Hé bien, seulement deux comm' pour mon dernier chapitre? Je ne le pensais pas aussi nul, dire qu'il me plaisait bien!
Mais c'est pas grave, je viens de penser à vous offrir un OS pour fêter mon 200eme comm', il faut juste que je l'écrive, maintenant XD
Merci à Aciditum et Juste-Moii pour leurs comm', ils m'ont fait énormément plaisir.
Pour vous répondre: le pourquoi du comment Doflamingo a été dépendant à une certaine drogue sera expliqué plus tard dans l'histoire.
J'aime aussi cette relation étrange qui s'installe entre Doflaingo et Seran. Je ne pense pas qu'il puisse devenir un jour "un généreux philanthrope" mais je pense qu'il a un seuil de tolérance bien plus élevé que la plupart des autres personnages, Luffy excepté, lui il est juste hors catégorie! XD
Aller, assez parlé, place au chapitre qui contient, je peux le dire, une belle surprise qui vous fera très plaisir. ^^
Chapitre 35:
The winner takes it all!
L'annonce du réveil de Seran attira plus de monde dans l'infirmerie du Heart en quelques heures qu'elle en avait vu depuis que Law en avait pris le commandement. Le jeune homme avait à peine annoncé la nouvelle que Shachi, Penguin et Bepo se ruaient dans la chambre de l'Atlante. Les deux premiers lui sautèrent dessus sans réfléchir, pour l'étouffer entre leurs bras, tandis que Bepo fondait en larme au pied du lit en criant qu'il n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie, sauf peut-être quand Law avait été enlevé par la Marine. Ensuite ce fut un véritable défilé comprenant, dans le désordre le plus total, Luffy, qui s'installa en tailleur au bout du lit pour lui proposer un morceau d'un énorme gigot qu'il avait volé lui seul savait où; Bellamy et Meema, beaucoup moins exubérant, se contentèrent de rester près du lit; Hedaria, accompagnée de Chisa, annonça de sa voix monocorde que ça lui faisait plaisir de la voir; Lily, qui s'introduisit dans la chambre en même temps que Robin simplement venu apporter un livre pour distraire la blessée; Zoro qui semblait être arrivé là complètement par hasard, Chopper, venu prendre des nouvelles; ainsi que toute une foule de Heart qui avaient plus ou moins à faire là!
Après environ deux heures de ce manège, Law, passablement agacé, laissa parler sa mauvaise humeur et jeta tout le monde dehors en prétextant que Seran avait besoin de repos. La jeune femme ne protesta pas, lui adressant simplement un sourire las. Pour être certain que personne ne vienne les déranger, Law plaça Jean Bart à la porte de la chambre avec l'ordre de ne laisser entrer personne. Pourtant, c'est sans la moindre difficulté que Chisa parvint à entrer, un peu moins d'une heure plus tard. Il fallait dire que la rouquine avait de solides arguments à faire valoir: d'abord elle était le médecin de l'équipage de Seran et ensuite, elle apportait un plateau couvert d'un torchon d'où parvenait une délicieuse odeur de soupe.
– Tiens, fit-elle en posant le plateau sur les genoux de Seran. Tu dois avoir faim.
La blessée souleva le torchon pour découvrir un bol remplit d'un épais bouillon où flottaient de généreux dès de légumes, ainsi qu'un morceau de pain et du fromage.
– Sanji et Shô ont failli se battre pour déterminer lequel allait te cuisiner quelques chose, révéla la rouquine en levant les yeux au ciel. L'un proclamait que sa cuisine pouvait te remettre sur pieds en quelques heures tandis que l'autre arguait qu'il était le cuisinier attitré du navire.
Seran haussa un sourcil.
– Que s'est-il passé?
– Meema en a profiter pour s'emparer de la cambuse et se mettre aux fourneaux pendant qu'ils s'affrontaient comme deux coqs de combat!
Ca fit rire la blonde.
Pendant que Seran plongeait une cuillère dans le potage, Chisa prit la tasse de café posée sur un coin du plateau et se dirigea vers le bureau derrière lequel Law faisait semblait de travailler.
– Pour toi, ça ne te fera pas de mal, annonça-t-elle en posant la tasse à portée de main du chirurgien.
