Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux qui sont sortis de mon imagination.

Merci énormément pour toutes vos reviews, elles me font toujours très plaisir !!!!

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Bonne lecture !!!

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Chapitre 35 : Culpabilité

Lorsqu'il sentit son angoisse, Edward posa une main rassurante sur le bras de son compagnon. Ils n'étaient pas en danger, Arès ne les avait pas retrouvé, du moins pas encore.

« -Vous êtes visibles ? S'enquit la voix tonitruante d'Emmett qui contenait mal son amusement.

-Tu peux venir, l'informa Edward en retenant un soupir.

-Vous êtes sûr qu'on va pas déranger ?! Insista-t-il.

-Ca suffit ! Grogna Edward.

Au moment où les enfants Cullen les rejoignirent, Edward sentit toute la tension accumulée en Carlisle s'évanouir. Tous ceux qu'il aimait étaient réunis et tous allaient bien. Il se précipita vers eux pour les serrer dans ses bras.

-Tu vas me mordre ou je peux te faire une accolade virile, petit frère ? Questionna Emmett d'un ton amusé.

-Approche, marmonna-t-il en étreignant le grand ours.

Ils prirent quelques minutes pour profiter de l'instant présent, ils étaient tous en vie et allaient bien. Cependant, Edward perçu une question qui se dessinait dans leurs esprits, la même question qui ne cessait de le hanter : et maintenant, que faire ?

-Avez-vous eu des nouvelles des autres ? Interrogea Jasper.

-Les autres vampires ont pu regagner leur foyer sans encombre, quant aux Volturis et à leurs gardes, ils arrivent, le renseigna Edward.

-Génial, qu'est-ce qu'on fait ? Questionna Emmett.

-Pour le moment, Arès a perdu nos traces, mais nous ne pouvons pas prendre le risque de rester trop longtemps ici. Une fois que mes pères nous aurons rejoints, nous devrons partir.

-Parce qu'il existe un endroit où nous pourrons être à l'abri de ce fou ? Demanda Rosalie d'un ton froid.

-Tu proposes quoi ? ! Répliqua Alice. Qu'on se jette tous sur lui en priant pour que la chance soit de notre côté et que l'un d'entre nous puisse le détruire ?

-Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire, protesta Rose.

-Nous allons nous cacher le temps de trouver une riposte, dit Carlisle, nous…

Carlisle se tut. Un bruit avait attiré son attention, Edward se concentra alors que les autres prenaient une position défensive.

-Du calme, ce n'est que nous ! Déclara Aro.

La seconde suivante, Aro le prit dans ses bras, manquant de lui briser les os dans son étreinte, Marcus et Caïus l'imitèrent.

-Combien de temps pouvons-nous rester ici ? Interrogea Démétri.

-Je me charge de notre départ, l'informa Edward dont les sourcils étaient froncés par la concentration.

-Tu parlais d'une riposte tout à l'heure, rappela Jane en observant Carlisle, mais que pouvons-nous faire contre lui ? Toutes nos attaques, nos dons ne viendront pas à bout de lui.

-Jane a raison, la soutint Alec, nous n'avons aucune chance face à lui !

-Et vous proposez quoi ? S'énerva Félix. On attend gentiment qu'il vienne nous arracher la tête ? !

-J'ai pas dit ça, grogna Alec en lui lançant un regard meurtrier.

-Nous disputer ne nous avancera à rien, les tempéra Aro.

-Pensez-vous pouvoir le vaincre, Votre Altesse ? Lui demanda Félix.

-Je ne sais pas, avoua-t-il.

-Pourtant, tu as réussi à l'enfermer ? Lui rappela Démétri.

-Oui, mais je n'étais pas vraiment moi-même, il serait dangereux que je retrouve cet état, ce serait dangereux pour tout le monde.

-Alors, que faisons-nous ? Demanda Carlisle.

-Nous allons partir. Dans un quart d'heure, dix avions privés vont s'envoler d'un peu partout autour de la Méditerranée, nous serons à bord de l'un d'entre eux.

-Pour aller où ? L'interrogea Jasper.

-Nous partons pour l'Alaska, Eléazar m'a fait savoir qu'il était tout disposé à nous accueillir chez lui.

