Disclamer :

Rien ne m'appartient, à part les idées tordues qui, je l'espère, feront de cette fic une histoire intéressante. La trame de fond (lieux, personnages, termes magiques -sauf les miens !-) est l'entière propriété de Mrs J.K Rowling (la veinarde !), et je ne touche rien pour faire profiter les lecteurs de mon imagination débordante (dommage… éè).


Un p'tit mot de l'auteur :

Je ne sais pas comment me faire pardonner le retard d'une semaine que j'ai pris dans ma publication. Je vous ai fait attendre, j'en suis vraiment désolée. Ai-je des excuses ? D'abord : le boulot. Etre hyper débordée (et déjà fatiguée) avant de voir enfin arriver les vacances m'a encore plus mise à plat. Ensuite : la course aux cadeaux (que j'ai toujours pas finis d'acheter mais il me reste jusqu'à samedi pour le deuxième tour). En bonus : une crève d'enfer que je traîne depuis deux semaine (ce qui n'est vraiment pas compatible avec deux réveillons plus d'autres invitations pendant lesquelles il faut à tout prix afficher son plus beau sourire, lol). Et pour couronner le tout : de graves ennuis de santé pour ma petite chienne qu'il faut que j'emmène passer un scanner (l'a ses p'tits neurones qu'on foirés ! -j'me demande comment je peux encore faire de l'humour-).

Bref, dans l'genre on enchaîne les mauvaises nouvelles : je n'ai pas non plus eu le temps de faire les RAR du chapitre 35. Inutile donc d'aller voir sur mon blog, il n'y a rien pour l'instant (peut-être vendredi, mais je ne promets rien car c'est le jour où je dois apporter les résultats du scan à mon vétérinaire).

Je renonce à essayer d'y voir plus clair dans mon emploi du temps, mais j'ai décidé de ne plus vous faire attendre pour avoir la suite de Captive, alors voici enfin le chapitre 36 !


Chapitre 36 - Derniers instants

(Pas de citation cette fois-ci. Je n'en ai pas trouvé qui me convenait)

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Trois nouveaux mois s'écoulèrent dans une sorte de routine maintenant acquise au sein de la maison dissimulée au cœur des terres d'Albanie. Depuis que Voldemort avait émis la suggestion que Jeffrey était peut-être doté de pouvoirs particuliers, Fiona s'était faite plus attentive envers son fils et ses doutes s'étaient peu à peu transformés en certitudes. Elle avait alors repris ses recherches sur les facultés peu conventionnelles dont pouvaient être investis les sorciers mais sans parvenir à trouver de réponses à ses interrogations.

Elle laissait donc filer les jours en reprenant son enquête dès qu'une idée nouvelle lui venait et réorientait ses investigations dans d'autres directions. Elle ne se cachait plus vraiment pour le faire, elle n'en avait pas le temps. Jeffrey avait trois ans et demi et nécessitait une attention de tous les instants. Il avait toujours été curieux de tout mais, depuis qu'il avait fait connaissance du moindre recoin de la maison, il disparaissait souvent pendant des heures s'y on n'y prenait pas garde et n'était pas à l'abri de commettre une bêtise ou se mettre en danger.

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Mais Fiona eut d'autres préoccupations bien plus difficiles à gérer que les pouvoirs potentiels de son enfant. Depuis plusieurs jours, les allées et venues des Mangemorts étaient plus fréquentes au domaine et quelque chose dans les projets de Voldemort semblait sur le point d'aboutir.

Ce matin, deux hommes étaient arrivés, et si l'un d'eux était reparti presque aussitôt, le deuxième s'attardait et Fiona eut un mal fou à empêcher Jeffrey de courir dans toute la maison. Griselda n'avait rien trouvé de mieux à faire que de lui rapporter une cape et un casque muni de cornes, surmonté d'une épaisse fourrure rousse. Et aujourd'hui, Jeffrey défilait dans les couloirs et chantait à tue-tête en brandissant une épée en plastique associée à cette panoplie ridicule et se dirigeait dangereusement vers l'aile réservée aux visiteurs.

Elle parvint à le rattraper avant qu'il ne s'engage trop loin et le retint par l'épaule pour l'obliger à s'arrêter.

- Jeffrey, je t'ai déjà dit d'éviter de faire du bruit lorsque des gens se présentent ici.

