[Attention, je poste deux fois! Bref, vérifiez si vous n'avez pas sauté un chapitre, ce serait plus qu'embêtant xD ]
Héhéhé... La suite du diabolique chapitre arrive, muahaha! (non, je vous assure que je jubile, je suis atroce XD )
Bref, je n'ai pas grand chose à dire, ayant tout dit dans le précédent, donc... Bonne lecture, surtout! ^^
Katia
Chapitre 36
Misaki Takahashi
Il était incapable de bouger... Incapable d'esquisser le moindre mouvement, devant la stupeur qui s'était emparée de lui en une seule seconde. Le téléphone gisait à terre, à ses pieds.
Un silence oppressant s'était créé, et les pensées de Misaki s'étaient littéralement stoppées : son interlocuteur n'était autre que...!
Il ne voulait y croire, il voulait continuer de penser à une plaisanterie, à un mauvais rêve...! Mais tout était vrai, et il le savait pourtant pertinemment.
Sa vie... Venait de prendre fin à cet instant précis.
Le brun, à ces pensées, reçut une réelle claque mentale : il commençait à comprendre l'ampleur de la situation actuelle.
Son ravisseur l'avait... Appelé.
Le téléphone se trouvait au sol.
Et Aikawa n'était toujours pas revenue.
Ce simple fait suffit à lui faire prendre conscience du danger que tout cela impliquait.
Et si l'éditrice...? Et si l'autre l'avait...?!
"Oh non...!" Une toute nouvelle peur se créa dans son ventre : et si, par sa faute, la jeune femme s'était fait...!
Il ne pourrait pas l'accepter! Après un membre de sa famille, il ne pourrait pas supporter un autre de ses proches! Et cela ne s'arrêtait pas là, si l'on prenait en compte les nombreuses victimes qui étaient mortes par sa faute... Il ne pourrait pas le supporter, et il savait très clairement.
La possibilité de la voir blessée ne faisait que grandir dans son esprit : il ne voulait pourtant pas y croire!
Cependant, cette pensée fut suffisante pour l'obliger à se baisser, tout en tendant lentement, tremblant, la main vers le combiné qu'il avait laissé tomber quelques secondes plus tôt. Ses doigts ne purent exercer une ferme prise sur l'appareil : était-ce la peur, l'angoisse, qui l'en empêchait...?
Sa respiration s'accéléra, tandis que doucement, son bras amenait le téléphone jusqu'à son oreille.
Peut-être avait-il juste rêvé...?
Peut-être avait-il trop paniqué, et s'était imaginé tout cela...?
C'était tout ce qu'il souhaitait croire. Malgré tout, il savait très bien, au plus profond de lui, que rien de cela n'était faux.
Non, son interlocuteur se trouvait bien être... Son kidnappeur, lui-même.
En seulement quelques secondes, qui parurent des siècles à l'étudiant, il était de nouveau en mesure d'entendre ce psychopathe. Celui qui l'avait torturé, humilié... Et qui l'avait fait hurler de douleur.
La vitesse de son souffle s'était accentuée, et il était certain que l'autre l'entendait aisément. Une hypothèse qui se confirma tout aussi rapidement, lorsqu'un léger rire se fit entendre, de la part de son interlocuteur.
Oh pourquoi...? Pourquoi, alors que l'écrivain était sorti...?
Pourquoi cela se passait-il quand il était seul?! L'unique fois où personne n'était là pour être avec lui, pour l'aider!
Avec une grande appréhension, sans pour autant être en mesure de se contrôler, ses lèvres s'entrouvrirent, laissant passer les mots suivants, qu'il murmura presque silencieusement :
-"J'ai gagné..." commença-t-il, d'une voix faible. Cette "victoire" faisait référence à ce jeu qu'avait si souvent mentionné son ravisseur, et spécialement au début de sa capture... Celui qui marquait sa liberté en cas de défaite de l'ennemi.
