Disclaimer : Harry Potter, qu'on ne devrait même plus présenter, appartient à J.K. Rowling. Et moi, à mes heures perdues, j'écris des fanfictions sur cet univers.
Des vacances qui ne se passent pas comme il était prévu.
Lily regarda Albus avec dépit. Ce dernier haussa les épaules. Comme d'un seul sorcier, Lily et Albus se tournèrent ensuite vers James.
- Tu as reçu une convocation au ministère, et cela ne te fait ni chaud ni froid ?
James haussa les épaules après la question de son frère.
- En fait, non, ça ne me fait rien. Ce n'est pas vraiment une convocation, tu sais. C'est plutôt un genre de témoignage. En fait, ce n'est pas bien clair, reconnut James en se grattant la barbe qu'il avait oublié de raser.
Lily grimaça.
- Tu penseras au moins à enlever les poils que tu as au menton, pour ton témoignage qui est bizarre ?
- Si tu veux, soupira James, à peine amusé par la pique.
Ce qui prouvait qu'il n'était pas dans un bon jour, comme c'était toujours le cas à l'approche des fêtes de fin d'année.
Lily et Albus échangèrent un nouveau regard. Ils ne savaient pas quoi faire pour leur frère, en cet instant précis.
- Vous voulez bien faire quelque chose pour moi ? s'enquit James.
C'était comme s'il avait lu dans les pensées de son frère et de sa sœur, et qu'il avait compris qu'ils étaient dépassés par les événements.
- Tout ce que tu voudras, affirma Lily.
- Vous pouvez empêcher les cousins de venir à l'audience ? Je sais qu'ils ont prévu de venir me rendre visite avant. Mais je ne veux pas de leur soutien. Ni du vôtre, d'ailleurs… même si j'ai conscience que je ne pourrai pas vous empêcher de venir. Mais vraiment. Je ne veux pas que les cousins viennent. Ce n'est pas nécessaire. J'ai déjà convaincu papa de ne pas venir, mais je ne suis pas certain que les cousins l'entendent de la même oreille.
Lily et Albus se regardèrent. Pas la peine d'être Merlin pour comprendre que ce que demandait James relevait de l'impossible. Pourtant, ils hochèrent la tête.
- Merci, dit James en se levant du tabouret où il s'était installé, autour de la table des Potter. Je vais retourner travailler, moi. On se voit après-demain, quand Meredith vient avec ses parents !
Il embrassa rapidement son frère et sa sœur, avant de quitter la maison, laissant les plus jeunes de la famille, seuls dans leurs pensées.
- On dirait un fantôme, murmura Lily.
Albus lui adressa un regard triste.
- Depuis le temps, cela ne devrait plus t'étonner…
- Cela ne m'étonne pas. Cela m'attriste, nuança-t-elle. Je n'en peux plus de voir mon frère dans un tel état, Albus. Quand est-ce qu'il redeviendra lui-même ?
Albus soupira.
- Je ne sais pas si c'est envisageable, ça, Lily. J'ai peur qu'on ait perdu James pour toujours.
- Ne dis pas ça…, murmura Lily.
Pourtant, même si Albus n'ajouta rien de plus, elle se doutait qu'il n'en pensait pas moins. Et qu'il avait malheureusement raison.
Elle termina sa boisson chaude, essayant de chasser l'esprit morose de James de son esprit.
- Tu crois qu'on va réussir à empêcher les cousins de venir ?
Albus éclata de rire.
- Bien sûr que non. Ils vont venir au grand complet. Et papa aussi viendra. Seulement, il viendra plus tard, pour ne pas que James soit inquiet de le voir.
- Pourquoi serait-il inquiet de le voir ? s'étonna Lily.
Albus se resservit une boisson, et en fit de même avec sa sœur, avant de lui répondre.
- Parce que papa est aussi inquiet de cette audience, avoua-t-il. Il ne me l'a pas dit directement. Mais lorsque je l'ai vu il y a une semaine, il m'a dit que James avait quelque chose d'important à nous dire, et j'ai vu dans son regard que ce qui avait trait à cette affaire n'était pas du goût de papa…
Lily fronça les sourcils.
- Mais pourquoi est-ce que papa ne l'a pas dit à James ? Et pourquoi est-ce qu'il ne viendrait pas ? Il est à la tête des Aurors, il doit pouvoir assister à l'audience et faire en sorte de rassurer James !
Albus secoua la tête.
- La façon dont papa m'a présenté cela… Enfin, plutôt, la façon dont il a tu tout ce qui avait trait à cette affaire… Franchement, j'ai l'impression que ça le dépasse.
- Albus, ne sois pas ridicule ! Rien ne dépasse papa, au sein du Ministère !
- Tu en es certaine ? Alors, pourquoi est-ce qu'il ne peut pas accéder à cette audience ?
Lily chercha un long moment une réponse à cette question.
Et n'en trouva aucune.
Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire bizarre dans laquelle son frère s'était aventuré ?
…
L'odeur du bois ciré, du cuir des gants… Lily s'enivra de cette odeur. N'ayant pas pu aller aux deux dernières sorties à Pré-au-Lard, elle n'avait, par conséquence, pas pu se rendre à la boutique de Quidditch qui s'y trouvait. Aujourd'hui, après avoir achevé ses achats de Noël sur le Chemin de Traverse, elle s'accordait une petite pause plaisir, et rien que pour elle, elle faisait un tour à la boutique de Quidditch de Londres.
