Bonjour à toutes, amies de Répulsion !
Voici venu le nouveau chapitre. Chapitre historique, puisqu'il comporte quelques 19.000 mots ! Ne vous y habituez pas trop, je tenterai de faire moins long la prochaine fois pour ne pas vous ennuyer ^^
Vous verrez aisément que ma passion dévorante pour Vampire Diaries a de nouveau pris le dessus mais ne vous inquiétez pas, ça sert à l'histoire quand même !
Ici, j'ai alterné le POV Bella et le POV Jasper, pour nous aider à mieux les comprendre. Ceci dit, ce n'est pas pour cela que ce sera facile ! Et oui, les rois du quiproquo, une fois lancés, ne peuvent jamais s'arrêter de quiproquoter ^^
Sinon, petit chapitre écrit à 4 mains, une fois de plus ! On s'est bien amusées d'ailleurs! On a trouvé un nouveau moyen de bosser en parallèle, donc on est à deux sur un document, c'est le kiff total ! Franchement, quoi de mieux qu'une bêta extraordinaire pour vous donner de l'idée et vous débloquer quand vous faites du surplace ? Alors ici, un petit hommage tout spécial à une fille vraiment géniale sans qui Répulsion n'avancerait jamais ! Merci à toi de supporter tous mes doutes, toutes mes questions, tous mes "Et si?". Merci de pas quitter le navire dès que c'est un peu plus compliqué ! Merci à toi d'être une amie si géniale ! Toutes les reviews qu'on reçoit, on les reçoit toutes les deux car quoique tu en dises, Répulsion est autant à toi qu'à moi. Je t'aime foooooort ma Chouk' !
D'ailleurs, ce chapitre fêtera le Chouk-weekend de cette semaine ! En effet, l'équipe se réunit en grande pompe pour prendre de grandes décisions sur Répulsion. Pas vrai du tout, en fait, on va profiter l'une de l'autre, en espérant que nos deux hommes et le Ptit Prince des Enfers ne soient pas trop désespérés par nos discussions animées :)
Bon, j'arrête de parler et vous laisse lire le premier chapitre de Jasper et Bella de nouveau amis !
Bonne lecture!
Gros bisous
Jess
"Notre vie est un livre qui s'écrit tout seul.
Nous sommes des personnages de roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l'auteur"
(Julien GREEN)
Chapitre 32: A ma place (Axel Bauer & Zazie)
POV Jasper
Je la sens se réveiller avant même qu'elle ne reprenne conscience. Son pouls s'accélère, sa respiration est moins paisible et ses paupières papillonnent quelque peu. Bientôt, elle sera parfaitement réveillée tout contre moi. Car elle s'est rendormie presque instantanément sur mon torse, son mouvement avec les boutons de ma chemise s'estompant peu à peu jusqu'à ce qu'elle sombre dans le coma. C'est mieux ainsi, après tout. Elle souffrait réellement et malgré mon contrôle de sa douleur, je redoute qu'un moment d'inattention suffise à l'abattre sous le choc. Or, la dernière chose que je souhaite actuellement, c'est la voir souffrir à nouveau. Je m'en veux déjà suffisamment d'être arrivé trop tard pour éviter qu'elle soit blessée. Une minute plus tard et elle était partie à jamais. Tout ça à cause du coup de téléphone d'Alice. Si je ne connaissais pas aussi bien ma femme, je pourrais presque croire qu'elle l'a fait exprès. Et si … ? Et si elle voulait que Bella meure? Ca lui permettrait de m'empêcher de faire une bêtise, de vouloir mourir pour elle. En effet, elle m'a dit que Bella mourrait si je me permettais de l'aimer. Qu'elle l'avait vue mourir dans d'atroces souffrances parce que nous étions ensemble. Elle m'a mis en garde et c'est pourquoi je suis parti loin de Bella. Pourquoi je l'ai quittée. Mais elle sait également que j'ai désormais choisi égoïstement de ne plus rester éloigné de celle que j'aime. Car je suis éperdument amoureux de Bella Swan, cela ne fait aucun doute. Alors à quoi cela rime-t-il ? Comment se fait-il qu'Alice m'ait appelé juste quand Bella se faisait attaquer ? Je ne peux pas, je ne veux pas croire qu'elle l'ait fait exprès. Pourtant, la coïncidence est trop flagrante pour que je ne m'interroge pas. Que me cache-t-elle? Pourquoi souhaiterait-elle la mort de celle qu'elle considérait il n'y a pas si longtemps comme sa future soeur? Je peux d'ores et déjà éliminé la thèse de la jalousie que n'importe quel humain pourrait présumer au premier abord. Alice n'est pas jalouse de Bella, je le sais. Et oui, empathe, que voulez-vous … Alors que me cache-t-elle? J'ai essayé par tous les moyens de le découvrir et malheureusement, l'époque où ma tendre épouse me racontait tout est bien loin de moi désormais. Alice est fermée comme un tombeau de pharaon et maudit soit celui qui tente de s'y engouffrer. J'avais l'habitude d'obtenir toutes mes informations d'Alice, à l'époque où nous étions heureux. Même si elle ne voulait rien me dire, je parvenais à lui faire lâcher le morceau et à dire ce qui la tracassait sans même qu'elle ne s'en rende compte. Mais cette insouciance n'existe plus chez Alice, elle ne piaille plus sur tout et sur rien à la fois. C'est à la fois irritant et dérangeant. Je n'ai peut-être pas "vraiment" aimé Alice d'amour mais j'aimais la personne qu'elle était. Aujourd'hui, elle me semble être une Reine des Glaces bien trop sérieuse. Est-ce notre séparation qui l'a rendue ainsi ? A-t-elle vécu des choses loin de Forks qui lui ont forgé ce caractère taciturne et dur? Elle souhaitait que nous retentions d'être un couple. Elle souhaitait qu'on se remarie. En contrepartie, elle m'avait assuré veiller sur la sécurité de Bella. Elle me tenait, comme jamais elle n'aurait pu aussi bien me tenir. Mais elle savait que je ne l'aimais pas, que j'aimais la petite humaine. Elle était prête à me prendre ainsi, mon coeur ne m'appartenant plus... Ne lui appartenant plus. J'aurais déjà du me douter que quelque chose n'allait pas, car jamais Alice Cullen n'aurait accepté ça avant … avant son départ de Forks. Jamais elle n'aurait usé de chantage pour m'obtenir. Notre accord est cependant rapidement devenu nul et non avenu quand j'ai appris qu'elle avait menti. Quand je l'ai confrontée, elle m'a dit qu'elle savait que si Edward sauvait Bella de cette manière-là, pas d'une autre, ils se marieraient. Elle l'avait vu. Elle avait agi comme elle le devait. Elle savait que Bella ne mourrait pas. Je l'ai crue. Et je suis parti. J'ai d'abord surveillé Lili, de loin. Pour que plus jamais Victoria ni un de ses sous-fifres ne puissent poser la main sur elle. Je savais Bella en sécurité puisqu'Edward ne la lâchait plus d'une semelle. Je pouvais donc me consacrer entièrement à garder la vie sauve de ma fille. Puis quand il m'est apparu qu'il ne lui arriverait plus rien, je suis retourné à Seattle et j'ai surveillé Bella & Edward poser les fondations de leur petit couple . J'ai vu son sourire radieux au contact du vampire roux et j'ai renoncé à nouveau. J'ai fui. Elle avait le droit d'être heureuse. Après tout, je n'aurais pu lui souhaiter mieux. Elle respirait la joie de vivre, elle souriait enfin de nouveau à la vie et elle était en sécurité. Je n'avais plus rien à faire dans les parages.
Serait-elle à ma place plus forte qu'un homme
Au bout de ces impasses où elle m'abandonne ?
Jusqu'au jour où ma soeur m'a appelé. Elle voulait que je sache. Bella et Edward se mariaient le lendemain. Elle avait tenté de me le cacher, de ne pas me mettre au courant. Elle voulait elle aussi que ma petite humaine soit heureuse et elle pensait que je ne pouvais pas être cette personne pour elle. Alors elle avait laissé Edward tenter de l'être. Mais au fil des semaines, des mois, elle pensait de plus en plus à ce que nous aurions pu avoir, Bella et moi. Ce jour-là, elle m'a posé une seule question. "Sans tenir compte de la situation, de ce que tu es et de ce qu'elle n'est pas, réponds-moi juste. Si tu ne te souciais de rien, où serais-tu en ce moment?". Ma réponse ne s'était pas fait attendre. "Auprès de Bella". Je voulais être à ses côtés, je voulais veiller sur elle. Je voulais profiter de ses sourires, de ses fous rires. Je voulais bénéficier de ses colères, de ses peines. Je voulais tout partager avec elle. Rose n'a pas fait tout un cinéma à la Rosalie Hale. Elle a réfléchi quelques minutes puis m'a simplement dit, calmement: "Alors viens. Et bats-toi". Puis elle a raccroché, me laissant avec mon choix. Mais avais-je réellement le choix ? J'étais au pied du mur. Je devais choisir entre foncer tête baissée dedans ou m'en détourner. Mais comment me détourner de la seule femme qui était parvenue à faire vibrer le vampire froid que j'étais? Comment aurais-je pu renoncer définitivement à elle? J'étais et je suis toujours éperdument amoureux d'elle. Je savais que je risquais sa vie en me rappelant à elle. Mais à cet instant, plus rien d'autre qu'elle et moi ne comptait. Je la voulais entièrement. Pourtant, rien n'était aussi aisé que j'ai voulu le penser. Ce jour-là, quand j'ai pénétré dans l'église, j'ai failli mourir une seconde fois à l'idée que j'arrivais trop tard. J'étais décidé à lui montrer que j'étais là, que je n'avais pas renoncé. Qu'elle était tout pour moi et que pour une fois, j'étais prêt à me battre pour cela. Que j'arrêtais enfin de fuir. De fuir mes sentiments, de fuir notre relation, de la fuir elle. Que j'arrêtais d'être lâche. J'aurais trouvé une façon de la protéger contre cette fin funeste que mon choix impliquait. Je ne souhaitait pas sa mort, bien entendu mais je ne pouvais plus rester loin. J'étais prêt à la transformer pour empêcher sa disparition. J'étais prêt à tout tant que cela signifiait qu'elle soit à mes côtés. Rosalie avait raison. Je devais me battre. Je ne pouvais pas la laisser aux mains d'Edward sans lui laisser le choix. Et, au final, elle l'a choisi lui. Elle a lié sa vie à la sienne, de manière inconditionnelle, devant tous ses amis, devant sa famille. J'étais là, elle m'a regardé droit dans les yeux et puis, lentement, a rivé son regard dans celui du vampire roux et lui a donné sa vie, sa fidélité et son amour à jamais. Que pouvais-je faire contre ça ? Quand il l'a abandonnée au pied de l'autel, alors qu'elle venait de lui professer tout cela, l'idiot qu'il est, je ne pouvais pas ressentir ce qu'elle ressentait, à cause de la présence d'Oliver dans l'église, mais je pouvais voir sur son visage et dans ses fabuleux yeux chocolats toute la détresse qui l'étreignait. J'ai compris ce jour-là que tout était fini entre elle et moi. Je ne pouvais pas combattre cela. Jamais elle ne m'aurait donné sa vie comme elle l'a donnée à Edward. Je n'en valais pas la peine. Je n'étais pas ce vampire-là pour elle. Malgré tout, je ne suis pas reparti. Je suis resté auprès d'elle. Car la vérité est que je ne suis rien sans elle. Et peu importe qu'elle ne m'aime pas en retour, je serais au moins là pour la protéger. Hier soir, elle m'a donné son amitié. Après toute la haine qu'elle a ressenti à mon égard et que je me suis pris de plein fouet quand je me suis présenté à son appartement, l'amitié me semble une bonne alternative. Je saurai m'en montrer digne. Si c'est la seule chose que je peux encore obtenir d'elle, je ferai tout pour qu'elle ne regrette pas de me l'avoir donnée.
Vivre l'enfer, mourir au combat
Faut-il pour lui plaire aller jusque là?
Elle bat des cils, reprenant enfin conscience et m'offre un de ses sublimes sourires.
- Hey ! murmure-t-elle en se frottant un oeil.
- Hey. Bien dormi?
- Comme un loir. Je t'ai encore empêché de partir? fait-elle en regardant sa main accrochée à ma chemise.
- A nouveau, la petite moule s'est accrochée à un rocher, oui.
- Désolée ! fait-elle, légèrement rosissante, se détachant de moi.
J'attrape alors son poignet et l'attire à nouveau à mon torse. Sa respiration se bloque et son coeur s'emballe.
- Je n'ai jamais dit que cela me dérangeait. Je ne comptais pas bouger, de toute façon.
Je sens la joie se répandre en elle et cela me fait sourire instantanément. Elle apprécie notre amitié, c'est déjà ça.
- Je pourrais rester couchée ainsi durant des heures.
- C'est exactement ce que tu viens de faire.
- Mais même sans dormir, murmure-t-elle en frottant son nez contre ma chemise, comme si elle voulait s'imprégner de mon odeur.
Ma main se pose dans son dos et je me mets à le lui caresser tendrement, de haut en bas, provoquant un frisson chez elle.
- Tu as froid?
- Non, pas du tout.
- Tu as mal quelque part ?
- Tu dois savoir que non, n'est-ce pas ?
- Je préfère m'en assurer tout de même.
Un mélange d'émotions s'élève en elle et je sens presque son combat intérieur. Tendresse, joie, peur, détresse. C'est comme si elle s'interdisait de ressentir des choses positives.
- Tu as le droit de te sentir bien, petite calamité, murmurai-je dans ses cheveux.
