Titre: The Basket Case
Auteur : Stray
Base : Harry Potter
Couple : PP x DM HP x DM
Disclaimer : Les persos principaux ne m'appartiennent pas, ils sont à JK Rowling. L'histoire en elle-même appartient à Stray, il n'y a que la traduction qui soit de moi.
The Basket Case
By Stray
Chapitre 36
« - Vous sortez pique-niquer ? » Podmore les aborda alors qu'ils s'apprêtaient à partir pour Poudlard. Peut-être que cela avait quelque chose à voir avec le panier tressé, rembourré avec une serviette à carreaux, que Potter avait emprunté à Madame Weasley pour transporter la Pensine.
« - Nous allons récupérer mes souvenirs. » Lui dit Draco. En fait, ce n'était pas une mauvaise idée de prendre le guérisseur avec eux lors de l'excursion.
« - Je pensais que tu les avais déjà retrouvé. » Podmore fronça les sourcils. Draco devina qu'il n'était pas au courant de leur plan stupide. Non, en fait, le plan n'avait pas été stupide, Draco avait eu un rôle dans l'élaboration de ça après tout, mais la mise en place aurait pu être mieux pensé.
« - Si vous voulez venir avec nous, vous avez exactement dix secondes pour vous emparer de ce panier. » Lui dit Potter, un œil fixé sur les secondes qui défilaient sur l'horloge murale. Podmore n'hésita pas une seconde à faire ce qu'il lui dit. Il n'y avait pas d'erreur, il avait été un Gryffondor autrefois, pensa Draco, mais il ne put faire une grimace quelconque car il se sentit soudain aspiré par le nombril, et il eut l'impression que l'effet fut presque deux fois plus fort qu'un voyage en Portoloin normal. Il aurait dû penser à enquêter sur la façon dit un Portoloin agissait sur une personne enceinte, mais il était certain que Podmore le lui aurait dit si ça avait été dangereux pour lui.
Après l'atterrissage, Draco lâcha le panier, laissant Potter le porter, et puis se retourna. Il aurait dû se trouvait en face des Trois Balais ou un autre établissement dans ce genre normalement, mais ne voyant pas de paysage reconnaissable devant lui, il se sentait un peu désorienté. Il ne pouvait pas voir le village sorcier autour de lui. Ils étaient près d'une forêt, de sorte qu'il devinait que Potter les avait fait apparaitre dans un endroit avec moins de passage, peut-être de l'autre côté de Poudlard et il se mit à avancer lentement et prudemment, parce que le terrain légèrement en pente était spongieux et l'eau en surface avait gelée, ce qui rendait la boue et la neige très glissantes. Même en étant prudent, il tomba presque, mais Potter et Podmore saisirent ses bras avant qu'il ne puisse s'effondrer au sol.
Quand enfin il se redressa, ses yeux tombèrent sur un spectacle qu'il n'avait pas vu depuis plusieurs années. Ça lui coupa le souffle, et il comprit que ses souvenirs étaient devenus terriblement inadéquat sur la grandeur de ce lieu. L'ancien château avec ses tourelles et des centaines de fenêtres éclairées se dressait fièrement devant lui, si près qu'il devait presque se pencher en arrière afin d'apercevoir sa plus haute tour.
« - Poudlard. » Soupira-t-il. Son cœur était lourd avec le souvenir de la peur qui lui collait aux os lors de sa dernière année qu'il avait passé à l'intérieur des murs. Il souhaitait que ce souvenir-là disparaisse un peu, hélas, il pouvait aussi se rappeler à quel point il se sentait bien ici. Mais le souvenir était assez présent pour que sa gorge devienne sèche.
Apparemment, le fier et intemporel bâtiment avait le même effet sur les autres aussi, mais probablement pour des raisons différentes, parce que les trois autres s'arrêtèrent un instant pour prendre le temps d'admirer la vue et la beauté de cette construction en grosses pierres.
« - Poudlard. » Le soupir de Potter fit écho à celui de Draco avec une sorte de nostalgie et de tendresse pour le vieux château qu'il avait pu garder malgré tout ce qui s'était passé ici. Draco lui enviait cette capacité.
« - Poudlard. » Dit Granger aussi, comme si ce seul mot expliquait tout.
« - C'est seulement une réplique. » Ajouta Podmore d'un ton désinvolte, de sorte qu'il ne se sente pas exclu de la conversation.
Draco fut sortit de sa rêverie et l'ambiance respectueuse autour de lui fut rompu. Il regarda le Guérisseur avec un air confus. Il entendit Granger dans son dos commencer à rire, et les lèvres de Podmore s'étirèrent en un sourire. Draco secoua la tête. Au moins, il n'était pas le seul qui ne comprenait pas à en juger par l'expression perplexe de Potter qui ne semblait lui aussi pas avoir la moindre idée de ce que les deux autres trouvait de si amusant.
« - Eh bien, nous ne devrions pas rester ici. » Parla de nouveau Podmore et il prit les devants. Ils le suivirent jusqu'à la porte principale, qui s'ouvrit sur eux vu qu'il n'y avait pas de raison de laisser dehors ceux qui ne venaient pas nuire aux habitants légitimes de l'école. Du moins, elles ne réagirent pas quand leur petit groupe passa. Draco avait été un peu inquiet qu'ils ne lui permettent pas de rentrer à l'intérieur, soit en raison de ses actes passés ou parce qu'il y avait encore quelques particules de Magie noire dans son sang à cause de son rituel bâclé qu'il avait effectué sur son enfant.
La dernière fois qu'il était venu ici, c'était durant le mois qui avait suivi la fin de la guerre, après la disparation du Mage Noir et qu'une chasse aux Mangemorts avait été lancée. L'école était alors à cette époque rien de plus que le squelette d'elle-même, dépouillée de la majorité de sa magie et de la protection simplement parce qu'il n'y avait pas eu de sorcier ou sorcière vivants à l'intérieur pour maintenir le flux. Pas même les elfes de maisons étaient restés. Au moins, le château avait conservé assez de magie pour empêcher les Mangemorts d'entrer, car ils auraient pu investir le lieu pour s'y cacher. Il était perplexe sur les raisons pour lesquelles le seul d'entre eux qui avait pu entrer à Poudlard était Draco Malfoy, mais étant du côté de ses parents et du côté des gagnants également, il n'avait pas réfléchit à cette question.