Contrairement à ce qu'elle avait cru, ses achats de Noël n'avaient pas pris tant de temps. Son père avait évidemment besoin d'une écharpe, ses frères d'agendas et sa mère de plumes pour prendre des notes lors des matchs qu'elle couvrait. En bref, Lily avait su trouver ce dont elle avait besoin en moins d'une heure – un vrai miracle au vu de l'affluence.
La boutique de Quidditch était bondée, c'était évident, mais cela ne dérangeait pas Lily, qui s'était isolée dans un coin, vers les magazines. Elle ne s'était pas tenue au courant de ce qui se passait dans le monde du Quidditch, ces dernières semaines – cela lui rappelait trop Jason – mais elle avait raté beaucoup d'informations. Elle cherchait, entre autres, à savoir si un article évoquait les changements dont Albus lui avait parlé dans sa dernière lettre. Malheureusement pour la jeune fille, sa recherche était infructueuse, depuis trente minutes qu'elle tournait les pages des divers magazines.
À croire que son frère lui avait raconté n'importe quoi – ce qui ne serait pas étonnant d'Albus, finalement.
Lily soupira. Elle n'avait plus rien à faire dans cette boutique, si ce n'est profiter de l'odeur et observer tous les objets et accessoires qu'elle rêvait d'obtenir un jour ou l'autre. Elle jeta un bref coup d'œil à sa montre, obtenue pour ses dix-sept ans. En se dépêchant un peu, elle pourrait voir James lorsqu'il prendrait sa pause déjeuner, et, ensemble, ils rejoindraient Albus – si ce dernier ne s'était pas fait inviter par un collègue, ce qui arrivait apparemment fréquemment.
- Lily…, l'appela-t-on alors qu'elle quittait le présentoir des magazines.
Lily sursauta, et son coude frappa un présentoir, le faisant dégringoler de son étagère. Son interlocuteur, cependant, avait de bons réflexes, et rattrapa l'objet avant qu'il ne touche le sol.
Et Lily retint son souffle.
- Tu ne dis plus bonjour ? demanda tranquillement Jason Seek.
Une fois les magazines remis à leur place, il croisa les bras sur sa poitrine, et fixa Lily, qui se sentit très mal à l'aise.
Jason n'était pas en colère.
Il était enragé.
Elle le sentait à sa prise de distance, à son souffle profond, à ses yeux qui ne la quittaient pas, à son air détaché mais froid.
Jason Seek était dans une rage encore jamais atteinte par le jeune homme, et Lily n'avait aucune idée de comment le calmer. Elle était la raison de cette rage. Et peut-être même qu'elle méritait qu'il la déverse sur elle.
- Tu n'aurais pas oublié de répondre à ton courrier, ces derniers temps ? attaqua soudainement Jason.
Lily se retint d'éclater de rire. Si seulement Jason savait…
- Ou, plutôt, tu n'aurais pas oublié les règles de politesse ? Quand quelqu'un t'invite chez lui, disparaître au petit matin n'est pas franchement la meilleure façon de le remercier. Surtout lorsqu'on l'embrasse dans la nuit…
Lily rougit instantanément.
- Je… Jay, je suis… Je ne sais pas quoi te dire, à part que je suis désolée…
- Oh. Vraiment ? Me dire que tu es désolée n'est pas suffisant, Lily. J'ai besoin d'explications. J'ai besoin que tu lises ces fichues lettres que j'ai écrites, et que tu me répondes. J'ai besoin de comprendre ce qui s'est passé, afin de pouvoir…
Il se tut, ses yeux étincelant de colère.
Lily se ratatina.
À quoi s'attendait-elle ? À ce qu'il accepte avec joie et patience son silence ? Elle se rendait à présent compte que si la situation avait été inversée, elle aurait voulu tuer Jason de lui faire ça. Il avait toutes les raisons et tous les droits d'être en colère. Pire. Il ne devrait même pas être en colère, à ce stade-là. Il devrait la bannir de ses pensées.
Mais il ne l'avait pas fait.
- Afin de pouvoir quoi ? demanda-t-elle d'une petite voix.
Jason soupira.
- J'en sais rien. Passer à autre chose ? Comprendre ? Je sais pas, Lily. C'est tout le problème, avec toi. Je ne sais jamais rien. J'essaie de comprendre, d'interpréter, mais à chaque fois que je fais un pas en avant, t'en fais trente en arrière…
Passer à autre chose.
Il fallut quelques instants à Lily pour réaliser ce que Jason lui disait.
- Non ! s'exclama-t-elle. Non ! Surtout pas !
Jason la regarda sans comprendre. En même temps, elle passait certainement pour une hystérique.
- Je veux dire… Oui, je suis insupportable. Tu as raison.
- Je n'ai pas dit que tu étais insupportable, releva Jason en haussant un sourcil. Simplement que…
- Laisse-moi finir. Ne passe pas à autre chose. S'il te plaît, souffla-t-elle. Je te l'accorde, il faut qu'on discute. J'ai été horrible avec toi. Vraiment horrible. Et peste. Et tout ce que tu veux. En fait, je ne mérite pas que tu me laisses m'expliquer, c'est certain. Mais s'il te plaît. Laisse-moi une chance de tout clarifier. Pour toi, comme pour moi.
Lily se tut. Elle avait beaucoup parlé, pour quelqu'un qui ne savait pas quoi faire face à Jason Seek, finalement.
Le silence s'éternisa.
- J'attends…, finir par dire Jason, une pointe d'impatience dans la voix.
