XXXV

Do you feel like a young god?

Note de l'auteur : Beaucoup de choses dans ce chapitre.

La scène d'ouverture est clairement là pour le plaisir des yeux, alors profitez bien ^^
Ensuite, l'idée qu'Hannibal se prend parfois presque pour un dieu n'est que mon point de vue, vous pouvez ne pas être d'accord, bien évidemment ;)
En France, quand deux personnes se marient (pas que les homosexuel(le)s) elles ont le choix de porter et d'utiliser le nom du conjoint ou non. Et de porter le leur et celui du conjoint s'ils en ont envie et dans l'ordre qui leur convient.
Pour la nouvelle intrigue que je nommerais "secrétaire", elle est bien là pour amener quelque chose dans un avenir proche. Vous verrez bien ^^ Je sais que dans la série, dans le premier épisode, Hannibal parle à Jack d'une soi-disant secrétaire qui serait partie pour suivre un homme en Angleterre. J'ai toujours trouvé que cette histoire sonnait comme un mensonge, j'ai donc inventé une version qui me semblait plus plausible.

J'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture ^^

Fannibal : Comme tu le dis, Jack était mort depuis longtemps. J'aime tellement tous vous endormir, avant de ressortir les cadavres du placard XD Chiyoh s'occupe comme elle peut mdr. J'aime rendre Hannibal plus humain. Ne t'inquiète pas, la fin n'est pas pour tout de suite ;)


Hannibal était quelqu'un d'actif. Il ne s'attardait pas au lit et semblait éveillé et alerte à la seconde où il ouvrait les yeux. Sauf le dimanche, comme ce matin-là, où il dévoilait un côté paresseux insoupçonné. Mais Hannibal étant ce qu'il était, « paresseux » ne convenait pas pour le décrire. Il ne se vautrait pas sur les draps, un filet de bave au coin des lèvres. Non, même son sommeil paraissait aristocratique. Il serait plus juste de dire qu'il était nonchalamment allongé. Mes yeux glissèrent sur son corps nu alangui, ses muscles détendus, sa peau pâle et brillante sous un rayon de soleil matinal, son sexe au repos contre sa cuisse, ses cheveux clairs parsemés sur l'oreiller auréolant son visage, l'ombre de ses pommettes saillantes tombant sur ses yeux fermés, ses lèvres mutines d'où s'échappait un léger souffle. Il avait rejeté le drap dans la nuit, et le tissu ne couvrait guère plus que ses chevilles.

J'aurais pu me repaître durant des heures de cette image, si mon regard insistant ne finissait pas immanquablement par le réveiller. Je me rallongeai donc sur le dos, pour lui laisser encore un peu de repos. C'est là que je vis la feuille glissée sous la porte de notre chambre. Sans bruit, je me levai pour la ramasser et revins sur le lit pour lire la note. D'une écriture serrée et aux arrondis typiquement féminins, Chiyoh nous informait qu'elle était partie à l'aube pour reprendre sa surveillance. Elle nous rappelait également que, contrairement à nous, son visage n'était connu que de Jack et qu'il ne se doutait certainement pas de sa présence. Par conséquent, elle nous conseillait d'éviter de sortir en attendant de ses nouvelles. L'idée ne me réjouissait pas et je savais qu'elle ne plairait pas à Hannibal, mais je ne pouvais nier la chance insolente que nous avions eue jusque-là. Je me laissai retomber sur les oreillers, en posant le papier sur la table de nuit.

Nous avions beaucoup de questions à régler. Essentiellement pratiques. Mais celle qui me brûlait vraiment les lèvres, je l'avais jusqu'à maintenant gardée pour moi. Car je craignais que la réponse ne me plaise pas. À ce jour, la seule personne à avoir survécu à Hannibal uniquement parce qu'il l'avait voulu, c'était moi. Les autres avaient succombé, sauf quand les événements ne se passaient pas comme prévu. Jack avait été chanceux, ce soir-là, dans la cuisine d'Hannibal. Avait-il pu l'être une seconde fois, quand il nous avait surpris en pleine évasion ? J'étais présent, cette fois-ci, et cela me semblait peu probable. Même s'il avait eu des secours rapidement. Ça n'avait pas sauvé Abigaïl. Je ne voyais aucune raison pour que cela soit différent pour lui. La seule explication logique était qu'Hannibal l'avait volontairement coupé de manière à ce qu'il survive. Et je le connaissais suffisamment maintenant, pour deviner aisément pourquoi.

