Saving Edward


Disclaimer : Aucun des personnages ne m'appartient, tout est à Stephenie Meyer, et l'histoire provient de l'imagination de twiXlite, je ne fais que traduire sa magnifique histoire…

Bonsoir à tous !

Wow, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu à traduire un chapitre de cette longueur, d'ailleurs, je me demande si c'est pas un des plus longs. Ça me manquait, d'un côté. Les précédents étaient plus joyeux, mais plus courts… à croire que le tragique est plus inspirant^^. Quoique, la tendresse et un peu de joie et de légèreté devait vous plaire, puisqu'on presque battu tous les records pour les derniers chapitres… Plusieurs m'en ont fait la remarque, et croyez bien que ça ne m'a pas échappé non plus, les 1000 reviews approchent, et il reste encore 15 chapitres… J'ai un peu de mal à réaliser je crois^^. Bref, un grand merci à tous.

Un truc que je dois à tout prix vous dire, c'est que j'adore les vacances. Elles viennent juste de commencer, mais ça fait trop plaisir. D'ailleurs, hier, on s'est fait pratiquement (euh non… à la réflexion, même pas pratiquement, complètement…) viré du lycée à 11h, parce que soi-disant, les 1ères et termi faisaient trop de grabuge… Je veux bien que les termi aient poussé le bouchon avec la mousse à raser dans NOTRE couloir, mais nous, au moins, on faisait pas la chenille dans tout le lycée comme ceux de l'année dernière… Et comme on avait pas eu nos listes pour le bac de français, notre prof et nous avons du négocier – c'est bien la première fois de ma vie que je vais quémander des cours^^ - pour pouvoir avoir cours vendredi aprem et avoir nos fameuses listes… Les profs et les surveillants, ils arrivaient pas à croire que la direction nous vire comme ça^^. C'était déjà pas mal de les avoir de notre côté… Bref, j'ai encore une fois raconté ma vie, mais vous devez y être habitué, depuis le temps^^.

Tout ça pour dire que j'adore les vacances. On n'a jamais inventé rien de mieux que ça…

Une citation de Elbert Hubard que j'adore :

« Personne n'a autant besoin de vacances que celui qui vient d'en prendre. »

ça, c'est toute ma philosophie.

Enfin bon, revenons au chapitre. Y a un moment dans ce chapitre, j'ai l'impression de me retrouver quand j'étais petite et que mes frère et sœurs faisaient leur petite crise de jalousie à mon égard… Plutôt drôle, dans un sens^^. Mais bon, le reste c'est pas trop la joie. On quitte la tendresse et les moments précédents. Mais bon, comme l'a fait remarqué quelqu'un (je sais plus trop qui^^) il faut toujours une période basse avant de remonter la pente…

Sinon, je viens tout juste de voir une review de « ' », au sujet du chapitre 15, un POV Bella d'après mes souvenirs, où Edward vient juste de se faire emmener par l'ambulance, et j'avais eu un soucis par rapport à une phrase. Merci pour ton aide, mais tu sais, le traducteur google^^, il est à y regarder de très très loin… Les autres autres traducteurs, un peu moins, mais bon^^. Je préfère tout au feeling, au vocabulaire souvent utilisé par l'auteur et que je commence à connaître (serait temps^^), et le dico wordreference, et un autre argotique pour les autres expressions^^, cas où. Mais pour sûr que dans le sens, ça veut dire ça, un endroit où les ambulances arrivent… sauf que je n'arrive toujours pas à trouver l'équivalent français, après ça fait soit aéroport ou port^^. Bref, merci quand même…

En réponse à phika17 (merci pour tes reviews à chaque chapitre !), et peut-être à d'autre qui se pose la question sans oser la demander, il n'y aura pas de « rapprochement affectif » au sens sexuel du terme (wow, est-ce que je viens vraiment de dire ça ?) entre Edward et Bella… L'auteur l'a précisé dans ce qui sera notre prochain chapitre à nous, et on va en parler de temps en temps, Edward est dans un état un peu trop fragile pour songer réellement au rapprochement physique d'une relation, et Bella le sait. Et puis bon, je sais pas vous, mais moi, m'envoyer en l'air dans une clinique, ça n'a jamais fait parti de mes fantasmes^^. J'espère que pour mon copain non plus, je crois pas que je cèderai^^.

