Chapitre 34 : De l'autre côté de toi/ On the other side of you

Tout à coup, comme s'il prenait lentement conscience de quelque chose, le vampire au chapeau blanc jeta un regard circulaire dans l'obscurité qui nous entourait. Il leva le nez et inspira profondément.
« Mais où est passée Laeti ?, s'étonna-t-il. »
Edward se tenait derrière moi, ses bras croisés autour de mes épaules. Je levai mon visage vers lui, mais il faisait mine de scruter également les alentours.
« Je crois que cela fait un moment qu'elle n'est plus avec nous, répondit-il simplement.
_ Ah, ça ! »
L'attitude de Julien se fit plus nerveuse.
« Ce serait bien la première fois… Excusez-moi mais… il faut absolument que j'aille voir ce qu'il lui arrive. »
Il s'éloigna de quelques pas puis revint vers nous.
« Je n'en ai pas pour longtemps, sans doute. Attendez-moi, je reviens. Non, mieux : allez donc chez moi, nous pourrons continuer à bavarder. Je vous y rejoins dès que je l'ai retrouvée… Euh, j'ai récupéré l'appartement de François quand il est parti. Tu te souviens, Edward, près de St Sulpice ? Allez-y ! La porte est toujours ouverte. Il y a du monde en permanence, même quand je n'y suis pas. Faites comme chez vous. »
Il s'avança vers nous, posa sa main sur l'épaule d'Edward, puis se pencha vers moi.
« Mon ami… Et vous, madame Cullen, j'ai été ravi, vraiment. J'espère vous revoir au plus vite. A tout à l'heure, donc ! »
Et il disparut comme par enchantement.
Quelques secondes passèrent.
« Tu ne comptes pas l'attendre ? Ni aller chez lui, n'est-ce pas ?
_ Non. A moins que tu n'y tiennes… Il ne reviendra pas, de toute façon. Il ne revient jamais. Ce n'est pas quelqu'un qu'il faut attendre. »
Mes yeux cherchaient à capter le regard d'Edward.
« Ton ami est pourtant quelqu'un de très agréable, me semble-t-il, finis-je par déclarer.
_ Oui, sourit-il. Il plaît beaucoup. En fait, je n'ai jamais vu personne lui résister. Humain comme vampire. J'ai toujours pensé qu'il avait une sorte de don, mais il ne s'en est jamais soucié. Il est assez désinvolte pour tout, comme tu as pu le constater.
_ Tu n'avais pas l'air tout à fait heureux de le voir, cependant.
_ Julien est…, soupira-t-il, assez particulier.
_ Il n'a pas l'air méchant.
_ Non ? Il ne l'est pas vraiment, en effet. Pour moi, en tout cas. Mais… il a des goûts très précis.
_ Que veux-tu dire ? »
Je me tournai vers Edward. Il m'attira contre lui, sa main se posa sur ma nuque et ses doigts glissèrent dans mes cheveux.
« Il… il se nourrit d'êtres humains, Bella. De jeunes femmes, en fait. Exclusivement. Surtout quand elles sont jolies. Il l'a toujours fait. Malgré ses considérations philosophiques sur la mort, il ne peut pas s'en empêcher… C'est une contradiction qui l'habite depuis des décennies, même s'il n'en laisse rien paraître. Et il ne sait pas comment la résoudre. Je pense même qu'il ne cherche plus à le faire. Il vit avec, c'est tout.
_ Oh ? »
Mon estomac se serra. Nous avions conversé de manière très affable et plaisante. Pendant un moment, j'en avais oublié qu'il était un vampire et qu'il n'avait peut-être pas fait les mêmes choix qu'Edward et sa famille.
« Mais, ça ne l'empêche pas…, voulus-je protester. Il a l'air très attaché à Laetitia. Tu as vu comme il est parti à sa recherche ? Il avait l'air inquiet. S'il veut en faire sa compagne, c'est qu'il est capable d'éprouver autre chose qu'un besoin de… »
Edward fronça les sourcils. Ce qu'il allait m'expliquer semblait lui être pénible.
