Titre : Ni personne d'autre

Disclamer : Rien à moi, tout à JKR

Paring : HP/DM

Rating : M

Note : Bonjour tout le monde! Bon finalement, je suis le bon jour mais un peu tard mais bon ma bêta a eut des problèmes avec son compte ffnet! D'ailleurs en parlant de ça, elle sera pas disponible pour les corrections de mes chapitres pour ses examens, donc si y'en a une bêta pour un remplacement temporaire. J'ai nettement trop honte pour poster mes textes bourrés de fautes ^^ Je tiens aussi a dire que j'approche moi aussi de mes examens, donc si des fois j'aurais du retard, c'est normal, pour le moment ça devrait aller mais un jour je vous le dirais! ^^ Merci de votre compréhension ^^

Bonne lecture!


Chapitre 34:

(Pov Théo)

Le monde extérieur m'avait toujours fait peur. Les gens m'ont toujours fait peur. Depuis tout petit, j'ai peur. J'en souffre d'avoir peur. Quand je sens les regards des gens sur moi, j'ai peur qu'ils me fassent du mal. Je n'aime pas les contacts physiques, je n'aime pas qu'on me parle. J'ai l'impression d'avoir toujours été ainsi. Une petit garçon effrayé. Pourtant je ne suis plus un enfant, je suis un adulte maintenant, j'ai un travail, j'arrive même à avoir des amantes. Je n'avais jamais imaginé qu'un jour je puisse laisser une personne me toucher. Mais j'ai trouvé la parade, je ferme bien fort les yeux et je mets ma peur dans une boîte que j'enferme dans mon armoire.

Ça fonctionne depuis des années.

Mais je cours pourtant. Je n'ai jamais couru. Et j'entends des pas qui me poursuivent. Sans vraiment savoir pourquoi, je fus heureux qu'on coure après moi. Je compte pour quelqu'un alors. J'ai la tête qui tourne, le sol est bancal et je vais vomir. Je n'avais jamais autant bu de ma vie. Je n'avais jamais été aussi haineux de ma vie.

On m'attrapa le bras me coupant dans ma course. Ce brusque mouvement d'arrêt me fit tomber par terre. Des bras petits mais forts m'entourèrent, je me sentis soutenu. J'eus des hauts le cœur. La personne derrière moi me fit me pencher sur le côté pour que je dégobille sur le sol au lieu de sur moi. Je me vidai de mon alcool ingurgité. J'en pleurai, tans ça me faisait mal. Ma vision était trouble, ma gorge me faisait mal d'avoir hurlé et j'avais la trachée en feu. Je me laissai tomber contre le torse derrière moi et fermai les yeux.

Je n'avais pas pu enfermer ma boîte dans mon armoire. Elle avait refusé de rester fermée. Pourtant, ça faisait des années que ça marchait... Ce trop plein d'émotion m'avait pris au dépourvu, sans que j'y comprenne quelque chose. Je fermai les yeux, ne voulant plus me souvenir de cette journée. Mieux, je voulais tout oublier...

oO-Oo

Pourtant ma vie avait tellement bien commencé. J'étais né dans une famille riche et de Sang-Pur. Mon père était riche et ma mère était belle. Je ne me souviens pas de son visage... Mais je me souviens de ses mains sur mes cheveux. J'avais des photos d'elle. Elle avait de longs cheveux noirs et de grands yeux bleus. Elle regardait mon père, de l'amour plein les yeux, lors de leur mariage. Elle me tenait, nouveau-né, près de son cœur.

Mais le seul vrai souvenir que j'ai d'elle est celui de ce jour, quand j'avais six ans. Je revenais de l'école. Mon père était venu me chercher, il souriait, il riait. Il était heureux. Tellement heureux. Il était fou amoureux de ma mère. Elle était la femme de sa vie. Sans elle, il n'était rien. Ce fut la dernière fois que je le vis sourire. Une fois rentrés à la maison, il s'était dirigé vers son bureau pour travailler alors que moi je partis à la recherche de ma mère pour lui faire un câlin. J'aimais les câlins à cette époque.

Je l'avais trouvée. Dans la cuisine. Sur le sol. Une marre de sang l'entourait, s'écoulant de ses poignets torturés. J'étais resté ainsi, sans bouger, à regarder ma mère étendue par terre. Morte. J'étais trop petit pour comprendre mais je savais que c'était grave. Mais je n'ai pas bougé. Mon père avait fini par arriver dans la cuisine, il avait regardé sa défunte femme sur le sol. Il avait marché doucement vers elle, posé un genou à terre, dans le sang, et s'était écroulé sur le corps sans vie de ma mère.

J'étais resté debout, sans bouger, à écouter mon père pleurer, hurler. J'étais petit, je ne savais pas que ma mère était morte. Je ne savais pas que jamais plus je ne la reverrais. Je ne savais pas que les derniers mots que je lui avais dit resteraient un simple « bonne nuit ». Je n'aurai jamais pu lui demander pourquoi elle m'avait abandonné.

Ni moi, ni mon père n'avons su pourquoi elle s'était donné la mort. Nous ne l'avions pas assez aimée ? Nous n'étions pas assez biens pour elle ? Avait-elle fait quelque chose de grave pour laquelle elle s'était punie ? Je n'ai jamais su...