Son corps se tend à nouveau à ma remarque et je m'en veux. Pourquoi faut-il que je lui fasse repenser à ce sombre crétin? Pourquoi faut-il que je gâche un instant de bonheur? Ses sentiments ne sont que culpabilité et frayeur. Bon sang, Jasper Hale, n'étais-tu pas un expert des sentiments ? Ah non, au temps pour moi, j'ai été beaucoup de choses mais jamais ça encore. Pitoyable pour un empathe, n'est-ce pas ? Je la resserre contre moi et la sens immédiatement s'apaiser. Alors que ses doigts reprennent leur danse sur mon torse, je la sens interrogative. Les bonnes habitudes reviennent tout doucement.
- Aurais-tu une question à me poser par hasard?
- Co … comment ? Pfiouuuu fichu pouvoir, fait-elle en se nichant dans mon cou pour se cacher.
- Je t'écoute, petite fouine.
Elle se redresse sur son coude et je me perds dans ses grands yeux chocolats si expressifs. Alors qu'une vague d'amour me submerge, elle tremblote et reste coite. Elle s'avance alors timidement, son regard toujours rivé dans le mien. Mon amour l'a enveloppée toute entière et elle s'avance pour m'embrasser. Mon dieu, il faut que je parvienne à mieux contrôler mes sentiments quand je suis auprès d'elle, sinon elle va forcément m'en vouloir. Pourtant, au lieu de reculer et de briser ce lien qui nous pousse l'un vers l'autre, je me contente de la regarder venir à moi, comme dans toutes mes pensées où je désire ardemment qu'elle le fasse enfin.
- HELLOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO LA COMPAGNIE !
Je sursaute en même temps que ma petite calamité à l'arrivée d'Emmett, comme un cheveu sur la soupe … comme d'habitude. On dirait qu'il a un radar "Jasper et Bella sont en train de faire une bêtise" fixé au dessus de la tête, ce n'est définitivement pas possible autrement. Bella est redressée en position assise sur le lit, rouge pivoine et repositionne une mèche de cheveux derrière son oreille, signe d'extrême nervosité chez elle. Je n'ose imaginer ce qui se serait passé si Emmett n'avait pas fait irruption dans la chambre.
- Alors, la petite Bellette au Bois dormant est réveillée ? Comment te portes-tu ? Tes ecchymoses valent-elles celles de Rocky Balboa ?
Bella sourit et se lève pour aller se lover contre le grand nounours qu'elle considère comme son frère.
- Bellette, tu sais que je t'adore mais j'ai peur que Rosalie ne finisse par se poser des questions après toutes ces démonstrations d'affection !
- Cesse d'utiliser ce surnom ridicule, Emmett ! grogne-t-elle en se serrant d'autant plus contre lui.
- Rosalie n'est absolument pas contre le fait que tu l'occupes de temps à autre pour me laisser un peu de temps libre ! dit ma soeur, apparaissant derrière Emmett, le contournant et venant se poser sur le lit près de moi.
Bella lui offre un sourire radieux que Rose ne tarde pas à lui rendre en retour. Qui aurait pu croire que ces deux là pourraient s'aimer autant ? Car pas de doutes là-dessus, il s'agit bien d'amour entre elles deux.
- Depuis quand Rosalie Hale parle d'elle à la troisième personne ? demandai-je, ironique.
- Depuis toujours, mon cher. Je suis une diva, moi ! fait ma soeur en m'offrant un sourire ravi.
Je sens le regard de Bella sur moi et quand je me retourne pour la regarder à mon tour, elle a les yeux tournés vers Emmett qui nous toise amusé. Je sais qu'elle sent maintenant mon regard sur elle car elle rougit légèrement, ce qui me fait sourire.
Se peut-il que j'y parvienne?
- Alors … aheum … C'est quoi la prochaine étape du programme "Sauvons Bella de la dépression" ? demande-t-elle, toujours légèrement rosée, les yeux fixés sur Emmett.
- Qui te dit qu'on a prévu d'autres étapes ? demande-t-il, blagueur.
- Vous n'en avez pas prévu d'autres? Rhaaaa méga-déçue! fait-elle en se laissant tomber, les bras croisés, sur le fauteuil derrière elle.
Emmett se frotte l'arrière de la tête tandis que Rosalie lève les yeux au ciel.
- Vraiment rien ? Même pas un petit … mmmh … tour sur Mars à bord d'Appolo 13 ?
- Appolo 13 allait sur la Lune, pour info. Et la mission a été tout sauf une réussite! lâche Emmett, toujours très documenté sur le sujet.
- Rhooooooooooooo ! Un petit tour d'auto-tamponneuse alors ? (NDA: Spéciale Cassdédi à ma Chouk' :D)
- Je ne pense pas non, Emmett est bien trop kamikaze pour toi, lâchai-je, dans un sourire.
Son regard se porte enfin sur moi et elle rougit de plus belle. Visiblement, ce qui s'est "presque passé" ne l'a pas laissée de marbre. Dois-je m'en réjouir ou le redouter? Bonne question, que je n'ai pas envie de creuser pour l'instant.
- Et puis t'es bien trop amochée pour qu'on te fasse faire un truc aussi fou ! Non non, en convalescence ma petite dame ! Alitée, avec une bonne couverture bien chaude et un bon bouquin ! ironise Emmett tandis que Bella se décompose devant nos yeux.
- Mais je vais bien ! Et je ne suis pas si amochée que cela ! fait-elle les yeux rivés sur moi pour que je la défende.
Emmett éclate alors de rire, ce qui la fait sursauter et lâcher mon regard.
- Allez, Bellette, on t'a assez fait marcher !
Elle arque un sourcil et commence à avoir peur. Elle a raison, avec Emmett, on ne sait jamais à quoi s'attendre même si pour une fois, il a eu une idée assez sympathique.
- Attendu que tu es en vacances …
Elle reste très dubitative face à ces mots.
- … et que nous sommes toujours en plein sauvetage de "Bella la Déprimée" …
Elle lui tire la langue mais continue à redouter le pire.
- … et qu'il est difficile, voire impossible de rivaliser avec le saut en parachute …
Il se tait et son impatience atteint un niveau considérable que je suis le seul à ressentir. Il lui sourit, diaboliquement et elle s'exclame:
- Bon sang, Em', tu la craches ta valda ou je dois te supplier?
- Oh oui, supplie-moi, j'adore !
Rosalie toussote et je m'esclaffe. Emmett se frotte à nouveau l'arrière de la tête, signe de gêne chez lui et Bella savoure sa petite victoire dans un sourire en coin.
- Je te hais.
- Non, tu m'adores. Alors, qu'est-ce que tu as encore inventé?
- Moi ? Riennn! fait-il dans une grimace qu'il veut angélique mais qui est tout sauf ça.
- J'ai bien peur de ne pouvoir te croire …
Il grimace et, sans plus un mot, sort de la pièce. Bella se retourne vers nous, cherchant une explication. Rosalie se contente de lui sourire, certaine que la surprise va lui plaire tandis que je doute toujours de sa réaction. Il se peut qu'elle n'apprécie pas à vrai dire. Même si l'idée de base est bonne, Bella n'a peut -être pas envie de faire cela avec nous.
- Qu'est-ce qu'il fait?
- Il arrive, ma chérie, ne t'inquiète pas.
- C'est quoi son plan foireux?
- Pourquoi dis-tu qu'il est … "foireux" ?
- Parce que si c'est Emmett qui l'a mis sur pied, ça ne peut être que foireux !
Nous rions tous les deux à sa remarque quand le plus grand des Cullen refait son apparition, "le" sac de sport à la main.
- Et voilàààà !
Bella arque de nouveau un sourcil et j'ai bien peur qu'elle finisse par rester bloquer à force d'autant s'interroger.
- Voilà quoi ?
- Bah c'est parti mon kiki !
Je me force à ne pas rire de nouveau et me rend compte que Rosalie rit, elle, sous cape. Bella reste toujours aussi dubitative et demande, ironiquement:
- Si c'est moi "kiki", je pense que notre amitié s'arrête là … Où est-ce que tu vas ?
- Eh bien … On va s'exposer au soleil.
Le sourcil de ma petite calamité monte encore plus haut, alors que je pensais cela totalement impossible et je ris en moi-même des termes qu'Emmett emploie pour brouiller les pistes.
- Au soleil?
- C'est bien cela.
- Comme ça ? Par pur défi ?
- Non, dans un but esthétique aussi.
- Esthétique ?
- Oui oui, esthétique.
- Je ne crois pas que tu connaisses le sens de ce mot, à vrai dire.
Rosalie et moi nous regardons l'un l'autre, hilares de la petite joute verbale entre ces deux-là. Emmett est tout heureux et Bella reste sur la réserve. Elle ne sait pas si elle doit rire de sa bêtise et plutôt fuir à toutes jambes.
- Si, si, je connais parfaitement ce mot.
- Tu peux être plus clair? Et vous deux-là, vous ne pourriez pas m'expliquer au lieu de rire?
Rosalie et moi repartons dans un fou rire devant sa mine énervée, incapables de nous en empêcher.
- On part en voyage, Bella ! s'exclame Emmett, tout heureux, tel un enfant le matin de Noël.
Sa déception me frappe de plein fouet et je me lève automatiquement pour me rapprocher d'elle, la prendre dans mes bras et la rassurer. Sauf qu'à mi-chemin, elle redresse ses yeux qui brillent de larmes vers moi et que ça me coupe les jambes, au sens métaphorique du terme, bien entendu.
- Mais … Vous partez quand ? Pour combien de temps ? Vous partez … tous ?
Comprenant d'où vient sa déception, je ne peux m'empêcher de sourire, ce qui redouble sa tristesse. Évidemment, ce n'était pas la chose à faire, au temps pour moi.
- Bella, on part en voyage. Tous ensemble! expliquai-je, tentant de calmer sa peine.
Sa tristesse augmente encore d'un cran. Je réfléchis un instant et m'empêche de sourire. En effet, bien piètre choix de mots, Hale.
- Tous ensemble, toi y compris, petite calamité.
Sa détresse fond comme neige au soleil pour laisser place à un mélange de soulagement et d'impatience. Emmett aurait-il visé juste?
-Wow wow wow, attendez! fait-elle en se redressant, son regard passant entre nous trois tandis qu'elle passe en mode "interrogative".
Emmett s'assied nonchalamment sur le fauteuil qu'elle vient de quitter tandis que je reste prostré au milieu de la pièce et qu'elle fait les cent pas.
- Où va-t'on ? Et comment allez-vous pouvoir vous "exposer au soleil" ? Et question annexe, si vous me permettez, en quoi est-ce un choix esthétique ? Après tout, je n'ai pas compris où tu voulais en venir, Emmett. Et enfin, je me demande …
- Ca fait plus de trois questions, petite fouine ! l'interrompis-je dans un sourire, qu'elle me rend, rougissante.
- Vous me balancez un truc pareil et je dois juste me taire et vous suivre ?
- C'est un peu le but du jeu, oui.
- Et qui vous dit que je vais accepter ?
Emmett se lève, attrape le sac et hausse les épaules:
- Le saut en parachute n'était pas une mauvaise expérience, il me semble.
- Et ?
- Et si ça ne te convainc pas encore complètement, je laisse le soin à mon pote de te faire dire oui sans rechigner.
Sur ces mots, après m'avoir lancé un regard entendu, il quitte la pièce suivi de ma soeur, extatique à l'idée me laisser la convaincre par tous les moyens. M'est d'avis qu'il y a un couple de vampires qui va avoir de sérieux problèmes avec moi très bientôt. Arrêtée à quelques pas de moi, j'entends son coeur qui joue la samba dans sa cage thoracique et sa tension est palpable tout autour d'elle. J'avoue que je pourrais user de mon pouvoir pour lui faire dire oui sans obstacles mais je trouve que ce ne serait pas "fair-play" et qu'il faut qu'elle puisse dire oui parce qu'elle en a envie. Et surtout, je sais qu'elle déteste cela. Je la regarde, lui offrant un sourire que je veux rassurant mais rien ne calme son stress.
- Es-tu convaincue ?
Elle sourit, se détendant un petit peu tout de même.
- Ca dépend.
- De quoi?
- Que comptes-tu faire, si je ne le suis pas?
Ô l'infâme tentatrice … Mais puisqu'elle veut s'engager sur cette pente glissante, allons-y …
- Eh bien, je devrais très certainement manoeuvrer finement pour parvenir à te convaincre vraiment …
Je me rapproche d'elle doucement, sentant son pouls s'accélérer encore et son corps se tendre à mon mouvement.
- Que … que proposes-tu ?
- Je pourrais te prouver les bienfaits de vacances au soleil …
- Je me fiche d'être bronzée, je le suis déjà assez en comparaison avec vous.
- Je ne parlais pas de cela. Voir Emmett en maillot, se baigner dans la piscine privée, une semaine tous les deux également …
Je me mets à lui caresser le bras tandis que son coeur bat si fort que je peux le sentir sur ma langue.
- Mmmmh j'avoue que la perspective de … voir Emmett en maillot est très alléchante !
Je souris et me rapproche encore d'elle, tandis qu'elle tremblote légèrement.
- Même si te voir en maillot est une donnée non-négligeable également! ajoute-t-elle dans un souffle.
- Je serai moi aussi ravi de voir quel genre de maillot tu porteras …
Je suis tellement proche d'elle que son odeur toute entière me transporte. Mû par un sentiment incontrôlable, je niche mon nez dans son cou, la faisant haleter doucement. Je dépose un baiser glacé contre sa peau tendre et murmure, la faisant à frissonner:
- Accèdes-tu à ma demande ?
Elle soupire et je sais que j'ai gagné quand elle m'impose un dernier obstacle:
- Tu ne m'as rien demandé à vrai dire …
Je souris, toujours niché dans son cou, me complaisant dans son fabuleux parfum de freesia.
Alors qu'elle retient sa respiration, je me sépare de son cou et rive mon regard dans le sien. Sa tension m'embrase, accompagnée d'un autre sentiment que je ne pensais plus jamais sentir émaner d'elle alors qu'on n'est que tous les deux: le désir. Son regard se fait brûlant et je souris d'autant plus belle.
Se peut-il qu'on nous pardonne?