-Dix avions, songea Démétri, crois-tu que cela sera suffisant pour leurrer Arès ? Il va forcément commencer ses investigations par le plus proche.

-Et il nous trouvera, conclut Alec, aussi rapide que nous soyons, nous ne pouvons pas parcourir beaucoup de distance en un quart d'heure.

-Je le sais, mais en si peu de temps, je n'ai pas pu faire mieux, dit Edward. Maintenant, j'aimerais que vous vous donniez tous la main. Nous partons.

-Pardon ? S'étonna Rosalie en prenant tout de même la main de Jane.

-Air Edward est heureux de vous accueillir à son bord, plaisanta le Prince, veuillez rester calme et surtout ne pas lâcher la main de votre voisin.

-Tu es sûr que … »

Edward n'entendit pas la fin de la phrase de son compagnon, ils étaient déjà en route pour l'aéroport, cependant, il put percevoir son inquiétude. Quelques secondes plus tard, ils apparaissaient dans le recoin d'un aéroport. Il sentit les bras de Carlisle enserrer sa taille pour lui éviter une chute. Tout était flou autour de lui et ses jambes semblaient être en coton. Il prit plusieurs grandes aspirations pour tenter de retrouver ses sens et de calmer le chaos qui régnait au plus profond de lui. Alors qu'il redevenait maître de lui-même, il sentit la peau fine du creux du poignet de Carlisle contre ses lèvres, l'invitant à puiser dans les forces de son amant pour qu'il se sente mieux. Le Prince le repoussa doucement tout en relevant la tête pour le rassurer sur son état.

« -Je vais bien, assura-t-il en plongeant son regard dans le sien pour appuyer ses paroles.

-Tu es sûr ? Insista le médecin peu convaincu.

-Oui, je maîtrise de mieux en mieux ce pouvoir.

-Tu peux marcher ? Lui demanda Jasper dont les yeux acérés observaient les alentours.

-Oui, affirma-t-il.

-Où allons-nous ? Questionna Démétri.

Edward se rendit alors compte que l'instinct des membres de la garde avait prit le dessus, tous observaient les alentours, notant le moindre détail qui pourrait prévenir d'un quelconque danger.

-Tout va bien, les rassura Edward, je ne sens pas sa présence et il n'a pas détecté notre voyage.

-On est en Espagne, n'est-ce pas ? L'interrogea Alice.

-Oui, à Barcelone. Nous devons nous rendre à la porte d'embarquement 16.

-Allons-y, dit Carlisle en gardant un bras autour de sa taille et en sortant de l'ombre du recoin où ils se trouvaient, plus il y aura de distance entre nous et Volterra et mieux je me sentirais. »

Les autres approuvèrent ses paroles et tous se mirent en marche. Edward savait que leur petit groupe était loin de passer inaperçu, leur beauté, la grâce qui irradiait de chaque vampire attirait les humains. Il laissa son pouvoir agir, laissant une légère brume invisible les englober, les humains détournèrent le regard de leur groupe. Alors qu'ils allaient devoir emprunter un tunnel en verre pour rejoindre la porte d'embarquement, Caïus stoppa leur groupe. Le soleil inondait le tunnel de sa lumière, menaçant de révéler à tous leur particularité. Faisant une nouvelle fois appel à ses forces et priant autant pour y parvenir que pour que son geste passe inaperçu aux yeux d'Arès, Edward créa de gros nuages qui vinrent obstruer pour quelques minutes l'astre. Tous se dépêchèrent de traverser le tunnel car il ne savait pas combien de temps il pourrait tenir. Alors qu'ils arrivaient au hall d'embarquement, Aro alla parler à l'hôtesse et organiser leur départ. Il se retourna pour se blottir contre le torse de Carlisle qui l'entoura dans ses bras, créant une bulle qui les protégeait des autres, du bruit, de tout.