Mais la mort de ma mère tua mon père. Il ne fut plus jamais celui que j'avais connu. Il devint froid – voire glacial – renfermé et muet. Ses yeux noirs ne montrèrent plus jamais la moindre étincelle. En grandissant, je me disais qu'il était peut-être au courant de la raison de la mort de ma mère mais des fois, je me disais que non. Il avait une interrogation permanente dans le regard. Un début de réponse puis plus rien. A la mort de ma mère, il devint un Mangemort plus virulent, plus fervent à la cause.

Je ne pense pas qu'il arrivait à avoir de la ferveur. Il n'arrivait plus à croire en rien. Il le faisait parce qu'il avait tout perdu et qu'il devait se raccrocher à quelque chose. Il avait peut-être trouver là un exutoire pour laisser exploser sa peine. Je ne savais pas. Je me contentais de le regarder de loin. Souvent dans les escaliers, la nuit, je le regardais partir en mission ou en réunion.

Mon père ne parlait plus. Sa peau était froide. Et il me laissait seul me noyer dans ma propre peine d'avoir perdu ma mère. Il me laissait détester ma mère de nous avoir abandonné. J'ai grandis ainsi, entre la froideur de mon père et l'absence inexpliquée de ma mère. Et j'ai commencé, tout doucement, à vouloir rester seul, à devenir muet moi-aussi. Personne ne parlait dans cette maison. La cuisine avait été scellée.

oO-Oo

Je me réveillai avec un mal de tête absolument incroyable. J'étais dans un lit d'où émanait une odeur loin d'être la mienne. Et il régnait une chaleur et une atmosphère paisible dans la pièce où je me trouvais. Je me redressai en grimaçant. La chambre dans laquelle je me trouvais était en désordre, il y avait des vêtements par terre, dont les miens. Je soulevai la couverture pour voir que j'étais en caleçon. Je rougis un peu. Je ne me souvenais pas de la soirée d'hier. Rien du tout, un gros trou noir.

La porte de la chambre s'ouvrit sur une tête rousse au visage inquiet. Fred Weasley. Il me regardait avec réserve. Mais qu'est-ce que je faisais dans la maison de Weasley ? Je fermai les yeux, pris d'une migraine. Il s'approcha de moi et me tendit une fiole de potion. Je la bus sans même m'inquiéter de ce qu'elle contenait, une petite voix me disant que Fred ne me ferait pas de mal. La migraine régressa avant de disparaître et mes souvenirs revinrent en même temps qu'elle s'envolait.

Oh... Je devais aller voir Draco. J'avais été inutilement cruel avec lui.

Fred s'assit sur son lit en face de moi, avec cette réserve que je ne lui connaissais pas. Mais son regard, braqué sur moi, était toujours d'une grande franchise et c'était comme s'il me mettait au défi de le faire détourner les yeux. Au final, c'est moi qui le fis. Je me souvenais très bien de ce qu'il m'avait dit. Je me souvenais des mots que jamais personne ne m'avait dits.

Enfin si, certaines femmes me les ont déjà dits mais je ne les ai jamais crues. Elles voulaient seulement coucher avec moi. Et je ne demandais pas plus. Je fermais la boîte et faisais comme si j'étais vraiment aimé. Il était tellement agréable de penser que l'on puisse être aimé. J'avais toujours envié Draco pour être aimé si fort par Potter.

– Comment te sens-tu ? demanda Fred.

– Bien... Je vais... toujours bien...

Si Draco était là, il grimacerait face à ma diction. Mais elle me protégeait des autres. Elle me permettait de prendre le temps de me dégonfler et de fuir... avant de dire des mots que je regretterais ou qui me lieraient aux gens. Comme j'ai faillis le faire avec Fred. Je n'étais pas habitué à sa tendresse...

– Tu es sûr ? Pourtant, après hier, j'aurais pensé que tu serais un peu plus triste.

– Je... le suis.

– J'ai été sincère avec toi. Je t'aime vraiment.

– Il n'y a rien à aimer chez moi ! m'exclamai-je.

Il plissa les yeux et me sourit.

– Je pourrais écrire une liste de choses que j'aime chez toi. Pourtant je te connais si peu, j'aimerais tellement te connaître par cœur, tout savoir de toi, tes secrets, comprendre chaque tic de ton visage sans que tu aies besoin de parler. Mais pour l'apprendre, il faudrait que tu acceptes que je fasse partie de ta vie.

– Je... dois y aller. J'ai été... cruel avec... Draco...

Fred baissa les yeux, vaincu.

Je crois que je rêvais d'être aimé. Mais cela ne devait rester qu'un rêve.

oO-Oo

Draco a toujours été un « personnage » pour moi. Quand j'étais jeune, ou plutôt quand j'étais gosse – car je suis encore jeune – je voyais Draco comme un personnage de théâtre. Il jouait un rôle. Il avait ce sourire méchant, cette langue acerbe et ce regard mauvais. Je l'entendais dire des choses horribles, se moquer de la mort des parents de Potter, ricaner face aux blessés lors de notre deuxième année. Mais ni la mort, ni la peine ne doit être raillée. Je n'aimais pas Draco.