- Maintenant ? s'étonna Lily.
Le garçon fronça les sourcils, contrarié.
- Quoi ? Tu ne trouves pas que j'ai déjà assez attendu ? lui fit-il remarquer. Non, après tout, ça ne fait que depuis juillet que cette situation perdure…
Lily grimaça, consciente qu'elle allait en demander encore beaucoup à Jason.
- Hum. Je… Tu vas m'en vouloir encore. Mais James est en attente d'une audience, et toute la famille est avec lui, et… est-ce que ça te dérangerait qu'on en parle le premier janvier ? Juste après son audience ? S'il te plaît ? souffla Lily, prenant conscience qu'elle jouait réellement avec les nerfs de Jason.
Et que se faire pardonner allait être très difficile.
Jason ferma les yeux, et respira profondément. Face à lui, Lily se mordit les lèvres jusqu'au sang. Il fallait qu'elle arrête d'agir ainsi. Jason allait craquer, et elle ne pourrait rien faire pour l'empêcher de lui tourner le dos. À vie.
- Tu as conscience, Lily, que j'ai été plus que patient ? Je ne dis pas ça pour te culpabiliser, seulement pour que tu comprennes ce que j'endure depuis que j'ai eu le malheur de te voir autrement que comme une amie. C'est une torture, franchement, et je ne sais pas comment je fais pour être encore là, à te parler, comme si de rien n'était…
- Pour être honnête, je ne sais pas comment tu fais non plus, murmura Lily, rougissante.
Jason sourit, amusé et amer en même temps.
- C'est peut-être parce que je suis gentil ? ricana-t-il, lui rappelant ce qu'elle lui avait dit au cours de l'été.
- Ouais… Désolée, pour ça aussi. Je dois te présenter mes excuses pour combien de trucs, exactement ?
- Beaucoup…, lui avoua Jason.
- Bon… Je vais préparer mes excuses pour le premier janvier.
Jason hocha la tête.
- Et lis mes lettres.
Lily grimaça.
- Je ne vais pas pouvoir. Je les ai laissées à Poudlard. Tu connais mes frères, ils lisent mon courrier, alors je n'ai pas voulu prendre ce risque…
Jason soupira.
- J'avais oublié les frères Potter… D'accord, très bien, ne lis pas mes lettres ! Mais le premier janvier, tu n'as pas intérêt à te défiler, Lily. Parce que sinon, ce n'est pas la peine d'espérer quoi que ce soit de plus. C'est ta dernière chance. Et franchement, je pense que c'est déjà la chance de trop…, avoua Jason en marmonnant.
Lily baissa les yeux, alors que Jason s'éloignait. Il avait raison. C'était une chance de trop. Ce garçon était trop patient, et Lily ne le méritait définitivement pas, au vu de son comportement des derniers mois.
Elle n'avait plus qu'à s'améliorer grandement dans les prochains jours, afin de prouver à Jason qu'il avait eu raison de s'accrocher durant tout ce temps. C'était à elle d'être à la hauteur, à présent.
…
Meredith et ses parents n'allaient pas tarder à arriver, aussi Lily dissimula soigneusement les lettres de sélection qu'elle avait reçues. Elle ne voulait pas prendre le risque que sa meilleure amie les voie, si elle venait dans sa chambre. Elle craignait déjà qu'Albus les ait repérées, ce matin, alors qu'elle les rangeait dans son sac. Or, son frère était si fouineur qu'il pouvait très bien décider d'aller regarder dans les affaires de sa petite sœur.
Lily n'avait pas ouvert ces lettres-ci non plus. Définitivement, il fallait qu'elle se décide à prendre une décision quant à son courrier. Cela devenait trop dur à supporter. Elle ne le lisait jamais, parce qu'elle trouvait que c'était plus simple ainsi. Mais à force, la pression devenait telle que Lily ne savait plus quoi faire. Elle se demandait sans cesse ce qui se trouvait dans les enveloppes qu'elle prenait soin de ne pas ouvrir.
Elle soupira. Au même instant, des bruits de conversation en bas lui firent comprendre que Meredith et ses parents étaient arrivés, ce que lui confirma l'appel de sa mère, quelques secondes plus tard. Lily se dépêcha de descendre. Une soirée avec Meredith lui ferait peut-être oublier tout ce qu'elle avait en tête. Elle n'arrivait pas à avoir les idées claires, ces temps-ci, et la discussion avec Jason, qui se rapprochait, la mettait plus mal à l'aise qu'elle ne voulait l'admettre.
- Lily ! s'exclama Meredith en voyant sa meilleure amie apparaître.
Meredith semblait particulièrement soulagée de la voir, et Lily ne tarda pas à comprendre pourquoi. Albus et James regardaient Meredith avec suspicion, comme s'ils se doutaient de quelque chose. Lily haussa un sourcil.
- Les jeunes, on ne mange pas immédiatement, alors allez vous occuper ailleurs, proposa Ginny alors que Lily finissait de saluer les parents de Meredith.
Comme les parents pouvaient s'y attendre, les plus jeunes personnes présentes ne se firent pas prier pour s'enfuir des conversations sérieuses. Meredith se fit traîner par James et Albus, et Lily les suivit, se demandant ce que ses frères préparaient.
Ils arrivèrent dans l'ancienne chambre de James rapidement. La pièce était encombrée d'affaires qui n'étaient plus utilisées par personne. Chacun trouva une place rapidement – ou, plutôt, Albus et James forcèrent Meredith à s'asseoir sur un siège bancal, avant de la regarder dans les yeux.