Il avait réussi à s'échapper... N'était-il pas en droit de réclamer sa liberté, après tout?! Avec tout ce qui avait été mis en œuvre pour le sauver, ses thérapies, ses leçons pour remarcher... Tout était finalement voué à l'échec, dès le début?!
C'était... Indescriptible!
Il reprit, d'une intonation plus fragile, et pourtant plus forte :
-"J'ai gagné votre foutu jeu!" L'instabilité de sa voix était particulièrement perceptible... Et pour la première fois depuis son échappée, la peur de voir son esprit brisé à nouveau le terrifiait au plus haut point. Un événement qui ne tarderait pas à arriver, si la conversation se poursuivait!
Et encore plus si ce qui s'ensuivait concernait un très probable destin. Un destin funeste.
-"Alors pourquoi...?!" Une boule se forma dans sa gorge, tandis qu'il pouvait sentir plusieurs sanglots essayer de s'échapper de ses lèvres. Mais il faisait de son mieux pour retenir tout signe de faiblesse.
Non, il ne lui ferait pas ce plaisir!
Toutefois, la réponse de son kidnappeur ne se fit pas attendre, montrant sans aucun problème l'humeur joviale et heureuse de ce dernier :
-"Pourquoi? Je pensais pourtant t'avoir expliqué correctement..." Il jubilait! Misaki le savait, il fallait être sourd pour ne pas le comprendre! "Mon jeu ne s'arrête qu'à ma mort, c'est exactement ce que je t'ai dit. Or, il me semble que ce ne soit pas le cas aujourd'hui... Ta petite échappée n'a eu aucun effet sur mes règles." L'autre fit une légère pause, avant de reprendre, d'un ton rempli de réjouissance : "Notre jeu est loin d'être terminé, Misaki... Tu le savais, non?"
Le jeune homme serra les dents d'extrême frustration.
Oui. Oui, il le savait. Mais il avait espéré que cette simple fuite lui permettrait tout de même de remporter sa victoire... Toutefois, cela semblait loin d'être le cas.
Il déglutit difficilement, sachant très bien qu'il ne parviendrait pas à retenir ses sanglots très longtemps : s'il pouvait supporter un message, ce n'était plus la même chose avec une véritable discussion... D'autant plus que sa vulnérabilité était particulièrement haute, lui qui n'avait plus rien ni personne pour le protéger!
Il était seul! Terriblement seul!
Il ne put retenir un faible gémissement désespéré, sentant ses doigts enserrer davantage le téléphone : ça ne pouvait pas finir comme ça! Non, ce n'était pas possible!
Sans doute l'autre l'avait-il remarqué, celui-ci s'empressant de réagir à ce propos :
-"Oh, tu vas pleurer? Je t'avais pourtant prévenu." Il n'avait même fait que ça... Autant dans sa captivité, que lors de ses messages! "Mon pauvre petit jouet, si tu savais combien j'aimerais voir ton visage..." Il y eut quelques secondes de silence, durant lesquelles Misaki put parfaitement sentir l'humeur joyeuse et amusée dudit psychopathe. Qu'allait être la suite de ses propos...? Le brun ne pouvait pas avoir un bon sentiment à ce sujet...
-"Retourne-toi." Cet ordre eut l'effet d'un déclencheur dans l'esprit de Misaki.
Se... Retourner...? Mais pourquoi...?
L'autre ne pouvait simplement pas se trouver derrière lui! Il aurait senti sa présence, il l'aurait entendu!
Son sang se glaça à cette seule idée : se retrouver face à ce malade... Il n'y avait pas plus effrayant!
L'étudiant resta figé, incapable de bouger le moindre muscle.
Néanmoins, l'ordre reprit, plus insistant :
-"Allez." Il connaissait l'impatience de son ravisseur... Du moins, en ce qui concernait les ordres. En cas de torture, ce dernier pouvait attendre tout le temps qu'il souhaitait : il avait eu l'occasion de le remarquer...
Et malgré tout, il savait ce qu'il risquait s'il n'obéissait pas...
