Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de Lord SIlvere n'est pas utilisée à des fins commerciales.
Reviews: Comme promis, me revoilà! Bonne lecture à tous et n'hésitez pas à me laisser vos impressions :)
Chapitre 34 : Une atmosphère orageuse
Ce fut la sensation brûlante dans sa cicatrice qui alerta Harry sur la possibilité que des ennuis s'approchaient du Terrier. Avec l'aide d'une petite poussée d'adrénaline, Harry se sortit de sa stupeur endormie. Rapidement, il s'assit, se leva et attrapa sa flasque de Polynectar. Il savait que ça ne faisait qu'une demie heure depuis qu'il avait pris une gorgée de la potion, mais en prit une autre afin de s'assurer qu'il garderait la forme de Bellatrix pendant toute l'attaque.
Il sécurisa la bouteille sur sa ceinture et escalada la fenêtre de la chambre de Ginny, avançant lentement à l'extérieur pour éviter que quelqu'un ne détecte sa présence. Il ne voyait rien, même après jeté un enchantement sur ses yeux.
Harry lâcha un petit soupir, se demandant s'il n'avait peut-être pas exagéré. Durant la Guerre Perdue (voilà comment Bellatrix appelait la guerre de son futur), un petit picotement de sa cicatrice n'annonçait rien de particulier. Cependant, Harry n'était pas prêt à prendre ce pari dans un monde dans lequel il n'arrivait pas encore à comprendre les sensations de sa cicatrice.
Presque sans effort, Harry sortit sa baguette et jeta un sort de silence pour empêcher toute personne extérieure au Terrier d'entendre ce qu'il se passait à l'intérieur. Il sortit de la chambre de Ginny et s'arrêta en haut des escaliers. « Weasley ! » cria Harry vers la chambre de Molly et Arthur. « Des ennuis ! »
Se sentant légèrement déconcerté par la voix haut perchée de Bellatrix qui sortit de sa bouche, Harry descendit rapidement les escaliers tout en entendant Arthur Weasley sortir de son lit.
« Où ? » demanda Arthur tout en se précipitant en pyjama, la baguette à la main.
« Par là, je pense, » dit Harry en essayant de prendre la même intonation de Bellatrix.
« Vous êtes sûre ? » demanda Arthur en regardant par la fenêtre du Terrier.
« Pas complètement, » dit Harry, réalisant trop tardivement que Bellatrix n'aurait pas admis une telle chose. « Appelons juste ça un sixième sens. Il vaut mieux être en sécurité que désolé, d'accord ? »
« Bien sûr, » dit Arthur.
« Je pense que je serai plus efficace en dehors du Terrier, » dit Harry en marchant vers la cuisine. « Vous et Molly, vous restez ici. Jetez vos boucliers les plus puissants sur l'intérieur de vos murs. Il serait aussi prudent de créer des boucliers anti-son pendant la première partie du combat. »
« Sur l'intérieur de vos murs ? Cela ne laisse-t-il pas la structure exposée ? Et pourquoi les boucliers anti-son ? » demanda Arthur, en suivant Harry dans la cuisine du Terrier et se demandant précisément quelle stratégie adoptait Bellatrix.
« Faites moi confiance pour les boucliers anti-son. Quant aux autres boucliers, ils doivent vous sauver la vie, pas votre maison, » expliqua Harry tout en surveillant le périmètre des Weasley depuis la fenêtre de la cuisine. « Si vous avez assez de temps, créez aussi des boucliers sur l'extérieur, si vous le voulez. Croyez-moi, vous serez content d'avoir commencé avec l'intérieur si les choses se passent mal. »
« Et si nous restons coincé à l'intérieur ? » demanda Arthur, n'étant toujours pas convaincu.
« Voilà pourquoi je serai à l'extérieur, » dit calmement Harry tout en passant par la porte de derrière et dans le jardin. Quand il atteint le jardin, il se désillusionna et marcha rapidement vers des arbres qui se tenaient près de la propriété.
Sa cicatrice le picotait toujours et Harry se demanda si Voldemort viendrait en personne pour mener l'attaque ce soir là. Cependant, Voldemort ou non, Harry suspectait qu'il y aurait bien plus que quelques mangemorts. Méthodiquement, il commença à repasser en revue les sorts qu'il avait appris pour se battre contre plusieurs mangemorts à la fois. Il les avait un peu utilisés pendant la mascarade du fantôme d'Ashworth contre les mangemorts. Mais, il savait qu'il aurait été meilleur s'il avait trouvé un moyen de les utiliser un peu plus dans le passé. Mais il ne se blâmait pas trop. Sans la Salle sur Demande, il n'était juste pas possible de s'entrainer à la défense ou attaque de gros.
Après une demie heure, Harry commença à entendre de petits pops. Il semblait qu'il avait eu raison. Les bruits de transplanage durèrent encore cinq minutes. Soupirant à voix basse, Harry estima qu'il y avait au moins cinquante mangemorts. Prudent, Harry essaya de sonder les environs avec son esprit pour voir si Voldemort était dans le coin. Il ne l'était pas. Cela ne soulagea que partiellement Harry car Harry savait que Voldemort pouvait très bien apparaître au milieu du combat.
Peut-être que le seul moyen pour s'assurer que Voldemort ne décide pas de se montrer, était de faire en sorte que les mangemorts n'aient jamais l'avantage. Il semblait à Harry que Voldemort ne se montrait que quand tout s'annonçait bien pour lui. D'un autre côté, si Voldemort sentait que l'objectif était suffisamment important, il pourrait très bien venir si les mangemorts étaient sur le point de perdre.
Réalisant qu'il ne pouvait qu'attendre pour le découvrir, Harry changea de position afin de pouvoir voir d'où venaient les pops. Les enchantements que Bellatrix avaient modifiés et installés seraient utiles, c'était sûr, mais il savait qu'aucun enchantement ne pourrait les retenir indéfiniment.
Cela prit quelques minutes et plusieurs sortilèges, mais finalement, Harry réussit à apercevoir un groupe de mangemorts rassemblés en groupe près des enchantements se trouvant à un côté du Terrier qui n'avait pas de fenêtres. Il apparut à Harry que les mangemorts comptaient combiner leurs efforts pour briser les enchantements. Harry suspectait aussi que d'autres mangemorts s'étaient postés à d'autres côtés du périmètre afin de charger lorsque leurs compatriotes auraient brisé les enchantements.