A regret, Edward quitta l'étreinte rassurante de son amant et suivit les autres vers la porte d'embarquement. Quelques minutes plus tard, ils étaient installés dans un luxueux jet qui décolla pour l'Alaska. Edward et Carlisle étaient assis un peu en retrait des autres. Le jeune vampire était toujours blotti dans les bras de son amant, savourant le réconfort que lui apportait cette étreinte. Après s'être assuré qu'Arès ne les suivait pas, il s'était laissé aller à une douce torpeur, oubliant les bavardages qui peuplaient la cabine, se contentant de profiter de la présence de Carlisle à ses côtés. Son amant caressait tendrement ses cheveux et déposait parfois des baisers sur son front. L'Héritier se dit qu'il aurait du mal à quitter cet avion qui rassemblait toutes les personnes qui était en sécurité, cet avion qui les réunissait pour le moment dans un havre de paix qui disparaitrait bien trop vite à son goût. Chassant ses idées noires, il concentra toutes ses pensées vers l'objet de son affection : Carlisle.


L'avion avait dû faire une pause à mi-parcours pour refaire le plein des réservoirs. Jugeant que la situation n'était pas dangereuse, il autorisa leur groupe à se séparer pour qu'ils puissent chasser. Edward fut surpris de voir les Volturi et leurs gardes se nourrir d'animaux. Pendant un instant, il pensa avoir réussi à changer leur régime alimentaire, mais il comprit bien vite que ces derniers s'étaient résolus à se nourrir de cette manière pour ne laisser aucune preuve qui permettrait à Arès de les retrouver. En effet, si chacun d'eux ne se nourrissait que d'un seul être humain, le chiffre serait tout de même élevé et risquerait d'attirer l'attention de leur ennemi.

C'est donc rassasiés qu'ils regagnèrent leurs places à bord du jet, du moins pour les Cullen, pour la dernière partie du voyage. L'avion avait décollé depuis une heure quand Emmett décréta qu'il en avait assez de s'ennuyer et décida d'utiliser l'un des gadgets dernier cri dont était pourvu l'avion. Son attention fut surtout attirée par un immense écran plat. Il zappa frénétiquement parmi les centaines de chaînes, ignorant les protestations des autres passagers qui auraient souhaité regarder un des programmes qu'il avait fait défiler. Personne ne fut étonné lorsqu'il arrêta son choix sur un match de football américain.

Jasper, Démétri, Félix et Alec ne tardèrent pas à le rejoindre et à encourager l'une ou l'autre des équipes créant quelques tensions entre les supporters. Edward s'inquiéta un peu. Il avait l'habitude de les voir se disputer lorsqu'ils regardaient un match, il leur arrivait même d'en venir aux mains, mais cela se terminait toujours bien. Cependant, cette fois, ils ne se trouvaient pas dans un salon qu'un décorateur pourrait refaire, mais dans un jet… A plusieurs milliers de kilomètres du sol… Certes la chute ne serait pas mortelle pour eux, mais il n'en serait pas de même pour le personnel qui lui était humain. Alors qu'il allait leur demander de se calmer, des grognements résonnèrent faisant quelque peu trembler la carlingue de l'avion.

Carlisle referma son livre, Aro cessa de discuter avec Caïus, Marcus sortit de sa méditation, les filles cessèrent de parler chiffons, tous avaient levé les yeux vers le grand écran en entendant l'annonce d'un flash spécial. Un journaliste connu de CNN ne tarda pas à apparaître sur l'écran. L'homme parla rapidement d'une catastrophe effroyable ayant coûté plusieurs vies à des centaines d'êtres humains, peut-être même des milliers… Edward se raidit dans son siège quand il entendit le nom de la ville qui avait été touchée par le malheur. Barcelone. Il y avait à peine 5 heures, ils décollaient de cette ville. Le silence qui régnait dans le jet ne tarda pas à devenir tendu, chacun retenait son souffle et était suspendu aux lèvres du présentateur.

Sa main se referma sur celle de Carlisle, il s'accrocha désespérément à lui quand les premières images de la ville défilèrent sur l'écran. Barcelone était méconnaissable. Tout n'était que ruine et désolation. Avec horreur, ils virent l'eau boueuse qui circulait dans la ville, la recouvrant d'une étreinte mortelle. Les images filmées par les hélicoptères qui survolaient la ville étaient impressionnantes et terrifiantes. Leurs yeux acérés pouvaient sans mal distinguer les corps qui flottaient ou étaient ballotés par les flots. Ils pouvaient voir les enfants, les femmes, les hommes qui étaient prisonniers de la montée des eaux et condamnés à une mort certaine. Personne ne serait épargné. Les secours n'arriveraient pas à temps et même si s'était le cas, jamais ils ne pourraient faire face à ça !