De plus, avec un otage tel que Mahiro, il n'avait pas le droit de refuser! Que ferait-il, si soudainement...?
Il préféra ignorer sa pensée, et doucement, il commença à pivoter sur lui-même, tout en craignant fortement de voir son agresseur. Mais rien : seule la baie vitrée lui faisait face.
Aussitôt, Misaki se demanda si l'autre l'observait avec des jumelles : quelque chose de très probable, si l'on en croyait le nombre d'immeubles que l'on pouvait apercevoir...
Il n'eut cependant pas le temps de penser davantage.
-"C'est parfait. Ne bouge plus." Ces simples paroles suffirent à confirmer son hypothèse : son kidnappeur l'observait très probablement avec des jumelles. Ou tout autre instrument de ce genre.
Il ne savait pas. Le principal était de savoir qu'il était épié...
-"Tu es magnifique... Ton joli visage m'avait tellement manqué!" Un rire s'ajouta à ses propos. Misaki ne pouvait plus faire le moindre geste, pétrifié devant sa grande vulnérabilité.
Depuis quand Vladlen les observait-il...?
Ses jambes commencèrent alors à trembler, signe indéniable de la peur qu'il ressentait à cet instant précis. Une réaction que son kidnappeur devait extrêmement apprécier.
Mais les dires de son agresseur ne s'arrêtèrent pas, son ton devant de plus en plus sérieux :
-"Tu ne penses pas que le moment est venu, Misaki? Je pense avoir été assez patient..." Les muscles de Misaki se figèrent une nouvelle fois.
Cet appel... N'était pas une simple plaisanterie, une simple moquerie... Non, son ravisseur voulait réellement le reprendre!
Cela semblait... Impossible!
Comment avait-il pu en arriver là...?
-"Non..." L'étudiant n'avait pu contenir ce mot inutile. Ses émotions étaient emmêlées les unes aux autres... Il ne savait sans doute plus ce qu'il disait!
Il était... Terrifié.
-" «Non» ? Voyons, tu ne croyais tout de même pas que je te laisserais toujours chez ton pathétique écrivain? Je t'avais prévenu." Ces derniers mots avaient été bien plus sévères, l'intonation de son kidnappeur s'étant soudainement assombrie. Ce fut assez pour que la respiration de Misaki s'accélère encore et encore, presque incontrôlable : "N'oublie pas que j'ai un mignon petit otage, que je peux tuer quand je veux. Et comme je veux."
Le brun s'était stoppé.
La mention directe de Mahiro... Avait été un second déclencheur. Le jeune enfant était donc toujours vivant, mais restait bel et bien menacé.
Et s'il lui avait appris à souffrir... Mahiro n'était pas prêt pour vivre un tel enfer!
Les poings de Misaki se resserrèrent, et une nouvelle émotion s'empara de lui, remplaçant toute l'angoisse qu'il avait pu accumuler depuis le fameux appel.
De la colère. De la détermination.
Personne... Ne devait souffrir à sa place. Cela lui était impossible à imaginer.
Et tout cela n'avait que trop duré!
Non... Il devait agir, faire tout ce qu'il pouvait, n'importe quoi! Ou au moins tenter quelque chose!
"Je vais essayer de retarder le... Le moment fatidique." Avait-il un autre choix, de toute manière...?
Et avait-il, à présent, quelque chose à perdre?
Si son ravisseur avait effectivement l'envie de le reprendre... La punition qu'il recevrait en retour de son échappée suffirait à le punir pour tous ses possibles propos!
Il devait prendre le risque. Que pouvait-il faire d'autre...?
-"Vous n'avez pas le droit..." Retarder le moment, le brun ne devait faire que ça!
Il devait également repenser à tout ce qu'il avait imaginé, au cas où... Sa seconde capture se préparait. Comme s'il avait pu ignorer de telles pensées, lui qui craignait une autre captivité par dessus tout!
Il fallait maintenant trouver ce qui serait efficace... Au risque de récolter plusieurs échecs. Mais il trouverait la bonne solution, il le savait!
