Bonjour à tous !
Et oui, me revoilà après cette longue absence ! Ca fait très exactement trois mois que j'ai publié le dernier chapitre, c'est fort quand même avec un titre de fic pareil hein ? Bon je sais, je devrais pas dire ça parce que vous pendant ce temps vous avez attendu... Et même si je publie aujourd'hui, malheureusement je ne vais pas pouvoir reprendre les mises à jour une fois par semaine comme je le faisait avant. Mais malgré tout, j'ai pensé qu'il était grand temps que je publie un nouveau chapitre !
Bref, je ne papote pas plus longtemps et je vous souhaite une bonne lecture :)
AVERTISSEMENTS : scène intime en deuxième moitié de chapitre.
- Si le Peuple du Ciel se rend, la guerre prendra fin. Mais si nous refusons, Polis subira le même sort que Ton DC. Un groupe armé arrivera demain d'Arkadia pour que nous leur donnions une réponse. Nous avons jusqu'à demain au coucher du soleil pour prendre une décision.
Octavia venait tout juste d'annoncer cette funeste nouvelle, et pourtant le choc pouvait déjà se lire sur le visage de chacune des personnes présentes. Ce sentiment s'était abattu sur eux si brusquement et si brutalement qu'il paraissait avoir une consistance physique. On avait tout à coup l'impression qu'il pesait sur leurs épaules à tous comme un poids trop lourd pour être porté.
Mais plus que le choc, ce fut le silence qui rendit l'atmosphère pesante.
Il semblait que toute vie ait soudainement disparu, que ce soit de leurs corps ou de la ville tout entière. Pas un bruit ne se faisait entendre, pas même leurs respirations. Le seul signe qu'ils étaient toujours bien vivants était la vapeur d'eau qui s'échappait de leurs bouches lorsqu'ils expiraient.
Des secondes aussi longues que des heures s'écoulèrent ainsi, comme si le temps s'était arrêté.
Puis, petit à petit, les regards se tournèrent tous les uns après les autres dans une seule et même direction.
Clarke et Lexa étaient entourées de dizaines de personnes et elles se tenaient l'une à côté de l'autre, pourtant, elles ne s'étaient jamais senties aussi seules. Elles avaient tout à coup le sentiment d'être minuscules face à ces regards qui pesaient impitoyablement sur elles et les suppliaient silencieusement de dire quelque chose.
Mais qu'étaient-elles censées dire dans pareille situation ?
Finalement, ce fut à contrecœur que Clarke imita tous les autres et se tourna vers la Commandante dans l'espoir qu'elle prenne la parole. Quel ne fut pas son soulagement lorsqu'elle la vit avaler sa salive, même si ce fut difficile, puis prendre la parole :
- Tous au Dôme. Maintenant.
Elle n'eut pas à le répéter une deuxième fois. Ils n'eurent même pas besoin que la brune précise à qui elle faisait allusion, ceux qui étaient concernés le surent, et à peine ces mots prononcés, ils prirent tous la direction du bâtiment où se tiendrait la réunion de crise, car il ne faisait aucun doute que c'était ce dont il était question.
Une décision allait devoir être prise, et vite.
- Clexa -
Personne ne prit la peine de s'asseoir en arrivant dans la salle du conseil. Ils restèrent tous debout, conscients qu'étant donné la situation, ils seraient certainement amenés à quitter le bâtiment d'ici peu pour aller accomplir une mission ou une autre.
La Commandante ne perdit pas de temps. A peine arrivée dans la pièce, elle commença à donner ses ordres :
- Que quelqu'un aille voir Raven. J'ai besoin de connaître le nombre exact de bombes qu'elle a fabriquées et leur portée. Je veux aussi savoir si Pike aurait pu en obtenir d'autres sans son aide.
Sans dire un mot, Jasper sortit d'un pas vif pour aller faire ce qu'elle demandait.
- Renforcez la surveillance et la protection de nos murs et augmentez le nombre de patrouilles dans la ville.
Aussitôt cet ordre donné, l'un des Lieutenants quitta les lieux pour l'exécuter.
Tout en parlant, la Commandante avait avancé vers son trône et elle était maintenant devant celui-ci, face à tous ceux qui l'avaient accompagnée jusqu'au Dôme et n'en étaient pas encore repartis. Elle était plus majestueuse et intimidante que jamais dans cette position, surélevée par rapport aux autres personnes présentes grâce à l'estrade sur laquelle elle se tenait. Une assurance non feinte émanait d'elle et son calme exemplaire ne faisait que renforcer l'impression de force et de puissance qu'elle dégageait déjà naturellement.
- Faites évacuer les villages proches de Polis et ceux qui se trouvent sur le trajet qui est emprunté depuis Arkadia. Amenez tous les habitants ici, ils resteront jusqu'à nouvel ordre.
Un deuxième Lieutenant partit accomplir la tâche qui venait de lui être donnée.
- Renforcez nos défenses aux frontières du territoire de Polis. J'exige que ceux qui viendront se présenter à nous demain soient capturés et qu'ils me soient amenés vivants.
Ce fut cette fois une femme, qui occupait elle aussi le poste de Lieutenant, qui quitta la salle.
Elle venait juste de sortir lorsque la Commandante s'adressa à son conseiller :
- Titus ?
- Heda, répondit l'homme en inclinant respectueusement la tête.
- Je veux qu'un maximum de personnes soit réuni sur la place d'ici deux heures.
L'homme sembla comprendre la raison de cette demande, tout du moins ne posa-t-il pas la moindre question. Il quitta la salle à son tour pour aller mener à bien la mission qui venait de lui être confiée.
- S'ils croient pouvoir s'introduire dans Polis pour y faire exploser leurs bombes, nous allons leur montrer à quel point ils se trompent.
Après avoir marmonné ces paroles sur un ton sourd, la Commandante se tourna pour faire face au balcon qui se trouvait derrière son trône et qui surplombait la place à laquelle elle venait de faire allusion. Les mains croisées dans le dos, elle resta immobile et son regard se perdit dans le vague.
Le silence s'installa et dura quelques instants sans qu'un mot ne soit prononcé.
Ce fut finalement le dernier Lieutenant présent qui osa parler et poser la question qui était sur toutes les lèvres :
- Qu'en est-il du Peuple du Ciel, Heda ?
La Commandante resta dans la même position et ne répondit pas. Elle tournait toujours le dos à ceux qui se trouvaient dans la pièce et semblait ne même pas avoir entendu la question qui venait de lui être posée.
Ce ne fut que lorsqu'une voix en particulier s'éleva qu'elle réagit et se crispa brusquement.
- Lexa ?
Clarke s'approcha de quelques pas mais conserva tout de même une certaine distance entre la brune et elle. Cette dernière était toujours immobile, mais ses mains, dont les articulations étaient blanches, témoignaient de la tension qui raidissait son corps tout entier.
La fille du Ciel était prête à parler à nouveau, mais elle n'en eut pas l'occasion.
- J'ai besoin de réfléchir. Vous saurez tout ce que vous devez savoir en temps et en heure.
Sur ce, la Commandante se tourna et prit la direction de la sortie. Pas un n'osa l'arrêter et ils se contentèrent de la regarder partir sans ajouter quoi que ce soit.
Le bruit des portes lorsqu'elles se fermèrent résonna sinistrement et après cela, un silence de plomb s'abattit sur la salle. Ils échangèrent quelques regards, mais la seule qui osa prendre la parole fut sans surprise Clarke :
- Je vais lui parler, dit-elle à sa mère, ses yeux plantés dans les siens.
La jeune fille quitta les lieux à son tour, laissant ses amis dans la crainte et l'incertitude.
- Clexa -
En arrivant à l'extérieur, Clarke ne vit aucune trace de Lexa ni de Ryder. Cependant, elle devina qu'elle s'était rendue chez elle et prit donc cette direction.
Arrivée à destination, elle découvrit le garde du corps posté devant la maison. Elle était prête à entrer lorsque celui-ci lui barra la route en se plaçant devant la porte.
- Laissez-moi passer.
- Vous ne devriez pas entrer.
- Lexa vous a demandé de m'empêcher d'entrer ?
- Heda n'a donné aucun ordre à ce sujet, c'est seulement un conseil que je vous donne.
A cet instant, un grand fracas provenant de l'intérieur parvint aux oreilles de Clarke. Sans hésiter une seconde, elle contourna la masse imposante de Ryder, qui ne fit rien pour l'arrêter, et entra précipitamment à l'intérieur. Le bruit qu'elle avait entendu n'avait pas cessé et semblait venir de la cuisine, et ce fut donc là qu'elle se dirigea.
Dès qu'elle pénétra dans la pièce, un verre vola en éclats, la faisant sursauter violemment.
Lexa avait fait preuve d'un calme olympien jusqu'à maintenant malgré la situation critique dans laquelle ils se trouvaient tous, mais la blonde venait d'avoir la confirmation que comme elle l'avait deviné, la Commandante avait une fois de plus fait la démonstration de ses talents à contrôler et masquer la moindre de ses émotions, même les plus fortes. Néanmoins, à présent qu'elle n'était plus exposée aux regards, elle laissait exploser sa colère. Et il ne s'agissait pas simplement d'une image.
D'un simple coup d'œil, Clarke constata que la majorité de la vaisselle avait déjà subi le même sort que le verre qui venait d'être cassé et se trouvait éparpillée au sol. Et de toute évidence, Lexa ne comptait pas s'arrêter là.
La brune balaya tout ce qui se trouvait sur la table d'un simple revers de la main. Les quelques ustensiles qui avaient échappé à cette nouvelle pulsion incontrôlée ne furent pas épargnés et rejoignirent leurs semblables lorsqu'elle saisit la table et la renversa comme si elle n'avait pas pesé plus lourd qu'une brindille.
Ce fut ensuite au tour de l'armoire de subir le déchaînement de colère de la jeune fille. Cette dernière frappa dans le meuble à coups de pieds, finissant ainsi de rendre inutilisable l'une des portes qui n'était déjà pas solide. Le premier coup fut suivi par d'autres. Pour finir, elle agrippa l'armoire pour la faire tomber, ce qui acheva de la casser.
Clarke était pétrifiée, totalement incapable de se mouvoir.