« -Que… Que s'est-il passé ? Balbutia Rose en observant les images avec horreur.

-C'est impossible, impossible, ne cessait de répéter Marcus.

-Je ne vois pas ce qui aurait pu créer un tel carnage, murmura Démétri dont le regard ne pouvait se détourner de l'écran.

-C'est impossible, impossible, impossible, poursuivit Marcus.

-Qu'est-ce qui est impossible ?! S'énerva Caïus en le fusillant du regard.

-Cela ressemble… Mais c'est impossible…

-Explique-toi donc ! S'exclama Aro qui perdait lui aussi patience.

-On dirait qu'une immense vague a ravagé la côte, dit Marcus.

-Tu veux parler d'un Tsunami ? Comprit Aro incrédule.

-Un Tsunami sur la mer Méditerranée ?! Reprit Jasper. Non, ça ne ce peut pas…

-Si mes souvenirs sont exacts, il a dû y avoir un mouvement de la plaque Eurasiatique avec la plaque Africaine, ce qui a créé ce phénomène qu'est le Tsunami, cela est donc possible, récita Alice.

-Merci pour le cours ! Marmonna Félix.

-T'as jamais entendu parler de la tectonique des plaques ? Ricana Rosalie en prenant la défense de sa sœur.

-Attendez, on parle de la Méditerranée et pas d'un océan ! C'est impossible ! S'emporta Jane.

-Pourtant, les images sont là devant nous, lâcha Marcus dont le regard horrifié ne pouvait se détacher de l'écran.

Edward retenait à grand peine son dégoût. Il entendait les paroles de ses amis, de sa famille, mais elles lui paraissaient lointaines. Son esprit calculait déjà le nombre de morts, mais aussi le nombre de personnes qui pouvait être sauvées. Doucement, il relâcha la main de Carlisle. Il ferma les yeux. Au même instant, la poigne ferme de son amant agrippa son avant-bras.

-Tu n'iras nulle part ! L'avertit Carlisle. C'est un piège !

-Ils ont besoin d'aide, lui rappela le jeune vampire dans un murmure.

Le Prince ne souhaitait pas attirer l'attention des autres passagers sur eux, mais c'était peine perdu. Ces derniers avaient réussi à oublier la fascination morbide que leur inspirait l'écran pour se tourner vers eux.

-Carlisle a raison, tu ne peux pas retourner là-bas, cela te mettrait en danger, le prévint Aro en ne le quittant pas des yeux.

-Je n'ai pas le choix, souffla-t-il, il faut que j'y aille et que je fasse mon possible pour les aider.

-Et que vas-tu faire ? Demanda Caïus en haussant la voix. Comment comptes-tu expliquer que ces flots déchaînes n'ont aucun effet sur toi ? Comment expliqueras-tu que tu peux soulever un bloc de béton d'une seule main ? Non seulement tu briserais le secret de notre existence, mais en plus tu permettrais à Arès de te retrouver facilement !

-Les hommes détruisent, jouent avec la Terre, mais ils oublient qu'ils ne sont rien face à elle, à peine des insectes, railla Alec. Dame Nature a reprit ses droits aujourd'hui, rappelant aux humains le respect qu'ils devraient avoir pour elle.

-Crois-tu vraiment ce que tu viens de dire, Alec ? Crois-tu vraiment que c'est Dame Nature qui est responsable de tout ceci ? Questionna Carlisle énervé.

-Barcelone. Barcelone a été détruit, constata Edward, la ville où nous nous trouvions il y a quelques heures, une ville se trouvant au bord de la mer Méditerranée, une ville ravagée par un Tsunami. Quel est la probabilité qu'un tel évènement se produise et ne détruise que Barcelone ?

-La probabilité que cela se produise est quasi-inexistante, répondit Marcus, cela ressemble à un Tsunami, mais ce n'est pas naturel.