- Lily… Qu'est-ce qui s'est passé pour Meredith ?
- Comment ça ? s'enquit Lily.
Meredith soupira.
- Ils sont comme ça depuis que je suis arrivée. Lorsque j'ai dit que j'allais bien, ils m'ont assurée que je mentais. Forcément, mes parents vont maintenant se poser des questions, dramatisa Meredith en levant les yeux au ciel.
Lily ricana. Ses frères avaient le don de compliquer les choses.
- Lily, dis-nous. Qu'est-ce qui est arrivé à Meredith ?
- Elle n'est pas comme d'habitude, ajouta James, les sourcils froncés.
- Vous dites n'importe quoi, soupira Lily.
- Pas du tout, la contredit Albus. Elle a une petite étincelle en moins dans le regard.
- Je crois que tu dramatises, Albus, souffla Lily.
Son frère lui adressa un regard noir, qui ne fit pas trembler Lily. Elle l'avait déjà subi bien assez souvent pour ne pas être effrayée aujourd'hui.
- Il ne se passe rien avec Meredith. Vous devenez simplement paranoïaque, dit Lily. Elle va très bien. Et même si ce n'était pas le cas, la solidarité envers ma meilleure amie m'empêcherait de vous dire quoi que ce soit.
Meredith adressa un sourire de remerciement à sa meilleure amie. Dans le regard qu'elles échangèrent, Meredith fit comprendre à Lily qu'elle ne dirait rien concernant Jason tant que Lily ne dirait rien à propos de Sean. Il n'en fallut pas moins pour qu'un pacte muet soit scellé entre les deux filles.
- Al, je suis certain qu'elles nous cachent quelque chose…, commença James, plus que suspicieux.
Lily retint son souffle. Quand James parlait ainsi, il redevenait le James dont tout le monde se rappelait, mais qui n'existait presque plus. C'était un véritable plaisir, mais ce n'était rarement plus long qu'une soirée.
- Je crois que tu as raison, James, marmonna Albus, en regardant les deux filles avec suspicion.
Lily fronça les sourcils. Elle n'avait pas envie de se disputer avec ses frères, mais s'il le fallait pour qu'ils les laissent tranquilles, elle n'allait pas hésiter bien longtemps.
Heureusement, Meredith vint à la rescousse. Mine de rien, elle regarda Albus, un petit sourire aux lèvres.
- Et comment va Faith, au fait ?
Albus perdit toute couleur sur le visage.
- C'est bien ce qu'il me semblait, murmura Meredith, un air victorieux sur le visage.
- Elles sont fourbes, ces deux-là, grommela Albus.
James éclata de rire.
- Je crois bien qu'on ne connaîtra pas le fin mot de l'histoire aujourd'hui, ajouta-t-il. On devrait les laisser entre elles. On finira bien par savoir ce qui s'est passé…
Malgré les protestations d'Albus, James le fit sortir de la pièce, laissant les deux filles ensemble. Lily lança aussitôt un Assurdiato, afin qu'ils ne puissent pas les espionner.
- Alors ? demanda-t-elle à Meredith.
Laquelle se laissa tomber sur un fauteuil en soupirant, et en affichant une mine morose.
- J'essaie de faire bonne figure devant mes parents, en leur disant que la rupture n'est pas liée à quoi que ce soit de grave, mais j'ai du mal à garder le sourire… Surtout qu'ils n'arrêtent pas de me demander si cela va s'arranger, alors que je sais très bien que cela ne risque pas.
Meredith soupira, et ferma les yeux.
- Et toi, avec Jason Seek ?
- Je l'ai croisé sur le Chemin de Traverse, grommela Lily. On doit se voir le premier janvier, pour discuter de… tout ça. Je ne sais même pas comment appeler notre relation. Bref. Je dois le voir. Mais je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais lui dire, ni de comment je compte me justifier. J'ai déjà peur de cette confrontation, c'est agaçant…
Meredith éclata de rire, sans que Lily ne comprenne pourquoi. Face aux questions dans son regard, sa meilleure amie lui donna quelques explications.
- Tu as peur de revoir Jason, alors qu'il n'y a que du bien qui devrait sortir de toute cette histoire. Moi, j'ai peur de revoir Sean, et d'être incapable de garder mon calme devant lui… J'aimerais me mettre en colère, mais je crois plutôt que je vais me mettre à pleurer lorsque je le reverrai…
Le cœur de Lily se serra à nouveau, et elle s'approcha de son amie pour lui serrer les mains, et lui insuffler un peu de courage.
- Tu es sûre que tu ne veux pas que j'en parle à mes frères ? Ils pourront toujours aller faire peur à Sean…
Meredith renifla, essayant de ne pas rire, malgré la tentation.
- Tu pourras leur en parler, mais juste avant qu'on ne reparte à Poudlard. Je ne voudrais pas qu'ils aient des ennuis à cause de Sean. Il n'en vaut pas la peine.
Lily afficha un sourire éblouissant.
- C'est le bon état d'esprit, ça !
Meredith sourit, sans y mettre autant d'entrain que son amie.
- C'est ce que j'essaie de me dire à longueur de journée, mais ce n'est pas facile…
- Courage, lui murmura Lily. Tu sais ce qui pourrait te faire beaucoup de bien, ce soir, et te permettre d'oublier Sean et son horrible comportement ?
