Quelques heures plus tard, le salon ressemble à un champ de bataille qui aurait mal tourné, le buffet est un lointain souvenir, des cadeaux se sont cassé la gueule de la table… et surtout les Johnny's présents, c'est un grand nawak.

De ce que je constate, Ryo et Ueda, les deux grands ennemis, sont déjà à moitié à poil sur le canapé et on l'air bien partis pour plus être si ennemis que ça Kame a disparu avec Akanishi et des sons éloquents s'échappent de la porte fermée Tesshi, installé sur les genoux de Tanaka, est en train de lui expertiser les amygdales sans que le rappeur ait l'air de s'en plaindre Taguchi parle à Keii-chan de tellement près, que j'ai l'impression qu'il va le dévorer dans pas longtemps et Shige s'est absorbé dans une conversation qui a l'air passionnante avec Nakamaru, au point qu'il s'est même pas rendu compte qu'il était à moins de deux centimètres de ses l… Ah bah si en fait il s'en est rendu compte vu qu'il s'est jeté sur sa bouche.

Quant à Tomo, il me chauffe comme un malade depuis tout à l'heure et je vais plus résister très longtemps, parce que l'effet de l'alcool se fait sentir aussi.

Au son d'une musique qu'il est le seul à entendre, il se déhanche à quelques centimètres, les yeux fixés sur moi avec une telle intensité que j'y vois presque des flammes puis, soudain, il se colle à moi et je sens son envie, équivalente à la mienne. Tant pis, je craque. Je l'enlace, puis l'allonge sur le sol. Il me rend dingue.

9 avril 2007

Oi quel mal de crâne… J'ai l'impression qu'une armée de marteaux-piqueurs joue une symphonie dans ma tête. Je me redresse précautionneusement dans l'idée d'aller boire à la cuisine parce que j'ai la gorge plus sèche qu'un désert et me rend compte que je suis à poil, à côté de Tomo, endormi et pas très habillé non plus. Je souris quand notre nuit me revient par flash, puis me lève. Je m'aperçois alors que tous les autres sont nus aussi. Certains sont même encore… emboîtés. Kami-sama, la fête d'anniversaire a dégénéré en orgie… Le pire dans tout ça, c'est que normalement ils sont presque tous casés… mais pas du tout avec la personne avec laquelle ils ont baisé (je sais l'expression est moche, mais là, c'est tout à fait ça). Je sens venir les problèmes quand tout le monde sera réveillé et lucide.

Je me rhabille et vais donc à la cuisine en enjambant les corps de mes collègues. Alors que je descends le contenu d'une petite bouteille d'eau fraîche trouvée dans le frigo, je sens des bras m'enlacer. Je me retourne, prêt à embrasser mon petit ami pour lui dire bonjour… quand je réalise que c'est Tesshi, dans le plus simple appareil, qui me tient et s'agrippe à moi comme une moule à son rocher.

- Yu' ? Qu'est ce que tu f… Yuya arrête !

Ses mains se sont faufilées sous mon t-shirt et il commence à me caresser le torse. Je choppe ses poignets.

- Arrête ! Qu'est ce qui te prends ?!

- Massu… aime-moi…

- Quoi ?!

- Fais-moi l'amour, Massu… Prends-moi…

- Nan mais t'es dingue ?! Retourne te coucher, t'es encore ivre ! Je s…

- Qu'est ce qui se passe ici ?

La voix de Tomo.

Je tourne immédiatement la tête et ne fais qu'un bond jusqu'à lui.

- Rien du tout, Tomo. C'est Tesshi qui est encore bourré et qui dit n'importe quoi, m'empressé-je de le rassurer, terrifié à l'idée qu'il s'imagine des choses fausses.

- Bah nyon c'est pas n'imp'te quoi, me contredit mon poivrot de meilleur ami. J'ai d'mandé à Massu d'me faire l'amur… l'amr… d'me prendre…

- Et t'as pas dis oui, Taka ?

- He ?

Alors là je comprends rien du tout. Il est pas fâché ? Même pas jaloux ? Il veut pas tuer Yuya ou un truc du genre ?

- Il est en manque d'amour ce petit. C'est triste.