Un instant, Law lorgna la tasse d'un air sombre, comme si Doflamingo allait en surgir pour les attaquer, avant de se décider à en boire une gorgé. Chisa revint vers Seran en tentant de camoufler un sourire en coin. Seran se demanda ce qui se passait jusqu'à ce que, environ vingt minutes plus tard, Law ne tombe pratiquement endormi sur son bureau. Un air victorieux sur le visage, Chisa profita de son état second pour le ramener jusqu'à sa cabine pour qu'il puisse enfin dormir correctement.
Seran somnolait tranquillement dans sa chambre, seule pour la première fois depuis son réveil, quand elle entendit la porte s'ouvrir. Presque aussitôt, elle entendit un choc sourd et un sifflement d'agacement et de douleur mêlés. Ouvrant les yeux, elle vit Doflamingo s'approcher en frottant son front de ses longs doigts.
– Fichu rafiot, grogna-t-il. Je suis sûr qu'il l'a choisi juste pour m'empêcher d'y entrer.
Un sourire amusé aux lèvres, Seran le regarda avancer vers elle, le dos courbé pour éviter de se cogner au plafond, et tirer une chaise sur laquelle il se percha comme un oiseau grotesque.
– Je me demandais quand j'allais te voir.
– Je pouvais pas approcher tant que Law montait la garde près de toi comme un cerbère enragé.
Il jeta un coup d'œil autour de lui.
– Où est-il? Tu l'as jeté par dessus bord parce qu'il te collait trop?
– Non, Chisa l'a envoyé se reposer. Je ne suis pas sûre, mais je crois qu'elle a mis des somnifères dans son café.
– Fufufu! Law a toujours été trop possessif.
Seran ne daigna pas mordre à l'hameçon. Hors de question de discuter de ça avec le flamant.
– Il paraît que c'est ton sang qui m'a sauvé, lança-t-elle en guise de réponse. Serais-tu meilleur que ce que tout le monde pense?
L'ancien Shichibukai ne fut pas dupe et l'esquive de la jeune femme amena un sourire en coin sur son visage. Un nouveau ricanement lui échappa.
– Ne va pas t'imaginer des choses, Seran-chan. Je l'ai fait parce que j'espère en tirer quelque chose à un moment ou à un autre.
Ca ne sembla pas surprendre la jeune femme outre-mesure. Connaissant sa réputation, il aurait été réellement étonnant que le blond fasse quelque chose de désintéressé. Mais elle n'en était pas fâché pour autant. Elle ignorait ce qu'il espérait y gagner mais ça n'avait pas d'importance pour le moment. Il serait toujours temps d'aviser plus tard.
– Ce n'est donc pas une visite de courtoisie mais une inspection sur ton investissement.
– Si on veut. En ce qui concerne Baby 5 …
– C'était un accident, coupa Seran. Tu ne lui as rien fait, j'espère.
Il fronça les sourcils derrière ses lunettes.
– Pas encore. Elle est consignée à bord du Blackjack, ça lui laisse le temps de réfléchir. Je me disais que tu avais le droit de décider de son sort.
Seran ne répondit pas immédiatement, prenant le temps de réfléchir à la situation. Elle ne voulait pas faire d'erreur. Certes, elle était la victime, mais c'était elle qui avait pris la décision de protéger Law. Enfin, elle n'avait vraiment pas réfléchi à son geste, son corps avait bougé instinctivement. Mais elle ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit blessé à cause de ce qui n'était, au final, qu'un accident dû à l'alcool … et au manque de confiance entre l'équipage de Doflamingo et les autres.
– Ce n'est pas mon rôle de décider du sort d'un membre de ton équipage. Et comme j'ai dit c'était un accident. Elle n'avait pas l'intention de tirer. Luffy et toi l'avez surpris, c'est tout.
Il y eut un nouveau silence. Seran avait l'impression de sentir le regard acéré du blond sur elle, malgré ses lunettes.
– Tant d'indulgence et pas une once de colère, Seran-chan, c'est presque admirable.
Il y avait quelque chose de moqueur dans son ton, mais aussi une pointe d'admiration, bien que Seran aurait été incapable de le jurer.
– La colère, je la garde pour mes adversaires, répondit-elle, pas pour mes alliés.