Meredith secoua la tête, incapable de voir à quoi pouvait bien faire allusion son amie.
- Le repas de mes parents. On va se régaler, il y a de superbes odeurs depuis trois heures, et moi, je commence à avoir vraiment faim, avoua Lily en grimaçant.
Cette fois, Meredith éclata franchement de rire.
- C'est vrai que ça sent vraiment bon…
Il n'en fallut pas plus pour que les deux jeunes filles prennent le chemin de la salle à manger, où les attendaient les Potter et les Events.
…
Le brouhaha ambiant au Terrier était le moyen idéal d'avoir une conversation avec du monde sans que personne n'entende ce qui se disait. Le plus important, ce soir, était de convaincre la totalité de ses cousins de ne pas se présenter à l'audience à laquelle devait se rendre James.
Bien évidemment, Lily se confrontait à un mur. Rose lui avait lancé un regard noir dès que Lily avait essayé de lui en parler. La seule manière de convaincre Rose de ne pas venir serait de persuader les autres cousins de ne pas se présenter.
Peine perdue, comme le constatait Lily.
- Écoute, Lily, une famille, c'est pourquoi ? soupira Louis en regardant du coin de l'œil si Julia n'était pas submergée par le reste de la famille. Pour avoir une personne sur qui compter en cas de problème. Or, dans la situation présente, James a un problème, et nous sommes sa famille. Nous viendrons donc.
Lily grimaça, presque énervée.
- Tu étais plus drôle quand tu étais à Poudlard, marmonna-t-elle.
Louis haussa les épaules, un sourire aux coins des lèvres.
- Peut-être. Mais j'étais aussi moins mature. Et moins calme qu'aujourd'hui. Actuellement, j'ai décidé de suivre une voie plus pacifiste pour vivre ma vie.
Lily regarda son cousin, sans le reconnaître.
- Je crois que Julia t'a changé…, avança-t-elle. En bien. Mais je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose pour aujourd'hui. Tu es certain de ne pas vouloir réfléchir encore un peu à cette histoire d'audience, et me donner ta réponse plus tard ?
Louis sourit, portant sa Bièraubeurre à ses lèvres.
- Non, Lily. Enfin, je veux bien y réfléchir, mais sois certaine que ma réponse ne changera pas.
Lily soupira, mais son cousin partait déjà. Elle regarda donc autour d'elle, et vit Roxanne, Fred et Dominique discutant. Sans plus réfléchir, elle se dirigea vers eux, un grand sourire aux lèvres. Évidemment, Roxanne l'avait repérée, et l'attendait de pied ferme.
- Lily, tu penses sincèrement que tu vas réussir à nous faire changer d'avis ?
- Je n'ai même pas commencé à parler ! protesta la dernière de la famille.
- On n'est pas stupides, on sait pourquoi tu es venue nous voir, rit Dominique, l'air absent.
C'était la spécificité de Victoire et Dominique. Elles paraissaient toujours dans un autre monde. C'était très amusant, la plupart du temps, mais, parfois, c'était aussi usant. Il fallait toujours leur rappeler où elles se trouvaient, et avec qui. Et aussi quel était le sujet de conversation en cours. Et la question qui venait d'être posée. Cela pouvait être réellement fatigant, à la longue.
- Je ne dis pas que vous êtes stupides ! protesta Lily. C'est juste que James…
Elle vérifia que son frère n'était pas dans les parages avant de poursuivre.
- James ne veut pas que vous veniez, parce qu'il n'en voit pas l'intérêt. Je crois que cela le stresserait plus qu'autre chose, alors si jamais vous souhaitez éviter de le perturber…
Fred éclata de rire, attirant l'attention sur lui pendant quelques secondes, avant que les membres de la famille qui n'étaient pas dans la conversation de Fred ne repartent dans la leur.
- James n'est pas perturbé par notre présence, Lily, et il ne le sera pas plus le jour de l'audience. Tu le sais très bien. C'est un simple prétexte pour pouvoir s'enfermer dans sa bulle à nouveau, sans que personne ne soit là pour l'observer.
Lily sentit une boule familière dans sa gorge. Ce que disait Fred faisait écho à ce qu'elle pensait, sans se l'avouer.
- Tu sais que si nous venons, il ne va pas penser à Astrid pendant quelques instants, et c'est exactement ce que nous voulons. Son audience ? Lily, on s'en moque. Je suis certain que ce n'est rien de grave, ajouta Fred avec l'insouciance qui le caractérisait. Mais Astrid ? Les humeurs de James ? Là, on parle de quelque chose de grave, et je ne veux pas que mon cousin soit seul pour traverser cette épreuve, qui dure depuis des années.
Fred regarda Roxanne, qui prit la relève. Les jumeaux n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre, et terminer les phrases de l'autre.
- On sera là, Lily, poursuivit Roxanne, d'un ton péremptoire. Parce que même si James est trop têtu pour l'admettre, lorsqu'on agit comme on peut le faire quand on est tous ensemble, il va mieux pour quelques instants. C'est ce qu'on veut. Alors on sera là. Tant pis si cela ne lui plaît pas. Et si tu écoutais ta conscience, tu arrêterais de vouloir nous empêcher de venir. Tu sais très bien que c'est ce qu'il lui faut, à ton frère.
- À table tout le monde !
La voix amplifiée de Molly Weasley traversa les différentes pièces du Terrier pour rappeler tout le monde à l'ordre. Il était temps d'aller faire honneur au repas qu'elle leur avait préparé avec amour.