Donc, en gros, pas de lemme, ni de lemon dans Saving… Mais par contre, il faudra s'y attendre pour Alive, même si c'est dans un moment…

A Alexe : euh… sans vouloir être présomptueuse, j'ai toujours grand plaisir à répondre aux questions… quand on me les pose. J'ai recherché dans les anciennes reviews, et je n'ai pas trouvé, donc, je serais ravie de répondre à tes questions, tu n'as qu'à me les reposer…

Sinon, le prochain chapitre, comme d'hab, mercredi.

Voilà, voilà, en espérant ne pas vous avoir trop ennuyée avec mon blabla, désolée si c'est le cas, je suis une incorrigible bavarde… Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 36 : Family Time


Bella POV

Durant les semaines qui suivirent cette séance avec Derek, Edward commença à progresser. Il prenait un peu de poids, et même s'il avait toujours la sonde, c'était un bon signe. Il s'ouvrit un petit à petit à Derek, mais malheureusement, il n'avait divulgué encore aucune réelle information à propos de son passé et des raisons derrière son comportement destructeur. Ça ne m'inquiétait pas trop, parce qu'après tout, Edward avait passé des années à tout dissimuler à tout le monde, alors qu'il parle de tout et n'importe quoi était un progrès de sa part, même si ce n'était pas énorme. J'avais l'espoir qu'il puisse parler de quelque chose d'important, bientôt. Tout ce que nous pouvions faire, c'était attendre, et espérer que Derek gagnerait suffisamment sa confiance pour que cela puisse se faire.

Le Dr. Martin m'avait dit que je pourrai rester à la clinique jusqu'à ce qu'Edward ait fait assez de progrès pour être capable de continuer à progresser sans moi, ici. Elle était catégorique là-dessus, parce qu'elle avait le sentiment qu'il avait besoin de devenir indépendant. Même si l'idée d'être séparée d'Edward me faisait mal, je savais qu'elle avait raison ; et quand le moment viendrait, je quitterai la clinique et donnerai à Edward la chance de pouvoir se rétablir seul. C'était quelque chose dont Edward avait besoin, même je savais qu'il détesterait cette idée, au début. Nous ne lui avions pas encore parlé de cela, parce qu'il était toujours assez fragile, et nous ne savions pas comment il prendrait la nouvelle.

Après avoir eu la sonde pendant trois semaines, Edward avait pris suffisamment de poids et gagnait assez de force pour l'enlever. J'étais optimiste là-dessus, ça voulait dire qu'Edward pouvait commencer à reconstruire sa relation vis-à-vis de la nourriture. Ça voulait dire qu'il pouvait commencer à s'occuper du côté physique de ses problèmes.

Malheureusement, cet espoir fut de courte durée. Edward refusait toujours de manger, il avait développé une profonde frayeur envers la nourriture. Il refusait d'avoir affaire à quoique ce soit concernant la nourriture. Pour mon grand désarroi, on lui a remis la sonde. Ça me faisait mal de l'avoir vu faire tant de progrès, pour en revenir, à ce qu'il semblait, plusieurs pas en arrière. La sonde était différente cette fois. Au lieu d'être constamment rattaché à la machine, et confiné dans sa chambre, les médecins ou infirmières pouvaient connecter ou déconnecter la sonde quand il en avait besoin. Ça voulait dire qu'il pouvait sortir, et regagner un semblant d'indépendance. Quelque chose dont je pouvais voir qu'il était heureux, puisqu'il détestait être coincé dans son lit. Je ne pouvais m'empêcher de me demander combien de temps cela durerait, cette fois-ci. Parfois, Edward était trop têtu pour son propre bien.

Nous continuions d'étudier. Parce que je restai ici avec Edward, j'étais autorisée à le joindre dans les cours qu'offrait la clinique. Je supposais que ç'avait un peu l'allure d'un pensionnat. J'en étais contente, parce que s'il n'y avait pas ça ici, je n'aurais pas eu d'autre choix que de retourner à Forks pour finir le lycée. Mais avec tant d'adolescents qui allaient et venaient tout le temps, on devait s'y attendre.

Je passai une grande partie de mon temps avec Edward, sauf lorsqu'il passait une heure ou deux en thérapie avec Derek, ça dépendait de son humeur. Derek avait été très enthousiaste de prendre Edward sous son aile, il avait le sentiment qu'une séance quotidienne pour les premières semaines serait nécessaire ; simplement pour qu'Edward s'habitue à lui parler. De ce que je voyais, ça semblait aider.