- Je suis Rackham le Rouge, maman, et rien ni personne ne peut me résister, clama t'il fièrement en la menaçant de son arme.

- Oui, eh bien tu vas venir avec moi faire régner la terreur dans la bibliothèque. On n'y sera plus tranquille. Allez, dépêche-toi.

- Non, je ne veux pas !

Elle le tira dans le sens opposé de la direction qu'il s'apprêtait à suivre mais il tenta de se dégager.

- Jeffrey, tu obéis ou je vais devoir me fâcher.

- Naaaaan, je te dis. Il faut que j'aille dans mes donjons voir si mes chevaliers sont revenus.

- Je t'ai dit non, refusa Fiona plus fermement. Et de toute façon, Rackham le Rouge était un pirate, il n'a jamais eu de chevaliers.

- Je m'en fiche, je veux aller par-là !

- Bon, tu l'auras voulu.

Fiona savait déjà qu'il n'y aurait rien à faire. Elle fit venir l'épée à elle en se servant du pouvoir du vent et prit son fils sous autre son bras. Le résultat ne se fit pas attendre, Jeffrey se mit à brailler plus fort en agitant ses jambes dans les airs.

- Quand je dis quelque chose, j'aimerai bien que tu écoutes, s'obstina t'elle, furieuse.

- Je fais ce que je veux ! renchérit-il.

- Ça suffit, Jefferson ! J'en ai assez de tes caprices !

Ce fut le coup de grâce et il se tut. Il savait très bien que quand maman prononçait son prénom en entier, c'est qu'elle était très en colère. Fiona entra en trombe dans la bibliothèque et claqua la porte derrière elle.

- Méchante ! se plaignit t'il lorsqu'elle relâcha enfin sa prise.

- Je ne rentrerai pas dans ton jeu. Si tu n'obéis pas, je t'envoie dans ta chambre pour le reste de la journée !

Jeffrey s'assit sur le sol et renfrogna son visage en une mine boudeuse. Sous le choc, son casque lui était tombé sur les yeux et il le redressa d'un geste rageur, ce qui était plutôt comique à voir, mais Fiona était bien décidée à ne pas se laisser attendrir. Ce qu'elle considérait encore comme des caprices aujourd'hui était en fait de véritables crises de colère dans lesquelles son fils se réfugiait lorsque quelqu'un tentait de s'opposer à sa volonté. Même Griselda et Queudver -qui venait régulièrement pour les leçons de Jeffrey- en faisaient souvent les frais depuis plusieurs semaines et Fiona s'inquiétait d'entendre la sorcière clamer haut et fort qu'elle n'avait jamais vu un comportement pareil chez un garçon aussi jeune car il n'y avait pas que les cris, Jeffrey associait ses sautes d'humeur à des regards assassins et des attitudes étrangement adultes pour un enfant de son âge.

- Rends-moi mon épée, réclama t'il d'un ton étonnamment calme.

- Non. Et arrête de me regarder comme si tu allais me jeter un sort.

- Tu sais bien que je peux pas faire de magie. Je suis trop petit, se défendit-il en prenant un air pitoyable.

- Il y a des jours pourtant où je me le demande.

Pour se faire pardonner, il se leva et vint se blottir contre les jambes de Fiona en posant sa tête sur ses genoux. Elle soupira, surprise et inquiète de voir avec quelle facilité son fils pouvait passer d'une attitude menaçante à la candeur d'un petit garçon pris en faute et se résigna à lui caresser la joue.

- Maman a des recherches à faire, Jeffrey, dit-elle avec douceur. Et j'aimerai bien les poursuivre dans la tranquillité pendant que nous sommes seuls.

- D'accord, alors je vais jouer à autre chose.

Il s'écarta, enleva son casque et sa cape et alla récupérer un autre jouet qui traînait dans un coin. Fiona profita du calme revenu pour se replonger dans les grimoires faisant référence aux dons en matière de sorcellerie.

Elle n'avait encore jamais consulté Les pouvoirs de l'âme : facultés de l'esprit, et fut surprise de voir à quel point ce livre était différent de ceux qu'elle avait étudiés jusqu'à présent. Il regorgeait de dons où seule la pensée était nécessaire pour être exercés. Ainsi, la plupart des thèmes abordés concernaient diverses méthodes de Divination mais elle s'attarda sur la Legilimancie dont était investi Voldemort et s'horrifia de voir l'ampleur des effets néfastes imputés à ce pouvoir s'il était utilisé à mauvais escient.

