hello

BONNE LECTURE...


- Merci à toi d'être là.

Nos regards s'accrochèrent, ma tendresse rencontra sa peine et tenta de l'alléger. Il nous enveloppa de la couverture, je me blottis contre son torse.

- Je sais que ce ne sera pas facile mais essaye de dormir un peu. Articulais-je dans un bâillement.

- Je vais essayer, mais toi aussi.

Deux corps enlacés, deux êtres abattus sombrèrent dans l'abysse d'une nuit triste et froide.

CHAPITRE 35 : ALEXIS

ALEXIS

Ce soir j'avais rendez-vous avec un beau jeune homme brun, Nathan devait me rejoindre devant le campus pour une soirée au cinéma et un petit resto en amoureux, elle était si attentionné envers moi, je me demandais ce que j'avais fait pour mériter un si adorable petit ami. Je sortais de ma chambre impatiente de le retrouver. Arrivée à notre habituel lieu de rendez-vous, il n'était pas encore là, je regardais ma montre, j'avais cinq minutes d'avance, il n'allait pas tarder, je sortais mon IPhone pour voir s'il ne m'avait pas envoyé de message mais constatant que ce n'était pas le cas, je le remettais dans mon sac à main. Au loin je devinais sa grande silhouette, il était grand, beau, bien bâti…..mes yeux glissèrent sur son corps parfait et mes mains étaient impatientes de serrer ce corps chaud et rassurant. Je levais le bras pour lui faire signe mais tout à coup tout bascula.

Je n'avais rien vu venir, alors que je saluais au loin Nathan avec qui j'avais rendez-vous, des hommes m'avaient attrapée et mis un truc sur la tête me plongeant dans le noir total, ils m'avaient soulevée et jetée assez brutalement à l'arrière de ce que j'avais deviné être un bus de livraison ou un van. J'avais crié, je m'étais débattue comme une diablesse dans une vaine tentative de me libérer, tout s'était déroulé si vite que personne n'avait pu m'aider. La dernière chose que j'avais vu c'était Nathan, son regard pétrifié lorsque ces hommes m'avaient emmenée, il courait dans notre direction mais en vain, il n'avait pu nous rattraper. J'entends encore ses appels, il hurlait mon nom la peur au fond de la gorge étranglait sa belle voix. Moi aussi je mourais de peur en ce moment, j'étais seule, assise au fond du van, sur ce qui me semblait une bâche, j'avais les mains attachées dans le dos et ne pouvais rien voir. Affolée, je les questionnais sans cesse.

- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

Mais comme à chaque fois, aucune réponse. Aucun mot n'avait été échangé entre les ravisseurs, deux d'entre eux étaient toujours à l'arrière avec moi, un à côté de moi et l'autre en face, comme nous roulions assez vite, je les sentais me télescoper lorsque le chauffeur abordait les virages un peu trop vite.

Je réussi enfin à calmer mon pouls, je ne devais pas paniquer, essayer de mémoriser les bruits, les carrefours étaient trop nombreux pour que je m'en souvienne alors je me concentrais sur les sons. Des voitures, des cloches, peut-être une église. Soudain un des ravisseurs ordonna au chauffeur de s'arrêter sur la droite. La peur de mourir envahit tout mon être et silencieusement je laissais échapper quelques larmes qui se métamorphosèrent en torrent salé dévalant mes joues, finissant leur course au bout de mon menton avant de tremper le sac qui couvrait mon visage. J'allais mourir dans peu de temps, je sentais ma dernière heure approcher.

Le van sauta en franchissant ce que je supposais être une bordure ou un trottoir et dérapa avant de s'immobiliser, le chauffeur et un occupant descendirent, j'entendis du bruit de ferraille, de la tôle qui plie et qui grince les unes contre les autres. La porte arrière du van se referma dans un claquement et des voix énervées arrivèrent à mes oreilles. Un des homme était contrarié, je ne comprenais pas tout ce qu'ils se disaient mais il était question de la cigarette que le chauffeur avait jeté sur place. Avec les moyens de recherche actuels, un simple mégot pouvait leur être fatal, le chauffeur avait été négligeant en la balançant par la fenêtre ce qui avait rendu l'autre homme furieux. Soudain de cris de supplique, il criait qu'il ne l'avait pas fait exprès et que cela ne se reproduirait plus « Non pitié ne me tue pas » et un coup de feu retentit dans la nuit. Je sursautais en attendant la détonation et me recroquevillais sur moi-même, me faisant aussi petite que possible. L'angoisse qu'ils puissent me tuer ici maintenant s'immisça au plus profond de mes entrailles et mes larmes ruisselèrent de plus belle.