Normalement, Harry aurait été fortement inquiet, mais Bellatrix lui avait expliqué comment ses enchantements fonctionnaient, et il savait qu'il était bien plus pratique de se concentrer sur le groupe qui briserait les enchantements. De plus, Harry était rassuré sur le fait qu'Arthur et Molly seraient probablement capables de s'occuper des personnes seules qui essaieraient de se faufiler, surtout si le couple Weasley n'avait pas à s'occuper du gros de leurs troupes et pouvait observer calmement les attaquants.
La peau sur les bras d'Harry frissonna quand le large groupe de mangemorts rassembla sa magie. Calmant sa respiration, Harry serra sa baguette de phoénix dans une main et prit une de celles de Wandel dans l'autre. Il était encore un peu tôt pour le fantôme d'Ashworth, mais cette stratégie serait bientôt nécessaire.
Soudainement, le large groupe de mangemorts sortit leurs baguettes et au moins une douzaine de sorts bombardèrent simultanément les enchantements de Bellatrix. Les enchantements tinrent le coup mais l'explosion de lumière et de son qui suivirent stupéfièrent Harry et il recula de quelques pas, couvrant ses yeux avec son bras gauche. Avant qu'il n'ait récupéré ses capacités, Harry entendit un autre bombardement. Les enchantements tinrent de nouveau le coup. Ses yeux pleuraient et Harry se força à regarder les enchantements Les mangemorts avaient presque réussi à briser les protections. Il leur faudrait un dernier assaut pour les briser. Quand Harry le réalisa, il vit les mangemorts se préparer un lancer une dernière explosion.
Rapidement, Harry érigea des boucliers autour de lui, puis il protégea ses yeux de ses mains. Il savait pertinemment que la troisième fois serait la bonne. Le troisième barrage de sortilèges arriva et les enchantements tremblèrent. Même si c'était dans la nature de tels enchantements de se dissiper quand ils étaient brisés, Bellatrix avait prit des mesures pour altérer ce mode de fonctionnement.
D'abord, elle avait ajusté le niveau de la tension magique des sorts et l'énergie qui tenait les enchantements ensembles. Un enchanteur professionnel aurait désapprouvé. De tels créateurs d'enchantements savaient que jusqu'à ce que des enchanteurs aient trouvé le moyen de réduire la tension des protections, celles-ci étaient aussi dangereuses et protectives pour ceux qui les utilisaient car un mauvais enchantement qui implosait pourrait très bien tuer les personnes que les enchantements étaient censés protéger.
Bellatrix aussi était bien consciente du désastre qui pourrait survenir après la destruction de tels enchantements sous tension. Cependant, au lieu d'éviter un désastre, Bellatrix avait opté de rediriger l'énergie en inversant le champ de force qui ne s'activerait qu'après avoir été touché avec une grande force – à peu près la même force nécessaire à briser les enchantements.
En conséquence, quand le troisième barrage de sorts percuta les barrières de protection, au lieu d'imploser, les barrières de Bellatrix explosèrent. Harry regardait toujours ailleurs et ne pouvait pas entendre à cause des boucliers anti-son mais il sentit littéralement la vague sonique de l'explosion qui percuta ses boucliers. Harry jeta un bref coup d'œil par dessus son bras et vit qu'un grand nombre des mangemorts responsables des enchantements était soit mort soit immobilisé. Ces personnes malchanceuses avaient cependant protégé plusieurs autres de la force brute.
Harry savait qu'au moins une douzaine de mangemorts avait survécu et il espérait que les autres qui avaient entouré le périmètre n'avaient pas réussi à se protéger à temps. Réalisant qu'il avait besoin d'un meilleur axe de vue, Harry commença à courir vers le placard à balais des Weasley, espérant avoir gagné assez de temps pour élaborer un plan de bataille pour le Terrier et espérant aussi qu'il restait un balai dans le placard.
Les mangemorts aperçurent Harry et commencèrent à le fusiller de maléfices. Harry les évita mais ne ralentit pas. Cependant, il fit un demi cercle avec sa baguette vers le large groupe de mangemorts et répété une incantation cinq fois d'affilée. De petits orbes extrêmement lumineux jaillirent de sa baguette et fusèrent vers les mangemorts. Sifflant et crépitant en touchant l'énergie résiduelle des enchantements, les orbes commencèrent à danser autour et au dessus des mangemorts.
Les orbes désorientèrent les mangemorts, les mettant pendant un instant sur la défensive tandis qu'Harry courrait toujours vers le placard à balai. Il ouvrit la porte et dut choisir entre deux balais assez vieux. Un moment de déjà vu envahit Harry et il attrapa un des balais et réalisa que sa propre version du futur, il était déjà monté sur ce balai pour jouer au Quidditch contre Ron et ses frères.
Avec agilité, Harry monta sur le balai et s'envola assez vite. Les trois quarts de la douzaine de mangemorts étaient occupés à jeter des sorts destructeurs sur la maison des Weasley mais il y en avaient aussi qui visaient Harry, ou plutôt Bellatrix, quand il s'envola au dessus de la maison des Weasley.
Ils commencèrent à lui jeter des stupéfix et il se retrouva rapidement à éviter les jets de lumière rouge, comme s'ils s'agissaient de cognards. S'ils n'avaient pas essayé de le tuer, Harry aurait trouvé ce challenge exaltant. Il libéra une de ses mains, attrapa sa baguette et commença à répliquer, même s'il ne se contenta pas d'envoyer de simples stupéfix. Il leur envoya des sorts explosifs.
Se sentant un peu aventureux, Harry utilisa même des sortilèges d'attraction pour jeter quelques mangemorts dans les airs. Cette tactique s'avéra assez terrifiante pour les mangemorts, mais ils réalisèrent rapidement qu'ils pouvaient transplaner sur le périmètre des Weasley ou jeter des sorts pour ralentir leur chute. Voyant que cette tactique ne fonctionnait plus, Harry arrêta.
Finalement, Harry réalisa qu'il en faudrait plus pour repousser l'attaque. Il suspectait aussi que le fantôme d'Ashworth était le meilleur atout dans sa manche. Malheureusement, il ne pensait pas être capable de le faire tout en volant dans les airs et en évitant les sorts.
Un plan se forma dans la tête d'Harry et il prit un moment pour l'examiner tout en continuant à échanger des sorts avec les mangemorts. Espérant avoir assez de coordination pour y arriver, Harry fonça vers le sol, puis fit un looping en se dirigeant vers l'arrière du Terrier, là où les mangemorts ne pourraient pas le voir. Et il atterrit sur le toit. Harry utilisa aussitôt le sort de projection.
