Traduction de la fiction d'AddriannaDestiny.Merci à Béné pour son aide.

Merci également à yaya (Tu ne te lasses jamais, ça fait super plaisir !) Taraimperatrice (Tu ne sembles pas porter Geneviève dans ton cœur… Mais franchement, elle n'était pas mieux dans la série, je trouve.) et Odessa (Oula, ça a l'air bien joyeux, ton histoire ! Je retiens, mais j'avoue qu'en ce moment je manque cruellement de temps, et si je commence j'aurai du mal à m'arrêter, donc ce n'est pas très raisonnable… Je te tiens au courant quand je m'y mets, mais attends quelques semaines !).


Xe siècle

Elijah remua un bout de bois dans le feu de joie. C'était un de ces rares moments où ils pouvaient profiter d'un peu de paix : leur père était loin, à la chasse avec Finn, au grand soulagement de tout le monde.

La journée avait été parfaitement perdue dans les bois à jouer et courir après la petite Rebekah qui s'aventurait souvent dans des chemins inconnus et se perdait.

Elijah sourit en l'observant avec Kol : ils se couraient après autour du feu, toujours si pleins de vie. Mais son sourire se réchauffa lorsqu'il regarda sur le côté, vers son jeune frère aux boucles blondes et aux yeux honnêtes qui était une fois de plus plongé dans son monde.

Il ne l'admettrait jamais aux autres mais Niklaus était de loin son frère préféré. Le solitaire silencieux avait une grande place dans le cœur d'Elijah parce qu'il était constamment émerveillé par sa ténacité.

Peu importait à quel point Mikael le traitait mal, cherchant à détruire cette naturelle douceur qu'il avait en lui : Niklaus gardait cette qualité d'aimer sa famille immensément. Elijah était profondément convaincu que Niklaus aimait même son père malgré ce que Mikael lui avait fait.

Rebekah s'effondra au sol de fatigue devant Elijah, retenant son attention, et repoussa ses longs cheveux dorés de son visage.

- Aujourd'hui a été une journée amusante. Quand en aurons-nous une autre comme celle-ci ?

- La prochaine fois que père partira en voyage, répondit Elijah en lui donnant un petit coup sur le nez. Nous t'enverrons avec père et profiterons de la journée, libres de vous deux.

Rebekah plissa les lèvres et le nez.

- Mais il y aura du sang, Elijah, ajouta-t-elle avec un air de dégoût.

- Tu es vraiment une fillette, Bekah, soupira Kol en s'asseyant à côté d'elle avant de croiser les jambes et de faire un grand sourire à Elijah. Tu nous racontes une histoire, Elijah ?

- Quel conte devrais-je réciter ? demanda affectueusement Elijah.

- Le Roi Unn ! répondirent en même temps Rebekah et Kol avec excitation.

Elijah ricana : c'était amusant de voir que les plus jeunes ne se lassaient pas de cette histoire.

- Sur une terre très éloignée, où le soleil ne se repose jamais et où on ne peut voir que des montagnes, vivait un Roi dont la force était légendaire. Il pouvait porter le poids de mille hommes sur ses épaules sans cligner des yeux et son épée était aussi célèbre que lui. Elle avait été forgée une nuit de pleine lune à partir de l'acier des boucliers de tous ses ennemis : l'épée du Roi Unn était aussi impitoyable que son bras…

Kol leva la main en l'air.

- À quoi ressemblait le Roi Unn ?

Elijah rit doucement, conscient de la raison de cette question, et il répondit à Kol, connaissant bien le sourire narquois qui allait surgir.

- Le Roi Unn était différent de tous les autres Vikings. Ses cheveux n'étaient pas blonds et ses yeux n'étaient pas bleus comme le ciel : il avait plutôt les cheveux châtains et les yeux couleur miel.

Kol eut un large sourire mais Rebekah poussa Elijah à continuer pour que Kol ne s'attarde pas plus sur son air suffisant.

- Était-il un bon roi, Elijah ? demanda-t-elle comme si elle n'avait pas déjà entendu cette histoire un million de fois.

- Le Roi Unn avait conquis le trône le plus convoité de cette terre par la force. Beaucoup lui étaient opposés mais personne n'était capable de gagner contre lui à l'épée et son armée était loyale et aussi forte que lui. Il était connu pour être un homme dur mais avec un cœur raisonnable. Certains voyageaient pendant des jours juste pour chercher à obtenir sa protection ou un conseil, et ses frères et sœurs étaient tout pour lui. Il chassait souvent les meilleurs animaux de cette terre pour leur procurer de la nourriture et les meilleures fourrures pour l'hiver. Ce fut pendant une de ces chasses qu'il perdit la notion du temps, et quand la nuit surgit, il retrouva refuge dans une grotte sombre, mais juste au moment où il allait s'endormir… il y eut un bruit auquel il ne s'attendait pas… raconta Elijah en se penchant vers les deux avec des yeux étincelants. Au milieu de l'obscurité et du silence, un son guttural jaillit.

- Qu'est-ce que c'était ? demanda Kol en haletant, oubliant qu'il connaissait déjà la réponse.

- Le Roi Unn était piégé dans une grotte avec une meute de loups, répondit Elijah dans un murmure.

Rebekah déglutit bruyamment.

- Comment s'en est-il sorti sans se blesser ?

- Le Roi Unn leva son épée… raconta Elijah en levant en l'air le bâton qu'il tenait avant de fendre l'air avec. Et il les tua tous : d'abord celui qui se jeta sur sa gorge, puis celui qui essaya de mordre dans son talon, et ensuite un autre et un autre jusqu'à ce qu'aucun des loups ne respire.

Kol et Rebekah se réjouirent et applaudirent même un peu d'excitation.

Elijah sourit avec espièglerie et sans se faire remarquer, il se jeta sur les deux bambins.

- Quand soudain un loup inattendu arriva et essaya de le manger, reprit-il en attrapant Kol et Rebekah au même moment.

Ils crièrent tous les deux de surprise.

- En de grosses bouchées, précisa Elijah en riant tout en essayant moqueusement de les mordre.

- Elijah ! se plaignirent-ils en même temps.

Avec un doux sourire, il déposa un baiser sur la tête de Kol puis sur la joue de Rebekah, ce qui la fit rire.

- Que s'est-il passé ensuite ? demanda Kol en récupérant de sa frayeur.

Elijah était à présent à genoux et les tenait tous les deux dans le cercle de ses bras.

- La légende du Roi Unn grandit aussi vite que les terres qu'il avait conquises et après avoir tué tous ces loups, il régna pendant de nombreux hivers aux côtés de son plus précieux don, sa famille, et il était heureux de sa vie de dirigeant mais quand même, il lui manquait quelque chose.

Kol leva les yeux au ciel : c'était la partie de l'histoire qu'il n'aimait pas.

Rebekah joua avec excitation avec les longs cheveux bouclés d'Elijah.

- La princesse.

Elijah acquiesça.

- Oui, il lui manquait une reine.

- Et il rêva d'elle, lança gaiement Rebekah.

- Tu racontes cette histoire ou je le fais ? la confronta Elijah.

Rebekah se couvrit la bouche pour qu'Elijah puisse continuer.

- Durant une nuit de brume et de brouillard, le Roi Unn fit un rêve à propos d'une divinité aux nattes complexes et aux magnifiques yeux bleus perçants. Ses cheveux étaient éblouissants comme le soleil et son sourire était ce dont il se souvenait le mieux à son réveil. Le roi envoya toute son armée à la recherche de cette femme et ils parcoururent toutes ses terres pour rentrer avec de mauvaises nouvelles : il n'y avait pas de femme dont les cheveux correspondaient à la longueur qu'il avait expliquée ou aux yeux du bleu profond qu'il avait décrit, donc le Roi Unn navigua sur son bateau avec 80 de ses plus valeureux soldats, et il alla sur chaque terre où le vent le portait, à sa recherche. Il passa 10 ans avant qu'il ne décide de rentrer dans ses montagnes, après plein d'aventures et de dangereuses rencontres avec des créatures dont il ignorait l'existence auparavant. Le Roi Unn rentra chez lui seul car tous ses hommes avaient péri au fil des ans. Épuisé et désespéré, il fut pris dans une série de mauvaises vagues qui détruisirent son navire, qui atteignit à peine le rivage. Le roi resta là à attendre une mort paisible quand le touché d'une main chaude le ramena des portes de l'éternité. Devant ses yeux faibles, une silhouette éthérée apparut, et il sut qu'il avait trouvé sa reine. Elle l'avait trouvé.

Rebekah soupira, amoureuse de cette histoire, mais Kol n'était pas aussi enthousiaste.

- Je n'aime pas les filles, je ne les aimerai jamais, s'exaspéra-t-il en croisant les bras.