Le van redémarra, dans un crissement de pneus. L'homme qui se tenait toujours derrière avec moi questionna le chauffeur.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

- On suit le plan initial, on va à la planque.

Le véhicule roula encore environ 10 minutes, la circulation devenait moins importante et les sons me parvenant étaient moins fort, plus lointain mais un nouveau bruit captiva mon ouïe, une corne de brume, celle que l'on trouve sur les bateau, nous devions être proche de l'East river ou de Harlem river nous nous dirigions vers le nord et c'était les plus proches étendue d'eau ou naviguaient des navires de fret. Mes jambes commençaient à me faire souffrir, j'étais à genoux appuyée contre la paroi du van, il fallait que j'étire mes jambes. Je bougeais lentement essayant de passer inaperçu mais en vain, le ravisseur m'attrapa le bras en m'ordonnant de rester tranquille.

- J'ai mal aux jambes, il faut que je les déplie.

Il lâcha mon bras et poussa la bâche pour que je puisse m'étendre.

Je ne savais plus depuis combien de temps nous roulions, j'avais perdu toute notion du temps à l'arrière de ce van. Mes pensées allèrent vers mon père que j'aimais tant, je l'avais vu souffrir de mon emménagement sur le campus mais il l'avait accepté, il avait été génial. J'angoissais pour lui, qu'allait-il devenir, nous avions une relation quasi fusionnelle sachant quand l'autre n'allait pas bien, il devinait lorsque j'avais un chagrin d'amour ou au contraire lorsque j'avais un nouveau petit ami. Il avait eu l'air d'apprécier Nathan, notre repas s'était super bien passé et il n'avait même pas fait de blagues douteuses. Je pense que Kate devait y être pour quelque chose car depuis qu'ils étaient en couple, il avait changé. Je repris un peu espoir en pensant à Kate, elle était le meilleur flic de New-York, si quelqu'un pouvait me sortir de ce mauvais pas c'était bien elle, je devais donc m'accrocher, ne pas me laisser abattre. Alors que nous ralentissions, un sifflement strident résonna au loin, un train, c'était un train qui freinait, nous étions proche d'une voie de chemin de fer, peut-être même d'une gare. Le van s'arrêta et ils me firent sortir sans trop me maltraiter, j'avais un homme de chaque côté et ils m'emmenèrent dans ce qui sembla un entrepôt d'après le bruit de nos pas qui résonnait. Un grincement de porte métallique, un des ravisseur me détacha les mains et me poussa à l'intérieur, j'ôtais ma cagoule et découvrais mon lieu de détention.

J'étais dans une petite pièce très sombre, pas de fenêtre mais un filet de lumière filtrait à travers les murs de briques anciennes dont les joints n'étaient plus tout jeunes. Mes yeux s'habituèrent à la pénombre et je pouvais distinguer un vieux lit en métal couvert d'un tout aussi vieux matelas en paille, au plafond une ampoule pendait simplement reliée aux fils électrique mais elle n'était pas allumée. Bien sûr ils m'avaient délesté de mon sac et vidé mes poches, donc pas moyen d'appeler à l'aide, je refermais mon manteau et mettais le capuchon essayant de me protéger du froid au maximum. Je faisais le tour de la pièce, qui ne devait pas faire plus de trois mètre sur deux, en passant mes mains sur les murs cherchant…je ne savais pas ce que je cherchais mais je devais découvrir ma prison, peut-être que je trouverais quelque chose qui pourrait m'aider.