_ Ce n'est pas qu'un besoin, Bella. C'est son plaisir. Quant à en faire sa compagne… Il dit toujours ça. Mais il est extrêmement inconstant, par nature. Je sais qu'il est sincèrement amoureux, parfois. Quelques minutes… peut-être quelques jours. Puis il se lasse. Il se lasse vite. Et cela se termine immanquablement de la même manière. Il les tue. Nous avons souvent discuté à ce sujet, autrefois. Nous nous sommes même disputés. Mais, d'un autre côté, lui et ses amis étaient les vampires les plus amicaux et les plus agréables que j'aie rencontrés lorsque je suis venu ici. »
Je déglutis. Je ne me sentais pas très bien tout à coup. J'étais inquiète.
Je me serrai contre Edward.
« Mais Laetitia… ? Tu es sûr qu'il veut… S'il lui a couru après…
_ Il lui a couru après comme après un repas malencontreusement disparu. Je l'ai vu dans sa pensée. Il n'a jamais cherché à me dissimuler ses intentions. Je préfèrerais parfois… Mais j'ai fait mon possible pour le retenir.
_ Quoi ? Quand elle a disparu ? J'ai remarqué qu'elle ne nous avait pas suivis.
_ Je lui ai… suggéré de fuir.
_ Tu… ? Tu as utilisé le pouvoir de Kaly ?
_ Oui. Avec Laetitia cela a été assez simple. Il m'a semblé qu'elle voulait se laisser convaincre. J'espère lui avoir suffisamment donné de temps. Julien ne supporte pas qu'une proie lui échappe.
_ Oh, Edward… »
Je n'avais rien compris. Je m'étais laissée aller au plaisir d'une conversation cultivée et séduisante. Sans profondeur. Edward avait fait ce qu'il fallait, lui. Il avait bien agi. Je posai ma joue contre sa poitrine.
« Laetitia m'a simplement semblé amoureuse…, soufflai-je. Je n'ai pas réfléchi davantage.
_ Elle a une petite fille, chuchota Edward en embrassant le sommet de mon crâne. Cet amour-là m'a aidé à la pousser… Malgré le charme que Julien exerce sur elle. Pour lui, ça a été plus difficile. Je n'ai pas réellement le don de Kaly et Julien est assez récalcitrant. Après l'avoir d'abord maintenu à distance, j'ai cependant dû me servir de toi ensuite. A partir de ce moment-là, c'est presque devenu trop facile. D'ailleurs, cela m'inquiète… »
Edward avait l'air préoccupé.
« Je ne comprends pas. De quoi parles-tu ? »
Il prit mes mains.
« Viens, retournons vers l'hôtel. Je préfèrerais quand même partir d'ici, au cas où -pour une fois- il se déciderait à revenir. Et puis le jour ne va plus tarder à se lever. »

Quand nous eûmes regagné notre chambre, je m'installai près de la fenêtre ouverte, mon dos appuyé contre la balustrade métallique du balcon. L'aube ne blanchissait pas encore l'horizon, mais l'air était un peu plus frais. Très agréable. Edward s'assit face à moi. Il me semblait qu'il m'étudiait du regard. Son expression soucieuse ne l'avait pas quitté. Que se passait-il ?
« Tu me regardes comme si tu cherchais à découvrir quelque chose, Edward…
_ Je me dis juste que les effets du sang de Kaly sur toi ne sont pas tout à fait ceux auxquels je m'attendais.
_ Que veux-tu dire ?
_ Je vois bien que tu… tu as guéri et tu as davantage d'énergie, c'est une bonne chose. Que tu exerces une attirance particulière sur les êtres humains ne me dérange pas vraiment… enfin (il sourit un peu)… pas vraiment encore…
_ Tu exagères, Edward.
_ Non, Bella. C'est très réel, répliqua-t-il avec beaucoup de sérieux. Je l'ai même lu dans l'esprit de Laetitia.
_ Que… ?
