Le Pacte du Sang – Chapitre 36 – La Forêt de Dean
La nuit était d'une obscurité profonde dans la Forêt. La faible lueur de la lune qui filtrait à travers les arbres était légèrement amplifiée par la neige qui était tombée la nuit précédente. Severus voyait dans le noir. Il prit la main d'Amelia dans la sienne. Il l'entraîna gentiment à ses côtés. Elle le suivit, attentive à ne pas chuter. Il était prudent lui aussi.
"Je perçois de la magie alentour, très certainement des enchantements de protection," dit-il au bout d'un moment. Très certainement le travail de sortilège de Mademoiselle Granger. Il imaginait bien la jeune fille jeter de tels sortilèges. Il leva sa baguette et jeta en silence un Hominem Revelio.
"Par ici," murmura-t-il à Amelia. "Il y a deux personnes là-bas. Allons voir."
Deux personnes ? Amelia avait cru qu'ils étaient trois. Elle ne releva pas cependant, car elle voyait bien qu'il était complètement en mode espion. Elle se concentra sur son propre rôle, se rappelant tous les détails qu'elle devait transmettre à Harry Potter.
Severus s'arrêta derrière un bosquet d'arbres. "Ils sont là, tout près. Restez ici, je reviens tout de suite. J'ai besoin de vérifier que ces deux personnes sont bien celles que nous recherchons."
Elle l'attrapa par la cape. "Maître, ne sont-ils pas supposés être trois ?"
"Oui, en effet. C'est pourquoi je veux vérifier d'abord. Peut-être que ce ne sont que deux moldus en train de camper."
"Camper ? A cette époque de l'année, Maître ?" demanda-t-elle d'un ton sceptique. "Les moldus n'ont pas la magie pour se réchauffer. De plus, vous avez mentionné des enchantements de protection. Aucun moldu ne peut faire ça."
Severus devait concéder qu'elle avait raison sur un point – et même les deux. Seuls des gens sans abri ou bien pourchassés pouvaient camper au milieu de nulle part, comme cela, en hiver. Et parmi eux, seuls des sorciers ou des sorcières étaient capables de mettre en place des protections magiques tout autour. "De toutes façons, deux précautions valent mieux qu'une. Sortez votre baguette."
Elle approuva en hochant la tête et il la relâcha. Elle n'était pas du tout rassurée, à être laissée ainsi, toute seule dans un endroit inconnu. Elle frissonna dans ses vêtements – mais ce n'était pas de froid. Après quelques minutes qui semblèrent une éternité pour elle, elle le vit revenir. Il s'approcha d'elle, pour pouvoir lui murmurer à l'oreille.
"Ils campent à environ une centaine de mètres d'ici. Il y a seulement Potter et Mademoiselle Granger. Aucune idée ce qui est arrivé au troisième, Weasley. J'ai aussi trouvé un étang dans lequel j'ai immergé l'Epée."
"Un étang ? Vous n'avez pas l'intention qu'ils... ?" L'idée même la fit encore plus frissonner.
"Rappelez-vous ce que Dumbledore a dit. L'Epée doit être prise dans des conditions de nécessité et de valeur." Il eut un sourire moqueur qu'on pouvait entendre dans sa voix. "Rien de tel qu'un petit bain dans un étang gelé, en plein cœur de l'hiver, à la lueur de la lune, pour prouver sa valeur, vous ne croyez pas ? De plus, quand vous avez vraiment besoin de quelque chose, vous faites tout votre possible pour l'obtenir." A présent, il se montrait franchement narquois. Amelia lui jeta un regard, se demandant ce qui avait pu se passer entre le garçon et le Maître des Potions par le passé, pour qu'il soit si ironique et si insouciant à propos de la santé du gamin. Elle savait combien méchant il pouvait devenir – mais à ce point ?
"Ils pourraient attraper froid, Maître, vous ne croyez pas ?"
"Il est inutile de discuter. L'Epée se trouve déjà au fond de l'étang. Ils sont jeunes et en bonne santé. Ne vous inquiétez pas, Amelia. Potter a déjà survécu à l'attaque du Seigneur des Ténèbres, il survivra sûrement à un étang gelé." Il lui saisit la main. "Rapprochons-nous. J'ai besoin d'avoir un bon point de vue et il vous faut faire aussi une entrée parfaite."