Mais Harry ne jeta pas sa vraie image. Il jeta l'illusion de Bellatrix, toujours sur son balai et l'envoya voler au dessus du toit, comme s'il était toujours en plein vol. La seule différence que l'on pouvait remarquer c'était que les sorts de la projection ne semblaient jamais atteindre leurs cibles. Dans le feu de l'action, les mangemorts ne le remarquèrent pas.
Avec un peu de temps, ils auraient pu le constater, mais Harry passa rapidement à prochaine phase de son plan. Soudainement, l'image de Bellatrix devint un kamikaze fonçant vers un groupe de mangemorts. Par réflexe, ils jetèrent plusieurs sorts sur la projection. Évitant de peu de faire crasher son illusion sur les mangemorts, Harry dirigea l'image à quelques mètres d'eux.
Extatiques, les mangemorts applaudirent en regardant les flammes exploser autour de ce qu'il semblait être le corps ensanglanté de Bellatrix et le balai brisé. Se sentant un peu révulsé en voyant le corps de sa femme brûler, même si ce n'était qu'une illusion, Harry sortit sa baguette Wandel et la pointa férocement vers les mangemorts qui s'étaient rassemblés autour de l'illusion du cadavre. Soudainement, ils furent submergés par un nuage de ténèbres.
Avec sa baguette de phoénix, Harry annula le sort de projection ce qui fit disparaître Bellatrix et les flammes consumant son corps. Puis, rapidement, tout en maintenant le nuage noir autour des mangemorts avec sa baguette Wandel, Harry utilisa la baguette de phoénix pour éteindre autant de sources de lumière que possible. Puis il abandonna le sort de ténèbres et jeta le sort qui conjurerait le fantôme d'Ashworth.
Le fantôme apparut à quelques mètres de l'entrée principale du Terrier. Il ne fallut que quelques secondes aux mangemorts pour l'apercevoir.
« C'est le professeur Ashworth ! » cria un des mangemorts et la voix sembla familière à Harry. Harry savait qu'il s'agissait sans doute d'un ancien étudiant. Peu de personnes avaient une raison de l'appeler « Professeur. »
Les mangemorts étaient clairement confus quant à ce qu'ils devaient faire contre le fantôme sur lequel ils avaient entendus tant d'histoires. Avec un peu de temps, ils auraient peut-être pensé à faire quelque chose, comme s'enfuir, mais Harry ne leur donna pas assez de temps.
Harry tourna sa baguette Wandel et les yeux du fantôme flamboyèrent. Souriant, il serra sa baguette de phoénix, comme s'il tenait une dague, puis il commença à l'abattre vers le bas. Ainsi, des éclairs lumineux surgirent autour des mangemorts rassemblés – enfin ils ne restèrent pas longtemps rassemblés ainsi.
Il continua et les mangemorts se dispersèrent dans le désordre mais les éclairs de lumière continuaient à les suivre. Harry savait que ce ne n'était pas un moyen très efficace pour remporter la bataille, mais ça suffisait pour l'instant et Harry s'amusait beaucoup. Finalement, tous les mangemorts qu'il pouvait voir étaient par terre et avaient très certainement besoin de soins médicaux. Il doutait cependant que plus d'un ou deux d'entre eux soit mort car Harry n'était pas assez puissant pour que tous ses éclairs soient mortels. Mais, il savait que ceux qu'il avait touchés seraient probablement inconscients pendant un jour ou deux et se réveilleraient avec d'horribles brûlures. De telles brûlures seraient une bien meilleure punition que celle que les mangemorts ayant fui recevraient en l'annonçant à Voldemort.
D'après le fort picotement de sa cicatrice, Harry avait l'impression que Voldemort savait déjà que l'attaque avait échoué. Souriant largement, Harry cessa son orage lumineux. Avant de transplaner sur le sol pour informer les Weasley qu'il avait survécu, Harry prit un moment pour s'assurer par le biais de sa cicatrice que Voldemort n'était pas dans le coin ou sur le chemin.
Juste au moment om Harry avait la certitude que Voldemort n'allait pas venir au Terrier, un assaillant jaillit de derrière Harry et le fit tomber sur le toit, envoyant par la même occasion, les deux baguettes par dessus le toit. Haletant, Harry roula sur le côté et essaya de repousser son assaillant, en vain. Le corps de Bellatrix n'avait pas les muscles d'Harry.
« Bella, » grinça l'attaquant, « oh Bella ! »
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent quand il reconnut Rodolphus Lestrange. Pas bon, pensa Harry. J'aurais dû être plus prudent avec ces mangemorts dispersés autour du Terrier. Toujours plaqué sous Rodolphus, Harry essaya de trouver un moyen pour se sortir de la situation. Pliant ses jambes, Harry leva son genou et frappa entre les jambes de Rodolphus.
Les poumons de Rodolphus se vidèrent aussitôt comme si Harry l'avait frappé dans l'estomac ou dans la poitrine. Profitant de l'occasion, Harry frappa Rodolphus et lui fit lâcher sa baguette. Se débattant, Harry essaya de l'attraper, mais elle roula hors du toit avant qu'Harry ne puisse la toucher.
Récupérant, Rodolphus s'adressa à la personne qu'il pensait être Bellatrix. « Foutue sorcière, tu vas payer pour ça. »
« Tu aurais dû le voir venir, » marmonna Harry.
Cela sembla enrager davantage Rodolphus. Toujours au dessus d'Harry il leva son poing et frappa plusieurs Harry dans le visage avant d'attraper sa gorge et de commencer à serrer. Harry leva les deux mains de Bellatrix et les enroula autour de la gorge de Rodolphus, espérant que peut-être, il pourrait serrer plus fort et retenir plus longtemps sa respiration.
Malheureusement, Harry découvrit à nouveau que Bellatrix n'avait pas les muscles d'Harry. Pour empirer les choses, les bras et jambes d'Harry commençaient à lui faire très mal. Rodolphus relâcha sa prise et écarta les bras d'Harry. « Tu penses pouvoir m'affronter ? »
Harry ne répondit pas parce qu'il sentait une douleur dans tout son corps. Son silence sembla agacer Rodolphus encore plus et le mangemorts attrapa Harry par la gorge et commença à la serrer encore. Fébrilement, Harry essaya à son tour d'étranger Rodolphus. Soudainement, la douleur envahit Harry et il sentit que sa peau était en feu. C'est à ce moment qu'Harry réalisa que cela faisait plus d'une heure depuis sa dernière dose de polynectar.