_ Ce qui m'inquiète davantage c'est qu'apparemment tu deviennes particulièrement attirante pour les vampires aussi.
_ Quoi ?
_ Je crois que si Julien est arrivé jusqu'à nous, ce n'était pas tout à fait par hasard. Il s'est senti attiré. De loin. Dès qu'il t'a vue… je sais ce qu'il a pensé. Et je l'ai retenu. Grâce au pouvoir de Kaly. Il a fait un effort, lui-même, parce qu'il me connaît, mais… je ne suis pas sûr que cela aurait duré bien longtemps. Quand j'ai convaincu Laetitia de nous fausser compagnie, j'ai cessé de le tenir à distance de toi. Et tu as vu ce qui s'est passé ? Il en a même oublié qu'elle aurait dû être avec nous ! Il a fallu que je dose plus finement ma suggestion, c'était assez difficile.
_ C'est pour cette raison que tu restais si silencieux…
_ Oui. J'essayais de me concentrer. Et entendre ses pensées n'aidait pas vraiment.
_ Oh… »
Il semblait que nous avions un nouveau problème. Quand cesserais-je donc de créer des ennuis ?
« Je suis désolée, Edward. Mais c'est sans doute temporaire… Kaly a dit que certaines choses allaient passer.
_ Je ne sais pas. »
Il semblait confus.
« J'ai l'impression que ça empire, au contraire. »
Il leva ses yeux vers moi, puis tourna son visage vers la fenêtre et son regard alla se perdre, loin, au-dessus des toits de la ville endormie. Durant quelques secondes, nous demeurâmes silencieux.
Etais-je devenue si différente ? Je ne m'en rendais pas compte. Je savais que j'étais toujours moi-même, au fond. Mes préoccupations, mes sentiments… étaient toujours les mêmes. Ils étaient juste… plus forts, à certains moments.
Me penchant en avant, je touchai la main d'Edward, et serrai ses doigts dans les miens.
« Dis-moi, Edward. As-tu… as-tu essayé d'utiliser le pouvoir de Kaly sur moi, ce soir ?
_ Non. Et puis… je crois qu'il ne fonctionne plus avec toi. Même si c'est moi qui l'exerce. Kaly a bien dit que vos pouvoirs respectifs n'avaient plus d'effet sur vous. Pourquoi ? Tu en as eu l'impression ?
_ C'est juste… Avant que Julien n'arrive, j'ai… il m'a semblé que j'avais perdu conscience quelques secondes.
_ Ah ? »
Il soupira, baissant son regard sur nos deux mains unies. Quand il releva ses yeux vers moi, je retrouvai soudain une expression familière. Une expression que je ne lui avais plus vue depuis bien longtemps. Dans l'obscurité qui s'était faite plus légère, ses pupilles brillaient. Son visage avait pris un air un peu triste et perdu. Sa mâchoire était tendue, il s'efforçait de sourire, pourtant.
Oh, pitié ! Je ne voulais plus le rendre malheureux !
« J'ai eu cette impression, moi aussi, Bella, articula-t-il. J'ai un peu perdu la tête. »
Sans doute s'en voulait-il. Il ne devait pas. Je savais ce que j'avais ressenti, alors. Je l'aimais tant !
Je me penchai sur sa main, y déposai un baiser. Le souvenir de l'instant que nous venions d'évoquer fit refluer en moi l'émotion que j'avais éprouvée. Je sentais bien que j'avais encore envie de l'embrasser. Que cette envie ne me quitterait plus, sans doute, et qu'elle m'assaillait avec plus de force qu'elle ne l'avait jamais fait. Pour tenter de dissiper mon trouble, je demandai :
« Pourquoi ne m'as-tu jamais parlé du temps que tu as passé ici, Edward ? Il n'y a donc rien dont tu aimes te souvenir ? Qui sont François et Jean-Baptiste ? »
Comment si je l'extirpais tout à coup d'un rêve, il tressaillit.
« Oh… C'est une période de ma vie où je n'étais pas très heureux. Mais nous avons eu quelques bons moments.
