Le lendemain, je sorti à mon heure habituelle pour ma promenade. Cela a toujours fait rire Raphael comment j'étais prévisible. Non, me dis-je, je ne commencerais pas la journée en pensant lui! Il était déjà assez frustrant que je rêve de lui toutes les nuits, avec une érection matinale. Bien entendu, je n'avais aucun contrôle sur mes pensées la nuit, mais le jour c'était impardonnable.

J'étais dans mon coin préféré du parc quand j'entendis un cri féminin.

Un homme secouait une jeune fille par le bras avec un air menaçant.

Sans y penser, par instinct, je laissai mon landau double et intervint en le sommant de laisser cette jeune fille tranquille.

L'homme me repoussa très brutalement en m'insultant et en me disant de m'occuper de mes oignons et repris la jeune fille par le bras.

Il ne vit jamais venir mon coup de pied. Remis de son choc, il laissa sa victime en grommelant.

-Êtes –vous blessée?

La jeune fille me regarda d'un regard ou se lisait l'admiration la plus pur ainsi que la reconnaissance

-Non, grâce à vous!

-Croyez-vous que cet homme vous refera du mal? Voulez-vous que je vous accompagne au poste de police?

-Non, ça va aller. Je dois absolument terminer ma distribution de curriculum vitae si je veux pouvoir déménager et éviter cet homme! C'est le fils de mon propriétaire. Je croyais que durant mon temps au Japon, il m'aurait oublié…

-Vous revenez du Japon?

-Oui, un contrat de quatre mois chez une famille pour enseigner notre langue aux enfants et m'occuper d'eux.

-Oh, vous êtes enseignante?

-Non, je suis orpheline, je n'ai donc pas assez d'argent pour aller à l'université. Mes parents sont décédés avec ma petite sœur il y a trois ans. Depuis ce temps, je cumule les boulots…à part m'occuper d'enfant, du ménage et des repas, je ne sais rien faire. Je dois mes quatre mois de loyer aux parents de ce garçon…je ne peux déménager avant…il m'a dit qu'il pourrait effacer ma dette si… mais je ne peux faire ça, vous comprenez?

-Mais il faut fuir!

-Sans payer ma dette? Ça ne serait pas…honorable. Bref, me voilà dans les quartiers fortunés pour être engagée. J'ai besoin d'une famille qui me garderait 24 heures, car je ne veux retourner là-bas. Et je pourrai alors rembourser ma dette.

Son récit m'avait énormément touché.

-Écoutez, euh…vous vous appelez?

-Diana.

-Je peux vous donner vos quatre mois de loyer.

-Mais monsieur, je ne vous connais pas…et je n'ai rien fait pour vous. Vous m'avez sauvé, je ne peux exiger davantage. Mais si vous voulez m'escorter encore quelque temps, il ne reste que cet immeuble.

Elle pointa le mien. Je soupirai

-Diana, je peux si vous voulez vous engager. Mais mes enfants sont très jeunes et…

-Oh! Cela n'a aucune importance! Je suis habituée. Ce sont eux? Ils sont adorables!

-Oui. J'ai une chambre de libre, dans mon appartement. Je ne sais si vous seriez à l'aise de…

-Monsieur, avant de me donner de l'espoir ne voulez-vous pas consulter votre femme?

-Je suis veuf.

-Oh! Désolée…elle est morte à leur naissance?

-Oui, je ne veux pas en parler.

-Je comprends. Donc, c'est d'accord, vous m'engagez?

-Oui. Habituellement, qu'inclut votre engagement?

-Je m'occupe des soins des enfants. Je fais les repas, le ménage, le lavage,les courses.

Quelqu'un qui cuisinerait à ma place ne pouvait être qu'une bénédiction. Je me nourrissais exclusivement de riz depuis des semaines. Il fallait que je trouve une solution avant le premier anniversaire de mes enfants. Je ne voulais pas les empoisonner. Et je devais avouer que seul, j'étais épuisé.

-Bien, écoutez. J'accepte votre aide pour les tâches ménagères et la cuisine. Pour mes enfants, un coup de pouce à l'occasion serait apprécié, mais je continuerai à m'occuper d'eux principalement.

-Comme vous le désirez, M?

-Léonardo. Nous avons le même âge, donc pas besoin d'aller dans l'officiel.