- Puisque tu ne me laisses pas le choix …
Je l'attrape alors et la bascule sur mon épaule, la faisant hurler.
- Lââââââââââââche-moi !
- Impossible, Mademoiselle Swan, vous n'acceptez pas mes conditions …
- Non mais lâche-moi, j'accepte, j'accepte, allez, lâche-moi, s'il te plaît !
Elle tape des pieds contre mon ventre, des bras contre mon dos, se débat, s'égosille mais elle sait que c'est peine perdue, je suis plus fort qu'elle.
- Jazzzzzzzzzzzzzzzz', s'te plaît, relâche-moi, j'ai dit que j'acceptais, allezzzzzzzzzzzzzzzz !
- Arrête de te débattre, tu vas te blesser.
- Attends que je sois un vampire, vous allez tous me payer d'avoir profiter de mes faiblesses !
- On ne professe pas de menaces qu'on ne pourras pas tenir, ma chère !
- Attends, tu verras, je n'aurais pas assez de l'éternité pour te pourchasser !
- Cela veut-il dire que j'aurais le plaisir de jouir de ta compagnie à jamais ?
- Arrête d'être ironique, je te prie !
- Qui t'a dit que je l'étais ?
Elle ne dit rien pendant quelques minutes, pendant mollement sur mon épaule puis repart de plus belle:
- Lâche-moi Jasper Hale, ou je te jure que je te le ferais regretter !
- Qu'est-ce que je viens de te dire à propos des menaces impossibles à tenir ?
Alors qu'elle se débat comme un beau diable, je m'avance vers le lit et la jette dessus, gentiment. Elle me défie du regard et je me mets à la chatouiller, un genou sur le lit pour pouvoir l'atteindre sans difficulté. Elle s'esclaffe, piaille, se débat, frappe des pieds et je pense ne l'avoir jamais trouvée aussi jolie qu'en cet instant.
- Arrête, arrête, j'ai dit que je viendraiiiiiiiiis !
Je la relâche à contre-coeur et m'installe sur le lit à côté d'elle tandis qu'elle continue à rire, les yeux fermés, les joues légèrement rosies. Quand elle est bien calmée, sereine dans ses sentiments, elle tourne la tête vers moi et murmure:
- Alors, où va-t-on ? Et pour le soleil, comment allez-vous faire … ?
- On a la chance de bénéficier d'une propriété loin de tout, le soleil ne sera donc pas un problème ! fis-je en lui caressant la joue, perdu dans la contemplation de ses lèvres si tentantes.
Je pourrais l'embrasser, là, maintenant, sans réfléchir. Sans réfléchir aux conséquences ni aux diverses raisons qui font que je ne devrais pas le faire. J'ai envie de le faire, c'est la seule chose que je vois pour le moment. Son rythme cardiaque s'accélère à nouveau, signe qu'elle voit à quoi je pense.
Se peut-il qu'on nous aime
Pour ce que nous sommes?
Alors que je n'arrive pas à détacher mon regard de sa bouche, elle murmure:
- Ah oui, sur l'Ile d'Esmé … Edward m'en a parlé une fois …
Le moment se fâne, sans que je ne puisse rien faire pour l'en empêcher. Je pense à l'embrasser et elle pense à Edward. Maudit timing, maudits sentiments, maudit vampire roux qui n'aurait jamais du exister. Ou qui aurait du cesser d'exister après son départ de Forks, plutôt, sinon je ne me serais jamais rapproché de ma petite calamité. Malgré tout, je ne peux rien faire, je ne peux pas combattre l'amour qu'elle lui porte. Je ne peux pas la forcer à m'aimer comme elle l'aime. Je me redresse, tire sur ma chemise pour la remettre en place et m'avance vers la porte.
- Puisque c'est entendu, je te laisse faire ta valise.
Je sors sans lui laisser la chance de rétorquer, évitant soigneusement de lui lancer ma déception au visage.
POV Bella
Assise dans l'avion qui nous mène je ne sais où, la tête posée contre le hublot, je me demande toujours comment je suis parvenue du stade "Jasper ne lâche pas mes lèvres des yeux, peut-être compte-t-il m'embrasser?" au stade "Jasper se casse, froid comme un glaçon, comme si je venais de lui planter un poignard dans le coeur". Depuis lors, il ne m'a presque pas adressé la parole et encore moins regardée, comme s'il me fuyait à tout prix.
Se met-il à ma place quelques fois
Quand mes ailes se froissent
Et mes îles se noient ?
Que s'est-il passé pour qu'il réagisse ainsi ? Tout allait bien pourtant. Il doit s'en vouloir de m'avoir presque embrassé, certainement attiré par moi à cause du désir que je ressens pour lui. Si son pouvoir n'était pas aussi développé, il ne se serait pas conduit ainsi. Voilà pourquoi il m'évite maintenant. C'est d'ailleurs flagrant, j'ai ma meilleure amie à ma droite et les garçons, eux, sont deux rangées derrière. Impossible de les voir ou de leur parler, ça ne peut-être plus clair. Voilà aussi qui explique son empressement à offrir le siège voisin du mien à sa soeur, qui ne s'est évidemment pas faite prier sur le coup mais qui, désormais, n'a de cesse de se retourner et de soupirer à la vue du gros, gras, boutonneux de surcroît de la rangée entre celles des garçons et la nôtre, et qui lui offre son plus beau sourire édenté dès qu'elle entre dans son champ de vision. Et oui, déjà 2 heures de séparation, ça commence à être long pour le couple fusionnel par excellence. Surtout que nous sommes encore bien au dessus des nuages et donc, à priori, pas près d'atterrir:
- Y en a encore pour longtemps?
Je l'interroge pour l'occuper un tant soit peu, ce qui ne fonctionne absolument pas puisqu'elle continue à se tordre le coup.
- Bella chérie, de quoi parles-tu? fait-elle, se tortillant toujours.
- Du nombre de rubans nécessaires pour réussir à faire un beau pompon... lui-répondis-je en espérant que l'ironie fera son effet.
Effet qui fonctionne parfaitement puisque j'ai droit à une Rose éberluée qui me regarde avec des yeux ronds comme des billes.
- Je te demande pardon? me dit-elle en portant enfin toute son attention sur moi
- Je cherchais juste un moyen de te distraire, tu n'arrêtes pas de te tortiller sur ton siège depuis 45 min, sans même m'avoir indiqué où on va. Je peux avoir plus de détails ? Comme par exemple, et ce serait la moindre des choses, la durée restante de ce vol?
- Tout ce qui concerne ton voyage est secret défense, il faut voir avec le "G.O." de ce voyage, désolée ma chérie !
Elle ne semble pourtant pas désolée le moins du monde et regarde nerveusement sa montre
- Mmmmmmh, je vais voir si Emmett n'a besoin de rien ! me dit-elle en se levant déjà pour le rejoindre.
Dans un soupir, je ne tente même pas de la rappeler et me replonge dans la contemplation du coton qui s'étend à perte de vue et qui se teinte doucement dans la jolie couleur orangée du coucher de soleil.
- Tu comptes sauter ?
Je sursaute en entendant la voix de velours proche de moi et n'ai pas besoin de me retourner pour savoir qui a pris la place à mon coté. Mon coeur bat à cent à l'heure, chose qu'il n'ignore pas et je redoute la confrontation.
Je plie sous le poids
Plie sous le poids
De cette moitié de femme
Qu'il veut que je sois
Du coup, j'embraye pour qu'il ne puisse pas analyser mes sentiments tranquillement:
- Quand arrive-t-on ?
Je ne peux pas me retourner vers lui, j'en suis incapable. J'ai bien trop peur de croiser son regard, d'y voir de la fureur ou pire, du dégoût.
- C'est un des facteurs pour lesquels tu sauterais ?
- Tu ne réponds pas à ma question! dis-je, me retournant enfin sur lui pour croiser son regard … amusé. Ouf !
- Toi non plus.
- Je ne compte pas sauter non. Sauf si le trajet dure encore des plombes!
- On sera bientôt arrivés.
Je reporte mon attention vers le hublot, incapable de supporter son regard. On est peut-être amis mais on a pas mal de chemin à faire pour retrouver notre complicité d'avant.
- Où va-t-on, exactement ?
- Sur une petite île au large du Chili, dans l'Océan Pacifique Sud.
- Je présume que c'est une île déserte.
Il sourit et acquiesce.
- Presque déserte. Mais effectivement, à part la grande villa de Damon, il n'y a que peu d'autochtones …
- Damon ? Damon Salvatore ?
- Oui, c'est une invitation émanant de lui. Nous devons les rejoindre à l'aéroport de Santiago. Tu pourras faire la connaissance d'Elena, ainsi.
- Elena ?
- La petite amie humaine de Stefan. Je t'en ai déjà parlé.
- Oui, juste.
Je me demande à quoi va ressembler cette Elena ? Selon les "on dit", elle oscille elle aussi entre les deux vampires de sa vie. Pourrais-je trouver en elle, d'une quelconque manière, une alliée ? Une conseillère, surtout ? J'aimerais tant qu'elle puisse me donner certaines réponses. Alors que le silence s'épaissit entre Jasper et moi, je suis rassurée par cette nouvelle. Ca rend la perspective des vacances beaucoup plus accessible maintenant.
- Je ne sais pas ce que tu en penses, mais je crois que tu as un nouveau prétendant …
Quand il brise le silence, alors que je suis perdue dans mes pensées, je sursaute et est étonnée par sa remarque. Tournant mon regard vers lui, il me désigne un garçon, dans la même allée que la nôtre, qui me regarde fixement. Je rougis, je le sens, et Jasper rit dans son poing. C'est ça, moque-toi, salaud va !
- Je crois qu'il te trouve très à son goût.
- Tu crois ou tu le sens?
- Je crois … et je le sens ! fait-il en désignant sa tête comme si ça expliquait tout.
Je regarde plus attentivement le garçon et grimace:
- Merci … mais pas intéressée.
Il éclate de rire, passant son bras autour de mon épaule, ce qui me coupe le souffle et accélère le rythme de mon coeur.
- Alors viens près de moi, on va lui faire comprendre que tu n'es plus sur le marché … fait-il en levant l'accoudoir qui était entre nous, permettant ainsi notre rapprochement.
"Lui faire comprendre que je ne suis plus sur le marché" … Vous avez entendu comme moi ou c'était une hallucination auditive ?
Je veux bien faire la Belle, mais pas dormir au bois
On descend la passerelle de l'avion et je reconnais directement Damon Salvatore à l'ombre du bâtiment de l'aéroport. Enfin, aéroport est un bien grand mot, ici, à Santiago du Chili. A ses cotés se trouvent son frère, que je reconnais aisément, et une petite brune, toute frêle, qui semble un peu contrariée. Ca doit être Elena. Comme toute bonne petite humaine qui fréquente des vampires et qui se respecte, elle est excédée par les buveurs de sang de sa vie. Je sens qu'elle et moi, on va bien s'entendre. Bien que pour le moment, pour ma part, je ne suis absolument pas excédée par le vampire blond qui m'accompagne. En effet, j'ai fini le voyage lovée contre son torse, tandis qu'il caressait tendrement mon dos en dessous de mon pull et, là, on descend de l'avion main dans la main. Evidemment, je ne sais pas si l'effet durera maintenant que mon prétendant va suivre une autre route mais tout de même, c'est du bonheur à l'état pur, et même si ça me fera mal quand ça aura disparu, je compte tout de même profiter du moment présent.
- Bien le bonjour, la joyeuse troupe ! Bienvenidos en Santiago de Chile ! s'exclame Damon alors qu'on arrive à leur hauteur.
Emmett serre la main de Stefan tandis que Jasper cogne son poing contre celui de Damon. Tiens, c'est bizarre comme attitude pour Jasper ça … Mais je n'ai pas le temps de m'interroger plus car Damon me hèle:
- Bella, toujours aussi belle !
Sur ces mots, il s'avance et me serre dans ses bras, comme si nous étions des amis de toujours. Je me tends un peu à son contact puis c'est comme si une vague de calme me transportait et je me laisse aller, allant jusqu'à lâcher la main de Jasper pour serrer à mon tour Damon contre moi. L'empathe a décidé de me dérider ou quoi ?
- Damon, cesse tes tours de passe-passe.
Ah non, visiblement c'est Damon qui s'amuse à jouer avec mes émotions et ça ne fait visiblement pas rire mon vampire blond. Bon sang, deux vampires empathes ça va faire beaucoup pour une seule expédition.
- Allez, c'était marrant ! fait le brun en se détachant enfin de moi, presque à contre-coeur.
Le regard de Jasper en dit long sur le degré d'amusement qu'il ressent face au jeu de Damon et je remarque qu'Elena semble d'autant plus excédée qu'il y a cinq minutes encore. Jasper reprend ma main tandis que Damon nous présente:
- Je manque à tous mes devoirs … Ah non, attendez, c'est Stefan qui manque à tous ses devoirs … Mais soit, je vous présente Elena Gilbert, la charmante petite amie de mon frère. Je vous assure, elle peut sourire parfois !
Stefan et Elena lèvent les yeux au ciel quasiment en même temps, ce qui nous fait éclater de rire tous les 4, surtout avec la mine réjouie de Damon qui semble tout fier de son petit effet.
- Et … Elena ? fait-il en se tournant vers la petite amie de son frère
Son regard se fait directement plus doux, plus gentil. Celle-ci lui sourit tandis qu'il nous présente:
- Elena, voici Bella, Rosalie, Emmett et mon ami Jasper, dont je t'ai parlé.
Elle nous offre un sourire timide à tous et danse d'un pied à l'autre, nerveuse. Je peux déceler dans son regard une vraie affection pour le vampire sarcastique et démoniaque qu'est Damon. Celui-ci m'offre d'ailleurs un clin d'oeil ironique puis attrape mon autre main libre pour nous emmener, Jazz et moi, sur la piste à sa suite:
- Ne traînons pas, il ne faudrait pas rater notre correspondance.
