Je rappelle que cette fiction est classée T ;)
L'enquête sur la mort de Robert Perry avançait doucement. Pourtant, l'Inspecteur Murdoch avait eu l'autorisation de son supérieur de prendre un jour de « congé ».
-Vous avez une mine affreuse Murdoch, lui avait-il lancé la veille, je ne veux pas savoir ce que vous faites de vos nuits, mais le Docteur Ogden devrait bien savoir qu'un homme a besoin de repos de temps en temps.
-Le Docteur n'a rien à voir là-dedans, avait grommelé William en levant les yeux au plafond et à regrets.
-Reposez-vous, on vous appelle si on a du nouveau.
Ainsi William était rentré tôt la veille et avait eu le bonheur de trouver Julia, assise dans leur salon devant la cheminée. Ils avaient discuté de l'enquête, bien entendu, et il avait été bien trop exténué pour profiter de la situation, mais William avait savouré chaque seconde de cette soirée. Il avait aimé l'entendre dire qu'elle était jalouse et qu'elle l'aimait, il avait aimé l'embrasser, sentir ses mains sur lui, gouter ses lèvres sucrées. Plus que tout, il avait infiniment aimé s'endormir contre elle, dans ses bras.
Il avait été bercé par le rythme lent de sa respiration, par sa poitrine sur laquelle il avait posé son visage et qui se soulevait à peine, par les battements de son cœur, par son parfum, par ses doigts se glissant dans ses cheveux.
Lorsqu'il s'était réveillé ce matin là, elle n'avait plus été là. Mais il ne pouvait s'empêcher de ressentir un immense bien être. Chaque nuit précédente, il les avait passé à la tenir dans ses bras et aucune n'avait été aussi douce pour lui que celle où se fut elle qui l'avait serré contre elle.
Il mit quelques minutes à se réveiller parfaitement, encore entouré du parfum de la jeune femme qui embaumait la couverture dans laquelle il se trouvait lové. Puis, il consentit à se lever. Il se rendit dans la cuisine et la trouva vide. Il ne croisa ni Julia, ni Joy sur son chemin, supposant qu'elles étaient sorties pour courir. Il prit alors le chemin de la salle de bains et se fit couler une longue douche. Il y resta un long moment, savourant l'eau brulante couler sur son corps, se replongeant dans ses pensées qui s'orientèrent toutes vers la jeune femme. William ferma les yeux quelques instants, tentant de reprendre ses esprits, mais rien n'y faisait, il ne voyant que son visage, son sourire, son corps. Il sentit qu'il perdait une fois encore le contrôle. Alors il arrêta aussitôt l'eau et quitta la douche, faisant deux pas dans la salle de bains pour se saisir d'une serviette. Il la porta à son visage qu'il essuya avant d'entendre la porte s'ouvrir à la volée. Elle se tenait là, face à lui, figée sur place. Il aurait voulu croiser son regard mais Julia semblait hypnotiser par autre chose, beaucoup plus bas que son visage. William baissa les yeux un instant et remarqua enfin dans quel état il se présentait à elle et que son corps n'avait pas encore oublié les pensées qu'il avait eu sous la douche. Il plaça rapidement la serviette devant sa nudité et leva les yeux vers elle à nouveau en rougissant. Elle était aussi écarlate que lui, la bouche entrouverte. Si la situation n'avait pas été aussi gênante pour lui, il aurait rit de la voir aussi perturbée.
-Je…euh, je, excusez-moi, dit-elle avant de quitter a pièce et de refermer la porte derrière elle.
William resta là quelques instants et ferma les yeux, incapable de bouger, ni même de parler. Pourquoi le sort semblait-il vouloir s'acharner sur lui de cette façon? Pourquoi était-elle rentrée à cet instant précis? Pourquoi l'avait-il vu dans un moment pareil? Pourquoi étai-elle aussi belle et désirable alors qu'elle ruisselait de sueur? Il n'avait qu'une envie, la rattraper, la déshabiller et lui faire l'amour dans la seconde.
« Calme-toi William, calme toi et penses à autre chose » Se répétait inlassablement le jeune homme dans sa tête.