Elle n'avait jamais vu Lexa dans cet état. Tout à coup, elle ne la reconnaissait plus. Elle avait l'impression d'avoir devant elle un monstre qui laissait libre cours à une rage trop longtemps contenue. Mais il n'y avait pas que de la rage. Il y avait également de l'animosité, du ressentiment, de la rancœur, du désespoir, et un profond sentiment d'injustice. Elle le savait car c'était précisément ce qu'elle ressentait à cet instant, même s'il était évident que ses émotions n'étaient pas aussi fortes et dévastatrices que celles de Lexa.
Elle ne fut ramenée à la réalité que lorsque sa compagne se mit elle-même en danger.
Guidée par un besoin primaire de libérer toute la frustration accumulée pendant si longtemps et qui ne demandait qu'à sortir, la Native frappa de toutes ses forces dans un mur en poussant un cri bestial. Bien entendu, la pierre ne subit pas le moindre dégât, ce qui ne fut pas le cas de sa main. Pourtant, elle continua. Son état était tel qu'elle ne ressentait même plus la douleur, et elle frappa donc à nouveau.
- Lexa, stop !
Clarke se précipita, mais se trouvant à une certaine distance, elle ne parvint pas à arriver avant que la brune ne mette un autre coup de poing dans le mur.
- Arrête !
Dès qu'elle fut à portée, la blonde saisit fermement les deux bras de sa compagne pour l'empêcher de se blesser plus gravement encore, mais alors celle-ci fit volte-face et ce fut un rugissement qui sortit de sa gorge :
- LÂCHE-MOI !
Choquée et effrayée par un tel hurlement et incapable de faire face à la force de Lexa, la blonde abandonna la prise qu'elle avait sur ses bras et recula de plusieurs pas, les yeux écarquillés. La Native en fit autant et s'éloigna d'elle. Mais si elle ne sembla pas désolée de ce qu'elle venait de faire, elle ne regarda tout de même pas Clarke. Ses yeux descendirent pour trouver le sol tandis que sa poitrine s'élevait et s'abaissait de manière saccadée sous le coup de l'essoufflement.
Après la tempête qui venait de s'abattre, c'était à présent un silence de mort qui avait envahi les lieux.
Clarke était encore sous le choc, mais elle parvint à se ressaisir. Elle s'approcha de sa compagne et tenta de lui prendre les mains pour estimer l'ampleur des dégâts, mais comme elle le redoutait, la brune se déroba.
- Ne me touche pas.
Elle avait cette fois parlé à un volume sonore raisonnable, mais son ton avait été froid et cassant. Bien que blessée, la fille du Ciel ne fit aucun commentaire et garda ses distances.
Lexa tremblait de tous ses membres et du sang coulait le long de ses phalanges meurtries. Ses mâchoires crispées étaient le signe que sa crise était loin d'être terminée, mais également que la douleur était maintenant bien présente.
A défaut de pouvoir elle-même examiner les plaies et les soigner, Clarke tendit un torchon à sa compagne. Mais celle-ci ne le prit pas et resta immobile. Son regard était toujours fuyant et elle faisait tout pour ne pas croiser celui de la blonde.
Malgré cette distance, aussi bien physique qu'émotionnelle, que Lexa lui imposait, Clarke prit finalement la parole :
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
La brune ne répondit pas dans l'instant. Elle resta silencieuse quelques secondes avant de parler, toujours sans regarder sa compagne :
- Je ne sais pas.
Clarke se crispa. Elle aurait encore préféré une réponse claire plutôt que cela.
- C'est le moment de leur prouver qu'ils peuvent avoir confiance en toi. Ne les abandonne pas une deuxième fois comme tu l'as fait au Mont Weather.
- Le Peuple du Ciel fait partie de mon peuple à présent, il est de mon devoir de les protéger. Je ne peux pas-
- Nous ne serons jamais ton peuple comme les clans natifs le sont.
Lexa avait été brusquement interrompue par cette intervention de la fille du Ciel, pourtant, elle ne s'en offusqua pas.
Enfin et pour la première fois depuis le début de leur conversation, elle leva les yeux vers elle et la dévisagea. Les deux jeunes filles échangèrent un long regard sans prononcer un mot.
L'émeraude et le saphir plongèrent l'un dans l'autre et s'unirent comme une seule et unique entité indivisible, et ce malgré la tension qui persistait.
- Tu y as pensé, n'est-ce pas ? demanda Clarke d'une voix calme.
La Native resta muette.
- Tu as pensé à la possibilité d'accepter le marché de Pike et tu y réfléchis encore.
Il ne s'agissait plus d'une question, le ton de la blonde était maintenant affirmatif. Et Lexa ne démentit pas.
N'y tenant plus, Clarke s'approcha subitement de sa compagne, et celle-ci ne tenta pas de s'éloigner cette fois.
- Même si nous nous rendons, rien ne nous dit qu'ils vous laisseront en paix et que la guerre prendra fin.
- Rien ne nous dit non plus qu'ils ne tiendront pas leurs engagements, répliqua immédiatement la brune.
Il y eut un court temps de flottement que le silence se chargea de combler.
Puis, timidement, la plus jeune saisit délicatement l'une des mains de la guerrière en prenant soin de ne pas toucher ses plaies. Elle plongea ses yeux dans les siens et alors l'azur et la forêt ne firent plus qu'un.
- Je t'en supplie, ne nous abandonne pas à nouveau.
Cette demande avait été exprimée dans un soupir tout juste audible, pourtant elle suffit à remplir les yeux de Lexa de larmes. Elle put sentir les traits de son visage s'affaisser tandis qu'elle perdait en assurance et que son menton s'abaissait sans qu'elle puisse garder son masque de Heda en place.
Ce n'était pas « ne nous abandonne pas » que Lexa avait entendu, mais « ne m'abandonne pas ».
Elle fit de son mieux pour avaler sa salive et ainsi se donner une contenance, malgré le fait que sa gorge ait été serrée à lui en faire mal.
Après un long moment de silence, elle dégagea lentement sa main de celle de Clarke. Elle vit alors de la peur et une certaine panique dans ses yeux. Sans doute la blonde pensait-elle qu'elle était sur le point de lui tourner le dos et de la trahir à nouveau, comme elle l'avait fait quelques mois plus tôt, aussi s'empressa-t-elle de faire ce qu'elle aurait dû faire il y a longtemps déjà.
Après avoir reculé d'un pas, elle mit un genou à terre, puis le deuxième, et ce sans jamais détacher ses yeux de ceux de Clarke. Cette dernière sembla complètement désemparée pour une telle attitude, si bien qu'elle resta muette, la bouche légèrement entrouverte sous le coup de la surprise.
- Je te jure fidélité, Klark kom Skaikru. Je promets de traiter tes besoins comme les miens et ton peuple comme mon peuple.
Ce serment avait été prononcé d'une voix calme et profonde et pas un seul instant Lexa n'avait détourné le regard.
Il ne s'écoula qu'une seconde avant que Clarke ne tende la main à sa compagne pour l'aider à se relever. Ce ne fut qu'après avoir regardé cette main avec un air neutre que la brune s'en saisit pour se mettre debout. Elle n'osa lever les yeux pour les planter à nouveau dans ceux de la fille du Ciel que lorsqu'elles furent face à face.
Les Natifs n'avaient qu'une parole. Elle venait de faire une promesse que rien ne pourrait briser, ce qui était aussi beau que dangereux, elle en avait conscience. Mais pas un seul instant elle n'avait hésité, et quand elle vit dans les yeux bleus qui la scrutaient de la reconnaissance et plus que tout une confiance aveugle, elle sut qu'elle avait fait le bon choix.
- Clexa -
Titus avait rempli sa mission et il était même allé au-delà des espérances de la Commandante : malgré le froid hivernal, la place qui se trouvait devant le Dôme était bondée. Les citoyens venus assister au discours étaient si nombreux que les derniers arrivés s'étaient accumulés dans les rues qui convergeaient vers le lieu de réunion.
Des murmures discrets s'élevaient de l'assemblée, mais ils cessèrent immédiatement lorsque la Commandante se présenta sur le balcon. Tous les visages se tournèrent vers elle et le silence s'installa. La brune embrassa la foule du regard et ce fut seulement après quelques instants qu'elle commença :
- Voilà maintenant plusieurs semaines que nous sommes en guerre. Nous devons affronter non seulement l'Azgeda suite à leur trahison, mais également ceux qui appartenaient autrefois au Skaikru mais ont refusé de se joindre à la Coalition. Ce sont ces derniers qui sont les plus menaçants. Ils ne reculent devant rien, tout comme Nia et son peuple, mais ils possèdent également des armes contre lesquelles il nous est difficile de lutter.
Un certain trouble s'empara de l'audience qui ne comprenait pas où elle voulait en venir et quel était le but réel de ce discours, mais elle n'y prêta pas attention et continua :
- Une fois encore, ces armes que nous redoutons tant ont frappé. Ton DC a été à nouveau attaquée et rares sont ceux qui ont survécu.
La Commandante marqua une pause. Les Natifs, disciplinés comme ils l'étaient, n'osèrent pas parler, mais des regards inquiets furent échangés. La jeune fille ne les fit pas attendre plus longtemps et continua :
- Mais cette attaque n'a pas été la seule agression. Nous avons également reçu des menaces dirigées directement contre notre capitale.
Cette fois, la foule ne resta pas silencieuse. Des exclamations s'élevèrent, preuve de l'indignation générale face à une telle témérité.
- Jusqu'à maintenant, nous voulions trouver un moyen d'épargner les civils. Nous ne voulions pas tuer ni blesser des innocents qui ne sont pas responsables des agissements de Pike. Mais de toute évidence, aucun d'eux ne mérite notre pitié. Ils sont tous coupables pour n'avoir pas tenté d'arrêter leur dirigeant. Ils sont complices et à ce titre, ils paieront eux aussi pour les crimes commis par Pike. Nous allons les anéantir. Tous.
Des murmures approbateurs se répandirent parmi l'assemblée.
Les membres du Peuple du Ciel, qui s'étaient mêlés aux Natifs pour assister au discours, ne purent empêcher le doute de les envahir. Il était question de gens qu'ils connaissaient, avec qui ils avaient traversé des épreuves et qui étaient des leurs encore peu de temps auparavant. Comment être sûr que parmi les habitants d'Arkadia ne se trouvait pas quelqu'un à côté de qui ils avaient vécu sur l'Arche pendant des années ?