Il me faisait peur, aussi. Je ne voulais pas qu'il se moque de ma mère.

Personne ne me parlait. Les professeurs ne m'interrogeaient jamais non plus. C'était un peu comme si tout le monde s'était mis d'accord pour m'ignorer. Je pensais que c'était ce que je voulais. J'avais tellement peur qu'on me parle, qu'on sache des choses sur moi, qu'on devine que ma mère n'avait pas voulu de moi. Personne ne savait comment je me nommais, ni mon plat préféré, ni ma couleur favorite, rien...

Alors, en quatrième année, quand mon père et moi sommes allés chez les Malfoy, et que pour la première fois en quatre ans, j'échangeai un mot avec un élève de Poudlard, j'ai changé d'opinion sur le blond. Il avait changé, c'était indéniable. Il avait perdu la dureté de son regard, défroissé les traits de son visage et radouci le ton de sa voix. Et à ce moment là, j'ai eu plus peur de lui que jamais.

J'étais habitué à la froideur et à l'ignorance, j'ai grandi ainsi. Mais, la chaleur et la gentillesse étaient des choses nouvelles pour moi. J'avais découvert le vrai Draco, celui qui était à la fois gentil, confiant, courageux, orgueilleux, fantasque et fragile. Il s'était assis à côté de moi, il m'avait parlé et je n'avais jamais autant parlé de ma vie. Au début, j'avais pensé qu'il me parlait seulement parce que j'étais là, je pensais qu'il ferait comme si j'étais invisible une fois que je serais parti mais...

« J'ai trouvé pour qui tu pourrais te battre ! Pour moi !

– Je ne suis pas gay...

– Il n'y a pas que pour l'amour que l'on peut se battre, mais aussi pour l'amitié. Si tu veux, je peux aussi me battre pour toi ! »

Je me souviens de quand il m'a dit cette phrase. Se battre pour moi ? Ri-di-cu-le. Ma propre mère n'a pas voulu le faire, alors comment un petit garçon blond pourrait le faire, lui ? J'avais été surpris et une douce chaleur avait envahi mon cœur. Je n'avais pas ressenti de sentiments pareils depuis tellement longtemps... Mon cœur et mon âme avaient été figés dans le temps, et n'avaient pas grandi avec moi.

C'est ce que je pense. Mon cœur est trop immature pour l'amour. Il est encore un adolescent, voire même un enfant. Il n'a sûrement pas assez grandi pour autre chose que l'amour fraternel que je ressens pour Draco, celle filiale que j'ai pour Gabriel et celle respectueuse que j'ai pour Rogue. Ce qui est déjà pas mal au vu de mon passé.

J'étais devant la porte de la maison de Draco, il fallait que je lui parle. J'avais été trop ignoble avec lui et lui faire du mal m'est insupportable. Il a fait tellement pour moi... Il m'a rendu un peu plus humain. M'as fait me sentir humain. M'as fait ressentir comme un humain. C'était la première fois que j'avais l'impression d'être important pour quelqu'un. J'ai besoin de lui. J'ai besoin de Gaby. Ils sont ma seule famille.

Je sonnai à la porte. D'ordinaire, je rentre juste après. Mais pas là. J'ai peur de l'avoir face à moi. J'ai peur qu'il ne veuille plus de moi. Comment vais-je faire si je me retrouve de nouveau seul ? Comment je ferais si Gabriel ne m'accueille plus comme son oncle ? Grandira-t-il et finira-t-il par m'oublier ?

La porte s'ouvrit sur mon meilleur ami – ou peut-être bientôt ex-meilleur ami. Il avait les yeux gonflés et cernés. Ses cheveux étaient en désordre et il portait encore les vêtements de la veille. Quand il me reconnut, il se jeta dans mes bras. Cette réaction si spontanée, tellement lui, fit s'envoler l'amertume et la peur de mon cœur. Je sentis des larmes couler le long de mon cou. Moi qui avait tant de fois vu Draco pleurer à cause des autres...

– Je suis désolé ! s'écria Draco. Je suis un ami indigne et minable. Mais je t'en prie, ne m'en veut plus ! Je suis tellement désolé ! Je ne voulais pas te faire de mal, je voulais seulement te rendre heureux... Fred est quelqu'un de bien et il est fou de toi. Je voulais seulement que de toutes les personnes sur cette Terre, tu sois le plus heureux. Je n'avais pas une seule fois pensé à ton père, ni à Ron. A rien, je suis si minable ! Tellement minable... Toi tu penses toujours à tout !

Je le pris par les épaules et le fis reculer dans sa maison. Je ne voulais pas nous donner en spectacle, et de toute façon, personne ne comprendrait rien à nous. Je l'assis sur son canapé et regardai ce jeune homme essuyer vivement les larmes de ses yeux pour me faire face. Il se pinçait les lèvres et battait des cils pour éviter la formation de nouvelles larmes. Je ne pus m'empêcher de sourire face à Draco. Il n'avait pas changé.

– C'est à moi de m'excuser, commençai-je. J'ai été cruel avec toi. Mais je sais pourquoi je m'en suis pris à toi. Pas seulement parce que tu m'as obligé à rester dans la même pièce que l'assassin de mon père, mais... Ah là là, tu vas trouver ça ridicule...

