Bonjour !
Comme vous l'avez bien vu je n'ai pas pu poster ce chapitre la semaine dernière, je n'ai pas eu assez de temps et encore une fois je l'ai terminé in extremis. Je me souviens d'une période où j'avais deux ou trois chapitres d'avance et aujourd'hui je galère à boucler une partie à temps et encore ! Il me faut minimum deux semaines pour ça ! Fort heureusement j'arrive quand même à tenir les délais, ouf !
J'ai été complètement ravie de voir à quel point vous avez aimé le précédent chapitre, je ne m'y attendais vraiment pas et ce fut donc une agréable surprise en lisant vos retours ! Sachez qu'on commence à entrer dans le vif du sujet donc l'histoire va s'accélérer car il est vrai que jusqu'à maintenant la fiction commençait à doucement piétiner, enfin c'est mon avis.
Tout ça pour vous dire que je suis toujours contente d'avoir vos points de vue sur les chapitres, les persos et l'histoire en général, qu'ils soient positifs ou négatifs. Alors n'hésitez pas ! :)
Bonne lecture et comme d'habitude, on se retrouve en bas ! ;)
Blond'sparkle
Réponses aux reviews :
MissKara1759 : Merci beaucoup ! :') Je suis super contente que ce chapitre t'ait plu !
Moi aussi j'adore Calion, j'étais ravie d'en montrer un peu plus sur lui à travers ce chapitre car jusqu'à maintenant il ne faisait que de brèves apparitions et je sais que tout le monde voulait en savoir plus sur ce personnage. Bon certes, on ne sait toujours pas grand chose de lui ni de sa vie mais le faire évoluer avec Charlotte était très drôle à écrire, j'ai adoré raconté leurs échanges et leurs chamailleries.
Pour ce qui de la saga dont tu m'as parlée je ne la connaissais pas mais du coup ça m'a donné envie de la découvrir ! :) En tout cas tu as bien cerné le personnage. ;)
Oh là là, tu me fais trop de compliments, c'est vraiment gentil ! :D C'est très agréable de lire, ça motive à écrire plus encore ! :) D'autant plus que je n'étais pas certaine de ce chapitre, je ne pensais pas qu'il remporterait autant de succès, comme quoi on peut toujours être surpris !
Merci encore, pour tout ! :)
SaniaWive : Merci beaucoup ! :)) Comme j'ai répondu à MissKara, je ne m'attendais pas à ce que les gens accrochent aussi bien à ce chapitre, et dire que c'est le meilleur ça paraît complètement fou ! Comme quoi le ressenti d'une personne à l'autre est complètement différent !
Pour en revenir à ce que tu disais, eh oui c'est sa grand-mère ! :) Tout le monde adore Calion, moi la première, et j'étais vraiment contente d'en écrire plus sur lui dans ce chapitre, comme j'ai hâte de le faire apparaître dans les prochains !
Merci encore pour tes compliments, ça me fait super plaisir ! :)
Chapitre 13 :
The Pensieve
- Tu as encore mal ? demanda l'homme d'une voix douce.
La jeune femme acquiesça lentement et se recroquevilla sous les couvertures. Le blond à ses côtés s'approcha d'elle et la serra délicatement dans ses bras.
- Ecoute, ce n'est plus possible…, murmura-t-il avec véhémence. Il faut que tu consultes, tu ne peux pas rester comme ça !
- Tu sais bien que non, souffla-t-elle avec douleur. Si jamais on apprend que je suis… que je suis... Le ministère va me dégrader…
L'homme soupira, visiblement contrarié, et se tourna de l'autre côté. La jeune femme soupira à son tour et se leva du lit avec lenteur.
- Je vais dans le salon, dit-elle dans un murmure.
- Charlotte, l'interpella l'autre en se redressant légèrement sur les oreillers. Ça ne pourra pas durer éternellement, tu le sais ça ?
Charlie vit la blonde acquiescer doucement et sortir de la chambre, il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il se passait que déjà le souvenir s'estompait dans un tourbillon de couleurs, lui restant parfaitement immobile, les pieds ancrés dans le sol.
Un autre décor apparu progressivement. Il était maintenant dans un tribunal similaire à ceux que l'on pouvait trouver au département des mystères à Londres bien qu'il paraissait beaucoup moins angoissant. Au centre se tenait un petit groupe de personnes discutant vivement, parmi elles le rouquin n'eut pas de mal à reconnaître Charlotte, ses boucles blondes la trahissant. Elle paraissait en grande conversation avec une femme d'âge mûr à la mâchoire carrée qui hochait la tête avec gravité. Soudain une porte claqua au-dessus de leurs têtes, dans un même mouvement tous levèrent les yeux vers la source du bruit, Charlie y compris. Un homme de haute stature descendait les gradins d'une démarche allègre, ses longs cheveux bruns attachés en catogan se balançant dans son dos au rythme de ses pas. Les épaules larges et une carrure impressionnante, il avait tout d'un ancien sportif, pensa le dragonnier. Ce dernier était même persuadé de l'avoir vu joué au poste de batteur dans une équipe nationale de Quidditch. Arrivé en bas il n'eut pas besoin de réclamer le silence pour que celui-ci se fasse, toutes les personnes s'approchèrent de lui et attendirent patiemment qu'il prenne la parole.
- Bon, commença-t-il en tapant des mains avec force, il est de mon devoir de tous vous féliciter pour l'énergie, le temps et bien évidemment le travail que vous avez consacré à ce dossier ces derniers mois. Je suis très fier que cette collaboration entre la Justice magique et notre département ait porté ses fruits, une fois encore.
Comme vous le savez certainement, les dates des prochains procès seront fixées dès la semaine prochaine, je sais que certains d'entre vous seront mandatés par les juges afin d'apporter un témoignage dans le cadre de l'enquête effectuée. Un parchemin officiel vous sera envoyé par hibou d'ici-là.
Maintenant je voudrais féliciter avec un plaisir tout particulier la brigade attachée aux conflits internationaux sans qui nous n'en serions pas là aujourd'hui.
Deux sorciers se détachèrent du groupe et autour d'eux toutes les personnes réunies applaudirent, certains lançant même quelques compliments. Charlie reconnut sans mal Charlotte, les joues rouges et l'air gêné, glissant une mèche de cheveux derrière son oreille tandis que l'homme à ses côtés inclinait la tête avec modestie bien que son sourire trahissait une certaine fierté.
- Paul, Charlotte, continua l'homme, merci à vous, ajouta-t-il en leur serrant la main.
- Merci Mr de Janvéry, souffla la blonde d'une voix douce.
Alors que chacun les félicitait, le dénommé Janvéry intima au silence, une nouvelle fois tous les regards se tournèrent vers lui.
- Ce soir, je ne suis pas venu les mains vides. Notre affaire n'est pas restée secrète aux yeux de nos confrères britanniques, une personne en particulier a retenu l'attention de mon ami Filius Montgomery, déclara celui-ci en marquant une pause. Cette personne se verra offrir un poste de coordinateur particulier au sein du Bureau international des Lois Magiques et deviendra membre du Département de la Coordination Magique Internationale au Ministère de la magie à Londres, avec une affiliation direct au bureau de la justice magique, cela va de soi..., ajouta-t-il avec un sourire en coin.