De tout temps, des sorciers s'étaient servis de cette faculté pour semer la discorde et manipuler les âmes innocentes de leurs pairs de façon à leur faire fomenter des complots dont ils se croyaient ensuite victimes à leur tour. Il était impossible à un sorcier ordinaire de masquer ses peurs les plus profondes et les mages mal intentionnés avaient jalonné les siècles en n'hésitant pas à user de leur capacité contre leurs ennemis ou ceux qu'ils souhaitaient asservir en devinant aisément ce qu'ils redoutaient le plus et les en menacer.

Puis, elle arriva à un autre chapitre décrivant les procédés inverses considérés comme étant les seuls remparts pour se protéger des Legilimens. Il existait peu de parades réellement efficaces mais Fiona en trouva une : l'Occlumancie, et étudia consciencieusement les principes fondamentaux de ce pouvoir peu ordinaire et quasiment aussi rare que la Legilimancie elle-même.

- Maman…, l'interrompit Jeffrey avec lenteur.

- Qu'est-ce que tu veux, mon chéri ?

- Je peux aller chercher mon camion dans le salon ?

- Si tu veux, mais à condition que tu sois de retour avant cinq minutes.

Jeffrey n'avait aucune idée de ce que pouvait représenter ce laps de temps mais, tout content d'avoir obtenu l'autorisation, se rua vers la porte sans prendre la peine de la refermer derrière lui et Fiona reprit sa lecture en marquant de ses doigts les pages qui méritaient qu'elle y revienne ultérieurement.

Au bout d'un quart d'heure, elle reconsulta les pouvoirs ainsi sélectionnés pour les comparer, éliminer les descriptions non conformes à celles observées chez son fils, et arriva finalement à la conclusion que l'Occlumancie se rapprochait le plus de ce qu'elle cherchait.

Elle ne savait plus quoi penser. Ce pouvait être un don merveilleux ; une sorte cuirasse naturelle qui offrait une protection imparable à celui qui le possédait et lui assurait à coup sûr de se cacher de ses ennemis. Mais que choisirait d'en faire Jeffrey en ayant grandi auprès d'un homme considéré comme le plus grand mage noir de tous temps ? En quatre ans de vie commune, le Seigneur des Ténèbres n'avait jamais tenté de dénaturer son caractère et ne s'était jamais permis de lui inculquer des principes douteux, mais s'il envisageait de le rallier à sa cause plus tard, Jeffrey se laisserait-il convaincre et deviendrait-il un autre Voldemort ?

Fiona fronça les sourcils sans s'apercevoir que Jeffrey n'était toujours pas revenu. La personnalité déjà tortueuse de son fils en ferait certainement un sorcier hors du commun, bien qu'au fond, il ne soit pas vraiment méchant. Alors peut-être valait-il mieux attendre et guetter en priorité le danger que représentait Voldemort de façon à intervenir à la moindre déviation de sa part ?

Intriguée par un bruissement à peine sonore, Fiona releva la tête. Un capuchon flottant à environ un mètre de hauteur, suivi d'une longue traîne qui avait bien du mal à passer la porte, s'avançait dans sa direction. Elle baissa son livre sur ses genoux et regarda venir le tout d'un air amusé.

- Oouuuuuuhh, entendit-elle au plus profond de la cavité sombre du vêtement.

- Je sais que c'est toi, mon trésor.

Se sachant démasqué, Jeffrey s'extirpa de la cape qu'il laissa derrière lui.

- Je voulais te faire peur, maman, dit-il en rehaussant la brillance malicieuse de ses yeux d'un sourire espiègle.

- Je vois bien. Mais il en faudra un peu plus pour m'impressionner.

- Comment tu sais que c'était moi ? Ça pouvait être Winston, aussi.

- Winston ne s'adresse jamais à moi en plaisantant. Tu as bien dû remarquer qu'il me déteste ?

- Moi je t'aime, maman.

- Je t'aime aussi mon petit farceur. …Mais dis-moi, où as-tu dégoté un truc pareil ?

- Sur un portemanteau dans l'entrée, avoua t'il d'un air mutin.