– Dis-moi !

– J'ai... tellement l'impression... que... tu ne veux plus... de moi...

– Et pourquoi tu penses ça ?

– Tu es... tellement heureux... d'être... avec eux... Avec Potter aussi... J'ai honte de le dire. Mais je suis un peu... jaloux... des Weasley. J'ai peur que tu ne veuilles plus de moi comme ami...

– Oh non, ne dis pas ça ! Je te poursuivrais même en enfer ! La seule façon de te débarrasser de moi serait de prendre un pied-de-biche ! Et encore, un pied-de-biche de six mètres de long ! Je te collerais comme ton ombre, je te suivrais de près ! Je surveillerais ta maison, fouillerais tes poubelles, m'installerais dans ton jardin et mangerais tes restes s'il le fallait, et tout ça pour que tu restes avec moi !

– Tu es un malade... Tu es complètement taré !

– C'est de famille ! Et malheureusement, tu en fais partie !

– Bon... il me reste plus qu'à aller me pendre !

– N'oublie pas que je te suivrai !

Je poussai un faux soupir désespéré.

– Donc le mieux c'est que tu restes en vie, près de moi !

– Ça peut se faire ! Encore désolé de t'avoir fait pleuré...

– Encore désolé de t'avoir blessé...

Draco reste pour moi un élément important de ma vie. Après la guerre, j'ai eu le droit à des séances chez une psychomage pour pouvoir parler et évaluer mon mentale. Sûrement pour savoir si j'avais été traumatisé par la guerre. Tout le monde est traumatisé par une guerre. Mais, toutes les images que j'ai vues, les morts, les blessés ; tous ce que j'ai vécu, l'abandon et la torture, à été effacé par la mort de mon père.

Alors je me rattaché à ce qu'il me restait. La psychomage avait pensé que j'étais amoureux de Draco et j'y ai réfléchi, mais non... Quand je vois ce qu'est l'amour, à travers les yeux de Draco, je me dis que non, c'est impossible. M'imaginer l'embrasser me donne la gerbe... alors qu'en principe ce n'est pas le cas. J'ai déjà vu Draco en sous-vêtement et ça me laisse de marbre. Alors j'ai arrêté de voir cette psychomage. Elle était trop nulle. Mais si elle me voyait maintenant, elle me dirait quoi ?

oO-Oo

Je n'aime pas mon boulot. Je n'aime pas mon patron. Je n'aime pas mes collègues. Mais mon ancien job était pire, alors je m'en contente. Je n'aime pas les ordinateurs, ni devoir taper au clavier mes articles. D'ailleurs, je n'aime pas les articles qu'on me donne à rédiger. Ce n'est pas passionnant. Ce n'est pas du vécu mais au moins, on ne m'envoie pas à l'autre bout du monde pendant six mois juste parce qu'on ne veut plus de moi dans le secteur...

Mon nom fait tache mais je me force à signer ce que j'écris de ce nom. Le changer montrerait que j'en ai honte, que je n'assume pas et je ne suis pas prêt à le faire. J'ai – malgré mon apathie émotionnelle – ma petite fierté. Alors je mets mon prénom et mon nom : Théodore Junior Nott. D'ailleurs, personne ne m'a jamais appelé Théodore. C'est pourtant mon vrai prénom. Probablement parce que ce nom est celui de mon père. Lui seul était appelé Théodore, pas moi, moi je suis juste Théo.

Je pense qu'il est temps pour moi de faire une pause. Je me levai pour aller me prendre un thé à la salle de repos. Il n'y avait personne et tant mieux, je n'étais pas à l'aise avec eux. Je retirai mes fausses lunettes, je trouvais qu'elles me vieillissaient. J'étais obsédé par ça. Une fois, j'étais allé dans un bar et on m'avait demandé de prouver que je n'étais pas mineur. J'avais été incroyablement vexé. Parce que pour moi, être mineur me ramène à Poudlard et Poudlard à la guerre et la guerre à la mort de mon père. Je m'habille toujours plus vieux que mon âge au boulot même si ça ne fonctionne pas.

Une de mes collègues entra dans la salle et me sourit quand elle me vit. Elle était gentille avec moi, elle. Elle prit son café et s'installa en face de moi. Elle était belle. Des cheveux noirs et des yeux noisettes. Elle était grande et j'aimais les femmes grandes. Je me perdis dans mes pensées alors qu'elle parlait, elle était malheureusement trop bavarde. Je la trouvais très belle, et je me disais que je l'inviterais bien à dîner pour pouvoir coucher avec elle. J'aime le sexe. Et je ne vois aucun mal à le dire.

Je pensai soudainement à Fred. Lui aussi, pensait-il la même chose de moi ? Voulait-il coucher avec moi ? M'embrasser ? Me toucher ? Ou juste pouvoir être à mes côtés ? Je ne sais pas trop, malheureusement. Je me comprends déjà à peine... Je suis trop compliqué pour moi-même alors comment comprendre un homme qui se dit amoureux de moi ? Il n'y a vraiment rien à aimer chez moi. Je sentis un pied glisser le long de ma jambe et je sortis de mes pensées. Elle me faisait du pied. Elle avait un sourire aguicheur. J'avais envie. Alors je répondis à ses avances.

