bras au ciel. « C'est vrai qu'après tout, nous avons une mission à mener à bien. »

« Nous ? », fit l'alchimiste d'un ton moqueur. « Je ne savais pas que vous aviez l'intention de participer. »

« Ne jouez pas avec les mots. », répliqua Julia, mi-amusée, mi-fâchée. « Je participe malgré moi puisque je dois jouer la comédie afin que personne ne soupçonne la véritable raison de notre présence ici. »

« Très juste et je vous suis très reconnaissant de votre soutien, Miss Morton. », lança Kimblee tout en faisant un signe de tête d'approbation à la jeune femme. « Quoiqu'il en soit, apparences ou pas, il s'agit surtout de tenter de passer les deux prochains jours loin de Natasha Bakov. »

Julia allait répondre que c'était la meilleure chose à faire lorsqu'ils furent interrompus par trois petits coups frappés à la porte. Ils se retournèrent tous les deux, s'apprêtant à voir apparaitre un autre domestique, mais ils eurent la surprise de voir Alyosha qui affichait une mine amusée. L'enfant entra dans la pièce et referma délicatement la porte derrière lui avant de se diriger vers le divan et de s'installer à côté de Julia à qui il sourit franchement, tout en ignorant Kimblee, qui n'apprécia pas vraiment.

« Que veux-tu ? », demanda l'écarlate, sans préambule, en se retournant complètement vers les deux personnes assises.

« Rien de bien méchant, ce n'est pas la peine d'être aussi désagréable. », fit le petit garçon en haussant les épaules. « Je viens juste vous dire que mon grand-oncle et ma grand-tante ne devraient bientôt plus tarder à rentrer… Je viens d'entendre une conversation téléphonique allant dans ce sens. »

« Merveilleux… Nous allons pouvoir tester notre petit plan dès ce soir. », lança Kimblee, en affichant à nouveau ce petit sourire malveillant.

« Votre plan ? », répéta Alyosha bêtement avant de tourner vers Julia un regard interrogateur. La jeune femme prit alors sur elle d'expliquer dans les détails ce qu'elle et Kimblee avaient prévu afin de se débarrasser de la quinquagénaire encombrante. Cependant, elle n'eut pas vraiment le temps de préciser qu'ils auraient besoin de son aide au petit garçon qu'il sauta déjà sur ses pieds pour exprimer son approbation.

« J'en suis, j'en suis ! »

« Tout est bon pour toi, du moment que tu lui casses les pieds si je comprends bien. », lui lança alors Julia avec amusement. L'enfant partit alors dans une longue explication enthousiaste sur ce qu'il adorait faire pour ennuyer sa parente, le tout ponctué d'exemples de toutes sortes. Kimblee resta silencieux durant cet échange et observa un peu plus attentivement les deux personnes qui étaient assises non loin de lui. Il affichait un petit sourire, sans même se rendre compte qu'il avait l'air heureux de se trouver là.

« On dirait presque une véritable scène de famille… », songea Kimblee avant de tressaillir devant ce qu'il venait de penser. Il ferma les yeux un instant afin d'éviter de faire apparaitre son malaise et pris une grande inspiration. « Je devrais éviter de me faire des peurs pareilles… »

Il n'avait en effet jamais eu une véritable famille lorsqu'il était enfant et l'idée d'en former une avec Julia mais aussi avec Alyosha le mettait assez mal à l'aise, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Il fronça les sourcils un instant, se perdant dans la contemplation des flammes qui léchaient les bûches dans l'âtre, se demandant s'il n'était pas en train de changer du tout au tout.

« Et si c'est le cas… », se dit-il. « J'espère que ça ne finira pas par se retourner contre moi un jour ou l'autre… Sans compter que je ne sais pas du tout comment agir "en famille". »

L'alchimiste haussa alors les épaules, se disant qu'il ferait mieux de ne pas trop s'inquiéter avec ce genre de détails pour l'instant et qu'il verrait bien le moment venu. Il releva alors la tête pour constater que Julia ainsi qu'Alyosha le fixaient avec attention.

« Oui ? », dit-il en haussant les sourcils de surprise.

« Vous n'avez pas entendu ? », demanda le petit garçon en souriant. « Ils viennent de rentrer… Ma grand-tante doit sûrement être en train de demander à Igor ou à une bonne où vous vous trouvez tous les deux, et elle devrait donc débarquer en trombe d'ici quelques instants. »

« Charmante perspective. », pensa Kimblee avec agacement.

C'est alors que des coups secs furent frappés à la porte et que, sans attendre de réponse, la silhouette de Natasha Bakov apparut.

« Ah ! Vous êtes donc tous là. », fit-elle en jetant un coup d'œil plus que désapprobateur à Kimblee qui fit mine de ne pas le voir et salua poliment la quinquagénaire. « Et toi aussi, Alyosha. »

L'enfant, comme à son habitude, hocha la tête et afficha un petit sourire gentil, comme pour faire comprendre à sa tante qu'il avait passé une bonne journée. Cependant, et malgré son attendrissement devant l'enfant, elle ne perdit pas le nord et se tourna de nouveau vers l'alchimiste.