Il devait tout faire... Pour éviter que Mahiro ne soit blessé, tout comme de possibles compagnons de cellule.
La répartie de l'autre ne se fit pas attendre, et ce fut une intonation bien plus grave qui l'accueillit :
-"Ah oui? Et tu crois que je ne t'avais pas interdit de t'échapper, peut-être? Que ce soit à moi, ou à ta famille, tu as causé beaucoup de problèmes..."
Mensonges! Ce n'était que des mensonges! Dans le seul et unique but de briser sa volonté, pour mieux le soumettre à ses désirs! Mais il ne tomberait pas dans ce piège.
Pas maintenant.
Sa détermination remonta plus encore : dans un tel moment, il n'avait pas le droit de sombrer, une nouvelle fois. La simple pensée de Mahiro, pleurant et souffrant, suffisait à accentuer cette impression.
Non, l'étudiant devait tenter quelque chose!
Il était sûr, après mûres réflexions, que ses dires n'auraient aucune influence sur l'après de sa capture : c'était simplement une question de bon sens, ajouté au souvenir de sa première captivité, tandis que son ravisseur lui avait laissé une petite période de liberté.
Misaki ne pouvait plus que réfléchir.
Et si cela ne menait à rien, il fallait, au moins, retarder le mauvais moment! C'étaient les seules cartes qu'il possédait...
-"A présent..." La voix de son agresseur reprit, plus calme, et retrouvant son humeur joviale : "Tu vas faire ce que je te dis. Si tu-
-Vous... Vous avez l'air bien sûr de vous."
Son cœur se stoppa littéralement.
Mais qu'est-ce qu'il avait décidé de faire...?!
-"Pardon?" Ce fut un ton surpris qui lui répondit, tandis que Misaki ne savait toujours pas comment poursuivre ses propos.
Il avait parlé sans réfléchir! Il avait usé de provocation!
Comment pourrait-il rattraper sa terrible erreur?!
Son rythme cardiaque augmenta de seconde en seconde. L'étonnement dudit Vladlen était également justifié : comment celui-ci aurait pu se douter que sa victime, auparavant tremblante de peur quelques temps plus tôt, décide de rétorquer aussi brusquement?
Le brun ne savait même plus quoi faire. Comment avait-il pu répondre de cette manière?!
Une chose était néanmoins sûre : il ne pourrait échapper à son enlèvement.
Il le savait pertinemment. Certes, il s'était préparé psychologiquement... Cependant, il n'était pas sûr que cela lui suffise pour accepter son sort. Il fallait être fou pour s'accommoder à un futur comme le sien!
Et même s'il ne pourrait rien éviter… Il devait au moins essayer. Le contraire n'était pas possible.
Il ne pouvait pas accepter de perdre d'une manière aussi passive!
Il essaya de reprendre le cours de la conversation, hésitant :
-"Vous…" Il déglutit difficilement, essayant malgré tout de ne pas paraître trop faible : il ne fallait pas oublier qu'il était observé! "Vous semblez bien sûr de vous, pour quelqu'un qui agit à découvert…" Il ne savait même plus dans quelle direction s'orientait cette discussion! Il ne faisait qu'enchaîner les mots sans réfléchir!
Mais pourquoi avait-il voulu utiliser la provocation? Contre un homme qui la maniait parfaitement!
Il ne pouvait gagner!
-"Qu'est-ce que tu veux dire?" La voix de Vladlen changea brutalement : après la surprise, sa grande méfiance et son sérieux étaient presque devenus palpables.
C'est alors qu'une idée commencer à murir dans l'esprit de Misaki.
Peut-être… Oui, peut-être avait-il trouvé de quoi l'aider. Et bien qu'il ne pouvait plus rien faire pour empêcher son futur enlèvement, il savait que cette idée pouvait le mener loin.
Ou du moins… Peut-être mener les autres jusqu'à lui.
Il n'y avait plus qu'à espérer que cela marche!