Il était curieux du pourquoi il avait choisi de faire de Poudlard son sanctuaire. Il y avait eu quelque chose qui l'avait appelé dans cet endroit, outre le fait qu'il avait pensé avoir une chance énorme de pouvoir se cacher dans les recoins des cachots de Serpentard, dont personne ne connaissait la véritable profondeur, peut-être pas même Salazar Serpentard lui-même. À l'époque, il avait cru que c'était le sentiment vague de vouloir la fermeture, un besoin d'accomplir un équilibre mental entre ce qu'il avait fait et avait manqué de faire avant de fuir l'école dans la hâte. Il avait vu ça comme un temps pour compter ses pertes, clore ce chapitre de sa vie, de faire le deuil de ses parents et de faire la paix.
Maintenant, cependant, il pensait différemment. Il y avait un sentiment à l'intérieur de lui qu'il ne pouvait pas du tout expliquer, et il savait juste que l'appel qu'il avait ressentit à cette époque était le souvenir inconscient (en vain parce que le sortilège de son père l'empêchait de se souvenir) de la Pensine. Cette fois, cependant, il n'y avait rien pour empêcher sa conscience de former une pensée, et c'est ce qu'elle fit. Elle lui dit que la Pensine était cachée à l'intérieur du château et qu'il sentait un lien d'un sortilège de traçage qu'il avait dû jeter sur elle avant de la transfigurer en un objet inoffensif. Il savait à cette époque que ses souvenirs étaient trop importants pour lui pour simplement s'en débarrasser, de même que s'il survivait à la guerre, il aurait besoin de les récupérer.
Ils marchèrent dans les couloirs en direction du bureau du Directeur. Ils ne pouvaient tout simplement pas pénétrer et fouiller l'école sans la permission de le faire par le Professeur Flitwick. Il avait été convenu que Granger le demande. Flitwick n'avait aucune raison de refuser une faveur au Ministre de la Magie, après tout.
Une fois qu'ils furent hors du bureau du Directeur, Draco réactiva le sortilège et le suivit avec sa baguette alors que les trois autres le suivaient. Heureusement, les cours étaient déjà terminés pour la journée, alors ils n'avaient pas à esquiver les élèves qui auraient inondés les couloirs de l'école. Il était tellement habitué à l'acceptation des différents visiteurs du Terrier au sujet de sa grossesse ses dernières semaines, que l'idée que d'autres le voient ou fassent des remarques sarcastiques sur sa grossesse ne lui vint à l'esprit que maintenant. Ça n'avait peut-être pas été la plus brillante des idées d'aller à la chasse à la Pensine sans y réfléchir. Il aurait probablement été préférable d'attendre le dîner ou le lendemain matin, après que les cours aient commencés. Mais maintenant il était là et il n'y avait pas moyen qu'il revienne à une date ultérieure.
Etonnamment, le sortilège ne le conduisit pas dans les cachots, mais au même étage que le bureau du Directeur, vers une porte qui était beaucoup trop familière à Draco.
« - Oh non. » Grommela Potter. Draco, agissant comme s'il n'avait rien entendu, agita un peu sa baguette pour s'assurer qu'il ne se trompait pas, puis il ouvrit la porte grinçante des toilettes qui avait l'air aussi rarement utilisé qu'au temps où il était venu ici pour la dernière fois.
« - Que faites-vous dans mes toilettes ! » Fit une voix aigüe, l'écho se répercutant sur les murs. Puis dans la seconde qui suivit, Mimi Geignarde apparu à travers la porte d'une cabine. « - Oooh ! » Roucoula-t-il presque instantanément, regardant ses visiteurs. « - Je le savais, tu reviens pour moi. Maintenant, je vois que tu es toujours vivant ! » Il était troublant que Draco ne puisse pas dire si elle parlait à lui ou à Potter, vu que ses yeux virevoltaient entre tous les deux. Elle ne semblait pas remarquer les deux autres.
« - Euh… » Déclara Potter au fantôme, puis décidant que c'était trop difficile de lui faire face, il se tourna vers Draco. « - Où est la Pensine, Malfoy ? » Demanda-t-il.
Draco se concentra à nouveau sur le sort et laissa sa baguette le guider vers un lavabo qui n'avait pas de miroir au-dessus, de l'autre côté du mur. Il agita sa baguette au dessus de la porcelaine blanche. Sa forme se déforma lentement, et l'instant d'après, une Pensine apparu à sa place, rempli d'un liquide clair avec un nombre étonnant de fils blancs et soyeux tourbillonnant dedans. Elle était là, pensa Draco, mais ses jambes devinrent soudainement aussi lourdes que du plomb et il ne pouvait plus bouger. Il ne revint à lui que sur un cri de Mimi.
« - Tu n'es pas venu ici pour me rendre visite ? N'est-ce pas ? Tu es venu pour… ça ! » Et en poussant un dernier cri, elle disparut dans un siphon avec un bruit d'eau éclaboussant partout.
« - Enfin. » Murmura Potter, puis il se tourna vers lui. « - Eh bien, tu ne vas pas récupérer tes souvenirs ? »
Draco hocha la tête avec raideur et fit un pas en avant. Il s'agenouilla à côté de la Pensine et se prépara à faire le voyage dans le passé. Il entendit un bruissement de vêtement et sentit quelqu'un s'agenouiller sur le sol à côté de lui. Potter avait dû réaliser qu'il allait avoir besoin de soutien pour sortir la tête de la Pensine si les souvenirs à l'intérieur s'avéraient trop… captivant. Draco prit une profonde inspiration et sauta le pas.
Il se retrouva dans une masse tourbillonnante de souvenirs : il y en avait un trop grand nombre d'entre eux pour se concentrer sur un seul, et Draco avait un peu de pratique pour éviter d'être capturer par un souvenir alors qu'il fouillait dans la Pensine. Il réussit à rester au-dessus de la masse tourbillonnante et de les classer, c'était un peu comme pratiquer la Legilimancie, sauf qu'il n'y avait pas l'esprit derrière les souvenirs, ni de volonté propre pour diriger le flux de pensée ou essayer de le repousser.