Un nouveau ricanement se fit entendre. L'Atlante n'aurait su dire si le flamant trouvait sa réponse ridicule ou, au contraire, satisfaisante. Il ne laissait rien transparaître, comme toujours, et avec ces fichus lunettes, impossible d'essayer de deviner ses pensées en le regardant dans les yeux.
– Et toi? demanda-t-elle soudain. Es-tu aussi prompt à tuer tes alliés que tes adversaires?
Ça sembla amuser Doflamingo.
– Fufufu! Seulement ceux qui le méritent.
– Pourquoi as-tu tué le frère de Law?
Le silence s'abattit soudain sur la chambre, la question restant en suspend entre eux. Un instant Seran eut l'air horrifiée, comme si cette question s'était imposée à elle sans qu'elle le veuille. Le flamant n'eut pas la moindre réaction visible et son ton était soigneusement neutre quand il répondit enfin:
– Tu es au courant? Étonnant, Law n'en parle pourtant jamais.
Un instant Seran fut tentée de laisser filer le sujet, consciente qu'elle abordait là une affaire qui ne la concernait pas. C'était la raison même de la haine que Law vouait à Doflamingo et ce n'était pas à elle de poser des questions. Elle était curieuse de connaître la réponse, il fallait l'avouer, mais elle ne voulait pas provoquer le blond de quelle manière que ce soit. Il était leur allié à présent, que Law le veuille ou non, et ressortir des vieilles rancœurs n'était pas vraiment la bonne manière de lui faire comprendre qu'elle l'acceptait malgré tout, avec son caractère fantasque, sa cruauté, son passé et tout ce qu'il pouvait traîner derrière lui. Ce n'était pas à elle de le juger.
– Je répondrai à ta question si tu réponds à une des miennes, annonça le flamant après un instant.
Dire que Seran fut surprise était un euphémisme. Elle s'attendait presque à ce qu'il se lève et s'en aille sans un regard en arrière. Qu'il accepte de répondre était peut-être le signe qu'il lui faisait confiance, où qu'il voulait en parler.
– Ça me paraît correcte, j'accepte.
Un instant, le sourire du blond disparu de son visage, comme si remuer ces souvenirs avait quelque chose de douloureux pour lui. Seran se demanda un instant si c'était seulement possible.
– Je ne l'ai pas fait de gaîté de cœur, avoua-t-il à mi-voix. Contrairement à ce que semble penser Law, je n'éprouve aucune joie à tuer ceux que je me suis pris à apprécier. J'y aie été obligé: il m'avait trahi en vendant mes petits secrets à la Marine. J'aurai pu lui pardonner, mais … Il m'a défié, nous nous sommes battus. Il ne m'a pas laissé le choix, il m'a pratiquement forcé à le tuer. Il savait parfaitement ce qui se passerait s'il engageait le combat contre moi. Il en était conscient et il l'avait accepté. Il voulait mourir.
– Quoi? Mais pourquoi?
Mais au lieux de répondre, Doflamingo leva un long index et l'agita un instant devant la jeune femme.
– Tut! Tut! Tut! C'est à mon tour maintenant. C'est quoi Esran?
Seran fut surprise par la question. Elle s'attendait à tout sauf à ça. Elle savait que Law n'apprécierait pas le fait qu'elle dévoile ça au flamant mais elle ne voyait pas pourquoi elle ne le ferait pas. Ça faisait parti du marché qu'elle venait de passer avec lui, il lui avait répondu, elle n'allait pas se défiler. Et puis, de plus en plus de monde était au courant de l'existence des symbiotes, un de plus un de moins, elle ne voyait pas ce que ça pouvait changer. D'autant plus que Doflamingo n'avait ni la science ni le matériel nécessaire pour s'emparer d'Esran, ou d'Ellac.
– Esran c'est … ma meilleure amie.
Elle vit le blond hausser un sourcil derrière ses lunettes.
– C'est pas la rouquine?
Un sourire étira les lèvres de la jeune femme.
– Non, Chisa n'est pas ma meilleure amie, Chisa est ma sœur. Même si on ne partage pas le même sang.
– C'est quelque chose que je peux comprendre. Mais ça ne répond pas à ma question.