Je sais que je suis attirant. Et que je suis bon amant. Mais à part ça, je ne vois pas ce qu'on voudrait de plus. Je suis comme une ombre à l'intérieur de moi, tout est figé dans le temps. Et j'ai un cœur d'enfant.

Quand je rentrai chez moi, après avoir passé la soirée et la nuit chez ma collègue, je découvris une chouette qui m'attendait. Je pris la lettre et donnai un gros biscuit à la bête qui repartit en hululant. Je sentais le sexe et le parfum de cette femme. J'étais partis alors qu'elle dormait. J'avais eu tellement l'impression d'être aimé et comme toujours, après, j'avais retrouvé la raison. Elle ne m'aimait pas. Alors je suis parti.

Je n'aime pas ma maison. Je n'aime pas mon jardin. Je n'aime pas les portraits. Mais je reste dedans car je n'ai pas mieux. La demeure est froide, le carrelage est blanc et la cuisine est toujours scellée. Comme d'habitude, dès que je rentre chez moi, je pose la main sur la porte en bois close de cette pièce. Je la touche comme si je pouvais toucher ma mère à travers elle. Mais je sais que je ne l'ouvrirai jamais. J'ai trop peur des fantômes. Je me souvins de la lettre. Je partis dans le salon et m'assis dans un fauteuil, celui en face de la cheminée. La décoration et les meubles n'avaient pas changé depuis des années. Je n'aimais pas les changements. J'ouvris la lettre. Je regardai le nom à la fin et mon cœur fit un étrange bond. Fred...

« Il y a deux semaines, tu dormais chez moi. A ton réveil, je t'ai avoué mes sentiments, je voulais le faire une fois que tu serais sobre. Et tu m'as dit qu'il n'y avait rien à aimer chez toi. Alors j'ai réfléchi et je me suis mis à écrire cette liste. Lis et apprends.

Liste des choses que j'aime chez toi

J'aime ton regard.

J'aime ton sourire.

J'aime ta voix.

Même si ça me fait passer pour un pervers, j'aime tes fesses.

J'ai toujours aimé ta façon de sursauter quand, à Poudlard, on t'adressait la parole.

Même si je n'aimais pas que tu réagisses de la sorte quand c'était moi qui te parlais.

J'aime la relation étrange que tu as avec Draco.

Même si elle me rend un peu jaloux.

Voire beaucoup.

J'aime le mystère qui t'entoure.

J'aime ta façon de penser.

J'aime ta beauté.

Tu es beau.

Tu as de l'humour et il s'accorde au mien !

J'aime ta façon de t'habiller.

J'aime ta façon d'écrire tes articles.

Je les lis tous, tant c'est beau.

J'aime ta grande taille.

Je suis fou de tes lèvres.

J'aime ta façon de marcher.

J'aime tes mains, elle sont fines et semblent si douces...

J'aime ta nuque.

J'aime ta douceur et ta gentillesse.

J'admire le courage que tu as eu pendant la guerre, je n'aurais jamais pu me rebeller contre mon père comme tu l'as fait.

J'ai aimé m'occuper de toi après que tu aies été torturé.

Je suis tombé amoureux de toi à ce moment-là. Te voir presque mort sur le sol m'a fait comprendre que si tu n'étais plus là, je ne pourrais pas vivre.

Et pourtant je t'ai laissé sortir de ma vie, alors j'aime aussi le fait que tu me laisses y revenir.

J'aime ta peine, et je l'aime surtout parce que je veux la porter avec toi.

Pour toi

Je t'aime.

Fais ce que tu veux avec cette liste. Brûle-la si tu le juges utile. Je m'en fiche, ce ne sont que des mots sur un papier et ça ne les effacera pas. Et sache que j'en pense chaque mot.

Fred Weasley. »

oO-Oo

Je ne sais pas pourquoi je suis ici. Je ne sais pas pourquoi je serre cette liste contre moi. Je ne fais jamais rien d'irraisonné. Je réfléchis toujours à tout ce que je fais, à tout ce que je dis. Je fais ce que je pense après avoir étudié toutes les possibilités. Et tant que je n'ai pas tout évalué, je ne fais rien. Je ne suis pas quelqu'un de spontané. Je ne suis pas émotionnel. Je suis calme. Frois. Je me protège des autres. Surtout de ceux qui me font perdre le contrôle.

Alors pourquoi je suis ici ? La lettre froissée à force d'être lue. Les mains moites face au magasin des jumeaux où Fred vit. Pourquoi je fixe cette porte depuis une bonne demi-heure, incapable de prendre une décision ? Le plus sage serait de partir et de brûler cette lettre comme il m'a suggéré de le faire. Comme il me met au défi de faire. Mais je n'y arrive pas... Alors je la relis encore une fois, m'arrêtant sur chaque phrase et essayant de bien comprendre le sens des mots. Les mots, ils sont importants. Et puis, j'ai froid. Même si nous sommes au printemps – en avril plus précisément – le vent est froid.

La porte s'ouvrit. Fred était là, en pyjama. Il venait de se réveiller. Il pencha sa tête sur le côté. Il me sourit quand il vit la lettre.