Il feuilleta les fils un par un, ne s'attardant pas trop sur l'un d'eux, ne s'impliquant pas, mais passant assez de temps pouvoir ce qu'il faisait et décidé si oui ou non il devait retourner dans sa tête. Tout y était : les souvenirs enlevé pour pouvoir créer les faux par Granger et soit abandonné au profit de quelque chose de plus développé, soit parce qu'ils ne correspondirent pas à l'ensemble. Il les avait mit à part, révélant les morceaux et il était clair que cela avait été le matériel qu'ils avaient utilisé comme base pour la création. Certains d'entre eux firent rougir Draco, pensant combien Granger avait vu de l'aspect physique de sa liaison avec Harry.
L'émotion désincarnée donnée par Ginny Weasley était là aussi, elle nageait de façon incohérente au milieu du reste, et Draco fut en mesure de la discerner facilement des autres. Il y avait une certaine différence de qualité avec ceux créé par Granger, de sorte qu'il pouvait nettement les séparer du reste de la Pensine. Draco félicita silencieusement Granger pour avoir réussi à l'intégrer aussi bien dans sa conscience car il n'avait pas sentit la différence, même après qu'il ait commencé à soupçonner que quelque chose n'allait pas avec eux. Il en repoussa certain loin de lui comme il put, frissonnant légèrement de dégoût.
Il savait qu'il devait se dépêcher. Ce n'était pas vraiment le bon moment pour voir ces souvenirs. Il ne devait pas perdre de temps avec eux, ne faisant que confirmer que c'était bien les siens, et puis sortir de là, prendre la Pensine et la ramener à la maison avec lui. Ca serait plus facile d'étudier le contenu en paix et dans un environnement confortable, et non à genoux sur un sol dur, crasseux et froid de toilettes. Mais malgré l'urgence, il les vérifier un par un, comme s'il fallait trouver quelque chose d'important parmi eux. Il saisissait les fils à la hâte, un à un, regardant ce qu'ils contenaient, puis les jetant presque instantanément pour en saisir un autre rapidement. Il ne savait même pas ce qu'il cherchait, mais il était certain qu'il allait le reconnaitre une fois qu'il l'aurait trouvé.
Puis vint le moment qu'il redoutait, le souvenir fabriqué de lui disant à Harry les trois mots condamnables. Il était impossible de rester en dehors du souvenir même s'il l'avait vu une douzaine de fois avant. Il se glissa dedans sans s'en rendre compte, et puis se retrouva pris au piège d'oublier ce qui concernait ses motifs initiaux de savoir pourquoi il ne devait pas rester. Il savait exactement comme ça se passait. Il pouvait dire à la seconde près quand Harry allait lever sa main, quand sa bouche se courberait en un sourire, ou quand il disait ses mots.
Cela lui donna un vertige étrange : regarder sans émotion convaincante l'illusion de l'amour qui y était rattaché. C'était comme si le temps se déplaçait plus rapidement, il n'y avait rie, absolument rien à l'intérieur de Draco pour le forcer à s'arrêter pour une infime seconde tandis que l'univers était encore à l'écoute d'Harry disant ces mots.
Sans l'émotion brouillant sa perception pour lui faire voir qu'Harry l'aimait en retour de la même façon que Draco avait pensé l'aimait, il fut capable de détecter les imperfections. C'était une expérience qui donnait à réfléchir, et fit prendre conscience à Draco du fait que c'était tout simplement un acte de plus.
Bien sûr, Draco s'était un peu à entendu à ça, il ne savait toujours pas comment son esprit avait réussi à oublier la confession de Potter sous l'influence du Veritaserum quand il avait dit à Draco qu'il n'était pas amoureux de lui. Le Harry de son souvenir semblait forcé. Potter n'était pas un très bon acteur, réalisa Draco, pas quand il s'agissait de fausses émotions, du moins. Granger avait dut aplanir les petites nuances de son jeu d'acteur : faire scintiller son visage, le léger rattrapage de langue quand il avait dit le mot "amour", et la grimace sur son visage après une seconde de silence glacial. Draco s'était rendu compte que c'était le souvenir d'origine quand il vit que ça s'arrêtait là.
Il essaya de calmer la flambée de sentiment de déception pendant plusieurs secondes avant que Draco ne se rende compte qu'il était sorti de la Pensine et regardait dans le vide tristement, tandis que dans son dos, il entendant les murmures des autres en sourdine pour savoir s'ils devaient ou non le tirer de là. Il réprima le soupir qu'il voulait pousser et essaya de se lever. Ses jambes étaient engourdie d'être restées à genoux pendant si longtemps (enfin il pensa que ça avait dû être long, parce que le froid du sol et la douleur dans ses genoux semblait presque permanent).
Ils avaient dû remarquer le léger mouvement, parce que les deux sorciers furent aussitôt là, leurs mains saisissant Draco par ses épaules pour l'aider à se redresser et l'aidant à rester debout. Draco se sentait fatigué, usé, mais il n'avait pas vraiment fait grand-chose à part rester trop longtemps dans la même position. Ses articulations craquèrent quand il se redressa sur ses jambes, et le lent flot de magie de Potter s'infiltra en lui, le faisant sursauter légèrement. Il ne savait pas pourquoi il aurait pensé que le lien serait rompu dès qu'il aurait retrouvé ses souvenirs…
« - Tu te sens bien, Draco ? » Demanda Podmore, les sourcils froncés. Draco ne répondit pas, se contenta d'hocher légèrement la tête tandis qu'il observait Potter prendre la Pensine avec l'aide de Granger et la mettre dans le panier qu'ils avaient apporté, mais elle était trop lourde et trop peine. Finalement, Granger transfigura le bassin en pierre en une bouteille de vin bouchonnée, marmonnant qu'elle avait déjà été transfigurée une fois, alors une fois de plus ne ferait rien de toute façon.
« - Es-tu sûr ? Tu as l'air ébranlé ? » Dit Podmore, agitant sa baguette au-dessus de sa tête, mais Draco réussi à faire disparaitre les rides d'irritation de son visage et se tint avec raideur sous le contrôle. Il espérait que le guérisseur comprendrait qu'il n'était pas d'humeur à vider son âme maintenant… ou plutôt, jamais. Un Malfoy n'était pas sentimental, et il était temps que Draco s'en rappelle et qu'il se reprenne avant de craquer devant un public à cause de quelque chose comme ça. Pourquoi était-il affecté en premier lieu ?