Sa famille venait le voir aussi souvent que possible. Alice, Jasper, Emmett et Rosalie ne pouvaient venir que les week-ends, à cause du lycée. Et Carlisle et Esmé ne pouvaient venir que lorsque leur travail le leur permettait. Esmé avait eu une véritable avalanche de clients qui désiraient qu'elle réaménage leur maison, ce qui lui laissait très peu de temps libre. Carlisle n'était pas mieux loti. Il y avait eu une augmentation du nombre d'accident de la route, dernièrement, ce qui signifiait qu'il était constamment appelé au travail. Quelque chose qui le frustrait. Même s'il adorait son travail, il voulait pouvoir venir voir Edward plus souvent qu'il n'en avait l'occasion.

Nous avions tous l'espoir qu'Edward réponde bien au traitement et sorte bientôt. Pendant un court moment, j'avais pensé que ça serait vraiment possible. Mais malheureusement, la réticence d'Edward à faire de nouveau confiance à la nourriture déjouait cet espoir. Je continuai à me dire qu'il allait s'en sortir. Il avait besoin d'aller pas à pas, c'était tout. J'attendrai qu'il fasse des progrès de son initiative. Lorsqu'on en venait à Edward, je ferai tout ce qu'on me demanderait.

Il y avait quelques patients ici, que je commençai à très bien connaître. Je devins rapidement amie avec Michael. C'était un garçon très sympa, qui était clairement très énergique, et qui adorait s'amuser. Mais ses yeux semblaient refléter une certaine tristesse, qui en montrait bien plus qu'il ne le laissait paraître. Il m'avait dit pourquoi il était ici, et parlé de son passé. Il pensait que c'était génial que je sois autorisée à rester. Il m'avait également dit que j'étais la seule parente ou amie qui en avait eu le droit. Il en était heureux parce qu'il avait réalisé qu'Edward avait besoin de moi. Il avait vite vu que j'avais besoin d'Edward, moi aussi. Il était incroyablement perspicace.

J'avais également rencontré une fille, appelée Claire. Elle m'avait dit qu'elle n'avait rencontré Edward qu'une fois, mais qu'elle l'avait tout de suite apprécié. Au départ, je me méfiai un peu d'elle, me demandant si je devrais garder un œil sur elle. Mais elle avait très vite commencé à me parler de son petit copain, Quil. Je devinai immédiatement qu'elle en était amoureuse, et qu'elle avait vu Edward comme un ami ; mon initiale hostilité s'était très rapidement évanouie. Elle trouvait que ce que je faisais pour Edward était stupéfiant, mettre ma vie de côté pour que je puisse le voir. Elle m'avait demandé comment j'étais capable de faire ça. Et je lui ai dit la vérité.

- Edward est ma vie, désormais, lui ai-je dit sincèrement.

Il l'était, et rien n'allait changer ça, ou me le retirer. Un immense sourire avait envahi son visage, ce qui me rappelait Alice lorsque quelqu'un mentionnait le shopping. Heureusement, elle n'était pas aussi hyperactive qu'Alice. Même si elle semblait assez heureuse, comme pour Michael, il y avait beaucoup de choses sur lesquelles elle avait besoin de travailler. Son petit copain venait la voir aussi souvent que possible. Il vivait à Seattle, alors ce n'était pas très difficile pour lui de venir à la clinique. Je pouvais voir la véritable dévotion qu'il avait pour elle, lorsqu'il était avec elle.

Il était ici, en ce moment. Ils étaient assis dans un coin de la salle de loisirs, discutant, échangeant occasionnellement de chastes baisers. Edward était avec Derek, alors j'avais accompagné Michael dans la plus grande salle de loisirs.

- C'est à ça que vous ressemblez, toi et Edward, tu sais ? me dit Michael, avec un sourire espiègle, en indiquant Claire et Quil du menton.

Ils discutaient, leur front se touchant. C'était adorable à voir. Une amourette, comme beaucoup d'adulte appelle ça. Mais ces deux-là seraient ensembles pour toujours, on pouvait le voir. Je me retournai vers Michael ; il arborait un léger air triste.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? lui demandai-je, posant une main sur la sienne.

- C'est juste que, je vous vois, Edward et toi ensemble, et Claire et Quil, et je me demande juste si j'aurais jamais quelque chose comme ça.

Il semblait si triste et perdu.

- Bien sûr que oui, Michael.

Je relevai son menton.

- Hors d'ici, il y a quelqu'un pour toi, et tu la trouveras. Tu la trouveras, Michael. Ne doute jamais de ça.

Il me sourit, semblant trouver du réconfort dans mes mots.

- Merci, Bells, murmura-t-il.

Je me penchai pour l'éteindre, caressant son dos d'un geste amical.