Je vois le regard d'Elena se poser insistement sur nos mains entrelacées tandis qu'Emmett s'esclaffe. Bon sang, ça ne va pas être de tout repos, ces vacances.
Dans le minuscule avion qui nous emmène de Santiago à La Isla del Demonio (littéralement l'Ile du Démon, non non je ne me pose pas de questions sur l'ironie de ce nom...) comme m'en a informée Damon, je suis coincée justement entre mon vampire blond et l'aîné des Salvatore. L'avion est miteux, on sent chaque turbulence et je me sens prête à réciter toutes les prières que je connais pour qu'on s'en sorte. Evidemment, les vampires ne craignent rien en cas d'accident, ce qui n'est pas mon cas, ni celui d'Elena, assise deux rangées derrière avec Stefan et Rosalie, avec qui elle discute gentiment. Emmett, lui, est assis à côté d'une vieille dame toute menue et toute de noire vêtue. Il tente de lui parler mais son niveau de patois hispano-chilien n'est pas assez élevé pour qu'elle le comprenne. Elle serre son sac à main contre elle, comme s'il était un voyou prêt à lui voler. Alors que je ricane dans ma manche devant son air benêt, Damon se retourne sur Jasper et moi:
- Alors, c'est reparti, vous deux ?
Mon coeur s'emballe et je me prends à agripper le bras de Jasper sans m'en rendre vraiment compte. Quand j'avise mon mouvement, mon regard croise le sien et je suis sûre d'être violette de honte. Je le relâche instantanément et baisse les yeux, voulant disparaître en un clin d'oeil. Ce n'est malheureusement pas possible et Damon attend toujours une réponse que Jasper, visiblement, n'a pas l'intention de lui fournir. Je murmure alors, les yeux toujours baissés:
- On est amis.
- Je ne traite pas tous mes amis de la sorte ! fait Damon, dans un sourire.
- Moi non plus ! rétorquai-je de but en blanc sans vraiment réfléchir, dardant un regard courroucé sur lui.
Il se contente alors de me sourire, l'air de me dire "A+B = C" et je rougis à nouveau, honteuse. Je hais ce vampire, c'est décidé !
Je veux bien être Reine, mais pas l'ombre du roi
Alors qu'on attend le bateau qui va nous mener sur la petite île de Damon (eh oui, nulle comme je suis je n'avais encore rien compris à l'itinéraire: on a d'abord atterri sur une petite île assez touristique et on doit rejoindre celle, déserte, de Damon par bateau), Elena s'approche de moi qui suis assise sur le ponton, les pieds dans l'eau.
- Salut.
- Salut.
Elle se pose à mes côtés, ôte ses chaussures et glisse ses pieds dans l'eau à son tour.
- Bella, c'est ça?
- Hum oui.
J'ose un coup d'oeil vers elle et vois qu'elle sourit, les yeux perdus dans le vague.
- Où sont-ils tous passés ?
- Le port est sensé être à l'ombre. Ce qui n'est pas le cas, comme tu peux le constater. Damon est donc en train de faire le nécessaire pour hypnotiser le gars qui va nous emmener sur son île.
- Et pendant ce temps, les autres restent à l'abri, c'est ça ?
- C'est ça. De vraies petites natures ! rit-elle, sincèrement.
Elle est vraiment belle. Genre vraiment vraiment belle. Et elle sera encore plus belle quand elle sera transformée. Car ils vont la transformer, non ?
- Je suis désolée si je n'étais pas très sympathique au prime abord. On a quelques soucis avec Stefan.
- Pas de problème. Je comprends qu'on puisse parfois en avoir marre de ces vampires.
- Non, ce n'est pas ça. Stefan est un ange. Mais avant de partir, je suis tombée sur une photo de son ex, Katherine. C'est mon double parfait. Je lui ressemble tellement …
Ses yeux se voilent de tristesse et je me demande bien ce que je peux dire pour la rassurer. Ceci dit, Stefan est vraiment un salaud s'il a choisi Elena pour sa ressemblance avec son ex petite-copine ! Alors que je vais partir sur cette voie-là, je vois Damon s'avancer sur le ponton, vers nous, seul. J'écarquille les yeux devant cette apparition:
- Pourquoi tu ne brilles pas ? demandai-je, voyant le vampire, en plein soleil, qui ne scintille pas le moins du monde.
Il lève alors la main et secoue son doigt orné d'une chevalière.
- J'ai ma bague pour ça !
Je reste ébahie, tandis qu'il s'accroupit tout près d'Elena, un air indéfinissablement tendre sur le visage.
- Comment vas-tu ?
- Ca va, Damon. Inutile de t'inquiéter.
- Stefan s'inquiète, pour être exact ! raille le vampire brun, malgré qu'il soit touché par le ton énervé d'Elena à son encontre.
- Eh bien tu diras à Stefan qu'il n'avait qu'à réfléchir avant de m'utiliser, s'il s'inquiète autant que ça !
Damon se relève, les sourcils froncés mais visiblement heureux de savoir la petite brune en rogne contre son frère. J'enchaîne rapidement pour leur éviter un conflit stérile:
- On va attendre la tombée de la nuit pour pouvoir partir ou quoi ?
- Non, j'ai hypnotisé Pedro qui va nous emmener à l'île sans se poser la moindre question.
- Tu es un vampire très équipé.
Il arque un sourcil à ma remarque et je me rends immédiatement compte de la bourde que je viens de commettre. Je tente de me dépêtrer comme je peux:
- Enfin, je veux dire … aheumm … Tu as des capacités très développées … (je réfléchis tandis qu'il hausse encore plus son sourcil) … ohhhh non, mince, ce n'est pas ce que je voulais dire ! Je veux dire que tes dons sont très pratiques, tout comme ta bague quoi !
- J'avais compris, Bella, inutile de paraphraser, fait Damon, mi-figue-mi raisin, tandis que je suis rouge pivoine et qu'Elena se marre franchement.
C'est heureusement à ce moment-là que les autres débarquent enfin, pour mettre fin à mon calvaire. Ils scintillent évidemment tous de mille feux, sauf Stefan, protégé comme son frère visiblement. Je les trouve encore plus magnifiques que d'habitude, comme si cela était vraiment possible … Alors que je veux me relever, toute prise dans ma gêne, je glisse et file tout droit dans l'eau, sous l'hilarité générale.
- Au lieu de rire, quelqu'un pourrait-il m'aider? grommelai-je en faisant du surplace, rageuse.
Jasper me tend la main et me tire hors de l'eau d'un coup sec, toujours en rigolant. Je m'écrase contre son torse et me sens directement à ma place. Je n'oublie tout de même pas de râler:
- Merci de m'avoir rattrapée avant que je ne coule !
- Te voir tomber était trop hilarant, petite calamité. Et puis tu n'avais pas encore fait ta catastrophe de la journée !
Je frappe son torse de mon petit poing et me fais instantanément mal, n'étant toujours pas parfaitement guérie.
- Si j'en reste à cela, disons que la journée aura été plutôt calme ! grognai-je en me séparant de lui pour trouver une serviette dans mes bagages. Alors que j'en trouve une rapidement, j'entends Emmett murmurer pour les autres "10 contre 1 qu'elle nous refait une chute dans les 5 prochaines heures". Je me retourne pour lui tirer la langue, déclenchant à nouveau l'hilarité générale. Bon sang, ce que ces vacances vont être longues …
Enfin arrivés sur La Isla del Demonio, force m'est de constater que Damon Salvatore ne se moque pas de nous. Alors que j'avais imaginée un petit bungalow sur la plage, il nous offre en fait une villa design immense, toute équipée, avec une piscine à flanc de falaise, sans rebord, qui donne l'impression qu'on peut nager jusque la mer ! Je suis conquise, définitivement. Rosalie semble aussi émerveillée que moi, tandis qu'Emmett siffle d'admiration et que Jasper me suit comme mon ombre, pour être sûr que je ne tombe pas sur les rochers, à mon avis. Elena tourne le dos à Stefan qui redouble de petites attentions pour elle. Visiblement, ces deux-là semblent bel et bien fâchés et maintenant que je sais pourquoi, je ne peux que comprendre Elena. J'ai déjà bien du mal à me battre contre Alice, qui est à l'opposé de ce que je suis, je refuserais tout net de me battre avec un fantôme qui me ressemble comme deux gouttes d'eau. Damon est en train d'observer le manège des deux non-tourtereaux quand Jasper lui demande:
- C'est la guerre froide, si je ne m'abuse.
- Elena a découvert sa ressemblance avec Katherine.
Jasper grimace et confirme:
- J'ai moi-même été soufflé de la voir. Elle est son double parfait.
Okay, donc mon vampire blond connaît lui aussi l'ex de Stefan. C'est normal vous pensez?
- Quelque chose à nous demander, petite fouine ?
- Du tout, crânai-je en regardant autour de moi pour me donner une contenance.
- Tu peux me poser les questions que tu veux, tu sais ? me demande-t-il tendrement, ce qui fait battre mon coeur encore un peu plus vite.
C'est pas juste qu'il ait cette emprise sur moi, je devrais être plus forte mais impossible. Il contrôle vraiment mes sentiments, dans tous les sens du terme, même s'il n'était pas empathe, d'ailleurs !
- Sauf que ça m'en ferait une de moins sur mes trois quotidiennes ! raillai-je pour me donner une contenance.
- Je pense qu'on a déjà dépassé le quota depuis longtemps ! rit-il à son tour.
Damon, posté maintenant sur le haut de la terrasse, nous appelle:
- Venez, je vais vous faire voir l'intérieur, les amis! Après, on fera manger les deux princesses !
On le suit alors, en ribambelle, Jasper et moi fermant la marche. Le vampire blond marche à mes côtés, les mains dans les poches, beau comme un dieu grec dans le soleil couchant. Sa peau scintille depuis tout à l'heure et je suis totalement subjuguée.
Faut-il que je cède?
Faut il que je saigne
Pour qu'il m'aime aussi
Pour ce que je suis?
Il ne doit en plus rien ignorer de mes sentiments, ce qui me fait certainement passer pour l'ex-petite amie en chaleur qui n'arrive pas à l'oublier. Mais tant pis, il n'en dit rien, signe qu'il ne veut pas remettre cela sur le tapis. La seule chose que je puisse faire est tenter de me contrôler un temps soit peu. Pour le moment, je peux encore gérer. Je ne sais pas ce que ça va être quand je vais le voir en maillot. Nous entrons donc tous ensemble par la terrasse et son immense baie vitrée, pour découvrir un sublime salon contemporain avec une fabuleuse mezzanine qui doit offrir une vue imprenable sur l'océan. J'espère vraiment que les chambres sont à l'étage pour pouvoir profiter d'une jolie vue ! Sous la mezzanine, une jolie cuisine de style coloniale blanche dont le plan de travail se transforme subtilement en table pour 12 personnes. La fenêtre ouverte juste derrière, donne sur un splendide jardin verdoyant et bizarrement j'ai l'impression d'être plus en Amazonie qu'au bord de l'eau. Sur la droite de la cuisine, un large couloir nous permet de découvrir une multitude de pièces : une pièce informatique avec ordinateurs, rétroprojecteur et consoles de jeu, une jolie bibliothèque qui ravit Elena autant que moi, une salle de sport suréquipée, une mini salle de cinéma avec fauteuils rembourrés et machine de pop-corn et, enfin, un patio ouvert qui abrite un immense jacuzzi. Certains points communs avec la maison de Jazz me rendent nostalgique et je vois alors mon vampire blond me sonder du regard pour comprendre sûrement ce vague à l'âme. Un sourire sincère s'accroche à mes lèvres pour le rassurer et me confirmer que ces agréables souvenirs ne sont plus des plaies béantes quand il est moins d'un mètre de moi.
- Ca va, petite calamité ?
Okay: repérée et en beauté. Je souris de plus belle:
- Tout va bien, cette maison est magnifique !
- T'inquiète, Belette: on te forcera pas à faire du sport! raille Emmett devant moi.
Je balance mon pied dans ses jambes et ne parviens qu'à me faire mal. Grrr, je me vengerai quand je serai devenue vampire, je me le promets! Après être revenus sur nos pas, nous montons à l'étage, pour découvrir des chambres spacieuses donnant toutes sur la mer. Ca y est j'ai trouvé un autre coin de paradis sur Terre ! Chaque chambre a sa propre salle de bains gigantesque et son propre dressing, dans lesquels nos valises ont miraculeusement atterri sans que j'aie vu personne les amener.
- Bon, mauvaise troupe, vous avez certainement compté qu'il n'y a que 4 chambres dans cette maison. Je les voulais grandes, je n'ai donc pas pu avoir le nombre suffisant pour satisfaire les desiderata de tous et prendre en compte les brouilles d'amoureux. Il va donc falloir prendre sur soi et se répartir ! clame Damon haut et fort en coulant un regard vers son frère et sa petite amie qu'il convoite tant.
Je regarde Jasper, convaincue qu'on aura une chambre tous les deux, puisque Rose et Emmett ont besoin de la leur, tout comme Stefan et Elena. Et puisqu'il est bien sûr entendu que je ne dormirai pas avec Damon …
- Je vais avec Bella !
Je me retourne sur Elena qui vient de lâcher ça, atomisée. Elle est folle ou quoi? Elle me supplie du regard, et je comprends qu'elle refuse de partager la sienne avec Stefan. Je me retourne sur Jasper qui regarde ailleurs et je vois Damon sourire comme s'il venait de gagner au Loto. Quoique, quand on voit la maison qu'il a, la métaphore n'est peut-être pas la bienvenue mais soit ! Elena s'accroche à mon bras, pour me supplier silencieusement comme elle le peut et j'acquiesce, malgré moi:
- Les humaines dorment ensemble !
A contre-coeur mais quand même. Entre filles à vampire, on peut bien s'entraider, non ?