- Heu… Tomo, t'es sûr que tu vas bien ? Tu réalise ce que t'es en train de me dire ?

- Mon Pi-chouuuuuu toi tu m'compreeeeeends ! s'exclame alors Tesshi, avant de fondre sur mon petit ami… et de l'embrasser à pleine bouche… sans que le concerné fasse mine de le repousser.

Pincez-moi, je dois halluciner…

- Oi, c'est fini oui ?! fais-je, pas content, en les séparant. Il vous arrive quoi à tous les d…

Je finis même pas ma phrase, parce que Tomo affiche un sourire totalement ahuri qui lui ressemble pas du tout. Et en regardant ses yeux, je vois que son regard est trouble. Ok, lui aussi est encore bourré. Je sais que j'ai bu moins qu'eux hier soir, mais je pensais pas que leur cuite était mémorable au point qu'ils se jettent l'un sur l'autre. C'est louche… Parce que ce qu'on fait quand on s'est mis misère, techniquement, c'est inconscient. Donc ça voudrait dire que 1) en fait, Tesshi a pas du tout renoncé à moi 2) il louche sur Tomo de façon plus qu'amicale 3) Tomo serait pas contre ?

Misère…

- Bon allez les deux, vous retournez cuver. Vous êtes pas croyables.

Je crois que je suis bon pour appeler Fujioka-san pour lui dire qu'aucun de nous est en état d'aller bosser aujourd'hui et qu'il prévienne celui des KAT-TUN qu'ils sont pas plus frais.

Je pilote de nouveau Tesshi vers l'endroit où il s'était écroulé (c'est-à-dire sur les genoux de Tanaka) et fais de même avec mon petit ami. Qui tarde pas à se rendormir. En ronflant. Et ben…

Une fois mes coups de fil passés (et Fujioka-san était pas trop content), je décide de me rallonger et enlace Tomo. Une journée à rien faire, finalement, ça nous fera pas de mal.

Je suis tiré du sommeil je sais pas combien de temps après, par des éclats de voix furieux. Il me faut guère de temps pour découvrir de qui ils proviennent. Ryo et Ueda se sont réveillés et se sont découverts imbriqués l'un dans l'autre. Ce qui a apparemment plus à aucun des deux si on en juge par leur réaction.

- … Te fous pas de ma gueule ! hurlait le KAT-TUN. Tu savais très bien que j'étais avec Sho et pourtant tu…

- Parce que c'est moi le responsable ?! répondait Ryo. T'es dingue, princesse ! Si t'avais pas roulé du cul devant moi pendant toute la soirée comme une pute, j'aurais jamais…

- Tu sais ce qu'elle te dit, la pute, face de rat atrophié ?!

Et sur ces mots, Ueda colle son poing dans la figure de mon ami, qui riposte en lui en mettant un dans le ventre. Je me dis qu'il faut que j'intervienne avant que ça tourne vraiment en pugilat, quand soudain…

- Mais vous allez fermer vos gueules, bordel ?! Y'en a qui essayent de pioncer ici !

Kame ! Surgi de la chambre, il s'est approché des deux belligérants à la vitesse de l'éclair, les a chopés par le côté de la tête, les a cognées l'une sur l'autre sans douceur et est reparti comme il est venu avec un « emmerdeurs… » bien senti.

Son intervention a au moins eu le mérite de calmer leurs ardeurs guerrières. Chacun a porté la main à son crâne endolori en maugréant contre le leader de KAT-TUN. Je rigolerais bien, si tous les deux étaient pas en train de se fixer avec haine.

- Bon hé, stop là, fais-je en m'interposant, les regardant alternativement. L'intervention de Kame vous a pas suffit ?

Aucune réponse me parvient, mais les deux me fusillent du regard, surtout Ryo. Comme si moi entre tous j'avais pas le droit de lui faire ce genre de remarque. Mais je me laisse pas impressionner. C'est lui qui m'a dit qu'il aimait quand je me dressais contre lui et que je montrais que j'avais du caractère, alors je vais pas me gêner pour dire ce que j'ai à dire.

- Vous étiez bourrés tous les deux, donc vous êtes aussi à blâmer l'un que l'autre de ce qui s'est passé entre vous, dis-je. Et en plus, vous vous seriez pas roulé de pelles et auriez pas baisé si vous étiez pas attirés l'un par l'autre.