Elijah, bien sûr, se contenta de rire à ce commentaire, et quand Esther vint pour les enfants, il leur souhaita bonne nuit en les embrassant sur la joue.

Une fois seuls, Elijah chercha son autre frère qui s'était isolé et était resté silencieux tout ce temps. Il s'approcha de Klaus et s'assit à côté de lui sur la grosse bûche.

Klaus était en train de donner vie à des loups avec un bout de bois qu'il faisait traîner dans la terre. Les représentations étaient presque trop précises pour être vraies et Elijah était une fois de plus déconcerté par le talent de Klaus à donner vie à ses histoires.

- Je me souviens encore de quand tu avais l'habitude de supplier Finn pour qu'il te raconte cette même histoire, dit-il d'un air nostalgique.

- Il n'était jamais aussi doué que toi, répondit simplement Klaus en dessinant à présent le Roi Unn se battant contre les loups.

- Bientôt, Rebekah et Kol s'en fatigueront à leur tour, fit Elijah, se sentant déjà triste à cette idée.

- Ça va quand même leur prendre du temps pour comprendre que tu as mis cette histoire en relation avec eux : ça m'a pris bien assez de temps pour réaliser que rien de tout cela n'était réel, déclara Klaus en semblant un peu sombre à ce souvenir.

- Nos ancêtres ont eu beaucoup de rois dans leur riche histoire, Niklaus : ils ont navigué vers la guerre, passé des années à conquérir toutes les terres et les mers qu'ils pouvaient saisir à portée de leurs lourdes épées. C'était une époque de rois qui s'imposaient face à la maladie et aux blessures, aux carnages et à la mort de milliers de personnes, donnant toujours la priorité à leurs royaumes, raconta Elijah en passant un bras autour des épaules de Klaus. Les saisons ont changé, Niklaus, et nous avons changé le nom des vieux rois, mais nos façons de faire devraient rester les mêmes. Nous nous battons pour les mêmes raisons qu'eux : la famille, l'honneur, et l'amour d'une belle Reine que nous voulons tous juste et bonne mais également capable d'empoisonner quelqu'un qui ferait le bazar dans sa cour.

Klaus rit et regarda son frère.

- N'étaient-ils pas tous simplement des barbares qui se battaient pour un lopin de terre ?

- Pas entièrement, répondit Elijah en lui serrant l'épaule. Beaucoup se contentaient de décapiter ceux qui étaient mariés aux femmes qu'ils désiraient.

- Les plus nobles d'entre eux, fit Klaus en riant encore plus fort.

- Chacun a sa bataille, Niklaus, mais si la guerre est juste, alors ton épée gagnera toujours.

- Je ne suis pas doué à l'épée, Elijah, rétorqua aussitôt Klaus en grimaçant.

- Père est loin, donc je propose qu'on s'entraîne un peu : tu progresses et un jour viendra, jeune Niklaus, où tu seras meilleur que moi, promit Elijah en ébouriffant malicieusement les longs cheveux de Klaus.

- Tu abandonneras avant que ça arrive, dit tristement Klaus.

- Je ne t'abandonnerai jamais, Niklaus, jamais, affirma Elijah.

Klaus sourit, sachant qu'il pourrait toujours compter sur son frère.


Amara grimaça en cherchant à respirer normalement et elle se redressa dans le cercueil avec un besoin désespéré d'en sortir.

Elijah ne savait pas trop s'il devait l'aider ou non mais Amara plongea hors du cercueil et tomba rudement sur les mains et les genoux. Il fit le tour de la boîte en bois et essaya de l'aider à se relever.

- S'il vous plaît, non, dit-elle en le stoppant de la main avant qu'il ne s'approche d'elle.

Amara cligna des yeux à maintes reprises, essayant de s'habituer à la lumière : même si elle était rare, elle était quand même plus forte que l'obscurité totale dans laquelle elle avait été gardée.

- La lame a été utilisée… murmura-t-elle.

- Oui… fit simplement Elijah qui, pour être honnête, était complètement perdu quant à ce qu'il était censé faire.

- C'est pour cela que je suis réveillée… marmonna-t-elle sans lever la tête avant de brutalement s'asseoir par terre et de fixer des yeux le sol. Davina a été tuée et les portes se sont ouvertes.

Elijah s'accroupit, perplexe.

- Est-ce pour cela que vous vous êtes réveillée ? s'aventura-t-il doucement.

Amara secoua la tête, les yeux fermés. Ça lui prit quelques minutes de plus pour calmer sa respiration, puis elle ouvrit lentement les yeux. Quand elle leva la tête, il sut qu'elle était en train de s'y préparer : il allait être le premier visage qu'elle verrait après 2 000 ans.

Pendant une très longue minute, elle se contenta de le fixer et il essaya de lire toutes ces minuscules étincelles de pensées qui traversaient ses traits.

- Allez-vous bien ? Comment puis-je vous aider ? demanda-t-il avec sincérité.

- J'aurais besoin d'un peu d'eau, dit-elle à voix basse.

- Bien sûr, répondit-il en se levant rapidement avec d'aller à la cuisine.

Dès qu'elle fut seule, elle courut à travers le couloir. Quand Elijah revint dans la pièce, elle était partie.


Klaus n'arrêtait pas de jeter des coups d'œil à Caroline : elle était tellement absorbée par sa lourde tâche consistant à se boucler les cheveux qu'elle n'était même pas consciente de chanter en enroulant ses mèches autour du fer à friser.

Il commença à boutonner sa chemise en soie et se dirigea vers le seuil de la salle de bain où se trouvait Caroline.

« One way or another… »

Elle continua gaiement à chanter une chanson quelconque qu'il avait entendue une ou eux fois mais de toute évidence il ne lui avait pas donné beaucoup de crédit tant elle semblait insipide à l'époque, contrairement à la version pétillante de Caroline.

- Comment se fait-il que je n'étais pas au courant que tu chantais avec tant d'élégance ? demanda-t-il juste quand il atteignit les derniers boutons.

- D'habitude, je ne chante que pour moi-même, répondit-elle en cherchant son visage dans le miroir.

Il était en train de sourire en mettant les boutons de ses poignets.

- J'espère en entendre plus, mon cœur.

- Si tu continues à me rendre si heureuse… dit-elle en flirtant un peu avec lui en jouant avec son regard à travers le miroir.

Il avait un air un peu suffisant en retournant dans la chambre mais Caroline n'en attendait pas moins de lui : si quelqu'un était capable de satisfaire une femme comme il le faisait, il devrait incontestablement avoir un air suffisant.

Caroline termina les dernières retouches de ses cheveux et rangea tout. Elle poussa un peu les affaires de Klaus sur la gauche pour pouvoir faire de la place pour les siennes et ne tint absolument pas compte du fait qu'elle prenait désormais plus de place que lui.

Il était parfaitement clair que ça ne lui avait pas échappé puisqu'elle le trouva en train de lutter pour trouver un tiroir qui ne contenait pas les hauts et les jupes de Caroline. Ce fut avec un air de réprimande dans sa direction qu'il trouva enfin un tiroir qui n'était qu'à lui.

- Avec ma mère qui occupe ma maison et ma chambre en ce moment, j'avais besoin d'apporter quelques affaires en plus, s'excusa-t-elle pendant qu'il essayait de trouver une ceinture parmi ses T-shirts.

- Tout va bien, mon ange. J'attendais avec impatience le jour où je n'aurais plus un tiroir exclusivement réservé à mes ceintures, dit-il sans vraiment essayer de cacher sa rancune.

Si seulement Caroline n'était pas passée maître pour contourner n'importe quelle situation.

- Eh bien, puisqu'on parle de personnaliser un peu les choses ici… Pourrais-tu envisager d'enlever cette affreuse chose du mur ? fit-elle en désignant la peinture qu'elle détestait. Je n'aime pas les clowns : ils me font une peur bleue, avoua-t-elle avant de serrer les lèvres.

- C'est comme ça que ça commence, alors… D'abord tu récupères l'espace disponible, puis vient mon art, et bientôt je me retrouverai avec toi à la tête de mes hybrides et parcourant les rues de la Nouvelle-Orléans avec eux comme si tu étais née pour ça.

Elle sourit largement et fit quelques pas vers lui avant de passer ses bras autour de son cou.

- Il y a ce tableau vraiment magnifique de ballerines accroché au-dessus de ta cheminée, à Mystic Falls : ça fait rêver et j'adorerais me réveiller en le regardant, déclara-t-elle en lui adressant son plus beau sourire réconfortant.

- Donc l'appropriation éhontée de mon domaine va être permanente ? se renseigna-t-il avec un peu d'espoir dans la voix.

Caroline lui chatouilla la nuque, qui accueillait encore quelques gouttes d'eau, et joua avec le bout de ses boucles mouillées en penchant la tête sur le côté, ajoutant un regard de côté narquois.