Ils repérèrent un autre bosquet d'arbres et se cachèrent derrière. Severus leva sa baguette et murmura Spero Patronum. Une fois encore, la lumière bleutée apparut à la pointe de sa baguette pour former une biche. La créature grossit encore un peu avant de se mouvoir avec grâce.
Comme elle est jolie, ne put s'empêcher de penser Amelia en observant la créature. Elle se demanda à quels souvenirs Severus faisait appel pour invoquer un Patronus aussi beau. Elle laissa échapper un murmure d'admiration. Severus se tourna vers elle. "L'étang est juste là. A présent, pas un mot," fit-il doucement.
Harry avait pris son tour de garde. Il s'assit près de la tente, adossé à un arbre, la baguette d'Hermione en main. Il frissonna dans ses vêtements et resserra la couverture tout contre son corps. Le temps était glacial. La neige avait cessé de tomber mais la température continuait de chuter. Il regretta pendant quelques secondes de ne pas être dans la salle commune de Gryffindor, ou bien au Terrier. Mince, même la maison des Dursley était préférable. Mais l'instant suivant, il se rappela pourquoi il était là. Il avait un travail à accomplir et seule la mort pourrait l'arrêter. Personne d'autre ne pourrait l'empêcher d'aller jusqu'au bout pour abattre Voldemort.
Songer à son ennemi lui fit prendre le médaillon de Serpentard entre ses doigts. Il percevait une sorte de bruissement autour. Ce qui l'ennuyait considérablement. Ce bijou était maléfique. L'endroit lui-même n'était guère rassurant. Il avait confiance en les enchantements que Hermione avait placés autour d'eux. Il contra le mal qu'il sentait dans le médaillon par des pensées plus fortes de son amitié avec Hermione (comment je ferais sans toi ?), d'amour (Ginny, où es-tu maintenant ?), de tous les fous rires qu'ils avaient partagés avec Ron (j'espère que tu es en sécurité, où que tu sois, espèce de crétin). Curieusement, des images des jeux de Quidditch surgirent dans sa tête et quelque part, il se sentit mieux. Il était sur le point de sortir la carte des Maraudeurs de sa poche pour voir où se trouvait Ginny à Poudlard, lorsque ses yeux repérèrent une lueur dans le lointain.
Baguette en main, Harry resta immobile. Il réalisa même qu'il avait retenu sa respiration pendant quelques secondes. Il se concentra sur la lueur, plissant les yeux, et s'aperçut que ce n'était pas là une lumière intermittente.
Cette lumière avait de la couleur et une forme. Une biche bleutée, se déplaçant avec grâce au milieu des arbres. Un Patronus ?
Intrigué, Harry se leva. Cette étrange apparition était quelque peu bizarre. Pourtant, il était certain qu'elle n'était pas malveillante. Il avait déjà eu un goût de ce qui était malveillant. Il savait ce que c'était. Mais cette créature... non, elle ne pouvait pas être maléfique.
Mu par la curiosité, il jeta toute précaution aux quatre vents. Il ne regarda même pas la tente où Hermione avait fini par s'endormir. Il suivit la biche plus loin dans la Forêt. Il était bien conscient que ce pouvait être un piège, destiné à l'attirer hors des enchantements de protection mis en place autour de leur campement. En même temps, aucune personne maléfique ne pouvait invoquer de Patronus. Les Mangemorts en étaient incapables. Aucun Mangemort ne pouvait se trouver derrière cette biche.
Porté par un indéfinissable sentiment d'espoir – qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps – Harry accéléra pour se rapprocher de la biche. Seul quelqu'un de pur avait pu l'invoquer. Il songea à son père, dont le Patronus avait été un cerf. Il tenta de se rappeler à qui pouvait bien être cette biche Patronus mais quelque part son esprit mit la question de côté car il avait besoin de se concentrer sur la créature pour ne pas la perdre de vue.
Puis la biche d'argent s'arrêta. Sa lumière irradiait tout autour et Harry vit qu'elle se tenait au-dessus d'une surface plate et blanche. Il invoqua Lumos. La surface en question était un étang gelé recouvert d'une fine couche de givre. Avec prudence, il s'aventura sur la glace, qui craqua un peu sous son poids. Il la testa d'un autre pas et conclut qu'elle était suffisamment épaisse pour qu'il puisse continuer. La biche le fixa du regard avant de se dissoudre dans l'air pour n'être plus qu'une boule de lumière qui plongea tout droit sous la surface gelée.