-Arès, comprit Aro.

-Oui, confirma Edward, et c'est pour cela que je dois aller les aider. Il a détruit cette ville uniquement parce qu'il a dû y desceller notre présence. Ces innocents sont en train de mourir par ma faute ! Je dois y aller !

-Tu n'iras nulle part ! Répéta Carlisle. C'est un piège, il s'attend à ce que tu réagisses ainsi !

-Carlisle a raison, assura Jasper.

-Je ne peux pas rester ici à regarder ces gens mourir, je dois…

-Tu dois rester en vie pour pouvoir sauver le plus grand nombre. Je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais ils vont partis des pertes acceptables. Tu as une mission bien plus importante que celle de les sauver, tu dois vaincre Arès et tu n'y parviendras qu'avec de l'entraînement et une stratégie mûrement réfléchi. Si tu fonces dans le piège qu'il te tend, tu ne feras qu'une seule chose : tu condamneras toutes les races humaines ou non à une mort certaine. Est-ce cela que tu veux ? Demanda la voix de Caïus. »

Edward fixa pendant plusieurs secondes son père, une lueur de défi brûlait dans ses prunelles ambrées. Alors qu'il envisageait de s'enfuir en douce et d'aller aider les Espagnols tout aussi discrètement, Caïus sembla deviner ses pensées.

« -Même en faisant tout pour passer inaperçu, il te trouvera, il surveille le moindre fait anormal dans cette ville. Arès te tuera si tu vas là-bas et ta mort nous condamnera tous. Est-ce cela que tu veux pour nous ? Pour les enfants Cullen ? Pour tes amies humaines les Swan ? Pour Carlisle ? Lut-il dans l'esprit de son père. »

Tout en étouffant un feulement de désespoir, Edward quitta son siège et se dirigea vers l'arrière de l'appareil. Il entra dans la pièce dont il claqua la porte avant d'aller se réfugier dans un coin où il se roula en boule. Il savait que Caïus avait raison, mais il ne le supportait pas. Il ne supportait pas qu'Arès ait tué autant d'innocents pour le faire sortir de sa cachette. La guerre se déroulait dans leur monde, entre eux, quel besoin avait-il eu de frapper les humains ? Un rire amer secoua son corps, Arès savait quoi faire pour le blesser.

Edward ne bougea pas quand il entendit la porte communiquant avec le reste du jet s'ouvrit. Il ferma les yeux en reconnaissant l'odeur qui emplissait la pièce. Carlisle ne dit rien. Il vint simplement s'asseoir à ses côtés et posa une main rassurante sur son genou.

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Le Prince ignorait combien de temps ils étaient restés ainsi, mais il était reconnaissant envers Carlisle de ne pas lui avoir servi des phrases toutes faites pour tenter d'alléger sa culpabilité. Doucement, son compagnon commença à bouger. Edward sentit un de ses bras passer sous ses genoux alors que son autre bras glissait dans son dos. La seconde suivante, le médecin le portait dans ses bras et l'allongeait sur le lit. Une fois qu'il l'eut installé, Carlisle vint se blottir contre lui. L'Héritier ferma les yeux, profitant de cette étreinte réconfortante.

-Tu nous as abandonné.

Edward s'agita dans les bras de son amour. Il entrouvrit un œil, observant la chambre où ils se trouvaient, ils étaient seuls. Persuadé d'avoir rêvé, il enfouit son visage dans le torse de Carlisle.

-Tu nous as abandonné.

Le Prince se hissa sur ses avant-bras et observa son bien-aimé qui était parfaitement immobile. Son regard acéré balaya une nouvelle fois l'habitacle, mais ils étaient bien seuls.

« -Tout va bien ? Demanda Carlisle qui l'observait d'un œil anxieux.

-As-tu parlé ?

-Oui.

Edward ne put retenir un soupir de soulagement, alors qu'il allait le questionner sur ses propos ambigus, Carlisle sema à nouveau le doute dans son esprit.

-Oui, reprit le médecin, je t'ai demandé si tu allais bien ? Edward ?

-Ca va, mentit le jeune vampire en cachant son visage dans le creux du cou de son amant.