Clarke était la plus indécise de tous, et ce malgré le fait qu'elle soit celle à avoir trouvé le moyen d'atteindre Pike et ses partisans à travers leurs défenses. Mais c'était peut-être justement parce que leur plan d'attaque venait en grande partie d'elle qu'elle se sentait si mal à l'idée qu'elle puisse être à l'origine d'un énième massacre.
- Nous préparons un assaut depuis longtemps, continua la Commandante. Nous avons mis au point une stratégie qui nous permettra d'affaiblir nos ennemis pour nous garantir un minimum de pertes. Néanmoins, je ne veux pas vous mentir : la bataille sera rude et nombreux sont ceux qui perdront la vie. Mais nos combattants savent ce qu'il en est et c'est un sacrifice nécessaire.
Elle marqua une pause pour lancer un regard circulaire sur la place.
Quand elle prit à nouveau la parole, ce fut d'une voix grave et sur un ton sourd et menaçant dans lequel transparaissait la rage guerrière qui l'habitait à cet instant :
- Je jure que cette attaque que nous avons subie sera la dernière. La prochaine fois qu'un affrontement aura lieu, nous en serons les instigateurs, et nous serons impitoyables.
Cette dernière annonce fut saluée par des cris s'élevant de la foule. La plupart des gens présents étaient des civils, pourtant ils furent tout aussi enthousiastes que les guerriers. Ce furent eux qui entonnèrent les premiers ce qui s'apparentait à une devise pour les Natifs, presque un hymne.
Rapidement, une rumeur se répandit parmi l'assemblée. Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle gagne en puissance. Après seulement quelques secondes, les quatre mêmes mots furent sur toutes les bouches, scandés comme un cri de guerre.
Jus drein jus daun.
Clarke eut soudain l'impression d'être projetée plusieurs mois en arrière, lorsque Lexa et elle présentaient le plan d'attaque du Mont Weather. Seulement cette fois, la Commandante ne comptait pas épargner qui que ce soit. Leurs ennemis seraient massacrés jusqu'au dernier et sans distinction. Sa gorge se serra subitement quand elle réalisa que c'était ce qui aurait pu leur arriver si Finn ne s'était pas rendu.
Si la première fois elle avait repris en chœur ces mots scandés par les Natifs, cette fois, elle en fut incapable.
- Clexa -
Lexa ne s'était pas attardée longtemps sur le balcon. Aussitôt son discours terminé, elle avait échappé aux regards en retournant à l'intérieur du bâtiment. Sans perdre de temps, Clarke s'était frayée un chemin à travers la foule pour atteindre le Dôme et y entrer dans l'intention de retrouver sa compagne.
En arrivant dans la salle du conseil, elle la trouva déserte. Elle voulut se renseigner auprès des gardes, mais elle croisa Ryder et Niylah en quittant la pièce. Elle fronça les sourcils en constatant qu'ils étaient seuls.
- Lexa n'est pas avec vous ?
- Heda vient de partir, répondit Ryder. Elle nous a libérés pour le reste de la journée et nous a dit qu'elle n'aurait pas besoin de nous avant demain matin.
Clarke ne fut nullement surprise de constater que malgré les recommandations de Titus, la brune n'en faisait qu'à sa tête et congédiait ses gardes du corps quand elle le souhaitait. Cependant, elle ne fit aucune remarque à ce sujet.
- Où est-elle partie ?
- Elle ne nous a rien dit.
La blonde les remercia d'un hochement de tête et n'ajouta pas quoi que ce soit avant de tourner les talons pour se mettre à la recherche de Lexa.
- Clexa -
La nuit était maintenant tombée sur Polis, et avec elle un silence apaisant s'était installé. Le ciel était chargé de nuages qui empêchaient la lumière de la lune de passer et on ne voyait donc que des points de lumière à intervalle régulier qui marquaient l'emplacement des fenêtres des bâtiments de la ville. Les sommets des collines de la ville étaient un point de vue idéal que Lexa affectionnait particulièrement.
Alors qu'elle était en train d'admirer ce paysage, elle sursauta en entendant un bruit derrière elle. Elle fit instantanément volte-face et porta la main à la garde de son sabre, prête à le dégainer. Mais ce ne fut pas nécessaire. Dès qu'elle reconnut la personne qui venait d'arriver, elle se détendit et son bras retomba le long de son corps.
Clarke, une torche à la main, avançait tant bien que mal vers la brune en prenant soin de ne pas glisser. La neige qui fondait en journée quand le soleil était là avait tôt fait de geler une fois la nuit arrivée, formant ainsi une couche de verglas, et il était alors aisé de tomber si on n'était pas prudent. La voyant en difficulté, la Native s'approcha d'elle et lui tendit une main qu'elle accepta volontiers pour s'assurer un appui sûr.
- Tu m'as trouvée, souffla Lexa.
Il s'agissait là d'un constat paré d'un léger étonnement plus que d'une question. Pourtant, la fille du Ciel répondit à cette interrogation déguisée :
- Finn m'avait un peu appris à pister. La neige m'a aidée aussi, même si tu n'as pas laissé des traces très marquées.
Voyant qu'elle arrêtait de parler, la jeune fille aux yeux verts pensa qu'elle en resterait là. Mais après une pause de quelques secondes, la blonde reprit. Toutefois, sa voix était cette fois plus ténue et son regard nostalgique.
- Il était vraiment doué pour ça. Je me suis toujours demandé où il avait appris ce qu'il savait en ayant vécu toute sa vie dans une station spatiale comme nous tous. Il n'a jamais voulu répondre à mes questions, il trouvait toujours un moyen de changer de sujet.
Elle s'arrêta à nouveau quelques instants et ce fut alors un sourire paré de mélancolie qui étira légèrement ses lèvres.
- Je suppose que ça restera à jamais un mystère.
Comme si elle était tout à coup gênée d'avoir dit tout ceci avec si peu de retenue, elle détourna le regard et baissa les yeux.
Lexa, qui n'avait pas lâché la main de sa compagne, la tira doucement contre elle. Clarke se laissa faire et ne put retenir un soupir de contentement quand elle sentit les bras de la brune l'entourer et la serrer contre elle. Son visage trouva naturellement le creux de son cou pour s'y réfugier et étouffer les larmes qui menaçaient tout à coup d'envahir ses yeux sans raison apparente.
Sans que Clarke le sache, la Native était elle aussi submergée par l'émotion au même moment. Elle était lasse et fatiguée. Elle aurait voulu que cette guerre prenne fin dans l'instant, quelle qu'en soit l'issue. Mais c'était peut-être justement ce qui arriverait le lendemain. Peut-être que d'ici quelques heures, ce conflit se terminerait. Qui l'emporterait ? Combien perdraient la vie, que ce soit d'un côté ou de l'autre ? Que resterait-il après la victoire de l'un et la défaite de l'autre ? Sans doute une Terre brûlée et détruite par la folie des humains comme cela avait déjà été le cas tant de fois.
A croire qu'ils n'apprenaient jamais de leurs erreurs.
Tout ceci n'avait aucun sens.
Elle prit une profonde inspiration sans même l'avoir voulu et parla sans vraiment s'en rendre compte :
- Parfois je voudrais avoir échoué aux épreuves et n'être jamais devenue Commandante. Je n'aurais jamais dû écouter Anya.
Elle réalisa ce qu'elle avait dit seulement en entendant les mots sortir de sa bouche. Cette prise de parole avait été instinctive, comme un besoin vital. Elle ne s'en était pas aperçue jusqu'à maintenant, mais elle avait besoin de dire cela depuis bien longtemps et à présent qu'elle l'avait fait, elle se sentait plus légère, comme libérée d'un poids.
Clarke s'était séparée d'elle au moment où elle avait prononcé ces mots mystérieux et la regardait maintenant avec un air interrogatif. Sachant pertinemment que la jeune fille ne savait pas de quoi elle parlait, la brune s'expliqua avant qu'elle ne lui pose des questions :
- L'initiative de me présenter aux épreuves pour devenir Commandante ne venait pas de moi. Je n'ai jamais eu de rêve de grandeur, je voulais apprendre à combattre et faire tout ce que je pouvais pour aider et protéger mon clan, c'est tout. Mais rapidement, en me formant, Anya a pensé que j'avais le potentiel pour assurer ce rôle et elle me l'a donc suggéré. C'est comme ça que j'ai envisagé la possibilité de devenir Candidate. Sans elle, je serais restée toute ma vie une simple guerrière. C'est elle qui a éveillé cette vocation dont je n'avais jamais pris conscience.
- Pourquoi regrettes-tu alors ?
- Parce que tout est plus compliqué. Surtout pour toi et moi.
La file du Ciel pinça les lèvres mais garda ses yeux bien ancrés à ceux verts qui la scrutaient.
- Peut-être qu'il aurait plutôt fallu qu'on ne se rencontre jamais.
Lexa la dévisagea avec un air à la fois blessé et plein d'incompréhension, et elle s'empressa donc d'expliquer ce qu'elle avait voulu dire :
- De toute évidence, tu as toujours voulu protéger ton peuple. Il n'y avait pas meilleur poste que celui que tu occupes pour cela, et tu assures très bien ta fonction. Ton peuple a de la chance de t'avoir, passer à côté d'une Commandante telle que toi aurait été du gâchis.
- Personne n'aurait su ce qui était gâché si je n'étais jamais devenue Commandante.
- Tu es née pour ça, Lexa. Tout comme moi.
Ces mots laissèrent Lexa muette et stupéfaite. Jamais elle n'aurait pensé entendre ces paroles qu'elle avait un jour dites à Clarke dans la bouche de cette dernière. La blonde avait-elle finalement accepté l'évidence ? Ou cherchait-elle simplement à faire taire les doutes qu'elle exprimait implicitement ?
A la fois troublée par ce qu'elle venait d'entendre et préoccupée – elle avait toujours une bonne raison de l'être, mais cette fois, les choses étaient différentes, la situation était plus délicate qu'elle ne l'avait jamais été – la brune quitta sa compagne du regard. Elle se tourna vers la ville et reprit la position qu'elle avait avant que Clarke n'arrive. Les mains croisées dans le dos, elle parcourut des yeux les lumières qui dansaient dans le noir d'encre de la nuit.