Harry voulut lui crier de revenir mais il réalisa ce que ce ne serait pas très prudent. Il aurait même l'air d'un idiot, à parler à un Patronus. Il se retint de le faire et se dirigea vers le point où le Patronus avait plongé. Il voyait toujours la lumière se dissiper de dessous la surface.
Après avoir jeté un rapide coup d'oeil autour – il se doutait bien qu'il n'était pas seul, celui ou celle qui avait invoqué le Patronus se trouvait sûrement non loin de là – il s'agenouilla et balaya de sa main le givre couvrant la glace. Quelque chose brillait dans l'eau. Quelque chose de long et aussi d'argenté. Cependant, il savait que ce n'était plus la biche Patronus. L'objet reposant au fond de l'étang était d'une toute autre nature.
On eut dit une croix. Non, pas une croix. Une épée.
Le cœur d'Harry se mit à battre la chamade. Est-ce que... ? Se pourrait-il que ce soit ça ? "Accio Epée !"
Caché derrière leur bosquet, Severus et Amelia observaient la scène avec intérêt. Le Maître des Potions roula même des yeux quand il entendit le jeune sorcier tenter son Sortilège d'Attraction sur l'Epée. Non mais vraiment, personne ne lui a jamais dit que l'Epée de Gryffondor doit être récupérée en faisant preuve d'un peu de courage ? Ah, les Gryffondors... S'il parvenait à s'en sortir après la guerre, Severus fit le serment qu'il ne manquerait pas l'occasion de balancer quelques commentaires cinglants à Potter à propos de ce moment tout particulier de stupidité magique.
Bien évidemment, le Sortilège d'Attraction ne fonctionna pas. "Diffindo !" jeta Harry pour briser la glace recouvrant l'étang. Un trou apparut au milieu, juste au-dessus de l'Epée. Puis il revint sur la berge pour se déshabiller.
C'est mieux comme ça, songea Severus. Il sentit qu'Amelia s'agrippait plus fermement à sa cape lorsqu'ils virent Harry enlever ses vêtements. Malgré la basse température, le jeune homme n'avait gardé que son caleçon, marchant pieds nus sur la glace. Severus dut reconnaître que le garçon avait une certaine dose de cran. Bon, c'était là aussi tout le but de l'opération.
Harry s'immergea dans l'eau. Pourtant, quelque chose se passa – quelque chose d'imprévisible. Enfin, vraiment ?
Le médaillon de Serpentard avait piégé Harry sous l'épaisse couche de glace qui couvrait l'étang, menaçant d'y noyer le jeune Gryffondor.
"Maître..." murmura Amelia. "Quelque chose ne tourne pas rond !" Sa voix le pressait de faire quelque chose. Severus était déchiré entre le Serment qu'il avait passé avec Dumbledore il y avait fort longtemps, de protéger le garçon, et le besoin de rester invisible pour Harry afin de continuer sa mission – une autre clause du Serment.
Son conflit fut soudainement résolu par l'apparition inattendue d'une autre personne. Severus jeta Assurdiato pour empêcher le cri de surprise d'Amelia – au cas où – d'être entendu. Il reconnut le jeune homme qui venait de Transplaner de nulle part.
Ronald Weasley.
Qui ne perdit pas de temps et marcha sur la glace vers le trou que Harry avait fait pour aller chercher l'Epée. Quelques secondes plus tard, il plongea à son tour, tout habillé, pour sortir son ami de l'eau et récupérer l'Epée. Au bout de quelques instants, les deux garçons étaient allongés sur la rive, Harry reprenant son souffle après son plutôt long séjour sous l'eau, tandis que Ron jetait des sorts de réchauffement les uns après les autres sur tous les deux.
"Hermione ?" demanda Harry. Il ne voyait rien car il avait enlevé ses lunettes avant de plonger.
"T'es dingue ou quoi ?!" rétorqua Ron tout en lui tendant sa paire de lunettes qu'il avait récupérée pour son ami.
"C'était toi !"
"Ben, c'est évident, je crois."
"Et tu as aussi invoqué la biche, non ?"
"Non, je croyais que c'était toi."
"Non, mon Patronus est un cerf."