- J'aime bien ta grande baignoire donc ça ne me dérangerait pas de l'utiliser à intervalles réguliers.

Il sourit, heureux, ce qui devenait très courant ces derniers temps, et répondit à un baiser qui n'était pas rapide : c'était agréable qu'ils aient franchi une étape dans leur relation, mais ils étaient aussi un couple dirigeant très occupé, et avec la nouvelle journée qui commençait, une liste de consignes à donner était au programme.

Caroline fut la première à attraper son téléphone quand ils arrivèrent en bas de l'escalier. Elle échangea un regard complice avec Klaus avant de quitter la maison en passant un coup de fil.

Klaus s'attarda brièvement sur la femme portant des bottes marron par-dessus un pantalon noir fluide, mais sa journée allait être bien remplie et son seul délai fut quand il vit Elijah entrer dans la pièce avec un visage proche de la panique.

- Quand est-ce arrivé ? demanda-t-il en désignant l'expression troublante d'Elijah.

- J'ai réveillé Amara de son sommeil mystique en la touchant, peut-être parce que nous avons utilisé sa lame, je n'en suis pas sûr pour l'instant, mais elle a disparu. Je suis allé chercher de l'eau et lorsque je suis revenu elle n'était plus là, raconta Elijah en n'expliquant que ce qu'il arrivait à comprendre pour le moment.

- Tu as perdu une Ancre ? fit Klaus en imitant le cri le plus perçant dont il était capable.

Pendant une seconde, Elijah débattit avec lui-même de la possibilité de jeter le verre d'eau qu'il tenait à la figure de Klaus.

- Je vais la chercher, dit-il en posant le verre sur le manteau de la cheminée.

- Essaye de ne pas être trop distrait par sa ressemblance avec les porteuses de ruines d'Elijah, lança Klaus avec un sourire narquois tout en tapant un message sur son téléphone.

Elijah fit demi-tour et jeta l'eau sur Klaus, qui s'écarta juste à temps.

- Tu es horripilant, dit-il avant de claquer la porte.

Caroline était là, terminant son coup de fil à Camille.

- C'était méchant, Nik, le sermonna-t-elle sans un sourire.

- La référence aux doubles Petrova à point nommée ? demanda-t-il quand même.

- Imagine que c'était moi que tu avais perdue et ensuite des mois plus tard tu dois gérer quelqu'un qui me ressemble parfaitement…

Klaus s'arrêta dans l'allée alors qu'ils se dirigeaient tous les deux vers la rue.

- C'est totalement absurde, mon ange : tu es unique en ton genre.

Caroline se fit stricte en rejetant son flirt facile, cette fois-ci.

- Tu te souviens de cette merveilleuse discussion qu'on a eue à propos de se lier aux autres, Klaus ? Et d'à quel point tu devrais faire des efforts pour au moins comprendre ce que les autres ressentent ?

- Ce n'était pas une conversation : tu as craché avec colère des paroles immondes puis tu t'es éloignée en marchant comme une princesse en robe bleue et je suis resté bouder avec un cheval.

Il avait un tel sourire narquois perçant contrôlé pour le moment.

Caroline eut une allure incroyable lorsqu'elle leva une main.

- Je vais sérieusement t'ignorer pendant les dix prochaines minutes, dit-elle avant de s'éloigner, déterminée.

Klaus rit, totalement sous son charme.


Rebekah fit un grand sourire à Caroline lorsque celle-ci traversa la rue en se dépêchant pour la retrouver sur la place.

- Les cheveux ondulés extrêmement romantiques, le grand sourire mielleux, et le soleil que tu sembles trimbaler dans ta poche sont de si adorables annonces pour dire que mon frère t'a vraiment fait du bien, déclara Rebekah avec un large sourire en tendant une tasse de café à Caroline.

Celle-ci la prit en gémissant et s'assit à côté de Rebekah en remuant ses cheveux.

- Je ne peux pas me plaindre, sauf quand il est prétentieux comme ce matin.

- Il a ses mauvaises périodes, quand aucun de nous ne peut ne serait-ce que l'entendre parler sans ressentir un désir irrépressible de lui arracher la langue, raconta Rebekah en jouant avec sa tasse de café vide.

- Je m'occuperai de lui plus tard… Comment s'est passée ta soirée ? demanda Caroline en orientant la conversation car le temps était vraiment un problème ce jour-là.

- Ça n'a pas été difficile de faire parler Enzo et il a lâché quelques trucs importants pendant qu'il bavait sur ça, répondit-elle en passant une main sur son corps recouvert d'une autre robe sexy.

- Donc le détecteur de mensonges torride a marché sans problème ? questionna Caroline en finissant son café.

- Je lui ai demandé franchement s'il était là pour tuer Damon et quand il a répondu oui, ça m'a aussitôt donné des frissons à tous les mauvais endroits : je ne sais pas ce que cherche Enzo concernant Damon mais on ne peut pas lui faire confiance.

- Pourquoi tous les mecs mignons nous déçoivent ? soupira Caroline.

- Tu veux que je le sonde un peu plus ? demanda Rebekah, parfaitement à l'aise.

- Seulement si ce n'est pas un gros sacrifice, fit Caroline avec un sourire narquois en se levant.

- Je le ferai tomber avec plaisir pour l'équipe, répondit Rebekah en se levant tout en lançant un clin d'œil coquin.

- J'adore ton nouveau look insolent, au fait, la complimenta Caroline.

- Je me sens renaître après cette rencontre avec le cannibalisme vampirique.

Caroline hésita un peu à cause d'une intuition un peu trop forte.

- Y a-t-il des effets secondaires indésirables ? Le sérum était un peu comme une drogue…

- Je n'ai absolument rien à vous dire, Docteur Forbes, la taquina Rebekah avant de rapidement partir vers sa voiture.

Caroline voulait la croire mais c'était vraiment difficile. Elle changea d'avis concernant la première personne qu'elle allait appeler et ce fut le numéro de Klaus qu'elle composa aveuglément.

- Je te manque déjà, mon cœur : comme mon cœur bat de joie.

- Ta sœur cache quelque chose… Ne me demande pas quoi, le supplia-t-elle en quittant la place.

- Comme quoi ? fit-il en se montrant devant elle avec un sourire parfait.

Caroline interrompit sa marche régulière, surprise de le voir, mais parvint quand même à réagir rapidement.

- Je viens de dire, ne demande pas.

Sérieusement, Klaus lui tapait sur les nerfs aujourd'hui.

- Rebekah peut bien prétendre que tout va bien après avoir bu le remède mais on n'en sait pas assez sur tout ça pour supposer qu'elle va bien.

- Je devrais ajouter ça sur la liste de courses, l'informa-t-il en marchant à côté d'elle.

Caroline remarqua qu'il allait dans la même direction qu'elle et lui adressa un regard en coin.

- Où vas-tu ?

- Voir un ami, répondit-il en tournant à l'angle pour se diriger vers le sud.

Caroline prit exactement la même route.

- Moi aussi…

Ils se regardèrent en traversant une rue et terminèrent sur le même trottoir puis, quand ils commencèrent à marcher, ils réalisèrent qu'ils se dirigeaient une fois de plus vers la même route.

- Je vais voir Camille, dit Caroline en s'arrêtant au milieu du trottoir.

- Je vais retrouver Marcel… fit Klaus, songeur.

- Il loge chez Camille ?

- On ne m'a donné qu'une adresse… répondit Klaus en regardant la typique petite maison blanche.

- Regarde-toi, lança Caroline en agitant une main entre eux deux. Il y a cinq minutes tu ne me prenais même pas au sérieux et maintenant on aide nos amis et on se faufile dans une action de couple entre eux. Des points pour l'effort, Nik, conclut-elle avec un sourire, excitée.

- Je voulais une étoile en or mais Stefan les retient toutes en otage.

- Est-ce qu'il a déjà trouvé Damon ?

- Damon ne joue pas à la vue de tous en ce moment, répondit Klaus en attendant que Caroline monte les marches du porche.

Elle frappa à la porte tout en regardant Klaus.

- Ma mère est avec Stefan : ils le trouveront, c'est sûr.

Il n'y avait que de l'assurance en elle et Klaus sourit, attiré par cela. Comme il aimait cette ténacité sans borne chez Caroline : c'était juste ce qu'il fallait de force pour lui faire oublier combien de fois il avait maudit un amour qui ne voulait pas venir, dans ces mêmes bois qui allaient un jour devenir son foyer.

- Tu es en train de divaguer, remarqua Caroline en remuant les doigts devant le visage de Klaus.

Il détourna les yeux de la femme faite de chaleur mais aussi de fer. C'était tout ce qu'il faisait quand il était avec elle : il divaguait vers cet endroit où il se battait constamment pour accepter un bonheur qu'elle offrait avec un sourire naturel.