Me détachant de lui, je vis Edward passer la porte, et je ne pus retenir le sourire qui traversa mon visage. Michael se tourna pour le regarder, et il roula des yeux alors qu'il se retournait vers moi. Je lui une petite tape sur le bras alors que je me levai pour embrasser Edward.

- Comment ça s'est passé ? lui demandai-je, plongeant dans ces magnifiques yeux verts qui me coupait toujours le souffle et accélérait mon cœur.

- C'était bien, dit-il, s'asseyant sur le canapé sur lequel je me trouvai un moment plus tôt, et me poussant sur ses genoux dans le même mouvement.

Je m'assis sur le coussin qui se trouvait entre sa jambe et l'accoudoir, ne voulant pas lui faire mal. Il était encore très mince, trop de pression ou de poids pouvait lui faire mal et avoir un tas de dommages involontaires.

- Derek a prévu une session familiale, souffla-t-il, en regardant ma main, qu'il caressait avec son pouce.

- Ça te convient ? demandai-je, repoussant ses cheveux de ses yeux, et laissant ma main à l'arrière de son crâne.

- Je pense, murmura-t-il, incertain. Je pense que ça peut être bien. Peut-être.

- Derek ne l'aurait pas suggéré, s'il pensait que tu n'étais pas prêt, lui dis-je, et il acquiesça.

Ses yeux se perdirent un peu, et je sus qu'il avait plongé dans sa bulle. Je l'en sortis rapidement en posant un baiser sur ses lèvres. Il revint à lui et me sourit.

- Ne t'inquiète pas pour ça, mon amour. Quand est-ce qu'il pense faire ça ?

- Demain, soupira-t-il. Apparemment, il a déjà appelé mes parents, et ils sont d'accord. Ils pensent que c'est mieux de faire ça assez vite (*). On dit toujours que la première est la plus importante.

Nous nous tournâmes vers Michael, qui opina silencieusement.

Nous retournâmes dans la chambre d'Edward, et nous nous allongeâmes sur le lit d'Edward, savourant la présence de l'autre.

Je ne sais combien de temps nous restâmes ainsi, mais après un moment, quelqu'un toqua à la porte. Regardant l'heure, nous savions qu'il s'agissait de l'infirmière qui amenait un plateau pour moi, et un sac de nourriture liquéfiée pour Edward. Je savais qu'il détestait ça, mais il n'y avait pas vraiment grand-chose qu'il puisse faire contre ça. A moins qu'il ne mange des aliments solides. Je commençai à manger mon déjeuner alors que l'infirmière reliait Edward à la machine qui amenait le liquide dans son organisme. Je savais qu'il détestait ça, mais c'était nécessaire jusqu'à ce qu'il reconstruise sa confiance en la nourriture.

Nous restâmes dans la chambre d'Edward pour le reste de la journée, discutant simplement à propos de choses et d'autres. C'était une de ces conversations futiles qui restaient pour toujours dans votre mémoire. Je ne voulais pas oublier un seul moment avec Edward. Nous fûmes simplement interrompus par l'infirmière qui m'apporta à manger, et qui changea le sac de la machine, et y rattacha de nouveau Edward, revenant une demi-heure plus tard pour le déconnecter. Nous avons du nous endormir peu après, parce que je ne me souvins pas vraiment d'avoir discuter avec lui après que j'eus fini de manger.

Le lendemain matin, je me réveillai, Edward était parti. C'était normal, à présent, puisque depuis qu'il était détaché de la pompe, il devait se lever tous les matins pour la pesée. Je savais que c'était nécessaire, mais chaque matin, je me réveillai sans Edward. Me réveiller avec sa chaleur, et sa délicieuse odeur, me manquait. C'était juste quelque chose avec laquelle je devais faire, cela signifiait qu'Edward allait aller mieux.

Sachant qu'il n'y aurait aucune chance pour que je me rendorme, je roulai hors du lit et allai prendre une douche. La sensation de l'eau chaude glissant sur ma peau était agréable. Je ne pouvais m'empêcher de me demander comment cette journée allait tourner. Edward m'avait dit que Derek avait organisé une session familiale, et vu que je représentais une large part de la vie, je serais là également. Essayant de ne pas trop m'attarder là-dessus, je sortis de la douche, me séchai, et m'habillai. Je sortis de la douche et trouvai Edward étendu sur son lit, les yeux fermés. Je m'assis sur le lit, et ses yeux s'ouvrirent, brillants dans la lueur du matin.

- Alors ? m'enquis-je alors qu'il s'asseyait.

- Plus trois kilos. (**)

Il me regarda d'un air appréhensif. Je lui souris légèrement.

- C'est bien, mon amour.