Roxanne serra rapidement l'épaule de sa cousine avant de partir devant elle, afin que Lily n'ait pas une foule de personnes dans son dos.
Ils avaient raison. James ne pouvait pas aller seul à cette audience ou, tout du moins, il devait avoir du soutien avant d'entrer dans la salle.
Lily se mordit la lèvre inférieure.
Malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir retenir ses cousins de venir.
C'était comme un mauvais pressentiment concernant les jours à venir. Comme si rien n'allait se passer comme prévu.
Bien sûr, Lily avait conscience que la vie était pleine de moments surprenants.
Mais là, ça allait être plus fort.
Sauf qu'elle ne savait vraiment pas ce qui allait se passer.
Et qu'elle ne pouvait pas se baser sur une intuition pour empêcher sa famille de se rendre à l'audience.
C'était bien la première fois que Lily regrettait de ne pas suivre les cours de Divination. Ils lui auraient été bien utiles pour comprendre ce sentiment de mal-être qui l'habitait.
Sauf qu'elle ne suivait plus Divination. Elle allait simplement pouvoir prendre son mal en patience.
…
Lily l'avait senti. Dès le début de la journée, elle l'avait senti. C'était un sentiment encore plus fort que celui des jours précédents. Quelque chose n'allait pas. L'ordre des choses était bousculé, c'était certain. Mais elle ne savait pas dans quelle mesure.
La journée avait pourtant commencé presque normalement. Lily s'était levée, avait pris de quoi réviser, et était partie au Ministère. Bien évidemment, alors qu'elle avait tout fait pour empêcher ses cousins de venir, ils avaient tous fait acte de présence avant l'audience à laquelle participait James.
Audience, ou quoi que ce soit d'autre. Même Rose n'avait pas été capable de déterminer ce que cela pouvait bien être, ce qui lui avait valu un certain nombre de moqueries.
Et puis, Lily avait passé un peu de temps avec son frère. Elle avait essayé de le sortir de sa torpeur – rien à faire. Le seul moment où elle l'avait senti frêle, prêt à craquer, était lorsqu'il lui avait avoué qu'il n'avait jamais pleuré pour la mort d'Astrid. Mais sinon… Il lui avait paru aussi morose que d'habitude. Même lorsqu'il avait essayé de s'intéresser à l'avenir de Lily, il n'avait pas paru plus éveillé que cela. La seule étincelle dans ses yeux était apparue quand Lily avait sorti les lettres des recruteurs, et qu'elle avait manqué lui avouer qu'elle n'était pas certaine de vouloir suivre cette voie – ce serait marcher dans les traces de Jason, bien plus que dans celles de sa mère. Ils avaient même parlé de Basile, à un moment. Pour changer les idées de James, et pour faire un rapport entre la fin de son histoire, et l'histoire que James n'avait jamais achevé.
Et puis, cette fille était arrivée, avant l'audience, et James était reparti dans ses pensées, comme si l'arrivée de la Cracmole avait son importance, et l'empêchait de parler à sa sœur.
Et puis, ça avait été l'heure pour eux.
Et maintenant, Lily était seule dans ce couloir.
Se demandant pourquoi elle n'arrivait pas à réviser sereinement.
Se demandant pourquoi son instinct lui disait que cette journée allait mal se terminer.
Mais vraiment mal. Très, très mal.
Elle cherchait à se concentrer, réellement. Mais cela faisait vingt fois qu'elle relisait la même phrase. « L'alignement de Mars et de Vénus provoque des tensions dans les relations amoureuses – du moins selon le point de vue des Sorciers. Pour nous, centaures, c'est le meilleur moment pour cueillir les Azalées. » Et cette phrase avait perdu tout son sens. En fait, elle n'en avait jamais eu.
Lily soupira, et rassembla ses jambes, de sorte à être assise en tailleur.
Elle détestait réellement son instinct.
Elle jeta un coup d'œil à sa montre. Cela faisait environ trente minutes que James était entré, mais Harry, qui avait dit à Lily qu'il la rejoindrait plus tard, n'était toujours pas arrivé.
La porte de la salle d'audience où était entré James claqua soudainement, faisant sursauter Lily, qui leva les yeux vers ceux qui étaient sortis.
Et c'est là que l'instinct de Lily l'abandonna. Mais c'était normal, après tout. Il avait rempli son rôle de la prévenir.
Deux personnes étaient dans le couloir. Un grand homme, à la peau sombre comme l'ébène, et une femme à peine plus grande que Lily.
Blonde. Aux yeux verts.
De l'âge de son frère.
Et qui avait pour habitude de se faire appeler Astrid Smith.
Lily, comme ébahie, ne sut quoi dire, quoi faire. Elle resta muette de stupeur, et assista à un échange des plus étranges.
Astrid Smith, censée être morte, fonça droit sur un mur et posa son front sur la pierre froide.
- Merde, finit-elle par lâcher. Merde, merde, triple merde.
Grande nouvelle. Astrid jurait. C'était la première fois que Lily entendait cela, et elle avait un peu de difficulté à s'en remettre, pour être honnête. Ça, en plus de la résurrection de la petite amie de son frère, ça faisait beaucoup pour une seule journée.
L'homme qui accompagnait Astrid l'applaudit ironiquement, recevant en réponse un regard colérique.
- Ce n'est pas drôle !
Il lui adressa un regard noir, lui intimant ainsi le silence, ce qu'elle se refusa à faire.
- Mais merde !