Camille ouvrit la porte, reconnaissante de voir Caroline. Elle relâcha un soupir puis la prit dans ses bras comme si elle avait attendu des heures pour le faire.

- Hey, Cami… Tu vas bien ? demanda Caroline avec son affection habituelle.

- Marcel a passé toute la nuit à fixer des yeux le corps sans vie de Davina et je ne sais plus quoi faire ou lui dire. J'ai essayé de le raisonner mais il n'a pas bougé d'un pouce, il reste debout devant le canapé.

- Je ne crois pas que la psychologie suffira cette fois, Cami, fit Caroline en regardant Klaus.

Après une minuscule discussion entre leurs yeux, il entra dans la maison pour trouver Marcel, les bras croisés et les yeux rivés sur un corps qui commençait déjà à sentir et était en bonne voie vers la décomposition.

- Marcellus ?


France 1835

- Marcellus ?

Marcel lutta pour ouvrir les yeux mais une sorte de charge d'énergie le traversa et il se redressa facilement en position assise, désorienté. Il se toucha frénétiquement le cou et chercha la voix qui l'avait réveillé.

Klaus le regarda avec un air d'excuse. Il était accroupi au milieu d'un grand nombre de filles mortes et Marcel essaya brutalement de s'asseoir dans le petit recoin où aucune fille à peine vêtue ne reposait.

- Il m'a tué ! cria Marcel, furieux, en cherchant autour de lui le crétin qu'il allait réduire en bouillie.

- Je vais lui enfoncer une dague pour ça, dit simplement Klaus.

- Ce n'est pas comme ça que c'était censé se passer, se plaignit encore Marcel.

- Je sais, Marcel… fit Klaus en se relevant pour aller prendre une bouteille qui traînait.

Il commença à verser l'alcool sur les corps tandis que Marcel quittait le sol avec une extraordinaire agilité. Celui-ci chercha un miroir et essuya le sang sur son visage. Il jeta un coup d'œil à Klaus à travers le miroir.

- Où étais-tu ?

Klaus lâcha une bougie sur l'un des corps.

- Je vidais de son sang l'étage du dessus.

Marcel secoua la tête et continua à frotter le sang sur sa joue.

- J'aurais dû savoir que la visite de Kol allait se terminer dans un spectacle sanglant… dit-il en jetant un dernier coup d'œil dans le bordel. Mais tu aurais pu te retenir.

- Ils ont essayé de nous empoisonner. Kol l'a pris personnellement mais je n'ai vu aucune raison de l'arrêter comme tu l'as fait.

- Où est-il ? cracha Marcel.

- Il s'est enfui après t'avoir brisé la nuque, répondit Klaus en souriant, au grand désespoir de Marcel. Ce n'est pas toi qui voulais être transformé ce soir ? Tu avais déjà pris mon sang quand nous sommes arrivés ici donc je ne comprends pas vraiment ta réaction étrange, Marcel.

- J'avais envisagé ma transformation en vampire légèrement différemment, grommela-t-il.

- Le plan était de profiter d'une nuit flamboyante puis de t'offrir l'immortalité mais Kol prend un plaisir personnel à me contrarier.

- Je vais le trouver et le frapper, dit Marcel tandis qu'une paire de crocs faisait son apparition.

Il devait encore s'y faire mais il avait cependant suffisamment de motivation : il avait abandonné Rebekah pour les obtenir.

La pièce commençait à être consumée par les flammes et Klaus appuya sa main contre le torse de Marcel en essayant de partir.

- Kol est mon frère et je vais m'occuper de lui.

Quand Marcel essaya de se frayer un chemin, Klaus se contenta de grogner pour le remettre à sa place.

- C'est quand même mon sang qui t'a transformé, Marcellus, et je te conseille de laisser courir : je gérerai Kol plus tard. Maintenant, nous allons te trouver de la nourriture pour que la transition soit complète. Un monde entier s'offre à toi ce soir, ajouta-t-il avec un grand sourire excité, mais également fier.

Marcel baissa lentement la tête et acquiesça, conscient qu'il ne pouvait pas dire non à Klaus. Sa nouvelle vie arrivait avec une nouvelle conséquence : il était à présent lié à son père.


- Marcellus ? redemanda Klaus.

- Tu peux demander à ta sorcière d'aider Davina ? demanda Marcel sans quitter des yeux la jeune fille égorgée.

- Il n'y a rien que Bonnie puisse faire, cette fille ne reviendra pas à la vie, répondit Klaus en essayant de lui faire voir l'évidence.

- Elle le doit, je lui ai donné mon sang et c'est comme ça que ça marche. Elle meurt mais revient en vampire, dit-il d'un air presque naïf.

- Il y a ceux qu'on gagne et ceux qu'on perd, Marcel.

- Non, tu m'as donné la vie et quel est l'intérêt que j'aie ces capacités si je ne peux pas transformer qui je veux vraiment ?

- Marcel, c'est une créature ancienne dont le sang l'empêche probablement d'être transformée.

- Elle doit se réveiller, dit Marcel, imperturbable dans sa détermination.

- Marcel, elle ne se réveillera pas, fit Klaus en le prenant par le bras.

Marcel se débattit aussitôt.

- C'est ma fille et elle doit me revenir, cria-t-il sans aucune logique.

- Marcel… intervint Camille en s'approchant de lui, ayant besoin de faire quelque chose. Il faut que tu essayes de comprendre : elle est partie.

Il secoua la tête, refusant de croire ce que ces idiots lui disaient.

- Laisse-la partir, Marcel, insista Klaus en essayant de le calmer.

Camille prit un drap pour recouvrir Davina parce que l'image de la jeune fille rendait tout plus difficile à gérer. Lorsqu'elle recouvrit Davina, Marcel craqua et hurla sur Camille.

- Éloigne-toi d'elle, cria-t-il en effrayant Camille, qui retint son souffle lorsque Marcel la pointa même du doigt.

- Hey ! le coupa Caroline en fonçant devant Camille pour la protéger. Ne t'en prends pas à elle, ce n'est pas de sa faute.

Klaus fit reculer Marcel de quelques pas pour que Caroline puisse emmener Camille à l'extérieur. Il avertit fermement Marcel du regard lorsque celui-ci tenta de se défendre.

- Tu refuses de m'aider, alors ? demanda Marcel à Klaus avec émotion, troublant une voix habituellement forte.

- Il n'y a rien à faire : il est temps de la laisser partir, déclara Klaus en soulevant le corps.

- Non, fit Marcel en retenant encore quelques larmes.

- Je vais l'enterrer, fit Klaus en se préparant à emmener le corps de Davina.

Marcel mit de côté ses émotions instables.

- Non, Klaus : je vais le faire.


Bonnie ne pouvait pas vraiment expliquer pourquoi elle trouvait Kol et Klausy si charmants ensemble. Ça la fit véritablement fondre que le petit chiot dorme profondément sur le canapé, blotti contre la jambe de Kol tandis que le Mikaelson lisait avidement le nouveau grimoire qu'il venait de récupérer.

Bonnie prit l'autre place libre sur le canapé près de Kol et lui sourit au moment où elle posa ses pieds recouverts de chaussettes colorées sur le siège en calant ses genoux contre sa poitrine.

- Tu ne devrais pas être en train de dormir, chérie ? demanda Kol en prenant le mug sur la table basse pour boire une gorgée.

- J'ai essayé mais je n'arrive pas à dormir, répondit-elle en lui prenant le mug des mains, avide d'un peu de café, avant de froncer les sourcils quand l'odeur de l'alcool l'atteignit.

- En tant que vampires, on devient tous alcooliques, c'est dur de combattre l'habitude, expliqua-t-il en ajoutant un sourire à la fin.

- J'avais remarqué, fit Bonnie en lui rendant le mug avant d'aller se faire du café à la cuisine.

- J'ai trouvé le sort que ma mère a utilisé sur Alaric, reprit Kol en se tournant un peu pour qu'elle puisse le voir. Tu veux être une chasseuse de vampires super spéciale ? Je peux te transformer.

Bonnie rit sans le regarder.

- Le fait que ce soit écrit dans un livre ne veut pas dire que tu peux le faire.

- Je peux te faire croire que je l'ai fait, répliqua-t-il fièrement.

Bonnie s'adossa au comptoir en buvant son café.

- Ce sort que tu as lancé avec la bague quand j'étais retenue dans le Bayou… Ça, c'était quelque chose, admit-elle.

- C'est pour ça que tu n'arrives pas à dormir ? Parce que tu n'arrêtes pas de penser à mon côté incroyable qui devient terriblement attirant ?

Bonnie secoua la tête.

- Je n'arrête pas de penser à combien cette Geneviève était puissante. Elle détruisait toute vie autour d'elle : le sol qui l'entourait était noir, tout était mort et j'ai cru que j'allais le devenir aussi à la façon dont les choses tournaient.