-Tu es sûr ? Insista son compagnon. Edward, mon ange, je sais que tu ne veux pas l'entendre, mais tu n'es pas responsable de ce qui s'est produit. Arès est le seul et l'unique responsable.

-Je ne veux pas en parler ! Je veux juste que tu me serres dans tes bras et que tu m'embrasses.

Carlisle esquissa un faible sourire avant de répondre à sa requête, sa moitié le connaissait bien, il n'était pas dupe. Leurs lèvres se touchèrent et comme à chaque fois la magie opéra, lui faisant oublier tout ce qui n'était pas eux.

-Jamais personne ne m'embrassera d'une telle manière ! Jamais je ne rencontrerai mon prince charmant !

Edward se concentra sur les lèvres de son amant qui se mouvaient contre les siennes, sa langue qui caressait délicieusement la sienne.

-A cause de toi, je n'aurais jamais un amoureux !

Le Prince rouvrit les yeux et croisa le regard chocolat d'une petite fille. Elle portait une robe blanche qui était déchirée, ses cheveux étaient mouillés et terreux, ses lèvres, son visage, son corps avait la même coloration que celle d'un cadavre.

-Pourquoi ne m'as-tu pas sauvé Edward ?

-Edward ? Mon ange ?

-Pourquoi ne m'as-tu pas sauvé Edward ?

-Edward ?

-Pourquoi ne m'as-tu pas sauvé Edward ?

-Je… Je suis désolé, bégaya-t-il en retenant un sanglot.

-Ce n'est rien, mon ange, chut, le consola Carlisle. Tout va s'arranger.

Edward ferma les yeux et se laissa aller dans l'étreinte rassurante de son amour. Carlisle parsemait son visage de baisers tout en lui murmurant des mots rassurants. Ils furent interrompus par des coups frappés à la porte de leur chambre.

-On va atterrir, les informa Démétri, vous devriez revenir vous asseoir.

-On arrive, lui répondit Carlisle. »

Edward ouvrit prudemment les yeux et scruta la cabine, ils étaient seuls, il n'y avait pas la moindre trace d'une petite fille. Il soupira discrètement avant de suivre son compagnon dans l'autre partie de l'avion où ils s'installèrent pour l'atterrissage.


Tout le long du trajet qui les conduisait à la demeure du Clan Denali, Edward resta muré dans le silence. Certains avaient tenté de le faire parler, mais il les dissuadait d'un regard et quand ils insistaient, Carlisle s'interposait. Leurs voitures ne tardèrent pas à s'arrêter devant un hameau de maisons, chacune étant occupée par un membre du clan et le seul couple. Eléazar et Carmen les attendaient sur le perron de la plus grande des demeures. Le couple n'était nullement gêné par le froid et la neige qui tombait sur eux. Ils les observaient, souriant mais anxieux quant à la suite des évènements.

« -Bonjour, Eléazar, murmura le Prince à l'esprit de l'ancien Volturi, je te remercie de nous accueillir, mais il n'y a aucune obligation, comme je te l'ai dit, nous pouvons trouver une autre solution.

-Ne vous inquiétez pas Votre Altesse, les Volturi ont été à une époque mes frères et je les considère toujours comme des amis. Quant à la famille Cullen et vous-même, vous êtes des nôtres, n'oubliez pas que nous sommes cousins, lui rappela Eléazar avec une pointe d'amusement.

-Merci, dit Edward en serrant la main du vampire.

-J'espère que le voyage s'est passé sans encombre ? Interrogea Eléazar.

-Oui, tout s'est bien passé, assura Carlisle ce qui arracha un grognement à Edward.

-Entrez donc vous mettre à l'abri, les invita Carmen. »

Tous la remercièrent et la saluèrent en rentrant dans l'immense demeure. La maîtresse des lieux les conduisit à un immense salon où ils s'installèrent. Démétri, Félix, Jane et Alec ne tardèrent pas à retrouver leurs habitudes et se dépêchèrent d'organiser une surveillance des alentours ainsi que des tours de garde. Emmett et Jasper se joignirent à eux, ne souhaitant pas être laissés de côté. Pour rassurer Carlisle, les gardes acceptèrent à la seule condition qu'ils surveillent uniquement la maison. Alors qu'il s'asseyait dans un fauteuil, l'attention d'Edward fut attirée par l'immense écran qui relatait les évènements tragiques qui avaient eu lieu en Espagne. L'Héritier ne put s'empêcher de trembler en entendant le nombre de morts, aussitôt, Carlisle passa un bras protecteur autour de ses épaules.