- Bravo, Astrid, siffla-t-il. Je pense que jamais une couverture n'a été grillée aussi stupidement. En fait, c'est même la première fois qu'une couverture est grillée. Tu peux en être fière. C'était beau, tout de même…
Astrid serra les poings, et avança d'un pas.
- Je ne…
Il la coupa aussitôt, sa voix comme une lame de rasoir, arrachant une grimace de douleur à Astrid à chacun de ses mots.
- Je m'en fiche, Astrid. Je m'en fiche. On a nos règles, c'est pas pour qu'une petite idiote un peu trop fière les bafoue dès que l'occasion se présente.
Il leva un premier doigt.
- Règle quatre, ponctua-t-il avec un air entendu. Et les trois qui la suivent, continua-t-il en levant trois autres doigts. Des règles quatre à sept, tu viens toutes de les violer. Bravo. C'était beau. Je suis certain que Will va te le pardonner facilement…
Astrid rougit. De colère.
Depuis quand Astrid Smith se mettait aussi facilement en colère ? Est-ce que Lily était dans une dimension parallèle ? Peut-être que c'était ça. Et peut-être que ça expliquait son mal de crâne soudain et fulgurant. Lily était toujours incapable de parler. Elle n'arrivait pas à arranger ses pensées. Elle était totalement perdue.
- Je m'en contrefous !
- Peut-être que tu t'en contrefous. Mais ça peut influer sur l'affaire. Le témoin est-il capable d'être perturbé ? J'imagine que tu le connaissais ?
Astrid poussa un long soupir, et adressa un regard entendu à son interlocuteur. Il siffla, moqueur et impitoyable.
- Pas mal… Se faire repérer par son petit-ami alors qu'il vous croit morte. C'est beau.
- Ce n'est plus mon petit-ami, gronda Astrid.
- Pourquoi, vous aviez rompu avant ta disparition ?
Elle le fusilla du regard, n'obtenant rien de plus qu'un sourire dédaigneux.
- Tu veux de l'aide, Astrid ? Mais t'aurais dû suivre les règles, rien de plus. Maintenant, on a deux semaines avec un type qui sait que tu n'es pas morte. Deux semaines à ce rythme, Astrid. Et tout ça parce que t'es trop fière…
Astrid souffla un grand coup.
- J'ai merdé. J'ai fait une connerie. Je peux encore te trouver plein d'autres façons de le dire, mais je vais m'arrêter là. Maintenant, Darren, je fais quoi ?
- Tu fais quoi ? Ton boulot. On retourne là-dedans, on fait notre espèce d'audience qui n'en est pas une, et dans deux semaines, ton chéri aura perdu la mémoire, et retournera se lamenter sur la mort mystérieuse de cette fille dont il est amoureux. Ça te va comme plan ?
Astrid murmura qu'elle était d'accord, soutenant toutefois le regard de Darren, comme pour lui faire comprendre qu'elle n'avait pas peur de lui.
- T'es vraiment stupide, Astrid, grommela-t-il avant de lui ouvrir la voie vers le procès.
Astrid lâcha un dernier juron avant de passer la porte.
Et Lily resta plantée sur son banc. Idiote, stupide.
Ce n'était pas possible. Cela ne venait pas de se produire. C'était juste… impossible.
Lily tenta encore de mettre de l'ordre dans ses pensées bousculées, malmenées, contradictoires. Mais rien à faire. Rien ne prenait sens. Elle était perdue, totalement. Incapable de comprendre ce qui venait de se produire. Elle manquait de souffle, se sentait nauséeuse, malade. Et en colère. Fichtrement en colère.
Lily entendit son père avant de le voir, et elle sentit l'odeur du café qu'il lui apportait avant même qu'elle ne se doute qu'il aurait songé à sa dose quotidienne de caféine. Elle tendit une main, par automatisme, et reçut le liquide tant apprécié. Pourtant, elle ne le porta pas immédiatement à ses lèvres. Elle fixait encore et toujours la porte qui s'était refermée alors qu'Harry arrivait.
- Ils commencent tout juste ? s'étonna Harry.
Sa plus jeune enfant secoua la tête.
- Alors, des retardataires ?
Elle secoua à nouveau la tête, et Harry essaya de deviner son expression. Il ne lut qu'un choc profond.
- Lily, qu'est-ce qui s'est passé ? s'inquiéta-t-il aussitôt en portant la main à la poche où se trouvait sa baguette, par automatisme.
Sa fille déglutit, et détourna enfin son attention de la porte. Elle papillonna des yeux, reprenant difficilement pied avec la réalité, et essaya de se concentrer sur son père qui était face à elle.
- Papa… Est-ce que la résurrection est possible ?
Son père fronça les sourcils. Il jeta un coup d'œil aux feuilles de cours de sa fille.
- Les cours d'Astronomie ont bien changé depuis mon époque…
Dans la foulée, il posa une main paternelle sur le front de sa fille qui, agacée, repoussa la main.
- Je ne suis pas malade, et ça n'a rien à avoir avec mes cours. C'est…
Elle désigna d'une main tremblante la porte.
- Je viens de voir une personne qui est censée être morte.
Harry soupira. Il ne comprenait pas ce que voulait lui dire Lily, et cela l'inquiétait. Elle avait toujours eu des paroles raisonnées et raisonnables. Jamais des propos sans sens comme aujourd'hui. Elle avait habitué son père à des mots sensés, pas à des paroles rivalisant avec les dires de son ancienne professeure de Divination.
