Chapitre 34
Draco,
Nous sommes quelque part perdu en Angleterre. H et R se disputent sans arrêt. La tension entre nous en insupportable. Nos moments tous ensemble dans la Salle sur Demande me manquent tellement… J'aurai voulu qu'on soit amis bien avant cette année, ça aurait été tellement bien. H fait des cauchemars toutes les nuits, je ne dors pas, essayant de le calmer. R écoute sans arrêt la radio, priant pour ne pas entendre le nom d'une personne de sa famille. Le mariage de son frère avec la jolie française à été reporté. On espère que la guerre sera fini bientôt. R est en contact avec Pansy. Une lettre par semaine, pas plus. C'est vrai qu'il ne faut pas trop abuser des bonnes choses, et c'est son rayon de soleil qui arrive une fois par semaine.
Je suis très fatiguée. Je pense avoir perdu dix kilos depuis que l'on s'est quitté. Tu me manques. Je rêve la nuit de ces vacances en France, de la façon dont tu m'as convaincue de venir, de la partie de Paintball version sorcier, du nouvel an… Je rêve aussi de notre dernière nuit tout les deux. Les garçons sont tellement renfermés ! H ne parle presque plus à part pour crier sur R. R ne fait qu'écouter sa stupide radio en lançant des regards mauvais à H. Je ne les reconnais plus… J'aimerais tellement que tu sois là. Que tu me prennes dans tes bras et que tu me dises que tout ira bien. J'aimerais que Blaise face des conneries avec G, qu'ils disent des bêtises, des blagues obscènes et qu'ils nous fassent rire. J'aimerais reprendre mes longues conversations avec Théo, parler de ce que je ressens avec Pansy, m'assoir à côté de Daphné et laisser son calme et son silence me rassurer. J'ai besoin de vous.
Tu me manques.
Je t'embrasse.
Her.
Her,
Pansy était en pleure hier soir. Les Carrow ont été violent avec sa mère. Son père l'a vengé bien entendu, mon père l'a aidé. Bellatrix n'était pas contente qu'ils s'en prennent à ses petits jumeaux maléfiques si précieux. Je me demande comment une femme comme elle peut avoir un lien de parenté avec ma mère. Un lien si proche qui plus est. Elle est terrifiante, mais pas de la bonne façon. Je n'ai pas peur d'elle, elle est juste tellement bizarre. Je ne saurais l'expliquer.
Tu me manques aussi, affreusement. Blaise ne rigole plus beaucoup, il essaie, mais n'y arrive pas. Daphné doit passer son temps avec Astoria, elles préparent notre mariage je crois. Enfin, Daphné retarde au maximum les préparations avec ma mère, alors qu'Astoria veut que tout soit fait pour le mois prochain. Heureusement, ma mère lui fait croire qu'elle veut le plus merveilleux mariage pour son fils unique, et que la préparation prendra le temps qu'il faudra, même si ça doit être des années. Quand je te reverrais, je t'emmènerais faire le tour du monde et on mangera les plus merveilleux plats des plus merveilleuses cultures, tu reprendras ces kilos perdus. J'aurai aimé que G soit avec toi pour te changer les idées, pour avoir une présence féminine, j'aurai aimé qu'elle fasse parler H et qu'elle puisse câliner R. C'est son rôle de petite soeur, non ? J'aurai surtout aimé être avec toi pour dire vrai, te prendre dans mes bras et ne plus jamais te lâcher.
Tu me manques.
Draco.
Draco,
Nous devons bouger de plus en plus. Les recherches se font autour de nous, les protections ne tiennent pas toujours. Je suis fatiguée. On ne sait pas comment procéder pour que ça disparaisse, on ne sait pas où trouver les autres. Hier nous avons du courir, j'ai beaucoup trébuché et je pensais ne pas pouvoir continuer. Mais H était avec moi, il m'a aidé. R est parti. Ils se sont disputés, encore plus fort que d'habitude, et il est parti. Je ne sais pas où, je ne sais pas comment… Il est juste parti. Je ne sais plus comment faire Draco ! Je suis perdu… J'ai l'impression que le monde est contre nous, que la guerre ne finira jamais. Six mois que nous sommes partis, et il en manque toujours trois, le quatrième étant la raison de la colère des garçons, enfermé dans un coffret. Nous n'avons aucuns indices pour arriver à la fin de notre quête… Le vieux mage blanc nous aurait été d'une aide précieuse.
Tu me manques. J'aimerais pouvoir être dans tes bras, et respirer ton odeur pour me calmer. Je n'ai même pas de livre pour penser à autre chose… Mais H me tuerait si je pensais à autre chose.