Fiona comprit aussitôt que la cape devait appartenir au Mangemort venu s'entretenir avec son maître. D'ailleurs, l'aspect même du vêtement confirmait cette hypothèse et elle eut froid dans le dos d'avoir vu son fils ainsi accoutré. Mais Jeffrey était trop jeune pour savoir ce que signifiait ce déguisement, Fiona choisit donc de tourner la situation en dérision.

- Je crois qu'il vaudrait mieux la remettre en place avant que son propriétaire ne s'aperçoive de sa disparition. Viens, je vais te montrer quelque chose.

Elle se leva et sortit sa baguette.

- Mobiliarbus, prononça t'elle.

Jeffrey ouvrit de grands yeux pour voir le résultat. La cape, aussi vide que la peau d'un animal fraîchement dépecé, se redressa lentement et s'éleva dans les airs de toute sa hauteur.

- Suis-moi, dit-elle à Jeffrey avec un sourire entendu comme si elle venait d'accomplir la première étape d'une mission périlleuse et secrète.

Pour ajouter à l'apparence inquiétante du vêtement, Fiona le fit se mouvoir sous l'effet d'un vent léger et le dirigea de la pointe de sa baguette vers le vestibule. Jeffrey n'en perdait pas une miette et la dépassa lorsqu'ils furent arrivés à destination.

- C'était là, montra t'il en se hissant sur la pointe des pieds et désigna un pommeau bien précis de la patère.

Fiona la fit s'élever un peu plus et la cape se posa doucement à l'endroit indiqué. Puis, des voix retentirent à quelques mètres de là.

- Haaan ! s'exclama Fiona aussi discrètement que possible en adoptant un air facétieux. Jeffrey ! Vite ! Filons !

Amusé par l'attitude de sa mère et la mission commando dans laquelle elle l'entraînait, il ne se le fit pas dire deux fois et ils coururent à perdre haleine à travers les couloirs en étouffant des éclats de rire. Fiona nantie d'un large sourire s'arrêta enfin et se tourna vers son fils.

- On les a semés, maman, fit-il triomphant en se retournant pour s'en assurer.

- Je crois bien, en effet.

Dans le doute, elle estima qu'il était préférable de continuer à occuper Jeffrey à autre chose que courir dans toute la maison.

- Maintenant, que dirais-tu si on allait faire un gâteau dans la cuisine ? proposa t'elle.

- Oh oui ! Un gâteau ! Mais un gros, alors.

- Il sera énoooorme, promit-elle d'une grosse voix en haussant les sourcils. Mais chut, on ne va pas pouvoir y aller par le trajet habituel puisque nous sommes interdits de vestibule sous peine de voir notre méfait être dévoilé. Viens avec moi, je vais de montrer un autre passage.

Il mit sa main dans celle que Fiona lui tendait et ils partirent vers la cuisine d'une allure plus sereine.

- Tu sais, Jeffrey, lui dit-elle en chemin. En temps normal, ce n'est pas réellement une bêtise de jouer avec des vêtements. Mais j'aimerais autant que tu ne le fasses pas lorsqu'il s'agit de capes comme celle qu'on vient de rapporter.

- Pourquoi ?

Bonne question. Plutôt que lui apprendre ce qu'était un Mangemort, Fiona se lança dans une explication neutre tel que jouer avec les affaires de quelqu'un qui n'habitait pas la maison n'était pas une chose à faire. Jeffrey avala la recommandation sans broncher et ils arrivèrent à la cuisine.

- Tu vas m'aider, dit-elle en le hissant sur une chaise. Je rassemble les ingrédients, tu verseras les quantités dans la balance et ensuite, on préparera la pâte.

- Dis, maman, c'est quoi un méfait ? demanda Jeffrey tandis que Fiona s'affairait.

Elle se souvint avoir prononcé ce mot lorsqu'ils prenaient la fuite.

- C'est une bêtise, mon trésor.

- J'aime bien quand tu me donnes des mots qui sont pareils.

- On ne dit pas qu'ils sont pareils, on dit qu'ils ont le même sens.

- J'aime bien quand même.

Et il se lança dans l'énumération de termes que Fiona devait décliner de plusieurs synonymes.

- Au fait, j'y repense, dévia t'elle soudain. Comment as-tu fait pour décrocher la cape, tout à l'heure ?

- J'ai tiré dessus.