« - Nous pouvons y aller maintenant. » Dit Granger à voix basse, comme si elle s'ajustait instinctivement à l'état d'esprit de Draco, mais il était plus probable que c'était plus parce qu'elle ne voulait pas à nouveau attirer l'attention du fantôme. Elle se leva et se tourna vers eux, Potter se tenant derrière elle avec le panier à la main.
Ils se dirigèrent vers la sortie du château dans un silence qua-oppressant, leurs pas résonnant à travers les couloirs vides. Draco ne regarda même pas en arrière après avoir passé les portes et saisissant le Portoloin-panier de Potter.
Le voyage de retour le pressa plus que la première fois, il avait l'impression que la masse à l'intérieur de son ventre était aspirée hors de lui par le nombril, et il fut profondément soulagé quand ils arrivèrent et que ça s'arrêta finalement. Même s'il savait que le sentiment n'avait pas de base dans la réalité, c'était effrayant et très désagréable, à la limite douloureux. En plus de la fatigue physique, il était mentalement affaibli par l'expérience de la Pensine. Vérifiant ses souvenirs de façon systématique et se concentrant énormément pour pas se faire avaler par eux, l'avait vraiment épuisé. Il voulait maintenant se cloîtrer dans sa chambre et faire une sieste bien nécessaire, même s'il avait passé la majorité de la journée au lit.
Potter le suivit jusque dans sa chambre avec le panier, et le posa à côté de la table de nuit, car elle n'était pas assez grande pour qu'il le pose dessus. Avec un silence ponctué par un visage de marbre, il le regarda comme s'il ne voulait pas de compagnie maintenant. Il espérait bien lui faire comprendre.
« - Veux-tu que je la transfigure à nouveau pour toi ? » Demanda Potter, s'attardant avec hésitation sur place après avoir lâché le panier.
« - Je ne suis pas malade ou un Cracmol, donc non, je te remercie. » Dit Draco entre ses dents, faisant un immense effort pour rester calme et s'abstenir de crier sur Potter de le laisser seul. « - J'aimerais avoir un peu d'intimité maintenant, si tu n'as pas compris. » Lui dit-il à la place, sur un ton distant et méprisant.
Potter hocha la tête, semblant hésiter si oui ou non il devait prendre les paroles de Draco à leur juste valeur, mais, grâce à Merlin, il quitta la pièce.
Draco se laissa tomber sur son lit avec un soupir las et retira ses chaussures. Ses pieds lui faisaient mal ainsi que son dos (et sans parler de sa tête). Le mal de tête n'était rien comparé à ceux qu'il subissait régulièrement à cause du sortilège, mais ce n'était pas mieux non plus. En fait, la seule chose de pire que les maux de tête, c'était son état d'esprit actuel.
Il gémit et s'installa de tout son poids sur le lit, ne prenant pas la peine de se déshabiller. Il n'avait pas l'intention de rater le dîner, après tout, il avait juste besoin de temps seul avec lui-même pour réfléchir. Il se coucha sur le côté, face à la fenêtre, et regarda les petits flocons de neige qui commençaient à tomber du ciel, s'agitant devant la vitre. Il faisait presque nuit dehors, lui faisant prendre conscience qu'il avait passé beaucoup de temps dans la Pensine finalement.
Il ne pouvait pas expliquer la contrainte soudaine qui l'avait prit et qui l'avait pousser à vérifier tous ces souvenirs. Qu'espérait-il trouver ? Non, cette question n'était pas nécessaire. Maintenant, il savait exactement ce qu'il cherchait, même si c'était difficile pour lui de l'admettre. En bref, il se demandait s'il serait le même si sa recherche avait été fructueuse. Mais il ne faisait que ressasser un point discutable, alors il se força à s'arrêter. Il n'avait pas aimé Potter, et alors ? Il était Draco Malfoy, et pas un fichu Poufsouffle minaudant.
Il ne comprenait pas ce qui lui faisait penser que Granger n'avait pas eu raison sur son hypothèse. Pourquoi avait-il pensé qu'il devait y avoir quelque chose qu'elle ne savait pas ? Connaissant sa propre nature secrète, s'il y avait eu des sentiments en jeu, Draco était certain qu'il n'aurait pas laisser quelqu'un le savoir, sauf Potter peut-être. Mais non, à la réflexion, Potter aurait été la dernière personne à savoir. Le subconscient de Draco avait raison de supposer qu'il avait ressentit quelque chose, personne, sauf lui-même ne pourrait mieux le savoir, mais il ne comprenait pas comment cela pouvait être traduit dans le sentiment de culpabilité qu'il devait avoir. Et pourquoi le fait de voir que ces aveux étaient faux lui causé un tel choc ?
Il savait pourquoi. Au fond, même s'il ne voulait pas se l'avouer, il avait espéré trouver quelque chose… rien, pas de petite étincelle, un deuxième souffle ou un baiser qui aurait fait exploser l'univers… prouvant que ce n'était pas seulement ses hormones d'adolescent et le fait d'avoir peur de mourir sans avoir eu de vraie relation avec quelqu'un… mais il n'y avait rien. Rien. Il n'y avait pas vraiment eu de sentiment entre eux d'ailleurs, peut-être une sorte d'amitié améliorée en une relation physique. S'il n'y avait rien, pourquoi se sentait-il mal comme ça ?
Il se souvint encore de l'agitation avec laquelle il avait vérifié le contenu de la Pensine, comme s'il devait le savoir immédiatement. Il avait recherché et observé attentivement. Recherchant quelque chose, mais il n'y avait rien : pas d'éclat d'émotion dans les souvenirs tourbillonnants. Oh, il y avait eu la luxure et l'attirance. Mais c'était tout ce qu'il avait trouvé… non pas qu'il aurait dû s'attendre à plus, s'admonesta-t-il, en colère contre l'attente stupide qui avait noirci son humeur, et il se tourna de l'autre coté.
Son esprit le savait, mais son cœur était toujours convaincu du contraire. Et ce, même en sachant qu'il y avait un sortilège sur les souvenirs fabriqués pour lui faire croire en ça, ou après avoir appris que les sentiments n'étaient pas les siens, il les sentait encore au fond de lui, il ressentait le désir de les ressentir en tout cas… pourquoi ne pouvait-il résister à la tentation ? Pensa-t-il avec fureur.