- Moi attiré par cette foutue rouquine, tu rêve !

- Attiré par ce nabot ? Jamais !

- Ben niez tout ce que vous voulez, j'en ai rien à foutre, mais faites pas chier votre monde et fermez-la. On entend que vous et c'est soulant un matin de beuverie, surtout quand tout le monde a la tête dans le cul.

Sur cette intervention qui a au moins le mérite de leur clouer le bec, je m'apprête à retourner près de Tomo, quand je me rends compte que Nakamaru qui, si je me souviens bien, embrassait Shige hier soir (enfin il me semble que c'était plutôt l'inverse en fait), est en pleine conversation animée avec Taguchi.

- Ju' je te jure que c'était pas voulu, se justifiait l'aîné des KAT-TUN.

- Mais tu l'as fais quand même, accusait le géant.

- Mais j'étais bourré, comment ça peut compter ?

- J'étais bourré aussi, mais c'est pas pour ça que je me suis jeté sur Keii pour l'embrasser.

- T'étais vachement proche de lui à un moment quand même.

- Sauf qu'il s'est rien passé.

- Comment je peux le savoir ?

- Arrête de détourner le sujet, Yu', le problème c'est pas moi là. Comment je peux avoir encore confiance en toi maintenant ?

- Mais enfin, c'était rien de plus qu'un baiser, ça veut rien dire !

- Tu sais bien que pour moi si…

Il a l'air tellement triste en disant ça. Il me fait de la peine. J'ai presque envie d'engueuler Nakamaru.

- Je suis désolé, Ju', dit ce dernier. Vraiment désolé. Combien de fois il faudra que je le dise ? Qu'est ce qu'il faut que je fasse pour que tu me pardonne ?

- Je sais pas…

En prononçant ces trois mots, Taguchi a détourné la tête, le regard lointain. J'ai aucune idée depuis combien de temps ils sont ensemble, mais pour qu'un simple baiser l'affecte autant, il doit être sacrément amoureux.

Et pas loin, une conversation similaire se produit. Entre Shige et Keii-chan cette fois. Et notre Keii-chan, toujours si gentil, si coulant et si compréhensif a l'air de franchement faire la gueule à son copain si j'en juge par le fait qu'il lui tourne le dos alors que Shige lui aussi est en train de s'excuser. J'avais même pas percuté qu'ils étaient ensemble pour autre chose que le boulot ces deux-là. Ils se sont bien planqués jusqu'ici.

- Keii, arrête, fais pas ça…

Silence.

- M'ignore pas, je déteste ça.

Silence.

- Je t'ai dis que j'étais désolé.

Silence.

- Vraiment désolé. Je sais pas ce qui m'a pris.

Silence.

- Mais parle-moi à la fin ! Je sais pas engueule-moi au moins, met-toi en colère, mais fais pas comme si j'existais pas ! Keii !

Là, Keii-chan se retourne sans un mot… et franchement, je voudrais pas être à la place de Shige. Parce que le regard qu'il pose sur lui est encore plus triste que celui de Taguchi. Il est plein de douleur et le pire, c'est qu'il y a même pas une once de reproche dedans. De quoi faire se sentir Shige atrocement coupable, quoi.

- Merde… fait-il d'ailleurs. Keii…

Et là, lui qui est pourtant pas tellement tactile avec nous, enlace directement notre aîné en se foutant totalement que tout le monde puisse les voir.

Et ben c'est vraiment un beau bordel. Je savais bien que le retour à la réalité après la cuite serait plutôt terrible. J'espère juste que ça va pas aboutir à des tas de ruptures. Juste à cause de l'alcool, ce serait con. Tiens d'ailleurs j'y pense… Shige est pas censé avoir bu lui. Enfin je veux dire… Tesshi a sifflé je sais pas combien de verres en douce, donc à la limite (je dis bien à la limite) son comportement peut s'expliquer, mais à ma connaissance Shige a rien picolé lui. Ce qui veut dire qu'il a roulé une pelle à Nakamaru en toute connaissance de cause ? Merde, ça c'est moche… Pauvre Keii-chan…

- Tu as l'air ailleurs, Taka, fait soudain la voix de Tomo non loin de moi.