"Ah, ouais, c'est vrai. Les bois," fit Ron tout en mimant de ses deux mains des bois sur la tête.
Harry finit de s'habiller. Ils restèrent silencieux pendant de longues secondes, dans l'inconscience totale que leur échange avait des témoins. Les deux garçons avaient jeté Lumos sur leurs baguettes pour avoir un peu de lumière. Severus et Amelia, toujours bien cachés dans l'obscurité non loin de là, se regardèrent, se demandant ce que Harry et Ron feraient ensuite.
Les deux garçons se préparèrent. Ron jeta un autre sortilège de réchauffement sur son ami. Harry le remercia et sortit le médaillon de Serpentard. Il le posa sur un vieux tronc mort tombé sur le sol de la Forêt et pourrissant là depuis un certain temps. Severus et Amelia pouvaient les entendre discuter.
"Je ne sais pas ce qu'il y a dedans mais ça va se défendre. La part de Riddle qui se trouvait dans le journal avait essayé de me tuer." Une pause. "A trois on y va."
Ron, l'Epée de Gryffondor en main, se prépara à frapper. "Un... deux... trois..." Puis Harry s'exprima en Fourchelang, ordonnant au médaillon de s'ouvrir.
Le médaillon s'ouvrit et une grande commotion se passa. Une fumée noire s'éleva du bijou et une voix terrible résonna dans la nuit.
"J'ai vu ton cœur et il m'appartient !... J'ai vu tes rêves, Ron Weasley !... J'ai vu tes peurs... Le moins aimé d'une mère qui rêvait d'avoir une fille... Le moins aimé de la fille qui préfère ton ami..."
Et il continua à radoter ainsi, s'étalant sur la relation supposée entre Harry et Hermione, poussant Ron à croire ses propos par des illusions soigneusement élaborées. A un certain point, il montra même Harry et Hermione s'embrassant avec une passion et une sensualité qui remua quelque chose profondément à la fois chez Severus et Amelia.
La jeune sorcière saisit le bras de Severus, sans même s'en rendre compte, terrifiée et fascinée par la Magie Noire ainsi mise en œuvre par le médaillon. Mais diable, qu'est-ce que c'est que cette chose, pour être aussi puissante ?
"Ron ! TUE-LE !" entendirent-ils Harry hurler de quelque part dans la fumée. "Ron, il ment !"
Ron sentit la colère monter en lui et avec un cri animal, il se rua vers le médaillon, l'Epée en main, et éclata le bijou d'un seul coup net. Dès que l'Epée l'eut touché, l'illusion s'arrêta. La fumée disparut. Tout redevint calme dans la Forêt, sauf pour les deux jeunes sorciers pantelants.
Soulagée, Amelia se laissa aller tout contre Severus, qui avait passé un bras protecteur autour des épaules de la jeune femme pendant la commotion. Elle laissa échapper une profonde respiration. "Vous allez bien ?" murmura-t-il. "J'ai jeté un sortilège de silence sur nous, nous pouvons chuchoter."
Amelia fit oui de la tête. "Je suis prête à accomplir le reste de notre plan, Maître." Sa voix était pleine de détermination, malgré sa douceur. Severus percevait bien qu'elle avait été assez choquée mais elle était forte. Elle se sépara de lui et il la laissa partir. Elle jeta le sortilège « fantomatique » sur elle-même, et sortit du bosquet pour se diriger vers les garçons, profitant du fait qu'ils étaient toujours à se remettre de leur mauvaise rencontre avec la parcelle d'âme de Voldemort.
A présent, elle était totalement concentrée sur sa mission. Elle marcha avec confiance vers les garçons. Elle luisait, sa peau et ses vêtements donnaient une lumière grisâtre. L'illusion était parfaite – du point de vue de Severus. A partir de cet instant, il savait qu'elle réussirait.
Ron s'empara des restes du médaillon. "Bon, un de moins, je suppose." Il tourna la tête vers le bosquet d'arbres. Il lui avait semblé avoir entendu du bruit. Puis il vit le fantôme.
"Harry ! Regarde ! C'est quoi, ça ?!"
Harry observa la femme qui venait de se pointer. Est-ce que Hermione sait que la Forêt de Dean est hantée ? fut la seule pensée qui lui traversa l'esprit.