- Qui ? demanda-t-il, alors qu'il n'était pas certain de l'attitude à adopter.
- Astrid.
Harry se redressa lentement. Il connaissait ce prénom, même s'il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer la personne qui le portait, et qui aurait pu entrer dans la famille Potter.
- Astrid ?
- La petite amie de James. Qui devrait être morte. Elle était là. Et je sais que c'était elle ! cria Lily d'une voix aiguë. Elle a dit des choses, et…
Elle se tut. Elle-même se prenait pour une folle, et si son père décidait de la faire interner, elle le comprendrait.
Elle commençait à se demander si elle n'avait pas trop travaillé, ces derniers jours. Peut-être qu'elle avait besoin d'une pause, et de laisser son cerveau se reposer, et…
La main rassurante de son père se posa sur son épaule, et elle sentit un grand poids s'envoler de sa poitrine. Elle n'avait pas complètement perdu le sens de la réalité, et c'était déjà un bon point. Elle souffla, et regarda son père avec de grands yeux.
- Qu'a-t-elle dit exactement ? demanda doucement Harry.
- Eh bien… Elle a parlé de James comme de son petit-ami. Et il y avait quelqu'un avec elle. Un homme. Il a lui aussi parlé… Une histoire de couverture grillée… Je ne sais plus. Ils n'arrêtaient pas de jurer, grimaça-t-elle. Astrid n'était pas comme ça. Et en même temps, je suis persuadée que c'était elle. Son prénom a été prononcé.
Lily ferma les yeux. Elle n'était pas cohérente, et cela ne lui ressemblait pas.
- Il y a aussi eu une histoire de règles…
La main de son père resserra sa prise.
- Des règles ? Tu en es sûre ?
Lily ouvrit les yeux, et hocha la tête.
- Oui. Oui, j'en suis sûre, balbutia-t-elle. Papa, c'est quoi cette histoire ? Je ne deviens pas folle ?
Harry s'était levé, et après avoir passé une main lasse sur son front, il regarda sa fille.
- J'ai beau être le chef des Aurors, je ne contrôle pas toutes les autorités du Ministère, dit-il du bout des lèvres. Tu ne deviens pas folle, Lily.
Il prit une grande inspiration.
- Astrid n'a jamais été morte, de toute évidence. Elle a seulement fait en sorte que tout le monde le croie, pour des raisons que je ne peux pas connaître.
Lily fronça les sourcils.
- Elle aurait pu faire ça sous la contrainte ?
Harry lui sourit doucement, désolé.
- J'en doute, Lily. Je suis même certain que ce n'est pas ça. Quoi qui ait poussé Astrid à faire croire à sa mort, c'était son propre choix. Personne ne l'a forcée.
Lily se demanda comment son père pouvait rester debout. Il tanguait dangereusement, et il n'allait pas tarder à tomber.
À moins que ce ne soit elle qui soit en train de faire un malaise.
Elle but une gorgée de son café, se brûla la langue, et frissonna.
C'était irréel. On ne pouvait pas se faire passer pour morte, pour ensuite reparaître comme ça. C'était totalement fou, et hors du commun.
Et alors, seulement, elle pensa à James. Et là, dans l'instant, elle voulut être à côté de lui pour le serrer dans ses bras.
- Comment va réagir James ? murmura-t-elle, la douleur rythmant sa voix.
Note d'auteur.
BIBI EST A L'HEURE ! Et bibi est très impatiente de lire vos réactions concernant ce chapitre - surtout pour ceux qui n'ont pas lu Invisible, eh eh. (Oui, je peux être un peu sadique et, oui, c'est totalement normal, faut pas s'en étonner.)
DONC. Reprenons. La révélation du jour, ah ah ah ah ah ah ! Oh, Merlin, même moi, j'arrive à me faire peur. J'espère sincèrement avoir réussi à allier les deux "tempos" des deux histoires. Il faut comprendre qu'Invisible était écrite dans un style totalement différent de celui-ci, du coup, je ne savais pas trop comment le joindre au style de cette histoire-ci. Et le problème, en tant qu'auteure, a été compris assez tard ; ce qui explique pas mal mes difficultés d'écriture de cette histoire.
BREF. Maintenant, on y est. Ce qui est fait, est fait. Les dés sont jetés. Et plein d'autres expressions de ce genre. J'espère que ça va vous plaire tout de même...
En passant, je pense à vous remercier, tous, pour vos reviews du chapitre précédent. DelfineNotPadfoot a fini par relire ce chapitre (ce qui était pas plus mal, vu que James devenait un peu trop facilement une fille. Hum.)
Pour les reviews anonymes... Déjà, merci à tous pour vos commentaires.
Lu, c'est toujours un plaisir, pour ma part, de lire une de tes reviews :)
titietrominet, eh bien, je ne sais pas si Matt serait content d'apprendre qu'on spécule sur une histoire possible entre lui et miss Sombre (ou Abby Glitters !), mais sait-on jamais... Il va y avoir des amitiés plus qu'étranges et auxquelles on ne se serait jamais doutées, dans les prochains chapitres, alors qui sait ? La vengeance... Hum, est-ce qu'il y en aura réellement une ? A voir ;)...
Sur ce, je préfère vous prévenir, les deux prochains chapitres vont faire apparaître une Lily plutôt colérique... Mais rien ne dit que Jason ne sera pas en capacité de la calmer ;) ! Je vous souhaite à tous une très bonne semaine :)