A peine avait-il terminé sa phrase qu'une vague de murmures animés se répandit parmi les personnes présentes, chacun se demandant à qui ce poste allait être proposé. Un homme, dont l'œil gauche semblait énorme derrière son monocle épais, lançait déjà des pronostiques tandis qu'une sorcière avec des sourcils proéminents parlait de la dernière augmentation qu'on lui avait refusée.
- ...mais je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, continua l'homme en haussant le ton, couvrant ainsi les bavardages.
Il se racla la gorge de manière désagréable et se tourna vers la blonde. Les bras tendus vers elle, il se mit à lui sourire largement avant d'annoncer d'une voix claire et intelligible :
- Charlotte, ce poste est pour vous.
Charlie observa la jeune femme faire une moue étrange, comme si elle était partagée entre l'envie de rire et celle de pleurer et, inconsciemment, il se mit à sourire. Combien de fois l'avait-il déjà vue faire ça avant ? Très vite elle fut assaillie par ses collègues qui la félicitait avec grand bruit, certains lui prenaient les mains tandis que d'autres lui adressaient des sourires joyeux. Alphonse de Janvéry contemplait la scène d'un œil bienveillant, il laissa mages et sorciers profiter de l'allégresse générale pendant quelques instants puis, d'un mouvement de tête, appela au silence.
- Alors ? Qu'en dîtes-vous ? s'enquit-il en s'adressant à la concernée.
Charlotte resta muette encore un moment, ne semblant pas comprendre ce qui lui arrivait. Plusieurs fois elle croisa et décroisa ses bras sur sa poitrine avant de les laisser retomber le long de son corps.
- J-Je ne sais pas quoi dire…, parvint-elle finalement à prononcer d'une voix lointaine. Elle se tourna vers Paul qui ne la regardait pas, ses yeux fixant un point invisible quelque part au-dessus des gradins. C'est si… inattendu…
- Une offre pareille ne se refuse pas, ajouta l'autre, les sourcils légèrement froncés. J'ai cru comprendre que c'était un poste que vous convoitiez depuis longtemps et, pour ne rien vous cachez, sachez que cette proposition ne se représentera pas de sitôt.
La blonde releva brusquement la tête vers lui, surprise. Le dragonnier la vit alors prendre une profonde inspiration, sans doute venait-elle de saisir l'impact décisif qu'aurait son choix prochain et tandis qu'elle continuait de fixer l'homme devant elle, une lueur de défi brillait désormais dans ses yeux. Elle tendit une main vers celui-ci et déclara d'une voix déterminée :
- J'accepte.
Charlie avait l'impression que sa réponse venait de tomber comme un couperet dans la salle d'audience, il y eut une seconde de silence qui s'étira encore et encore puis les personnes éclatèrent une nouvelle fois en félicitations. Seul l'un d'entre eux demeurait en retrait.
- Bien ! s'exclama tout à coup le directeur en tapant dans ses mains, mettant ainsi fin aux conversations. Nous discuterons des modalités dès demain si vous le voulez bien, ajouta-t-il à l'adresse de Charlotte. J'estime que vous en avez assez fait pour aujourd'hui. Bonne soirée à tous !
Tandis que tous s'éloignaient en discutant joyeusement, le rouquin regarda la jeune femme rejoindre Paul qui faisait mine de regrouper une pile de parchemins laissés sur une table de travail. Quand elle fut arrivée à son niveau il l'ignora, continuant son affaire. Charlotte commença elle aussi à rouler quelques parchemins mais le jeune homme les lui arracha des mains.
- Je préfère m'en occuper, déclara-t-il d'un ton sec.
La blonde s'éloigna d'un pas maladroit et attendit qu'il termine ce qu'il avait entreprit. Et quand enfin il eut terminé de vérifier un dossier, pour ce qui semblait être à Charlie la dixième fois, il se tourna vers Charlotte. Celle-ci lui fit un sourire timide auquel il ne répondit pas.
- Félicitations, lâcha-t-il finalement avec difficulté, comme si ce qu'il disait lui arrachait la bouche.
- Merci…, répondit la jeune femme en rougissant légèrement. Je ne m'attendais pas à… - Elle se racla la gorge, visiblement gênée - C'est une bonne nouvelle, non ? Depuis le temps qu'on parle de partir…
Le blond acquiesça mécaniquement et avant qu'elle n'ait pu ajouté quoi que ce soit, il la contourna et déclara d'un air sombre :
- Je dois encore réglé quelques affaires.
- On se retrouve à la maison ? demanda la Française mais son petit-ami ne lui répondit pas, une fois encore.
Le souvenir changea, les visages des deux protagonistes s'étiraient pour ne ressembler qu'à des traînées de couleur qui tourbillonnaient autour de lui avant de former un nouveau décor.
Charlie se trouvait désormais dans un petit appartement typiquement parisien avec ses hauts plafonds et ses grandes fenêtres, dehors il faisait nuit et de là où il était, il pouvait aisément voir la Tour Eiffel. C'était la première fois qu'il la voyait, songea-t-il, bien qu'il se trouvait dans un souvenir. Toutefois il dut s'arracher à sa contemplation quand des éclats de voix résonnèrent de l'autre côté de la cloison, il n'eut pas besoin de s'approcher car les personnes qui semblaient se disputer débarquèrent avec fracas dans la pièce où il se tenait. Il reconnut sans mal l'homme qu'il avait vu dans le précédent souvenir, Paul, qui paraissait furieux, suivi de près par Charlotte dont les yeux étaient remplis de larmes.
- Je n'arrive pas à croire que… que, bafouilla le jeune homme en faisant les cent pas dans le salon, ses cheveux blonds en désordre.
- Paul…, murmura la blonde, des trémolos dans la voix. Paul, écoute…
- Non, je n'écouterai pas ! cracha celui-ci, les traits déformés par la fureur.
La baguette magique qu'il tenait dans sa main émit des étincelles, instinctivement Charlie sortit la sienne et s'approcha de Charlotte bien qu'il ne pouvait rien faire ici. La jeune femme s'assit lentement dans un fauteuil, avec lassitude elle passa une main sur son visage. Le rouquin la trouvait plus pâle que jamais.
- Comment as-tu pu me faire ça ?! éclata tout à coup le dénommé Paul, sa baguette désormais pointée sur la blonde. Comment as-tu pu… Je croyais que tu m'aimais ! Que tu ne voulais que mon bonheur !
- Je t'aime, tu le sais ! s'exclama celle-ci en se relevant. Si j'ai accepté ce poste c'est uniquement pour nous, pour que l'on puisse enfin quitter la France ! C'était ce que tu voulais, non ?!
- Je ne veux pas partir d'ici, j'y ai toute ma famille, mes ancêtres ! Ne peux-tu pas te rendre compte ?
- Je croyais que tu n'attachais pas d'importance à ton nom… A ta famille..., souffla la jeune femme d'une voix blanche.
- Non bien sûr, toi tu ne peux pas comprendre, répondit son petit-ami, amer. Ton nom a été souillé par ton père et ta grand-mère...
- Comment oses-tu ? s'insurgea Charlotte, des larmes de colère perlant au coin de ses yeux.