Il se rendit compte parce que ça lui donnait un sens obscur de la sécurité : appartenir à quelqu'un et savoir que cela ne changera pas s'il se retrouvait tout à coup à dos de la société, sans chance, sans prestige et sans argent. Un vrai Malfoy, comme son père, ne se serait pas soumis à quelque chose de nocif comme l'amour. Mais là encore, un véritable Malfoy n'aurait jamais perdu tout ce qu'il avait prit pour acquis. Ce n'était pas étonnant désormais qu'il s'accroche à la dernière paille disponible, et c'était vraiment un mauvais jugement de son subconscient : le rôle de cette dernière paille était donnée à Potter, mais en regardant les choses de ce point de vue, ça semblait un peu plus compréhensible.
On frappa à sa porte et il s'assit, lissant ses cheveux et ses vêtements. Puis la porte s'ouvrit et le visage de Ginny Weasley apparut.
« - Malfoy, le dîner est prêt. »
« - Je te remercie. J'arrive dans une minute. » Dit-il en essayant de se calmer. Weasley hocha la tête et ferma la porte. Draco pouvait entendre ses pas descendre l'escalier branlant.
Quant il entra dans la cuisine, il se trouva entouré par une myriade d'enfant alors qu'il ne s'y attendait pas. Il avait supposé qu'il n'y avait pas de repas avec l'Ordre de prévu, mais apparemment, c'était la soirée des femmes, parce que la table était remplie par les femmes Weasley et une autre femme ayant fait parti de l'Ordre que Draco connaissait de nom : Katie Bell, en raison du fait qu'elle avait été joueuse professionnelle de Quidditch. Toutes étaient enceinte ou avait un enfant en bas-âge sur les genoux. Draco n'aima pas la façon dont il fut intégré dans cette réunion, bien qu'il ne fût pas du même sexe. En fait, les seuls qui détonnaient un peu dans le tableau c'était : Potter, Granger et Podmore.
Le dîner se passa dans une atmosphère tranquille. Soit personne ne voulait l'impliquer dans la conversation, soit ils avaient compris qu'il n'était pas d'humeur à parler. Seul Potter ne pouvait s'empêcher de lui lancer des regards suspects, et Draco pouvait dire qu'il mourrait d'envie de demander quelque chose… probablement ce qu'était son problème. Draco n'était pas sûr de le vouloir. La possibilité que Potter se renseigne sur sa crise émotionnelle et la cause était un peu trop embarrassant rien que d'y penser, et encore moins à envisager de le réaliser volontairement. Par conséquent, Draco évita le regard de Potter, braquant les yeux sur son assiette à la place et écoutant distraitement les conversations autour de lui. Les principaux thèmes abordés étaient les enfants et la famille, et franchement, il n'était pas d'humeur à apprécier.
Après le dîner, tout le monde alla au salon, sauf Potter, qui resta pour aider Madame Weasley à nettoyer et faire la vaisselle. Draco se demanda s'il faisait ça à chaque fois, ou si c'était en quelque sorte à son avantage. Puis, il se rendit compte de l'expression ennuyée sur le visage de Granger, et il comprit que le brun ne faisait que retarder un peu le moment où il devrait se soumettre à une discussion avec elle, auquel il n'était pas impatient de participer.
Draco s'assit dans un fauteuil très confortable, mais abimé, qui se trouvait dans un coin isolé du salon, et s'occupa avec un livre choisi au hasard dans la bibliothèque à proximité. Après avoir lu les trois premières pages, il remarqua que c'était un roman d'amour. Il était sur le point de le reposer quand il entendit son nom être prononcé à voix basse provenir du groupe de jeunes mères, et après avoir écouté un peu plus, il comprit qu'elles discutaient entre elles pour savoir si elles devaient l'inviter à rejoindre leur joyeux groupe. Oh non ! Draco se ravisa brusquement et se concentra de toutes ses forces sur l'histoire. Peut-être que s'il avait l'air occupé, elles ne le dérangeraient pas.
Après quelques minutes, il oublia complètement ce qui l'entourait, et il ne sortit de son livre quand il entendit à nouveau son nom être prononcé un quart d'heure plus tard. Il tendit l'oreille et put établir que cette fois, elles ne voulaient pas qu'il se joint à elles, elles parlaient juste de lui. Il ne comprenait pas pourquoi elles étaient obligées de rire en le faisant cependant. Il pouvait vaguement distinguer les mots "mignon" et "boude", c'est seulement avec une maitrise de soi extraordinaire qu'il s'abstint de se lever et de leur dire explicitement d'arrêter de parler de lui comme s'il n'était pas là et qu'il ne pouvait pas les entendre. Mais il n'avait pas envie de savoir ce que les gens disaient de lui, alors il s'abstint de le faire pour ça aussi.
Quinze autres minutes plus tard, Potter arriva, faisant léviter devant lui un plateau de thé et des assiettes de biscuits que Madame Weasley avait fait. Elle avait dû les cuire il n'y a pas longtemps, parce que leur bonne odeur parfumé donna l'eau à la bouche à Draco et que son estomac grogne comme s'il n'avait pas mangé un peu plus tôt. Il dut se retenir de toute ses forces pour ne pas s'affichait honteusement quand son premier instinct fut de bondir pour attraper les biscuits et les garder pour lui-même avant qu'il n'en reste plus. Apparemment, il n'avait pas à s'inquiéter : une petite assiette bien remplie et une tasse de thé étaient pour lui seul, et Potter les fit léviter sur la petite table à côté de lui après avoir déposé le reste devant le cercle de femme.
Il leva les yeux, rencontrant ceux de Potter pendant une seconde, mais alors il ne put supporter ce regard et détourna le sien, le reportant sur son livre et murmurant un « - Merci. » Dans un souffle. Pour une raison qu'il ne pouvait pas expliquer, il sentait la honte et la maladresse monter en lui chaque fois qu'il sentait le regard de Potter être tourné vers lui.
« - Tu vas bien ? » Demanda Potter sur le même ton faible.
