Chapitre 35 L'histoire de Godric en bref
===PV d'Edward===
Nous avons attendu deux heures avant de descendre les rejoindre. Godric est si tendre et attentionné avec ma fille, cela me rappelle les heures passées contre elle. Comme tout cela me manque, j'ai l'impression que c'était il y a si longtemps. Du bout du doigt ma fille suit les tatouages de son torse nu, on pourrait penser que cela pouvait durer des heures.
-Des heures, me dit-il, elle ne se fatigue pas de les admirer.
-J'avoues que vos tatouages sont impressionnant.
-Souvenirs indélébiles de mon humanité. Prenez place messieurs, nous avons à parler, dit calmement Godric. Je vous sens plus en paix Edward, j'en suis ravi.
-Trop de tensions, je ne sais plus à qui faire confiance, mais je veux aussi être en paix avec vous.
-C'est légitime, vous aimez votre fille et vous culpabilisé sur ce qui c'est passé et je ne vais pas vous aider avec ce que je vais vous annoncer.
-Il y a un problème ?
-Je le pense, votre fille va enfanter.
-Plait-il ? Comment le savez-vous ?
-L'embryon n'a que quelques jours, sachez qu'aucun moyen humain ne pourra mettre un terme à la grossesse. Comment je le sais ? Car je sens son énergie quand je passe ma main sur son ventre.
-L'histoire recommence. Godric connaissez-vous un moyen ?
-Certes, mais il faudra vous décider rapidement, après je n'y pourrais plus rien.
-Je vois, donnez-nous votre avis.
-On ne demande pas son avis à un monstre.
-Vous êtes quelqu'un de bien, dis-je.
-Moi ? Au non, loin de là. Venant de vous cela me flatte Edward surtout avec le comportement que j'ai eu avec vous tout à l'heure.
-Vous m'avez montré qui était le plus fort et vous auriez pu m'éliminer sans même que je m'en rencontre.
-Je ne suis pas venu vous faire la guerre, mais je ne me laisserais pas faire pour autant. Avez-vous fait des choses horribles Edward ? À part mettre à mort de pauvres pumas ?
-Il y a plus de 80 ans, j'ai pendant quelques années tué beaucoup d'hommes. Je culpabilise encore aujourd'hui.
-Comment choisissiez-vous vos victimes ? Quels critères ?
-Je m'attaquais aux assassins et aux violeurs.
-Et vous culpabilisez encore ? Vous méritiez une médaille.
-A quoi bon. Mais vous ?
-Quel est pour vous le plus abominable des crimes ?
Je n'ose pas répondre, car le moindre meurtre est horrible, mais je devais faire un choix.
-Tuer des enfants, je suppose, dis-je.
-C'est mon péché mignon. Vu mon âge je n'ai pas besoin de beaucoup de sang pour me nourrir, mais si je flanche et que j'attaque un enfant je ne peux m'empêcher de le vider de son sang.
C'est au-delà de l'horrible.
-Bien au-delà. Je vois que vous me comprenez.
Ses yeux se remplissent alors d'une douleur si intense que j'en suis touché. Ce vampire a des siècles de regrets, de peines et de douleurs.
-Ma fille ?
-Elle est trop vieille et elle est devenue un défi personnel.
Ma fille commence à agiter les jambes, Godric commence à les caresser doucement en la calmant.
-Tu va devoir attendre le couché du soleil, dors ma fille, mes tatouages seront encore là à ton réveil, lui dit-il avant de se retourner vers nous. Nessie a besoin de se dégourdir les jambes, j'ai prévu une petite balade ce soir.
Ma fille se love contre lui comme pour s'imprégner encore plus de son odeur et sombrer dans le sommeil.
-Vous avez d'autres questions sur moi ?
-Parlez-nous de vous ?
-Rien de bien intéressant. Je suis né il y a plus de mille ans sous l'empire Romain, j'étais destiné à être gladiateur, les gladiateurs rapportaient la gloire et l'argent à leur famille. Je m'entraînais avidement depuis longtemps avant même d'avoir quitté l'enfance. À mon époque l'adolescence n'existait pas, sauf peut-être pour certaines familles riches. J'ai eu le temps de me parer de ces si attirants tatouages. Je devais avoir dans les treize ans quand je suis partis à la guerre, j'ai survécu longtemps, j'ai beaucoup tué, massacré, mais j'ai toujours refusé de me joindre aux séances de viols qui se déroulaient à chaque fois que nous prenions un village. Un soir ma garnison a été massacrée et j'ai été blessé, gravement blessé. J'ai été découvert une nuit par un homme d'une beauté impressionnante, ce fut le tournant de mon existence. Il m'a aimé, m'a transformé et m'a quitté. Je suis devenu un assassin sanguinaire hors paire et rapidement mes goûts se sont portés sur les enfants.
-Les Volturi ? demande.