- C'était à moi que devait revenir ce poste ! A moi, tu entends ?! s'égosilla le blond, les yeux exorbités. J'ai travaillé bien plus longtemps que toi sur ce dossier !
D'un mouvement brusque il se retourna, les bras croisés sur son torse, une veine palpitant sur sa tempe. La jeune femme s'approcha doucement et tendit une main tremblante vers lui.
- Paul...Tu ne sais plus ce que tu dis..., murmura-t-elle en lui effleurant le bras.
La réaction de l'homme ne se fit pas attendre, il fit volte-face et la dévisagea avec dégoût.
- Ne t'avise plus de me toucher ! s'écria-t-il en la repoussant violemment puis, sans un mot de plus, il quitta la pièce avec grand bruit.
- PAUL ! cria Charlotte en le suivant, le rouquin sur ses talons. Paul… Reviens, je t'en prie…
Dans l'entrée la porte claqua, il n'en fallut pas plus à la jeune femme pour se laisser tomber à même le sol du vestibule, en pleurs et le corps secoué de tremblements.
- Paul..., murmura-t-elle dans une douloureuse plainte.
Charlie se souvenait comme si c'était hier de sa première et unique rencontre avec Paul Bourbon, ce soir-là, au bal qu'avait donné le Ministère de la magie roumain. Au premier abord c'était un homme qui lui avait semblé aigri et amer par la réussite des autres et qui avait surtout une bien haute opinion de lui-même. Déjà à cette époque il avait ressenti une profonde pitié pour lui, pitié qui s'était vite transformée en antipathie quand il s'en était pris à Charlotte, sans aucune raison apparente. Mais aujourd'hui plus encore que cette dernière fois, son aversion pour cet homme faisait monter en lui une colère sourde, sans doute était-il aveuglé par son amour pour Charlotte mais toujours était-il qu'il ne pouvait définitivement pas supporter ce sorcier. Il ne pouvait définitivement pas supporter sa méchanceté gratuite.
Le rouquin sursauta quand il vit que le souvenir avait de nouveau changé, il ne se trouvait plus dans l'appartement lumineux de la Française mais dans une petite pièce sombre où seul le souffle régulier d'une respiration se faisait entendre. En observant l'endroit il se reconnut, allongé dans un lit à sa droite. Un rayon de lune passant par les rideaux entrouverts éclairait son visage endormi, il avait l'air pâle et malade et Charlie comprit qu'il avait affaire à un souvenir de son séjour à Sainte-Mangouste mais très vite il fronça les sourcils. Comment était-ce possible ? Après tout, il se trouvait dans un souvenir de Charlotte et non un des siens, de plus elle ne lui avait pas rendu visite durant cette période… ou peut-être…
Le jeune homme n'eut pas le temps de se poser davantage la question que la porte de la chambre s'ouvrit dans un léger cliquetis. Quand il reconnut la personne qui entrait, son cœur fit un bond dans sa poitrine. Dans la pénombre de la nuit il devina sans mal à qui appartenait cette silhouette fine, ces longs cheveux argentés cascadant sur ces épaules frêles et ces grands yeux bleus brillants. Charlotte était là, juste devant lui. Et dire qu'il avait tellement espéré qu'elle lui rende visite durant son séjour... Combien de fois avait-il désiré la voir derrière chaque coup frappé à la porte de cette chambre ? Derrière chaque claquement de talon sur le lino du couloir ? Derrière chaque éclat de rire ? Combien de fois ?... Il ne savait même plus… Mais aujourd'hui… aujourd'hui… Charlie se sentait enfin récompensé. Là, sous ses yeux il avait la preuve qu'elle était venue, elle était venue ! Par Merlin, jamais il n'aurait imaginé que… Il n'avait jamais su que… qu'elle… Il lâcha un rictus amusé, oubliant momentanément qu'il se trouvait dans un souvenir, que personne ne pouvait l'entendre mais il s'en fichait, il s'en fichait complètement car Charlotte lui avait rendu visite à Sainte-Mangouste et c'était tout ce qui comptait.
Avec difficulté le rouquin s'arracha à ses pensées vagabondes et se concentra de nouveau sur la jeune femme qui s'approchait du lit avec lenteur. Il la vit porter une main à sa bouche, ses yeux brillants de larmes, et doucement, elle s'assit sur le lit. Elle caressa délicatement son front avant d'y déposer un rapide baiser et tout aussi vite elle s'éloigna de lui. Le jeune homme la regardait faire comme hypnotisé, imprimant du mieux qu'il pouvait chaque geste qu'elle effectuait, chaque détail, priant pour ne jamais les oublier. Charlie s'en voulait presque de ne pas s'être réveillé à ce moment-là, les choses auraient été sans doute bien différentes…
D'une main tremblante Charlotte tira quelque chose de la poche de son manteau et le rouquin reconnut sans difficulté sa baguette magique qu'elle dirigeait maintenant vers son corps endormi. Instinctivement il retint sa respiration. Qu'allait-elle faire ? Qu'était-elle en train de faire ?
- Oh, Charlie..., murmura-t-elle dans un gémissement. Pardonne-moi... Oubliettes...
Dans un geste de pure inconscience le jeune homme réduisit l'espace entre eux et vint se placer entre lui et la baguette de la blonde…
- Non ! cria-t-il dans une ultime supplique.
…mais cela ne servit à rien, le sort le traversa comme s'il n'était qu'un écran de fumée et vint toucher la tempe du patient qui dormait là.
Le dragonnier se retourna brusquement et vit son corps se tendre dans le lit de la clinique, il poussa un léger râle tandis que ses yeux s'ouvrirent brusquement. La seconde suivante il s'était de nouveau endormi. Charlie entendit un sanglot étouffé derrière lui, il fit volte-face juste à temps pour voir la jeune femme s'éclipser rapidement par la porte de la chambre. Un instant le rouquin voulut la suivre mais il était déjà trop tard, le souvenir s'estompait déjà.
- Non, attends ! cria-t-il espérant retenir Charlotte. Attends !
Le jeune homme sentait son cœur battre douloureusement dans sa poitrine, sa respiration s'accélérer tandis que son cerveau tournait à plein régime. Il ne comprenait pas… Il ne comprenait tout simplement pas ce qui lui avait pris… Qu'avait-elle fait ? Bon sang, qu'avait-elle fait ?! Effacé la mémoire… Elle lui avait effacé la mémoire… Sans vergogne ! Et pourquoi ?! Charlie ne pouvait ni ne voulait savoir. Il se prit la tête entre ses mains, plus confus que jamais, et, au même instant un autre souvenir s'installait, les tâches de couleurs devenant peu à peu des objets, des meubles, un visage...