_ Viens, soufflai-je en me relevant. Je vais m'allonger. Tu vois, les choses rentrent dans l'ordre : je commence à avoir sommeil. Viens près de moi, tu vas me raconter. Enfin… si tu veux bien. »
Il sourit.
Effectivement, je me sentais accablée, tout à coup. Réellement lasse. Mais je n'aurais pas su dire si c'était uniquement dû à la fatigue, ou bien également à la peine lourde qui venait de se réveiller en moi.

Edward s'adossa à la tête du lit et je m'étirai près de lui, rabattant le drap léger sur moi. Nous avions éteint la climatisation. La chaleur était douce. Elle me bercerait tendrement. Ma main tenait toujours celle d'Edward. Je ne le lâcherais plus jamais. Quoi qu'il arrive. Je ne voulais plus qu'il se sente obligé de me fuir, ou que quoi que ce soit nous sépare. Nous avions vécu tant de choses ensemble… Tout ce qu'il nous restait à vivre, nous le partagerions. J'en étais convaincue. Il fallait qu'il le soit aussi.
« Je t'écoute, lançai-je en fermant les yeux.
_ Tu vas t'endormir et je continuerai à parler tout seul, gloussa-t-il.
_ Ne t'en fais pas. Je vais t'écouter jusqu'au bout.
_ Bon. Ce ne sera pas très long, de toute façon. Tu sais que… pendant quelques années, j'ai quitté Carlisle…
_ Peu après être devenu vampire…
_ Oui. Je ne savais pas trop… ce que j'étais. Qui j'étais. Ce que je devais faire pour être en paix. Je suis venu en Europe. Quand je suis arrivé à Paris, j'ai rencontré Julien. Il s'est montré immédiatement très amical. Comme il peut l'être, tu as vu. A cette époque, il passait son temps avec deux autres vampires, François et Jean-Baptiste. Deux musiciens. François était pianiste et chanteur, Jean-Baptiste poète. Il jouait aussi merveilleusement du luth et du violon. C'était un excellent musicien. J'espère qu'il l'est toujours… Ce qu'il a fait ne me surprend pas. Il s'interrogeait beaucoup. Nous nous sommes tout de suite bien entendus. Nous avons beaucoup discuté. Jean-Baptiste était très croyant. Il avait une foi profonde. Etre devenu un vampire était très dur pour lui. S'il n'y avait pas eu la musique dans son existence, je sais qu'il serait probablement devenu fou. »
Edward se tut. Je craignais que ces souvenirs ne lui soient trop pénibles.
« Tu n'es pas obligé de continuer, si tu ne veux pas.
_ Oh, non… ne t'inquiète pas. Je me rappelle seulement ce que je ressentais alors… C'est si loin !
_ Julien et Jean-Baptiste sont très âgés ?
_ Pas beaucoup plus que moi. Je sais que Julien est né en 1869. Il a dû être changé en vampire quelques années avant ma naissance. Jean-Baptiste et François avaient à peu près mon âge.
_ C'est Julien qui a fait d'eux des vampires ?
_ Non. Je ne crois pas qu'il soit capable de transformer un humain en vampire, Bella. Il est trop… avide. Quand il boit, il ne peut pas s'arrêter. Et je ne crois pas qu'il ait changé, malgré la délicatesse dont il sait faire preuve. Julien est un personnage tout en contrastes. Même si nous ne nous entendions pas sur tout, je dois reconnaître qu'il est quelqu'un de très intrigant. S'il s'amusait de mon don, quitte à me provoquer même, en donnant libre cours à sa pensée en ma présence, je n'ai jamais pu savoir comment il avait été changé en vampire. C'est un souvenir qu'il a toujours tenu loin de lui. Comme s'il l'avait oublié ou… effacé. J'ai toujours pensé que cela avait dû être un moment particulièrement traumatisant pour lui. Malgré cela, il se montre toujours léger et plein d'humour. Il vénère l'art et la beauté. Sa culture est incroyable, et il s'entoure toujours de gens intéressants. Il vit pour s'amuser. Et il fuit l'ennui comme s'il était son unique ennemi. A part cela, il se fiche de tout. C'est une force, quelque part. Un moment, elle m'a fascinée. François était plus proche de cette sensibilité. Ils s'entendaient très bien tous les deux.