Perdu dans mes pensées, je sursautai presque en sentant une main serpenter sur mon ventre, avant d'empoigner fermement mon membre qui ne tarda pas à durcir entre ses phalanges. Il joua ainsi un moment, me caressant lentement. Ma respiration s'accéléra.

« Tu penses trop. » Murmura-t-il, en saisissant mes testicules dans sa paume brûlante. Un gémissement passa ma gorge. « Je peux presque entendre les rouages de ton cerveau. Demande-moi ce que tu veux savoir. Tu sais que je te dirai les choses telles qu'elles sont. »

« As-tu épargné Jack parce que – oh oui, comme ça – tu n'aurais pas pu le manger ? »

« Jack était mon ami. Il mérite plus de considération. Tout comme Bedelia. L'épicurisme t'apprendra qu'être trop gourmand n'amène rien de bon. » Comme pour contredire son affirmation, une langue avide s'enroula autour de mon érection. « Cette chasse prendra fin avec sa mort ou la nôtre, mais pas maintenant. Nous imaginer capables de les attraper tous les deux, sans nous faire prendre, serait faire preuve d'outrecuidance. »

Il ponctua sa phrase en me prenant dans sa bouche. Je sentis la chaleur de sa langue, ses dents râper légèrement sur ma peau sensible. Ma main agrippa ses cheveux et je rejetai ma tête en arrière, son nom sur mes lèvres.

« Nous allons donc… Le laisser s'en sortir... ? Tu es conscient… Qu'il ne laissa jamais tomber. »

Il acquiesça d'un marmonnement qui fit vibrer sa gorge et se répercuta dans mon bas-ventre. J'arquai mon dos sur le lit, au bord de la jouissance.

« Chiyoh a laissé un mot. Elle nous conseille… De ne pas sortir… Avant qu'elle n'ait les informations dont nous avons besoin. »

Un nouveau murmure. Une nouvelle vague de plaisir dans mes entrailles. Puis je perdis momentanément toute capacité de réflexion. Mes doigts se resserrèrent sur ses mèches blondes, mes ongles griffèrent son cuir chevelu. Je tentai de le prévenir, de l'éloigner, mais il ne s'en préoccupa pas. Il voulait m'avaler tout entier. Et c'est ce qu'il fit quand je vins longuement dans sa gorge, ses mains plaquées sur mes hanches pour m'empêcher de bouger et sa bouche serrée autour de moi. Je le sentis déglutir, avant qu'il relâche mon membre doucement. Il le lécha, l'embrassa de ses lèvres humides et rougies, puis remonta progressivement sur mon ventre secoué d'un dernier spasme, mon torse dans lequel mon cœur cognait furieusement, mon cou où ma carotide battait follement.

« Ton odeur et ton goût sont intoxicants, Will. » Chuchota-t-il, avant de m'embrasser.

Je pus sentir ma propre saveur sur sa langue. Puis il me serra contre lui et nous restâmes un long moment dans une paix profonde et un silence confortable.

La semaine passa sans aucun signe de Chiyoh. La Japonaise avait disparu des radars, comme elle savait si bien le faire, et traquait certainement Bedelia jour et nuit, pour établir le schéma dont nous avions besoin avant de passer à l'action. Hannibal avait catégoriquement refusé de poser un congé. Pas besoin d'être un psychiatre surdoué pour comprendre que c'était sa manière de refuser que Jack ait de l'influence sur sa vie. Il bouillonnait de l'intérieur et un côté de lui espérait presque que Crawford nous trouve, pour enfin en finir. Il se cachait derrière son casque dès qu'il enfourchait sa moto et ne l'enlevait qu'une fois dans le parking du Musée d'Orsay. En cela, il ne prenait pas vraiment de risque à aller travailler. Cela ne m'empêchait pas de m'inquiéter dès qu'il passait la porte, jusqu'à ce qu'il rentre. Jack n'était pas là pour l'arrêter. Il le tuerait à la première occasion. De cela, j'en étais certain. Et Hannibal le savait aussi. Mais il aimait trop provoquer le destin et se prendre parfois pour un dieu invincible.