Le rouquin demeurait immobile, encore abasourdi par la scène qu'il venait de vivre, c'était tout simplement surréaliste... Tout en essayant de faire abstraction de son malaise il avisa l'endroit dans lequel il venait d'atterrir. Le jeune homme se trouvait maintenant dans un large bureau au plafond haut se terminant en une magnifique rosace où pendait un lustre en cristal des plus imposants. Les murs étaient entièrement recouverts de boiseries et d'arabesques dorées, de miroirs gigantesques ainsi que de toiles de maîtres aux proportions titanesques. L'une d'entre elles s'étalait sur tout un pan de mur et l'on y voyait plusieurs troupes de soldats bataillant à grand coup d'épées et de sortilèges. Dans un autre tableau, assis sur un cheval cabré, se tenait un sorcier en habit d'officier, le regard fier et sa baguette brandie au-dessus de sa tête comme un sabre il lançait des coups d'œil torves à tous ceux qui osaient le défier. Charlie entendit quelques éclats de rire et découvrit dans une autre toile un groupe de jeunes filles qui rigolaient et s'exclamaient en chahutant autour d'un étang fleuri tandis que dans une autre peinture un cuisinier faisait rôtir quelques cygnes dans une énorme cheminée en pierre, son voisin, quant à lui, était un alchimiste aux sourcils inexistants occupé à verser potions et préparations dans un énorme chaudron d'argent, ne manquant pas de lancer quelques réprimandes à l'encontre des jeunes femmes qui le dérangeaient dans ses expériences. Celles-ci ricanèrent de plus belle, un chien dans un petit cadre posé sur un guéridon se mit à japper avec force tandis que les volailles chez le cuisinier caquetaient elles aussi.
- Silence ! s'exclama une voix de stentor de l'autre côté de la pièce.
Charlie sursauta et fit volte-face, obnubilé par la décoration il n'avait pas remarqué l'homme qui était assis derrière le bureau au centre de la pièce. Pourtant, comment aurait-il pu les manquer ? Taillé dans un bois luxueux, orné de dorures et d'autres fioritures, des pieds qui se terminaient en pattes de griffon, le bureau occupait une grande partie de l'espace. Sur le tapis de travail en cuir vert reposait une lampe de travail en verre fumé éclairant doucement le sorcier qui se tenait là. Charlie n'eut pas de mal à le reconnaître, il s'agissait de Alphonse de Janvéry, le même homme qu'il avait déjà vu dans un précédent souvenir de Charlotte. Derrière lui, à travers la porte vitrée, le rouquin distingua une lueur pâle à l'horizon, le jour semblait à peine se lever.
- Ne peut-on donc pas travailler en paix, ici ?! continua l'homme en faisant une nouvelle fois sursauter le dragonnier.
Celui-ci se tourna vers lui. Penché sur un parchemin, il avait les sourcils froncés par la concentration, sa plume, suspendue en l'air, semblait s'être stoppée en pleine rédaction. Soudain des coups retentirent contre les doubles portes du bureau.
- Entrez ! ordonna-t-il et quand il reconnut le visiteur, son visage s'éclaira.
- Ah, Charlotte ! Bonjour ! s'exclama Alphonse de Janvéry en se levant puis en contournant son bureau.
Charlie observa la jeune femme pénétrer dans la pièce, le visage radieux bien que les cernes qui s'étalaient sous ses yeux trahissaient une nuit mouvementée. Le rouquin se souvint alors de la scène effroyable à laquelle il avait assisté entre Paul et elle et comprit qu'il était revenu dans un souvenir plus ancien, bien avant qu'ils ne se rencontrent, bien avant qu'elle ne lui efface la mémoire… Une bouffée de colère monta en lui mais Charlie était incapable de savoir si elle était dirigée contre la blonde ou contre son prétendu petit-ami. En vérité, voir Charlotte dans cet état le troublait mais le souvenir de ce qu'elle lui avait fait à Sainte-Mangouste lui restait en travers de la gorge.
- Bonjour, salua finalement celle-ci en serrant la main de l'autre sorcier.
- Installez-vous, je vous en prie, proposa-t-il en désignant le fauteuil en face du bureau.
- Bien ! reprit-il en tapant des mains. Comme je vous l'ai dit hier, nous sommes ici pour discuter des modalités de votre transfert à Londres.
Le dragonnier vit la blonde prendre une grande inspiration avant d'acquiescer doucement. L'homme fouilla dans un tiroir avant d'en tirer un dossier volumineux sur lequel s'étalait le nom de la Française en lettres dorées.
- Je ne vais pas vous cacher que nous allons vous regretter au département, vous n'aviez pas votre pareille pour clore un dossier. Mais je sais aussi que vous convoitiez ce poste depuis longtemps, votre père m'en avait déjà touché un mot une fois ou deux.
- Oui… Oui, c'est vrai, admit Charlotte, à mi-voix.
Le sorcier lui adressa un sourire confiant puis sortit un nombre conséquent de rouleaux de parchemins qu'il posa à côté du dossier, ceux-ci se déroulèrent pour dévoiler ce qui semblait être un contrat.
- Hier soir j'ai donc contacté Filius Montgomery pour l'informer de votre réponse positive, je… Mais il fut stoppé dans sa réplique par un bruit sourd derrière la porte. Charlie le vit froncer les sourcils en avisant l'entrée du bureau tandis que la jeune femme se tourna elle aussi vers la porte.
Tout à coup on entendit des éclats de voix ainsi qu'un grand remue-ménage puis plus rien. Alphonse de Janvéry s'était à moitié levé quand les doubles portes du bureau s'ouvrirent avec fracas, dévoilant Paul Bourbon, la cape glissant sur son épaule, le regard fou et le visage déformé par la rage.
- C'est une imposture ! hurla celui-ci dans une attitude théâtrale, le doigt pointé vers la blonde.
- Paul ?... Enfin qui a vous a laissé entrer ?
- Je suis désolée monsieur..., marmonna une jeune sorcière en passant la tête au-dessus de l'épaule du jeune homme. Je… Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que l'autre avait fermé les portes en un coup de baguette.
- Paul ! Expliquez-vous ! s'impatienta le sorcier derrière son bureau.
- Je revendique ce poste au même titre que cette personne, déclara le blond en gonflant le torse. J'estime être dans mon bon droit, j'ai travaillé bien plus longtemps qu'elle sur le dossier de Stanislas Bartholomé.
- Voyons, Paul… Vous faites des enfantillages. Vous n'ignorez pas que sans l'intervention de Charlotte l'affaire piétinerait encore, vous-même l'avez admis…
- Je refuse que ce poste soit confié à une personne de son espèce ! Une traîtresse qui ne mérite pas mieux que d'être déchue de ses titres comme son père avant elle !
- Comment oses-tu ? s'insurgea Charlotte, qui n'avait pas dit un mot jusqu'alors.
Elle s'était levée brutalement, manquant de renverser le fauteuil sur lequel elle s'était assise. Charlie pouvait presque sentir l'aura de colère qui émanait d'elle, faisant flotter ses cheveux étrangement autour de son visage, déformant ses traits tandis que ses yeux lançaient des éclairs.
- Allons donc ! Mademoiselle de Montmorency, une de nos plus estimées collègues et je crois savoir, votre fiancée ?! Qu'est-ce qui vous prend mon bon ami ? Êtes-vous souffrant ?
- S'il le faut je ferais intervenir mon père ! Alphonse, vous n'êtes pas sans savoir qu'il a joué un grand rôle dans votre nomination à ce poste, ajouta le jeune homme avec une lueur de défi dans le regard.
Alphonse de Janvéry se leva à son tour, les sourcils tellement froncés qu'ils ne formaient plus qu'une seule ligne au-dessus de ses yeux.