- Ta mort n'est pas une option, chérie, affirma Kol.

Elle lui rendit un long sourire mais détourna les yeux quand quelques pensées perturbantes lui vinrent à l'esprit, les autres pensées qui la gardaient éveillée et qu'elle n'était pas prête à partager avec lui.

- Eh bien, elle ne devait pas être si forte puisqu'elle n'a pas été capable de complètement briser le lien entre Davina et Selene. Au final, quand Elijah a tué Selene, Davina est quand même partie avec elle, reprit Kol avant de retourner à son livre.

- Ouais… Et puis il y a ça, fit Bonnie en retournant vers le canapé et lui. Elle m'a pratiquement fait saigner jusqu'au cerveau mais elle n'a pas pu briser un sort comme je l'ai fait pour Klaus quand on était à Mystic Falls, un sort qui m'a pris moins de 10 minutes à faire ?

Là, c'était à son tour de paraître fière.

- Elle avait besoin de la lame pour récolter les pouvoirs de Selene et Davina si elle les tuait mais elle devait savoir qu'elle n'arriverait jamais à maîtriser Nik… supposa Kol en penchant la tête.

Bonnie haleta.

- Les pouvoirs que Davina a récoltés… Ils sont toujours dans ces bois parce que Klaus a empêché Geneviève de compléter la moisson.

- Je suis actuellement envahi pas la sensation que je ne vais pas aimer ce qui est sur le point de sortir de tes lèvres sexy, déclara Kol en redoutant déjà sa prochaine phrase.

- Je veux compléter le rituel de la moisson moi-même.

- Si on ne tient pas compte d'à quel point tu sembles torride à ce moment précis, tu as l'air d'avoir perdu la tête, lui opposa-t-il.

- Si elle complète ce rituel elle sera encore plus puissante qu'elle l'est déjà et je préférerai ne pas avoir quelqu'un comme ça à traîner dans la Nouvelle-Orléans, prête à nous mettre à terre.

Kol plissa les yeux vers elle pendant une très longue pause silencieuse, puis il choisit ses mots avec précaution.

- Tu ne sais pas comment accomplir correctement un rituel de moisson et tu ne sais pas si tu es capable de contenir autant de pouvoir.

- Ce n'est pas toi qui as toute cette estime pour les sorcières ? Je suis sûre que tu connais quelqu'un qui peut nous aider à combler les espaces vides.

Il n'était pas insensible au cran qu'elle lui montrait, le même que celui qu'elle lui avait montré ce jour-là, au gymnase, quand il avait essayé de la tuer.

- Je connais bien quelqu'un, Bonnie, mais Davina a récolté lignée après lignée : ça pourrait être un problème d'essayer de gérer tout ce pouvoir toi-même.

Elle l'effraya un peu quand son expression changea pour prendre le plus sérieux regard de défi.

- J'ai été possédée par des esprits en colère, utilisée par Silas et Shane, j'ai maîtrisé la magie de l'Expression, je suis morte deux fois et j'ai survécu à l'autre côté, j'ai aussi survécu à chaque attaque de la famille Mikaelson et j'ai appris comment ne pas laisser la magie noire me changer et… énuméra-t-elle en se levant du canapé avec un regard furieux… je sors avec toi. Je peux gérer une moisson.

- Je connais un type, répondit-il simplement, conscient qu'il ne pouvait pas la contredire.

- Je vais chercher mes bottes, dit-elle avec un sourire avant de partir vers sa chambre.

Klausy était réveillé, à présent, et il avait la tête posée contre la jambe de Kol et l'observait de ses grands yeux noirs. Kol regarda le chien.

- Toi, observe-les juste tous tout me mettre sur le dos quand les choses tourneront mal.

Klausy aboya une fois en signe de compassion.


Caroline s'appuya contre Klaus tandis qu'ils se tenaient en arrière pendant que Marcel finissait la tombe. Il enfonça la pelle une dernière fois dans un petit amoncellement de terre et jeta la terre par-dessus la nouvelle tombe, puis il la fixa simplement du regard, perdu dans des pensées qui n'appartenaient qu'à lui.

Camille sourit à Caroline et se dirigea vers Marcel. Même s'il ne la regarda pas quand elle lui prit la main, il referma quand même fermement ses doigts autour des siens.

C'était un moment qui leur appartenait et Klaus et Caroline savaient qu'il était temps de partir. Ils quittèrent le petit cimetière privé de la même façon qu'ils s'y étaient tenus : avec le bras de Klaus autour des épaules de Caroline, et elle se blottit contre lui.

- Je ne la connaissais pas mais c'était dur, admit-elle.

- Je ne crois pas que Marcel ait jamais transformé quiconque… fit Klaus en paraissant profondément sidéré.

- Une autre âme complexe, souffla Caroline.

- L'histoire que Selene m'a racontée un jour à propos de Marcel n'était peut-être pas entièrement vraie mais je crois qu'elle connaissait quelqu'un qui a été transformé et s'est perdu dans un monde d'obscurité que Marcel a dirigé. Il a dû y avoir des centaines d'histoires comme celle qu'elle m'a racontée et il n'était probablement pas au courant ou s'il était, il ne s'en est jamais soucié.

Caroline s'arrêta pour pouvoir regarder Klaus.

- Il savait ce qui se passait ici. Quand Rebekah et moi avons commencé à nous battre contre sa bande, il y avait des fêtes organisées où ils invitaient des touristes, ils se nourrissaient d'eux vers minuit comme dans un mauvais cliché puis les soignaient. Ils les hypnotisaient à partir sans la moindre idée de comment ils avaient été utilisés. Je respecte sa douleur due à la perte de Davina mais je ne vois aucune raison de l'apprécier.

- Donc c'est ce que tu faisais pendant toutes ces rencontres secrètes avec Bekah… fit Klaus avec un sourire laissant apparaître sa fierté.

- Je nettoyais la ville de la bande de Marcel avec Rebekah.

- Et comment comptes-tu garder ses hybrides sous contrôle ? résonna la voix de Marcel lorsqu'il s'approcha d'eux.

- Je ne les ai pas vus faire quoi que ce soit de méprisable, répondit-elle calmement.

- Ton amour pour lui te rend aveugle et même tellement convaincue qu'il ferait un meilleur boulot dans ce rôle, mais je connais Niklaus depuis plus longtemps que toi. Il est capable de te laisser sans voix quand tu t'y attends le moins, mais sors de ta rêverie romantique, Caroline : un jour viendra où il fera passer son plan ou sa famille avant toi. Nous ne sommes pas différents, peu importe combien tu essayes de nous distinguer. Après tout, tout ce que j'ai appris, je le tiens de lui, déclara amèrement Marcel avant de se préparer à partir.

- Ce n'est pas la faute de Nik si Davina est morte, rétorqua Caroline en plissant les yeux, contrariée.

- Bien sûr que non, fit Marcel, la main sur le torse en faisant semblant d'être choqué. Il héberge la sorcière qui aurait pu la sauver, il tue mes vampires et prend le contrôle de la ville avec ses frères et sa sœur et tous ceux que j'ai un jour connus ou aimés se font tuer au passage mais ce n'est la faute de personne.

- La ville n'est pas un jouet que tu peux maintenir sous des règles, tu ne peux pas dicter comment les gens vivent leur vie et ils ne devraient jamais être forcés de choisir un camp parce qu'ils sont nés d'une certaine manière. Qui es-tu pour ordonner aux sorcières de se taire ou aux loups-garous de quitter la ville parce qu'ils ne sont pas des vampires comme toi ?

Marcel ricana de son discours fier.

- Que crois-tu qu'il faisait tout ce temps ? Il a une Suprême sous la ceinture, une armée de soldats et il a même une femelle Alpha. Je te garantis qu'il est prêt à prendre la ville et à la diriger comme son royaume. Il t'a même suffisamment assombrie pour que tu acceptes tout ce qu'il attend de toi, se moqua-t-il avec malveillance.

Caroline ne vit qu'une ombre floue lorsque Klaus frappa Marcel si violemment que du sang jaillit de son nez mais elle l'empêcha de le frapper une seconde fois. Elle le fit reculer et toucha ses traits colériques avec un sourire apaisant.

Et lorsqu'elle fit face à Marcel, elle durcit son expression.

- Je ne te crois pas… Larcel.

Marcel enleva le sang de son visage d'un geste brusque.

- Je sais ce que je dis… Tout ça ? On l'a planifié pendant des siècles mais c'est moi qui ai construit ce royaume, pas lui.

Camille pressa Marcel d'arrêter, inquiète que Klaus puisse réellement le blesser, mais il resta debout, le menton relevé, et regarda Klaus.

- Personne d'autre que toi n'a condamné Davina. Je t'ai demandé de me faire confiance mais tu as choisi de ne pas le faire.