Rodolphus continua à étrangler Harry mais il regardait maintenant son assaillant avec consternation. La transformation sembla durer une éternité, mais dès qu'elle fut passée, Harry prit une meilleure prise pour étrangler Rodolphus et il serra plus fort que les mains de Bellatrix n'en étaient capables. Puis, changeant de stratégie, Harry relâcha sa prise sur le coup de Rodolphus et frappa un grand coup dans le nez du mangemort, le brisant ainsi.
Puis Harry enroula les bras autour de Rodolphus et roula, étant alors au dessus de lui. Il frappa encore quelque fois Rodolphus, puis commença à l'étouffer. Rodolphus se battait à peine, car il restait figé devant le visage d'Harry Ashworth.
Plusieurs pensées traversèrent la tête d'Harry alors qu'il regardait la vie quitter les yeux de Rodolphus. Même s'il lui arrivait de tuer ses ennemis sur le champ de bataille, Harry n'était pas habitué à regarder la victime dans ses yeux en le faisant. Devait-il tuer Lestrange même s'il pouvait capturer le sorcier en vie ? Il est vrai que Lestrange avait fait assez d'horribles choses pour mériter la mort, mais Harry ne se voyait pas comme juge ou juré.
D'un autre côté, s'il laissait Lestrange en vie, il exposerait au moins un des secrets d'Harry. Les secrets d'Harry étaient-il si cruciaux pour l'effort de guerre qu'il devait tuer pour les préserver ? Et Bellatrix dans tout ça ? Harry savait que Lestrange la traquerait tant qu'elle serait en vie. Mais une fois encore, était-ce la responsabilité d'Harry de tuer quelqu'un car cette personne en voulait à sa femme ? Pouvait-il condamner quelqu'un pour ce qu'il ferait dans le futur ?
Avant qu'Harry ne puisse se décider, Rodolphus sentit l'hésitation d'Harry et avec un soudain regain d'énergie, il repoussa Harry, bondit sur ses pieds et se prépara à bondir sur Harry. Les instincts de défense d'Harry réagirent et il roula vers Lestrange. Puis il leva son pied vers le mangemort et le planta dans son scutum, infligeant une nouvelle dose de douleur au mangemort, mais plus important encore, le poussant hors du toit.
Criant, Rodolphus Lestrange bascula du toit anormalement haut du Terrier et il atterrit la tête la première sur l'une des pierres qui menaient vers la porte de derrière des Weasley. Le son de l'impact de Lestrange sur le sol aurait été suffisant pour signaler que le mangemort était mort, mais Harry regarda quand même en bas pour confirmer que Rodolphus avait bien le cou brisé.
Avec un soupir de soulagement, Harry fouilla son corps afin de retrouver la bouteille de Polynectar. Buvant une dose, Harry s'allongea et endura une nouvelle fois la transformation en sa femme. Puis il resta allongé, réfléchissant à la mort de Rodolphus Lestrange.
Harry était épuisé quand il revint à leur appartement à Manchester. Heureux, il découvrit que Bellatrix, anticipant son retour des Weasley, avait commandé le petit-déjeuner dans un restaurant local et l'avait ramené chez eux.
« Je suppose que l'attaque a eu lieu, » observa sèchement Bellatrix en s'asseyant en face d'Harry qui était toujours sous l'effet du Polynectar. Même si Harry semblait être passé sous un immeuble, le couple était identique.
« Ça tu peux le dire, » dit Harry en prenant sa tasse de jus d'orange et buvant une longue gorgée. « Mais je pense qu'il serait bien plus précis d'appeler ça une bataille ou une guerre. »
« Oh ? » demanda Bellatrix, attendant qu'Harry élabore.
« Ton piège en a eu plusieurs au début, mais il en restait plusieurs autres pour continuer à se battre, » expliqua Harry, s'arrêtant assez longtemps pour manger un œuf. « Mais bon, il y en a au moins quinze envoyés à la morgue et vingt à Azkaban. Les autres ont fui. »
« Il y avait autant de mangemorts durant cette attaque ? » demanda Bellatrix. « Je pensais qu'il n'y en aurait qu'une dizaine. »
« Les Weasley le pensaient aussi, » confirma Harry. « Le temps qu'Arthur et Molly ne réalisent qu'il y en avait plus, il était trop tard pour appeler l'Ordre ou les aurors. »
« Pourquoi envoyer autant de mangemorts tuer les Weasley ? » se demanda Bellatrix.
« Maugrey pensait qu'ils voulaient peut-être capturer les Weasley immédiatement après une réunion de l'Ordre pour les interroger ou pire, pour prendre leur apparence durant la prochaine réunion », dit Harry.
« Intéressant, » dit Bellatrix, en posant sa fourchette et en prenant une gorgée de jus d'orange. « Les aurors et l'Ordre sont arrivés après pour nettoyer, je suppose ? »
« Ouais, » dit Harry. « Ils étaient assez impressionnés par ton talent. »
Bellatrix esquissa un sourire. « Ils devraient toujours l'être. »
« Il y a juste une dernière chose, » dit Harry après un bref blanc dans la conversation. « Rodolphus Lestrange était là. Il est mort.
« Bien joué Harry, » dit Bellatrix en souriant. « Est-il mort comme un idiot ou s'est-il battu jusqu'à la mort ? »
« Euh, il s'est battu, » admit Harry.
« Je suppose que tu es aussi content, » dit Bellatrix.
Harry hocha la tête, mal à l'aise, ne voulant plus parler de ce sujet. Le couple continua le petit-déjeuner, alternant entre manger et commenter l'édition matinale de la Gazette du Sorcier.
« Je suppose que tu veux dormir un peu, » dit Bellatrix en finissant son verre de jus d'orange. Elle le posa et poussa la tasse et l'assiette pour que Kréature les nettoie. « Je prévoyais de faire quelques courses. Plus tard, il y a quelque chose pour laquelle j'aurai besoin de ton aide. »
« Très bien, » dit Harry, se souvenant soudainement de la réunion de l'Ordre de la nuit dernière. « Avant que tu y ailles, j'espérais tu puisses faire un chèque à l'Ordre. »
« Répète-ça ? »
« J'étais à une réunion de l'Ordre la nuit dernière, » dit Harry. « J'ai promis de faire une donation de vingt-cinq mille gallions pour aider les victimes des mangemorts. J'ai besoin que tu signes le chèque et que tu l'envoies par hibou puisque je ne peux pas imiter ta signature. »
« Tu viens juste de donner vingt-cinq mille gallions à l'Ordre ? » demanda Bellatrix, sa voix grimpant de quelques octaves.