Quelques secondes s'écoulèrent dans le silence, mais la fille du Ciel ne tarda pas à la rejoindre. Elle se plaça à côté d'elle, et la guerrière put voir que tout comme elle, toute son attention était portée sur Polis.
Elles restèrent ainsi un long moment. Pas une ne parlait et la flamme qui dansait au bout de la torche qui avait été plantée dans la neige était le seul mouvement notable. On entendait au loin le hululement régulier d'un oiseau de nuit. Pour le reste, tout était calme.
Difficile de croire qu'une quelconque menace pesait sur la capitale et sur leur peuple tout entier.
Ce ne fut qu'après plusieurs minutes que le silence fut brisé. Sans quitter la ville des yeux, Clarke prit la parole :
- Tu es la dirigeante dont nous avons besoin. Personne ne pourrait assurer ce poste mieux que toi.
- Je sais.
Il n'y avait là aucune vantardise de la part de Lexa, seulement une douloureuse lucidité quant à la fatalité de la situation dans laquelle elle se trouvait depuis tant d'années et où elle était piégée.
Elle n'était pas devenue ce qu'elle était maintenant par hasard. Sans le savoir, elle était née avec les capacités nécessaires pour cela, et dès le jour où elle avait décidé de devenir Candidate sur les conseils d'Anya, son destin avait été scellé : elle deviendrait la nouvelle Commandante du Peuple de la Forêt, puis plus tard celle de la Coalition qu'elle créerait elle-même. En faisant ce choix, elle avait abandonné sa liberté de son plein gré. Aujourd'hui, elle appartenait à son peuple, et il en serait ainsi jusqu'à son dernier souffle.
Qui pouvait se contraindre à une telle vie sans en avoir l'obligation ? Personne a priori.
Pourtant, elle ne regrettait pas sa décision.
Être Commandante était un honneur malgré le fardeau que cela représentait. Si on lui avait donné une deuxième chance pour tout recommencer depuis le début, elle aurait peut-être changé certaines choses, mais le choix de se présenter aux épreuves n'aurait certainement pas fait partie de ce qu'elle aurait fait différemment.
Il lui arrivait d'avoir des moments de doute, comme c'était le cas à cet instant, et de désirer avoir la possibilité, ne serait-ce que pour une journée, d'oublier ses responsabilités. Mais il lui suffisait de penser à son peuple et de voir les espoirs que chacun plaçait en elle pour être convaincue qu'elle était à sa place.
Sa tâche n'avait rien d'aisé, mais elle voulait ce qu'il y avait de mieux pour son peuple. C'était tout ce qu'elle avait toujours voulu.
Et pourtant…
- Est-ce que c'est égoïste d'être heureuse que vous soyez arrivés sur Terre malgré tout ce qui s'en est suivi ? Est-ce que c'est égoïste de préférer ce scénario à celui où je n'aurais jamais eu la chance de te rencontrer ?
Clarke ne répondit pas immédiatement. Elle resta muette et immobile, visiblement plongée dans une contemplation silencieuse. Pensant qu'elle n'avait peut-être pas entendu ce qu'elle venait de dire, absorbée par ses pensées, la brune se tourna vers elle. C'est à cet instant que la jeune fille répondit, toujours sans détourner les yeux de la ville :
- C'est humain.
- Humain mais égoïste, répliqua la Native sur un ton grave et en détournant le regard, comme honteuse.
- Certainement. Mais alors je suis tout aussi égoïste que toi.
Cette fois, les deux jeunes filles tournèrent la tête au même moment pour se regarder l'une et l'autre. Leurs yeux se trouvèrent instantanément malgré la faible lumière dont elles disposaient et ils ne se quittèrent plus. Elles se fixèrent longuement, comme si elles étaient intriguées, presque comme si elles se découvraient pour la première fois.
La situation aurait sans doute pu durer encore longtemps si Clarke n'avait pas finalement parlé :
- J'ai froid, chuchota-t-elle.
Lexa l'observa un instant, à croire qu'elle n'avait pas compris ce qu'elle venait de dire, puis elle se décida finalement à répondre sur un ton calme :
- Rentrons.
- Clexa -
Lexa venait de se coucher dans le lit lorsqu'elle sentit deux lèvres gercées par le froid hivernal se coller à la peau sensible de sa nuque. Aussitôt, elle se tourna vers sa compagne. Leurs visages étaient tout proches l'un de l'autre quand elle passa délicatement son pouce sur la lèvre inférieure de Clarke.
- Je t'avais dit de les protéger avec une pommade.
Pour toute réponse, la blonde embrassa le bout des doigts de la Native. Cette dernière la laissa faire en la regardant, d'une certaine façon émerveillée de voir une telle douceur dans ce monde où tout semblait si brutal et violent.
- Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda la plus jeune. Demain, après avoir annoncé à ceux que Pike aura envoyés qu'on refuse de se rendre, qu'est-ce qu'on fera ? précisa-t-elle.
La brune plongea ses yeux dans les siens.
- Nous nous battrons.
Tout en prononçant ces mots, elle ne put s'empêcher de remarquer qu'elle déplorait la violence de ce monde alors qu'elle était la première à la prôner.
- J'ai l'impression que nous nous battons depuis toujours. Est-ce que ça s'arrêtera un jour ?
- Je ne sais pas.
A défaut d'être rassurante, cette réponse avait au moins le mérite d'être sincère.
Clarke resta silencieuse et se contenta de regarder Lexa. Elle relâcha doucement et progressivement l'air contenu dans ses poumons en commençant à observer attentivement chacun des traits de son visage dans le moindre détail.
Son front haut légèrement bombé. Ses sourcils qui s'arquaient gracieusement bien que discrètement lorsqu'elle souriait. Ses yeux, tantôt émeraude, tantôt aussi verts que la forêt, parfois bleus sous certains angles et avec une certaine lumière, bien que ce soit rare. Ses cils naturellement longs. Ses pommettes hautes qui adoucissaient son visage plus qu'elles ne le durcissaient. Son nez droit et arrondi à son extrémité. Sa mâchoire anguleuse parfaitement dessinée. Ses lèvres roses et pulpeuses. Malgré elle et sans qu'elle ne s'en rende compte, l'expression de la blonde jusque-là fermée se détendit lorsque son étude se termina sur les oreilles de sa compagne qui étaient si petites mais qu'elle trouvait si jolies.
Il semblait que Clarke ait été tout à coup saisie d'un besoin soudain d'embrasser Lexa puisqu'elle se redressa sur un coude pour venir capturer ses lèvres. La brune, qui lui avait rendu son regard pendant tout le temps où elle l'avait dévisagée, fut quelque peu prise au dépourvu. Toutefois, elle se ressaisit rapidement et répondit à ce baiser qui ne tarda pas à devenir fiévreux. Mais malgré la fougue soudaine de la blonde, il demeura une douceur évidente.
Après quelques instants, la fille du Ciel cessa de s'appuyer sur son coude et laissa son corps reposer sur le lit de façon à pouvoir prendre le visage de sa compagne en coupe, tout ceci sans jamais arrêter de l'embrasser. Elles étaient à présent face à face, toutes les deux allongées sur le côté. Lexa se laissa faire quand Clarke la tira vers elle. Elle caressa les avant-bras de la blonde en remontant ses mains jusqu'à ses poignets pour s'y arrêter.
Elle était prête à approfondir leur baiser, mais alors qu'elle réclamait l'accès à la bouche de Clarke, celle-ci s'éloigna sans prévenir et alla jusqu'à lâcher son visage et dégager ses bras de sa prise, coupant ainsi tout contact. La brune fut désemparée par une telle attitude et ne sut pas comment l'interpréter, mais sa compagne prit alors la parole pour lui poser une question inattendue, surtout dans un tel moment :
- S'il m'arrivait quelque chose, tu protégerais mon peuple même si je n'étais plus là ?
- Je croyais que c'était moi qui pensais toujours au pire.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, face à une telle question, le premier réflexe de la brune avait été de répondre par l'humour pour taquiner Clarke. Mais cette dernière resta très sérieuse :
- Réponds à ma question, s'il-te-plaît.
Son ton n'était pas agacé ni même pressant, il indiquait seulement un réel besoin d'obtenir une réponse. Si elle avait déjà été désarçonnée par le comportement puis la question de la blonde, cette fois, Lexa le fut encore davantage. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver ses esprits et ainsi pouvoir parler distinctement :
- Bien sûr. Je protégerai toujours ton peuple comme j'ai juré de le faire.
Cette réponse sembla convenir à la fille du Ciel, tout du moins n'ajouta-t-elle rien de plus.
La guerrière la dévisagea avec un air intrigué, mais surtout préoccupé. La blonde paraissait tout à coup absente. Elle n'agissait pas comme d'habitude et ce constat l'inquiétait réellement. Cette question qu'elle venait de lui poser semblait trop importante à ses yeux pour être prise à la légère. Une telle interrogation n'était pas anodine, c'était certain.
- Clarke, qu'est-ce qui se passe ?
- Rien.
Elle avait répondu rapidement. Trop rapidement au goût de Lexa.
- Je vois bien que tu n'es pas dans ton état normal. Quelque chose ne va pas ?
Cette fois, la blonde resta silencieuse pendant un instant avant de répondre. Elle détourna le regard, comme si elle voulait éviter celui de sa compagne, et baissa les yeux. Ce ne fut qu'après quelques secondes qu'elle planta à nouveau ses iris dans ceux de la brune.
- J'ai peur.
- Il n'y a que les fous qui n'ont pas peur.
Un pâle sourire étira les lèvres de la blonde.
- Tu as toujours réponse à tout.
- Dit celle qui veut toujours avoir le dernier mot.
Le sourire qui apparut sur le visage de Clarke fut cette fois plus franc, même s'il resta discret, presque pâle. Elle supprima la distance qu'elle avait elle-même installée entre sa compagne et elle, puis posa à nouveau ses mains sur son visage.
Les yeux de Clarke s'ancrèrent à ceux de la personne qui détenait maintenant son cœur et elle sentit alors immédiatement cette connexion qui s'établissait si aisément entre elles dans des moments comme celui-ci. Le ciel et la forêt qui dansaient dans leurs iris respectifs ne formaient maintenant plus qu'un. Lexa pouvait elle aussi sentir ce lien qui les unissait. Mais pour la première fois, elle sentit également quelque chose d'autre, quelque chose qui lui oppressait la poitrine, comme si un étau invisible l'avait empêchée de respirer normalement. Un étau invisible qu'elle savait être ce qu'on appelle un mauvais pressentiment.
