Petit blabla de l'auteure
Salut salut, c'est Tsukiba ! Et oui, je tiens mon rythme pour une fois. Je pense poster tous les lundis à partir de maintenant, comme ça ceux qui n'ont pas de compte sauront quand regarder pour savoir si j'ai posté un nouveau chapitre ^^
Chapitre un chouïa plus long que d'habitude, avec une chanson en prime (parce que ça faisait longtemps).
Réponse aux invités
poulou momo : Salut à toi, chère lectrice, et bienvenue dans l'Antre de la Folie ! (bon ok, dans cette fic' ça se voit pas parce que Shanmir est plus saine d'esprit que moi). En tous les cas, heureuse que cette histoire te plaise, et merci pour ton commentaire :)
Emma1046 : Salut, et merci de continuer à me lire :) Contente que mon histoire continue de te plaise, j'espère ne pas te décevoir aujourd'hui~
Chapitre 36
Shanmir tombait. L'espace d'une seconde, son cerveau surexcité par la soudaine poussée d'adrénaline qui parcourait son corps se demanda si c'était ce qu'Alice avait ressentit lorsqu'elle était tombée au Pays des Merveilles. La question s'effaça aussi vite qu'elle était venue lorsque Shanmir atterrit sur une pile de nains en poussant un gémissement étouffé. Un nouveau gémissement, plus retentissant cette fois-ci lui échappa lorsqu'elle sentit un nain lui tomber dessus à son tour. Il y avait bien longtemps que la jeune fille avait lu l'histoire d'Alice, mais elle était certaine que l'endroit elle venait d'atterrir n'était pas le Pays des Merveilles.
Dans la folle descente, Shanmir avait perdu sa cape sur laquelle elle dormait et son sac à dos. Heureusement, son arc et ses flèches étant à porté de main, elle avait pu les sécuriser – un pur miracle compte tenu de la situation. Sa petite épée elfique était également toujours à son côté, car elle n'avait pas eut le courage de se battre avec sa ceinture avant d'aller se coucher – la jeune femme se félicita de sa flemme pour une fois.
Des grognements et des jurons en langue commune tout aussi bien qu'en khuzdul résonnaient tout autours de Shanmir comme les nains essayaient de s'extirper les uns des autres sans causer plus de dommages aux infortunés ayant atterrit sous la pile. La Porteuse de Lumière eut le temps de frissonner en imaginant ce qu'il serait advenu d'elle si elle s'était retrouvée sous la grotesque accumulation de nains avant qu'une horrible clameur ne lui fasse tourner la tête.
Contre la poitrine de Shanmir, la Lumière du Telperion se mit soudain à chauffer.
Avant que quiconque n'ait eut le temps de comprendre quoi que ce soit, des dizaines de gobelins surgirent de nul part et de partout à la fois, se saisissant des membres de la Compagnie. Les mains immondes et déformées des créatures agrippèrent Shanmir, la tirant par les bras et les vêtements. Des griffes sales et acérées transpercèrent les couches de tissu la recouvrant, venant se planter dans la peau de ses bras comme la jeune fille tentait désespéramment de suivre le courant pour ne pas être blessée d'avantage par les griffes l'enserrant.
La jeune femme avança le dos courbé, les mains serrées dans une poigne de fer sur son arc tandis qu'elle attachait discrètement son carquois à sa hanche. Dans sa poitrine son cœur battait à une allure furieuse. Toujours pliée en deux, Shanmir attacha ensuite son petit arc sur son autre hanche, près de sa petite épe. Son sac à dos et toutes les affaires qu'il contenait étaient perdus à jamais, mais la jeune femme n'avait pas le temps de s'en inquiéter. Tout autours d'elle, le chaos régnait. Contrairement à Shanmir qui avait comprit en une fraction de seconde qu'ils étaient en tel sous-nombre que lutter était totalement inutile, les nains avaient décidé de vendre chèrement leurs peaux.