Je l'entourai de mes bras.

- Chaque jour que tu gagnes un peu plus de poids, au plus près tu sortiras d'ici.

- Ouais, je sais. C'est juste…

Il s'interrompit, et fit courir un de ses mains dans ses cheveux, une expression inquiète sur le visage.

- Quoi ? demandai-je, tournant son visage vers moi.

- Je ne sais pas.

Il reposa sa main sur ses genoux, et fixa ses mains.

- Je ne sais pas.

Je relevai son visage pour qu'il me regarde. Je déposai un rapide baiser sur ses lèvres, et le fixai de nouveau.

- C'est une bonne chose, lui dis-je presque sévèrement, et il sourit légèrement. Dis-le.

- C'est une bonne chose, murmura-t-il.

Je l'embrassai sur la joue.

- Maintenant, à la douche.

Il s'esclaffa et se dirigea vers la salle de bain. Il doutait beaucoup de lui ces derniers jours, et ça me rendait anxieuse. Je voulais qu'il voie combien il pouvait être fort. Je devais juste trouver une manière de le lui montrer. Je devrais parler de ceci à Derek, un peu plus tard.

Alors qu'Edward sortait de la douche, l'infirmière avait emmené mon plateau, et attendait Edward, pour qu'elle puisse le relier à la machine. Il ronchonna un peu, mais s'assit sur le lit malgré tout. Il détestait vraiment cette machine. J'étais surprise qu'elle soit toujours en un seul morceau, pour être honnête. J'étais sûre que s'il l'avait cassée, Edward aurait été capable de faire passer ça pour un accident. Cette pensée me fit sourire.

Bientôt, Jude vint nous prévenir que Derek était prêt à nous recevoir dans son bureau. Je n'ai jamais été dans son bureau auparavant. Depuis que j'étais ici, Derek avait pris pour habitude de venir dans la chambre d'Edward pour ses séances, pour lui donner un sentiment de sécurité, m'avait-il dit. Mais étant donné que c'était une session familiale, l'espace du bureau de Derek était plus recommandé que la chambre d'Edward.

Nous suivîmes Jude le long du couloir, et elle nous laissa à l'extérieur du bureau. Elle nous sourit d'un air encourageant alors qu'elle s'éloignait. Edward resta immobile avant d'entrer, un air inquiet sur le visage. Il doutait encore de lui. Je pouvais le voir dans ses yeux. Cela allait probablement être une des seules fois où il pourrait réellement dire à sa famille ce qu'il ressentait, et il n'y avait aucune chance pour que je le laisse faire marche arrière maintenant.

- Edward.

Je pris son visage entre mes mains et le forçai à me regarder.

- Tu peux le faire, lui dis-je, mais je pouvais voir grâce à la lueur dans ses yeux, qu'il ne me croyait pas. Tu peux le faire, d'accord ? Tu n'as rien à t'inquiéter. Ils t'aimeront toujours, quoi qu'il arrive. D'accord ?

Il essaya d'acquiescer, mais mes mains entouraient si étroitement son visage qu'il ne pouvait pas. Je me mis sur la pointe des pieds et l'embrassai.

Je le regardai, souris, et serrai sa main, d'une pression rassurante. Il me sourit en retour, et nous ouvrîmes la porte.

Sa famille était déjà là, à nous attendre, et ils se tournèrent tous vers nous alors que nous traversions la porte. Je lâchai la main d'Edward alors qu'ils venaient tous l'étreindre, Emmett également. Après avoir étreint Edward, Esmé et Carlisle vinrent vers moi, et me serrèrent contre eux, murmurant des remerciements à mon oreille. Je leur souris.

- Très bien.

Derek se redressa de là où il était appuyé à son bureau.

- Si vous voulez bien tous vous asseoir.

Je jetai un œil alentour et vis qu'il y avait huit fauteuils dans la pièce, placés en demi-cercle.

- L'endroit où on s'assoit à une importance ? demanda Emmett, en regardant Derek.

Derek le regarda dans les yeux.

- Probablement, répondit-il, d'un ton sérieux.

Nous allâmes tous nous asseoir. Edward s'installa dans un fauteuil au bout du demi-cercle, le plus près de la fenêtre. Je m'assis à côté de lui, et nous regardâmes les autres s'asseoir. Derek nous observait tous, essayant de glaner quelques réponses de notre langage corporel.

- Qui commence ? demanda Emmett, lorsque nous fûmes tous assis, nous observant tour à tour.

- Pourquoi pas toi, Emmett ? répliqua Derek, appuyé contre son bureau, où il se trouvait un moment plus tôt, fixant intensément Emmett.