« C'est pour une bonne cause, » se défendit Harry. « De plus, c'est mon argent. »
« C'est notre argent », rétorqua Bellatrix. « Tu n'aurais pas pu me consulter avant de faire ça ? »
« Je ne pensais pas que ce serait un problème, » dit Harry. « Dumbledore a promis de me fournir un rapport sur les dépenses qu'il en fera. »
« Oh, génial. »
« L'argent sera dépensé de façon responsable, » la rassura Harry.
Bellatrix soupira. « Peut-être que j'exagère. »
« Non, je comprends, » dit Harry. « Je suis désolé. »
Bellatrix secoua la tête. « Non, ce n'est rien. J'ai déjà dépensé beaucoup de gallions quand tu n'étais pas dans le coin. »
Harry hocha la tête légèrement, même s'il était complètement d'accord. Il chercha de changer de sujet. « Pour quoi avais-tu besoin de mon aide ? »
« Ah, oui, ça, » dit Bellatrix, ayant l'air tout à coup nerveuse. « Tous mes tests sur l'horcruxe ont échoué, » admit-elle. « La seule chose qu'il me restait à faire, c'était donner le journal à Pettigrow et le laisser y écrire. »
Bellatrix n'avait pas besoin d'en rajouter davantage pour qu'Harry comprenne ses plans. Harry savait très bien quel effet inévitable le journal aurait sur Pettigrow. Il pouvait vaguement comprendre la stratégie. Malgré cela, Harry se sentait mal à l'aise à l'idée de sacrifier Peter Pettigrow pour le plus grand bien. Malgré lui, des souvenirs de sa troisième année lui revinrent à l'esprit – quand il avait épargné Pettigrow. D'un autre côté, il se souvenait aussi de sa quatrième année… et de toutes les autres choses que Pettigrow avait faites dans la guerre qui avait suivie.
« Tu n'approuves pas, n'est-ce pas ? » demanda Bellatrix.
Harry ferma les yeux et soupira. « C'est juste que c'est si soudain. »
« Tu penses que tu peux dépenser un tas d'argent pour l'Ordre, mais quand je fais quelque chose toute seule, tu désapprouves, » dit Bellatrix, sa voix devenant à nouveau plus aigue.
« Je pensais m'être déjà excusé pour voir dépensé plusieurs milliers de gallions sans t'avoir prévenu, » rétorqua Harry, se sentant maintenant assez agacé.
« Donc, tu pense que je devrais m'excuser pour être passée à la prochaine étape logique de cette guerre ? »
« Et bien, si nous allons commencer à tuer des prisonniers de sang froid, alors ouais, j'aimerai être impliqué avant dans la décision, » s'énerva Harry. « Ou sinon, si tu vas tuer des gens sans me consulter, alors peut-être que j'aimerai faire des dons à œuvres de charité sans te consulter. »
« Et bien, je t'en prie, » cria Bellatrix en prenant une voix mortellement froide. « Mais si tu t'attends à ce que je signe le chèque, oublie ça. Va à Gringotts et commande un chéquier. Ou mieux, signer avec ton foutu nom. » Puis elle se leva et sortit de la pièce. Quelques instants plus tard, Harry entendit la porte claquer.
Soupirant, Harry reconnut qu'il ferait bien de prendre une douche et d'aller dormir. Il espérait juste avoir la certitude que Bellatrix dormait elle aussi. Harry regarda autour de lui pour savoir quelle heure il était. Avec un peu de chance, il serait endormi avant que le Polynectar ne s'estompe et il échapperait ainsi à la douloureuse transformation qui s'ensuivrait.
Le Professeur Dumbledore suçait deux bonbons au citron quand Maugrey revint des Weasley pour faire un compte-rendu sur l'attaque. L'ancien auror quitta les flammes vertes de la cheminée et s'assit dans un fauteuil en face du directeur.
« J'ai entendu que c'était pire que ce que nous avions anticipé, » dit Dumbledore.
« En effet, » dit Maugrey.
« Pas de blessés ? »
« Non, » dit Maugrey en souriant vicieusement. « Cette fille a terrassé les mangemorts. Je suis sûr que Voldemort est toujours en train du punir ceux s'étant échappés. »
« Arthur ou Molly ont-ils décrit la bataille ? » demanda Dumbledore, curieux de savoir comment Bellatrix avait fait durant une bataille contre un grand nombre d'assaillants.
« J'ai même mieux, » dit Maugrey en sortant une petite fiole de sa poche. « Arthur m'a donné son souvenir. Je pense que vous voulez le voir. »
Le duo se retrouva aussitôt dans la pensive de Dumbledore, regardant les enchantements de protection exploser sur les mangemorts. Dumbledore regarda les événements avec attention et de façon très analytique. Maugrey, d'un autre côté semblait plus apprécier le spectacle que l'analyser.
« Des enchantements survoltés, je pense, » remarqua Dumbledore.
« Intelligent, n'est-ce pas ? » dit Maugrey, ne grommelant plus du tout pour une fois. Il semblait que Bellatrix venait de gagner un fan.
« Dangereux, je dirais, » répondit Dumbledore.
« Oui, mais exécuté d'une main de maitre. »
Les enchantements tombèrent et ils regardèrent Bellatrix disparaître, puis réapparaitre sur un balai. « Je trouve étrange que Mme Black ait développé soudainement une affinité pour le vol, » commenta Dumbledore tout en regardant Bellatrix éviter les sortilèges et répliquer avec les siens.
« Il n'est jamais trop tard pour apprendre, » remarqua Maugrey tout en utilisant sa baguette pour prendre le contrôle du souvenir et l'accélérer un peu.
« Excepté que j'ai découvert que ceux n'ayons pas souvent utilisés de balais dans leur enfance, n'arrivent pas à maitriser le vol, une fois adulte, » contra Dumbledore. « Je ne pense pas que Mme Black soit déjà montée sur un balai quand elle était à Poudlard. Ne trouvez-vous pas cela étrange qu'elle monte maintenant sur un balai avec l'adresse et la précision d'un joueur professionnel de Quidditch ? »
« Peut-être, » dit Maugrey. « Mais voici la partie importante, » dit-il en ralentissant le souvenir alors que Bellatrix disparaissait de nouveau.
Dumbledore et Maugrey regardèrent alors Bellatrix disparaître soudainement avant de réapparaitre au dessus du Terrier et de s'écraser par terre. La surprise apparut dans les yeux bleu du directeur, quand Dumbledore regarda le corps brûlé de Bellatrix.