Clarke murmura quelques mots, juste assez fort pour que Lexa, elle et elle seule puisse les entendre, comme si quelqu'un d'autre avait était présent dans la pièce et qu'en parlant trop fort, elle avait pris le risque que ce quelqu'un puisse voler ce secret – qui n'en était plus vraiment un – cette confidence qui n'était destinée qu'à son âme sœur.
- N'oublie jamais que je t'aime.
Lexa était prête à l'interroger à nouveau sur ce comportement qu'elle trouvait de plus en plus bizarre, mais elle n'en eut ni le temps ni l'occasion.
La blonde fondit sur ses lèvres et les prit en otages. Le baiser d'abord doux et chaste ne tarda pas à s'enflammer et ce fut cette fois la fille du Ciel qui réclama elle-même l'accès à la bouche de sa compagne. Cette dernière le lui accorda sans lui opposer la moindre résistance. Elle aurait voulu l'arrêter, stopper ce baiser et lui parler, tenter de comprendre pour quelle raison elle agissait ainsi, mais elle n'en avait pas la force. Tout du moins plus maintenant. A cet instant, tout ce qu'elle souhaitait était d'embrasser celle qu'elle aimait, de la sentir contre elle, de partager une étreinte avec elle.
Clarke bascula rapidement au-dessus de sa compagne et plaça un genou de chaque côté de son corps. Ses lèvres étaient toujours scellées aux siennes, comme incapables de s'en séparer. Ses mains glissèrent d'elles-mêmes sur le visage de la Native, indépendamment de sa volonté. Lexa la saisit brusquement par les hanches et la tira immédiatement à elle. La blonde se laissa faire et son bassin rencontra alors celui de la guerrière. Cette dernière se redressa pour venir l'embrasser avec plus d'intensité. Leurs langues étaient déjà liées, mais ce furent cette fois leurs dents qui s'entrechoquèrent. Pourtant, aucune n'y prêta attention.
Tout à coup, le besoin prenait le pas sur la raison.
Aucune d'elle ne voulait plus tenter de savoir si oui ou non le moment était approprié. Auraient-elles dû faire l'amour à la veille d'un jour aussi important que celui qui allait se lever ? Certainement pas. Mais peu leur importait. Tout ce qu'elles désiraient pour l'instant était de partager un moment qui n'appartiendrait qu'à elles.
La fille du Ciel quitta les lèvres de sa compagne pour s'en prendre cette fois à son cou. Avant même qu'elle l'ait embrassée à cet endroit, Lexa releva la tête pour dégager sa gorge et ainsi lui donner un meilleur accès. Loin de se plaindre de cette initiative, Clarke s'empressa de profiter de cette occasion. Elle dévora son cou de baisers, puis remonta brusquement vers sa mâchoire qu'elle mordilla.
Seulement quelques minutes que leurs ébats avaient débuté, et pourtant, leurs respirations étaient déjà devenues irrégulières et saccadées.
Avec des gestes impatients, Clarke saisit la tunique de Lexa et la lui retira. Les autres vêtements de la brune ne tardèrent pas à suivre le même chemin et à la rejoindre quelque part sur le lit ou sur le sol, et ce fut avec plus d'empressement que jamais qu'elle déshabilla son amante avant que celle-ci n'en fasse autant avec elle. Bientôt, ce ne furent plus que quelques misérables sous-vêtements qui les couvrirent, et eux aussi eurent tôt fait d'être congédiés, tout comme leurs semblables.
Aussitôt qu'elles furent toutes les deux nues, leurs lèvres se trouvèrent à nouveau. Leurs mains déjà baladeuses se firent encore plus audacieuses, jusqu'à ce que Lexa descende l'une d'elles plus bas. Mais alors qu'elle croyait toucher au but, Clarke l'interrompit en saisissant brusquement son poignet pour l'empêcher d'aller plus loin. La brune était sur le point de protester, mais elle ne lui en laissa pas la possibilité.
Ses lèvres déjà fermement accrochées aux siennes se firent plus envahissantes encore. Elle attrapa son autre poignet et les épingla, lui et son jumeau, au matelas.
Enfin, Clarke interrompit leur baiser, permettant ainsi à Lexa d'inspirer tant bien que mal un peu d'air. Les paupières de la jeune fille s'ouvrirent sur deux iris dont le bleu n'était presque plus visible tant ses pupilles étaient dilatées. Elle se pencha vers elle et embrassa tendrement son front à l'endroit précis où se trouvait son insigne de Commandante en temps normal. Puis, après s'être redressée pour la regarder à nouveau dans les yeux, elle murmura d'une voix rauque :
- Tu n'es plus Heda ici, tu es Lexa. Toi aussi tu as le droit de laisser quelqu'un prendre soin de toi et pas l'inverse.
Cette unique phrase suffit à déclencher un puissant frisson qui descendit du sommet de la colonne vertébrale de la brune et vint se perdre au niveau de son entrejambe. Comment de simples mots pouvaient-ils lui faire un tel effet ?
Toutefois, malgré l'excitation évidente que Clarke avait fait naître chez elle, aussi bien par ses paroles que par ses attentions, elle parvint à se ressaisir. Décidée à ne pas se laisser faire, elle tenta de se dégager de la prise de sa compagne. Mais c'était sans compter sur la détermination de cette dernière.
La fille du Ciel raffermit sa poigne pour l'empêcher de bouger. Elle cloua ses poignets au lit et planta ses yeux dans les siens. Lorsqu'elle plongea dans le bleu océan qui se trouvait devant elle et la dévisageait, Lexa en fut presque intimidée. La blonde affichait un air neutre, et pourtant on pouvait y lire toute sa détermination à parvenir à ses fins.
Les yeux plantés dans ceux de sa compagne, Clarke prit à nouveau la parole, toujours de cette même voix profonde et suave :
- Laisse-toi faire pour une fois.
- Je me suis déjà laissé faire plus d'une fois avec toi.
- Alors accorde-moi ça une dernière fois.
Une telle formulation interpela la brune, mais elle ne posa aucune question. Même si elle l'avait voulu, les lèvres de Clarke venant rencontrer la peau de son cou l'en auraient dissuadée.
Elle l'embrassa avec une délicatesse mêlée d'un désir péniblement contenu. Ses mains ne tardèrent pas à glisser de ses poignets pour venir lier ses doigts aux siens. Dans le même temps, ce fut sa langue qui franchit ses lèvres pour lécher l'épiderme de la brune qui ne put que gémir faiblement. Bien que ce son ravisse ses oreilles, elle ne s'arrêta pas à cet endroit. Elle commença à descendre avec une lenteur exaspérante en direction de la poitrine de son amante. Cette dernière se mordit la lèvre inférieure quand elle sentit son souffle chaud effleurer son sein gauche et ses cheveux caresser et chatouiller sa peau. Avec un gémissement étouffé, elle ramena sa tête vers l'avant alors qu'elle était jusque-là basculée en arrière.
Clarke se contentait de rester à quelques centimètres de son corps sans jamais le toucher, et rien ne pouvait la frustrer davantage. Seule sa respiration l'atteignait et la faisait frémir. A chacune des expirations de la blonde, la Native se crispait davantage. Savoir qu'elle était juste là et la sentir si proche sans qu'elle n'établisse le moindre contact la rendrait rapidement folle si ce n'était pas déjà fait.
Lexa fit l'erreur de montrer des signes d'impatience et elle le paya dans l'instant.
La jeune fille, qui était maintenant au-dessus de son sein droit, le mordit brusquement. La brune parvint à retenir de justesse un cri de surprise. Mais alors qu'elle s'était d'abord contentée de prendre la peau entre ses dents sans réellement resserrer ses mâchoires, il ne fallut qu'une seconde pour que Clarke la pince réellement. Cette fois, un bref gémissement s'échappa de la gorge de la guerrière, rapidement suivi d'un autre qui fut plus long.
- Clarke…
La principale concernée ne se préoccupa pas de cet appel et poursuivit ce qu'elle avait commencé. Elle n'aurait pas été capable de dire s'il s'agissait d'une supplication pour lui demander d'arrêter ou si sa partenaire voulait au contraire qu'elle continue, voire même qu'elle augmente la force de sa morsure. Toutefois, elle n'eut pas à s'interroger longtemps.
Lexa gémit à nouveau, et la fille du Ciel n'eut cette fois aucun mal à percevoir un plaisir évident.
Elle avait petit à petit découvert sa compagne et commençait maintenant à la connaître. Elle savait ce qui lui plaisait, ce qu'elle aimait et comment, à quel moment elle pouvait se permettre certaines choses et quand elle ne pouvait pas. Et en l'occurrence, Lexa semblait plus qu'encline à se laisser faire et à lui abandonner le contrôle.
Aussi bien parce que ces occasions étaient rares que parce qu'elles étaient plaisantes, Clarke comptait bien en profiter pleinement. Plus que jamais, elle avait besoin de prendre les choses en main ce soir-là et d'avoir le dessus. Elle se sentait animée d'un besoin viscéral de diriger. Non, pas diriger. Posséder.
La Native sentit la tête lui tourner quand sa compagne accepta enfin de la lâcher. Déjà, la douleur naissante se faisait plus vive. Clarke admira son œuvre, et Lexa put voir à son regard satisfait que la marque qu'elle avait laissée était déjà apparente alors qu'elle avait été faite seulement quelques secondes plus tôt. Il ne faisait aucun doute que d'ici quelques minutes, elle serait bel et bien visible et que dès le lendemain, elle serait largement étendue et donc flagrante. Par chance, étant donné l'endroit où elle était placée, elle ne serait exposée à la vue de personne. C'était la seule exigence de Lexa. Et la blonde semblait l'avoir compris, puisqu'elle s'attaqua bientôt à un autre endroit caché.
Après s'être penchée pour embrasser brièvement la marque rouge qu'elle avait laissée, elle papillonna des baisers sur la peau de son amante tout en remontant sur sa poitrine. Arrivée au niveau de ses clavicules, elle répéta la même opération.