"Harry... tu crois que ça pourrait être... le médaillon... le Horcrux... ? Un autre... maléfice ?"
Harry comprit ce que son ami voulait dire. Mais il n'avait aucune réponse. Amelia ne lui laissa pas le temps d'y réfléchir plus. Elle s'approcha d'eux et leur sourit, faisant en sorte que son visage et ses gestes soient les plus bienveillants. Elle ne souhaitait pas les effrayer plus qu'ils ne l'avaient déjà été avec le médaillon.
"Tu es celui que je recherche, Harry Potter..." commença-t-elle, réunissant autant de douceur que possible dans sa voix. Une voix qu'elle avait travaillée pour lui donner un ton fantomatique et solennel. "Je suis contente de t'avoir trouvé."
"Moi ?" répondit le garçon. Il jeta un coup d'oeil à Ron. "Qui... qui êtes-vous ?"
"Harry, c'est un fantôme !" murmura Ron.
Amelia était satisfaite de constater que son sortilège fonctionnait. Elle décocha un sourire à Ron. "Toi aussi, tu dois savoir, Ron Weasley." Une pause, le temps pour elle de mesurer son effet. "Vous avez tous les deux bien agi en détruisant le Horcrux."
"Attendez !" fit Harry. "Comment savez-vous..."
"... que c'était un Horcrux ? De là où je suis, je sais beaucoup de choses, Harry Potter."
"Alors de qui vous êtes le fantôme ?"
"Je ne suis pas exactement un fantôme, mais plutôt l'âme d'une personne revenue d'entre les morts pour te faire part d'une information cruciale, Harry Potter. Ainsi qu'à toi, Ron Weasley."
Quelque chose de profond en elle susurrait à Amelia qu'elle devait associer Ron à son célèbre ami. Les paroles de Riddle prononcées durant les illusions, résonnaient toujours à ses oreilles. "Je suis une âme des plus offensées par ce qui est arrivé à un objet très précieux qui m'appartient."
"Que voulez-vous dire ?" demanda Harry.
A ce stade, Amelia sut qu'elle avait l'entière attention des deux garçons. "Je sais que tu recherches des Horcruxes, Harry Potter. Je peux t'en dire plus à propos de deux d'entre eux qu'il te reste à détruire."
"QUOI ?" Ron et Harry dirent en même temps, d'un ton incrédule.
Elle les observa. "Je sais ce qu'ils sont et où ils pourraient se trouver."
"Vous n'êtes pas un fantôme de Poudlard, n'est-ce pas ?" demanda Ron.
"Non, en effet. Mais me croiriez-vous tous les deux si je vous dis mon nom ?"
Ce n'était pas vraiment une question. "Vous pouvez toujours essayer," fit Harry avec détermination.
"Les deux autres Horcruxes sont des objets en relation avec les Fondateurs de Poudlard. Tout comme le Horcrux que vous venez de détruire. L'un d'eux est la Coupe de Poufsouffle. Elle est cachée dans une chambre forte à Gringotts."
"A qui est cette chambre forte ?" demanda Harry. Tout comme pour la biche, il suivait son instinct, un instinct qui lui hurlait que ce n'était pas là une présence malveillante, que ce fantôme voulait vraiment les aider, qu'il leur disait la vérité.
"Es-tu prêt à y aller, Harry Potter ? C'est là une mission très dangereuse." Amelia savait qu'elle aurait toute l'attention du garçon si elle divulguait peu à peu ses informations.
"Dites-nous, à qui est cette chambre forte ?" insista Harry. "A qui appartient cette chambre forte ?"
"Oui, dites-nous !" Ron soutint la question de son ami avec une détermination féroce.
"Dumbledore a été sage de te choisir pour accomplir cette mission." Une pause. "La chambre forte appartient aux Lestranges. A Gringotts. La Coupe s'y trouve."
Les deux jeunes sorciers se regardèrent l'un l'autre.
"Vous avez mentionné un autre Horcrux. Quel est-il ?" demanda Harry. Il serait toujours temps d'analyser plus tard ses informations.
Amelia prit une expression triste. "Le Diadème de Serdaigle. Il a été soigneusement caché à Poudlard, dans une salle qui échappe à l'attention, sauf à ceux qui ont vraiment besoin de cacher ou de perdre quelque chose."