- Hum, d'accord.

Emmett semblait un peu agité.

- Je ne sais pas ce que vous voulez que je dise.

- La première chose qui te viens à l'esprit.

Derek se tourna vers Edward.

- Qu'est-ce que tu penses d'Edward, par rapport à la dernière fois où tu l'as vu ?

- Et bien, hum, il semble aller mieux, répondit Emmett, peu sûr de ce que voulait dire Derek. Je veux dire, il semble mieux que ce qu'il était.

Il détailla Edward de haut en bas.

- Mais c'est sûrement parce qu'il doit manger maintenant. Il n'a pas le choix.

Ce commentaire sembla piquer l'intérêt de Derek.

- Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

- Et bien, ici, il n'a pas le choix de manger ou non. Il y est obligé. Mais à la maison… ce n'était pas le cas. Ça me fait juste penser, qu'est-ce qui se passera quand il partira d'ici ?

La voix d'Emmett sembla baisser d'intensité lorsqu'il dit la dernière partie. Je vis Edward rouler des yeux à l'adresse de son frère.

- Tu penses que lorsque Edward sortira, il retournera à ses anciennes habitudes ? lui demanda Derek.

- Et bien, c'est une possibilité qu'il le fasse.

Emmett jeta un coup d'oeil à Edward.

- Je veux dire, sans personne pour le surveiller tout le temps, personne ne peut dire ce qu'il fera. Qui saura ce qu'il va faire en sortant d'ici.

- Emmett ! siffla Rosalie à l'adresse de son frère.

- Non, Rose ! répliqua Emmett. Il nous a dit d'être honnête, et je le suis. On ne sait pas ce qui se passera quand Edward sortira d'ici. Alors arrête de prétendre que c'est le cas.

- Emmett, calme-toi ! l'avertit Carlisle. Ce n'est pas le moment de laisser ta colère te submerger.

- Emmett marque un point, Papa.

C'était Jasper qui avait parlé cette fois-ci.

- Nous ne savons pas ce qui va se passer lorsque Edward va sortir d'ici. Ce n'est pas comme si on pouvait s'y préparer. Je veux dire, il a réussi à nous tromper pendant Dieu sait combien de temps avant qu'on ne découvre ce qui se passait. Qui dit qu'il n'essaiera pas de nouveau ?

- Merci ! dit Emmett, il s'avachit sur son fauteuil.

- Vous devez tous les deux faire un peu confiance à Edward ! s'exclama Alice. Je veux dire, vous avez entendu qu'il allait mieux. Comment pouvez-vous savoir ce qu'il va faire…

- Exactement, Alice ! coupa Emmett, se redressant de nouveau sur sa chaise. On ne sait pas ce qu'il va se passer.

Il regarda de nouveau Edward, qui fixait la sol à présent, les mâchoires serrées.

- Je veux dire, ce n'est pas comme s'il accueillait le traitement à bras ouverts, si ? Regardez, il a toujours ce putain de tube collé au visage !

- Emmett, intervint Carlisle, le réprimandant apparemment pour son langage.

- Non, papa !

Emmett était en colère à présent.

- Il est toujours forcé à manger ! Il n'a pas vraiment l'air d'être en phase avec le traitement, si ?

- Emmett, calme-toi ! siffla Rosalie. T'énerver ne va aider en rien.

- Il semble que rien ne peut aider, hein ? répliqua furieusement Emmett à Rosalie. Tu veux savoir ce que je pense vraiment ? Je crois qu'Edward va rester ici un bon bout de temps. Qui sait quand il sortira d'ici. Peut-être que ça n'arrivera pas !

- Emmett ! s'écria Alice. Comment peux-tu dire une chose pareille !?

- Pourquoi ne le pourrai-je pas ? rétorqua Emmett, presque en criant.

Je ne prêtai pas vraiment attention à ce qui se disait d'autre. Tout ce que je remarquai, c'était Edward, qui tourna son fauteuil, et qui se mit debout face à la fenêtre. Il était là, les mâchoires tendues, ses mains serrées en poings. Il détestait voir sa famille se disputer, et je pouvais dire qu'il essayait de combattre les larmes.

- Ça suffit, reprenez-vous, (***) intervint Derek. Au lieu de vous disputer, regardez où se trouve Edward.

Tous se tournèrent vers lui alors qu'il fixait l'extérieur.


Edward POV

Ça suffit, reprenez-vous, entendis-je Derek dire à ma famille, qui se disputait.