En même temps qu'elle laissait un soupir lui échapper, Lexa resserra ses doigts autour de ceux de la fille du Ciel. Celle-ci lui répondit par le même geste sans interrompre son œuvre. Elle s'appliqua à exercer la pression nécessaire pour laisser une marque visible sans pour autant faire excessivement mal à sa partenaire. Le tout était de savoir doser la douleur et surtout interpréter ses réactions. Et pour l'instant, à en croire ses gémissements ténus, il semblait qu'elle soit parvenue à trouver le bon équilibre.
Sa tâche terminée, Clarke se redressa et fut satisfaite du résultat. Mais loin d'en avoir fini, elle repartit à l'assaut de cette peau qui l'attirait comme une drogue dont elle aurait été incapable de se passer.
Ses dents prirent d'assaut l'épaule de la brune qui ne put que gémir comme elle le faisait depuis que cette douce torture avait débuté. Lexa accueillit avec plaisir cette douleur qui l'étourdissait tout en la faisant sentir plus vivante que jamais.
Une fois cette troisième morsure terminée, ce fut vers le bas que les lèvres de Clarke se dirigèrent. Elle ne lâcha pas les mains de son amante pour s'assurer que celle-ci ne tenterait pas à nouveau de se dégager et de reprendre le contrôle de la situation. Ainsi, au lieu d'être au-dessus de sa tête, les bras de la brune furent placés le long de son corps quand la plus jeune vint se positionner entre ses jambes. Cette dernière fut agréablement surprise de voir qu'elle n'essayait pas de se libérer de sa prise et décida donc de la mettre à l'épreuve.
Sa bouche continua son parcours mais ralentit au niveau de son bas-ventre. Elle resta là plus longuement, parsemant ainsi la peau de Lexa de baisers. Elle fut à nouveau étonnée de voir qu'elle ne tentait toujours rien.
Décidée à poursuivre le supplice qu'elle lui faisait subir, elle reprit sa descente. Mais cette fois, ce ne furent pas seulement ses lèvres qui parcoururent le teint halé de la brune, puisque sa langue laissa une traînée humide dans son sillage. Elle la laissa vagabonder le long de son aine marquée par ses muscles abdominaux particulièrement développés. Lexa se tortilla légèrement comme elle le faisait depuis le début mais garda ses mains agrippées à celles de sa compagne et resta silencieuse. La blonde, qui prévoyait déjà sa prochaine action, ne prêta pas réellement attention à cette maîtrise de soi qu'elle admirait pourtant quelques secondes plus tôt.
Elle avait maintenant son visage au niveau de l'entrejambe de la Native, et elle put sentir que celle-ci commençait réellement à s'impatienter. Satisfaite, elle garda pourtant une expression neutre où pouvait seulement se lire le désir brûlant qui l'animait. Loin d'être prête à lui donner la chose qu'elle semblait attendre plus que tout, elle dévia vers l'intérieur de sa cuisse.
Enfin, un soupir agacé se fit entendre.
- Clar-
Cette tentative de protestation se termina dans un cri de surprise et de douleur.
Clarke venait de saisir la peau tendre de la cuisse de Lexa entre ses dents. Sa morsure avait été encore plus forte que les précédentes et donc plus douloureuse, et pourtant, c'était bien l'excitation qui montait chez la brune et pas quoi que ce soit d'autre. Malgré tout, elle fit encore preuve d'un sang-froid exemplaire en restant presque immobile et en gardant ses mains là où elles étaient, dans celles de sa partenaire, posées sur le lit à hauteur de ses hanches.
Mais arriva un moment où elle ne fut plus capable de tenir, aussi bien parce que la douleur devenait intolérable que parce qu'elle perdait son calme.
- Clarke…
- Patience.
Cette réponse, bien qu'elle ait été autoritaire, n'était ni sévère ni cassante. Lexa prit donc son mal en patience et attendit que la blonde termine ce qu'elle avait commencé.
Clarke reprit ce qu'elle avait interrompu pour parler en prenant soin de pincer le même endroit pour être plus efficace. Une légère plainte parvint à ses oreilles lorsqu'elle mordit à nouveau la peau, mais elle le fit avec moins de virulence cette fois. Elle avait déjà fait le plus gros du travail et la marque était certainement déjà visible, elle ne faisait que l'accentuer en insistant comme elle le faisait.
La Native endura encore quelques secondes de ce traitement, mais finalement, la blonde s'arrêta. Elle poussa un soupir où l'on pouvait sentir du soulagement, mais aussi une certaine déception à l'idée que cette peine consentie soit déjà terminée. Elle se surprit à se demander si Clarke allait réitérer l'opération pour la cinquième fois consécutive, mais constata rapidement qu'elle n'en ferait rien. A présent, la fille du Ciel semblait prête à lui accorder ce qu'elle désirait vraiment. Mais même si elle était décidée, elle ne le ferait pas immédiatement. Elle prendrait son temps, comme elle l'avait fait jusqu'à maintenant.
Clarke parsema de baisers la jambe droite de son amante, puis elle en fit autant avec la gauche. Elle remonta ensuite vers son pubis, mais alors que Lexa pensait enfin obtenir ce qu'elle voulait, la blonde poursuivit sa progression pour s'arrêter plus haut, sur son bas-ventre. Elle embrassa la peau qui lui était offerte et la mordilla, sans pour autant être aussi abrupte que précédemment.
Alors qu'elle pensait qu'elle ne pourrait pas attendre plus longtemps, Lexa comprit que son amante allait cesser sa torture lorsqu'elle lâcha ses mains pour se repositionner. Elle se redressa pour se déplacer et ainsi s'étendre entièrement entre les jambes de la Native. Cette dernière avala difficilement sa salive à cette simple vision et se crispa lorsqu'elle sentit des doigts glisser sur sa peau en la touchant tout juste. Ils descendirent vers ses genoux avant de finalement remonter à la base de ses cuisses pour les agripper fermement.
Clarke leva les yeux vers elle et lui lança un regard brûlant de désir qui la fit frissonner.
- Ne bouge pas, susurra-t-elle.
- Je vais faire ce que je p-
Avant que Lexa ait pu terminer sa phrase, la fille du Ciel déposa sur son mont de Vénus un baiser d'une tendresse sauvage qui lui coupa le souffle. Elle ne put contenir un soubresaut auquel Clarke répondit par un baiser plus appuyé, directement sur ses lèvres intimes. La tête de la brune bascula en arrière et ses mains se mirent d'elles-mêmes en mouvement alors qu'elles reposaient sur le matelas depuis plusieurs minutes, là où la fille du Ciel les avait laissées plus tôt. Elles se posèrent sur celles de cette dernière qui tenaient ses cuisses. Mais elle comprit alors ce que Clarke avait voulu dire quand elle tenta de la toucher et fut aussitôt stoppée.
La blonde prit appui sur ses coudes et lui saisit brusquement les mains. Le regard qu'elle lui lança n'était ni contrarié ni colérique, en revanche, Lexa n'eut aucun mal à comprendre qu'elle ne tolérerait pas d'autre incartade quand sa compagne épingla à nouveau ses poignets au lit avec des gestes qui n'étaient pas brutaux mais restaient tout de même autoritaires. Elle déglutit difficilement à cause de sa gorge subitement serrée.
Après avoir maintenu les bras de son amante sur le lit quelques secondes en la dévisageant d'un regard énigmatique, la blonde la lâcha. Docile, Lexa s'était laissé faire et ne bougea pas, même une fois libre. Elle avait bien trop envie de Clarke pour tenter quoi que ce soit qui aurait pu la priver du plaisir qu'elle lui procurait depuis plusieurs minutes déjà.
Visiblement convaincue que sa partenaire ne tenterait plus quoi que ce soit, la fille du Ciel reprit ce qu'elle avait interrompu.
Elle commença d'abord par embrasser le pubis de Lexa qui soupira de contentement. Mais bien vite, de simples baisers ne suffirent plus à l'une comme à l'autre. Sa langue fut alors conviée aux réjouissances et s'aventura entre les lèvres intimes qui lui étaient offertes. Elle écarta un peu plus les jambes de la brune et celle-ci accompagna ce mouvement pour lui donner un meilleur accès. Une fois l'intimité de sa compagne mieux dégagée, Clarke put réellement se mettre à l'œuvre.
La Native se cambra et poussa un long gémissement quand sa partenaire fit courir sa langue sur toute la longueur de son sexe. Elle ferma fortement les yeux et dut se faire violence pour ne pas la toucher. Elle n'avait qu'une envie : caresser les mains de Clarke, ses bras, son visage, son dos, la toucher, peu importe où. Elle voulait la sentir avec elle, la sentir contre elle. Mais même si elle aurait voulu qu'elle soit plus proche d'elle et que leurs corps soient entièrement collés l'un à l'autre, elle ne pouvait se résoudre à renoncer au plaisir qu'elle était en train de lui procurer avec une vitesse et une aisance insolentes. Surtout, Clarke ne l'aurait pas laissé faire. Elle le savait, si elle tentait à nouveau de reprendre le contrôle ou même d'établir le moindre contact, elle serait arrêtée comme elle l'avait été un peu plus tôt. Elle aurait voulu enrouler ses jambes autour du corps de sa compagne, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas. Tout du moins elle pouvait, mais elle ne devait pas. Elle fit donc de son mieux pour garder un semblant de maîtrise et ne pas bouger.
Après quelques minutes, elle posa son avant-bras gauche sur ses yeux tandis qu'elle agrippait et serrait brusquement les draps de son autre main. Elle se mordit la lèvre inférieure pour retenir au mieux un gémissement plus fort que les autres, mais une plainte lui échappa tout de même. Elle commençait à trembler et savait qu'il ne faudrait plus longtemps avant qu'une dose d'endorphines ne déferle dans son organisme, et c'était bien cela qui rendait la tâche difficile pour ne pas bouger comme le lui avait ordonné Clarke.
Un coup de langue habilement placé et Lexa perdit le peu de contrôle qu'elle avait pu conserver jusqu'à maintenant.
Ses mains se dirigèrent vers la tête de celle qui était en train de faire des miracles entre ses jambes et elle saisit brusquement une poignée de cheveux blonds avant de la serrer dans ses poings crispés. Ce n'était pas parce qu'elle voulait garder Clarke là où elle était et l'empêcher d'arrêter ce qu'elle était en train de faire – non pas qu'elle ait montré le moindre signe indiquant une telle intention – mais seulement parce qu'elle avait envie et besoin de le faire. Il fallait qu'elle s'accroche à elle pour ne pas perdre la raison. Toutefois, la blonde ne l'entendait pas de cette oreille.