Doflamingo resta silencieux pendant que Seran lui expliquait ce qu'était Esran. Il ne posa pas la moindre question, se contentant d'écouter, hochant la tête à certains moments. Seran ignorait ce qu'il allait faire de ces informations, s'il pouvait en faire quelque chose. Elle avait bien pris soin de préciser que les symbiotes ne pouvaient pas survivre sans leurs hôtes, histoire qu'il n'aille pas s'imaginer qu'il pouvait les arracher pour les vendre, ainsi que sur la complexité de l'opération visant à greffer le symbiote dans le corps de son hôte, pour qu'il se rende bien compte que personne en dehors d'Atlantide ne serait capable d'effectuer un transfert correctement. Quand il quitta la chambre, un peu plus tard, elle se demanda si elle n'avait pas fait une erreur, avant de se dire que ça n'avait pas d'importance. Avec le monde qui les entourait, Chisa et elle, et autant de gardiens acharnés à les protéger, elle doutait que le blond tente quoi que ce soit. Et étrangement, Esran lui faisait confiance.
Seran s'accouda au bastingage et pris une longue bouffée d'air frais. Après quatre jours passés enfermée dans sa chambre sans sortir, elle commençait à sérieusement se lasser des odeurs d'antiseptiques et de médicaments. Tandis qu'elle emplissait ses poumons d'air marin, elle sentit ses points de sutures à l'épaule commencer à tirailler et souffla longuement, vidant ses poumons de l'air qu'ils contenaient, comme pour essayer de les débarrasser de l'odeur chimique de l'infirmerie.
Le soleil commençait à se coucher, teintant le ciel d'écarlates flamboyants et de bleus veloutés. Il faisait doux, une petite brize marine soufflait sur l'île, chassant la chaleur. Tout était calme. Des cris et des rires lui parvenaient de la plage, noyés par le ressac, tandis que quelques coups de marteau se faisaient encore entendre du coté du Blackjack. Pendant un instant, elle laissa son regard balayer l'horizon. Les autres navires attendaient tous patiemment, ancrés à divers endroit dans la petite baie. Seul en plein travers de la rade, le Queen of Heart semblait monter la garde. Les lumières étaient allumées sur la passerelle mais à cette distance Seran était incapable de voir si Hedaria s'y tenait seule ou si elle était accompagnée.
Chisa était venue lui annoncer que Law lui avait demandé de garder Milo sur le navire atlante afin d'éviter qu'il croise son père par accident. Seran se sentait un peu coupable de maintenir les deux blonds dans l'ignorance. Plus elle coutoyait Doflamingo et apprenait à le connaître et moins elle le voyait comme un danger potentiel. Elle se disait qu'ils avaient le droit de savoir et d'avoir une chance de construire quelque chose. Mais peut-être Law n'avait-il pas tout à fait tort de les garder dans l'ignorance. Certes, le chirurgien était avant tout motivé par sa rancœur envers l'ancien Shichibukai, mais Seran savait qu'il le faisait aussi pour protéger Milo. Doflamingo était loin d'être un ange et ce qu'il comptait d'alliés auparavant aujourd'hui seraient ravis d'avoir sa tête sur un plateau. L'Atlante savait qu'ils étaient capables de s'attaquer à Milo juste pour atteindre son père. Tant que seul Law et elle étaient dans la confidence, Milo ne craignait rien. Mais elle savait aussi que ça ne pourrait pas durer. Père et fils finiraient fatalement par se rencontrer … et par comprendre.
Elle n'avait pas envie de se fatiguer avec ça pour l'instant, ils aviseraient quand ça arriverait. Pour le moment tout était calme, reposant, c'était si rare qu'il fallait en profiter tant que ça durait. Avec l'habitude que Luffy et Doflamingo semblaient avoir pris de débarquer sur le Heart à n'importe quel moment, Law était sans cesse au bord de la crise de nerfs. La jeune femme sentait qu'il allait être temps de quitter l'île et de s'éloigner un peu des autres équipages, mais ils ne pourraient le faire que quand tout le monde serait prêt. Le Heart était en parfait état à présent et elle sentait que Law avait hâte de reprendre leurs plans là où ils avaient été interrompus. Kaido avait bénéficié d'un sacré répit mais ça n'allait plus durer. Et ce qui s'apprêtait à lui tomber dessus était bien pire que dans les plans initiaux de Law.