- Je refuse de céder à un chantage de la sorte ! s'énerva-t-il en tapant du poing sur son bureau, faisant tressauter la bouteille d'encre qui se renversa sous le choc. Veuillez sortir s'il-vous-plaît et sachez que nous reparlerons de tout cela très rapidement !
Deux sorciers-vigiles venaient de pénétrer dans le bureau et tenaient désormais Paul Bourbon par les bras, alors qu'ils l'emmenaient celui-ci se retourna, les yeux exorbités.
- Vous n'avez pas le droit !... Ce n'est pas... Ce – C'est une Vélane ! cria-t-il, presque hystérique, en désignant la jeune femme du menton.
Un silence lourd suivi sa déclaration puis l'homme au catogan ordonna aux sorciers de les laisser seuls un instant, quand ils furent sortis il se tourna vers Paul.
- Vous rendez-vous compte de la gravité de vos accusations ?... questionna-t-il d'une voix grave puis il lâcha un rictus amusé qui surprit les deux autres. Enfin Mr Bourbon, Paul… Voyons… Vous n'êtes pas sérieux… Mademoiselle de Montmorency, une Vélane ? Cela se saurait si… Non, continua-t-il avec un geste impatient de la main, comme s'il essayait d'éloigner un insecte particulièrement agaçant. Reprenez-vous, si vous désirez me parler veuillez patienter dans la salle d'attente, Catherine se fera un plaisir de vous…
- Demandez-lui ! Demandez-lui ! s'exclama l'autre en pointant la blonde du doigt.
Alphonse de Janvéry se recula dans son siège de bureau, visiblement troublé par la véhémence du jeune homme, il le regarda d'un œil suspicieux puis se tourna vers Charlotte.
- Mademoiselle, je suis désolé pour cette mascarade mais veuillez s'il-vous-plaît contredire ce monsieur ! s'impatienta-t-il en tendant une main vers Paul.
- En effet… C'est… ridicule, souffla-t-elle, mal à l'aise.
Toute sa colère semblait avoir disparu, à la place elle tortillait ses mains sur ses genoux tremblants. Charlie la connaissait assez maintenant pour dire qu'elle était profondément troublée par cette situation.
- Menteuse ! cracha le blond en s'approchant d'elle.
D'un mouvement rapide il lui saisit le bras et l'obligea à le suivre.
- Dis-lui ! Dis-lui que c'est la vérité !
- Paul ! s'écria la jeune femme en tentant de se défaire de sa poigne. Paul, lâche-moi !
- Calmez-vous Paul ! s'énerva le brun en se levant de nouveau, sa main sur sa baguette magique qui dépassait de sous sa robe de sorcier.
Le jeune homme continuait de secouer la Française, faisant voler ses boucles blondes.
- Allez ! Montre-lui ce que tu es réellement !
- Paul ! Je ne me répéterai pas ! s'exclama Alphonse de Janvéry en contournant le bureau, sa baguette pointée sur le blond.
Charlie demeurait impuissant, sa colère envolée il aurait voulu porter secours à Charlotte et donner une bonne raclée à ce type qu'il détestait franchement. Jamais encore il n'avait ressenti une haine aussi intense pour quelqu'un. Maintenant il comprenait pourquoi la jeune femme avait tant de mal à se confier, à lui parler... Son ancien petit-ami lui avait fait vivre un enfer et l'avait traitée comme le pire des crétins. Comment cet homme qui était censé l'aimer avait pu la faire souffrir autant ?...
- Montre-lui ! continuait-il d'une voix haut perchée. Montre-lui et avoue que tu es une meurtrière !
Charlie releva vivement la tête à cette dernière phrase. Charlotte, quant à elle, avait brusquement arrêté de se défendre, son visage palissant à vue d'œil.
- Comment ? Ai-je bien entendu ? demanda alors Alphonse de Janvéry d'une voix blanche, sa baguette s'abaissant doucement.
- Oui ! répondit Paul en bombant le torse. Oui, vous avez parfaitement bien entendu. Cette fille, ajouta-t-il en désignant la blonde, est une meurtrière.
- C'est faux ! s'écria celle-ci, la panique perçant dans sa voix.
Elle tenta une nouvelle fois de se défaire de l'emprise du jeune homme mais n'y parvint pas, Charlie pouvait voir ses cheveux se dresser sur sa tête et son visage pâlir davantage.
- Paul… Charlotte… demanda le sorcier au catogan en les regardant tour à tour. Qu'est-ce que cette histoire ?... Je demande des explications ! Sur le champ !
La jeune femme lança un regard de détresse au blond qui l'ignora complètement.
- Veux-tu que je m'en charge ? questionna-t-il finalement en la repoussant brutalement, la Française alla se cogner contre le fauteuil près du bureau. Ou peut-être préfères-tu avoir l'exclusivité de cette histoire ?
Charlotte ne bougeait plus, pétrifiée. Elle demeurait dans une position presque grotesque, comme une poupée de chiffon désarticulée qu'on avait laissé là mais Charlie distingua une lueur étrange dans son regard, une lueur folle qu'il ne lui avait jamais vue jusqu'alors. A part peut-être… Mais il fut coupé dans sa réflexion par un grondement sourd, un grondement qui aurait pu provenir d'un animal blessé ou pire, en colère...
- Mais qu'est-ce que…, entendit-il alors qu'il cherchait l'origine du bruit.
Le rouquin tourna la tête, juste à temps pour voir la blonde s'élancer sur Paul. En une fraction de seconde à peine et d'un seul geste de la main elle le fit valser contre le mur en face, déclenchant une vague de protestations et de cris parmi les tableaux accrochés là. Désormais le jeune homme gisait sur le sol, le corps tremblant, et avant même qu'il n'ait pu se relever Charlotte se jeta sur lui, ignorant les cris implorants du directeur et du blond. Avec violence elle saisit au cou ce dernier et le souleva comme s'il était aussi léger qu'une plume.
En avisant la jeune femme Charlie eut un mouvement de recul, à la lumière des chandelles elle n'avait presque plus rien de celle qu'il connaissait, de celle qu'il aimait. Depuis son cou jusqu'à l'orée de sa poitrine sa peau n'était plus qu'un assemblage complexe d'écailles noires qui semblaient s'étaler encore et encore, ses yeux injectés de sang brillaient d'une lueur démente tandis que ses pupilles, dilatées à la manière d'un animal sauvage, reflétaient le visage effrayé de l'homme qu'elle tenait en joue. Ses mains étaient semblables aux serres d'oiseaux de proie, serrant fermement le cou du blond et faisant disparaître le peu de couleur qu'il avait réussi à conserver jusqu'alors. Et tandis que ses ongles s'enfonçaient dans la chair de son cou, faisant perler des gouttes de sang sur le parquet de la pièce, elle approcha son visage anguleux près de l'oreille de Paul et murmura d'une voix gutturale :
- Umarth… Umarth…, parvint à comprendre Charlie, bien qu'il ne sache pas ce que cela signifiait.