Installée sur le lit de la "chambre rose" comme l'appelle Damon, je lis un bouquin en attendant qu'Elena ait fini de se sécher les cheveux. On est allée chacune son tour à la douche pour se rafraîchir un peu. Il faut dire qu'il fait assez chaud ici et que mon jeans a fini par me coller aux cuisses pendant l'expédition. Le soir est définitivement tombé sur l'île et je me demande ce que Damon nous a concoctés comme soirée. Vu le phénomène, ça risque de ne pas être triste.
- Merci de m'avoir prise avec toi ! J'imagine que tu aurais préféré être avec Jasper! fait Elena en sortant de la salle de bains, fin prête.
Je mets mon doigt devant ma bouche et lui fais signe d'approcher. Elle obtempère et s'installe à côté de moi sur le lit, tandis que je murmure à son oreille, le plus bas que je le peux:
- Je ne vais pas te mentir: oui, j'aurais bien partagé la chambre de Jasper. Mais à quoi bon, on est plus ensemble aujourd'hui et ce n'est pas près de changer.
Je ne sais pas si j'ai murmuré assez bas pour éviter les oreilles indiscrètes mais j'ai fait mon possible. Elena hausse les épaules et me rétorque, aussi doucement que moi:
- J'aime la façon dont il te regarde !
Avant que j'aie le temps de lui demander ce qu'il y a de spécial dans sa façon de me regarder, on frappe à la porte, nous faisant toutes les deux sursauter. La porte s'ouvre sur Rose, toute pimpante, qui nous offre un sourire de star. On reste toutes les deux bouche bée devant sa beauté, incapables de bouger, de parler ou même de sourire.
- Et alors ? Vous avez bientôt fini de vous préparer ?
- Mais on est prêtes, Rose ! dis-je en posant mon bouquin sur la table de chevet à côté de moi.
- Tu te moques de moi, ma chérie ?
J'arque un sourcil, dubitative tandis qu'elle nous détaille du regard.
- Pas question que vous sortiez toutes les deux affublées ainsi.
- Je … commence Elena, perplexe.
- Non non non, pas de rouspétances ! On se lève les deux miss !
Alors qu'Elena va ouvrir la bouche pour batailler, je l'arrête net, me levant, docile:
- Inutile d'user de ta salive, Elena. C'est l'heure pour Rosalie de jouer à la Barbie !
Une heure plus tard, je jette un coup d'oeil à Elena qui est à ma gauche, devant l'immense miroir sur pied qu'il y a dans notre chambre. Elle a l'air aussi ravie que moi. Et je suis ironique, bien entendu. Rosalie a d'abord pris le soin de nous recoiffer toutes les deux. Ce qui signifie, en gros, que tout le temps qu'Elena avait passé à se lisser les cheveux n'a servi à rien car ma meilleure amie s'est lancé le défi de lui faire des anglaises. Et ce que Rosalie veut, Dieu le veut également car ma compagne de chambrée est effectivement aussi bouclée qu'elle est brune. J'ai eu plus de chance qu'elle, Rose se limitant à ôter ma pince à cheveux et à relâcher mon épaisse chevelure sur mes épaules car, je cite, "tes cheveux sont magnifiques naturellement ma chérie, laisse-les donc pendre un peu". Et ce que Rose veut … bref, vous avez compris ! Le pire était pourtant à venir, quand ma blonde d'amie a refusé tout net tout pantalon, même en lin, pour ces vacances. "Ici, il fait chaud, il est temps de vous découvrir les jambes". Seigneur, ayez pitié de nous. Elena a hérité d'une combinaison short ultra courte de couleur sable qui convient parfaitement à son teint déjà hâlé. Comble de la torture pour elle, Rosalie l'a forcée à porter des sandales à talons compensés brunes, ultra sexy. Il m'est d'avis qu'il y en a au moins deux qui vont tomber en la voyant ainsi. Pour ma part, je suis affublée d'une petite robe simple en voile, de couleur bleu nuit, pour contraster avec ma peau laiteuse. Elle n'a pas poussé le vice jusqu'à me faire porter des talons, connaissant ma maladresse légendaire, et m'a trouvé des ballerines argentées, qui se lacent autour de ma cheville. Dommage que la robe soit aussi courte, sinon je me plairais encore assez bien. Surtout qu'elle cache la plupart de mes coups bleus, dus à Riley et sa bande de vampires mal embouchés. Pour finir, elle nous a fait passer par la case "maquillage". Barbie Bella et Barbie Elena sont fin prêtes pour le bal. Sauf qu'on ne va pas au bal, mais ça, Rosalie s'en moque bien. Là, elle nous regarde, fière de son résultat, tandis qu'Elena et moi grommelons dans notre coin. J'ai entendu plusieurs fois Elena maugréer des "indécent" ou des "ridicule" mais Rose, malgré son ouïe ultra développée, a fait mine de ne pas les entendre.
Forcées par la vampire blonde que j'adore mais qu'on ne contredit pas quand même, nous voilà au salon, honteuses comme jamais de notre accoutrement. Les garçons se retournent sur nous, d'un même geste. Stefan est éberlué, il n'y a pas d'autre mot qui lui conviendrait mieux. La bouche lui en tombe et il n'a d'yeux que pour sa chère Elena qui ne le regarde pas. Damon est le plus réservé, un simple froncement de sourcil dans notre direction et pourtant, je pourrais mettre ma main à couper qu'il tremble intérieurement de voir Elena ainsi. Emmett me regarde, tout fier, tandis que Jasper me détaille de haut en bas, ne laissant aucun sentiment paraître sur son visage. Me voici plutôt déçue, souffrir autant pour si peu de réaction. Pffff !
- Bellette, tu es superbe ! s'exclame Emmett en accueillant sa chère et tendre dans ses bras.
Je lui souris tandis que je vois Jasper s'approcher de moi, lentement. Mon coeur palpite à l'air indéfinissable qu'il a sur le visage et, quand il est enfin posté devant moi, mes bras se couvrent de frissons.
- Emmett a entièrement raison. Tu es à couper le souffle, Bella.
Pourrait-il faire en sorte (Ferait-elle pour moi)
D'ouvrir un peu la porte ? (Ne serait ce qu'un pas?)
Il passe une main dans mes cheveux et mon coeur s'envole. Bon sang, il doit se demander si je ne vais pas lui sauter dessus là ! Il me sourit, tendrement et je n'ai qu'une envie, qu'il m'embrasse, maintenant TOUT DE SUITE. Peu importe son abandon, peu importe sa désertion, peu importe Alice, peu importe toute la souffrance. Il est là, et je le veux.
- Dis donc, le bleu nuit, c'est pas la couleur préférée de notre cher Ed ça ? fait Emmett, brisant l'instant de grâce dans lequel j'étais il y a 3 secondes.
Rosalie le pince, lui faisant sortir un bon "Aie" bien sonore, ce qui fait éclater de rire Stefan et Damon. Jasper se recule un peu, certainement douché par la constatation d'Emmett et je me mets à pester contre moi-même ! J'aurais du refuser de mettre cette foutue robe! Tu dois prendre le pouvoir, Bella, merde à la fin ! Et puis quel lourdeau lui aussi de lâcher ça comme ça ! Je lui en veux tiens! La déception me ronge toute entière et je me demande si elle ne vient que de moi. J'ai peur de regarder Jasper, de voir dans ces yeux ce dégoût qu'il pourrait avoir. Je regarde donc Damon qui pince les lèvres, embêté que la soirée tourne ainsi.
- Je ne sais pas si c'est la couleur préférée d'Edward mais en tout cas, il aurait parfaitement raison. Elle te sied à merveille, cette couleur, petite calamité.
La voix chaude de mon vampire blond m'enveloppe toute entière et j'ai le coeur au bord des lèvres, prêt à s'échapper pour aller danser la samba sur la table devant nous. Je relève les yeux et vois qu'il me sourit toujours aussi tendrement. Je m'avance alors vers lui et me serre contre son torse, ravie de ce qu'il vient de me dire.
Pourrait-il faire encore (Encore un effort)
Un geste un pas ? (Un pas vers moi?)
POV Jasper
Débarquant sur l'île touristique que nous avons quittée quelques heures plus tôt pour rejoindre la propriété de Damon, j'ai peur de me dire que mon ami a encore vu les choses trop "en grand". Il compte faire manger nos deux petites humaines et argue que maintenant que le soir est tombé, nous passerons inaperçus. Bien entendu, un groupe de 7 personnes dont seulement 2 qui vont dîner, c'est tout à fait plausible. J'ai cependant appris avec le temps qu'il était inutile de contredire l'aîné des Salvatore quand il a une idée bien ancrée en tête. J'attrape la main de Bella pour la garder près de moi et elle m'offre un sourire timide en collant son épaule contre mon bras.
Je n'attends pas de toi que tu me comprennes
Mais seulement que tu m'aimes pour ce que je suis
Nous voilà en train de déambuler dans les petites rues à l'ambiance festive, comme une bandes d'amis en vacances. Et finalement, c'est un peu ce que nous sommes, si nous laissons les considérations surnaturelles au placard. Damon marche tout à côté de sa chère Elena qu'il convoite avidement, tandis que celle-ci fait tout son possible pour éviter Stefan. Comment vont-ils se sortir de ce triangle amoureux complexe, je n'en ai aucune idée mais je sais pertinemment que la miss Gilbert n'est pas indifférente à mon ami Damon. Ca promet d'être mouvementé dans la villa cette semaine. Damon trouve enfin l'adresse qu'il voulait nous faire découvrir et on pénètre dans un petit bar sur la plage, illuminé par des lampions de toutes les couleurs, où les gens parlent fort et où les serveurs passent avec des plats en hurlant ce qu'ils apportent. Les gens les arrêtent alors quand ce qu'ils ont les intéresse et posent le tout au milieu de la table où tout le monde mange dans le même plat. Damon me lance un regard entendu et je souris. Il a vraiment plus d'un tour en poche ! Alors qu'on s'installe à une immense table, Bella arrête le serveur qui porte une carafe de cocktail de la maison et la lui prend des mains. Emmett n'a pas le temps de servir les verres qu'Elena arrête une serveuse portant un plateau de fruits de mer pour en prendre une ration sur laquelle elle se jette sans sommation. Visiblement, les petites humaines étaient assoiffées et affamées. Quels piètres hôtes nous sommes, finalement! Bella descend son verre pourtant énorme d'une seule traite et Damon se commande un whisky. Il est bien le seul vampire que je connaisse qui parvienne à se nourrir et à boire comme un humain normal. Le pire, c'est qu'il apprécie alors que pour moi, ce serait comme avaler du sable eou de la boue. Je sais que Stefan parvient lui aussi à boire et manger quelques petites choses mais avec moins d'aplomb que son aîné toutefois. Emmett ressert Bella en cocktail tandis que celle-ci se bat avec une pince de crabe. La serveuse, la voyant toute à son affaire, lui amène une pince coupante pour l'aider. Malheureusement, quand elle tente de la briser pour en obtenir la chair, la patte du crabe s'envole et atterrit avec un bruit mat dans le verre de vin de l'homme à la table derrière nous. Tandis que tout le monde s'esclaffe, je l'excuse poliment auprès de l'homme et retire le "missile" du verre, le secoue et le tends à nouveau à ma petite calamité, honteuse, rougissante qui regarde ses pieds.
- Allez, Bellette, détends-toi et prends un coup ! Le monsieur ne t'en veux même pas ! rit Emmett.
Et force m'est de constater qu'effectivement, il est trop occupé à regarder le décolleté de ma petite humaine pour lui en vouloir un tant soit peu. Jalousement, je passe un bras autour de ses épaules et lui tends son cocktail pour qu'elle se détende. Elle me sourit, bois encore un demi-verre d'un coup et attrape un calamar qui semble plus facile, pour elle, à manger.
Une heure plus tard, des plats vides s'entassent au centre de la table, la troisième carafe de cocktail maison est vidée et les deux humaines, ainsi que Damon, sont parfaitement repus. Les filles sont complètement pompettes, ce qui n'a rien d'étonnant au vue de la composition secrète du fameux cocktail, que le patron nous a discrètement dévoilé : du Gin, du Rhum, de la Vodka, de la Tequila avec un peu de citron, du sucre de canne et un mélange de jus d'abricot, d'orange et d'ananas avec en ingrédient secret une touche finale de Curaçao ! L'ébriété annihilant toute retenue ou timidité de leur part, ma petite calamité se découvre une grande amitié et une multitude de points communs avec la douce Elena, que les deux frères Salvatore ne quittent pas des yeux. Rosalie ferme donc ce triangle féminin et est autant hilare que les deux petites humaines, sans avoir ingurgité une seule goutte du breuvage qu'elles appellent désormais le "Cocktail du Diable" parce que, je cite, jamais Dieu ne permettrait une chose aussi bonne.
- Sérieusement, ta mère a osé te déguiser en "mer" avec un sac poubelle bleu et des coquillages collés dessus ? s'exclame t-elle dans un sourire moqueur tandis qu'Elena surenchérit :
- Et moi, ce n'est pas mieux, j'étais déguisée en voiture "de course" avec un carton peint, rafistolé et éventré que je portais grâce à des bretelles! Non vraiment Rosalie, tu as eu de la chance qu'à ton époque les carnavals scolaires n'existaient pas!
Les serveuses viennent débarrasser un peu les reliquats de ce dîner, tout en nous laissant un classeur, identique à ceux déposés sur les tables environnantes. J'arque un sourcil, étonné.
- C'est l'heure du karaoké, mes amis ! dit Damon dans un sourire machiavélique
- A moi" Sex Bomb" ! lance Emmett, goguenard
Ce qui ne manque pas de nous faire éclater de rire, à l'exception, bien entendu, de ma soeur qui irradie d'un désir fulgurant à peine dissimulé
- Rose, un peu de tenue par pitié ! lui glissai-je à l'oreille
- Mais la soirée ne fait que commencer mon cher frère, me répond-elle dans un sourire espiègle.