"Le Diadème de Serdaigle..." murmura Harry. Il n'avait aucune idée à quoi pouvait ressembler un diadème. "Une salle qui échappe à l'attention, sauf à ceux qui ont vraiment besoin de cacher ou de perdre quelque chose..." répété-t-il lentement, comme pour en découvrir le sens véritable. Puis il tourna son regard vers le fantôme. "La Salle sur Demande !"
Amelia lui sourit, manifestement satisfaite qu'il ait saisi si vite.
"Comment êtes-vous au courant de tout cela ?"
Le sourire d'Amelia s'évanouit. Elle pensa fortement aux Coeurdaigle qui lui avait fait part de cette dernière information, il y avait fort longtemps. "Je suis Rowena Serdaigle."
"La Dame Grise ?" demanda Ron.
"Non. Le fantôme de Serdaigle auquel tu fais allusion, Ron Weasley, est ma fille, Helena."
"Vous êtes... vous voulez dire... vous êtes la Fondatrice de la Maison de Serdaigle ?" demanda Harry.
Brillante réflexion, Potter, ne put s'empêcher de ricaner intérieurement Severus – il se trouvait non loin des trois et il entendait parfaitement bien tout ce qui ce disait.
"C'est bien moi, Harry Potter." Sa voix devint plus profonde, Amelia contrôlant ses inflexions pour convaincre encore plus son auditoire. "Le Diadème... tu dois le détruire... Il a été souillé par la Magie Noire pour créer... des abominations... Voilà pourquoi je suis ici. Détruis la Coupe. Détruis le Diadème, Harry Potter. Et tu sais qui tu peux détruire. Ne dis pas son nom ! Ou bien de grandes épreuves peuvent s'abattre sur toi ! Nous savons tous de qui nous parlons."
"Elle a raison," intervint Ron avant que son ami puisse parler. "Le nom est tabou. L'utiliser revient à annuler tous les charmes et sortilèges de protection qu'on peut avoir mis en place."
Amelia était au courant de ce détail – Severus l'avait déjà mentionné en sa présence. Elle y vit un moyen d'asseoir encore plus sa crédibilité. "Ron Weasley a raison, Harry Potter. Désormais, tu sais ce que tu dois faire." Elle commença à reculer, prête à jeter sur elle-même un charme de dissimulation intégral pour disparaître.
"Attendez !" cria Harry. "Attendez. S'il vous plaît, vous savez s'il reste d'autres Horcruxes, après ces deux-là ?"
C'était là une question difficile. "C'est certes possible, Harry Potter, bien que séparer son âme en autant de parties est véritablement une abomination. J'ai été envoyée pour te donner ces informations. Plus rien d'autre je ne te dirai ce soir."
"Qui vous a envoyée ?" insista Harry.
Amelia s'attendait à cette question. "Une personne très proche de toi, que j'ai rencontrée dans l'autre monde, et qui m'a demandé de te passer cette information."
"Qui ?" Bien que Harry avait sa petite idée. "Le Professeur Dumbledore ?"
Amelia sourit. "Tu es vraiment l'Elu, Harry Potter. Oui, c'est Albus Dumbledore qui m'a envoyée."
"Et la biche ? La biche Patronus ? C'était vous ?!"
Amelia secoua la tête pour dire non. Elle voulait lui rappeler que les morts, qu'ils soient des fantômes ou des esprits désincarnés, ne pouvaient plus jeter de sorts. Elle préféra rester dans le mystère, comme un authentique fantôme. "Plus rien d'autre je ne te dirai, Harry Potter. Bonne chance à toi et à tes amis."
Elle leur sourit et en une seconde, elle avait disparu. Bon, pas tout à fait. Elle était seulement cachée par un puissant sortilège d'invisibilité qu'elle venait de jeter sur sa personne.
Les deux jeunes sorciers quittèrent l'étang pour rejoindre Hermione dans la tente. Invisible sous son charme de dissimulation, Amelia demeura là, immobile, les regardant quitter les lieux et s'évanouir dans l'obscurité. Une fois certaine qu'ils ne la repéreraient pas, elle revint au bosquet d'arbres où Severus se tenait toujours caché.