_ Pas toi ?
_ Si, la plupart du temps. Mais nous avions des divergences profondes. François était un hédoniste. Il existait pour le plaisir, et ceux de sa nature vampirique. Il avait fait ses choix. Moi, je cherchais à faire les miens. C'est à cette époque que je pensais que tuer des êtres humains mauvais était peut-être plus tolérable. Jean-Baptiste faisait comme moi. Mais nous n'étions réellement satisfaits ni l'un ni l'autre. Tous ensemble, nous donnions parfois des concerts privés. L'amour de la musique nous unissait mieux que notre nature. Je suis resté deux ans avec eux. Puis je suis retourné en Amérique.
_ En passant par Denali, avant de rejoindre Carlisle.
_ Oui. Tu vois, il n'y a pas beaucoup plus à en dire. »
J'imaginais, pourtant. Edward avait vécu des choses qui n'existaient plus à présent. Il avait rencontré certaines personnalités, traversé des moments importants de l'Histoire, et il en gardait la mémoire. Une mémoire fraîche. Comme Kaly. Oh, Kaly avait vu tant de choses ! C'était un être si précieux… Comment pourrais-je jamais accepter qu'elle disparaisse ? De tout mon cœur, de toute mon âme, j'espérais qu'elle ne le ferait pas. Si elle ressentait mes émotions, je souhaitais qu'elle perçoive à quel point ce serait commettre un sacrilège. Elle m'avait transmis sa mémoire, mais elle ne m'appartenait pas vraiment. Et je n'étais pas elle pour autant. Durant quelques secondes, mon cœur se mit à battre plus fort. Une pointe de révolte l'animait à nouveau. Puis il s'apaisa. Je sentis son rythme ralentir. Il me sembla que c'était peut-être une réponse. Quelle idée étrange ! Elle me fit sourire.
« Que se passe-t-il ?, interrogea Edward.
_ Oh, je pense à Kaly… Je me disais que vous avez vu tant de choses de vos yeux ! C'est irremplaçable. »
Il ne répondit rien, leva son regard vers le plafond et s'allongea davantage.
« Qu'est-ce que cette étoile argentée et cette aube d'or dont tu parlais avec Julien ?
_ Des confréries auxquelles il a appartenu. Il s'intéressait à la magie mais… de toute évidence cela ne donnait pas grand chose. Je ne crois pas qu'il ait jamais rencontré de vrai magicien.
_ Il devrait peut-être rencontrer Kaly ? »
Edward pouffa.
« Euh… très franchement… Non, je ne crois pas que ce serait une bonne chose.
_ Pourquoi ?
_ Julien deviendrait réellement infernal, s'il découvrait… Oh, mon Dieu ! Non. C'est vraiment une très mauvaise idée… »
Son rire s'arrêta, comme suspendu.
« Bella…
_ Oui ? »
Il se pressa contre moi, me prit dans ses bras. Je frissonnai.
« Julien… Julien parle trop. Et il connaît trop de monde. Il nous a dit qu'il se rendait parfois en Italie... »
Je savais ce qu'Edward voulait dire. J'y avais pensé moi-même lorsque Julien nous en avait parlé.
Tôt ou tard, les Volturi sauraient que nous étions toujours en vie. Et même si mon bouclier protégeait à présent Edward sans que je m'en rende compte, ne finiraient-ils pas par nous retrouver, d'une manière ou d'une autre ?
Dans la chambre, le silence se fit. Je fermai les paupières avec force, enfonçant ma tête dans mon oreiller, et me serrai contre Edward.
De l'extérieur, le ronronnement de quelques moteurs me parvint. Quelques voix lointaines, également.
Et, sur un toit, le miaulement d'un chat affamé.