Bien sûr, faire nos valises était encore la meilleure solution, maintenant qu'il était clair que la situation risquait de sévèrement mal tourner à tout moment. Mais nous étions des prédateurs, notre nature nous poussait à l'affrontement et non la fuite perpétuelle. La perspective de laisser de nouveau Bedelia derrière nous n'était pas acceptable pour Hannibal. Et, étonnamment, pour moi non plus. Cette femme, qui avait été la seule personne à me croire à une époque lointaine, avait ensuite marché sur mes plates-bandes, manipulé Hannibal et s'était joué de moi lors de nos séances.

Je ne savais pas ce qu'Hannibal lui réservait, mais je pouvais nettement percevoir la bête qui rampait et grondait sous la surface lisse de son masque parfait, qui se débattait pour être libérée de ses chaînes. Ce qui le rendait sexuellement insatiable, un peu plus brutal. Ce n'était pas pour me déplaire. J'aimais ce versant de sa personnalité. Il était cathartique pour moi. Je pouvais y déverser toute ma rage et tout mon amour.

Le vendredi arriva, et avec lui, le défilé des patients d'Hannibal. Les recevoir chez nous ne comportait aucun risque, il avait donc maintenu ses rendez-vous. Au moins, il n'était pas à l'extérieur.

À quatorze heures, peu après que nous soyons sortis de table, Stanislas Siméon fit de nouveau preuve d'une ponctualité à toute épreuve. Et une fois de plus, l'homme me laissa une étrange impression. Je pus voir dans ses yeux rares qu'il savait parfaitement à qui il avait affaire. Ce qui me fit m'interroger sur les motivations qui le faisaient continuer ses séances. Je ne connaissais que trop bien la sensation extraordinaire d'être compris par un être comme Hannibal et ne pouvais décemment pas lui en vouloir d'en redemander, malgré les tarifs – que je trouvais parfaitement outranciers – de mon mari. Après tout, il pouvait se le permettre. En témoigna la belle montre à gousset en or, qu'il sortit de la poche de son gilet sans aucun pli, pour s'assurer qu'il était bien à l'heure, la manucure parfaite de ses ongles, son coûteux costume et ce parfum probablement hors de prix que même moi, je perçus, quand il me serra la main.

« Ravi de vous revoir, Monsieur Harris. Dois-je vous appeler seulement Harris ? Je n'en suis pas certain. Vous êtes le seul couple marié de même sexe que je connaisse. »

« C'est Harris – Junoska. Mais il n'y a pas lieu de vous excuser. Ce n'est pas évident. »

« Je ne l'oublierai pas. » M'assura-t-il.

« Nous y allons ? » Lui demanda Hannibal.

« Je vous suis, Docteur. »

Et la porte du bureau se referma sur eux.

Une curiosité mal placée me poussait parfois à m'en approcher, pour tenter de capter quelques bribes de conversation. Mais, Hannibal le saurait – je ne savais pas comment, mais il le saurait – et en serait sûrement très mécontent. La confidentialité de ses patients avait un caractère sacré à ses yeux. Cependant, Stanislas m'intriguait et je n'y pouvais rien. Plutôt que de bassement écouter aux portes, je décidai d'en parler avec Hannibal. Peut-être accepterait-il d'au moins me donner son avis.

Quand Stanislas partit, Hannibal passa près de moi, plongé dans son carnet et soupira lourdement.

« Quelque chose te tracasse ? » Le questionnai-je depuis le porche où je brossais les chiens après les avoir lavés, avant qu'il ne retourne à l'intérieur.

« J'ai besoin d'une secrétaire. » M'annonça-t-il comme une évidence.

Je posai la brosse pleine de poils sur le rebord d'une fenêtre et essuyai mes mains sur mon t-shirt, avant de le suivre dans le salon.

« Tu n'en avais pas quand je te consultais, alors que tes patients étaient plus nombreux. » Lui fis-je remarquer, peu enchanté par l'idée.

« C'est exact. Mais mon travail au musée est chronophage et je n'aime pas particulièrement passer mon week-end à recopier mes notes. Je n'ai presque plus le temps de cuisiner. C'est inadmissible, Will. »

Je dus me faire violence pour ne pas rire.

« Je vois. » Commentai-je prudemment.

« Et j'en avais une, un peu avant de te connaître. » M'apprit-il.