Je ne savais pas que la contagion de l'euphorie était possible d'humaines à vampire. Je pense qu'Emmett va fortement apprécier. Je croise alors le regard mutin de Bella qui glisse un papier à l'animateur, avant de pouffer de rire avec Elena. Il m'est alors évident que j'aime davantage ma petite calamité, car il s'agit bien de MA calamité, lorsqu'elle baisse un peu les armes et se laisse vivre. Il faut avouer que cette dernière année n'a pas été des plus simples à vivre pour elle, en partie par ma faute. Mais elle mérite d'être heureuse. Vraiment heureuse. Et ce, même si ça doit être sans moi à ses côtés, ce que je suis pourtant égoïstement incapable d'envisager.
- Pour commencer ce karaoké, j'appelle Elena & Bella, lance le patron depuis la petite scène sur le front de mer, venez mes rejoindre chiquitas!
Les voici donc qui se lèvent toutes deux, complices, tandis que je sens Stefan s'étonner et m'interroger du regard :
- Je ne sais pas ce qu'elles vont chanter, je n'ai pas vu le papier qu'elles ont donné! dis-je sans le regarder, devinant sa question avant qu'il ne la formule
Sur leur passage, je maudis intérieurement Rosalie d'avoir joué les stylistes, car je sens une tension sexuelle m'arriver des quatre coins de la terrasse, comme si je n'avais déjà pas suffisamment à débattre avec mon propre désir.
Se met-elle à ma place quelques fois?
Après un clin d'oeil et les lumières qui diminuent, je vois nos deux petites humaines se mettre dos à dos, micro à la main … Je passe une main sur mon visage pour évacuer quelque peu la tension que je ressens à la proximité que j'ai avec Bella. Il va être dur de me contenir tant qu'elle sera si désirable à mes côtés.
"Hahahaha"
Serait-ce le début de la chanson? Pas de notes ? Juste un rire a cappella? Cela me rappelle vaguement quelque chose mais il m'est impossible de remettre la main sur le titre de cette chanson !
"Yo I'll tell you what I want, what I really really want
So tell me what you want what you really really want
I'll tell you what I want what I really really want
so tell me what you want what you really really want
I wanna (huh)
I wanna (huh)
I wanna (huh)
I wanna (huh)
I wanna really really really wanna zigazig aaaaaaaaaaah"
- Les Spice Girls ! Elles ont osé reprendre ça! s'esclaffe Emmett, complètement excité, prêt à aller les rejoindre sur scène si elles lui permettent.
Je dirais bien que c'est affligeant mais pour être honnête, cela ne l'est pas, elles assurent. Chacune chante un couplet après l'autre et elles sont de concert sur le refrain, tout en étant en phase dans la chorégraphie qu'elles ont du mémoriser par coeur quand elles étaient gamines! Évidemment, les paroles prennent plus de sens quand Bella plonge son regard incandescent dans le mien.
"If you want my future, forget my past. If you wanna get with me better make it fast"
Le sous-entendu est flagrant mais elle n'est pas en pleine possession de ses moyens, malheureusement. Si seulement elle le pensait vraiment. Si elle me le redisait dès demain, sobre, elle saurait avec certitude que je veux être avec elle, quoiqu'il arrive...
Le pauvre Stefan n'est d'ailleurs pas non plus épargné par Elena qui, comme Bella, joue le jeu à fond. L'alcool les rend démoniaques et la chanson n'aide vraiment pas nos cas. Bien sûr, leur choix était dirigé et judicieux, l'ambiance est à son paroxysme car nos petites humaines "cassent la baraque" comme vient de le crier Emmett mais là, tout de suite, je n'ai nullement envie d'être ici. J'ai envie de l'attraper, de la jeter sans sommation sur mon épaule et de l'emmener dans ma chambre pour lui montrer ce que je pense du "zigazigahhhh".
Que faut-il que je fasse pour qu'elle me voit?
Après une heure et demi, les gens se sont succédés sur la scène, emportés par l'enthousiasme de nos deux petites brunes complètement saoules. Emmett y est allé plus qu'à son tour pour chanter "Sexbomb", bien entendu, mais aussi "Ice ice baby" pour un petit clin d'oeil à notre road trip vers San Francisco. Bella a même poussé le vice jusqu'à le rejoindre sur scène pour entreprendre une chorégraphie des plus osées derrière mon beau-frère qui semble ravi. Je suis à deux doigts d'aller la récupérer sur scène pour empêcher que tous ces hommes aux sentiments plus libidineux les uns que les autres ne continuent à la déshabiller du regard. Mais je me suis promis de la laisser s'amuser et visiblement, ça l'amuse de danser n'importe comment derrière Emmett. Que puis-je faire contre ça ? Alors que Damon accepte à contrecoeur d'aller à son tour chanter, tiré par la main par une Elena déchaînée et qu'il se lance dans une reprise assez personnelle de "La Camisa Negra", les filles se mettent à se déhancher devant la scène, seules, sous les regards amusés de tous. La tension monte d'un cran en moi quand je vois ma petite humaine remuer son derrière en rythme, assez sensuellement. Je vois le regard de Damon se voiler également quand Elena se colle à Bella pour danser avec elle. Stefan prend une gorgée du verre de whisky de son frère, aussi appâté que moi et je me penche vers lui, le regard toujours rivé sur ma petite calamité très sexy ce soir:
- Je ne sais pas ce que tu en penses mais il serait peut-être avisé qu'on quitte cet endroit dans les plus brefs délais.
Il acquiesce, incapable de lâcher sa petite humaine des yeux lui non plus.
- On va les chercher? fis-je en voyant des jeunes hommes s'approcher pour les rejoindre sur la piste de danse qu'elles ont improvisée.
- On va les chercher! répond-il, déjà debout.
- Calmement, Salvatore.
Mais il est déjà en route, à allure humaine heureusement, pour les rejoindre. Un des garçons est déjà collé-serré à Bella et elle tente de le repousser. Je vais tenter de ne pas le démolir sur place. Calmement, ai-je dit à Stefan, autant montrer l'exemple. Quand elle m'aperçoit derrière lui, elle se mord la lèvre et son inquiétude atteint un seuil assez élevé. Elle repousse le garçon plus violemment et le contourne pour s'approcher de moi:
- Danse avec moi !
Je lui souris, ne me faisant pas prier pour la coller contre moi. Comment ça, je marque mon territoire? Absolument pas, je remets juste les choses dans leur contexte. D'ailleurs, un coup d'oeil derrière moi m'apprend que le pauvre garçon a renoncé et est reparti piteusement s'asseoir au bar. Une minute d'inattention et ma petite calamité se retourne pour coller son dos à mon torse et se remet à tortiller son postérieur contre le haut de mes jambes. Bon sang, rien ne me sera épargné ce soir et cette fille est plus que certainement la fille du Diable car elle manie la tentation à la perfection. Je déglutis, incapable de savoir vraiment si je dois reculer ou me laisser porter par sa fièvre quand elle attrape mes mains et les positionne sur ses hanches. C'est décidé, elle veut ma mort.
- Danse avec moi ! minaude-t-elle, continuant à se frotter de manière éhontée contre moi.
N'étant plus qu'un pantin entre ses mains, elle annihile ma volonté et ses désirs sont des ordres pour moi. Je lui obéis et la serre d'autant plus contre moi en suivant sa danse. Je suis tellement transporté par ses mouvements que quand Damon s'arrête de chanter pour laisser la place à un autre apprenti chanteur, sous les applaudissements des filles en chaleur qui se sont massées autour de nous pour le voir de plus près, je suis comme drogué. Bella se sépare de moi, les joues rouges et je sais que mon envie d'elle n'est pas passée inaperçue. D'ailleurs, tout le monde semble assez "affamé" après la chanson de Damon. Il faut que je fasse plus attention à contrôler mon pouvoir car nous sommes à deux doigts de l'orgie générale dans ce bui-bui. Rosalie est grimpée sur les genoux d'Emmett et l'embrasse à pleine bouche, Elena danse entre Stefan et Damon, grisée par l'alcool. Les deux Salvatore me lancent alors un regard désabusé et je comprends qu'il est l'heure de rentrer. J'attrape ma petite calamité et la soulève, telle une mariée, pour l'emmener ailleurs. Je suis toujours comme un peu drogué mais je parviens à réfléchir clairement quand même. Voici une nette amélioration. Alors qu'elle enroule ses petits bras autour de moi et niche sa bouche contre mon cou, je sais que je suis exactement là où je dois être. Il n'y a aucun doute là-dessus, je fais partie intégrante de la vie d'Isabella Marie Swan et je compte bien y revendiquer ma place … en tant qu'ami. Pour le moment …
Vivre l'enfer, mourir au combat
Veux-tu faire de moi ce que je ne suis pas?
Le lendemain matin, alors que je rentre de la chasse avec Emmett, les deux soûlardes sont accoudées au bar de la cuisine, la tête entre les mains, malades je le sens. Je souris et viens déposer un petit baiser sur le crâne de mon humaine alcoolique. Elle m'a manqué cette nuit mais j'ai fait un effort surhumain sur moi-même pour ne pas aller la rejoindre. De toute manière, quand je l'ai déposée sur son lit, aux côtés d'Elena que Stefan venait de poser à son tour, elle dormait déjà à poings fermés. Je l'ai surveillée quelques minutes puis me suis arraché à contrecoeur à sa contemplation, certain que tout allait bien pour elle. J'ai passé le reste de la nuit à tourner en rond, attendant que le matin se lève enfin et que je puisse la retrouver. J'aime beaucoup Elena mais je dois avouer être un peu déçu que ma petite calamité ne partage pas ma chambre. Malgré tout, deux amis ne devraient pas partager un même lit, n'est-ce pas ? Damon est appuyé contre la colonne où est rangée la vaisselle de la cuisine, les bras croisés, l'air perplexe, regardant nos deux petites humaines dans un bien piètre état.
- J'ai été forcé de les sortir du lit à coup de menaces !
- Pire qu'Hitler ! grommèle Elena, la tête toujours baissée. (NDA: et une petite cassedédi encore pour la meilleure des Bêta 3)
- On a un programme chargé !
- On est en VACANCES, Damon !
- Ce n'est pas une raison pour rester enfermée jusque pas d'heure. Tu veux dormir? Va dormir au soleil !
- Gnagnagnagna ! fait Bella, la douleur lui vrillant toujours les tempes.
- Peux-tu parler un tantinet moins fort, s'il te plaît, ta voix me donne la migraine ! râle Elena, bataillant elle aussi avec un mal de tête incomensurable.
Emmett s'esclaffe tandis que Damon grimace:
- C'est l'alcool qui te donne la migraine, Elena, pas ma voix. Comment se sont passées les retrouvailles avec Stef' ? demande-t-il, hargneux.
Elena redresse la tête vivement, grimace sous la douleur que ça lui procure et nous regarde tous tour à tour, impensablement gênée.
- Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Hummm disons que Sharon Stone dans Basic Instinct était moins outrageuse que toi … fait Damon, un doigt devant la bouche comme s'il réfléchissait à une meilleure métaphore encore.
Elena couvre sa bouche de sa main, honteuse et rougit en murmurant des "non non non" assez audibles pour tous. Emmett rit d'autant plus et Bella passe son bras autour de ses épaules.
- Je ne me souviens pas que tu as été si indécente que ça, ma biche !
- Belette, tu n'étais pas vraiment en état pour te souvenir de quoi que ce soit non plus ! Les filles de Coyote Ugly n'avaient rien à t'envier, hier, à toi non plus! lance Emmett hilare.
Bella lui lance un regard noir et je souris, ma petite calamité n'est pas prête à se laisser démonter par le grand nounours qu'elle adore pourtant. Elena continue de répéter en boucle des "non non non" accompagnés de "J'espère qu'il ne va pas croire que tout est pardonné" tandis que Bella lui caresse le dos gentiment. Damon se retourne alors sur moi.
- Alors cette chasse?
- Tu avais raison, peu de faune sur cette île.
- Tu sais que …
- Non, Damon, on en a déjà discuté .
Il hausse les épaules et se dirige vers le frigo. Bella m'interroge du regard et je me contente de lui sourire. Quand Damon sort une poche de sang et y glisse une paille, elle écarquille les yeux, atomisée:
- Qu'est-ce tu fais ?
- Je me nourris ! fait-il en buvant à la paille en même temps.
- Mais c'est quoi ça ?
- Cadeau de la banque du sang. A positif, le meilleur ! fait-il dans un grand sourire en voyant ma petite humaine complètement dégoûtée.
- Mais enfin, ils en ont besoin pour transfuser les malades !
- Tu préfères que j'aille tuer un innocent qui passe par là ?
- Je préférerais que tu te nourrisses d'animaux, oui!
- Erk, je t'en prie, ne sois pas insultante !
Elle se lève et se met à faire les cent pas. Je savais qu'elle réagirait ainsi, c'est pour ça que j'ai refusé la proposition, tentante s'il en est, de Damon de me servir dans sa réserve. Sinon, j'aurais bien fait l'impasse sur le régime strict que s'imposent les Cullen. Mais je ne ferai rien qui pourrait la heurter. Bon. Disons que je ne ferai PLUS rien qui pourrait la heurter. Mieux ainsi, non ?
- Insultante ? Moi ? Je suis insultante, moi ?
Damon la regarde aller et venir devant lui, parfaitement indifférent, buvant toujours à sa paille comme si Bella faisait partie d'un dîner-spectacle.
- Et toi tu le laisses faire ? demande-t-elle en se tournant vers Elena qui hausse les épaules
- Moi je m'en moque, tant qu'il ne tue personne.
Elle ouvre la bouche et la referme, choquée. Damon renchérit:
- Voilà, Elena a tout compris: je ne tue personne ! Je ne fais de mal à personne !
- Non mais tu t'entends? Tu bois du sang qui sert à sauver des vies !
- Moi aussi, en faisant ça, je sauve des vies !
Elle s'arrête choquée et croise les bras, devant lui, le fusillant du regard:
- Et comment, je te prie ?