De l'autre côté de la porte, la jeune femme avait les yeux fermés et tentait d'oublier ce qu'elle venait de voir. Elle devait reprendre ses esprits pour ne pas succomber et ouvrir cette porte à nouveau. Elle devait lutter pour ne pas entrer, lui arracher cette serviette et lui sauter dessus dans la seconde. Elle savait qu'elle l'aurait fait si elle ne l'avait pas trouvé si gêné. Elle sourit doucement. « Et il y avait de quoi être gêné, pensa-t-elle, pauvre William, nous les femmes nous savons si bien cacher notre désir ». Mais à cet instant, Julia savait que si elle avait été un homme, elle n'aurait rien pu cacher et heureusement que William s'était tenu à bonne distance, sinon peut être aurait-il remarqué ce qu'il avait provoqué en elle.
Le couple s'était méthodiquement évité toute la matinée. Ils s'évitaient du regard au déjeuné, pourtant assis l'un en face de l'autre. Lorsque Julia débarrassa la table et qu'elle sentit William effleurer sa main en l'aidant, elle se figea sur place, laissant tomber l'assiette au sol. Ils n'échangèrent pas un regard et le jeune homme quitta la pièce sans ajouter un mot. Elle ne le revit que de longues minutes plus tard, alors qu'il se trouvait devant le garage.
-William? Dit-elle en arrivant à sa hauteur. Vous avez une moto? Continua-t-elle abasourdie en regardant l'engin noir.
-En effet, je n'en fais que très rarement, mais j'avais prévu d'aller faire une balade au bord du lac.
-Oh, je vois, murmura Julia avant de s'éloigner, bonne balade alors.
Elle fit quelques pas avant qu'il n'arrive à sa hauteur et ne lui prenne doucement la main pour l'arrêter.
-Avec vous Julia, murmura-t-il au creux de son oreille, venez avec moi.
-J'ai vu tellement de blessés d'accident de moto William que jamais, j'ai bien dis jamais, je ne monterai sur un engin pareil. Et je vous déconseille d'en faire de même.
-Je sais être prudent.
-Ils disaient tous cela, rétorqua la jeune femme en plongeant son regard dans le sien.
-J'ai beaucoup trop peur qu'il vous arrive quoique se soit, si vous venez avec moi je vous promets qu'il ne nous arrivera aucun accident. Mon ange veillera sur nous.
-Votre ange? Lança Julia.
-Faites-moi confiance, ajouta William avant de déposer un baiser dans sa nuque.
-Vous savez comment me convaincre, grommela Julia en fermant les yeux, mais ça ne marchera pas toujours vous savez.
-Oh, dommage, grommela-t-il contre sa peau.
-Laissez-moi dix minutes pour passer d'autres vêtements et je suis à vous.
-Toute à moi? Lança William en plongeant son regard dans le sien.
-Eh bien, nous verrons, dit-elle sur ses lèvres avant de déposer un baiser et de se rendre à l'intérieur pour passer d'autres vêtements.
Julia revint dix minutes plus tard, changée. William resta immobile quelques secondes en la voyant approcher vers elle, la démarque chaloupée, les cheveux détachés et un immense sourire plaqué sur les lèvres. Elle terminait de fermer son blouson en cuir et déposa un baiser sur ses lèvres en arrivant à sa hauteur.
-Je ne regrettes pas avoir attendu, murmura William.
-Le fameux fantasme de la femme en cuir sur une moto, hum? Dit-elle en riant.
-Je ne suis qu'un homme, dit-il de la même façon.
Ils échangèrent encore un regard et Julia prit place sur la moto derrière lui. Il lui tendit un casque qu'elle passa aussitôt et il en fit de même avec le sien. Puis, il démarra alors qu'elle se cala tout contre lui dans son dos et resserrant ses bras autour de son torse.
Ils avaient roulé pendant de nombreuses minutes avant de s'arrêter au bord du lac, dans une petite crique déserte entourée d'arbres. William avait entrainé Julia derrière les bosquets et la regardait simplement du coin de l'œil. Elle avait le regard perdu au loin, vers Toronto qui se profilait à l'horizon et qui semblait flotter sur l'eau. Le vent emmenait avec lui quelques mèches de ses cheveux, les faisant danser dans les airs.
-William, c'est magnifique comme endroit, dit-elle en se tournant vers lui pour lui sourire, merci de m'avoir amené ici.
-J'y venais souvent autrefois.
-Avec Liza, ne pu s'empêcher de lancer Julia avec amertume.
-Non, jamais avec Liza, répondit aussitôt William, je venais seul. Je venais pour oublier mon quotidien, mon travail, ma vie et pour réfléchir.