Il avait tout vu de la scène. Il avait été impressionné par son interprétation de Rowena Serdaigle. Elle avait transmis toutes les informations qu'ils avaient convenu de faire part. Elle annula tous les sortilèges qu'elle avait jeté sur sa propre personne, à quelques mètres des arbres, afin qu'il ne soit pas surpris par sa présence. Elle avait conscience qu'il se tenait sur ses gardes, prêt à agir. Sous sa cape noire, dans l'obscurité de la Forêt, personne ne la voyait vraiment.
"Maître, c'est moi, Amelia," murmura-t-elle, toujours inquiète à l'idée qu'on pouvait l'entendre.
Severus apprécia sa discrétion. "Je suis là, Amelia. Suivez ma voix."
Elle le trouva dans le noir. Il lui tendit la main, qu'elle prit. Le contact envoya une décharge dans leurs corps. La pression de leur mission, son succès, la joie qu'ils ressentaient à l'idée que la chasse aux Horcruxes avait réellement progressé, tout cela les poussa dans les bras l'un de l'autre.
Soudain, Severus resserra son étreinte autour d'elle. Ses lèvres trouvèrent celles de la jeune femme, dans un baiser passionné. Amelia ne le repoussa pas, bien au contraire. Elle aima ce baiser, y participant de manière tout aussi enthousiaste que lui.
Ils s'embrassèrent ainsi pendant de longues secondes, totalement oublieux du monde autour d'eux. Puis Severus rompit le baiser, tout à coup conscient que les garçons pourraient revenir ici, cette fois avec une bien trop curieuse Hermione Granger. Etre aperçu par Harry pouvait faire éclater sa couverture d'espion. Etre découvert en train d'embrasser à pleine bouche le fantôme supposé de Rowena Serdaigle était une perspective encore pire.
"Pour autant que j'aime cet endroit avec vous, Amelia, je crois qu'il serait plus approprié pour nous de quitter les lieux. Partons d'ici," murmura Severus. "Maintenant."
Elle lui sourit, elle avait saisi ce qu'il voulait dire. "Oui, Maître. Je suis certaine que ces gamins seraient absolument choqués de surprendre leur ancien professeur de Potions dans une situation aussi compromettante avec une sorcière."
"On peut dire les choses ainsi." Sans autre forme de procès, il les Transplana tous les deux. Pour retourner au manoir des Prince.
Ah, le fameux chapitre tant attendu par ceux qui étaient curieux de savoir comment Severus et Amelia allaient transmettre à Harry l'Epée de Gryffondor et les informations sur les horcruxes dont ils disposaient.
Je me suis bien inspirée du chapitre et de la scène de la biche d'argent (j'ai même repris le dialogue entre Harry et Ron, après que Ron a sauvé Harry de la noyade, dans sa version en anglais). Mais j'y ai ajouté le point de vue de Severus et l'intervention d'Amelia. En lisant dans le livre que Harry avait eut recours au "Accio" pour récupérer l'Epée, j'avais alors souri en imaginant un Severus, témoin de toute la scène, en train de rouler des yeux, par exaspération devant tant de nullité magique ! J'ai utilisé ici cette pensée qui m'était alors venue. LOL
Je me suis aussi vaguement inspirée de la scène dans le dernier film, quand Harry rencontre Helena Serdaigle, pour l'ambiance éthérée de cette scène. Bien sûr, rien de commun entre Helena Serdaigle - qui est en colère - et Amelia, qui est motivée par d'autres raisons et semble plus apaisée.
Enfin, quand j'ai écris la fin du chapitre, je ne pouvais m'empêcher de songer à la tête que feraient Ron et Harry s'ils surprenait leur professeur de Potions en train d'embrasser à pleine bouche une jeune femme... L'idée m'a bien amusée, même si je ne suis pas certaine qu'elle aurait amusé Severus tout autant.
J'espère avoir respecté tous les personnages "canon" ainsi que Amelia. Si je déraille, il faut le dire ! Les commentaires sont là pour ça ! Sinon, j'apprécie aussi les compliments, surtout les muses - elles m'ont bien fait comprendre qu'elles voulaient que je leur verse des étrennes pour la nouvelle année, tout en me menaçant implicitement de ne pas revenir si elles n'étaient pas satisfaites. Rigolez pas : j'ai 2 autres projets de fics sur Severus + une OC, alors les muses ne doivent pas me lâcher ! Vous non plus d'ailleurs, chers lecteurs et lectrices - donc vous savez ce qu'il vous reste à faire...