Le rouquin ne savait plus quoi faire, ne savait plus quoi penser. Jamais il n'aurait imaginé que… qu'elle… Et il restait là, à observer cette effroyable scène sans pouvoir agir, à observer cette créature qu'il ne connaissait pas, cette femme qu'il ne reconnaissait plus… En rencontrant Charlotte, comment aurait-il pu deviner qu'elle refermait en elle ce terrible secret ? Cette terrible bête ? Mais était-ce encore bien elle ?...
- Charlotte… Charlotte, arrête…, souffla-t-il alors d'une voix suppliante comme pour l'arrêter, n'imaginant pas que ses paroles puissent avoir un quelconque impact sur ce souvenir.
Contre toute attente la blonde tourna brusquement la tête vers lui, comme si elle l'avait entendu. Ses pupilles tout comme le reste de son corps retrouvèrent leur aspect originel et aussitôt, elle lâcha Paul qui retomba sur le sol comme un tas de chiffon.
Alphonse de Janvéry, qui venait de sortir de sa léthargie, pointa sa baguette magique sur la jeune femme, des liens en sortirent et vinrent se nouer autour de ses poignets et de ses chevilles, la faisant tomber à genoux au sol. Quand elle releva la tête, le rouquin sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Elle le regardait d'un air implorant, un instant Charlie crut qu'elle pouvait le voir mais quand la scène commença à s'estomper il se rappela que tout cela n'était que des événements passés, des souvenirs qu'elle lui avait confiés...
Encore bouleversé par ce qu'il venait de voir, par ce qu'il refusait de croire, le dragonnier mit du temps à s'intéresser à l'endroit où il venait d'atterrir. C'était un petit salon sombre et poussiéreux où trônait une imposante cheminée de pierre dans laquelle brûlait un feu aux flammes violettes. Parmi elles se tenait un homme au teint mat et aux cheveux d'un noir de jais qu'il ne connaissait pas, celui-ci échangeait un regard de connivence avec Hermione, qui se trouvait elle aussi dans ce souvenir.
- Mais dites-moi ! s'énerva une autre voix de l'autre côté de la pièce.
Charlie se détourna de l'âtre et découvrit Charlotte, les poings serrés et les traits tirés par l'angoisse.
- Ce que tu as sur la poitrine, déclara finalement l'homme dans l'âtre en pointant son index nonchalamment vers elle. C'est la trace d'une malédiction…
Avant que le rouquin ne comprenne quoi que ce soit, le souvenir disparut. Une nouvelle fois les couleurs s'étirèrent mais au lieu de former un autre souvenir, elles s'estompèrent pour ne former qu'une brume pâle et informe.
- Charlotte..., fit la voix lointaine d'Hermione. Qu'est-ce qui s'est passé ?... Le médicomage a dit qu'il s'était fait agressé... Qu'est-ce que...
Charlie ne comprenait pas, il entendait sa belle-sœur mais ne la voyait pas, d'ailleurs il ne distinguait rien dans ce brouillard.
- ... Ça a recommencé... ça a recommencé, murmura soudain la voix de Charlotte, fébrile et anxieuse. Comme en Bretagne, ça a recommencé...
- Mais qu'est-ce que c'est que…, commença le dragonnier tandis que la brume se dissipait peu à peu, dévoilant une place froide et humide, au crépuscule. En levant les yeux il découvrit la cathédrale Notre-Dame, il était encore à Paris. Ce fut alors qu'il remarqua deux personnes sur les premières marches du parvis. Avec lenteur il s'en approcha et découvrit la Française, le visage crispé par la douleur, le souffle saccadé tandis qu'elle serrait son poing sur sa poitrine.
- Vous allez bien, mademoiselle ? s'enquit le badaud près d'elle. Vous voulez que j'appelle le Samu ?
Charlie n'entendit pas la réponse de la jeune femme, encore une fois le souvenir s'étirait, se tordait sans pour autant disparaître, les voix d'Hermione et de Charlotte résonnèrent encore à ses oreilles.
- Quoi ? Comment ça ? questionna la brune dans le néant. Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Charlie..., souffla l'autre. En Roumanie…
Le jeune homme comprit alors qu'il y avait trop de souvenirs dans la Pensine, certains prenaient le pas sur d'autres mais la plupart se confondaient, s'embrouillaient et se mélangeaient si bien qu'il ne pouvait les voir dans leur intégralité.
Tentant de rester concentré, le rouquin se focalisa sur la scène qui apparaissait progressivement devant lui. Il se trouvait désormais dans une chambre de jeune fille, une chandelle éclairait faiblement la pièce et en faisant volte-face il découvrit Charlotte, l'air exténué, qui déboutonnait sa chemise avec maladresse. Le dragonnier se sentit tout à coup gêné de pénétrer ainsi dans son intimité avant de se rappeler qu'il l'avait vue entièrement nue presque un mois plus tôt. Se raclant la gorge pour se donner une contenance, il essaya d'ignorer les soubresauts vicieux de son esprit. Soudain il vit la jeune femme se précipiter vers le miroir le plus proche, passer une main tremblante sur sa poitrine tandis que son souffle s'accélérait, Charlie s'approcha également et découvrit ce qui la terrifiait. Là, à la naissance de ses seins s'étalait un enchevêtrement de runes formant un tatouage difforme, comme marqué au fer rouge. Il comprit aussitôt l'importance de ce souvenir, il comprit que Charlotte venait de découvrir, pour la première fois, cet étrange symbole qui marquait le début de sa descente aux enfers…
- C'était moi... C'est moi qui l'ai agressé... Mon Dieu, Charlie...
- Charlotte... tu es sûre ?...Tu en es sûre?... demanda Hermione d'une voix aiguë.
Les voix résonnaient douloureusement à ses oreilles, le jeune homme fut obligé d'y plaquer ses mains pour tenter de canaliser les bourdonnements. Il ne savait plus où donner de la tête, d'autre souvenirs apparaissaient, disparaissaient sans qu'il n'en saisisse un mot ou un geste, c'était à peine s'il pouvait en discerner les protagonistes. Finalement tout disparut. Charlie se redressa doucement, le souffle coupé, essayant de retrouver ses esprits. Ses oreilles bourdonnaient encore mais les voix s'étaient tut.
Maintenant, s'étendait devant lui une plaine déserte, dans l'obscurité de la nuit il ne distinguait pas grand-chose. Très vite toutefois, il perçut des voix derrière lui, il se retourna et sentit son cœur s'emballer quand il reconnut la scène, quand il se reconnut, lui et Charlotte. Cela lui fit un drôle d'effet de se voir ainsi, évoluer et vivre, tout simplement. « Avais-je déjà les cheveux si longs à cette époque ? » pensa-t-il en fourrageant une main dans sa tignasse. Mais il n'eut pas le loisir de se poser davantage de questions car le Charlie du passé venait d'enlacer la jeune femme.
- Peu importe ce que tu as fait, je peux t'assurer que tu n'es pas un lâche Charlie, murmura-t-elle.
- Merci... souffla-t-il en posant la tête sur son épaule.