Vu la hauteur d'un portemanteau par rapport à la taille d'un enfant de quatre ans, Fiona eut un doute.

- Vraiment ? Tu n'as pas pensé très fort que tu voulais l'avoir et elle n'est pas venue à toi toute seule ?

- Non, maman. J'ai tiré et c'est tout.

Jeffrey était sincère, Fiona n'insista pas. Pourtant, il était sorcier. Cela ne faisait aucun doute puisqu'il savait fermer son esprit, mais elle s'étonna de ne jamais avoir reconnu de signes annonciateurs confirmant cette évidence. Elle avait lu beaucoup d'ouvrages relatant les symptômes précoces des sorciers avérés et il n'était pas rare que certains d'entre eux se manifestent avant l'âge de cinq ans. Elle repensa à Elina qui s'était servi du pouvoir du vent pour déplacer son ours en peluche lorsqu'elle avait huit mois et se surprit au passage à espérer que Jeffrey ne sache pas maîtriser les quatre éléments. Il n'aurait plus manqué que cette faculté soit associée à l'Occlumancie ! frissonna t'elle.

Cela dit, Jeffrey n'avait peut-être jamais eu l'occasion d'exercer la magie car, à un âge aussi jeune, les phénomènes observés survenaient souvent lors de situations particulières où les enfants avaient besoin de se protéger, dissiper une contrariété ou éviter un danger.

D'un regard circulaire, elle fit l'inventaire des ingrédients rassemblés sur la table.

- Tiens, tu mets la farine jusqu'au trait, là, montra t'elle. Moi je vais chercher les œufs.

Attentif au rôle essentiel qu'on lui assignait, Jeffrey, à genoux sur sa chaise, versa consciencieusement la farine dans le bol de la balance et attendit d'autres instructions.

- Ah mince. Il n'y a plus d'œufs, se plaignit Fiona en refermant le réfrigérateur. Bon, alors il va falloir me débrouiller autrement.

Elle se dirigea vers un meuble à tiroir et en sortit un livre sur les sortilèges culinaires.

- Tu pourrais demander aux elfes, suggéra Jeffrey. Ils en ont peut-être dans leur cuisine.

- Sans doute, mais j'aimerais bien savoir si je suis capable d'en conjurer un moi-même. Après tout, je ne fais pas souvent de magie et puisque l'occasion se présente… Tiens, pèse le sucre maintenant. Tu en mets deux mesures de moins que la farine.

Fiona pointa sa baguette sur la table et prononça la formule mais rien ne se produisit.

- Ben où il est ?! chercha Jeffrey en ouvrant de grands yeux.

- Nulle part…, répondit Fiona avec une moue dépitée. Je crois bien qu'il est resté dans la baguette.

- C'est possible ça, maman ? s'étonna t'il en fixant la tige de bois d'un air ébahi.

- Non, mon cœur. Ça veut tout simplement dire que je n'y arrive pas.

Fiona fit une autre tentative et n'obtient qu'un œuf de poule de la taille de celui d'une caille.

- Oh là là, s'amusa Jeffrey. Il va en falloir beaucoup dis donc !

- On se moque ?

- Non, maman. Mais reconnais quand même qu'il y a quelque chose qui cloche.

- Je l'admets, mon ange. Ecarte-toi, je recommence.

Jeffrey en était presque monté sur la table à laquelle il n'était qu'accoudé au départ et se réinstalla sur sa chaise. Fiona essaya cinq fois avant de réussir à faire apparaître un œuf de proportion normale et il trônait fièrement au milieu des autres dont certains ne dépassaient pas le calibre d'une bille. Mais un seul ne suffirait pas et elle se concentra à nouveau. Les deux sorciers n'accordèrent qu'une infime attention à Voldemort lorsqu'il entra dans la pièce.

- On dirait qu'on s'amuse bien, ici, observa t'il avec un léger sourire.

- Jeffrey, oui. Moi, moins, se découragea Fiona.

- Quel est le problème ?

- C'est un deuxième œuf, répondit Jeffrey à la place de Fiona tandis qu'elle renouvelait l'expérience.

Mais les œufs suivants furent bien trop petits pour être utilisables.

- Bon, il faut trouver une solution, abandonna t'elle. Sinon, je vais devoir subir le déshonneur d'aller quémander chez les elfes.