« -Cela te dérangerait-il d'éteindre ? Demanda Aro en couvant son fils du regard.

-Non, bien sûr que non, répondit Carmen en attrapant la télécommande, je suis encore bouleversée par ce qui est arrivé à mon pays. C'est affreux.

-Je suis désolé, lâcha Edward sans réaliser ce qu'il venait de dire.

-Que se passe-t-il ? S'enquit Eléazar en voyant que tous observaient le Prince d'un œil inquiet.

Edward enfouit son visage entre ses mains, il sentit Carlisle se rapprocher encore un peu plus de lui.

-Ca va aller, murmura le médecin, je sais que c'est dur, mais essaie de ne pas y penser.

-Doit-on craindre l'arrivée prochaine de notre ennemi ? Demanda Eléazar un peu perdu.

-Non, assura Edward d'une voix étonnement ferme, pardonnez-moi, mais j'ai besoin d'être seul.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, protesta Caïus.

-Je ne te demande pas la permission, répliqua le Prince.

-Edward ! L'appela Aro.

-Je sors prendre l'air, je serais de retour dans une heure ou deux, promit l'Héritier.

-Je ne suis pas rassuré de te savoir seul, admit Marcus.

-Il ne sera pas seul, intervint Carlisle, puis-je t'accompagner ? »

Comment pourrait-il refuser sa présence ? Il était le seul à pouvoir encore l'apaiser. Carlisle avait toujours été sa lumière dans les ténèbres. Sans un mot, il lui tendit la main, le médecin s'empressa de la saisir et ensemble, ils s'enfoncèrent dans les bois qui encerclaient les demeures du Clan Denali.

Ils marchèrent un moment en silence. Leurs mains étaient toujours jointes. Un silence apaisant les enveloppait. Soudain, Edward cessa de marcher. Il s'assit sur un rocher qui dépassait de l'immense couche de neige. Il observa pendant un instant le magnifique ballet qu'offraient les flocons de neige qui tourbillonnaient tout autour d'eux. Sans qu'il ne s'en rende compte, un sourire se dessina lentement sur ses lèvres face à la beauté, à la pureté de ce spectacle. Carlisle s'assit à ses côtés et se perdit dans la même contemplation. Ils auraient pu rester des heures ainsi à observer le manège des flocons, ils ne craignaient ni le froid, ni l'humidité.

Soudain, Edward soupira. Il pouvait sentir les lèvres de son amant se poser sur la peau de son cou où il déposa plusieurs baisers. Sans rompre le contact de ses lèvres, Carlisle se leva et vint se mettre debout entre ses jambes. Les mains de son amant glissèrent le long de son dos pour venir ensuite se plaquer sur ses fesses qu'il pressa pour le plaquer contre son corps. Edward ne put retenir un gémissement, sa virilité s'éveilla quand il sentit celle de son compagnon. Les mains du Prince, qui étaient restées jusque-là immobiles sur la taille du médecin, caressèrent son dos avant de se glisser dans sa chevelure pour lui faire relever la tête. Carlisle sourit lorsque leurs regards se croisèrent, le même feu ardant y brûlait. Leurs lèvres ne tardèrent pas à se trouver alors que leurs mains impatientes repartaient à la découverte de leurs corps, ôtant toute trace de leurs vêtements. Ils se retrouvèrent vite nus, l'un contre l'autre, leurs baisers, leurs caresses enflammant chaque parcelle de leur peau.

Carlisle saisit ses jambes pour les nouer autour de sa taille, il sentit ses mains passer sous ses fesses, la seconde suivante le médecin le soulevait pour l'étendre ensuite dans la neige. Tendrement, Carlisle s'allongea sur lui, couvrant son corps du sien. Les mains de son amant caressèrent son torse, lui arrachant des soupirs. Un feulement lui échappa quand les doigts de son amour s'emparèrent de son sexe tendu pour le caresser. Edward se laissa aller au plaisir que lui procurait Carlisle qui était descendu le long de son corps, ses lèvres avaient remplacé ses mains sur son pénis.