« Monsieur Kimblee, avec tout le respect que je vous dois, je vous ai déjà expliqué le fonctionnement de cette maison et les limites à ne pas dépasser lorsqu'il s'agit de la bienséance, il me semble. », commenta Natasha, en toisant presque l'alchimiste qui ne broncha pas. « Aussi, je vous demanderais de ne plus rester seul avec mademoiselle Morton à l'avenir. »

« Madame Bakov, pour votre gouverne, je ne suis pas resté seul avec le soldat Morton étant donné que votre petit neveu nous a gentiment tenu compagnie toute l'après-midi. », mentit Kimblee avec le même aplomb que son interlocutrice venait d'employer à son égard.

« C'est vrai, Alyosha ? », demanda Natasha au petit garçon qui hocha vivement la tête. La quinquagénaire se retrouva donc à cours d'arguments car elle se doutait que Julia n'aurait pas permis de comportement déplacé devant le petit garçon. Elle prit pourtant un air sévère et s'adressa à Kimblee encore une fois :

« Il n'empêche que je ne peux pas vous permettre de rester ensemble demain, ce ne serait pas correct. »

Elle allait ressortir de la pièce, sans laisser le temps à Kimblee de répondre lorsqu'un petit gémissement se fit entendre. Elle se retourna alors pour constater qu'Alyosha avait les larmes aux yeux et était sur le point de pleurer. Julia, qui se trouvait toujours à ses côtés mais qui avait compris qu'il s'agissait d'une mise en scène de l'enfant, lui tapota gentiment le dos en tentant de le consoler.

« Pourquoi pleurs-tu, Alyosha ? », demanda gentiment la jeune femme alors que Natasha Bakov s'approchait de lui avant de s'agenouiller à sa hauteur.

« Allons, allons, tu ne seras pas tout seul demain, je serai là et mademoiselle Morton aussi. », dit la femme d'âge mûr d'un ton rassurant. L'enfant fit non de la tête et prit la main de Julia dans l'un des siennes avant de désigner Kimblee de l'autre, croisant les doigts pour que sa grand-tante comprenne ce qu'il voulait.

« Tu veux rester avec eux deux demain ? », l'interrogea Natasha en espérant avoir mal compris mais le petit garçon hocha la tête tout en relevant des yeux plein d'espoir vers sa grand-tante qui soupira. Mais avant qu'elle n'ait pu répondre, Julia prit la parole.

« Ne vous inquiétez pas, il va veiller sur moi, tout comme il est resté à mes côtés aujourd'hui. »

Natasha hésita un moment, ne sachant pas s'il était judicieux de confier encore une fois la vertu de son invitée à un petit garçon mais devant les grands yeux presque désespérés de son petit neveu, elle capitula.

« Très bien Alyosha, ils resteront avec toi demain. », dit-elle en se relevant avant de se retourner vers Kimblee. « Mais je vous demanderai le comportement le plus exemplaire, monsieur Kimblee. »

« Vous pouvez compter sur moi, madame Bakov. Vous n'aurez rien à me reprocher. », répondit l'alchimiste avec un sourire poli, mais une fois de plus faux. Natasha n'ajouta plus rien et sortit de la pièce, laissant le trio savourer sa victoire dans son dos.

Cependant, beaucoup plus tard dans la soirée et alors que ses invités ainsi qu'Alyosha s'étaient déjà retirés, Natasha prit à part son frère, occupé à étudier des cartes militaires dans son bureau, afin de lui faire part de la situation.

« Tu dis qu'Alyosha a demandé à rester avec monsieur Kimblee et sa collègue demain ? », dit-il d'un ton à moitié absent.

« Oui, tout à fait. C'est… C'est… », commença Natasha.

« C'est une bonne nouvelle. », dit le général en relevant la tête de la carte qu'il étudiait et en offrant toute son attention à sa sœur cette fois.

« Vladimir ! Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis ? », s'exclama la quinquagénaire d'un ton outré.

« Oui… Alyosha exprime enfin le désir de rester avec quelqu'un, c'est positif, tu ne crois pas ? », expliqua le général.

« Mais… », tenta sa sœur.

« De plus, ils ont à peu près l'âge de ses parents, ce qui lui permettra peut-être de se replonger dans un cadre familial qui doit lui manquer. », continua le général. « Aussi, qui sait ? Il se remettra peut-être à parler. »

« Oui, sans doute… », dit Natasha qui n'était qu'à moitié convaincue. « Il n'empêche que si monsieur Kimblee dépasse les limites, invité ou pas, je veux qu'il déménage à la base dès lundi. »

Et avec ça, elle quitta son frère et alla se coucher, décidée à tout de même garder un œil sur le trio le lendemain, ignorant encore les événements qui allaient se succéder et mener à un nouveau et lent rapprochement de Julia et Kimblee.