– Tu comptais rester combien de temps ici ? Ça fait un moment que j'attends que tu frappes.

– Je ne sais pas ! Pourquoi m'as-tu écrit cette lettre ?

– Tu veux vraiment que je le dise encore ? Ce n'est pas grave, je suis capable de le dire encore une centaine de fois : c'est parce que je t'aime.

– Tu es dingue. Tout ce qui est écrit dans cette lettre est faux. Je n'y crois pas !

– Alors jette-la au feu ! s'exclama Fred en sortant de chez lui pour se mettre bien face à moi. Jette-la dans les égouts, ou si tu veux rends-la-moi !

– Non ! m'écriai-je sans pouvoir me retenir.

– Théo. Il faut qu'on parle. Viens avec moi.

Il se retourna pour rentrer chez lui sans vérifier que je le suivais. Bon, je l'ai suivi... Je voulais comprendre un peu le rouquin. Je ne l'avais jamais vu aussi sérieux. Lui, il sourit, il rit, il vit sa vie. Il est un vrai Soleil. Le voir aussi sombre me rend un peu mal à l'aise. Ça fait bien deux mois que nous sommes de nouveau en contact, je me suis habitué à sa présence. Je n'arrive pas à être aussi naturel qu'avec Draco mais je sentais bien que ça viendrait. On avait beaucoup de choses en commun. Enfin j'imagine, on parlait toujours sans devoir se forcer à trouver un sujet de conversation.

– A quoi tu penses ? me demanda-t-il, une fois chez lui.

– A toi.

– Me dis pas ça, tu me donnes de l'espoir.

– Je peux te demander pourquoi tu fais tout ça ? Tu sais que tu n'as aucune chance avec moi. J'aime les femmes et elles me le rendent bien.

– Merci de me rappeler que je n'ai pas le droit de te toucher... Mais, dis-moi, si on doit parler de choses aussi intimes, on pourrait faire une sorte de jeu. Je réponds à tes questions le plus sincèrement possible et tu fais de même avec les miennes.

– Si tu veux...

– Tu me détestes ?

– Pas toi, non. Ton frère. Je le hais. Que veux-tu de moi ?

– C'est toi que je veux. Toi entier. Je veux ton corps, ton cœur et je veux être avec toi tous les jours, te prendre dans mes bras, caresser tes cheveux, te dévorer des yeux. Je veux te faire l'amour aussi. Cela t'étonne ?

– Beaucoup. Beaucoup de personnes me l'ont dit. Alors pourquoi devrais-je te croire ?

– C'est de ça dont tu as peur ?

– Réponds...

– J'ai gardé avec moi toutes les photos de toi que j'ai pu avoir. J'ai coupé et gardé tout ce que tu as écrit. Je parle de toi tout le temps à Draco, je pense à toi, je rêve de toi. Je suis même d'accord pour tu pratiques la légilimancie pour le voir par toi-même. J'ai envie de tuer toutes les femmes qui t'ont touché. Qui t'ont menti pour t'avoir. Alors que moi, je dis la vérité et que je ne t'aurai pas. Et je hais la femme qui vient de passer la nuit avec toi... Tu as bien été avec une femme ? Je vois le suçon.

– Oui, j'ai été avec une femme. Et tu n'as rien à me dire, tu as bien été avec Draco ! m'écriai-je.

– Draco ?

– Bien sûr ! Tu es sorti avec lui, je le sais parfaitement, n'oublie pas que je gardais Gabriel pendant ce temps-là. Je me souviens bien qu'à Poudlard, tu passais ton temps à le regarder et à vouloir être avec lui. Tu le touchais tout le temps aussi !

– Tu es jaloux ?

– Réponds !

– Pose-moi une question alors.

– Pourquoi ? Tu as changé de Serpentard parce que tu ne pouvais pas avoir Draco ?

– Je n'ai jamais été amoureux de Draco, il est beau, certes, mais je n'ai jamais été attiré par lui. Ce rendez-vous c'était pour lui avouer que je t'aimais et lui demander de l'aide pour que je puisse revenir dans ta vie. Es-tu jaloux ?

– Non... Juste troublé. On ne peut pas passer de Draco à moi.

– Arrête de te dégrader sans arrêt. Tu es magnifique. Tu me rends fou de parler comme ça de toi ! hurla-t-il. Comme si tu valais rien de bien, rien de beau. Comme si tu étais pas assez bien pour qu'on veuille rester avec toi ! Mais qu'est-ce qui s'est passé dans ta vie pour que tu ne fasses confiance à personne et pas même à toi ? Je peux comprendre que tu n'aimes pas les hommes, je peux aussi comprendre que tu ne sois pas attiré par moi. Mais je ne peux pas te laisser de dénigrer de cette façon ! Pourquoi fais-tu ça ?

– Parce que c'est toujours faux. Tu n'es pas le premier à me dire que je suis beau, que tu m'aimes. D'autres l'ont dit, et pourtant rien n'a empêché ces gens de m'abandonner ou de me mentir. J'ai beaucoup souffert. Tu ne sais rien de moi, rien de ma vie et tu arrives comme ça en prétendant m'aimer et ensuite tu t'étonnes que je ne veuille pas laisser quelqu'un être assez proche de moi pour me faire du mal.