-"Qu'est-ce que tu es en train de faire…?" Le ton grave de son agresseur suffisait pleinement à l'étudiant pour comprendre que l'autre avait deviné ses intentions : mais il ne pouvait pas accepter de se laisser reprendre aussi facilement!
Il ne comptait pas abandonner.
-"Je… Je vous mets au défi." Tout en connaissant le caractère "rieur" de son interlocuteur, il ne pouvait qu'espérer attiser sa curiosité, et ainsi, l'attirer dans son piège… Tout n'était qu'une grande question de chance!
-"Oh…?" L'émotion du psychopathe parut se radoucir, de l'amusement parvenant aux oreilles du plus jeune : "Est qu'est-ce que tu comptes me demander dans ta position, dis-moi?
-Si vous êtes si sûr de vous… Vous devriez me laisser une chance de gagner, non…?
-Continue." Le sérieux de son kidnappeur réapparut, sans pour autant effacer son intérêt grandissant, pendant que le jeune homme se battait pour contrôler sa respiration.
Il n'avait pas le doit à l'erreur, pas maintenant!
Au vu des réactions qu'il avait pu obtenir, le brun en déduit qu'il marchait dans la bonne direction… En se rassurant de cette manière, il espérait pouvoir poursuivre sa tentative, sans perdre ses moyens.
De plus, il était certain qu'aucune punition ne suivrait ses essais : pour le moment, il était encore libre de dire ce qu'il voulait. C'était une simple intuition.
Il continua ses dires, tentant de paraître plus confiant :
-"Mettons que je… Je dispose d'un peu de temps pour disposer des indices… Comme le lieu de notre rencontre, par exemple." Misaki savait que l'autre ne viendrait pas l'attendre devant l'immeuble… Ce serait bien trop risqué, et il était plutôt logique de penser à un lieu de rendez-vous. "Si vous êtes si sûr de vous, ça ne devrait pas vous poser de problèmes…"
Sa stratégie n'en restait pas moins bancale, et le plus jeune le savait plus que bien : ses arguments manquaient de clarté, de sens… Toutefois, avec l'esprit joueur de son ravisseur, il ne pouvait qu'espérer que cela marche!
C'était, en réalité, sa seule et unique chance. Au moins pour aider la police à retrouver sa trace plus facilement…
Un grand silence s'installa dans la conversation : Le brun conclut que son interlocuteur réfléchissait à sa proposition. Néanmoins, il n'osait prononcer le moindre mot, de peur d'influencer sa décision : et si cela se terminait par une réponse négative…?
Il attendit encore quelques secondes, essayant de ne pas montrer sa nervosité, toujours conscient d'être épié. Il ne devait pas montrer sa faiblesse, ses peurs de voir sa demande rejetée!
Cependant, la réponse lui parvint enfin, plus tôt qu'il ne l'espérait :
-"Très bien, ça semble intéressant. Nous nous rencontrerons sur un chantier, c'est le seul indice que je te donnerai clairement." Mais avant même que Misaki ne puisse lâcher un soupir de soulagement, les dires de l'autre continuèrent : "Maintenant que tu as posé tes conditions, je dois bien te donner les miennes." L'étudiant se figea, incapable de savoir s'il venait, ou non, de "gagner".
Comment aurait-il pu croire que cela serait si simple…?!
-"Je vais te laisser cinq minutes, très exactement, pour laisser le plus d'indices possibles. Si tu ne t'arrêtes pas quand le temps est écoulé, je m'attaquerai à ton neveu. Cela te convient?"
Une nouvelle hésitation s'empara de l'étudiant : il allait peut-être jouer la vie de son neveu!
Mais il n'avait pas le choix… Ce marché pourrait très bien lui permettre d'aider l'enfant, tout comme il pourrait aider les autres dans le même cas que lui.
D'autant plus qu'il avait réussi à captiver ledit Vladlen : comment s'arrêter à ce point là…?