Je t'embrasse.
Her.
Her,
J'aimerais pouvoir t'offrir tout l'or que je possède, que ma famille possède… De mes grands-parents au compte en banque de Bellatrix. Gringotts possède tellement de compte appartenant à ma famille… Les plus précieux étant gardés par un dragon je crois. Mais c'est sans importance. Quand la guerre sera fini, on partira étudier les dragons avec le frère de R. Je sais que le Pansedefer Ukrainien est ton préféré… Mais tu as toujours aimé les bêtes bizarres. D'ailleurs tu m'aimes moi, non ? N'est-ce pas déjà assez bizarre ?
Fais attention en courant, fais attention au protection qui entoure ta jolie maison. Je te veux en vie.
Tu me manques.
Draco.
PS : Pansy m'a dit que R était dans les îles écossaises.
Le hibou Grand Duc des Malfoy venait de s'envoler dans le ciel noir, n'attendant aucune réponse de la part de la jeune fille, laissant seulement la lettre de Draco au sol. Hermione prit l'enveloppe, prête à la lire et à donner les quelques informations que Draco laissait passer dans ses écrits à Harry, mais ce dernier avait disparu depuis plusieurs heures déjà.
Hermione attrapa son manteau et mit la lettre dans sa poche. Se balader en forêt n'était pas la chose la plus judicieuse à faire, elle devait retrouver Harry. Elle chercha près du tronc où il s'asseyait souvent. Rien. Puis une lumière, et des voix. Des cries, encore des voix, sa voix à elle, comment était-ce possible ? Un crie de Ronald. Elle couru. Elle courrait vers les bruits, vers la fumée, la lumière et tombait sur les deux garçons. Harry, en sous-vêtements, trempé, Ron, l'épée de Godric Gryffondor dans la main.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ici ?
- On a détruit le collier de Salazar… Ron a détruit le collier de Salazar !
- Je… Avec l'épée de Gryffondor. »
Hermione resta silencieuse. Elle était heureuse de revoir Ron, mais déçue par son comportement, sa colère toujours vive dans son esprit. Elle aurait voulu lui lancer le sortilège de Chauve-Furie, mais c'était Harry qui avait sa baguette.
« - Harry où est ma baguette ? »
Rien.
« - Ma baguette Harry !
- Je suis désolé Hermione… »
Ils avaient perdu leur dernière baguette.
Draco n'avait pas de réponse. Habituellement, Hermione répondait à ses lettres le jour d'après, mais là, rien. Le Grand Duc était revenu sans rien alors au moins, il était certain qu'elle était vivante, puisque l'oiseau avait donné son enveloppe. Mais pourtant, elle ne répondait pas.
« - Draco ? »
Il releva la tête de son livre et regarda sa mère qui avait l'air malade, fatiguée, et surtout, triste.
« - Oui ?
- Des Rafleurs se dirigent vers ici, habilles-toi.
- Bien. »
Que venaient faire des Rafleurs au Manoir ? Il s'habilla en circonstance et descendit les escaliers de marbre si lugubre, entendant déjà sa tante ricaner.
« - Draco ! Viens-ici ! Dis-moi si c'est lui ! »
Si qui était qui ?
« - Dis-moi si c'est Potter ! »
Draco devint encore plus livide, le coeur battant la chamade. Pitié, pas ça. Il entra dans le salon et vit Ronald et Hermione retenu par les Rafleurs. Harry était à genoux devant Bellatrix. Draco nia. Il ne voulait pas faire tuer ses parents, et ne voulait pas faire tuer Harry. Alors Bellatrix décida qu'il était l'heure pour elle de s'amuser.
Elle enferma les deux garçons dans les cachots où ils retrouvèrent Luna, et commença une lente et douloureuse torture sur Hermione. Et la brune hurlait de douleur. Lucius posa une main sur l'avant-bras de son fils, lui demandant silencieusement de ne rien faire alors que tout le corps du jeune homme voulait la sauver.
« - DIS-MOI CE QUE TU SAIS SANG IMPUR ! »
Mais Hermione ne disait rien, courageuse Gryffondor qu'elle était, elle ne disait rien. Lorsque Bellatrix se releva pour changer sa façon de procéder, les deux jeunes amoureux échangèrent un regard, un seul regard, et Draco comprit. Il ouvrit son esprit à la jeune fille et la laissait pénétrer dedans.
« Ne fais rien, je sais encaisser, ne fais rien. Je t'aime. »
Alors, sans jamais rien faire, il la regarda encaisser. Elle encaissait pour lui, pour les autres. Lui aussi, il l'aimait.