Je n'arrivais pas à le supporter, lorsqu'ils faisaient ça. Généralement, lorsque les disputes commençaient, je m'esquivai aussi vite que possible.

Au lieu de vous disputer, regardez où se trouve Edward.

Génial ! Maintenant, ils vont tous me regarder.

Vous voyez où il est ? Edward ?

Je tournai la tête vers lui lentement.

Tu fais ça souvent ? Essayer de disparaître lorsque les disputes commencent ?

Je me retournai vers la fenêtre et acquiesçai lentement.

- Bien sûr que oui ! s'exclama Emmett. Il a toujours été le plus parfait.

- Que veux-tu dire par là, Emmett ? demanda Derek à mon frère hostile.

- Ce que je veux dire, c'est qu'Edward ne peut jamais rien faire de pas bien, répliqua Emmett.

- Emmett, ce n'est pas entièrement vrai, hein ? intervint Jasper, et je me tournai vers eux. S'il n'avait jamais rien fait de mal, nous ne serions pas assis là, n'est-ce pas ?

Emmett ne lui répondit pas.

- Je veux dire, ce n'est pas parce qu'il a toujours été quelqu'un de discret que ça veut dire qu'il n'a jamais rien fait de mal.

- Bien, dit Derek, lentement. Est-ce que Edward demandait beaucoup d'attention et de temps avant que vous ne découvriez ses troubles alimentaires et la mutilation ?

- Je ne sais pas, marmonna Carlisle. Je veux dire, il a toujours été un enfant discret.

- Oui, concorda Rosalie. La plupart du temps, on ne remarquait pas vraiment qu'il était là.

- Ah, dit Derek, pointant un doigt vers Rosalie. Tu y es.

Rosalie paraissait confuse.

« La plupart du temps, on ne remarquait pas vraiment qu'il était là. » Tout est dit. Mais laisse-moi deviner. Après que tout le monde ait découvert ceci, il était tout le temps surveillé, n'est-ce pas ?

Rosalie opina.

- Maintenant, vous voyez, ce qui est à considérer ici est, qu'Edward ait ou non développé ces troubles s'il avait été plus remarqué lorsqu'il était jeune. Vous savez, avoir quelqu'un avec qui discuter. Ça aurait pu aider à prévenir cela.

- Est-ce que vous êtes en train de nous accuser ? s'exclama Emmett, et je roulai des yeux.

Il laissa échapper un souffle, et je me tournai pour le voir me fixer.

- Non, ce que je dis, c'est que nous pouvons peut-être commencer à rectifier cette erreur, à présent, expliqua Derek. Ce que j'essaie de faire est d'inciter Edward à dépendre de vous émotionnellement, comme une famille, ou alors il redeviendra aussi impuissant et isolé que maintenant.

Derek me regarda et porta de nouveau son regard vers ma famille.

- Alors… dans nos prochaines séances, je veux aider Edward et vous-mêmes à comprendre les sentiments et les émotions qu'il cache derrière sa dénutrition et la mutilation.

Je les détaillai tous. Aucun d'eux n'avait la moindre idée de quoi faire.

Emmett avait la tête plongée entre ses doigts. C'était comme s'il essayait de retenir les larmes que les mots de Derek avaient déclenché.

- C'est ma faute, grommela-t-il faiblement, tirant sur ses cheveux, d'une manière qui semblait douloureuse.

- Emmett, Alice posa une main sur son épaule. Personne ne te reproche rien.

- Je ne peux pas m'en empêcher. Je suis désolé. C'est mon p'tit frère. Je n'arrive pas à supporter de le voir comme ça.

Emmett leva les yeux vers moi, un air de détresse sur la visage.

- Je suis désolé, Edward. Je t'aime, Eddie. Vraiment.

Derek me regardait à présent.

- Qu'est-ce que ça te fait ressentir Edward ?

- Je ne sais pas.

Je me détournai de ma famille sanglotante.

- Je ne suis pas sûr de vouloir réellement savoir.

- Pourquoi ça ? demanda-t-il.

- Parce que… parce que… je déteste ça.

- Qu'est-ce que tu détestes ?

Il semblait inquiet.

- S'attendre à quelque chose.

Je sentais les larmes me venir aux yeux.

- Je déteste m'attendre à quelque chose ou vouloir quoique ce soit. Parce que vouloir quelque chose signifie que… que… tu ne l'auras jamais ou… ou que quand tu l'auras, on te l'enlèvera. On te laissera avec rien.

Les larmes qui menaçaient de couler tombèrent sur mes joues, alors que je me rappelai la douleur que j'avais ressentie lorsque mes parents m'avaient été retirés.