-"J'accepte." Ces mots furent bien ceux qu'il espérait ne pas dire… La vie de Mahiro reposait à présent entre ses mains : pourrait-il agir sans risquer de lui causer du mal…? Il ne fallait pas prendre les paroles de son kidnappeur à la légère, et s'il menaçait le jeune enfant… Ce n'était certainement pas une plaisanterie.
Le marché était donc conclu.
-"Très bien! Puisque nous sommes d'accord, voilà ce que nous allons faire. Tu vas raccrocher, et je te rappellerai cinq minutes plus tard." L'autre ajouta, d'une intonation bien plus sombre : "Tu n'as pas intérêt à me faire attendre. Maintenant, raccroche."
L'ordre n'était pas dissimulé.
Et si celui-ci avait l'habitude de dicter ses demandes par sous-entendus, ce n'était pas le cas ici, preuve indubitable du grand danger qu'il risquait s'il désobéissait.
Aussi appuya-t-il rapidement sur le bouton "raccrocher", sans réfléchir. Et tout cela, avant de reposer délicatement le combiné sur l'appareil.
Le brun devait… Laisser des indices.
Il n'avait que… Cinq petites minutes pour laisser le plus d'informations possibles.
"Oh non…" Etait-ce vraiment suffisant?! Il ne le savait même pas!
Et tout en commençant à réaliser que son opportunité était extrêmement courte, il sentit son corps bouger tout seul : c'était comme si un signal d'alarme colossal venait de s'enclencher, à la simple pensée de ce temps qui s'écoulait entre ses doigts.
Il devait agir, vite!
L'étudiant se dirigea, déjà essoufflé par l'angoisse, vers une des commodes de la pièce, qu'il savait remplie de feuilles et de stylos. Ses mains tremblaient, et avec la plus grande panique, il s'empressa de jeter tous les objets dérangeants au sol, avant de trouver, finalement, ce qu'il cherchait : de quoi écrire.
Il devait dire tout ce qu'il savait, le plus rapidement possible!
Posant les feuilles sur la table basse, là où il était sûr qu'elles soient vues immédiatement, il se hâta de tracer ses premières lettres, précipitamment.
Tout dire, tout dire! Il n'avait que cela à faire!
Aussi ses lettres devinrent des mots, tracés maladroitement par son empressement : "il regarde?", "jumelles?", "Mahiro en vie", "chantier".
Telles étaient les seules informations capitales en sa possession… C'était peu, et il ne le réalisait qu'à ce moment précis.
Est-ce que ces indices valaient réellement le coup d'avoir pris autant de risques…?
Jetant un coup d'œil vers la pendule, il remarqua son manque de temps critique : combien de minutes lui restait-il?! Trois? Deux?
Ou peut-être même une…?
"Je ne peux pas partir comme ça!"
Sans songer davantage, Misaki attrapa une nouvelle feuille, qu'il plaça devant lui, avant de reposer la mine de son stylo sur la surface en papier.
C'est ainsi qu'il débuta de nouveaux tracés. Et cette fois… Bien plus douloureux : "Désolé", "Bon Anniversaire".
Des larmes commencèrent à apparaître dans ses yeux, à mesure qu'il sentait, un à un, ses nerfs lâcher.
Il n'était pas puissant… Que ce soit physiquement ou émotionnellement!
Tout était terminé.
Et alors qu'une larme s'écoulait le long de sa joue, avant de s'écraser sur sa feuille, il termina son message avec les mots suivants : "Je t'aime. Merci de m'avoir aidé."
N'était-ce pas les pires mots qu'il pourrait écrire…?
Au moins… Au moins avait-il laissé ses sentiments écrits : lui qui avait été trop lâche pour les dire en face… C'était tellement pitoyable!
Ce fut à cet instant que le téléphone sonna de nouveau.
La sonnerie retentit dans la salle, résonnante. Et au simple souvenir des menaces de son ravisseur, son corps prit à nouveau le contrôle : il courut jusqu'au fameux meuble, tendant avec vitesse sa main pour décrocher une seconde fois.
Est-ce qu'il serait… "En retard"…?