Les gobelins n'avaient cependant pas encore tenté de les tuer. Ils auraient aisément pu y parvenir – et pourtant, au lieu de se retrouver avec une dague dans l'estomac, Shanmir se faisait traîner le long d'une sorte de pont avec le reste de la Compagnie. Voyant qu'elle offrait peu de résistance, les gobelins se désintéressèrent rapidement d'elle, permettant à Shanmir de se pencher pour ramasser une lourde cape – appartenant probablement à un nain outragé l'ayant laissé tomber dans sa folle tentative d'attaque. Sans s'arrêter et dans un mouvement fluide, la Porteuse de Lumière se drapa dans le lourd tissu, laissant la capuche tomber sur sa tête, masquant son visage comme elle avançait courbée.
La Lumière chauffait contre sa peau, et la Porteuse craignait que le médaillon ne se mette à briller sous ses vêtements. Les gobelins dégageaient une odeur de mort et de malice, et il était purement hors de question que la jeune fille ne laisse la Lumière du Telperion tomber entre leurs sales pattes.
Une clameur soudaine fit relever légèrement les yeux à la jeune femme qui serra les dents avant de baisser rapidement la tête de nouveau, se concentrant sur les planches en bois qu'elle foulait.
Une musique aussi incongrue que discordante emplit soudain l'espace, et Shanmir écarquilla les yeux en comprenant que d'une manière ou d'une autre, les créatures étaient en train de jouer d'instruments de musiques. L'incongruité de la situation s'évapora lorsque leurs voix s'élevèrent soudain, formant un chant dissonant et terrifiant. Le son était à mis chemin entre un affreux coassement et le bruit que ferait des ongles en crissant sur un tableau noir.
Clap ! Snap ! La noire crevasse !
Attrape, saisit ! Pince, déchire !
En bas, en bas, dans la mine de Gobelin-ville
Tu descends, mon gars !
Siffle, crack ! Gifle, cravache !
Marteau et pinces ! Heurtoir et gongs !
Pilonne, pilonne, loin sous terre !
Ho, ho ! mon gars !
Bruisse, claque ! Fouette, claque !
Frappe et fracasse ! Geint et bêle !
Travail, travail ! N'ose pas te dérober,
Pendant que les gobelins boivent et rient,
En rond, en rond, loin sous terre
En bas, mon gars !
Shanmir n'avait jamais rien entendu d'aussi effrayant. La chanson suintait les promesses de torture et de mort lente et douloureuse. L'espace d'une terrible seconde, la jeune fille se demanda si il n'aurait pas mieux valu qu'un gobelin ne lui plante une épée dans le ventre après tout. Le moment passa cependant rapidement et Shanmir raffermit sa volonté. Elle ne mourait pas dans cet horrible endroit.
Tandis qu'elles chantaient, les créatures difformes avaient sortit des fouets, et conformément aux paroles de la chanson les utilisaient pour motiver la Compagnie à avancer plus rapidement. La jeune femme se félicita d'avoir ramassé la lourde cape, car cette dernière encaissa la plupart des attaques, atténuant probablement considérablement la douleur. Cette dernière était tout de même bien présente et Shanmir serra les dents, accélérant pour tenter de se noyer parmi la masse de nains.
Les gobelins avaient mené la Compagnie dans une immense salle souterraine, emplie de centaines – voire de milliers – de leurs camarades. Si les viles créatures étaient loin d'égaler la carrure des orques, leur nombre était tout simplement trop élevé. Ils n'avaient aucune chance de s'en sortir par la force pure. Un immense brasero rouge brillait au centre de l'imposante caverne, proche de l'endroit où la Compagnie était menée. Les immondes créatures avaient ralentit leur cadence, permettant à leurs prisonniers de marcher, les guidant jusqu'au pied d'un immense trône. Levant les yeux sans bouger la tête, Shanmir aperçu les pieds immenses et grotesques de celui qui ne pouvait être que leur chef.