« Un sort d'illusion, je pense, » déclara Maugrey en figeant le souvenir et en avançant. Il se pencha, passant sa tête à travers les flammes autour du corps de Bellatrix.
« Il semblerait que Bellatrix ne nous ait pas montré tout ce qu'elle sait sur les sortilèges d'illusion, » conclut Dumbledore.
« C'est bien dommage, » dit Maugrey. « Cette illusion en particulier est très bonne, mais pas parfaite. Si nous pouvions utiliser ce sort d'illusion, nous pourrions utiliser le fantôme d'Ashworth dès que nous le voudrions. »
« Quelles sont les imperfections de cette illusion ? » demanda Dumbledore en se rapprochant.
« L'illusion montre qu'il y a du sang partout, mais il n'y a aucune plaie, » expliqua Maugrey. Puis il se redressa et pointa le toit du Terrier. « Je suppose que Bellatrix s'y était posée. Nous ne la voyons plus car elle n'était plus dans la ligne de mire d'Arthur. »
Les deux vieux sorciers regardèrent ensuite la bataille reprendre son cours avec l'apparition du fantôme d'Ashworth et le tourbillon d'éclairs. Quand ils quittèrent la pensive, Dumbledore retourna sur sa chaise derrière son bureau et s'y assit lourdement. « J'ai peut-être sous-estimé les prouesses de Mme Black, » dit-il sur le ton de la conversation.
Maugrey ne s'assit pas. « Donnons-nous un peu de temps pour y songer. Nous devrions intensifier nos efforts pour la recruter pour qu'elle intègre directement nos rangs. »
« Vous avez probablement raison, » accepta Dumbledore. « Je prévoyais déjà de lui parler d'autre chose. »
« J'espère que votre rendez-vous aura lieu bientôt et qu'il se passera bien, » dit Maugrey. « J'ai bien peur d'avoir promis à Arthur que je reviendrai l'aider à ériger de nouveaux enchantements de protection dès que j'aurai fini de parler avec vous. »
« Ils ne vont pas demander à Mme Black de recréer ses enchantements à haute tension, » demanda Dumbledore, ses yeux pétillants.
« Même s'ils sont très satisfaits par les résultats, Arthur et Molly préfèreraient avoir des enchantements moins… excitants, » souligna Maugrey en souriant. Puis il quitta la pièce et ferma la porte derrière lui.
Les yeux de Dumbledore continuèrent à pétiller pendant qu'il regardait le vide pendant plusieurs minutes. Il était sur le point de se lever pour aller prendre un petit déjeuner quand un coup à sa porte annonça un nouveau visiteur.
« Entrez, » dit Dumbledore.
La porte s'ouvrit sur Rose Potter. « Bonjour, Monsieur le Directeur, puis-je vous déranger pendant quelques instants ? »
« Oui bien sûr, » dit Dumbledore d'un ton solennel, se levant pour l'inviter à s'asseoir. « Que puis-je faire pour vous ce matin ? »
Rose accepta la chaise et s'y assit. « Leo et moi avons été en communication avec Bellatrix Black, » commença-t-elle. « Elle cherche d'autres objets magiques comme le journal intime.
« Oui, je le sais, » dit Dumbledore, ne sachant pas exactement ce qu'il pouvait lui révéler.
« Je sais où l'un d'entre eux se situe, » annonça Rose.
Elle eut tout à coup toute l'attention de Dumbledore. « Comment avez-vous appris où il était ? »
« J'ai eu une vision pendant notre cours de divination, » expliqua Rose.
« Quand vous avez brisé la boule de cristal, » l'interrompit Dumbledore, comprenant soudainement pourquoi Rose avait eu cet étrange comportement.
« Euh, oui, » admit Rose.
« Alors je dois applaudir vos efforts pour protéger le secret de cette vision, » dit Dumbledore, avec approbation.
« Merci, » dit Rose. « Je pensais que moins il y aurait de personnes qui le sauraient, mieux ce serait. Même si Leo et moi avons pris des mesures pour informer Bellatrix. Nous espérions qu'elle pourrait nous en dire plus sur ce lieu caché. »
Dumbledore s'assit en arrière dans sa chaise et regarda Rose avec une consternation à peine voilée. « Vous avez pris des mesures pour garder cette vision secrète mais vous avez immédiatement avertie Mme Black ? Je pensais qu'étant donné votre histoire passée avec elle et ces objets magiques, vous seriez, du moins, hésitante avant de vous associer avec elle. »
« Nous avons eu nos différences, mais je sais qu'elle est de notre côté, » admit Rose, parlant rapidement alors qu'elle essayait d'expliquer son acte logique.
« Très bien, donc vous avez surpassé vos différences, » dit Dumbledore, acceptant ce qu'elle disait, pour le bien la conversation. « Maintenant, pourquoi aviez-vous besoin de consulter Mme Black pour savoir où était la salle cachée si vous l'avez vue dans une vision ? »
« Le fait est que j'ai une vision de la pièce où se trouve l'objet, mais Leo et moi n'arrivons pas à trouver cette pièce à Poudlard, même si nous savons qu'elle est dans ce château. Nous l'avons contactée pour savoir si elle savait quelque chose. »
« Etait-ce le cas ? »
« Je le pense, » dit Rose. « Mais elle n'a pas voulu nous en dire plus sur cette pièce. »
« Fascinant, » dit Dumbledore. « Peut-être que si vous me parliez de cette pièce, je pourrais la reconnaître. »
Rose lui décrivit la pièce et tout ce qu'elle y avait vu. « Une fois que nous aurons trouvé cette pièce, je suspecte qu'il faudra un peu de temps pour trouver l'objet étant donné la quantité astronomique de choses qui s'y trouvent déjà. »
« J'ai bien peu de ne pas savoir ce qu'est cette pièce, » admit Dumbledore, en parlant lentement tout en repassant tous ses souvenirs en boucle. « Il y a beaucoup de pièces qui ne sont pas toujours accessibles et qui ont été oubliées. Peut-être que la pièce que vous avez vue dans la vision est l'une de ces pièces. Ou peut-être que c'est une pièce comme la Chambre des Secrets. »
« Oui, c'est ce que je pensais, » dit Rose. « Que devons-nous faire à votre avis ? »
« Faire ? » demanda Dumbledore.
« Nous voulons que cet objet tombe entre nos mains, n'est-ce pas ? » demanda Rose.