Draco n'avait pas confiance en sa voix, alors il hocha simplement la tête avant de faire semblant de se replonger dans son livre. Potter s'en alla, et bientôt, Draco put entendre sa voix tonnante entrecoupée de questions feutrées de Granger. Il ne savait pas du tout de quoi ils parlaient, leurs voix se mélangeaient aux bruits de vaisselles. Après quelques secondes, Draco constata que ses efforts pour donner un sens à leurs paroles était vain, car ils glissaient de son esprit peu de temps après, et il réalisa que cela devait être l'effet d'un sort qu'ils utilisaient, certainement à cause de lui parce que les femmes étaient trop absorbées par leurs propres discussions pour constater même la présence de Potter.
Mais même s'il ne pouvait pas entendre ce qu'ils disaient, Draco pouvait comprendre quelque peu grâce à leur langage corporel dont ils ne se cachaient pas. Gryffondor ! Il semblait que Potter se disputait avec Granger, fortement en désaccord avec quelque chose, si le fervent secouement de tête était une indication. Mais à la fin, Granger semblait avoir gagnée la parte et il accepta. Un sourire de satisfaction apparu sur le visage de Granger et elle dit quelque chose d'encourageant à Potter, puis elle se leva et agita sa baguette. Draco sentit comme si une bulle éclatait dans son oreille, semblable à la sensation d'avoir eu de l'eau dans le conduit auditif. Sortilège intéressant, pensa-t-il, mais il l'oublia brusquement quand il comprit que Granger se dirigeait vers lui.
Il recula dans son fauteuil, mais il savait qu'il n'échapperait pas à Granger, maintenant il se souvenait de son caractère persistant du temps où il était dans l'Ordre pour ne pas se faire d'illusion à ce sujet.
« - Draco, pourrais-je te parler ? En privé. » Dit-elle, sans mâcher ses mots. Ce quoi ce bordel ? Pensa Draco. Depuis quand ils s'appelaient par leurs prénoms ? Mais ensuite, il se rendit compte que Granger avait dû l'utiliser délibérément, soit pour lui rappeler les mois ensembles ou indiquer la nature personnelle de la conversation qu'elle avait prévu d'avoir. Draco détourna les yeux, regardant autour de lui, cherchant une excuse pour refuser, mais il ne trouvait rien. En fin de compte, il soupira, posa le livre (de préférence la couverture face contre table pour qu'il ne soit pas embarrassé que Granger voit ce qu'il lisait) et se leva mollement de son fauteuil.
« - Allons dans ma chambre. » Lui dit-il et il commença à s'éloignant, attendant que Granger le suive. Ce qu'elle fit sans un mot.
« - Très bien, de quoi s'agit-il ? » Demanda-t-il après avoir fermé la porte derrière lui. Granger se trouvait au milieu de la chambre, puis conjura la même chaise qu'elle avait dans la chambre de Potter, s'assit et attendit que Draco s'installe aussi.
« - Plusieurs choses. » Dit-elle avec une voix qui sonnait moins confiante qu'il y a quelques minutes plus tôt. « - Mais commençons par le plus facile. » Elle se redressa et plongea ses yeux dans ceux de Draco. Son expression ne laissait aucun doute que le sujet était quelque chose de grave.
« - D'abord je voulais te parler de la loi sur le mariage. Je te promets que ça va changer, tu n'as pas à t'inquiéter. »
« - Je n'étais pas inquiet. » Dit Draco. Sa réponse impliquait qu'il avait confiance en ses capacités, et elle en fut apparemment agréablement surprise avant de lui faire un petit sourire de contentement.
« - Je suis heureuse de l'entendre. Est-ce que tu as déjà fixé une date pour le mariage ? » Dit-elle sur un ton léger, qui surprit Draco à son tour. Mais ce ne fut que durant un premier temps, avant qu'il ne se rappelle que cela arrivait souvent dans le passé. Il réalisa que malgré leurs différences d'origines, il y avait eu plusieurs situations dans lesquelles ils avaient dû longuement bien s'entendre avec l'autre et maintenant, Draco se glissa de nouveau dans cette compréhension facile, comme si ces cinq ou six années n'étaient pas arrivées du tout.
« - Pas encore. » Dit-il d'une voix trainante, en supposant que le maniérisme la taquinerait. « - Quelle date me conseillerais-tu pour l'occasion ? »
« - A mon avis, le sept mars serait un jour parfait pour ça. » Répondit-elle.
Draco la regarda, cherchant à deviner si c'était une réelle recommandation ou juste des mots en l'air, puis il se rendit compte que la date était le jour qui suivait le vote de cette loi. Très Gryffondor, pensa-t-il, de supposer que son initiative marcherait dès la première tentative. Oh, pourquoi pas ? Cela ferait un spectacle de plus, alors il hocha lentement la tête en accord.
« - Ca sera le sept, alors. »
Elle sourit encore et sa physionomie redevint sérieuse.
« - Sur une autre note. » Commença-t-elle. « - Je voulais te demander ce qu'il s'était passé dans la Pensine. »
« - Rien ne s'est passé. » Dit Draco, sa première réaction étant le refus.
« - Draco. » Fit-elle en insistant sur son prénom et lui lança un regard exaspéré qui paraissait un peu trop agité selon l'avis de Draco. « - Il est assez évident que tu as trouvé quelque chose dedans qui te tracasse. Tu as été d'une humeur massacrante après. »
Draco haussa les épaules, pas prêt à divulguer ses secrets intimes. « - A quoi tu t'entendais ? Je me suis souvenu de tout que depuis hier, et puis aujourd'hui, j'ai inondé ma tête avec encore plus de souvenirs. C'est déroutant. J'ai besoin d'espace, c'est tout. »
Elle poussa un petit soupir. « - Je suis désolée. »
Draco secoua la tête. « - Il ne faut pas s'y attarder, d'accord ? » La déception était encore trop fraîche. Il savait que s'il commençait à accepter des excuses, il finirait par lui crier des accusations comme quoi elle n'avait pas idée de quoi être désolé, et puis il ne serait plus en mesure de se contrôler. Elle était trop attentive au goût de Draco. Il vit avec consternation que, pour une raison quelconque, elle était focalisée sur ce sujet, et sa faible protestation ne la détourna pas du tout de son objectif.
L'instant d'après, on frappa à la porte et Potter entra à l'intérieur sans attendre de réponse. Granger lui fit un signe de tête, et au bref échange de regard entre eux, Draco vit que c'était ce qu'ils avaient dû convenir à l'avance. Il pouvait voir que la tournure des évènements n'était pas de bon augure, mais il espérait être rapidement en mesure de dissoudre cette petite assemblée avant de se retrouver confronté à ce qu'ils avaient prévu de faire.