A son plus grand soulagement, tandis qu'il posa le combiné contre son oreille, ce furent des propos positifs qu'il entendit : quelle ironie, venant de la personne qu'il haïssait le plus au monde…
-"Bien… Il te reste encore un peu d'obéissance, finalement." Misaki n'avait qu'une envie : écraser ce téléphone, de toutes ses forces. Pouvoir s'échapper, retrouver Usagi, tout lui expliquer… Mais ce n'était pas possible. Et tout cela…
Car les miracles n'existaient pas. Comment avait-il pu le croire une seule seconde, lui qui s'était échappé pour, en fin de compte, se retrouver dans cette position?
Puis, l'autre reprit, toujours avec cette même jubilation, qui ne faisait qu'accentuer sa victoire, encore et encore…
-"Je vais t'indiquer comment te rendre à notre rendez-vous. D'ailleurs, ton neveu serait triste, si tu te perdais en route…"
La menace n'avait pas besoin d'être répétée une seconde fois : Misaki avait aisément compris ce que son kidnappeur lui interdisait. Mais comment pourrait-il fuir, avec Mahiro en danger…? C'était tellement stupide et insensé!
-"Oui…" Ce murmure avait été presque muet, mais l'étudiant était certain que son agresseur l'avait bien entendu. D'un autre côté, ce n'était pas comme s'il avait beaucoup de choses à dire pour lui répondre…
Ses sentiments étaient partagés : entre la peur, la tristesse, la colère… Il se sentait néanmoins soulagé.
N'allait-il pas sauver la vie de son neveu, contre la sienne…? N'était-ce pas le marché qu'avait sous-entendu son ravisseur?
Ses proches comprendraient peut-être sa décision… Et avec un peu de chance, on le retrouverait. Lui, comme tous les autres.
Tout n'était qu'une question de "possibilités"…
Oui.
C'était ainsi qu'il fallait voir les choses.
Akihiko Usami
"Enfin…" Ses pieds l'amenèrent péniblement hors de la salle d'interview.
C'était terminé, au bout de plusieurs heures de dialogue sans interruption. L'auteur ne parvenait pas à comprendre l'intérêt qu'inspirait ce genre d'entretien, long et majoritairement sérieux.
En vérité, il ne comprenait pas leur utilité, simplement.
L'écrivain fit son chemin jusqu'au hall de Marukawa, presque vide : au vu de l'heure, il était évident que tous travaillaient. Personne n'était là.
D'une certaine manière, c'était peut-être mieux : sa mauvaise humeur n'avait fait qu'empirer, devant les nombreuses fois où Misaki lui était venu à l'esprit.
Il avait laissé seul son protégé… Une initiative qui ne faisait pas que l'effrayer, mais qui également, l'empêchait d'être complètement à l'aise à ce sujet.
Le romancier… Ne pouvait retenir un très mauvais pressentiment.
"J'espère que tout va bien…" pensa-t-il, avec un mélange d'angoisse et de colère. Tout ça pour ces maudits éditeurs! Il était certain que ces derniers se moquaient bien de l'étudiant, ils voulaient simplement gagner leur prime à la fin du mois… Il pouvait certes éprouver un doute pour Aikawa, mais pour Isaka… C'était la vérité pure.
Le directeur sortit de la pièce à son tour, discutant probablement avec le personnel pour une future réunion -une perspective qu'il n'envisageait pas, de toute manière-. Un grand sourire s'était créé sur les lèvres, et l'écrivain sut qu'il était pleinement satisfait de cette entrevue.
Et on osait, lui, le traiter d'égoïste!
Celui-ci s'approcha assez de lui, victorieux : oui, il avait bien eu ce qu'il voulait. Akihiko s'était effectivement incliné devant sa demande…
-"Tu vois, ce n'est pas si terrible que ça!" lui lança l'autre, avec un air triomphant.
L'envie de frapper l'éditeur se fit soudainement sentir au bout de ses poings : "pas si terrible"…?