Ayant fait plusieurs fois le tour de la pièce, et n'ayant rien trouvé à part un bidon en métal, je fini par me laisser tomber assise sur le lit qui grinça bruyamment. Je m'adossais à la tête de lit et repliais mes jambes, posant le menton sur mes genoux. Le sentiment de peur refit son apparition au fond de mon cœur, des images de gens que j'aimaient dansèrent devant mes yeux, mon père et ses fous rire lors de nos balades au parc, nos soirées pyjamas devant un film Star Wars, grand-mère euphorique à la fin d'une de ses pièce de théâtre et Kate, nos discussions entre filles, je me surpris à penser à elle plus tôt qu'à ma mère. Ma mère avec qui je m'entendais bien mais qui n'avait jamais été là pour moi, les seul fois ou je la voyais c'était lorsqu'elle tournait un film dans les environs ou qu'elle faisait escale à New-York dans ses tournée de promotion. Kate, depuis qu'elle fréquentait mon père, avait été plus souvent présente pour moi que ne l'avait jamais été Meredith. Et Nathan, dans quel état était-il ? Nous nous fréquentions depuis deux mois et il avait déjà subit la rencontre avec mon père et maintenant ça, il m'avait vu me faire enlever sans pouvoir intervenir, il devait culpabiliser un max. Un frisson parcouru mon corps de la tête aux pieds ce qui me sorti de mes pensées, nous étions en décembre et cette pièce était, avec ses trous dans les murs, très froide. Je me levais et tapais contre la porte pour me faire entendre.

- Hé, vous m'entendez, j'ai froid, et faim.

Aucune réponse, même pas un bruit. Alors je réitérais mes appels espérant que quelqu'un m'entende. J'avais appris lors d'une conférence d'un ancien des force d'intervention à l'université que d'établir un contact avec les ravisseur permettait de savoir s'ils voulaient vraiment faire du mal aux victimes, ou s'ils avaient besoin de les garder en vie. J'espérais être dans la deuxième catégorie alors je retentais le coup et criais de nouveau à mes ravisseurs. Il m'avait semblé entendre un bruit mais cinq minutes plus tard toujours aucune visite. Je repris ma position initiale essayant de garder ma chaleur sous mon manteau mais la fraicheur des murs commençait à traverser mes différentes couches d'habits, je soufflais sur mes mains pour tenter de les réchauffer mais le froid reprenait le dessus très rapidement. Soudain, alors que ne m'y attendais plus, la porte s'ouvrit brusquement sur un de mes ravisseurs toujours cagoulés. De peur, je m'étais levée du lit, croisant mes bras sur ma poitrine. Il alluma la lumière, ce qui me fit plisser les yeux devant cette soudaine luminosité.

- Recule contre le mur.

- D'accord mais ne me faites pas de mal.

J'obéis aussitôt, il déposa deux vielles couvertures militaire ainsi qu'un sandwich et une bouteille d'eau puis ressortis tout aussi vite qu'il était entré en éteignant la lumière. Je n'avais pas osé le regarder dans les yeux, j'avais détaillé ses habits, bottes en cuir, pantalon noir, sa veste militaire était entre-ouverte et j'avais aperçut un tatouage dans son cou, il m'avait semblé voir un animal à corne entouré d'une lettre, peut-être un O ou un D je ne l'avais pas bien vu. Je me saisis des couvertures et m'emmitouflais du mieux que je pouvais. Installée sur ce vieux matelas, je savourais ce simple sandwich, ne gaspillant aucune miette. Ces couvertures n'était pas de prime jeunesse mais elles avaient l'avantage d'être grandes ce qui me permit de me camoufler jusqu'aux pieds. Couchée en boule je repensais aux parole du flic de la conférence, « s'ils vous nourrissent, prennent soin de vous c'est qu'ils veulent vous garder en vie, alors ne brusquez pas les choses, soyez patients.» Je sentais mes paupières se faire de plus en plus lourdes, je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là mais la lueur qui filtrait à travers les murs avait disparu plongeant la pièce dans le noir. Je m'installais le mieux possible resserrant les couvertures laissant mon esprit voyager auprès des personnes que j'aimais. La fatigue prit le dessus et je fini par m'endormir.

Ma nuit fût peuplée de cauchemar, de rêve ou plutôt de souvenirs heureux, les Noël passés avec papa et grand-mère, quand j'étais petite, il tenait le rôle de maman, de papa et de grand frère. J'adorais mon père, vous me direz qu'avec sa fortune c'était facile d'être un bon papa mais non, l'argent ne fait pas tout, il m'avait inculqué la valeur de l'argent, si je voulais quelque chose je devais le mériter ou le gagner. Il n'avait pas toujours roulé sur l'or, avec grand-mère ils avaient aussi eu des périodes de vaches maigres sans vraiment être démunis mais devant tout de même faire attention. Il tenait aussi le rôle de maman, il me soignait lorsque j'étais malade, me dorlotait, me câlinait, je sentais qu'il essayait de me faire oublier que ma mère ne se souciait aucunement de moi et il y parvenait très bien, je n'ai jamais ressentis le manque d'une présence féminine à la maison, grand-mère y était peut-être pour quelque chose. Et le rôle de frère lorsque nous empoignons nos sabres laser pour un duel à la Dark vador ou au parc quand il ne pouvait s'empêcher de se rouler dans l'herbe cherchant par tous les moyens à me faire rire, et il y réussissait superbement. J'adore mon père. C'est mon meilleur ami.