- Attendu que je ne vais pas me nourrir d'animaux car c'est contre ma nature …
Elle veut rétorquer mais il l'arrête en brandissant un doigt devant elle, ce qui la fait se renfrogner d'autant plus.
- … je sauve des vies en buvant ce sang en pochettes puisque je ne tue personne.
Bella ouvre la bouche pour répondre mais il l'interrompt à nouveau:
- Et tant qu'on y est, inutile d'essayer de me dresser, l'éternité ne serait pas assez longue pour cela !
- Fais ce que tu veux, je n'ai rien à te dire, tu as raison ! grommelle Bella, fort peu avenante.
- Il est heureux que tu comprennes certains principes. Ceci dit, si tu veux donner au pot commun, je serais ravi de te prélever ta participation ! rit-il tandis que je le fusille à mon tour du regard.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Eh bien, tu pourrais donner de ton sang, afin que nous ne devions pas nous fournir à la banque du sang.
- Non mais ça VA PAS DANS TA TETE ?
- Le don de sang est un geste d'entraide publique, ânonne-t-il, comme un spot publicitaire.
Je souris, comprenant où il veut en venir.
- Je ne donne pas mon sang.
- Petite nature ?
- Rien à voir avec ça.
- Oh si ça a tout à voir avec ça ! s'exclame Emmett, osant s'interposer entre ces deux-là.
- Pas du tout Emmett!
- Bien sûr que si !
- Non
- Si !
- Non
- SI !
- Ca suffit vous deux! fis-je en m'avançant et attrapant Bella pour l'attirer contre moi.
Je passe mes bras autour de ses épaules et la sens se calmer instantanément.
- Si Bella donnait son sang, je ne tolérerai qu'elle ne le donne qu'à moi. Sinon, je prendrai cela comme un affront personnel ! blaguai-je, le menton appuyé sur la tête de ma petite calamité.
- Tu ne bois pas de sang humain ! murmure-t-elle, sachant parfaitement qu'on peut tous l'entendre.
- Ce n'est pas par conviction.
- Comment ça ?
- Je l'ai fait pour Alice et pour les Cullen. Car ils y croyaient.
- Ah …
Je veux bien tenter l'effort de regarder en face
Mais le silence est mort et le tien me glace
Elle se tend contre moi et je m'explique rapidement:
- Mais aujourd'hui, tout est terminé avec Alice.
- Alors tu repasses en mode non-végétarien ? fait-elle en se séparant de moi pour se retourner et me faire face.
- Pas du tout. Je sais que cela te dégoûte. Alors je le fais pour toi. C'est la meilleure raison qui soit.
Derrière elle, Damon mime de jouer du violon tandis qu'Emmett rit sous cape. Je ne peux empêcher ma bouche de se tendre dans un sourire tandis qu'un combat intérieur fait rage en elle. Interrogation, soulagement, frayeur … Tout est combiné et j'ai du mal à savoir ce qu'elle ressent exactement. Alors qu'Elena gémit de mal et pose son front contre le marbre de la table, un nouveau sentiment émane d'elle. De la détermination. J'arque un sourcil quand je la vois me toiser avec son air décidé.
- Alors bois-en.
- Je te demande pardon ?
- Bois-en. Du sang humain. Si tu peux te contrôler. Fais-le mais ne tue personne.
J'écarquille les yeux sous sa révélation, d'autant plus qu'elle irradie de détermination. Je sais que ce n'est pas une blague et pourtant … Pourtant j'ai comme l'impression que Rosalie va sortir de nulle part et crier "HAHA on t'a bien eu!". Je me frotte les tempes, mal à l'aise, tandis qu'elle ne me lâche pas du regard. On répond quoi à ce genre … d'ordre ?
- Euuuh … Bella … Tu … Si tu dessaoulais encore un peu ?
Bon, pour l'inventivité, je repasserais.
- Je ne blague pas, Jazz'. Si tu le fais pour moi, sache que je te fais entièrement confiance. Tu peux en boire !
Elle sépare enfin son regard de moi pour aller se saisir de la pochette presque vide de Damon et me la tendre. Je recule d'un pas, tellement grisé par l'odeur du sang que ça en devient un effort surhumain de m'éloigner.
- Vas-y Jasper. C'est une question de confiance !
Damon nous regarde, dubitatif, certainement étonné qu'on fasse tout un foin pour une simple pochette de sang. Il faut dire que l'aîné des Salvatore ne s'encombre pas de futilités pareilles. Même si Elena le lui demandait, je ne suis pas certain qu'il boirait du sang animal. Selon Damon, on a des principes ou on en n'a pas. Et bien lui, il en a, et des tas. Croyez-moi sur parole.
- Jasper, prends la poche !
Je tends la main pour me saisir de la pochette, sans être encore totalement décidé sur ce que je vais faire. Car il n'y aura pas de retour en arrière. Si je le fais, si je bois ce sang, ça changera des tas de choses pour moi, pour elle, pour nous. Et ça pourrait en briser. Suis-je prêt à risquer ce qu'on est en train de reconstruire pour quelques gouttes de sang? Question idiote. Bien sûr que oui. Je suis un vampire. Le sang m'appelle irrémédiablement. Je suis prêt à risquer bien plus pour seulement quelques gouttes de ce précieux nectar. Je porte alors mes yeux sur ma petite calamité. Elle tient toujours la poche, moi aussi. Son regard ne flanche pas. Elle est déterminée et elle me fait confiance. Il ne reste qu'un pas à faire. Et je serai enfin un vampire satisfait. Un pas, une chance. "C'est une question de confiance". Ses mots résonnent dans ma tête et je relâche la pochette, vrillant mon regard dans le sien.
- Non, merci. La proposition est tentante mais je me vois obligé de la refuser.
Mon âme soeur, cherche l'erreur
Plus mon sang se vide et plus tu as peur
Je me détourne alors et sors sur la terrasse, mettant le plus de distance possible entre moi et cette fichue et tentante poche de sang, sous les yeux médusés de mes amis. Bon sang, qui eût cru que j'avais un tel self-control ?
Une heure plus tard, nos deux petites saoulardes sont couchées sur un transat au soleil, lunettes noires vissées sur le nez et chapeau de circonstance pour ne pas, en plus, avoir une insolation. Bella dort depuis 15 minutes déjà, usée par son mal de crane que j'ai décidé de ne pas faire disparaître avec mon pouvoir. Je sais qu'elle est tellement honteuse de son comportement d'hier qu'elle ne me laisserait pas user de mon don pour l'aider. Je commence sérieusement à la connaître par coeur. Emmett saute dans la piscine en continu: il ne fait que plonger, ressortir, faire la bombe, ressortir, plonger, ressortir … pire qu'un gosse qui n'a jamais vu de piscine. Damon est installé lui aussi dans un transat proche d'Elena, un bouquin à la main, lunettes de soleil sur le nez. Il a la chance, comme Stefan, de ne pas briller dans la lumière du soleil grâce aux chevalières très anciennes qu'ils ont obtenues jadis auprès de la sorcière qui était la suivante de Katherine Pierce. Il décoche de temps en temps des oeillades vers Elena, pour s'assurer qu'elle va bien. Il prétendra encore ensuite qu'il ne ressent rien pour la petite amie de son frère, chose que je sais absolument fausse, même sans user de mon empathie. Stefan, quant à lui, est lancé dans une discussion animée avec Rosalie sur le crash boursier de 1929. Elena souffle, ennuyée par leur conversation et se saisit de son Ipod qu'elle visse dans ses oreilles. Elle est jalouse de ma soeur? Pourtant, elle devrait aisément voir qu'Emmett et Rose sont parfaitement heureux en couple. A moins qu'elle ne supporte même plus d'entendre la voix de son cher et tendre et, dans ce cas, les choses sont plus graves qu'on ne le pensait. Damon n'a évidemment pas manqué son geste et me sourit, diaboliquement. Je parie qu'il fomente secrètement le divorce de Rose et Emmett pour que celle-ci puisse occuper Stefan loin d'Elena. Il est assez tordu pour le vouloir. Bella se réveille doucement, tourne la tête vers moi, encore embrumée de sommeil et me tend la main, que je saisis directement. Je me mets à la lui caresser de mon pouce, provoquant un sentiment de plaisir instantané chez elle, comme chez moi. Elle me sourit et tente de se réveiller convenablement. Je remarque alors les rougeurs qui trônent sur ses bras de porcelaine et me fustige intérieurement d'avoir oublié quelque chose d'aussi élémentaire. Je lâche sa petite main et me relève pour filer rapidement à l'intérieur et trouver la crème solaire qu'on a emporté pour éviter à nos deux petites humaines de se transformer en écrevisses vivantes. Je ressors de la maison à vitesse vampirique et me rassoit aussi rapidement sur mon transat, faisant face au regard interrogatif de ma petite calamité qui a ôté ses lunettes d'étonnement à mon mouvement.
- Il faut que tu mettes ça, petite calamité. Je refuse que tu te transformes en viande pour barbecue trop cuite.
Elle sourit en se laissant retomber sur le coussin de son transat.
- Merci pour l'analogie qui est tout à mon avantage!
- Je ne plaisante pas, Bella. Prendre soin de ton corps fait partie de ma tâche de veiller à ta sécurité.
Aussitôt dit, aussitôt regretté car elle me lance un regard on ne peut plus diabolique La réplique cinglante va plus que certainement suivre. Je ferme les yeux et pince les lèvres, un mince sourire se dessinant tout de même, prêt à encaisser sa remarque.
- Si mon corps t'est si précieux, libre à toi de me mettre cette crème.
Faut-il que je t'apprenne (Je ne demande rien)
Les eaux troubles ou je traîne (Où tu vas, d'où tu viens)
Si le Diable pouvait s'incarner en une aussi jolie jeune femme, il porterait forcément le nom d'Isabella, ou plus couramment Bella, c'est à n'en pas douter. Elle décide d'à nouveau jouer l'infâme tentatrice et force m'est de reconnaître que je m'en délecte. Je soupire et me relève, la faisant légèrement ciller:
- Qu'il en soit ainsi ! fis-je en m'asseyant à côté d'elle sur le transat, lui faisant face.
Son rythme cardiaque s'emballe et ses bras se couvrent de chair de poule, ce que je trouve extrêmement craquant. Quoiqu'il arrive, je trouve que tout ce qui vient d'elle est délicieux. Un peu cliché n'est-ce pas? Et pourtant, je me sens comme un pantin sous ses yeux. J'attrape le tube de crème pour me donner une contenance et ne pas rester là à la contempler bêtement. Elle me regarde faire, légèrement rosissante et ses sentiments jouant aux montagnes russes. Je me verse un peu de crème dans la main et repose le tube à terre, avant de me retourner vers elle.
- Allons-y donc! soufflai-je, pas sûr pour un dollar de ce que je vais entreprendre.
- Allons-y ! souffle-t-elle à son tour.
Je me saisis de son bras droit, le tenant tendu devant moi et y pose ma main contenant la crème. Je passe sur toute la longueur, savourant la douceur de sa peau sous mes doigts. Elle retient sa respiration, je l'entends et je souris malgré moi.
- Tu me donnes des frissons! avoue-t-elle dans un souffle.
- Je ne fais que commencer … murmurai-je sur un ton charmeur, lui offrant un clin d'oeil auquel son rythme cardiaque répond en s'accélérant encore.
Elle frissonne d'autant plus tandis que je continue à masser son bras pour faire entrer la crème. Pendant ce temps, je ne la lâche pas des yeux. Quand j'estime que j'ai suffisamment joué avec ce bras, je me relève et elle se mord la lèvre avant de dire, taquine:
- Tu renonces déjà? Je te pensais plus "résistant".
Je souris à mon tour diaboliquement et enjambe le transat pour la chevaucher, littéralement. Je vois Damon du coin de l'oeil qui baisse ses lunettes et sourit ironiquement tandis que je me ressaisis du tube de crème pour en reverser dans ma main pendant que le rythme cardiaque de ma petite humaine atteint un seuil incroyable. Ses yeux lâchent les miens pour se balader sur mon t-shirt, que j'ai gardé, puis sur mes jambes découvertes par le bermuda que je porte. Elle se mord la lèvre tandis que je me saisis de son autre bras pour lui appliquer ma douce torture. Son désir me frappe de plein fouet même si je dois avouer que le mien n'est guère mieux. Je me mets mentalement à réciter l'alphabet dans différentes langues pour empêcher mon esprit de vagabonder vers les courbes parfaites de son corps, mises particulièrement en valeur par son petit bikini violet. Quand la crème est bien pénétrée sur son second bras, je me recule un peu et la toise, un sourire aux lèvres.
- Les bras sont faits. Par où puis-je continuer ?
- Ton choix ! fait-elle, en haussant les épaules, comme si elle s'en moquait.
Je pourrais presque y croire si ses sentiments n'étaient pas désir et envie, son corps n'était pas parcouru de tremblements et que sa voix n'était pas rauque comme dans nos moments les plus intimes. J'arque un sourcil et sourit d'autant plus. Puisqu'elle veut jouer, je suis prêt à relever le défi. Je me laisse glisser au bord du transat, jusque ses pieds et fais couler de la crème sur ses deux jambes. Elle expire bruyamment tandis que je commence à étendre le liquide blanc par son pied, caressant sa cheville, malaxant son mollet jusqu'à atteindre ses cuisses pleines que je masse doucement. Dès que j'approche de l'intérieur d'elles, vers son intimité, elle frissonne et exhale lentement. Je suis tellement perdu dans la contemplation de son visage, rejeté en arrière, ses yeux fermés et sa bouche légèrement entrouverte que je ne porte pas attention à ce que je suis en train de faire. C'est ainsi que j'effleure ses recoins les plus intimes avec mon pouce, ce qui la fait ouvrir les yeux et se mordre la lèvre. Je souris, tentant piteusement de garder contenance et de ne pas lui montrer mon trouble. Son regard est flamboyant et je me demande si son désir m'est bel et bien destiné. Je n'ose y croire, ne voulant plus souffrir de désillusions mais pourtant … Ce sont bien mes caresses sur sa peau qui la rendent dans un tel état. Puis-je espérer? Puis-je tenter de tout perdre encore? N'est-ce pas simplement une réaction humaine normale? Après tout, son petit corps est fait de terminaisons nerveuses et il est normal qu'elle réagisse ainsi à mon toucher. Elle en ferait peut-être de même avec Emmett ou même Rosalie. Pourtant, j'ai envie d'être un parfait idiot et d'y croire. J'ai envie de mettre de côté toutes mes peurs, tous mes doutes et de nous laisser une chance. Elle le mérite tellement. Alors qu'elle exhale à nouveau sous mes caresses, mon esprit rejoint la terre ferme et je secoue la tête. Elle a donné sa vie à Edward et juré de l'aimer jusqu'à ce que la mort les sépare. Je n'ai décemment rien à faire dans l'équation. Alors que je sépare mes mains d'elle, à contre-coeur mais de manière raisonnable, je le sais, elle réouvre les yeux.