-Plus jamais je ne sentirais la douceur de la peau de ma femme, plus jamais je ne pourrais goûter la saveur de ses lèvres, plus jamais je ne me réfugierais dans la chaleur de son corps !

Edward rouvrit les yeux et croisa le regard accusateur d'un homme brun d'une quarantaine d'années. Il présentait les mêmes blessures, le même aspect physique que la fillette qui lui était apparu plus tôt. Aussi rapidement qu'il était apparu, l'homme disparu. Le jeune vampire se sentait perdu, son cœur mort le faisait souffrir. Soudain, une douce chaleur le réchauffa. Il tourna la tête et croisa le regard ambré de Carlisle qui brûlait d'amour et de désir pour lui.

« -Tu es avec moi, Edward ? S'enquit son amant d'une voix rauque.

-Oui, assura-t-il avant de l'embrasser.

Ses doigts se baladèrent sur le corps de son amant, récoltant quelques flocons qui se mêlaient agréablement à la douceur de sa peau. Il amorça un mouvement du bassin que Carlisle suivit, leur arrachant des feulements mêlés de soupirs.

-Ensemble, murmura Edward les quelques secondes où leurs lèvres se séparèrent. »

Carlisle glissa une jambe entre les siennes, rapprochant leurs bassins en feu. Leurs gémissements peuplaient la nuit calme. La neige tombait en une douce caresse sur leurs corps étroitement enlacés. Leurs sexes se caressaient, se touchaient à chaque mouvement de leurs bassins, les entraînants vers les sommets du plaisir. Edward s'arqua contre son amant quand ce dernier se mit à mordiller le lobe de son oreille tout en accélérant le rythme de son bassin. Edward sentait son corps s'enfoncer lentement dans la neige. Ses mains quittèrent le dos de Carlisle qu'il caressait pour venir se poser sur les fesses du médecin pour exercer une pression à chaque mouvement de bassin, rapprochant encore plus leurs envies. Le Prince sentit le corps de son amant se tendre contre le sien, Carlisle trembla alors que son être était parcouru par un violent orgasme. Son visage était magnifique et alors qu'il sentait la semence du blond se répandre entre leurs ventres, Edward sentit les prémices de la jouissance traverser son corps.

-Comment peux-tu accepter de connaître le plaisir entre les bras de ton amour alors que tu m'as arraché à ceux que m'aimaient !

Edward se tendit en entendant cette voix de femme qui refroidit ses ardeurs. Il tourna frénétiquement la tête et croisa pendant quelques secondes un regard empli de mépris et de colère avant qu'il ne disparaisse.

« -Edward ? Mon ange ? L'appela Carlisle.

Il tourna la tête vers son amant dont la beauté était encore magnifiée par les traces de jouissance. Edward fit son possible pour paraître normal, il ne souhaitait pas l'alarmer.

-Pardonne-moi, murmura Carlisle en déposant des baiser sur son visage.

Ces deux mots lui firent mal, ce n'était pas à son amour de s'excuser, mais à lui, lui qui avait laissé mourir tous ces gens !

-Pardonne-moi, poursuivit le blond, je pensais que tu étais proche de la délivrance, sinon, je n'aurais pas joui sans toi. »

De quoi parlait-il ? Edward était perdu. Soudain, il sentit une main glisser entre leurs deux coups, une main qui s'empara de son sexe encore éveillé. Carlisle le caressa tout en couvrant son corps de baisers. Edward retint péniblement un sanglot. Il s'obligea à se concentrer sur les tendres gestes de son amant, il ne devait penser à rien d'autre, il devait jouir sous ses caresses, il le devait ! Carlisle ne devait se rendre compte de rien, personne ne devait se douter qu'il était hanté par les âmes des gens qu'il avait tués, ils n'avaient pas besoin de porter ce poids avec lui, ils avaient suffisamment de soucis avec Arès…