Et voilà l'épilogue de mon histoire
J'espère que vous avez eu autant de plaisir à la lire que j'en ai eu à l'écrire!
Merci à tout ceux qui se sont arrêtés pour m'écrire un petit mot!
A bientôt, j'espère!
Elle se tue et laissa le silence les envelopper. Harry restait pensif, des liens minuscules se tissaient dans sa mémoire, englobant toutes ces nouvelles informations et ses propres souvenirs. Des pièces de puzzle trop longtemps esseulées semblaient maintenant s'emboîter parfaitement. Les Horcruxes, la quête de l'immortalité, la défaite de Voldemort. Avec un sourire amer, Harry pensa que la chute du Lord avait été causée par les artefacts qui étaient censés lui conférer la vie éternelle... Quelle ironie.
Et au milieu de tout ça, une femme, une vie brisée, une personne qui jamais plus n'avait été épouse, ni amante, ni mère. Une existence broyée de la main de cet homme, parmi tant d'autres.
Il ne lui en voulait pas. Elle n'avait pas été grisée par le pouvoir comme Slughorn, elle n'avait pas été lâche comme Pettigrow, ou aveugle comme Fudge.
Comme Rogue, elle avait fait des choix, des mauvais choix, et en assumerait les conséquences, tout au long de sa vie...
Derrière chaque rire, chaque moment de joie, se cachait une femme qui cherchait son enfant, qui voulait comprendre comment un sentiment aussi pur que l'amour avait pu la mener à une telle folie. Et comment un homme avait pu renoncer à quelque chose d'aussi beau.
Finalement, c'était un idiot
Oh que oui, un idiot aveuglé par une ambition dévorante. Il n'avait jamais compris que son désir de pouvoir, d'immortalité, tout ça pouvait être assouvi autrement. Tout cela n'était rien à côté de ce qu'elle aurait pu lui offrir. Il n'avait juste pas voulu ouvrir les yeux.
Que dire de plus?
Ambre et Harry continuèrent à se voir pendant quelques années. Il finit même par faire venir sa femme et ses enfants. Les petits agissaient sur Ambre comme un rayon de soleil. Ils s'étaient vite habitués à cette "nouvelle grand-mère".
Et puis, un jour, la maison devint silencieuse, pour toujours. On la trouva dans son fauteuil, un livre qu'elle ne finirait jamais ouvert à ses pieds.
Harry accusa le coup... difficilement. Puis, il prit la seule solution qu'il savait raisonnable.
Il fit des pieds et des mains auprès du ministère pour avoir les autorisations nécessaires. Mais après tout, il était l'élu : on ne pouvait rien lui refuser. Il reçut donc l'autorisation de porter les cendres de la vieille dame auprès de celle de son ennemi.
Il était resté bien peu de fragments de Celui-Dont-On-Ne-Devait-Pas-Prononcer-Le-Nom après la grande bataille. Mais les membres du ministère, tout juste dirigé par Shacklebolt, avait récupéré ce qui avait pu l'être et inhumé les restes dans le plus grand secret. Il était hors de question que des adorateurs fassent de la sépulture de ce démon un lieu de culte, et il était tout aussi hors de question que ses restes puissent reposer à Poudlard ou auprès de ses propres victimes.
Après quelques recherches, les restes de Voldemort avaient été enfouis dans une clairière au fond d'une forêt en Irlande. Kingsley avait trouvé ce lieu au cours d'une enquête quand il était Auror et la quiétude du lieu lui paraissait presque être un dernier outrage au mage noir, après toute sa fureur, toute sa haine.
Un matin, très tôt, Harry et son aîné partirent en Portoloin.
Après une heure de marche dans l'humidité et l'odeur riche des sous-bois, ils atteignirent enfin la clairière. C'était effectivement un endroit tout à fait magnifique : l'herbe haute vacillait doucement sous la brise, les rayons du soleil chauffaient de vieilles pierres couvertes de mousse. Quantité de bruits indiquait que la forêt était habitée par de nombreux animaux mais seuls quelques oiseaux chantaient, cachés dans les branches des arbres. Tout au fond de cet havre de paix, sous un arbre qui ressemblait à un saule pleureur, une pierre tombale, anonyme, indiquait que quelqu'un était enterré.
Grâce au sac magique d'Hermione, Harry avait pu prendre une pelle et se mit au travail silencieusement, sous le regard de son fils qui tenait entre ses mains la petite urne. Il aurait aussi bien pu utiliser sa baguette, mais il avait la sensation qu'il devait le faire lui-même, un dernier hommage peut-être.
Il creusa un petit moment puis son fils lui apporta la petite urne. Ils se recueillirent un instant, chacun perdu dans ses pensées, puis le jeune homme reparti les cendres d'Ambre dans la tombe fraîchement creusée.
Ils restèrent silencieux un moment, seulement entourés par les bruits des oiseaux qui piaillaient dans les arbres, appréciant la chaleur du soleil qui inondait la clairière, jouant et créant de multiples ombres dans les branchages.
« -Elle sera bien, là, mamie? demanda innocemment le bambin.
Le père de famille le regarda un instant, un peu perplexe, réfléchissant, puis répondit doucement avec un sourire :
-Je crois que c'est là qu'elle a toujours voulu être.»
Il prit son temps pour recouvrir le trou, laissant le petit James jouer parmi les fleurs sauvages qui jonchaient la clairière.
Ils allaient partir quand Harry se ravisa et observa la pierre tombale un instant. Un infime froncement de sourcil parcourut son visage avant qu'il ne se saisisse de sa baguette. D'une brève arabesque du bras, il lança un sort à la pierre et appela son fils. Quelques instants plus tard, ils avaient disparu et la clairière retrouva sa quiétude.
Sur la pierre, on pouvait désormais lire:
Tom E Jedusor - Ambre Delmas Jedusor
Unis dans la mort