Il s'assit dans un fauteuil, en attendant son second patient. Je repoussai son calepin et m'installai à califourchon sur ses genoux, juste pour l'embêter.

« L'as-tu mangée ? »

« Je ne mange pas mes employés, Will. Ce n'est pas très éthique. Non, cette jeune femme, au demeurant très efficace, risquait de devenir un témoin gênant. J'ai préféré la recommander à un confrère. »

Il m'accueillit sur ses cuisses, encercla ma taille pour me coller à lui.

« Dès que nous nous serons occupés de Bedelia et que cette affaire sera derrière nous, je ferai passer quelques entretiens. » Ajouta-t-il, avant d'embrasser ma gorge.

« À la seule condition que j'assiste à ces entretiens. » Il releva la tête pour me lancer un regard interrogatif. « Si une femme doit travailler sous notre toit, il faut qu'elle me convienne également. Nous allons donc en trouver une très moche, mais pas trop idiote. »

Il éclata de rire. Et je m'émerveillai d'entendre ce son trop rare, avant de l'embrasser à perdre haleine. Mes mains bataillèrent avec les boutons ridiculement minuscules de sa chemise et il saisit mes poignets pour m'arrêter.

« Mon patient va arriver. »

« Ce n'est pas comme s'il pouvait entrer sans sonner à la porte. Nous avons un peu de temps. »

Il capitula et glissa ses mains sous mon t-shirt, avant de me le retirer. Le vêtement atterrit quelque part sur le sol.

« Tu sens le chien mouillé. » Dit-il comme si c'était la meilleure chose au monde. « C'est bien plus agréable que cet atroce after-shave que tu portais avant. » Ajouta-t-il. Et je levai les yeux au ciel.

Refusant de répondre à cette provocation, je m'attaquai à sa ceinture, avant d'ouvrir son pantalon et de plonger ma main dans son boxer.

« Oh mon Dieu ! Je suis désolée ! » S'écria soudainement la voix de Nan.

Je sursautai violemment et serais tombé par terre si Hannibal ne m'avait pas retenu fermement. Je me levai rapidement avant de récupérer mon t-shirt.

« Bonjour, Nancy. » Répondit-il, en rajustant sa tenue, comme s'il n'était absolument pas gêné par la situation.

Notre amie nous tournait le dos, par pudeur, mais cela ne m'empêcha pas de rougir, alors que je me rhabillais.

« J'ai croisé ton patient en arrivant. Je pensais te rendre service en utilisant ma clé pour le faire entrer. »

Seulement alors, je remarquai l'homme en retrait derrière elle, qui semblait encore plus mortifié que moi.

« Et tu as bien fait. Merci, Nan. » La rassura Hannibal, avant de se lever et de déposer un baiser sur sa tempe. « Nous y allons, Monsieur Dumont ? » Dit-il ensuite en français, à son patient, en lui serrant la main.

L'homme le suivit sans tarder et je relâchai mon souffle quand la porte du bureau se referma sur eux.

« Je suis désolé pour ça. » Dis-je immédiatement. « Viens, je vais te servir un café. Qu'est-ce qui t'amène ? »

« Inutile de t'excuser, voyons. Vous êtes chez vous tous les deux. C'est ma faute. » Répondit-elle, en me suivant dans la cuisine. « Je suis juste venue prendre de vos nouvelles, mon cher William. »

« Tout va pour le mieux. » Mentis-je sans hésitation. « Et toi ? »

« Je vais très bien, merci. Je pensais que vous aimeriez partir un peu en vacances, tous les deux. C'est ce dont je voulais vous parler. J'ai une maison, à la campagne. Elle est à vous pour quelques jours, si vous avez envie de changer d'air et de faire une pause. Hannibal travaille trop, mon ange. Je suis sûre que tu es d'accord. »

« Je ne peux pas le nier. » Lui accordai-je, en posant deux tasses sur l'îlot central. En réalité, je venais d'avoir une idée. « Ton offre tombe à pic. J'avais dans l'idée de le convaincre de lever le pied. Grâce à toi, j'aurais un argument supplémentaire. »

Je nous servis le café et elle me sourit derrière sa tasse en goûtant le liquide fumant.

« Quand pourra-t-on en disposer ? » Lui demandai-je.