Avant que Lexa ait pu réaliser ce qu'il se passait, Clarke avait cessé toute stimulation. Elle se redressa brusquement, prenant ainsi la brune par surprise, si bien que celle-ci n'eut pas le temps de protester. Ses cuisses étant posées sur les épaules de sa compagne, cette dernière les entraîna avec elle quand elle remonta vers son visage. Les jambes de la Native furent alors subitement ramenées contre elle et dans le même temps, elle sentit que son amante venait de la pénétrer de deux doigts. L'action avait duré tout au plus deux secondes.
Lexa eut le souffle coupé, aussi bien à cause de ce retour soudain de ses jambes qui étaient venues appuyer sur son abdomen et avaient donc chassé l'air de ses poumons, qu'à cause de cette pénétration qu'elle n'attendait pas. Elle n'avait pas eu mal, elle avait seulement été surprise. Mais à cet instant, elle se préoccupait bien peu de cela et beaucoup plus d'autre chose : alors qu'elle était sur le point d'atteindre le paroxysme du plaisir, Clarke venait de changer de point de stimulation, la privant ainsi de son orgasme. Son plaisir n'était pas retombé, loin de là, mais il faudrait qu'elle attende encore pour atteindre le septième ciel, et ce alors qu'il lui tendait les bras la seconde d'avant. A cet instant, il lui semblait qu'il n'existait pas pire torture que celle-ci.
Bien qu'elle soit appuyée sur sa main libre, Clarke pesait presque de tout son poids sur son amante. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du sien et elle eut donc tout le loisir d'observer ses yeux presque entièrement noirs quand elle les ouvrit. Elle la scruta longuement du regard alors qu'elle tentait de retrouver une respiration plus régulière et prit finalement la parole.
- Je t'ai dit de ne pas bouger, gronda-t-elle.
Lexa voulut répliquer, mais sa compagne ne lui en laissa pas l'opportunité. Ses lèvres s'écrasèrent violemment contre les siennes et elle laissa s'exprimer le désir animal qui l'animait. La brune ne protesta pas ni ne tenta de se dégager. Leurs langues se trouvèrent en un instant et se lièrent étroitement pour entamer une danse lente et sensuelle.
Clarke avait maintenant débuté un mouvement de va-et-vient, tirant ainsi des gémissements à sa compagne qu'elle avalait aussitôt en continuant à l'embrasser. Ce nouvel échange durait depuis plusieurs minutes déjà et la fille du Ciel commençait donc à fatiguer. Cette position semblait apporter plus de sensations à Lexa, mais elle n'était pas idéale pour elle et le bras sur lequel elle se tenait lui faisait de plus en plus mal.
Elle n'abandonna les lèvres de la brune que le temps de se reculer pour se libérer de ses jambes qu'elle étendit à nouveau sur le lit. Un profond soupir glissa entre les lèvres de Lexa gonflées par leurs nombreux baisers, signe qu'elle respirait maintenant mieux, mais aussi et surtout qu'elle n'attendait qu'une chose : que Clarke la rejoigne pour coller à nouveau son corps au sien, ce que cette dernière ne tarda pas à faire.
Elle vint s'étendre à côté de celle qui n'avait plus rien de la féroce guerrière et dirigeante qu'elle était la plupart du temps. Lexa tourna immédiatement la tête vers elle pour réclamer un baiser que la blonde lui donna avec plaisir. Leurs lèvres à nouveau liées, elles laissèrent leurs mains courir sur le corps de l'autre.
Rapidement, la brune se trouva plus sur le flanc droit que sur le dos, pendant que la blonde, qui était derrière elle, la surplombait légèrement. Leurs lèvres ne s'étaient toujours pas quittées et la Native était agrippée à la nuque de sa compagne tandis que son autre bras soutenait sa propre tête. Clarke laissa sa main glisser sur sa taille jusqu'à ses fesses qu'elle caressa en continuant à descendre jusqu'à arriver à son entrejambe. Elle passa ensuite entre ses cuisses et ses doigts eurent tôt fait de trouver à nouveau l'intimité de son amante qui se laissa volontiers faire. Lexa gémit faiblement et bascula plus ou moins malgré elle sur le ventre à ce contact.
Leurs ébats venaient de connaître une période d'accalmie, mais elle fut courte et ne dura pas. A la vision du dos nu tatoué qui lui était offert, Clarke retomba bientôt dans la brusquerie dont elle avait fait preuve précédemment et se repositionna pour surplomber sa compagne.
Lorsqu'elle sentit à nouveau les doigts de la blonde en elle, Lexa se crispa brusquement et prit une profonde et vive inspiration en se cambrant, si bien que ses fesses remontèrent légèrement. La fille du Ciel étant déjà partiellement au-dessus d'elle, leurs deux corps furent ainsi collés l'un à l'autre. Le simple fait de sentir les seins de son amante contre son dos suffit à tirer un gémissement à la brune qui saisit fermement les draps d'une main tandis qu'elle posait l'autre sur les reins de Clarke pour l'inciter à s'approcher encore plus près d'elle, alors même que cela était impossible.
Progressivement, à force de se cambrer et de s'arc-bouter, Lexa fut finalement sur les genoux. Elle tenait toujours les draps entre ses doigts dont les phalanges blanchissaient à vue d'œil et n'avaient pas fini de se crisper. En effet, Clarke venait de prendre l'un de ses seins en coupe tandis qu'elle continuait à faire des merveilles plus bas. Elle commença à masser sa poitrine, ce qui fit soupirer la Native de plaisir. Mais soudain, sans prévenir, elle resserra sa prise, arrachant ainsi une exclamation à son amante. Dans le même temps, elle referma sa mâchoire sur son épaule, piégeant ainsi sa peau tendre entre ses dents. Un nouveau cri échappa à Lexa mais se transforma rapidement en gémissement étouffé. Encouragée par ce son, la blonde tourna habilement ses doigts en prenant soin d'atteindre un point qu'elle savait particulièrement sensible chez sa partenaire. La réaction de cette dernière ne se fit pas attendre. Elle lâcha un juron que Clarke n'eut aucun mal à comprendre.
- Jok ! (Putain !)
La main qu'elle avait jusque-là placée dans le dos de la blonde le quitta pour venir agripper sa nuque. Elle s'y accrocha comme si sa vie en dépendait et alla jusqu'à la tirer plus près d'elle pour l'inciter à continuer ce qu'elle était en train de faire. La blonde ne se fit pas prier.
Elle réajusta l'appui qu'elle avait sur ses genoux et mit plus de force et de vigueur dans son poignet. Chaque nouvelle poussée tirait des gémissements à Lexa, et ceux-ci eurent tôt fait de dérober à Clarke le peu de contrôle qu'elle avait pu conserver jusqu'à maintenant.
La brune venait de laisser sa tête tomber en avant après un énième soupir. Elle tentait tant bien que mal de garder une respiration aussi régulière que possible et surtout, elle faisait en sorte de ne pas perdre pied avec la réalité. Sa chevelure brune tombait en cascade de chaque côté de son visage, l'empêchant de voir quoi que ce soit. Mais même si cela n'avait pas été le cas, ses paupières closes l'auraient aveuglée.
Elle sentit soudain la main de sa compagne abandonner sa poitrine et ne put alors retenir un grognement de mécontentement.
- Non, conti-
Mais avant qu'elle n'ait pu terminer, Clarke saisit d'une main sûre une poignée de ses cheveux. Elle la tira en arrière avec douceur en prenant soin de ne pas lui faire mal et Lexa la laissa donc faire. La fille du Ciel tira sa tête légèrement sur le côté et dégagea ainsi son cou qui fut alors à sa merci. Après avoir abandonné l'épaule de la brune, elle laissa sa langue parcourir sa peau et remonter jusqu'à sa mâchoire, ce qui déclencha un puissant frisson chez sa compagne. Elle s'arrêta finalement à son oreille dont elle mordilla le lobe avant de chuchoter d'une voix vibrante de désir :s
- Si je dépasse les limites, dis-le-moi et j'arrê-
- Ne t'arrête pas.
C'était tout ce qu'attendait Clarke pour terminer ce qu'elle avait commencé.
Elle répondit à cette requête – ou plutôt cet ordre – sans perdre de temps et avec un plaisir non dissimulé. La pénétration qui suivit fut plus appuyée que les autres et arracha à Lexa un cri plus fort que les précédents.
Tout ceci n'était en rien comparable à ce qu'elles avaient partagé jusqu'à présent. Cette expérience n'était pas dépourvue d'émotions et de sentiments, loin de là, mais elle était d'une certaine façon beaucoup plus intense que ne l'avaient été les précédentes.
Ce n'était que mouvements vifs et brusques, gestes pressants et pressés, poignes fermes et autoritaires.
Clarke ne cherchait pas à être douce, bien au contraire. A cet instant, tout ce qu'elle souhaitait était posséder Lexa tout entière, la faire sienne, laisser une marque indélébile sur elle pour qu'à jamais elle se souvienne d'elle. Son besoin de laisser son empreinte était plus fort que tout.
Pourtant, elle n'était en rien violente. Elle était brusque, peut-être même brutale auraient dit certains, mais c'était ce que Lexa voulait. Elle la faisait sienne, oui, mais elle le faisait avec son accord.
Après encore de longues minutes passées à couvrir le corps de la brune de baisers et de morsures, que ce soit sur son visage, son cou, ses épaules, ses bras, ou son dos, la fille du Ciel sentit chez son amante ce raidissement soudain et caractéristique qu'elle avait appris à reconnaître.
Tous les muscles de la Native étaient maintenant figés, tétanisés même. Elle avait perdu le contrôle de son corps, et elle ne tarderait pas à sombrer brutalement avant de s'envoler avec légèreté. Elle ne pouvait plus bouger, plus parler, elle pouvait tout juste penser de façon cohérente, et cette faculté lui serait bientôt également retirée. Elle ne put qu'expirer un très faible soupir qui se bloqua net dans sa gorge quand la vague de plaisir que sa compagne avait patiemment bâtie l'envahit tout entière, n'épargnant aucune parcelle de son être.