Je tourne la tête vers lui. Il a l'air d'être redevenu lui-même. Tant mieux.

- Nan nan ça va. Je me disais juste que c'était con que ta fête d'annif ait tourné comme ça. Comment tu te sens ? Pas trop la gueule de bois ?

- Compte tenu de ce que j'ai bu, ça peut aller, répond-il en me caressant la joue. Et toi ?

- Moi ça va très bien, mais j'ai pas tellement bu faut dire.

- Ca te ressemble bien ça.

Il y a un blanc, puis je me décide à demander :

- Tomo… tu te souviens de ce qui s'est passé ce matin ?

- Ce matin ?

- Ouais ce matin très tôt dans la cuisine.

- J'ai aucun souvenir d'être allé dans la cuisine. Il s'est passé quoi ?

- Tu… Enfin Tesshi était torché, il t'a embrassé à pleine bouche… et t'as répondu.

- He ?

- Je t'assure. T'as vraiment répondu à son baiser. J'ai été obligé de vous séparer. Ca m'a pas fait plaisir.

- Oh, Taka… je suis désolé… je m'en souviens pas, mais je ne comprends pas ce qui s'est p…

- Tomo, le coupé-je, je poserais la question qu'une fois : est ce que t'es attiré par Yuya ?

Il écarquille les yeux, comme si je venais de sortir la plus grosse connerie de tous les temps.

- Non ! Non, pas du tout ! Il n'y a que toi pour moi, depuis le début !

Il a l'air tellement sincère en disant ça… Comment ne pas le croire ? Je suis peut-être trop crédule, mais…

- Je te le jure, Taka ! s'exclame-t-il encore comme je reste silencieux. S'il te plait, dis-moi que tu me crois, je t'en prie !

Il semble avoir la trouille que je le crois pas. Je le rassure d'un sourire.

- Si tu le dis, je te crois.

Un intense soulagement se peint sur ses traits. Je suis sûr que je pourrais entendre son cœur battre comme un fou, tellement il a l'air d'avoir eu peur et d'ailleurs, comme pour me donner raison, il me serre contre lui.

- Oi Pi, y'a des hôtels pour ça…

Cette voix… J'ai même pas besoin de me retourner pour identifier la voix grincheuse d'Akanishi.

- Tu peux parler toi, répond mon petit ami sans me lâcher. On entendait que vous hier et ça avant même qu'on soit tous beurrés.

- Ptêt mais comme chuis chez moi, ben je fais ce que je veux.

- Ca on avait pigé. Chez MOI, MES affaires, ce que JE veux… Espèce d'égocentrique nombriliste, fais-je, conscient que c'est la même chose.

- Toi, la ferme, si t'es pas content, tu peux te casser.

- Ca suffit tous les deux ! s'exclament en cœur Kame et Tomo.

- Tu pouvais parler de princesse et moi, Massu, fait Ryo en croisant les bras, mais avec Bakanishi t'es pas mieux.

Mais je l'écoute pas, je regarde Akanishi d'un air aussi renfrogné que le sien. Au point que Tomo finit par m'attraper par le bras pour m'entraîner plus loin.

- Qu'est ce qui t'arrive, Taka ? Pourquoi tu agresse Jin ?

- Moi ? C'est lui qui m'a agressé le premier, j'ai fais que me défendre.

- Il t'as pas agressé, il a fait que faire remarquer que c'était son appart.

- Tu le défends ?!

- Taka…

- Nan c'est bon, ça gave là ! Monsieur est chez lui, donc il peut se permettre d'envoyer chier des gens qu'il a quand même invités à la base ! Tu trouve ça normal toi ?!

- J'me serais bien passé de t'inviter toi ! fait la voix du concerné.

Il y a un gros blanc dans la pièce. Même ceux qui s'engueulaient s'arrêtent et nous fixent, ahuris.

- Et ben sois content, je me tire ! fais-je, énervé en me dirigeant vers la porte d'un pas rageur.

- Bon débarras ! A jamais !

Je réponds même pas, il en vaut pas la peine.

- Taka, attends ! fait Tomo en courant pour me rattraper alors que Kame se met à engueuler son copain.