- J'irai, maman, se dévoua Jeffrey d'une voix traînante qui se voulait rassurante. Je mettrai mon casque et je les menacerai avec mon épée, singea t'il d'un air triomphant.

- Merci, mon poussin. Je suis sûre qu'ils seront terrifiés et que tu obtiendras gain de cause.

- Je peux essayer ? proposa Voldemort.

- Allez-y, fit Fiona. Au point où nous en sommes…

- Quelle est la formule ?

Elle tourna le livre dans sa direction et énonça le sortilège de vive voix tandis qu'il se penchait sur le grimoire. Voldemort se redressa, lança un haussement de sourcil complice à Jeffrey et prononça la formule.

Un œuf apparut, dodu et luisant. Puis un deuxième proche du premier.

- C'est plutôt amusant, se surprit le mage noir. Vous en voulez d'autres ?

- Non. Avec le mien, je crois que ça ira, le remercia Fiona. Ce n'est pas une omelette que nous faisons.

Jeffrey s'amusa de la plaisanterie, applaudit la prouesse et Fiona mélangea les ingrédients en le laissant participer comme elle l'avait promis.

- Je me trompe où j'ai réellement entendu des voix tout à l'heure, dans le vestibule principal ? demanda t'elle insidieusement à Voldemort. D'habitude vous ne recevez pas vos visiteurs dans cette aile de la maison.

- Vous n'avez pas rêvé. Mais il se trouve que l'homme qui vient de partir est de ceux qui vous ont ramenée il y a presque cinq ans. Il sait donc que vous résidez ici mais ne connaît pas l'existence de Jeffrey.

- Ce n'est pas très prudent. Vous savez bien qu'il arrive à un âge où il est difficile de le tenir. Si vous étiez passé une heure plus tôt, vous l'auriez rencontré dans les couloirs où il hurlait à pleins poumons sous les traits d'un horrible pirate.

- Je saurais m'en souvenir, consentit Voldemort en comprenant parfaitement le sous-entendu et reconnaissait que c'était une erreur.

Fiona acquiesça discrètement et s'assura d'un coup d'œil furtif que Jeffrey n'ait rien relevé d'anormal dans leurs propos, mais il avait les mains dans la pâte et était bien plus intéressé par la confection du gâteau que par la conversation qu'il semblait ne pas avoir écoutée.

- Je vais vous laisser, annonça Voldemort. J'ai encore du travail qui m'attend.

- En r'voir ! chantonna joyeusement Jeffrey en levant à peine la tête.

Les yeux du Seigneur des Ténèbres brillaient toujours d'une lueur froide mais il sourit devant tant d'innocence avant de sortir de la pièce.

- Ça va aller, ma puce. Maintenant, il faut le mettre au four si nous voulons qu'il soit prêt pour midi.

Fiona alla chercher un plat pendant que son fils se battait avec le savon pour se laver les mains.

- Regarde comme il va être beau, lui dit-elle en lui montrant le résultat final.

- Oh ouais ! approuva t'il en descendant du tabouret qui lui permettait d'accéder à l'évier. Dis, maman. Qu'est-ce qu'on va faire en attendant qu'il soit cuit ?

Fiona se dirigea vers le four.

- Eh bien, puisqu'on va disposer d'un peu de temps, que dirais-tu d'aller faire un tour dans le parc. Ensuite, il faudra revenir pour surveiller la fin de la cuisson.

- D'accord.

Ils sortirent comme prévu pour ne rentrer qu'à l'heure du déjeuner. Fiona descendit aux cuisines du sous-sol et confia le gâteau aux elfes de façon à ce qu'ils le fassent apparaître sur la table avec les autres mets. Elle rejoignit ensuite Voldemort et Jeffrey dans la salle à manger. Ils échangeaient une conversation ordinaire lorsqu'elle arriva mais, curieusement, elle s'arrêta à son entrée. Pourtant, il n'y avait rien d'anormal dans les propos qu'elle avait cru percevoir en arrivant et elle prit place avec eux sans y accorder d'importance sur le moment.

Le repas se déroula dans une convivialité coutumière au domaine et vint enfin le moment de passer au dessert. Fiona fut la première à se servir une part du gâteau confectionné le matin même.

- Il est très bon, jugea t'elle en l'appréciant jusqu'à la dernière miette.

- C'est Jeffrey qui l'a fait ! clama t'il fièrement.