-Réfléchir à quoi? Au sens profond de la vie?
-Julia, murmura William en lui prenant tendrement ses mains dans les siennes, j'ai un aveu à vous faire. Je…j'aurai dû vous le dire depuis longtemps déjà, je…Je venais ici pour penser à vous, dit-il en ancrant son regard dans le sien, est-ce que vous me croyez si je vous disais que je vous connais depuis des années ? Que j'ai le sentiment de vous avoir toujours connu?
-Eh bien, cela arrive parfois quand on est amoureux et…
-Je vous aime Julia, coupa William, mais ce n'est pas ça, c'est beaucoup plus fort. Comme si, je vous avais toujours connu, comme si vous étiez une part de moi-même que j'ai retrouvé, comme si je vous avais cherché toute ma vie. Comme si vous rencontrer était me découvrir tel que j'étais vraiment. J'ai rêvé de vous, des centaines de nuits avant notre rencontre, je…
Il ne termina pas sa phrase et regarda le sol. Alors, la jeune femme fit un pas de plus vers lui et caressa tendrement sa joue pour l'obliger à croiser son regard.
-Comme si vous vous voyez par mon regard, comme si les mots n'étaient pas nécessaires, continua-t-elle doucement, comme si nous étions des âmes sœurs.
Il ne répondit pas et acquiesça simplement. Julia lui sourit et il en fit autant. Puis, ils s'approchèrent l'un de l'autre un peu plus pour partager une tendre étreinte.
-Je ne peux pas expliquer ce qu'il se passe Julia, murmura-t-il en plongeant son visage dans ses cheveux.
-Je ne le peux pas non plus, avoua-t-elle contre sa peau, mais William je ne veux plus passer une seule seconde loin de vous, plus une seule petite seconde.
Il se sépara un peu d'elle et la regarda intensément en caressant ses lèvres quelques instants. Puis, il se pencha vers elle et l'embrassa pendant un long moment.
-Rentrons, murmura-t-elle dans un soupir de plaisir contre ses lèvres, maintenant William, maintenant, dit-elle avant de l'embrasser à son tour avec passion.
Ils firent le retour à la maison rapidement. William gara la moto dans le garage et ils y laissèrent les casques avant de se diriger vers la maison. Une fois encore Julia n'eut pas le temps d'ouvrir la porte que William pressa ses lèvres contre les siennes pour lui arracher un soupir de plaisir en jouant avec sa langue. Mais cette fois Julia ne le repoussa pas. Elle s'accrocha désespérément à lui, l'embrassant avec autant de passion que lui, approchant son corps si près du sien qu'ils faillirent tomber sur le sol par le choc de l'impact. D'une main, et sans quitter l'étreinte de la jeune femme, William ouvrit la porte et les guida tous les deux à l'intérieur. Il se déplaça vers l'escalier, mais Julia l'empêcha de faire un pas de plus.
-Le salon, soupira-t-elle à bout de souffle.
Il ne répondit pas et l'embrassa encore. Ils firent le chemin jusqu'au canapé sans se lâcher une seule seconde, laissant tomber leur veste sur le sol, ne se souciant pas de la chienne qui voulut venir vers eux mais fit rapidement demi-tour. Leurs chaussures furent enlevées également et une fois devant le canapé, ils s'éloignèrent enfin. Leur désir était plus qu'évident, il se lisait dans leurs yeux, dans leurs gestes et s'entendait dans leur respiration saccadées et leurs soupirs de plaisir. Julia lança un sourire taquin à William et le poussa gentiment sur le canapé. Elle se retrouva debout entre ses jambes. Il n'hésita pas une seule seconde pour venir poser ses mains sur elle, les remonter doucement de ses cuisses à ses fesses. La jeune femme soupira une fois encore et sentit les doigts de William se glisser sous son T-shirt pour venir caresser sa peau. Aussitôt, elle le retira et fut attirée tout contre William, venant s'assoir à califourchon sur ses genoux pour échanger un autre baiser passionné. Il glissa son souffle dans sa nuque et elle rejeta la tête en arrière en fermant les yeux.
-Oh William, soupira-t-elle.