« - Harry. » Dit Granger tapotant l'espace vide à ses côtés, et ce n'est que maintenant que Draco remarqua qu'elle avait transformé sa chaise en banc, probablement parce que son attention était sur Potter.
Potter s'assit, jouant à peine son rôle, peut-être parce qu'il était si transparent qu'il devait se douter que Draco pouvait voir à travers lui que cette petite scène avait été organisé au préalable de toute façon. L'instant suivant, Draco se retrouva avec deux paires d'yeux braqués sur lui.
« - Qu'est-ce que c'est ? Une sorte d'inquisition ? » Fit-il avec un petit rire forcé.
« - Non, Malfoy, nous venons… » Commença Potter, mais il se tut brusquement après avoir capté le regard noir de Granger sur lui, et baissa la tête. Draco ne savait pas s'il devait trouver cette soumission apparente amusante, irritante ou être heureux que son futur mari soit apparemment un peu entrainé.
« - Draco. » Commença Granger sur un ton plus volontaire, on dirait qu'elle est en conférence de presse, pensa Draco avec dédain. « - Nous comprenons que maintenir tant de chose secret de toi t'a peut-être causé plus d'angoisse que ce que nous avions l'intention de… »
« - Tu as l'intention de me causer de l'angoisse ? C'est touchant de savoir ça… » Coupa Draco avec impatience, sa voix étant de moins en moins tolérable.
« - Non, je ne pensais pas ça comme ça ! » Dit-elle, soudainement inquiète d'avoir été mal compris. « - Je voulais dire que cette épreuve a dû te couter beaucoup plus que nécessaire… »
« - Je te remercie de me rappeler ça. » Murmura Draco avec effronterie. Cela la fit s'interrompre. Draco soupira, décidant qu'il préférait de loin le silence. Toutefois, Granger le regardait maintenant avec colère, fâchée qu'il interrompe son discours certainement soigneusement planifié.
« - Malfoy, pourquoi fais-tu ça… ? … Délibérément mal interprété ce que je dis ? »
Draco inspira profondément et compta jusqu'à cinq avant de répondre.
« - Ecoute Granger… Hermione. » Corrigea-t-il, décidant que ça sonnerait moins nuisible de cette façon. « - Je ne voulais pas aborder ce sujet pour une raison… »
« - Mais tu dois en parler à un moment, tu ne peux pas juste… enfermer tout ça… »
« - Je ne savais pas que tu étais qualifié en tant que psychiatre. »
« - Je ne le suis pas, mais… »
« - Très bien, c'est ce que tu veux ? Oui, je suis en colère contre vous ! C'est ce que tu voulais entendre ? »
« - Eh bien… » Essaya-t-elle de répondre, amis Draco ne la laissa pas continuer.
« - C'était assez sournois de votre part de me laisser me prendre tout ça en pleine tête alors que vous saviez ce qui s'était réellement passé. Avez-vous bien rit dans mon dos ? Ooh, Malfoy se croit amoureux ! C'est trop drôle ! » Cracha-t-il, essayant de garder un certain contrôle sur lui-même avant de lâcher ce qu'il ferait mieux d'oublier : des choses qui lui faisait mal et qui le faisait se sentir impuissant et ridicule aux yeux des autres. Mais maintenant, il ne pouvait pas s'arrêter. « - Vous auriez dû laisser les secrets aux Serpentards, parce que les Gryffondors sont complètement nuls pour ça. Et puis, les Gryffondors sont censés être nobles et tout ça… »
« - Draco ! Arrête ! » Interrompit finalement Potter. Merci Merlin, parce qu'il aurait été sur le point de tout déverser, finissant de se ridiculiser complètement. « - Personne ne pensait à quelque chose comme ça. » Dit-il, se retrouvant tout à coup à genoux, ses mains entrelaçant les doigts tremblants de Draco et les gardant dans un berceau de protection. Draco déglutit et se demanda si Potter était au courant de ce qu'il faisait ou s'il agissait jute par instinct, mais il ne le repoussa pas. Il avait un besoin urgent de tout réconfort qu'il pourrait avoir maintenant.
« - Alors pourquoi m'avez-vous laissé partir, pensant que… »
« - Malfoy, tes accusations sont maigres. » Fit la voix de Granger, mais alors que Draco s'attendait à ce qu'elle sonne irritée, sa voix était au contraire douce et apaisante. Peut-être qu'avait avait finalement une certaine connaissance sur la façon dont traiter les gens dans un état émotionnel instable, après tout.
« - D'une part, tu étais là et tu as accepté les conséquences. D'autre part, le sort de contrainte que j'avais placé sur tes souvenirs t'aurait empêché de nous croire, même si nous te disions la vérité. Mais tu as brisé le sortilège de ton père et, apparemment, le mien aussi, alors maintenant tu connais la vérité et tu es capable de l'accepter. »
Draco ne pouvait pas discuter contre ce raisonnement, bien qu'il veuille défendre son propre point de vue. Il baissa les yeux vers sa main s'accrochant à celles de Potter.
« - Mais maintenant… maintenant c'est… » Trop tard.
Trop tard ! C'était ce que c'était, qui rendait la situation mauvaise dans son ensemble. C'est pourquoi il cherchait désespérément certains types d'émotion dans ses souvenirs, et pourquoi il avait été si fortement éprouvé quand il n'avait rien trouvé… et il ne le réalisait qu'aujourd'hui, s'arrêtant juste à temps avant de dévoiler la justification pitoyable durant sa petite crise de rage qu'il venait de fier. Qu'est-ce que Potter penserait de lui maintenant ? Probablement la même chose qu'il pensait avant que Draco ne retrouve ses souvenirs, pensa-t-il avec une amertume mal dissimulée. Il était trop fatigué pour se voiler conserver le masque.
« - Vous auriez pu venir me parler du sort. » Dit-il trop fatiguer pour masquer son ton défait. « - Cette… chose entre Potter et moi n'était qu'un complot visant à vaincre le Seigneur des Ténèbres et je n'aurais jamais prévu que cela devienne plus… »
« - Malfoy… » Commença à dire Granger, mais elle fut coupée par la soudaine exclamation de Potter.