- Ben et moi, s'indigna Fiona d'un air malicieux. Tu oublies mon bel œuf que j'ai eu tant de mal à obtenir !

Jeffrey eut la délicatesse de ne pas éclater de rire en repensant aux œufs minuscules de Fiona mais son visage se fendit d'un large sourire.

- Quand est-ce que je pourrais en faire des œufs, maman ? demanda t'il en mordant à pleines dents dans sa part de gâteau.

- Tu es trop petit, mon poussin. Et puis tu n'as même pas de baguette.

- Il y en avait à vendre sur le marché l'autre jour. Mais Griselda n'a pas voulu m'en acheter une parce qu'elle dit que ce ne sont pas des vraies. Pourtant, des sorciers s'en servaient et ça avait l'air de marcher.

- Elle a raison, confirma Voldemort. Une baguette est un accessoire essentiel à un sorcier et il est primordial qu'elle soit d'une qualité irréprochable. Celles qui sont vendues dans la région ne sont que des morceaux de bois tout juste ensorcelés pour jeter quelques sorts. Je ne suis même pas sûr qu'elles possèdent réellement un cœur…

- Un cœur ? s'étonna Jeffrey. Comment ça un cœur ?

- Les vraies baguettes contiennent un élément magique, lui expliqua Fiona. Et en fonction du bois choisi, on obtient une multitude de possibilités, ce qui les rend toutes différentes et parfaitement adaptées à la personnalité de leur propriétaire.

- Qu'est-ce qu'il y a dans la tienne, maman ?

- De la pierre de lune, mon trésor.

- Et dans la vôtre ? demanda t'il à Voldemort.

- Une plume de phénix.

- Ah oui, j'en ai déjà vu dans des livres. Et il y aura quoi dans la mienne ?

- Personne ne le sait, Jeffrey, lui répondit le mage noir. Lorsque tu seras en âge d'avoir ta propre baguette, tu en essayeras plusieurs et l'une d'elles te choisira.

- Et c'est bientôt que je pourrai en avoir une ?

- Pas avant d'avoir onze ans, j'en ai bien peur, soupira Fiona en sachant très bien que son fils percevrait ce délai comme une éternité.

- Oh là là, mais c'est vieux ça ! s'exclama t'il justement.

Voldemort esquissa un sourire devant tant d'impatience et proposa :

- Nous allons attendre un peu mais d'ici quelques années, je t'apprendrai à faire voler une plume, si tu veux. C'est le premier sortilège qu'on t'enseignera lorsque tu iras à l'école.

- Ouais, génial ! Est-ce que je pourrai faire voler Winston aussi ?

- Oh, Jefferson ! le réprimanda Fiona par obligation -mais elle aurait donné cher pour voir ça-. Je t'interdis de martyriser les elfes !

Même Voldemort venait de rire à cette suggestion.

- Disons que tu pourras toujours essayer, tempéra t'il. Seulement je ne suis pas certain qu'il te laisse le temps de pointer une baguette dans sa direction.

Evidemment, Jeffrey avait déjà vu les elfes à l'œuvre lorsqu'il s'agissait de pratiquer la magie et il dut bien admettre qu'il n'était pas de taille.

Dans l'après-midi, il insista pour que Fiona l'accompagne à la bibliothèque et lui fit lire des ouvrages concernant des sortilèges simples dont il écoutait les particularités et se faisait répéter les formules avec la plus grande attention. Puis, Jeffrey se rendit au salon pour suivre les leçons que lui dispensait une cape sous laquelle se camouflait le fameux Queudver.


Eh oui, c'est tout pour aujourd'hui.

Par contre, je suis toute fière de vous annoncer que dans le prochain chapitre, qui s'intitule « Un destin », Voldemort se réveille enfin. Pour me faire pardonner mon retard je vous en offre la première phrase :

Elle n'aurait su dire pourquoi, mais Fiona savait que la conversation de la cuisine où elle avait fait un gâteau serait l'une des dernières échangée dans la bonne humeur qui faisait de ses jours des instants acceptables.

Ouais bon, c'est riquiqui je sais, alors je me sauve en courant tellement j'ai honte…

A bientôt sur mon blog pour les RAR, et n'oubliez pas d'aller faire un tour sur mon forum ! (le lien est dans mon profil)

Bisous à tous

Volderine