-Eux ? De très vieux vampire presque 2 000 ans de plus que moi. Je les ai croisés alors que je devais avoir une dizaine d'années d'ancienneté. Depuis très longtemps ils savent qu'il existe de nombreuses espèces de vampire, mais ils préfèrent vous le cacher. Quand je pense que dans cette même maison cohabite quatre espèces de vampires ...
-Pourquoi nous le cacher ?
-Pour la paix de tous je suppose.
-Comment cela s'est passé avec eux ?
-A cette époque, j'ai eu très peur et je suis parti loin d'eux. Je les ai recroisé en Californie trois ou quatre cents ans plus tard, mais dans des conditions bien différentes. Il s'est avéré que j'étais plus fort qu'eux, ils ont eu peur et depuis ils restent loin de moi, n'interférant jamais dans ma vie.
-Pourquoi avoir accepté de venir nous aider ?
-Il arrive un moment où nous devons accepter de mourir, cela va contre la nature que de ce baladé sur cette terre pendant des millénaires. J'ai abrégé trop de vie, rependu tant de tristesse et d'horreur que je sais que ma fin est proche. Gweltaz, était mon premier fils, mais à la différence de mon procréateur je suis resté auprès de lui. Je lui ai offert ce que je pense être de l'amour, il m'a aimé comme un père, ma vénéré comme son maître, m'a aimé comme un amant. Nous avons massacré des familles entières, nous partageant le travail, moi les hommes et lui les femmes. On s'amusait a tendre des pièges de plus en plus sophistiquer pour le simple plaisir de voir leurs réactions au moment où ils comprenaient. Un jour il m'a tenu tête, je l'ai laissé partir par amour, lui pensait que c'était par faiblesse. Pendant longtemps il a cru avoir surpassé son maître, il a engendré de nombreux adeptes et a entamé des expérimentations pour modifier son aspect.
-D'où ses ailes, dis-je.
-Oui grande réussite, mais je lui ai vivement manifesté mon mécontentement. Depuis 200 ans il se faisait appeler l'immortel, comme on dit maintenant, il a pris la grosse tête. J'étais la seule personne qui pouvait l'arrêter. Quand la petite blonde et le beau mâle sont venus à moi j'ai décidé de les suivre tout de suite. J'avoue que j'ai résisté par principe et par jeu, votre frère est bien agréable à regarder.
-La mort de la créature, de l'immortel enfin de Gweltaz ? dis-je.
-Cela fut très dur pour moi, j'aurais préféré qu'il choisisse lui-même le jour et le moyen, mais il y avait urgence. Quand il s'est mis à mes genoux il savait très bien ce que j'allais lui faire, je ne pense pas que cela dusse être moi. Je suis un monstre bien plus terrible que lui, il était calme depuis si longtemps. Mais je n'avais pas le choix, si vouliez que la femme enceinte vive. Gweltaz était si vaniteux qu'il aurait refusé tout compromis. Il a toujours cru que j'avais aimé que deux personnes dans ma vie, il s'est toujours trompé, car même aujourd'hui je l'aime encore, il était mon fils.
Des larmes de sang coulent à nouveau sur ces joues. Je ne sais plus quoi lui dire, son chagrin est communicatif. Le seul véritable méchant dans l'histoire avait été Diogène et il est mort.
-Croyez-vous en Dieu Edward ?
-Étrange question, mais oui. Le père de Carlisle était pasteur, j'ai eu une éducation relieuse, par mes parents, pendant ma vie d'humain, ainsi que pendant ma vie de vampire, par Carlisle. Mais l'éducation ne fait pas tout.
-Que vous êtes surprenant vous croyez, mais vous doutez en même temps.
-Mon âme.
-Vous pensez qu'elle brûlera en enfer ?
-Je pense que je n'en ai plus, tout simplement.
-Oh, croyez-vous vraiment cela possible ? Vous semblez tellement regretté vos meurtres, qu'il ne peut y avoir qu'une âme la dessous.
-Mon père le pense aussi.
-Il a raison, Dieu peut nous pardonner, mais il faut faire membre honorable
-Plait-il ?
-Prier et se confesser, chose que je fais régulièrement. Mais j'avoue que c'est un très long travail pour mon cas. Suivez mon conseil Edward, Dieu sait pardonner, ne l'oubliez jamais.
-Livraison express, annonce Damon en rentrant dans la pièce. Laissez-moi deviner : Edward, à la recherche de son âme perdue, son refrain préféré.
Godric prend le thermos et s'abreuve tranquillement.
-Belle couleur, goût sucré et épicé, une femme, la vingtaine ... Très bon choix.
-Une adorable fille des îles en vacances.
-Revenez nous voir plus tard, nous somme Godric.
La demande sonne comme un ordre et nous l'exécutons sans broncher.
Chapitre 36 L'amour