- Tout va bien ?
Je la regarde intensément, prêt à lui dire que rien n'ira plus bien puisqu'elle a mis sa vie dans les mains d'un autre mais me retiens et soupire.
- Tout va bien oui! fis-je en me relevant et frottant mes mains sur ma serviette avant de me rasseoir sur mon transat et de remettre mes Rayban sur mon nez. Tout va bien, Bella, tout va bien. Mon coeur t'appartient et tu l'as réduit à l'état de poussière. Mais je vais bien, ne t'en fais pas.
Faut-il vraiment que tu saches (Tout ce que tu caches)
Le doute au fond de moi (Au fond de toi)
POV Bella
Je finis de me préparer et descends au salon pour qu'Elena ait la chambre libre pour se préparer à son tour. J'y trouve Damon, devant l'énorme cheminée où il a allumé un feu de bois, en train de siroter ce qui me semble être de l'alcool. Il se retourne en me sentant arriver et m'offre son célèbre sourire un peu cynique.
- Te voilà sans escorte ? demande-t-il alors que je me pose sur le canapé, un peu nerveuse.
- Tout le monde est en train de se préparer … et je soupçonne Rosalie et Emmett d'en avoir profiter pour faire un petit câlin sous la douche.
Il sourit et lève les yeux au ciel, comme pour dire "Ah ces deux-là", ce qui me détend instantanément. Je ne sais jamais de quelle humeur sera l'aîné des Salvatore et ça me met mal à l'aise. Je ne sais jamais comment me comporter avec lui. Quand je vois qu'il est de bonne composition, je me permets de me détendre enfin. Il se pose alors à côté de moi dans le canapé, son verre à la main et je pose la question qui me brûle les lèvres depuis hier soir:
- Comment peux-tu boire ça ?
- En réalité, j'aime beaucoup le whisky.
- Comment est-ce possible?
- Oh mais le whisky est un breuvage vraiment délicieux, Bella! ironise-t-il, dans un sourire.
- Tu sais parfaitement ce que je veux dire.
- Je ne sais pas si la réponse te plaira.
- Essaie toujours.
- Mon régime alimentaire plus … "libre" me permet d'apprécier certains mets. C'est aussi simple que ça.
Je me mords la lèvre, pensant à tout ce que j'interdis à Jasper égoïstement. Après tout, Damon a raison. Les pochettes de sang sont une bonne alternative. Il ne tuerait personne, serait capable de contrôler sa soif (je le sais doté d'un caractère assez fort pour ça), et serait enfin satisfait pleinement. Pourtant, quand je lui ai proposé de le faire, il a refusé. J'ai vu ce que ça lui en a coûté. Je lui en reparlerais à l'occasion. Mais pas maintenant. Car maintenant, les choses sont étranges. Tout à l'heure, on a eu un "moment". Un moment à la Jasper & Bella, comme à notre meilleure époque. Ses mains glacées sur mon corps chaud, les sensations retrouvées, le frisson, l'envie. Et puis il s'est refermé. Comme si quelque chose l'empêchait de le faire. Et ce quelque chose, je sais ce que c'est. Alice. Il aime Alice et ne veut être que mon ami. Il est temps que je me fasse une raison.
- Alors, Bella, dis-moi tout. Comment va Elena? me demande Damon, brisant ainsi le fil morose de mes pensées.
- Bien. Enfin, aussi bien qu'on puisse l'être quand on découvre que la personne que l'on aime nous a trompé.
- Il ne l'a pas trompée! assure-t-il.
- Quel est ton avantage à le dire, de toute façon?
Il sourit de manière désabusée pendant que je continue:
- Bien sûr que si, il l'a trompée. Pas au sens littéral du terme, ça non. Mais il lui a menti, il a omis de lui dire quelque chose d'extrêmement important. Et surtout, comment peut-elle encore croire que son amour est sincère alors qu'elle le pense destiné à une autre?
- Tu en voudrais à Jasper, si cela t'arrivait également ?
- Je n'arrive déjà pas à me tenir face au fantôme d'Alice … avouai-je en baissant les yeux.
Il éclate de rire, me faisant sursauter. Je le regarde et vois qu'il me toise de son air cynique.
- Si Alice avait pu bénéficier du millième de l'amour que Jasper te porte, elle ne serait jamais partie, crois-moi.
- Que … ?
- Jasper n'a jamais connu le vrai amour. Celui qui te transporte, te fait faire des choses insensées pour lui. Dans un sens, il est comme moi pour cela. Alice, ce n'était que de la compagnie, une bonne entente. Il ne l'aimait pas. Il ne l'aimera même jamais. Mais toi, petite humaine, tu as bouleversé sa vie d'immortel.
- Ne sois pas bête … fis-je, le coeur battant à tout rompre.
- Je sais ce qu'il ressent, Bella. Son coeur n'a jamais aimé avant toi. Comme le mien n'a jamais aimé avant Elena. Alors je t'en prie, ne fais pas l'erreur de lui choisir l'insipide Edward Cullen.
Je le regarde, atomisée par ce qu'il me dit. Et bizarrement, je le crois. Je le crois lui alors que j'ai refusé de croire Rosalie et Emmett. Mais je sais que Damon aime Elena, ça se sent, ça se voit. Et si Jasper m'aimait moi … ?
- Je ..
- Tu l'aimes ? Tu as peur ? Ce sont des sentiments très humains. Va le chercher, tu ne le regretteras pas, je te le promets.
- Et toi? demandai-je, le coeur au bord des lèvres.
- Moi? Elena a choisi Stefan, malheureusement. Il est trop tard pour moi. Mais je consacrerai mon éternité à la savoir en sécurité, à la protéger et à la chérir en secret.
Je pose ma main sur la sienne, comme si cela était parfaitement naturel. Alors que je pense à ses mots, j'entends un toussotement derrière moi et avant que je ne puisse me retourner, Damon lance:
- Bonsoir Elena.
Je me redresse et vois ma nouvelle amie, les larmes au bord des yeux. Elle nous a entendu et semble particulièrement touchée. Je m'écarte de Damon, prête à m'en aller pour leur laisser une chance de s'expliquer. Quand j'atteins la porte du salon, Damon me lance:
- Va donc voir si Jasper est prêt, Bella.
Je sais qu'il m'envoie vers mon destin et je suis d'accord avec lui: il est plus que temps que je l'affronte.
Sur le chemin de la chambre qu'occupe Jasper, je suis de moins en moins sûre de moi. Bien sûr, Damon doit connaître Jasper parfaitement. Ils ont l'air très amis et Damon a connu Alice. Mais tout de même, mon vampire blond porte toujours son alliance. Ca doit bien vouloir dire quelque chose non ? Et si ça ne veut rien dire, pourquoi ne l'enlève-t-il simplement pas? De toute façon, les choses ont été trop loin entre Jasper et moi, on s'est trop fait souffrir l'un l'autre. On est à fleur de peau, tous les deux.
Je n'attends pas de toi que tu sois le même
Il ne servirait à rien de se précipiter, de tirer des conclusions hâtives. Jasper doit encore tenir à moi, sinon il ne me protégerait pas. Voilà ce que je sais. Je sais aussi que nous sommes amis. Parce que c'est la limite de ce que nous pouvons être aujourd'hui. Enfin, je sais qu'il nous arrive d'avoir de purs moments rien qu'à nous, qui nous appartiennent et font ce que nous sommes. Il est plus aisé de réfléchir à notre relation quand je suis loin de lui, qu'il ne m'éblouit pas. A son contact, j'ai tendance à tout oublier. Les souffrances, les épreuves, tout. Or, ce qu'on a vécu, que ce soit le bon comme le mauvais, ne peut pas être remisé d'un simple coup de balai. C'est ce qui construit notre histoire et il nous faudra beaucoup de travail pour surmonter tout ça. Alors que je suis devant la porte, voilà ce que je sais: j'ai besoin de temps pour savoir où j'en suis, où il en est et surtout, où nous en sommes.
Je n'attends pas de toi que tu me comprennes
J'ai besoin de réfléchir clairement. D'apprendre à ré-aimer ce vampire qui m'a fait chavirer. Entre l'amour et la haine, il n'y a qu'un pas et j'ai trop souvent tendance à le franchir dans un sens comme dans l'autre. Je dois savoir si je veux le haïr totalement ou l'aimer complètement. Ce ne pourra pas être dans la demi-mesure. Après tout, nous n'avons jamais été à moitié. Ca a toujours été tout ou rien. On doit continuer sur cette voie aujourd'hui. Tout ou rien.
Mais seulement que tu m'aimes (Seulement que tu m'aimes)
Pour ce que je suis
J'entre finalement après avoir frappé mais sans avoir attendu la réponse, perdue dans mes pensées. Quand je sonde la pièce du regard, je ne le vois nul part et suis prête à rebrousser chemin quand j'entends le jet de douche se couper. Je retiens ma respiration quand il demande:
- Bella?
- C'est moi, repérable à cent mètres à la ronde.
- Ne bouge pas, j'arrive.
Je tergiverse en me tordant les mains.
Quand je doute
Quand je tombe
Et quand la route est trop longue
Il sort visiblement de sa douche. Est-ce vraiment une bonne idée de rester là? Je ferai mieux de fuir, et vite. Je ferai mieux de mettre le plus de distances possibles entre son merveilleux corps et le mien. Il va encore m'éblouir, cela ne peut être autrement. Et le pire dans tout ça, c'est que je n'ai pas la moindre envie de m'en aller. Je veux le voir, je veux en profiter. Mon dieu, ma pauvre Bella, que va-t-on faire de toi?
Quand il apparaît dans l'encadrement de la porte de la salle de bains, une simple serviette de bain nouée autour de sa taille, la mâchoire m'en tombe, littéralement. Mes souvenirs ne lui rendaient pas du tout justice, loin de là. Tout en muscles, mon beau vampire blond est élancé et bien sculpté. Le V qui disparaît sous la serviette me rend dingue et je me rends compte que l'empathe ne doit rien manquer de mon désir. Malgré tout, je ne peux faire autrement, il me faut détailler son corps parfait. Il reste là, les bras croisés, un sourire en coin sur le visage, attendant patiemment pendant que je le dévore des yeux. Une goutte s'échappe de ses cheveux mouillés pour couler le long de son torse. Je ne peux m'empêcher de suivre son trajet, hypnotisée par elle, comme hypnotisée par lui. J'avance alors, mue par une force inconnue et si connue à la fois: le désir. Je sais que je devrais m'éloigner et pourtant, j'avance, encore et encore.
Quand parfois je ne suis pas
Ce que tu attends de moi
Arrivée à sa hauteur, je m'arrête malgré moi et continue à le dévorer du regard. Son entêtante odeur de cannelle boisée me transporte et c'est finalement sans réfléchir, puisqu'il me donne tacitement son accord en ne disant rien, que je passe ma main sur ses cicatrices que j'aime tant. Je sais qu'il les trouve repoussantes, souvenirs douloureux d'une époque difficile de son existence de vampire. Pour ma part, je les trouve envoûtantes, faisant partie intégrante de lui. J'aime y passer mes doigts, les toucher sans cesse. Ce lien entre lui et moi, marquée comme lui sur le poignet et l'épaule après l'attaque de Victoria ne fait que renforcer mon attirance pour cet homme que j'aime tant. Et surtout, ces marques me le rendent plus accessible. Comme s'il était fait pour moi, imparfait dans sa perfection. Je me mets à le toucher quand je sens son souffle froid sur ma peau.
- Oh Bella …
La douceur de sa voix de velours m'enveloppe toute entière et je me laisse glisser sur elle. Je me sais perdue et c'est souriante que je le caresse, perdue comme lui dans un moment qui n'appartient qu'à nous.
Que veux-tu qu'on y fasse?
Qu'aurais-tu fait à ma place ?
To be continued ...
Et voilàààààààà ! J'espère que ça vous a plu ! J'attends bien entendu vos réactions car je n'ai pas de Damon ni de Jasper à domicile pour savoir vos sentiments après ce chapitre !
Nouveau petit sondage quant à la suite des événements:
a) vous pensez à un ptit lemon bien dosé parce que franchement, ça manque à fond dans Répulsion !
b) vous pensez à une intrusion d'Emmett puisque son radar est définitivement réglé sur "Jasper et Bella ne doivent rien faire de saiqsouel"
c) vous pensez que Jasper va repousser gentiment Bella, car il continue à souffrir de son "oui" à Edward?
d) vous pensez que Bella va se reprendre en repensant à son alliance et va stopper net tout lemon ?
e) vous pensez que l'auteuZe a encore mille trucs dans son sac et que rien de ce qu'il y a ici ne convient ?
Dites-moi tout, j'aime savoir ^^ J'attends vos scénarii les plus loufoques :) Qui sait, je pourrais peut-être m'en inspirer :)
A très vite, j'espère !
Votre dévouée auteuZe
Jess