Sa délivrance était enfin arrivée.
De violents tremblements parcoururent ses membres. Ses poumons tentèrent d'expulser l'air qu'ils contenaient en libérant un cri, mais sa gorge serrée l'en empêcha. Elle avait l'impression de tomber au fond d'un gouffre sans fond. Elle sentait tout juste la main de Clarke qui n'avait pas interrompu ses caresses et celle qui avait glissé de ses cheveux à la base de son cou pour la soutenir. Sa chute dura encore quelques secondes avant qu'elle ait tout à coup l'impression de flotter, puis de remonter. Ce fut à cet instant qu'elle sentit la tête lui tourner et l'étourdissement la gagner.
Jamais elle n'avait vécu un moment aussi intense, et même une fois son orgasme passé et terminé, elle fut incapable de savoir avec certitude où elle était et ce qu'il venait de lui arriver.
Incapable de tenir plus longtemps sur son bras déjà tremblant, elle s'effondra sans même tenter de se rattraper. Même si elle l'avait voulu, elle n'aurait pas pu.
Où étaient le haut, le bas ? Elle n'en avait plus la moindre idée. Etait-elle réellement étendue sur son lit, dans sa chambre ? Si quelqu'un pouvait le dire, ce n'était certainement pas elle. Ce qu'elle venait de vivre était-il réel, ou était-ce seulement le fruit de son imagination ? Cette question aurait mérité une réponse, mais elle ne l'avait pas. Etait-il réellement possible de ressentir autant de sentiments pour une seule personne et en un seul instant ? Visiblement oui, mais si on lui avait dit, elle ne l'aurait pas cru.
Une seconde après Lexa, ce fut Clarke qui s'effondra. Elle tomba lourdement sur sa compagne qui n'émit pas une plainte. Elle semblait ne même pas avoir réalisé qu'un véritable poids mort venait de s'écraser sur elle.
Chacune des inspirations et expirations de Lexa lui brûlait la gorge comme si elle venait de courir sur des kilomètres. Elle se sentait exténuée et aurait pu jurer que jamais elle n'avait été aussi fatiguée. Pourtant, elle se sentait étonnamment bien. Elle n'avait jamais ressenti une telle sensation et cette expérience était réellement grisante.
Malheureusement, cet instant de bien-être qui lui était jusqu'alors inconnu ne dura pas.
Avant même d'entendre des sanglots, ce furent des larmes que Lexa sentit couler sur sa nuque puis dans son cou.
- Clarke ?
Seul un hoquet étouffé lui répondit, suivi par quelques mots qu'elle ne parvint pas à comprendre.
- Quoi ?
Quelques secondes s'écoulèrent avant que la jeune fille ne répète :
- Je suis désolée.
Lexa fronça les sourcils et se retourna pour voir le visage de Clarke, mais celle-ci détourna aussitôt le regard.
Les deux jeunes filles se faisaient maintenant face, la brune sur le dos et la blonde au-dessus d'elle. Cette dernière tentait tant bien que mal de ne pas croiser le regard de sa compagne, mais elle ne lui laissa pas le choix. Elle la saisit délicatement par le menton pour lui faire tourner la tête vers elle.
Son souffle se coupa net lorsqu'elle vit qu'elle n'avait pas rêvé : des larmes venaient bel et bien de couler sur ses joues, et d'autres menaçaient de les rejoindre à tout instant. Complètement désemparée par cette réaction qu'elle ne comprenait pas, Lexa tenta tout de même de garder contenance.
- Clarke, qu'est-ce qui ne va pas ?
- Je suis désolée, répéta la jeune fille.
- Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi pleures-tu ?
- Je suis désolée.
La fille du Ciel n'était visiblement plus capable de dire quoi que ce soit d'autre et la brune était de plus en plus perdue. Si elle avait été tout à fait franche, elle aurait admis que l'inquiétude commençait même à s'emparer d'elle. Malgré tout, elle fit de son mieux pour la réconforter :
- Tu ne m'as pas fait mal. Je vais bien, ne t'en fais pas.
Voyant que ces mots avaient l'effet inverse et semblaient faire naître de nouvelles larmes dans les yeux de sa compagne, Lexa persista :
- Je vais bien, niron. Nous allons bien toutes les deux. (mon amour)
Clarke fondit en larmes à ces mots, et alors la brune la prit dans ses bras sans la moindre hésitation. La jeune fille se laissa faire et blottit sa tête dans son cou. Lexa la serra contre elle et caressa ses cheveux avec des gestes doux et lents pour essayer de l'apaiser, mêmes si ses tentatives semblaient inutiles.
- Je t'aime, sanglota la fille du Ciel entre deux hoquets.
- Je t'en prie, dis-moi ce qu'il t'arrive.
La brune n'obtint aucune réponse et ses mâchoires se crispèrent alors. Elle se sentait complètement impuissante et ne savait plus quoi faire.
- Je suis là, tu n'es pas seule. Je ne te laisserai pas tomber, tu pourras toujours compter sur moi. Je te protégerai, et je protégerai ton peuple. Je ne laisserai rien leur arriver, tu as ma parole.
- Je sais qu'avec toi ils sont entre de bonnes mains.
- Clarke, parle-moi.
La fille du Ciel se dégagea légèrement, puis elle se redressa pour plonger ses yeux dans ceux de sa compagne. Cette dernière la regardait avec un air suppliant et inquiet, dans l'attente d'une réponse. Mais au lieu de lui en donner une, Clarke s'approcha et posa ses lèvres sur les siennes. Lexa répondit à ce baiser au goût salé mais n'en fut pas rassurée pour autant. Sa compagne n'allait pas bien, c'était une évidence, et elle refusait de lui parler. Elle ne savait pas quoi faire.
Quand Clarke mit fin à leur baiser, elle appuya son front contre celui de Lexa en fermant les yeux et posa une main sur son visage. Elle lui caressa la joue avec son pouce et inspira profondément avant de bloquer sa respiration pour tenter de ravaler les larmes qui menaçaient une fois de plus de la submerger.
La brune l'incita à relever la tête pour mieux la voir, puis elle passa une main dans ses cheveux pour les écarter et ainsi dégager son visage. Elle capta son regard et la fixa avec une intensité peu commune. Elle tenta désespérément de trouver une réponse dans ses iris bleus puisqu'elle refusait de se confier, mais elle fut incapable de déceler le moindre indice. L'expression de la fille du Ciel était totalement indéchiffrable à cet instant.
En désespoir de cause, Lexa enroula ses bras autour du cou de Clarke pour la tirer vers elle et la serrer contre elle. Elle cala sa tête contre la sienne et inspira profondément pour s'imprégner de son odeur si rassurante.
- Parle-moi, Clarke, chuchota-t-elle d'une voix tout juste audible. Je t'en supplie.
A nouveau, aucune réponse ne vint. Le silence s'installa, seulement troublé par leurs respirations un peu plus bruyantes qu'à l'accoutumée. Il ne fut brisé que lorsque la blonde parla d'une petite voix :
- Ça va. Je vais bien. Serre-moi dans tes bras, c'est tout.
Les derniers sanglots semblaient s'être calmés, tout du moins n'en restait-il plus aucune trace dans son intonation. Lexa se contenta de faire ce qu'elle lui demandait en resserrant son étreinte autour du corps de sa compagne qui semblait si frêle tout à coup.
Elles restèrent ainsi pendant un temps indéfini. La Native caressait doucement le dos de sa compagne qui semblait avoir enfin retrouvé une certaine sérénité, aussi fragile soit-elle.
Les minutes passèrent et bientôt, Lexa sentit la respiration de Clarke devenir plus profonde et se ralentir progressivement. Il fut rapidement évident qu'elle s'était endormie.
La brune bougea lentement pour trouver une position plus confortable tout en prenant soin de ne pas se mouvoir trop brusquement pour ne pas réveiller sa compagne. Une fois mieux installée, elle déposa un tendre baiser sur la tempe de la fille du Ciel. Cette dernière fronça tout juste le nez d'une façon qui fit sourire Lexa, mais elle ne se réveilla pas. Entourée d'une étreinte étroite et protectrice, elle se blottit même davantage contre la jeune fille dont les yeux verts étaient rivés sur elle.
Ce fut avec la vision de ce visage angélique et enfin apaisé que la Native la rejoignit dans le sommeil et elles purent ainsi s'accorder quelques heures de répit avant qu'une longue journée ne débute.
Même si c'est loin d'être tout rose dans ce chapitre, il est quand même long, alors j'espère que ça vous aidera à me pardonner (au moins un peu) cette longue absence.
J'ai publié sur tumblr des dessins qui m'ont servi de références pour la scène intime. C'est surtout pour le plaisir des yeux et parce que j'apprécie beaucoup une artiste qui a réalisé certains des dessins, mais en tout cas si ça vous intéresse c'est par-là : loulouche-fanfictions . tumblr . com
Manon33 : Beaucoup de Clexa dans ce chapitre, même s'il y a des moments vraiment tendus, alors j'espère que ça t'aura plu :) En ce qui concerne Pike, il paiera en temps voulu ne t'en fais pas, mais ce n'est pas encore pour tout de suite, même si on s'en rapproche de plus en plus. T'inquiète pas j'ai compris ce que tu voulais dire pour Indra et les autres ahah ^^ Merci pour ta review et à bientôt !
lolo : Désolée pour cette attente, je pense que tu as eu beau prendre ton temps pour lire les deux derniers chapitres, ça a dû être long... ^^ En tout cas merci beaucoup pour tes deux reviews, surtout la deuxième pour prendre un peu des nouvelles, c'est vraiment adorable ! Ecoute c'est un peu la course tout le temps dans mon emploi du temps, mais je m'en sors et j'arrive encore à trouver un peu de temps pour écrire. J'ai d'autres chapitres en réserve, mais pas encore assez pour reprendre une publication régulière malheureusement... Mais tout ça pour te dire que je continue à écrire plus ou moins régulièrement ne t'en fais pas ;) Merci beaucoup et à bientôt !
Je ne peux pas garantir que je répondrai rapidement à vos reviews, ça risque même d'attendre un peu parce que j'ai pas beaucoup de temps... Mais malgré tout, n'hésitez pas à laisser un petit quelque chose, ça me fait toujours plaisir et c'est très motivant, croyez-moi !
A bientôt les Louchettes :)