- Alors que si tu n'attends rien, tu ne peux jamais être déçu.

- Attendre quoi ?

Je haussai les épaules.

- L'amour, peut-être ? Le réconfort ? Des gens à qui te raccrocher ou être proche ?

Je haussai encore des épaules, secouant la tête légèrement. Je ne pouvais plus supporter ça. Je ne savais pas quoi dire.

- Peut-être que ça n'a aucun rapport avec les Cullen ?

- Qu'est-ce que vous voulez dire ? répliquai-je rapidement.

Trop rapidement.

- Je veux dire, ça peut être lié à autre chose, dit-il lentement, comme s'il s'approchait précautionneusement d'un territoire encore inexploré. Comme tes parents, peut-être ?

Je secouai la tête violemment, lui indiquant que je n'avais pas envie de parler de ça à ce moment.

- D'accord. Tout va bien, nous n'avons pas à parler de ça aujourd'hui.

Je me tournai vers lui, le remerciant silencieusement. Il acquiesça une fois dans ma direction.

- Bien, nous avons presque terminé cette séance, mais dans les prochaines, je prévois d'explorer comment vous interagissez tous en tant que famille. Comme un groupe, expliqua-t-il alors que je me retournai pour regarder l'extérieur, pour voir ce qui s'y passait.

Pas comme s'il s'y passait grand-chose. Il y avait quelques oiseaux sur le gazon, mais c'était tout.

- Je vais essayer d'examiner vos relations, en tant que famille, et en tant qu'individu au sein de cette famille.

Il se tourna de nouveau vers moi.

- Très bien, je pense que ce sera tout pour cette semaine.

Chacun se tourna vers les autres, ne désirant pas réellement se lever. Finalement, Carlisle se leva et s'approcha de moi. Je me tournai vers lui et il m'étreignit étroitement. Je me raidis au contact soudain, et essayai de me décontracter alors qu'il me serrait contre lui. Je passai mes bras autour de lui et enfonçai ma tête dans son épaule, laissant mes larmes se répandre de nouveau.

- Ça va, tout va bien, l'entendis-je me murmurer alors que je sanglotai contre son épaule.

Je le sentis pleurer contre moi, mais je n'en avais cure. C'était la première fois que Carlisle et moi étions enlacés ainsi. Ce devait être une vision pathétique. Un homme enserrant son fils adolescent, alors qu'ils sanglotaient tous les deux sur l'épaule de l'autre.

Après quelques minutes, nous finîmes par nous calmer assez pour se relâcher, et les autres vinrent m'étreindre pour me dire au revoir.

Bella s'approcha de moi et enroula ses bras autour de ma taille. Elle se pencha et embrassa ma mâchoire alors que je baissai les yeux vers elle. Elle me sourit tristement.

Je regardai ma famille sortir avec tristesse.

- Je suis vraiment très fier de toi, Edward, dit Derek, en fermant la porte derrière eux.

Il s'approcha de moi, et posa une main paternelle sur mon épaule.

Il fallait beaucoup de cran pour rester face à eux. Je suis très fier de toi. Maintenant, va te reposer.

Il pressa mon épaule, et Bella et moi retournâmes dans ma chambre.

Si j'avais fait du bon boulot, alors pourquoi est-ce que je ne me sentais pas bien ?


(*) Bon, la traduction que j'ai donné là n'a pas vraiment de rapport, enfin, c'est pas complètement out non plus, mais bon… Si vous avez des idées, je suis preneuse.

« They think that it's best to get it over and done with »

(**) ouais, le « plus 3 kilos », ça m'a intrigué aussi. Bon, bien sûr, c'est en anglais, donc réellement, c'est « up 7 lbs » J'ai essayé plusieurs tableaux de conversions, pas de doute, ça fait juste un peu au-dessus de trois kilos. Je pense donc que c'est pour la semaine, et non pas pour la seule journée de la veille. M'enfin, à vérifier quand même, même si je n'ai pas beaucoup de doute concernant l'abréviation…

(***) wow… j'en ai des choses à dire pour celui-ci^^. Bref… Pas trouvé de traduction qui me plaise pour

« hang on, hang on ».

Donc, si vous avez une meilleure idée… Je pensais plutôt à une interjection. Pas du genre, « taisez-vous », ou « la ferme », (celle-là, ça le ferait pas^^), ni calmez-vous, puisque l'auteur a l'habitude d'utiliser « calm down », pour ça… Donc, si une idée vous passe par la tête, n'hésitez surtout pas…


review...?