– Pourtant tu as laissé Draco le faire, non ?

– Lui, il est spécial. Il a été le premier à se battre pour moi. Il s'est battu pour moi, pour être mon ami. Personne ne s'était jamais donné la peine de le faire.

– Alors il faut que je me batte aussi, c'est ça ? Tu ne me détestes pas ? Tu as seulement peur d'être abandonné ? Tu ne veux plus souffrir ? Pour te mériter, il faut se battre contre toi pour toi ? Très bien, s'il le faut, je le ferai. Je me battrai pour toi et je te prouverai que tu mérites toutes les peines du monde. Crois-moi, je t'aime. Je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne et te voir ainsi, à attendre désespérément qu'on te donne de l'amour, sache que tu me rends encore plus déterminé à t'avoir.

– Je ne te crois pas.

– Alors je me battrai contre toi aussi ! Je ne te laisserai pas partir. Jamais...

Je baissai les yeux. Je serrai cette lettre contre moi. Je ne savais pas quoi faire. La première personne à s'être battue pour moi était Draco. Il s'était battu pour mon amitié. Pour la mienne, moi, alors que je ne suis rien. Il était passé à travers mon amure pour me voir tel que je suis. Et ce jour, j'avais été si terrifié à l'idée que si je le laissais faire, il verrait seulement quelque chose qu'il n'aimerait pas. Et ce n'était qu'une question d'amitié. Là, je me sens pris au piège. Je me sens étrangement bien, sous le regard de Fred. J'ai peur qu'il retire ce qu'il vient de dire. J'ai peur qu'il s'enfuie une fois qu'il aura tout vu de moi. Je préfère garder cette impression d'être aimé, celle que je cherche depuis tellement d'années.

– Tu vas t'enfuir, et m'abandonner. Comme tout le monde l'a fait et le fera. Comme mes parents l'ont fait, comme Draco le fera un jour. Tu ne voudras plus de moi. C'est trop tard pour Draco, je ne peux pas me défaire de lui, mais je ne supporterai pas que tu ne veuilles plus de moi si je te laisse m'approcher.

– Je t'abandonnerai pas. Donne-moi une chance.

Je secouai la tête. Pour la première fois de ma vie, je croyais vraiment qu'on puisse m'aimer. Je croyais que Fred pouvait m'aimer. Et c'est cette vérité qui me faisait peur, parce mon cœur immature pourrait se laisser aller à aimer aussi. Il s'approcha de moi et leva son visage vers moi. Il posa sa grande main sur mon visage. Il était petit, mais si fort. Il monta sa main dans mes cheveux et appuya sur ma nuque pour me faire pencher la tête en avant pour qu'il puisse poser ses lèvres sur les miennes. Je n'avais jamais été embrassé par un homme. La sensation d'être aspiré par lui m'était inconnue. Je fermais mes yeux quand je sentis sa langue qui voulait approfondir notre baiser. Je me laissai faire, moi qui jamais n'avais laissé une de mes amantes contrôler ces moments... Il se détacha et garda mon visage près du sien. Dans son regard, il y avait une lueur qui me fit frissonner. Il était déterminé. Et ce frisson était celui de l'espoir.

oO-Oo

J'avais besoin de réponse. Je mis mon plus beau costume et partis acheter un bouquet de fleurs. Des roses blanches et des œillets jaunes. Un pour la tombe de ma mère, l'autre pour celle de mon père. Je partis vers le cimetière où tous les membres de ma famille étaient enterrés. Il faisait beau. Deux semaines étaient passées. Deux de plus. Depuis que Fred avait décidé de se battre pour moi. Depuis notre premier baiser. Même Draco était de mèche. Je ne pouvais m'empêcher de sentir mon cœur battre la chamade dès que je pensais au jeune homme roux. Je n'avais jamais été attiré par les hommes, mais je n'avais jamais été attiré par les femmes non plus. Elles me faisaient seulement sentir moins seul. Mais Fred lui, il me faisait espérer. Et l'espoir n'était pas quelque chose de bon. Il fallait que je me raisonne. Rien, ni personne, ne pourra être aussi proche de moi. C'est trop effrayant.

J'arrivais dans la partie du cimetière qui était réservée à ma famille, dont je suis le dernier membre. Je passai devant les tombes des aïeuls dont j'avais lu les biographies dans les mémoires de notre famille, entendu les contes par les tableaux de ma maison. Je jetais un œil à celles de mes grand-parents que je n'avais jamais connus. Puis celles de mes parents. Celle de ma mère était plus vieille que celle de mon père.

Après la guerre, le Magenmagot avait décidé de ne pas me punir pour les infamies de ma famille parce que je m'étais battu. Ils avaient voulu me récompenser mais je n'ai rien voulu. Je voulais seulement avoir le droit d'enterrer mon père dans la dignité. Ils me l'ont accordé. Ce fut seul que j'enterrai mon père. C'était bien la dernière chose que j'avais pu faire pour lui.

Draco m'avait rejoint un peu plus tard, comme je le lui avais demandé. Avec son nouveau-né. Un enfant si petit, si fragile dans un monde si dur. Je m'étais refusé à aimer cet enfant, parce que je n'en avais pas le droit, il était à Draco. Il ne serait plus seul, pas comme moi. Puis, il me proposa d'être son parrain. Pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré face à quelqu'un.