« Oui, » confirma Dumbledore avec hésitation. « Obtenir ces objets est ma plus grande priorité pour la guerre contre Voldemort. Cependant, Mme Black semble être plus douée pour accomplir cette tâche que moi. »
Rose regarda le professeur Dumbledore avec interrogation. « Donc, que voulez-vous dire, »
« Je pense, » dit lentement Dumbledore, « qu'il serait bénéfique pour l'Ordre et pour l'effort de guerre en général que vous proposiez votre aide à Mme Black si elle vous le demande. »
« Donc, l'aider et trouver ces objets, » demanda Rose.
Dumbledore hocha la tête tout en regardant dans le vide. « Oui. Cependant, ne parlez à personne de cette conversation. Même pas aux membres de l'Ordre. La capture de ces objets est une opération hautement sensible. Le secret est impératif. »
« Il y a peu de choses que je ne dis pas à Léo, » répondit Rose. « Et pour mes parents ? »
Dumbledore resta silencieux pendant quelques instants. « Je pense que vous pouvez impliquer vos petits amis que Mme Black apprécie. Pour vos parents, ce ne sera un problème que quand vous déciderez quel type d'aide vous pouvez apporter à Mme Black. »
« Pourquoi ne pas demander à des membres adultes de l'Ordre d'aider Bellatrix, » demanda Rose en fronçant des sourcils.
Le professeur Dumbledore haussa des épaules et se pencha en avant sur son bureau. « J'ai bien peur de ne pas avoir le choix. Je pense que Mme Black a besoin d'aide dans cette affaire mais elle a jusque là refusé de le faire, mis à part avec vous et vos amis. »
« Pourquoi n'accepte-t-elle que notre aide à moi et mes amis, » se demanda Rose.
Dumbledore fit un petit sourire. « Je suppose que c'est parce qu'elle a l'impression qu'elle vous manipuler comme elle le veut. Si elle travaillait avec des membres plus âgés, il y aurait bien plus de discussions sur la manière dont certaines choses devraient être faites. »
Rose ne semblait pas apprécier sa suggestion sur Bellatrix qui pensait qu'elle était facile à manipuler, mais elle la poussa de côté. « Et si Bellatrix capture un objet avec notre aide ? Pouvons-nous l'autoriser à le prendre ? Ou devons-nous essayer de le capturer pour vous ? »
Dumbledore se figea. « N'essayez pas d'entraver les efforts de Mme Black. Pour l'instant, je la laisserai décider de ce qui doit être fait avec ces objets. »
Sa cape tourbillonnant derrière lui, Rogue quitta le petit déjeuner dans la Grande salle et descendit dans les donjons qui lui servaient de bureau afin de se préparer à son premier cours de la journée. A sa surprise, la porte de son bureau était déjà ouverte et il y avait de la lumière. Sortant sa baguette, il entra dans le bureau, préparer à attaquer verbalement l'étudiant qu'il allait trouver. Mais à la place, il trouva Bellatrix Black assise sur son bureau et lisant un rare livre de potions.
« Comment es-tu entrée ici, » rugit Rogue.
Bellatrix leva les yeux de son texte et le regarda. « Salut Severus. »
Rogue la fusilla du regard, laissant planer son salut.
« Voyant qu'il n'allait pas répondre, Bellatrix ferma le livre de potions et se leva. « Tu te souviens sûrement de l'époque où mon mari était le Maitre des Potions de Poudlard, » dit-elle. « C'était son bureau et j'y ai passé beaucoup de temps. »
Rogue suivit Bellatrix du regard quand elle ramena le livre à sa bonne place sur les étagères. « Professeur Ashworth était peut-être le professeur de potions mais il n'était en aucun cas un Maitre des Potions. »
« Je pense que mon mari n'aurait eu aucun mal à confirmer que tu as toujours été meilleur que lui en potions, » dit Bellatrix. « Moi aussi je pense, que tu es un fantastique Maitre des Potions. En fait, c'est pour ça que je suis venu te voir. »
« Que veux-tu ? » siffla Rogue.
« Du véritasérum, » répondit Bellatrix.
« Pour faire quoi? »
« Pettigrow, » dit Bellatrix en s'installant en face du bureau de Rogue qui reprit sa chaise. « La plupart des potions peuvent être achetées, sauf le Véritasérum. N'étant pas assez proche du Ministère aujourd'hui, j'ai pensé que seul toi pouvais m'en fournir. »
« Je n'ai pas franchement envie de t'assister dans tes manigances, » dit Rogue. « Je ne suis particulièrement pas incliné à t'aider car, même si tu as capturé Pettigrow, tu n'as toujours pas montré Draco à ta sœur ou envoyé un message pour lui dire comment il allait. »
Bellatrix sourit. « N'ai pas peur, Don Juan. Draco va bien. »
« Alors remets-le à sa mère, » dit Rogue avec colère. « Respecte ton serment. »
« Je n'ai jamais promis de le livrer à sa mère, » répondit Bellatrix en souriant d'un air suffisant. « J'ai promis de ne pas le tuer et de l'aider quand je le pourrai. Je ne l'ai pas tué et même si c'est discutable, on peut dire que je l'aide. »
« En quoi est-ce bénéfique pour toi de le garder ? » lâcha Rogue entre deux sifflements, essayant de cacher ses émotions.
« Ca me sera plutôt bénéfique en fait, » dit calmement Draco. « En pense je pense que sa garde m'est profitable en ce moment même. »
« Comment ça ? »
« Et bien, » dit lentement Bellatrix. « Si tu me donnes une petite fiole de Veritaserum sans faire d'histoires, je promets que je contacterai Narcissa d'ici une semaine et lui donnerai la chance de voir Draco pendant quelques heures. Il y a un restaurant moldu correct pas très loin de la nouvelle demeure de Draco. Lui et sa mère pourront y manger. Draco aimerait beaucoup ça. Après tout, je n'ai pas vraiment besoin de le nourrir. Tu pourrais même venir si tu le voulais. »
« Comment oses-tu, » siffla Rogue.
« C'est pour une bonne cause, » lui rappela Bellatrix. « Tu sais ? Comme finir cette guerre ? Je pourrais vous faire passer, toi et Narcissa pour des héros de guerre. »
« La fin ne justifie pas toujours les moyens, » essaya Rogue d'argumenter.
« Ecoute Severus, si tu veux rendre ça plus difficile que ça ne l'est déjà, je vais monter de convaincre Dumbledore que j'ai besoin de Veritaserum. Si j'ai à faire ça, Narcissa ne verra pas Draco cette semaine et tu seras toujours obligé de me remettre une fiole de Veritaserum, » déclara Bellatrix.
« Je vais en informer Albus, » dit Rogue en se levant et en déverrouillant son cabinet de potions.
« Je t'en prie, » s'irrita Bellatrix.