Il n'avait qu'un désir, rentrer chez lui pour retrouver l'étudiant! Etait-ce trop demander?!
-"Isaka, j'espère que tu as appelé le chauffeur." rétorqua-t-il d'un ton froid. Il ne manquait plus qu'il attende encore dans cet endroit! Plus vite il serait avec Misaki, plus vite tout sera terminé.
Tout en l'ignorant, son supérieur continua, plus sérieusement :
-"En tout cas, tu as bien répondu. Bon travail.
-Je n'ai fait que ce que vous vouliez. Maintenant, je rentre chez moi." Et s'il n'y avait personne pour le ramener, tant pis!
Il trouverait bien un moyen de se rendre à son appartement!
-"Akihi-"
Mais avant même que le directeur ne puisse prononcer la moindre phrase, un bruit sourd les ramena à la réalité.
"Quoi…?" Avec un geste rapide, l'écrivain pivota sa tête sur le côté, en direction des grandes portes de l'entreprise.
Toutefois, quelle fut sa surprise en apercevant l'origine de cette brusque agitation!
Aikawa. La jeune femme semblait s'être jetée sur les portes, les ouvrant ainsi avec une grande force. Quant au visage de cette dernière… Il ne montrait rien d'autre qu'une grande panique.
Puis il commença à comprendre, sans vouloir y croire.
L'éditrice… N'était plus chez lui. Paraissait essoufflée et bouleversée.
Misaki…Etait resté seul…?
Il n'eut pas le temps de questionner sa collègue, de lui demander ce qu'elle faisait ici, tandis que l'étudiant se trouvait seul dans son appartement.
Elle s'était rapprochée de lui, avant de murmurer, à bout de souffle, la phrase qui allait marquer son existence à tout jamais. Celle…
Celle qui le détruirait.
-"C'est… C'est Misaki…!"
Aussitôt, il comprit. Il comprit ce qui était arrivé. Pourquoi la jeune femme s'était rendue à Marukawa, dans un tel état. Pourquoi elle avait prononcé ces mots.
Misaki… S'était fait enlevé, une nouvelle fois.
Cette information eut l'effet d'un choc brutal. L'écrivain ne pouvait le croire… Et pourtant.
Le pire était arrivé.
Réagissant immédiatement, il ignora toute l'attention portée sur lui, toutes les excuses de sa collègue, qu'il n'entendait plus, tous les mots que pouvaient bien prononcer Isaka pour le calmer…
Il ne les entendait plus. Il n'existait plus.
Son monde… Venait juste de s'écrouler.
"Oh non… Non!"
Ce fut alors à cet instant que son corps sembla se débloquer.
Et aussitôt, ses jambes le conduisirent dehors, à toute vitesse.
Sa faute… Tout était de sa faute!
Misaki lui avait été enlevé de nouveau.
Bon, c'est officiel : je vais réellement me faire tuer, là, maintenant.
MAIS BORDEL, QUE C'EST JOUISSIIIIIF! (désolée, mais il faudra attendre la fin de mes examens pour la suite, c'est à dire, le mois prochain... OUI, JE VOUS EN DEMANDE BEAUCOUP, PARDON! XD Mais je ne suis pas sûre de pouvoir consacrer deux à trois heures pour un chapitre, vous voyez?)
Bon, bon, que dire... A part ce que vous savez déjà? XD Pitié, c'est pas comme si j'avais eu le choix, faut bien que je meuble jusqu'aux chapitres 50, moi... Ca pouvait même paraître évident, avec ça!
J'espère que, malgré tout, ça vous a plu, et merci de me lire!
J'attends vos commentaire avec impatience, merci beaucoup! (j'espère, quant à moi, reposter ici avec de bonnes nouvelles concernant mes examens!)
Au prochain chapitre, et à dans un mois! Je m'excuse encore du délai, mais croyez-moi... Je saurais me faire rattraper, avec une fin à vous couper le souffle! (ou du moins, je l'espère, vu comment j'ai commencé... XD )
Sur ce, courage! x)