J'allais chercher avec elle ses effets personnels puis je lui fis visiter l'appartement.

-Puisque les jumeaux dormiront encore ensemble quelques années, cette pièce est libre.

Au bout de trois jours, je me demandai comment j'avais pu survivre sans elle. Diana nous préparait de délicieux petits plats que nous mangions en tête à tête et était parfaite avec les enfants. Son aide était précieuse et de plus parler à quelqu'un de simple me faisait le plus grand bien. Elle m'était déjà devenue indispensable. Mon seul problème qu'elle ne pouvait régler était mes nuits torturantes de solitude. Je n'osais me soulager de ma lubricité la nuit. Je ne voulais pas que Diana me surprenne et nous quitte en proclamant que j'étais un pervers. Mon seul refuge était la douche, mais au-delà de deux fois par jour, cela était suspect.

Diana avait l'air parfaite contente de son sort donc je ne vis pas venir ce qui suivit. J'avais commencé à l'en voir en amie plutôt qu'en employée. Amie très, très séduisante, particularité que j 'essayai d'occulter. Il était le soir et nous écoutions un film, assis à une distance que je jugeais respectable. Quand elle était trop près, son parfum réveillait la bête en moi, ce que je ne voulais pas.

Soudain, elle poussa un soupir sonore :

-Je ne peux continuer ainsi!

Je tournais la tête vers elle, interloqué. Avais-je fais quelque chose de mal? Avait-elle noté quelques fois la bosse dans mes pantalons?

-Léonardo…je ne peux plus continuer à travailler ici?

-Pourquoi Diana? Est-ce le salaire? J'avoue que tu n'as pas eu un jour de congé! Tu en fais beaucoup trop! Je peux me débrouiller seul deux jours par semaine sans problème.

Elle secoua doucement la tête.

-Ce n'est pas pour ça.

-Alors?

-Je crois…que…non je suis certaine d'être tombée amoureuse de toi

Je ne répondis rien. Le fait que je l'avais renversée et que mes lèvres étaient sur les siennes valaient toutes les réponses du monde. Je la portai dans le lit et permit à la bête de sortir de sa cage.

Je n'avais pas dormi depuis des jours. Mais mon sommeil, qui de tout temps avait été léger, et l'était davantage depuis mes enfants, me permit de sentir Diana bouger, sortir de la pièce sur la pointe des pieds et revenir avec quelque chose. Et j'entendis distinctement le « clic ». Diana m'avait pris en photo avec son cellulaire. Pourquoi? Car elle me trouvait mignon ainsi dans un lit en désordre? Car elle voulait se rappeler notre première nuit? Car elle voulait une photo de son petit copain? Étais-je son petit copain? Je fis semblant de dormir un quart d'heure encore puis je me réveillai. Les petits dormaient encore et Diana m'annonça avec un sourire et un baiser qu'elle allait faire des gaufres à la cannelle si j'avais envie.

J'acceptai et au même moment, les petits se réveillèrent. Elle alla les voir et je profitai de ce moment pour subtiliser la cannelle. Cette photo prise à mon insu me tourmentait. Je devais m'assurer de la raison.

Une fois les soins aux enfants donnés, elle se mit à commencer sa recette. Vint le moment, ou elle chercha l'épice disparue.

Au bout de dix minutes, elle dû se rendre à l'évidence que je n'avais pas de cannelle.

-Je vais les faire au chocolat, alors.

-Non! J'ai vraiment envie de cannelle. Peux-tu aller en chercher ? De toute façon, le lait baisse aussi. Il aurait fallu que tu sortes de toute façon en chercher plus tard.

Je ne lui laissai pas le temps d'agripper son sac à main. Je lui remis mon portefeuille.

-Achètes aussi tout ce qu'il faut pour des sushis maison. Prends-ton temps, je n'ai pas faim immédiatement.

Je l'a mis carrément à la porte avant la moindre objection. Puis, je pris son sac dans sa chambre.

J'avais honte de fouiller dans ses affaires, mais cette photo étrange m'obsédait. Je pris son téléphone et regardai ses photos : je n'avais pas rêvé. Il y en avait une.

Puis, l'appareil vibra dans ma main, j'allai le redéposer quand le nom de l'expéditeur du message apparut :

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