« Dès que vous le voudrez. C'est à quelques heures de voiture. »

« Merci beaucoup. J'en parlerai à Hannibal dès qu'il sortira de sa séance. Veux-tu l'attendre ? »

« Non. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Encore navrée pour mon arrivée. » Répondit-elle, en finissant sa tasse en une gorgée.

« Oublions ça. Sens-toi toujours libre de venir quand tu le veux, Nan. »

Elle me remercia d'une accolade que je lui rendis. Elle sentait le N° 5 de Chanel et le savon. Puis, je la raccompagnai jusqu'au portail, avant de continuer à brosser Winston.

Chiyoh réapparut dans la soirée du vendredi. La nuit était tombée et nous étions dans le salon, devant une série Netflix, quand elle sonna. Les chiens aboyèrent et je les calmai, alors qu'Hannibal lui ouvrait. Quand elle entra, je remarquai immédiatement qu'elle boitait légèrement. Je ne pris pas la peine de lui demander ce qui lui était arrivé. Mais Hannibal l'invita à s'asseoir sur le canapé pour jeter un œil à sa blessure.

J'avais rarement eu l'occasion de le voir endosser ses fonctions de médecin sur d'autres personnes que moi. Une certaine nuit à l'arrière d'une ambulance me revint en mémoire, alors qu'il lui retirait sa botte en cuir noir. Sa cheville était enflée.

« J'ai fait une mauvaise chute. » Raconta-t-elle vaguement. Et nous n'exigeâmes pas plus de détails.

« Il n'y a pas de fracture. Juste une entorse. Je préconise du repos et une simple pommade. J'espère que tu as récupéré suffisamment d'informations, parce que pour le moment, les filatures, c'est terminé pour toi. » Lui dit Hannibal, avant de se relever et de quitter la pièce.

Il revint moins d'une minute plus tard, avec un tube et un rouleau d'élastoplast. Il mit une noisette de crème sur le bout de ses doigts, puis l'étala doucement sur la peau de la Japonaise, avant de bander délicatement sa cheville. Ses gestes étaient précis, presque gracieux.

« Nous t'écoutons. » Ajouta-t-il ensuite.

Et elle débuta son récit. Une semaine de surveillance, tout en échappant aux agents de Jack. La tâche n'avait pas dû être aisée.

« Je pense que votre meilleure chance reste ce salon de coiffure où elle s'est rendue hier et jeudi dernier. Toujours à quinze heures. J'y suis allée ce matin, pour repérer les lieux. L'établissement est vaste et doté d'une sortie de secours. »

Maintenant qu'elle le disait, je remarquai que ses cheveux étaient plus courts. Elle avait donc réellement joué le jeu pour se familiariser avec l'endroit.

« Cela signifie attendre encore une semaine. » Conclus-je.

« Patience est mère de sûreté, mano meilė. Puis nous aurons tout le temps nécessaire pour nous occuper d'elle comme il se doit, dans la maison de campagne de Nancy. » Me répondit Hannibal.

« Vous comptez l'amener ailleurs ? » Nous demanda Chiyoh.

« C'est une idée de Will. Ainsi, nous serons tranquilles et personne ne viendra nous y trouver. »

Je ne savais toujours pas ce qu'il avait en tête. Mais, j'avais pensé, à raison, qu'il apprécierait avoir plusieurs jours devant lui.

« Nous prévoyons donc cela pour jeudi ? » Demanda Chiyoh.

Je n'aimais pas ce « nous ». Je savais qu'on lui en devait une sur ce coup-là, mais je n'avais pas envie de la voir se greffer à notre tandem alors que nous serions sur une chasse. Je décidai d'en toucher un mot à Hannibal un peu plus tard.

« Oui. » Confirma-t-il. « En attendant, la chambre d'ami est à ta disposition. Tu dois te reposer. »

Son invitation sonna comme un ordre et elle ne tenta pas de refuser. Il lui servit ensuite les restes de notre dîner qu'elle mangea avec appétit, après s'être assuré de la nature de la viande cependant. Elle le protégeait peut-être, mais ne le comprenait pas vraiment. Nous parlâmes encore longuement des détails de notre plan, autour d'une bouteille de vin, jusqu'à ce qu'elle tombe de sommeil. Nous allâmes alors nous coucher, satisfaits du déroulement des opérations.