Penser à ça la démoralisait et l'excitait en même temps. Une part d'elle même ne pouvait s'empêcher de regretter que ce calme, cette paix qu'elle ressentait à cet instant, ne dure pas définitivement, qu'il faille encore se battre et risquer sa vie et celle des autres, mais une autre part d'elle, celle qui lui avait valu d'être si mal vue en Atlantide, commençait à s'impatienter, à réclamer de nouvelles aventures, des nouvelles expériences et de nouveaux horizons. Elle savait que cette part aventureuse serait bientôt satisfaite, alors autant profiter du calme pour le moment.
Elle en était là de ses pensées quand des pas se firent entendre sur le plancher du pont. Un petit sourire naquit sur ses lèvres quand elle compris qu'ils se dirigeaient vers elle. Elle n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui arrivait, elle avait parfaitement reconnu son pas, le bruit caractéristique de ses talons sur le bois. Law! Elle n'était même pas étonnée qu'il la retrouve si rapidement, après tout, il était au courant de tout ce qui se passait à bord de son sous-marin. Qu'elle s'éclipse de l'infirmerie sans autorisation ne pouvait pas lui échapper bien longtemps.
– Tu devrais être en train de te reposer, fit la voix grave du jeune homme derrière elle.
– Je me repose depuis huit jours, objecta-t-elle. J'avais vraiment besoin de sortir prendre l'air.
Law s'approcha à nouveau et s'arrêta juste derrière elle. Seran allait se tourner vers lui quand les mains du jeune homme se posèrent sur le bastingage, de chaque coté d'elle, l'emprisonnant entre ses bras. Un instant plus tard, elle sentit le torse ferme du chirurgien se presser contre son dos.
– Depuis quand on désobéit à son médecin? Demanda le jeune homme.
– Depuis qu'il se débarrasse de son plâtre sans autre avis médical et l'envoie lui seul sait où au lieux de le remettre.
Law leva les yeux au ciel. Cet argument risquait de revenir souvent dans ce genre de conversation. Comprenant qu'il ne gagnerait pas sur ce terrain, il lâcha le bastingage et referma ses bars sur le corps de la jeune femme, la serrant contre lui avant de plonger le visage dans le creux de son cou. Il prit une longue et lente inspiration, s'enivrant de l'odeur de l'Atlante avant de lancer d'une voix étrange, étranglée:
– Ne fais plus jamais ça.
Seran n'eut pas besoin de lui demander à quoi il faisait allusion, elle le comprit parfaitement.
– C'est mon rôle, objecta-t-elle. Tu es mon capitaine, je dois te protéger. Si c'était à refaire, j'agirai exactement de la même façon.
Ce n'était évidemment pas la réponse que Law attendait. Il resserra son étreinte.
– Non, c'est à moi de te protéger.
Seran allait protester mais il ne lui en laissa pas le temps.
– Comment veux-tu que je puisse me regarder en face si je ne suis même pas capable de protéger la femme que j'aime.
Seran resta bouche bée. Un sentiment vertigineux s'empara d'elle, mélange d'euphorie et d'incrédulité. Son cœur semblait vouloir accélérer et s'arrêter en même temps. Un énorme glaçon semblait avoir élu résidence quelque part dans ses entrailles. Pendant un instant, elle ne fut même plus capable de se souvenir comment on respirait.
– Law! Fut tout ce qu'elle parvint à souffler d'une voix presque inaudible.
Il desserra son étreinte et la prit par les épaules pour la faire tourner vers lui. Un instant plus tard, il s'emparait de ses lèvres en un long baiser affamé qui semblait ne jamais vouloir s'achever tandis que ses mains caressaient le corps de la jeune femme au travers de sa fine chemise. Quand enfin ils se séparèrent, essoufflés, Law serra à nouveau la jeune femme contre lui, la laissant poser sa tête contre son épaule. Il plongea le visage dans ses cheveux d'or.