Le dragonnier, en observant cette scène, sentit une agréable sensation naître au creux de son estomac. Il se souvenait parfaitement de ce jour-là, de ce soir-là, comme il se souvenait parfaitement avoir eu envie d'embrasser Charlotte... Plusieurs fois dans la journée... Jamais il ne pourrait oublier ces moments qu'ils avaient partagés, tout avait été si parfait... Tout aurait pu être si parfait s'il n'y avait pas eu cette mystérieuse attaque. A partir de là tout avait changé et Charlie savait qu'aujourd'hui il allait enfin découvrir le fin mot de cette histoire.
Le rouquin se concentra de nouveau sur les deux jeunes gens, il s'observa sourire à la blonde tout en glissant une mèche folle derrière son oreille.
- On dirait qu'elle me nargue sans cesse, dit-il avec douceur, sa main s'attardant sur sa joue. La jeune femme lui sourit mais ne dit rien.
- Tu sais tu m'as manqué depuis la dernière fois, reprit-il, cette fois-ci dans un murmure.
Charlie sentait son cœur battre à tout rompre contre ses côtes, dans quelques secondes ils s'embrasseraient. L'instant s'étira comme si le temps n'avait plus d'impact, enfin Charlotte releva les yeux vers lui et il se souvint alors que ses barrières avaient cédé, qu'il l'avait embrassée. Et il se rappelait comme ce baiser l'avait rendu fou, comme il l'avait hanté des nuits durant. Un baiser qui, selon lui, avait laissé un goût de trop peu…
Le dragonnier se reconnecta à la réalité quand il vit la jeune femme le repousser brutalement, l'air horrifié.
- Nous n'aurions pas... Je n'aurais pas dû... C'était une erreur, parvint-elle à dire, la respiration saccadée. Il faut que je parte... maintenant...
Sans un mot de plus elle fit demi-tour et se mit en marche vers la réserve d'un pas mal assuré. Le Charlie du passé demeura immobile quelques secondes, il passa une main dans sa tignasse, l'air perdu.
- Mais qu'est-ce que tu attends, idiot ?!..., marmonna le rouquin entre ses dents.
Finalement l'autre se réveilla, les sourcils froncés et les poings serrés il courut presque pour rattraper la blonde et quand enfin il arriva à son niveau, il lui attrapa le bras sans ménagement.
- C'est quoi le problème ? s'exclama-t-il avec humeur.
- Il n'y a pas de problème, nous n'aurions jamais dû faire ça, c'est tout, lâcha Charlotte en dégageant son bras.
Sans un regard pour lui elle reprit sa marche, le jeune homme resta en arrière et s'écria :
- Cesse de fuir quand tu ne maîtrises pas la situation !
La jeune femme fit volte-face et Charlie pouvait aisément voir comme ses mots l'avaient blessée. Maintenant il se rendait compte du peu de tact dont il avait fait preuve alors, pas étonnant que Charlotte l'avait ignoré par la suite. Soudain celle-ci tomba à genoux avec un gémissement de douleur, une main sur sa poitrine et tremblante. Le rouquin oublia momentanément qu'il se trouvait dans un souvenir et s'accroupit à son niveau, la panique faisant battre son cœur à pleine vitesse.
- Charlie, je t'en prie... va-t'en..., souffla-t-elle alors que l'autre jeune homme approchait.
- Non, je ne m'en irai pas, déclara ce dernier en s'agenouillant à ses côtés. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? continua-t-il, l'inquiétude perçant dans sa voix.
Le dragonnier s'écarta lentement des deux jeunes gens, l'oreille aux aguets. Il savait que ce n'était qu'une question de secondes avant qu'il ne se fasse attaquer, il observa tout autour de lui comme s'il s'attendait à voir une bête tapie dans l'ombre, prête à surgir à tout instant. Mais Charlie n'entendait rien, ne voyait rien. Il était loin, si loin d'imaginer ce qui allait réellement se produire…
Il reporta son attention sur le couple face à lui, Charlotte s'était recroquevillée sur le sol, les mains plaquées sur ses oreilles et gémissait de plus belle.
- Charlotte…, murmura le rouquin à ses côtés. Charlotte… Qu'est-ce qui t'arrive ?...
A l'instant même où sa main entra en contact avec l'épaule de la jeune femme celle-ci le fit valser avec force. Le dragonnier ne put retenir un cri de surprise quand il vit son corps retomber durement quelques mètres plus loin. Avant qu'il n'ait pu comprendre ce qu'il se passait il vit la jeune femme s'élever dans le ciel comme une flèche, deux énormes ailes lui avaient poussées dans le dos. Ses yeux luisaient singulièrement dans la nuit noire, brillant d'une lueur presque démoniaque. Un horrible sentiment de déjà vu saisit alors Charlie aux tripes. Immédiatement il se souvint de l'effroyable scène à laquelle il avait assisté quelques minutes plus tôt, dans un précédent souvenir, quand Charlotte avait… quand elle avait…
- Non… Non, ce n'est pas…c'est… impossible...
La créature fondit sur le corps gisant sur le sol gelé de la plaine. N'écoutant que son instinct le dragonnier sortit sa baguette magique et se précipita entre lui et ce qu'il imaginait être Charlotte. La bête le traversa sans aucune difficulté et d'un coup de griffes habiles lacéra l'abdomen du rouquin qui lâcha un cri de douleur. Charlie fit volte-face et eut à peine le temps de voir le regard de frayeur que lança son autre lui avant de tomber évanoui. Saisi d'horreur le jeune homme recula de quelques pas, manquant de trébucher. Il passa plusieurs fois une main nerveuse dans sa tignasse désordonnée et se rendit compte qu'il était en nage, il pouvait sentir son pouls battre contre ses tempes tandis que son cœur demeurait coincé dans la région de sa pomme d'Adam, l'empêchant de respirer correctement. Charlie avait envie de vomir.
- Non... Non..., murmurait-il en tombant à genoux, il tremblait trop pour se maintenir debout.
Une lumière vive l'obligea tout à coup à plisser les yeux. En levant la tête il découvrit Charlotte, flottant à quelques mètres au-dessus du sol. Elle avait retrouvé son apparence mais demeurait entourée d'un halo argenté, brillant étrangement dans la nuit. Ses yeux vides de toute expression, presque aveugle, ne reflétaient plus cette lueur maligne, ses cheveux ondulaient paresseusement autour de son visage et les bras en croix, elle resta là encore quelques secondes avant de tomber sur le sol tel un pantin désarticulé.
Après ce qui semblait être une éternité le dragonnier la vit bouger, elle se redressa tant bien que mal, l'air hagard. Elle poussa un ultime gémissement de douleur puis, la respiration hachée, tâtonna l'herbe humide jusqu'à atteindre le bras inerte du rouquin allongé à quelques centimètres d'elle. Quand elle leva les yeux vers lui elle poussa un hurlement d'effroi qui résonna dans la nuit. La seconde suivante elle régurgitait son dernier repas. Avec grande difficulté elle s'approcha finalement du jeune homme, en larmes.
- Non, non... ce n'est pas possible... pas encore, pitié, pas encore..., marmonna-t-elle dans une supplique.
La blonde tenta d'éponger le sang avec des gestes fébriles, ses pleurs et ses tremblements trouvèrent écho chez le dragonnier qui observait la scène avec révulsion. Qu'est-ce qu'elle attend ? se disait-il. Qu'est-ce qu'elle attend ? Charlie savait que c'était un souvenir, il savait qu'on l'avait aidé, qu'il avait été soigné mais il ne pouvait empêcher l'angoisse de s'insinuer dans ses veines à mesure que son corps se vidait de son sang, là, sous ses yeux.