« - Mais ce n'est pas vrai ! »
« - Harry, tu n'aide pas ! » S'exclama-t-elle en fronçant les sourcils. « - Et reviens ici pour l'amour de Dieu ! Laisse un peu d'espace à Draco ! » Mais au moment où elle se prépara à un autre discours, Potter lui coupa de nouveau la parole.
« - Mais… il a… pour moi… il est plus ! » Murmura-t-il, regardant leurs mains jointes. Sa voix s'éteignit après avoir réalisé ce qu'il venait d'admettre et avec ça, le cœur de Draco fit une forte embardé, menaçant de remonter dans sa gorge.
« - Harry… ? » Fit Granger, perplexe. « - Je ne comprends pas ! » Elle fronça les sourcils en concentrant son attention sur Potter, alors Draco eut le temps de secouer la soudaine lumière dans sa tête et d'écouter, écouter vraiment ce que Potter avait à dire. « - Tu nous as dit que c'était juste… »
« - J'ai menti, d'accord ? » Potter semblait frustré et exaspéré, un peu comme Draco juste avant que Potter ne vienne à son secours et courageusement… lui prenne la main. Maintenant, une petite partie de Draco se demandait pourquoi il devait se retenir de lui rendre la pareille.
« - Mais pourquoi ? » Demanda Granger à Potter, incrédule.
« - Parce que tu ne l'aurais pas abandonné autrement ! »
A la surprise de Draco (et très probablement Potter aussi), Granger sembla être à court de mots. Puis elle hocha lentement la tête, levant des yeux penseurs et perplexes à la fois sur Potter. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais Potter posa une main sur ses genoux et lui parla d'un ton doux.
« - Hermione, voudrais-tu nous laisser seul ? Ce n'est pas vraiment le moment pour cette conversation. »
Elle regarda Draco, puis lui de nouveau, puis hocha la tête en silence et dit : « - Très bien. » Avec une expression sombre. Draco suivit son départ des yeux jusqu'à ce que la porte se refermer derrière elle doucement.
Maintenant, ils étaient tous les deux dans la pièce sombre, près l'un de l'autre et Draco se sentit soudainement mortifié parce qu'il avait révélé lui-même. Sa confiance remonta un petit peu quand il se rendit compte que Potter devait ressentir la même chose vu la façon dont il bougeait et évitait de regarder Draco. Mais le silence s'éternisa, devenant de plus en plus oppressant. Bien sûr, Potter était un Gryffondor, Draco n'eut pas à attendre bien longtemps pour qu'il parle.
« - Alors… » Commença Harry d'une voix rauque. « - Est-ce que tu as essayé de dire, à ta façon qui t'est propre, que tu… m'aimes ? »
Draco ne put s'empêcher de renifler avec amusement au ton hésitant, qui brisa brutalement la glace.
« - Stupide Gryffondor, as-tu besoin qu'on te dise deux fois pour comprendre ? » Répliqua-t-il, mais la fausse arrogance dans son ton était si exagérée que même Weasley aurait été capable de le remarquer.
Potter émit le même reniflement que lui. « - Pas du tout. » Dit-il en se tournant pour faire face à Draco, ses yeux devinrent tout à coup trop grave, indiquant qu'il s'attendait à une réponse claire à sa question. Draco déglutit d'anxiété, mais sa gorge était trop sèche pour être en mesure de former des mots.
Sur une impulsion, qu'il attribuait entièrement à la mauvaise influence des Gryffondors, il se pencha en avant. Mais il prit Potter par surprise, ce qui aboutait à ce que leurs nez se cognent l'un contre l'autre, durement. Draco fut mortifié par sa propre maladresse, et se figea au milieu du mouvement, décidant s'il devait se retirer ou continuer, malgré la maladresse. Remerciant nez et balais, Potter fut tout aussi rapide que Draco se souvenait qu'il soit, se déplaçant un peu sur le côté pour réaligner leurs positions, et en appuyant sa bouche contre celle de Draco dans un acte glorieux.
Les lèvres d'Harry étaient molles et dures en même temps. Elles avaient goût de thé, de biscuits et de nervosité, comme les siennes, pensa Draco. C'était ça, réalisa-t-il abasourdi : le sentiment qu'il avait en vain recherché dans la Pensine. Dans la façon dont les lèvres d'Harry bougeaient contre les siennes, il trouvait la force de faire basculer l'univers sous un angle qui montrait tout d'un point de vue différent, et même si de ce nouveau point de vu, le monde semblait étrange au premier abord, Draco avait le sentiment que les choses commenceraient à avoir plus de sens très bientôt….
Le baiser commença doucement, mais il ne le resta pas très longtemps. Harry savait clairement ce qu'il voulait et n'était pas timide pour l'obtenir. Les deux mains qui tenaient celles de Draco précédemment vinrent encadrer son visage, l'attirant plus près, tandis que la langue d'Harry forçait ses lèvres à s'ouvrir et s'infiltrait entre elles. Draco se laissa aller, même si la position devint rapidement inconfortable pour lui en raison de son ventre. Il essaya de suivre le rythme de ses lèvres et de sa langue, mais ça n'avait pas d'importance si ce n'était pas aussi parfait aussi longtemps qu'Harry serait là. Il commença à se sentir étourdi et pensa que peut-être, juste peut-être, il était temps pour lui de reprendre son souffle, mais il était peu disposé à mettre fin à cette sensation enivrante…
Une brusque douleur cuisante se fit ressentir dans le ventre de Draco, et il s'écarta lui-même, aspirant l'air fortement alors qu'il passait deux bras autour de son ventre, se penchant en avant, haletant. Il dut avoir crié de douleur, parce que Potter fut près de lui instantanément, le redressant de sa position fœtale que son corps avait instinctivement prit et l'aida à se mettre doucement sur le lit.
« - Draco, tu vas bien ? » Draco pouvait voir l'inquiétude sur le visage d'Harry, même si c'était en partie caché par les points noirs qui dansaient devant ses yeux. Les muscles de son visage s'étirèrent en une douce grimace.
« - Cet enfant est bien le tien. » Croassa Draco, les coins de sa bouche se redressant. « - Déjà en train de me frapper. » Réussit-il à siffler de douleur alors qu'elle refluait lentement. L'instant d'après, il vit les yeux vert de Potter s'écarquillaient légèrement avant de se mettre à briller d'émerveillement.
A suivre…