Rassemblant la Compagnie en un troupeau compact, les gobelins entreprirent de se saisir de leurs armes pour les jeter en tas aux pieds de l'immense gobelin. Leur fouille ne fut cependant pas vraiment complète, car ils ne pensèrent pas à écarter les pans de la cape que Shanmir tenait fermement contre elle, lui laissant involontairement toutes ses armes. D'après ce que la jeune femme pouvait constater en jetant un coup d'œil à ses compagnons, les créatures douées d'une intelligence discutable s'étaient contentée de se saisir des armes voyantes.
Les nains resserrèrent immédiatement les rang, et sans vraiment comprendre comment elle avait atterrit là, Shanmir se retrouva soudainement au centre du groupe en compagnie de Ori et de Kili. Jetant un coup d'œil aux deux jeunes nains pour voir comment ils tenaient le coup, Shanmir se sentit pâlir en avisant le visage de Kili. Une haine viscérale lacée d'intentions de meurtres était peinte sur son visage. La jeune fille en eut un frisson – elle n'avait jamais vu le jeune nain dans un tel état, et en vérité cela l'effraya peut être plus encore que la ville emplie de monstres. La grand gobelin sur son trône prit alors la parole, accaparent l'attention de tous.
- Qui donc ose pénétrer avec des armes dans mon royaume ?
- Des nains, répondit un gobelin dans la foule compacte entourant la Compagnie. Ils se cachaient sous notre porche !
- Et ça, cria un autre.
Une main crasseuse attrapa soudain le bras de Shanmir avant de la tirer vicieusement hors du groupe de nains, la secouant brutalement. Sentant que la Compagnie allait faire quelque chose de très stupide, Shanmir serra les dents pour ne pas crier de douleur, n'offrant aucune résistance au gobelin l'ayant brutalement saisie et jetée à terre devant le chef gobelin. Elle lança un regard implorant aux nains, espérant que personne ne réagisse. Contre son cœur, la Lumière du Telperion chauffait furieusement sans pour autant émettre le moindre rayonnement – ou autre manifestation. Apparemment, soit le bijou était relié aux intention de sa Porteuse, soit il avait comprit qu'il était dans son intérêt de ne pas se manifester. Alors que la tension atteignait son comble, le roi gobelin balaya l'information d'un revers de main.
- Cette chose maigrichonne ne m'intéresse pas. Et ne restez pas plantés là ! Fouillez les nains, chaque plis, chaque couture !
Les gobelins s'exécutèrent, et Shanmir se retrouva à de nouveau remercier qui voulait bien l'entendre pour leur stupidité. Les créatures appliquèrent l'ordre à la lettre, fouillant les nains et négligeant complètement Shanmir. La Porteuse de Lumière n'eut même pas le temps de s'offusquer d'être traitée de « chose maigrichonne ». Bifur profita du remue ménage pour tirer la jeune fille sur ses pieds, s'efforçant de se placer entre elle et les gobelins. La Porteuse de Lumière se laissa faire en tremblant légèrement, heureuse de la protection que le nain lui offrait.
Une masse d'objets rejoignit les armes sur le sol, et si Shanmir ne pu en voir le contenu, les sifflements emplis de dégoût des gobelins n'annonçaient rien de bon.
- Qu'est ce que c'est que ça… Fabriqué à Fondcombe, hum ?
Shanmir jura dans sa tête. Cette fois, ils étaient cuits. Oin grommela quelques mots avant de soudainement s'avancer devant la troupe, faisant face au roi gobelin. Shanmir salua silencieusement sa bravoure.
- Pas d'entourloupe, avertit le grand gobelin, je veux la vérité.
- Vous allez devoir parler plus fort. Vous sous-fifres ont écrasé mon cornet !
- Je vais écraser bien plus que votre cornet si vous ne parlez pas très vite !