De mauvaise humeur, même si elle avait eu exactement ce qu'elle voulait, Bellatrix errait dans les donjons de Poudlard. Le Veritaserum était pour une bonne cause et il était sûr que le Professeur Dumbledore le lui aurait donné si elle lui avait demandé. Elle ne voulait juste pas lui parler aujourd'hui – pas des horcruxes, pas de Pettigrow et certainement pas d'une donation astronomique pour l'Ordre. Une petite voix dans sa tête lui rappela qu'elle devrait peut-être aller au bureau du Directeur et écrire le chèque d'Harry avait promis. C'était pour la bonne cause après tout. Harry n'avait pas voulu l'offenser.
Bellatrix secoua la tête et fit taire cette petite voix. Bien sûr qu'il ne voulait pas m'offenser, pensa-t-elle furieusement. Il semble juste penser qu'il peut prendre d'importantes décisions sans mon avis alors que moi je ne le peux pas. Comment ose-t-il me questionner sur Pettigrow ! Comment oses-t-il être offensé ! Je sais ce que je fais. Ne me fait-il pas confiance ?
« Bellatrix ? » demanda une petite voix, la faisant sortir de ses pensées.
Réalisant qu'elle avait baissé sa garde en pensant à Harry, Bellatrix fit volte-face pour identifier la personne qui lui avait parlée. C'était Ginny Weasley et elle avait soudainement l'ai de regretter d'avoir sorti Bellatrix de ses pensées.
« Salut Ginny, » dit Bellatrix d'un ton très formel, tout en essayant de regagner son calme.
« Je voulais juste vous remercier, » dit Ginny très rapidement, son visage rougissant d'embarras. « Ma mère m'a dit que vous avez dormi au Terrier que bien sûr elle m'a parlé de la nuit dernière. »
En silence, Bellatrix regarda Ginny pendant un moment avant de répondre. « Je m'assurerai de transmettre ta gratitude. »
Ginny eut l'air choquée. « Mais… si… alors comment ? »
« Polynectar, » dit Bellatrix en souriant soudainement. « Mais souviens-toi d'une chose, toute cette histoire est toujours protégées par le serment de secret que tu as pris. » Elle était sur le point de se retourner quand une autre voix l'interrompit soudainement.
« Mme Black, » fit la voix de Rose Potter.
Bellatrix réprima un grognement.
« Mme Black, » répéta Rose en approchant Bellatrix et Ginny. Elle portait sa sacoche et semblant se diriger vers son premier cours de la journée. « Que faites-vous ici ? »
« Corvée d'aide sociale, » dit Bellatrix. « Que veux-tu ? »
« Je voulais juste que vous sachiez quelque chose. »
« Quoi ? » demanda Bellatrix.
« Pour cette chasse aux objets magiques, mes amis et moi sommes prêts à vous aider, » dit Rose. « Si nous pouvons faire quelque chose, tenez-nous au courant. »
D'après l'expression sur le visage de Ginny, elle venait de l'apprendre.
Bellatrix afficha de nouveau un petit sourire suffisant. « Oui, et bien, la prochaine fois que je pénètrerai dans Poudlard et que j'aurai besoin de quelqu'un, je vous le dirai. Sinon, vous devrez attendre cet été, » dit Bellatrix.
« Vous êtes trop bonne, » dit Rose avec sarcasme.
« En effet, n'est-ce pas, »
« Mais, » dit Rose en baissant sa voix. « Je sais que l'on pourrait se faufiler hors de Poudlard si c'était suffisamment important. »
Bellatrix leva les yeux au ciel. « Je vois ça d'ici, » déclara-t-elle. « La guerre remportée grâce à des étudiants de Poudlard qui font l'école buissonnière. »
« Dites nous si vous avez besoin d'aide, » dit sèchement Rose, en ignorant le sarcasme de Bellatrix.
« Oh, je le ferai, » dit Bellatrix, avec un faux sourire tout en faisant un signer d'au revoir et en s'éloignant des deux jeunes sorcières. Elle espérait trouver un chemin moins fréquenté qui l'emmènerait à l'entrée secrète qu'elle avait utilisée pour ne pas se faire remarquer en entrant dans le château.
« Donc, voyons si j'ai bien tout compris, » dit Amélia Bones à Arthur et Molly Weasley alors qu'elle relisait les notes qu'elle avait prises dans un petit calepin. « Vous dormiez. Soudainement il y a eu cette attaque. Vos enchantements ont soudainement explosé. Vous avez riposté contre un énorme groupe de mangemorts et soudainement le fantôme d'Harry Ashworth est apparu près de votre maison, est venu jusqu'ici et a terminé le combat en jetant des éclairs de force. »
« Les éclairs sont arrivés après que les yeux du fantôme aient flamboyé, » corrigea Arthur en regardant Amélia avec une expression extrêmement vide.
« Bien sûr, » dit Amélia en le notant sur le parchemin. Elle ferma le carnet, le plaça sur la table et prit une tasse de thé que Molly lui avait donnée avant le rendez-vous. « Ce n'est peut-être que moi, » dit-elle, « mais je troue ça bizarre que ce fantôme, qui ne s'est montré jusque là qu'à Londres soit soudainement apparu pour une bataille contre les mangemorts en pleine campagne. »
« Et bien, là où vont les mangemorts, le fantôme suit, » suggéra Molly.
« C'est possible, » admit Amélia, toujours assise en buvant son thé. Au moment où Molly et Arthur se relaxèrent, Amélia reprit, « Maintenant dites-moi. Qui dormait dans le lit de votre fille la nuit dernière ? »
« Qu'est-ce qui vous fait dire que quelqu'un a dormi dans la chambre de Ginny ? » demanda Molly.
« Les couvertures étaient froissées, » souligna Amélia.
« Ginny aurait très bien pu le faire à Noël, » dit Arthur.
« Oui, » dit Amélia, « juste après avoir peigné ses cheveux noirs et les avoir laissés sur l'oreiller. »
« Est-ce un interrogatoire ? » demanda Molly.
« Non, » dit Amélia, « mais je porte un intérêt tout particulier à certains évènements récents. »
« Et bien, pourquoi ne pas nous faire la faveur de garder vos théories pour vous, » dit Arthur.
« Remarquez que j'ai abordé ce sujet après que mes collègues aient fini de nettoyer votre jardin, » dit Amélia. « Soyez sûrs que je serai discrète. » Elle se leva, prit son calepin et le mit dans sa poche. « Saluez Bellatrix Black de ma part, vous serez gentil. »