- A l'aide ! Pitié ! cria enfin la jeune femme d'une voix brisée.
D'une main agitée de spasmes elle attrapa quelque chose sous son manteau, le rouquin comprit qu'il s'agissait de sa baguette magique. Elle la pointa vers le ciel et une nuée d'étincelles rouges en sortirent et éclatèrent dans la nuit noire. Les joues trempées de larmes, elle se tourna de nouveau vers le corps du jeune homme. Celui-ci respirait difficilement alors, dans ce qu'il imaginait être un geste de réconfort, elle caressa ses cheveux.
- Pardon... pardon...
Charlie, l'estomac retourné, ne s'attendait pas à quitter aussi rapidement ce souvenir, cet ultime souvenir. En atterrissant avec douleur sur une surface dure il devina qu'il avait quitté la Pensine, qu'il était de retour à la réalité. Une réalité bien plus dure à affronter après ce qu'il venait de découvrir.
- Vous allez bien Mr Weasley ? s'enquit une voix près de lui.
D'un geste tremblant il se releva, ses genoux flageolant dangereusement manquant de se dérober sous son poids. Il eut du mal à retrouver ses esprits, c'était à peine s'il pouvait distinguer le professeur MacGonagall face à lui. Voyager dans les souvenirs n'était pas une expérience agréable, encore moins quand on y découvrait un effroyable secret.
- Je… Il faut que… Je dois partir, déclara-t-il maladroitement à son ancienne directrice de maison.
Et sans un regard en arrière il sortit du bureau dictatorial puis se laissa guider par ses pieds qui semblaient trouver leur chemin tout seul. Ce ne fut qu'arrivé dehors que la vérité le frappa de plein fouet. Charlotte l'avait véritablement agressé, elle n'avait pas menti… Et dire qu'il n'avait pas voulu la croire...
Aussi soudain qu'une nausée, un déferlement d'émotions s'empara de lui avec brutalité, manquant de le faire tomber à la renverse. Charlie s'appuya maladroitement contre la rambarde en pierre à sa droite et s'y assit lentement. Avec une profonde lassitude il observa les alentours, le parc de Poudlard était désert, cela n'avait rien d'étonnant puisque tous les élèves étaient en vacances d'été. Le jeune homme se frotta les yeux et tenta de rester concentré sur ce qu'il venait d'apprendre mais rien n'y faisait, l'envie de vomir qui l'avait assailli quelques minutes auparavant ne le quittait pas. Comment avait-elle pu… Comment avait-elle pu lui cacher ça ? Comment avait-elle pu garder la face aussi longtemps alors que… qu'elle ? Et dire qu'ils avaient… qu'il avait… Le rouquin soupira, il n'arrivait même plus à trouver les mots tellement il était en colère contre Charlotte. Un abominable sentiment de trahison naquit au fond de lui et d'un geste rageur il donna un violent coup de pied dans une jarre en pierre qui se trouvait là. Une vive douleur remonta le long de sa jambe mais ce n'était rien comparé à la tristesse qui lui enserrait violemment le cœur. Il se sentait trahi, véritablement trahi... et la seule chose qu'il voulait à cet instant c'était voir Charlotte. Il voulait la confronter, lui poser les dizaines de questions qui l'assaillaient depuis qu'il était sorti de la Pensine mais en aurait-il été capable ?... Rien n'était moins sûr et pire que cela, serait-il encore capable de l'aimer après ce qu'elle lui avait fait ? Alors qu'elle l'avait presque tué ? Qu'elle lui avait menti des mois durant ?...
Contre toute attente Charlie lâcha un rictus amer. En dépit de tout ce qu'il avait pu vivre, de tout ce qu'elle avait pu lui faire subir, de tout ce qu'il avait pu découvrir à son propos il l'aimait... Il aimait Charlotte et continuerait de l'aimer encore et toujours. Il savait qu'il ne pourrait jamais mentir sur ce point car, qu'elle le veuille ou non, il s'était enchaîné à elle, qu'il le veuille ou non le rouquin ne pourrait jamais aimer quelqu'un comme il l'aimait elle et, quelque part, cela le terrorisait. Et malgré sa fureur, malgré sa tristesse et son incompréhension il n'arrivait même pas à lui en vouloir plus que de raison. Voilà quelle était sa malédiction...
Finalement il se dit que peut-être… peut-être était-ce ça l'amour, aimer quelqu'un au-delà de toute raison, de toute rationalité. Aimer quelqu'un avec l'irrévocable certitude que cette personne ne pouvait que nous faire souffrir...
Le dragonnier ne sut jamais comment il était retourné à Beddgelert et, à dire vrai, cela était le cadet de ses soucis. Avant d'entrer dans le bâtiment central, il avisa l'orage au loin et machinalement remonta le col de sa veste. Encore abasourdi, presque hagard, il pénétra dans l'édifice et demeura immobile dans l'entrée quelques instants. D'une main tremblante il passa une main dans sa tignasse rousse et, en s'attardant sur son front moite, comprit qu'il faisait de la fièvre. Avec un énième soupir de lassitude le rouquin grimpa quatre à quatre les escaliers jusqu'à son bureau, priant pour ne rencontrer personne sur son chemin. Cependant, à peine était-il arrivé au dernier étage qu'un jeune homme lui sauta à la gorge.
- Charlie, te voilà ! s'écria-t-il avec force.
- Qu'est-ce qui se passe, Bran ? demanda le rouquin d'un air las, sentant un mal de tête poindre derrière ses tempes.
- Il y a deux personnes qui t'attendent dans ton bureau, elles avaient l'air assez pressé... Je crois qu'elles sont de ta famille, je..., débita rapidement l'autre, sans reprendre son souffle.
Le dragonnier ne laissa pas le brun terminer sa phrase et se dirigea d'un pas vif vers son bureau, ouvrant la porte avec violence. D'un même mouvement Hermione et Fleur, qui attendaient là, se tournèrent vers lui, la mine grave.
- C'est Charlotte, il est arrivé quelque chose.
Note de l'auteur : Voilà, voilà pour ce chapitre ! Rien de foufou, Charlie plonge dans les souvenirs de Charlotte et découvre enfin la vérité sur son agression et la nature de la jeune femme, il n'a plus d'autre choix que de la croire désormais. A côté on en découvre plus sur sa relation avec Paul, enfin devrais-je dire la fin de sa relation, n'est-ce pas qu'on a envie de lui arracher les yeux à celui-là ? Je le déteste cordialement mais jusqu'à maintenant j'avais besoin de lui ah, ah !
Il y a certains passages que j'ai vraiment eu du mal à écrire notamment ceux où il y a la présence des deux Charlie, j'espère ne pas m'être trop embrouillée les pinceaux ! ^^
Sinon j'aime beaucoup la fin, je ne sais pas si ça vous fait ça mais moi ça me donne trop envie de connaître la suite (que je n'ai toujours pas commencé) ! :D
A bientôt les amis ! ;)
Blond'sparkle