Je sursautais en entendant le grincement de la porte en métal de ma cellule et me levais prestement. Le même ravisseur cagoulé que la veille mit la lumière et s'avança d'un pas.

- Recule.

J'obéis sans broncher.

- Bien dormi ? me demanda-t-il ?

- Pas trop, j'aurais mieux aimé être dans mon lit.

Il déposa parterre un plateau.

Je levais les yeux vers lui pour la première fois.

- Merci.

Il sortit, claqua la porte mais n'éteignit pas la lumière. Je me jetais sur le plateau garni d'un gros morceau de pain, d'une pomme et d'une tasse de café bon chaud, j'en appréciais la chaleur me brulant la langue au premier contact mais ça faisait tellement de bien. Le pain fût aussi le bienvenu car à part le sandwich la veille je n'avais rien mangé. Je tenais encore la tasse vide profitant de sa chaleur pour me réchauffer les mains et gardais la pomme pour plus tard, on ne sait jamais. Cet homme n'avait pas l'air si cruel, enfin si puisqu'il m'avait enlevé, mais il prenait soin de moi, deux couvertures, un sandwich, le plateau de ce matin et il m'avait même demandé si j'avais bien dormi. Deux coups frappé contre la porte de firent tressaillir et l'homme cria de derrière la porte.

- Si tu as fini de manger pose le plateau devant la porte tape un coup contre et recule jusqu'au mur.

Je m'exécutais rapidement, il été « gentil » avec moi, ce n'était pas le moment de l'énerver. Je frappais un coup contre la porte et reculais comme il me l'avait demandé. Il ouvrit la porte me fixa, baissa les yeux sur le plateau vide et les releva de nouveau dans ma direction.

- C'est bien.

- Vous pouvez laisser la lumière ?

Il ne répondit pas et referma violemment la porte, au moins j'avais essayé, mais je fus surprise de voir la lumière rester allumée.

- Merci. Dis-je assez fort pour que peut-être il m'entende.

Quelques minutes plus tard, un bruit de moteur résonna dans l'entrepôt. L'angoisse crispa mon estomac, je mis une main sur ma bouche pour étouffer un sanglot ou était-ce un cri mais rien ne sortis. Tout à coup la porte s'ouvrit et cette fois trois hommes dont les visages étaient toujours couverts par des cagoules entrèrent dans ma cellule.

- Alors c'est elle Alexis Castle ? demanda le plus grand des trois.

- Oui c'est moi, que me voulez-vous ?

- Oh de vous rien mademoiselle, mais de votre père plein de chose.

Ils quittèrent la pièce en rigolant comme des saoulards me laissant encore seule, abandonnée à mon triste sort. Je m'approchais de la porte, ils discutaient de l'autre côté, leur chef devait passer un coup de fil, mais à qui ? À mon père ? Une demande de rançon ? Je les entendis se rapprocher de la porte alors je m'empressais de reculer comme d'habitude. Ils entrèrent les trois, celui que je supposais être le chef me tendit un téléphone alors que les deux autres me tenaient en joue avec leur armes.

- Fait attention à ce que tu dis.

Je pris le téléphone priant pour que ce soit papa. Je devais vite trouver comment lui faire passer un indice sur ma position.

- Allo !

- Mon Dieu Alexis que je suis content de t'entendre. Comment tu vas ?

- Oh moi aussi papa. Je vais bien mais tu me manque. Qu'es ce que je donnerais pour pouvoir jouer avec toi au crocodile sous le sapin de Noël et pouvoir le décorer avec l'ange que j'avais fait lorsque j'avais six ans.

- Moi aussi chérie, ne t'en ….

- Ça suffit maintenant. Cria l'homme en m'arrachant l'appareil des mains.

Ils quittèrent la pièce faisant claquer la porte. La discussion avait été brève mais m'avait redonné du courage. Restais plus qu'à espérer qu'il ait compris le message et qu'il puisse indiquer à Kate ou me chercher. La théorie de la rançon devenait plus que sérieuse.


ALORS?

peut-être un autre chapitre avant Noël...