– Ces quatre jours ont été un vrai cauchemar, murmura-t-il à son oreille. Mais ils m'ont permis de comprendre certaines choses. Je ne sais pas comment c'est venu, petit à petit probablement, sans que je m'en rende compte, mais c'est là maintenant et ça ne veut plus partir. Plusieurs fois pendant ces quatre jours je me suis demandé ce que j'allais faire si tu ne survivais pas, si je devais te perdre. Et … je n'ai jamais trouvé la réponse.
Il sentit Seran resserrer ses bras autour de son torse, empoigner sa chemise entre ses doigt comme si elle était sur le point de se noyer et qu'il était une bouée de sauvetage.
– Je sais que je ne suis pas le plus joyeux des compagnons et ma réputation parle pour moi, mais tu peux me croire quand je te dis tout ça. J'en suis venu à ne plus pouvoir imaginer ma vie sans toi.
Il se baissa légèrement et posa son front contre celui de Seran.
– Law …
Elle ne put aller plus loin, sa voix s'étrangla et les mots refusèrent de sortir de sa gorge nouée. Des larmes coulaient le long de son visage. Elle n'avait jamais ressenti une émotion si violente jusque là. C'était … presque effrayant.
– Chut! Ça va, c'est fini. Tout va bien. Tu es vivante, on est ensemble, c'est tout ce qui compte.
Elle pressa son visage contre l'épaule du jeune homme et laissa les larmes couler librement, tandis qu'il glissait doucement une main dans ses cheveux dénoués. Ils restèrent ainsi un moment, puis Seran parvint à reprendre le contrôle de ses émotions.
– Ca va mieux, fit-elle en se redressant, essuyant ses yeux humides d'une main.
Law lui adressa l'un de ses rares véritables sourires avant de se pencher pour l'embrasser à nouveau. Seran le sentit soudain dresser son dôme autour d'eux et, un instant plus tard, ils se retrouvaient dans la cabine du jeune homme.
– Law?
– Chut, répondit-il en l'embrassant. Laisse-moi faire.
Il glissa lentement les mains sous la chemise d'hôpital de la jeune femme, caressant son dos avec tant de sensualité qu'elle se sentit frissonner entre ses bras. Le cœur battant, l'Atlante comprit ce qui allait se passer et répondit fougueusement aux caresses et aux baisers du jeune homme. Lentement, ses doigts agiles descendirent le long de sa colonne vertébrale provoquant des vagues de frisson sur sa peau brûlante. Abandonnant la bouche de la blonde, les lèvres de Law tracèrent une lente ligne le long de sa jugulaire pour se perdre dans le creux de son cou. Tandis qu'il glissait l'une de ses mains dans la petite culotte de l'Atlante, il la mordit à l'épaule assez fort pour laisser une marque mais pas suffisamment pour faire couler son sang. Seran laissa échapper un sifflement de douleur et de désir mêlé qui s'acheva sur un hoquet quand la main baladeuse du chirurgien glissa le long de sa hanche, vers sa cuisse, entraînant son sous vêtement avec elle. La culotte de soie glissa lentement sur sa peau dorée et tomba au sol sans que la jeune femme ne songe à essayer de la retenir. La main de Law remonta plus lentement encore, caressant son ventre, cette fois, et se dirigeant vers sa poitrine ferme. Seran ne put retenir un gémissement quand les doigts de Law frôlèrent ses mamelons durcis par le désir. Law sembla s'en délecter et ne put retenir un sourire en coin de fleurir sur ses lèvres. Tandis que sa main s'emparait de l'un des seins de la jeune femme, l'autre s'attaquait aux boutons fermant sa chemise. Il les défit habillement, sans même s'emmêler dans le vêtement. Une minute plus tard, la chemise rejoignait la culotte sur le sol, laissant Seran complètement nue devant Law. Elle ne chercha pas à se cacher à son regard gourmand.
– Je suis un imbécile d'avoir attendu si longtemps, murmura-t-il, le souffle court.