Marcel rit amèrement, choisissant une fois de plus de ne pas le croire.

- C'est ce que tu veux ? D'accord, c'est à toi, profite bien de ton royaume mais laisse-moi être clair sur un point : tu n'auras jamais ce que j'avais. La loyauté. Tu ne peux pas l'acheter, tu ne peux pas la posséder, tu ne peux pas la forcer. Ça vient seulement de l'amour et du respect pour les gens qui croient en toi. Tu m'as appris beaucoup de choses, Niklaus Mikaelson, mais ça je l'ai appris par moi-même, je l'avais avant que tu n'amènes Silas et les problèmes de celle-là ici, fit-il en désignant Caroline de la tête avec rancune. J'ai tout perdu parce que vous avez décidé de vous installer dans ma ville mais tu n'auras jamais ce que j'avais.

Il s'éloigna enfin quand Camille lui demanda une nouvelle fois de partir.


- C'est qui ce type, au fait ? demanda Bonnie en s'étirant les bras, fatiguée après un trajet de deux heures vers un petit bar louche à l'extérieur de la Nouvelle-Orléans.

- Il s'appelle Luther mais tout le monde l'appelle Books. Il connaît un peu de tout et je le connais depuis pas mal de temps : c'est un sorcier nul mais une bible ambulante sur la magie.

Ils étaient sur le point d'atteindre le bar quand un petit homme corpulent en sortit. Il était en train de fumer une cigarette et regarda nonchalamment autour de lui, les remarquant lorsqu'ils s'approchèrent.

- Comment vas-tu, Books ? demanda Kol avec un sourire.

La cigarette trembla dans sa main et avant qu'ils n'aient fait un autre pas, il sauta par-dessus la balustrade et courut vers l'arrière, où se trouvait sa voiture.

- C'est pas un de tes fans ? demanda Bonnie d'un air taquin.

- Peut-être qu'il ne m'a pas reconnu, répondit froidement Kol.

Bonnie regarda l'homme en train de courir et leva la main. Il se plia instantanément de douleur et avant qu'il ait pu se redresser, Kol le plaqua contre une voiture.

- Kol ! Je ne t'avais pas reconnu, dit-il avec un petit rire terrifié.

- Qu'est-ce que je te disais, chérie ? lança Kol avec un large sourire.

Bonnie sourit tout en observant l'homme perdre du poids rien qu'en étant tenu fermement par la main de Kol.

- Peu importe ce qu'ils ont dit que j'avais fait, c'est pas moi, essaya de se défendre Books.

- Je veux en savoir plus sur la moisson.

- Oh, fit Books en regardant Kol avec étonnement. De la magie ancestrale ?

- Commence à parler, Books, lança Kol en le menaçant seulement du regard.

- J'ai entendu dire que tu étais revenu différent, dit Books en plongeant sa main dans sa veste.

C'était stupide de penser qu'il aurait pu blesser Kol avec un couteau de poche et Kol soupira de ce manque de respect. Il attrapa la main de Books alors qu'elle était encore en l'air et presque comme si ça ne lui demandait aucun effort, il tordit la main de l'homme et enfonça la lame dans son épaule.

- Oui, je suis revenu avec beaucoup moins de patience, cracha Kol.

- D'accord, d'accord, fit Books dans un râle. Les rumeurs étaient fausses : tu es toujours le plus cinglé de cette famille de dingues.

- Merci. Maintenant, pour la dernière fois, parle.

Books acquiesça avant de s'exécuter.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? Ça concerne du vol de magie que tu n'as pas toi-même. Personne ne se contente de ce qu'il a hérité, alors ils font un rituel pour récolter les lignées de sorciers d'autres familles sacrées : ça fait partie du quotidien, à la Nouvelle-Orléans.

- Qu'est-ce que ce lieu a de si spécial ? le coupa Bonnie.

- Je suis désolé, je ne t'avais pas remarquée, dit Books en flirtant avec elle en lui faisant un clin d'œil avant de se tourner vers Kol. Tu as toujours les plus sexys, lança-t-il en commençant à rire comme un damné.

Kol rit sèchement, faisant davantage rire l'autre homme, puis fit tourner le couteau dans l'épaule de Books. Celui-ci hurla.

- D'accord, d'accord ! Mon Dieu, Kol, ton caractère ne s'est pas du tout amélioré.

- Réponds-lui, exigea Kol.

- La Nouvelle-Orléans a l'un des plus grands nombres de morts de toute l'Amérique : l'inondation de 2005 à elle seule a causé des milliers de morts, et si quelqu'un a un sorcier dans sa famille, il y a de fortes chances qu'il ait été tué ici, à la Nouvelle-Orléans. C'est tout ce qu'il faut : une mort violente et tu peux profiter de cet esprit en colère qui ne traversera pas et voler des pouvoirs. Si on peut être sûr d'une chose, c'est que personne ne meurt paisiblement dans cette ville. Tout prétendu sorcier sait comment tromper la mort, que ce soit avec le Vaudou ou la bonne vieille magie de grand-mère.

- Comment puis-je créer une moisson ? demanda sérieusement Bonnie.

Books écarquilla les yeux.

- Oh, je comprends mieux, elle est aussi folle que toi, dit-il en se tournant vers Kol.

- Veux-tu partir d'ici avec le plein usage de ce bras, Books ?

L'homme acquiesça.

- Alors, d'abord il te faut un groupe de personnes mortes, ce qui veut dire que tu dois en tuer quelques-unes ou lancer le rituel là où beaucoup de personnes sont mortes, et ensuite tu dois en appeler aux matriarches de la lignée que tu veux usurper. Je suppose que cette fille aux yeux verts essaye de récupérer une lignée qui ne lui revient pas de droit… fit-il en tournant le regard vers le visage de Kol.

- Il y a une sorcière appelée Geneviève… déclara Kol au lieu de directement lui répondre.

Books perdit complètement son sourire.

- Ça, c'est une rousse dont vous devez rester loin : elle se prépare pour une guerre, celle-là, et elle est plus cinglée que tu l'es.

- Quelle guerre ? demanda Bonnie en se rapprochant d'eux.

- Les Voyageurs ont afflué en ville comme du bétail et ils veulent récupérer leur autonomie, ils ne sont vraiment pas contents de la façon dont ils sont restreints pour faire de la magie : ça ne marche pas à moins qu'ils soient en groupe. Et il y a aussi les locaux qui se nourrissent des morts pour pratiquer la magie. Ils profitent des lignées qui flottent à la Nouvelle-Orléans pour pratiquer mais avec les Voyageurs qui tiennent ce pouvoir ils devraient leur demander la permission. Les Ancêtres sont de toute évidence contrariés.

- Qu'en est-il des Suprêmes ? demanda Bonnie, plus faiblement cette fois-ci.

Books était vraiment affecté par ce sujet.

- C'est une espèce totalement différente.

- Comment ça ? insista Kol, pas trop familier avec ce sujet non plus.

- Les Suprêmes sont des déesses, celles pour qui les Grecs et les Romains ont construit des temples. Elles descendent des origines de la magie elle-même. Quand les Voyageurs ont besoin d'une confrérie pour pratiquer et les sorciers des Ancêtres ont besoin d'un lieu hautement magique, les Suprêmes n'ont besoin de rien : leur magie est naturelle, elle coule dans leurs veines et elles peuvent réduire en cendres une ville entière juste en y pensant. On parle de gens qui peuvent maîtriser n'importe quel type de magie n'importe où, exécuter du Vaudou ou de la magie noire aussi facilement que je suis en train de saigner de cette épaule, maîtriser ce royaume et le monde spirituel tout en prenant le petit-déjeuner, et ils peuvent le faire à la Nouvelle-Orléans en Europe ou sur la Lune, il n'y a aucune limite pour une Suprême.

- Comment devient-on une Suprême ? murmura Bonnie.

- On naît comme ça, répondit Books en commençant à s'inquiéter de ces visiteurs. Geneviève n'est pas une Suprême mais vous ne devriez pas plaisanter avec elle… Elle a la main sur la lignée de la plus grande confrérie qu'il y ait jamais eu à la Nouvelle-Orléans. Ils étaient aussi près des Suprêmes que possible dans leurs domaines : Papa Tunde était un maître du Vaudou, Bastiana une Ancêtre et Markos le plus puissant Voyageur de son époque.

- Qu'en est-il de Silas ?

C'était au tour de Kol de poser des questions.

- Eh bien, il y a aussi les gamins qui allument des bougies avec l'esprit et adorent Satan. Tout le monde fait de la magie en ce moment mais vous ne pouvez pas attendre de moi que je vous parle de chaque lignée de sorciers qui existent, vous devez vous inquiéter des grandes maisons de pouvoir, pas des amoureux de Harry Potter.