Mais la douce torture ne faisait que commencer. Elle baissa les yeux vers lui et lui ouvrit sa chemise, un bouton après l'autre, très doucement, venant déposer un baiser humide sur son torse à chaque fois. Il se laissa faire simplement, laissant ses mains sur les cuisses de la jeune femme. Et lorsqu'il se trouvait torse nu, il l'attira violement contre lui pour venir sentir sa peau contre la sienne. Elle avait une main dans la nuque de William, caressant ses cheveux tendrement alors qu'il explora sa bouche une fois encore, et son autre main voyageait sur son torse. Elle la laissa sur sa ceinture qu'elle ouvrit rapidement. Vint le tour des boutons de son jeans et de sa braguette. Elle sentait une fois encore l'effet qu'elle pouvait lui faire et elle ne put s'empêcher de sourire.
-Pourquoi ce sourire, grommela William en croisant son regard alors que son souffle ne faisait que s'accélérer.
-Je vous fait un sacré effet Inspecteur.
-Vous n'avez pas idée Docteur, rétorqua William en souriant.
Et avant qu'elle n'ait le temps de dire quoique se soit, elle sentit ses doigts se glisser dans son pantalon déjà ouvert et caresser les dentelles de son dessous.
-Mais apparemment moi aussi je vous fais de l'effet, dit-il en riant alors qu'elle rejeta une fois encore la tête en arrière dans un soupir de plaisir.
Elle revint à sa bouche pour l'embrasser encore lorsqu'ils sentirent une vibration dans la poche du pantalon de William. Le jeune homme se figea sur place et tenta d'attraper le téléphone mais Julia l'en empêcha en posa sa main sur la sienne.
-Julia, grommela William alors qu'elle déposait des baisers dans sa nuque, je dois décrocher.
-Pas maintenant William, pas maintenant.
Elle laissa sa langue voyager sur sa peau pour venir embrasser son torse.
-Julia, c'est peut être important.
-Ca aussi c'est important William.
Il croisa son regard et elle se saisit de sa main qu'elle posa sur son sein. Il la vit se mordre les lèvres et il ne put résister plus longtemps. Il y fourra le visage et gouta sa peau, lui laissant un sourire de satisfaction alors que la sonnerie cessa.
Mais hélas, cela ne dura quelques secondes avant qu'elle ne se fasse entendre une fois encore.
-William, je t'en prie, grommela la jeune femme en le sentant quitter sa peau et diriger sa main vers son pantalon.
Il ne répondit pas et se saisit du téléphone.
-C'est Meyers, s'il insiste c'est que c'est important. Laisse-moi décrocher.
Il vit un éclair de colère mais aussi de tristesse traverser son regard et elle acquiesça. William reprit son souffle et décrocha sans quitter le regard de la jeune femme qui s'était un peu éloigné de lui mais qui se trouvait toujours assise sur ses genoux.
-BONG SANG MURDOCH VOUS FOUTEZ QUOI ? Beugla l'agent au bout du fil.
-Bonsoir, murmura simplement le jeune homme.
-Ramenez vos fesses au poste dans la seconde, on a assez de preuves pour arrêter Gillies. Il a projeté de prendre un avion pour la Jamaïque on doit l'intercepter avant.
-Quand part-il?
-Dans une heure, alors bougez-vous, vous avez vingt minutes ou je fais tout pour que vous soyez viré.
-Message reçu Monsieur.
Meyers raccrocha et William en fit autant.
-Tu dois partir? Grommela Julia.
-Sur le champ, soupira William.
Elle ne répondit pas et se leva aussitôt. Elle se dirigea vers le T-shirt qui s'était échoué au sol et le passa rapidement.
-Julia, écoute, je…
-Pas la peine, coupa la jeune femme sans le regarder et en boutonnant son pantalon à nouveau, j'ai compris.
-Non tu ne comprends pas, continua William en s'approchant d'elle, Julia écoute-moi, ajouta-t-il en prenant ses mains dans les siennes.
-Lâche-moi, soupira la jeune femme sans le regarder.
-Je suis désolé, murmura William en tentant d'accrocher son regard, mais je suis policier et je me dois de faire mon devoir. Tu le sais.
-Eh bien vas-y, répondit-elle d'une voix amère sans le regarder.
-Je t'appellerai pour que tu assiste à l'interrogatoire.
Il soupira profondément et déposa un baiser dans ses cheveux.
-Je ferai attention, murmura-t-il tendrement avant de s'éloigner.
Ils échangèrent un regard mais Julia ne répondit pas, le regardant ramasser ses affaires et quitter la pièce sans se retourner.
-Tu as plutôt intérêt William, grommela-t-elle pour elle-même.
à suivre...