Maintenant, je suis adulte, mais je suis toujours un enfant. Je posai les fleurs sur les tombes. Et regardai le nom de mon père inscrit sur la pierre. Étrangement, comme toujours, je me fis la réflexion que c'était aussi mon prénom. Des fois j'avais l'impression d'être en face de ma tombe. Je m'agenouillai face à mon père. Et je me rendis compte que j'étais vraiment seul. Un peu trop même. Mais Fred...

– Père, je me demande ce que vous auriez pensé de cette situation. Auriez-vous été déçu ? Effrayé ? En colère ? Ou heureux pour moi ? Enfin, heureux de quoi ? Ce n'est pas comme si j'étais comme vous. Je suis différent, n'est-ce pas ?

– Oui, tu es différent...

Je ne me retournai pas.

– Pourquoi es-tu là, Fred ?

– J'ai pensé que tu viendrais ici. C'est le jour de la mort de ton père. Je voulais être avec toi. Personne ne devrait être seul un jour comme celui-ci.

Il s'approcha de moi et s'assit aussi tout en posant des fleurs sur la tombe de mon père. Des orchidées. J'appréciai le geste. Il resta silencieux à mes côtés. Je devais lui parler, le faire arrêter d'espérer. Lui montrer que je ne suis pas celui qu'il lui faut.

– Fred, je te présente ma mère aussi.

– Bonjour madame. Tu ne parles pas beaucoup d'elle.

– Elle est morte quand j'étais jeune. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'elle et pourtant ce n'est qu'après sa mort que sa présence s'est faite pesante. Mon père l'aimait à la folie. Il en était si amoureux que même enfant je le sentais. Je voulais la même chose. Mais elle est morte et ce jour-là, elle a tué mon père.

– Tu as peur que la même chose t'arrive ? Mais Théo, je ne mourrai pas.

– Si, un jour.

– Quand on sera très vieux. Et je te jure de mourir après toi pour que tu ne sois pas seul.

– Il n'a plus jamais souri, à peine parlé. La maison était sombre et silencieuse, comme si personne n'y habitait. Mon père était un fantôme. Et moi j'étais seul. Ma mère s'est donné la mort. Et même maintenant, je ne sais pas pourquoi. Mais je sais que s'il elle l'a fait, c'est qu'elle ne nous aimait pas ni mon père ni moi. Alors si la mère elle-même n'aime pas son enfant, comment un étranger peut-il le faire ?

– Je ne suis pas un étranger et je t'aime, et rien de ce que tu diras me fera changer d'avis.

– Fred, je ne peux pas. Pas toi. Ce n'est pas une question de peur, même si j'ai peur. Ni une question de mort. Je ne peux pas tomber amoureux de toi. C'est impossible. Pas toi. Si tu n'avais pas été toi, les choses auraient été différentes.

– Tu me hais à ce point ?

– Non... je ne te hais pas. Pour beaucoup de personne, mon père était un homme mauvais. Un Mangemort. Je sais qu'il a fait des choses horribles et je ne nie pas qu'il a dû faire beaucoup de mal. Mais c'est mon père. Il n'était pas parfait. Il était seulement éteint. Mais des fois, il venait dans ma chambre quand il faisait froid et vérifiait que ma fenêtre était bien fermée, ou m'apportait une autre couverture pour que je ne prenne pas froid. Quand j'étais malade, il passait sa nuit à me veiller, il mettait des compresses froides sur mon front. Quand je rentrais de Poudlard, il passait ses mains dans mes cheveux. Mon père a fait des choses horribles mais il reste mon père. Et malgré tout, je l'ai trahi. De la pire façon qu'il soit. Je me suis battu contre lui, contre son camp, j'ai précipité sa mort. Je voulais le sauver, je voulais qu'il vive avec moi. Mais j'n'ai pas réussi. Il ne m'a pas écouté et ton frère l'a tué.

– Je suis désolé.

– Je l'ai trahi... Ne serait-ce pas horrible de tomber amoureux du frère de son meurtrier ? Il n'y aurait pas pire trahison que de t'aimer ? Je suis désolé mais je ne peux pas lui faire ça...

J'entendis Fred faire du bruit à côté de moi. Je me crispai, attendant sa réaction. Je sentis une main forte sous mon menton qui m'obligea à le regarder. Il embrassa doucement mes lèvres à plusieurs reprises. Doucement et tendrement. Je rougis face à l'attention.

– Tu me dis ça pour que je laisser tomber. Mais ça ne marche pas, Théo, je suis plus têtu que tu ne le penses. Je continuerai à me battre pour toi. Mais, Théo, même si les morts méritent notre respect, penses-tu que ton père ne voudrait pas te voir heureux ? Je suis désolé, Monsieur Nott, mais je vous aime et jamais je ne lâcherai.

Il se leva et je le regardai partir. Je pensais ce que je disais. Je le pensais vraiment. Mais par-dessus tout, je ne voulais pas être aussi éteint que mon père. Jamais...


A suivre...


Voilà, à la prochaine! ^^