Apparemment fou de rage, le roi gobelin sembla sur le point de se jeter sur la Compagnie. Bifur attrapa fermement Shanmir, la maintenant en sécurité devant lui comme les nains reculaient. La jeune fille tacha de se faire discrète, remerciant pour une fois Yavanna de l'avoir rétrécie. Dépasser de deux têtes les nains l'aurait probablement mise dans une situation très fâcheuse. La Porteuse de Lumière leva légèrement la tête pour pouvoir mieux suivre le déroulé des actions, tout en essayant de se faire oublier.
- Si vous cherchez des information, intervint soudain Bofur en s'avançant, c'est à moi que vous devriez parler.
Sa déclaration eut le mérite de stopper le roi gobelin dans sa frénésie. Il encouragea le nain à continuer d'un grognement.
- Nous étions sur le chemin – enfin, c'est plus un passage étroit qu'un chemin – dans la montagne quand une tempête nous a surprit. Nous avons donc trouvé une caverne, qui semblait vide et au sec, donc nous sommes entrés dedans. Nous ne souhaitions en aucun cas importuner des gobelins de quelle que façon que cela soit.
Au moins, Bofur disait la vérité.
- Nous étions en chemin pour visiter des cousins, neveux et nièces, et autres descendants de nos grands-pères, qui vivent à l'Est de ces magnifiques montagnes.
- Mensonges, grogna le grand gobelin. Que faisiez vous dans ces montagnes ? Vous espionniez mon peuple ? Je ne serait pas surprit d'apprendre que vous êtes des voleurs ! Ou même pire, des amis des elfes! Allons, parlez !
Cette fois-ci, un silence de mort répondit au roi gobelin.
- PARLEZ !
L'éclat de voix ne lui apporta pas plus de réponses de la part des nains qui se contentèrent de le fusiller du regard. Quand à Shanmir, elle était trop occupée à se demander où était passé Bilbo pour écouter la monstrueuse créature. Si les gobelins avaient remarqué qu'elle n'était pas un nain, alors ils auraient forcément du remarquer Bilbo. Or cela n'avait pas été le cas, et la jeune femme ne l'apercevait pas non plus parmi ses compagnons. S'efforçant de ne pas hyperventiler, Shanmir tenta de se rassurer, se remémorant à quel point le hobbit pouvait être discret quand il le voulait. Peut être avait-il par un quelconque miracle échappé à leurs tourmenteurs. Peut être n'était-il pas dans la grotte lorsqu'il étaient tombés.
- Très bien.
La voix soudain calme du roi gobelin ramena la jeune femme à la réalité.
- S'ils refusent de parler, nous les feront hurler !
Une clameur passionnée monta de tous les coins de l'immense caverne à ces mots, arrachant un frisson d'horreur à Shanmir.
- Apportez la déchiqueteuse ! Apportez la broyeuse d'os !
Le roi gobelin sembla savourer le moment quelques instants avant de poursuivre d'une voix mielleuse, dardant son regard droit sur Shanmir qui en eut un haut-le-cœur.
- Les plus jeunes d'abord.
La jeune femme ne pu retenir son cri de terreur pure quand un gobelin la saisit soudainement, la tirant brusquement hors de l'étreinte de Bifur qui proféra ce qui ne pouvait être que des menaces en khuzdul. Shanmir se sentit soudain à deux doigts de vomir. Dwalin se retourna brusquement vers elle, une aura meurtrière l'entourant comme la voix de Thorin retentissait soudain dans l'air, haute, claire et intransigeante.
- Attendez !
Note : Pour la chanson des gobelin j'ai fais un mélange entre la version du bouquin (traduite comme je peux, je ne trouve plus ma version en français du Hobbit donc je me base sur la VO) et la version du film. Globalement, je me suis quand même plus appuyée sur le livre.
Je vous donne rendez-vous lundi prochain pour le prochain chapitre !
Des bisous~