Seran lui lança un petit sourire aguicheur et moqueur à la fois, comme pour le punir d'avoir pris son temps. Il la punit aussitôt en l'attirant à lui pour l'embrasser et, d'un habile coup de hanche, la fit basculer avec lui sur le lit. Leur deux corps tombèrent sur les draps, étroitement enserrés. Law plaqua Seran contre le matelas tandis qu'il se dressait sur un coude pour la regarder, tremblant d'anticipation et de désir à peine voilé, sous lui. Il sentit son propre désir se faire plus fort, impérieux, irrésistible, lui commandant presque de la faire sienne sur le champ. Mais il voulait prendre son temps. Il voulait lui faire l'amour comme à une femme et non la baiser comme on baise une vulgaire putain. Il voulait qu'elle lui appartienne corps, cœur et âme, comme il voulait lui appartenir.
Retenant la fougue du désir brûlant qu'il sentait monter en lui, il se pencha sur elle et saisit l'un des mamelon fièrement dressés entre ses lèvres. Un nouveau gémissement échappa à la jeune femme. Tandis que sa langue jouait avec le petit bouton de chair rose, l'une des mains du jeune homme descendit lentement le long de sa hanche et se glissa entre les cuisses de la jeune femme qui lui libéra instinctivement le passage. L'esprit embué par le désir et la luxure, Seran leva les mains et entreprit maladroitement de déboutonner la chemise de Law, dévoilant son torse finement musclé et son tatouage divisé par ses cicatrices. Un instant plus tard, la chemise volait au travers de la cabine.
– Je vais te faire l'amour, là, tout de suite, haleta-t-il en se redressa sur un coude. Si tu ne sens pas prête, c'est maintenant qu'il faut le dire, après, je ne suis pas sûr de pouvoir m'arrêter.
Seran leva une main tremblante et la posa doucement sur la joue du jeune homme.
– Fais moi tout ce que tu veux, je suis prête pour toi.
Un sourire carnassier aux lèvre, Law fondit sur elle, comme un prédateur sur sa proie et dévora ses lèvres avant de descendre lentement vers ses seins dressés. Gémissant doucement, la jeune femme plongea une main dans la chevelure d'ébène de son amant et l'attira à elle, se cambrant pour plaquer ses hanches contre celles de Law. Le jeune homme s'empressa de répondre à l'invitation.
Seran ne s'était jamais sentie aussi fatiguée et aussi comblée de sa vie. Il lui semblait même entendre Esran ronronner de contentement à l'intérieur de sa poitrine. Certes, quand Law s'était emparé d'elle, la douleur lui avait fait monter les larmes aux yeux, mais Law savait s'y prendre et bientôt la douleur avait disparu pour laisser sa place à la plus formidable expérience quelle avait vécu. Elle n'avait jamais rien ressenti de pareil, un sentiment, une sensation si intense et si exaltant. Là, blottit contre le corps de son amant, un simple draps cachant leur nudité, elle se sentait enfin complète, comme si elle venait de trouver quelque chose qui lui avait manqué toute sa vie sans qu'elle s'en rende compte. La tête posée contre l'épaule du jeune homme, les yeux à demi fermés, elle laissait ses doigts courir sur la peau mate de Law, suivant les lignes du cœur tatoué sur son torse.
– Au fait, fit-elle d'un coup, comme si un souvenir venait de refaire surface dans sa mémoire. Tu as perdu. Tu es à moi pour toute une nuit.
Ca ne sembla pas trop bouleverser le jeune homme. Un ricanement lui échappa tandis qu'il serrait la jeune femme contre lui. Elle avait raison, il avait craqué le premier, il avait perdu leur petit jeu. Si on lui avait dit ça, il y avait encore quelques semaines, il aurait totalement refusé d'y croire.
– Tu as raison, admit-il sans mal. Que comptes-tu faire de moi, ô maîtresse vénérée?
Seran eut un petit rire. Elle roula sur le coté et se retrouva sur le torse du jeune homme, sa poitrine pressée contre sa peau.
– Apprend moi tout ce que tu sais, fait moi ressentir ces sensations incroyables.
Un sourire en coin, il lui fit remarquer:
– Il me faudrait plus d'une nuit pour ça.
– Ça ne me dérange pas du tout.
Law laissa échapper un rire et la serra contre lui tandis qu'il se retournait sous le matelas pour la coincer sous lui.
– Commençons tout de suite alors.
Il se pencha sur elle et elle passa les bras autour de son torse pour le retenir.
Inutile de dire que personne ne les vit au dîner ce soir là!