- On doit en savoir plus sur Geneviève, déclara Bonnie.

- Écoute la fille aux yeux verts, elle a raison. Et si vous voulez vraiment tout savoir sur elle, vous devriez aller à Laplace : c'est là qu'elle a construit un autel pour ton frère Klaus. Elle est obsédée par lui et elle a occupé le domaine que ta famille avait avec son sac de puces.

Kol s'éloigna de l'homme sur le point de s'évanouir.

- Ne te vide pas de ton sang, Books : je pourrais avoir encore besoin de toi.

L'homme sourit faiblement.

- C'est toujours si bon de te voir, Kol : je repars toujours en saignant, soupira-t-il, abattu.

Bonnie et Kol retournèrent à la voiture en marchant dans un lourd silence. Elle était en train de se frotter les mains en essayant de faire le point sur les récentes découvertes.

- Laplace est juste à quatre heures de route, on pourrait y être ce soir, passer la nuit dans un motel et vérifier le domaine demain matin, suggéra Kol.

Bonnie passa la main sur sa nuque, la frottant anxieusement.

- Un voyage par la route… et avec une nuit entière devant nous. Ok, Kol, il faut qu'on parle de quelque chose… Il faut que je te parle de quelque chose à propos de moi et de mon expérience pas si énorme sur… quoi que ce soit et…

Elle en était à baragouiner.

- Bonnie, je sais, dit Kol avec un sourire chaleureux.

- Tu sais ? fit-elle en le regardant, perplexe et légèrement horrifiée.

- Je l'ai compris quand on était encore de l'autre côté : la façon dont tu étais si incroyablement mal à l'aise chaque fois que je faisais allusion au sexe était très parlante.

Bonnie déglutit bruyamment.

- Je vois… fit-elle en le regardant avec appréhension.

Son sourire n'était ni pédant ni sarcastique ou quoi que ce soit du genre auquel elle était si habituée chez lui. Elle s'abandonna à cet horrible tremblement qui l'envahit quand il se rapprocha d'elle.

Il lui mit tendrement la main sur la joue et se pencha pour l'embrasser. C'était un baiser doux, ce qu'elle osa presque dire d'une façon compréhensible mais elle n'en était pas sûre. Kol garda ses lèvres collées aux siennes, prolongeant cet incroyable baiser, et elle ne put que sourire quand il s'écarta finalement de ses lèvres.

- Tu m'expliques ? s'aventura-t-elle à lui demander.

Kol lui prit la main et plaça les clés de la voiture dans sa paume.

- Pourquoi ne conduirais-tu pas à partir de maintenant… ? proposa-t-il en lui caressant tendrement la joue comme si elle était là pour être enflammée par ses doigts. La vitesse à laquelle tu veux aller et où tu veux qu'on aille ne dépendent que de toi, chérie, déclara-t-il en souriant.

Il déplaça ainsi le feu de sa joue droit vers son cœur, qui battait vite quand il fit le tour vers la place passager, et elle sourit finalement avant d'aller à la place du conducteur. Elle tremblait encore quand elle démarra mais elle était aussi totalement étourdie par son attitude inattendue.


- Je te crois, dit Caroline pour ce qui lui semblait être la centième fois.

Klaus avait écouté toutes les autres fois mais tout comme avant il lui sourit à peine. Elle en eut assez et s'arrêta devant lui en croisant les bras.

- Est-ce que je dois te secouer pour que tu commences enfin à réagir ?

- Je veux te montrer quelque chose, fit Klaus en lui tendant la main.

Caroline n'était pas entièrement convaincue mais elle lui prit la main. Ça la fit rayonner qu'ils se promènent main dans la main et il l'emmena directement vers le balcon extérieur dans la cour une fois qu'ils furent arrivés à la maison.

Il se plaça derrière elle et désigna une maison devant eux. C'était un peu abandonné mais elle voyait où il voulait en venir.

- C'est la maison que je veux pour nous, dit-il derrière elle.

- Pourquoi ? demanda-t-elle en haussant les épaules, lui laissant le bénéfice du doute avant de le faire taire.

- Pour commencer, elle est plus grande que celle-ci et les chambres ont plus de place entre elles donc on aurait plus d'intimité que maintenant.

Caroline en avait vu assez et elle se retourna pour lui faire face.

- J'aime bien celle-là : elle est grande et les chambres ne seront pas un problème parce que j'ai demandé à Bonnie de jeter un sort pour que les autres n'entendent pas ce que tu me fais, déclara-t-elle en haussant les sourcils.

- Elle a besoin d'un peu de travaux mais elle ferait une maison splendide, insista Klaus.

- Notre premier baiser s'est déroulé dans cette maison, je n'en veux pas une autre.

À contrecœur, il abandonna l'autre propriété.

- Je vais quand même réarranger la chambre principale : tu as besoin de plus de place pour tes robes.

Caroline rit de son regard à demi accusateur.

- As-tu vu la taille de ma chambre à Mystic Falls ? D'ailleurs, je ne veux rien d'autre : j'ai mes amis, ma mère est ici et tu es ici. Je veux cette maison juste comme elle est.

Elle le rassura avec un baiser qui se fit incendiaire avec la passion de Klaus en réponse à son initiative. Deux langues qui se connaissaient si bien, qui savaient quand plonger et quand se rétracter l'une de l'autre, quand taquiner et quand se rendre, s'unirent en un parfait jeu de fusion. Bien sûr, le balcon était le dernier endroit où s'embrasser mais ce n'était pas la première fois qu'ils s'y embrassaient et ce ne serait pas la dernière.

Caroline donna suite à son amour pour la nuque et les cheveux de Klaus tandis qu'il la collait à lui en posant sa main juste sous son omoplate. Elle sourit contre ses lèvres parce qu'elle était en train de gagner cette partie en lui réchauffant la nuque avec un toucher qu'il ne connaissait pas avant elle : il était étranger à l'amour avant Caroline.

Et elle veilla à ce qu'il sache à quel point elle était sérieuse et honnête à propos de lui et de ce qu'ils avaient : son toucher et ses baisers, le nombre incalculable de fois où elle disait à quel point elle l'aimait finiraient par rentrer un jour et lui feraient croire en elle. Elle comptait là-dessus et elle lui caressa les cheveux tout en plongeant son regard dans ses yeux bleus.

Elle lui avait résisté suffisamment longtemps, à présent elle voulait seulement être heureuse avec lui.

- Quelles pensées incessantes te passent à l'esprit, Caroline ? demanda-t-il en traçant le contour de son front avant de jouer avec quelques mèches de ses cheveux.

- Tu as toujours été si doué pour lire en moi, le défia-t-elle avec un adorable sourire.

Il sourit un peu.

- Peut-être es-tu en train de penser à une façon de me convaincre de te soutenir tandis que tu prends le contrôle de la ville et la place de Marcel, seulement pour lui prouver que tu es mieux taillée pour diriger la ville… ma reine.

Les yeux de Caroline pétillèrent à ce surnom mais elle nia de la tête, à la stupéfaction de Klaus.

- En fait, j'ai bien aimé le surnom de Marcel. Si je peux choisir, je veux être la femelle Alpha. C'est quelque chose qui voudrait dire que je n'appartiens qu'à toi : n'importe qui peut être reine quand tout le monde prétend être roi mais il n'y a qu'un seul mâle Alpha.

Sa voix était juste rauque et séductrice et elle semblait simplement extraordinaire aux yeux de Klaus : son souffle était irrégulier, il était excité, bouleversé et tout ce qu'il y a entre les deux, et tout se voyait sur son visage.

Cruellement, un téléphone commença à sonner et ils se séparèrent l'un de l'autre, au moins un peu car Caroline appréciait son côté insurgée et elle décida de lui embrasser le cou pendant qu'il tentait de répondre à Stefan.

- Qui a disparu ? demanda-t-il en fermant les yeux à cause des douces lèvres de Caroline contre sa peau.

Elle ne prétendit bien se tenir que pour pouvoir écouter la conversation. Klaus éloigna un peu le téléphone de son oreille.

- On a suivi une piste et Liz a foncé vers une église au milieu de Ste Anne ou quelque chose du genre et quand on est arrivés là-bas, il y avait du sang et le prêtre avait disparu : c'est le Père Kieran.

Caroline regarda Klaus, choquée.

- Est-ce que ma mère va bien ? demanda-t-elle à Stefan.

- Elle est en train de plonger des balles dans de l'eau bénite, j'ai peur de lui dire que ça ne fera rien du tout…

Caroline serra les lèvres et Klaus atténua son inquiétude en disant à Stefan qu'il allait les aider à chercher le Père Kieran et Damon. Elle sourit, heureuse qu'il fasse ça, et l'embrassa tendrement quand il quitta la maison, s'attardant un peu sur le balcon pour l'observer partir.


Klaus ne devrait probablement pas sourire comme ça en arrivant à l'église : Stefan ne serait peut-être pas de la même bonne humeur que lui alors qu'il avait passé des heures à chercher Damon sans succès.

Mais la décontraction s'évanouit rapidement quand Klaus sentit des pas le suivre de près. Il tourna dans une allée pour pouvoir coincer le stupide adversaire mais quand il fonça en arrière en poussant quelqu'un contre un mur, il fut perplexe.

- Tu as l'air étonné.

- Je me sens déçu, fit Klaus en relâchant Marcel.

- Je suis venu proclamer la guerre, dit froidement ce dernier.

- Je suis arrivé dans cette ville avec un unique but : récupérer ma famille, nous unir comme nous l'avons été autrefois. C'est la seule chose qui m'ait poussé à me tenir ici aujourd'hui, Marcel, avec réussite. Je n'ai peut-être rien de ce que tu as eu un jour mais ma famille n'est plus une famille de substitution. Ils sont mes véritables frères et sœur et je me suis battu suffisamment longtemps pour les avoir tous sous le même toit, tout comme je me suis battu pour Caroline. Tu as encore la barmaid et elle semble t'apprécier, alors détourne-toi de moi et va vers elle.

- Es-tu en train de renoncer à moi en tant que ton fils ?

Klaus prit une profonde inspiration avant de parler.

- Un homme ne peut être défini par personne d'autre que par lui-même.

Marcel ne fut pas capable de regarder Klaus dans les yeux. Il se retourna lentement sans un mot.

Klaus fit de son mieux pour ne pas laisser ses émotions jaillir à la surface mais il serra les dents quand il vit les muscles de Marcel travailler et il réalisa que l'autre homme était en train de prendre quelque chose. Ce fut si rapide que Klaus eut à peine le temps de vraiment ressentir une désillusion ébranlante tandis que Marcel se retournait et fonçait vers lui avec une lame dans les mains.

Ce ne fut pas difficile pour Klaus d'esquiver l'assaut et il enfonça son coude au milieu du large dos de Marcel. Le grand vampire lança le coude droit dans le visage de Klaus et l'atteignit violemment.

Il y eut un coup de poing que Klaus évita en bougeant la tête mais il ne put éviter une méchante coupure que la lame lui fit au visage quand Marcel le surprit avec une frappe venant du côté opposé.

Marcel retenait ses émotions dans un coin de sa tête en agrippant la lame et il essaya de trancher la gorge de Klaus. Ce dernier lui avait appris à se battre mais Marcel s'était amélioré avec le temps et l'hybride dut passer au niveau supérieur pour stopper Marcel.

Il prit son bras et le claqua contre son genou relevé. Le bras cassé, Marcel lâcha la lame d'une main mais parvint à l'attraper avec l'autre et ce fut seulement à ce moment que Klaus réalisa combien les choses étaient devenues floues. Il reconnut le faible venin dans ses veines mais ce n'était pas assez fort pour le soumettre.

Marcel savait que le venin de la lame de Bastiana était en train d'agir et il hurla en attrapant Klaus avec lui pour foncer contre le mur derrière eux. Klaus s'y écrasa violemment mais il plongea la tête contre le visage de Marcel, le surprenant. Ce dernier récupéra cependant rapidement et il fit voler Klaus contre un autre mur. Lorsqu'il se reprit pour se relever, Marcel le frappa droit dans le visage avec un puissant coup de pied.

Klaus arrêta un deuxième coup de pied et envoya Marcel au sol en le retournant en l'attrapant par le pied. Il enjamba Marcel en lui donnant de violents coups de poing, coup après coup, faisant saigner et succomber son adversaire sous ses mains.

Marcel cracha du sang lorsque Klaus arrêta de le frapper. Klaus bougea juste assez pour prendre la lame des mains de Marcel et la posa contre son cou. Klaus força ses traits à se fermer et garda un visage vide d'expression en levant la lame, se préparant à la rabaisser pour trancher la gorge de Marcel.

L'autre homme ferma les yeux, attendant le coup fatal, mais Klaus cria en enfonçant la lame dans le sol à côté du visage de Marcel. Il eut l'air blessé lorsqu'il se retrouva incapable de mettre un terme à la vie de Marcel, même après son comportement exécrable et ses constantes trahisons.

Klaus fit reculer son envie de libérer ses émotions lorsqu'il toucha son nez ensanglanté de la paume de sa main en fixant Marcel du regard. Il se prépara lentement à s'écarter de lui quand une douleur aiguë le laissa paralysé et ça lui prit beaucoup de temps pour réaliser que Marcel avait enfoncé une autre arme cachée dans ses côtes.

Klaus baissa les yeux sur le couteau en perdant rapidement connaissance tandis que Marcel faisait remonter l'arme jusqu'à son cœur avant de basculer, tombant au sol, impuissant.


- Mais l'église n'est pas si loin d'ici… s'étonna Caroline, perdue par l'appel de Stefan affirmant que Klaus n'était pas encore arrivé. Je vais l'appeler, lui dit-elle avant de composer le numéro de Klaus dès qu'elle eut raccroché.

Après quelques sonneries, une voix féminine répondit.

- Téléphone de Niklaus Mikaelson, puis-je vous aider ?

Caroline reconnut instantanément la voix.

- Pourquoi as-tu son téléphone ? demanda-t-elle, les dents serrées.

Geneviève sourit en regardant la table à laquelle elle avait attaché Klaus.

- J'ai décidé de m'amuser un peu avec ton amoureux, j'espère que ça ne te dérange pas… répondit-elle en faisant traîner ses doigts le long du magnifique torse qu'elle avait exposé pour son plus grand plaisir.

Caroline haleta, atterrée.

- Où est mon Klaus, salope ?

- Oh, je suis désolée… Tu as probablement besoin d'une preuve que je l'ai, dit-elle en tirant méchamment le couteau de Papa Tunde hors de sa poitrine, le réveillant. Dis bonjour à ta petite amie… murmura-t-elle en faisant courir un doigt sur son torse.

Lorsqu'elle le fit, une étrange ligne rouge sembla former un arbre dont les branches s'étendaient vers ses veines, lui envoyant une vague de douleur atroce. Klaus hurla dans le lieu fantomatique où elle le retenait.

- Nik ! hurla en réponse Caroline dans son téléphone.

Il fusilla Geneviève du regard avec une respiration irrégulière lorsqu'elle lui adressa un sourire séducteur, puis les yeux fous de Geneviève scintillèrent de malveillance quand elle enfonça le premier couteau que Marcel avait utilisé sur lui. La façon dont il se logea à côté du cœur de Klaus envoya une autre brûlure insupportable dans son corps et il se tortilla sur la table.

- Nik ! appela encore Caroline avec une horrible vague de larmes se ressentant dans sa voix. Laisse-le tranquille, pourquoi le blesses-tu ? demanda Caroline, les larmes aux yeux.

- Je te le rendrai quand je me serai suffisamment amusée…

Geneviève jouait avec les deux alors qu'elle imaginait le désespoir de Caroline allant avec le regard haineux que Klaus lui envoyait. Elle caressa la joue mal rasée et rugueuse de Klaus et un frisson la parcourut.

- Il est si beau

- Enlève tes mains de lui, cria Caroline en repoussant ses larmes et en embrassant sa colère. Pourquoi nous fais-tu ça ?

Au lieu de répondre, Geneviève entrelaça ses doigts autour du couteau, touchant le cœur de Klaus et faisant jaillir un autre hurlement horrible.

- Nik, je vais venir, je vais te trouver, tu m'entends ? fit Caroline, suffisamment fort pour qu'il l'entende. Je vais chercher Elijah et on va te trouver.

- Nous sommes sur une terre consacrée alors ne t'embête pas avec les sorts de localisation et j'espère vraiment que tu vas nous trouver longtemps après que j'ai eu plein de bon temps avec Nik…

- Je te trouverai, Gene-vieille, et je t'ouvrirai comme une dinde à Noël, promit Caroline avec un courroux venu droit des flammes de l'enfer.

Geneviève mit fin à l'appel avec une moue paresseuse.

- Elle est fougueuse…

Klaus grogna sur elle, ce à quoi elle répliqua en haussant les épaules.

- Mais je suis le feu à l'état pur, dit-elle en posant la paume de sa main sur son torse, envoyant une autre vague de douleur perçante à travers ses veines, parce que ces lignes rouges étaient comme le feu lui-même, brûlant en s'étendant à tout son corps.


Bande sonore :

House of gold - Twenty one pilots

One way or another - Blondie

Team - Lorde

If your poison gets you - Frank Black

2 kinds of men - Marta Ren & The Groovelvets

The King and all of his men - Wolf Gang

Only love can hurt like this (Off the cuff) - Paloma Faith

Miss Alissa - Eagles Of Death Metal