Salut à tout le monde !

Content de vous revoir pour ce nouveau chapitre. Et pour une fois, il ne commence pas avec nos quatre amis. Ca change un peu. Mais pourquoi me direz-vous ? Voldemort va apprécier ce qu'il lira dans la Gazette du Sorcier. vous vouliez connaître la teneur de l'interview de Rita Skeeter, la voici toute chaude. et elle va amener de sacrées réactions où nous verrons comment le directeur va tenter de calmer la situation. au moins ça lui fera un sujet de préoccupation valable. je crois vous en avoir suffisamment dit.

Réponses :

Sheltan : oh oui, Harry et ses amis vont mettre le désordre. et ça commence avec l'interview que tu demandais tant

Klaude : ils évoluent bien. Rita, impressionnée, attends de lire son entretien

Xylion : je te rassure, je ne vous oublie pas, la preuve ! ça bouge beaucoup dans la vie de Ryry ( mdr )

Servin : Ron n'est pas grognon. et Rita ne s'est pas faite manger toute crue ( l'idée aurait été séduisante )

Mikl-bzh : non, pas même un bout de Rita, quel dommage ! je sais que tu veux de l'action, on me la demande, mais il faut patienter. elle arrivera vers la fin de la fic, promis juré. ou alors je ne ferais que des clins d'oeil

Ronald92 : continues toujours à m'être fidèle

Busard : et la voilà enfin cette interview

Luffynette : t'as un peu de retard, mais ça va. tu devras juste mettre deux fois plus de commentaires ( lol )

Sissi72-friend : une suite toute chaude avec une belle interview

Je remercie encore celles et ceux qui continuent à mettre cette histoire dans leur favori. j'espère qu'un jour vous vous ferez connaître.

Fini les palabres, place à la lecture !

Bises


HARRY POTTER ET LE CHOIX DU SANG

35 – La révolte du Sorcier du Dragon

Le soleil ne perçait pas encore la couverture nuageuse qui recouvrait le ciel. Il était encore tôt quand un hibou apparut dans le ciel. Il portait entre ses serres un tube protégeant les messages. Il volait en direction d'une propriété qui ressemblait à tant de grands anglais appartenant de grands propriétaires terriens.

Une haie de buissons de deux mètres entourait la propriété qui s'étendait sur trois milles mètres carré. La propriété était composée d'un jardin à la française. Au centre de ce jardin se dressait la statue d'une nymphe arrosant un bassin où des poissons folâtraient. Un manoir de trois étages trônait au sein de la propriété. Il était encore possible de distinguer un petit bois où des élans et autres animaux des bois venaient trouver refuge. La haie de buisson était raccordée par un portail haut de trois mètres et large de quatre mètres. Portail large et haut pouvant permettre le passage de deux voitures ou d'un camion. Sur la grille du portail, un M magnifiquement sculpté dans une écriture fluide indiquait le nom du propriétaire ainsi qu'un faon qui trônait sur le dessus du portail. Par la grille, le visiteur pouvait juste apercevoir une partie du jardin à la française, et il devait s'éloigner pour avoir la chance de distinguer le toit du manoir qui avait de chaque côté deux petites cheminées en briques. Vu de l'extérieur, la propriété semblait abandonnée alors qu'un soin particulier était apporté pour respecter la régularité de la haute haie. Un tel souci prouvait que la propriété était encore entretenue. De même que le jardin et le gazon qui s'étendait sur une vaste partie de celle-ci.

Le manoir était plongé dans le noir. Aucune lumière ne filtrait à travers la cinquantaine de fenêtres qui s'offrait aux yeux des visiteurs. Et le silence régnait dans les lieux. Le hibou s'infiltra par une fenêtre ouverte du second étage. Il parcourut un long couloir silencieux dont le sol était recouvert d'un épais tapis vert sombre aux rebords argentés. Il ne regarda pas autour de lui les innombrables portraits qui semblèrent le suivre des yeux. Tous avaient une particularité assez singulière, ils avaient les cheveux blonds tirant presque sur le blanc. Le hibou poursuivit sa course, bifurquant sur sa droite pour emprunter un nouveau couloir sombre. Il ne tarda pas à atteindre une immense salle à manger où trônait une longue table rectangulaire. La table s'étirait sur dix mètre, et une vingtaine de convives pouvaient y prendre place. La salle à manger n'avait aucune fenêtre donnant sur l'extérieur. Par contre, une énorme cheminée faisait face à la table. Sur le rebord de la cheminée, les armoiries du propriétaire flottaient avec fierté – un faon magnifique déployant ses ailes dessinant une sorte de M avec à ses pattes deux baguettes qui s'entrecroisaient. En dessous des armoiries, une phrase était inscrite, encore bien visible malgré les siècles passés. Il s'agissait d'une devise.

La pureté est la force. Pur dans l'éternité.

Ce manoir n'appartenait pas à n'importe quelle famille. Depuis des générations, elle se transmettait aux descendants mâles de la famille Malefoy. Famille de sorciers se revendiquant de la pureté de leur sang. Et le dernier descendant siégeait, non pas à bout de table comme le voudrait la tradition, mais à quelques sièges de là.

Durant les vacances d'hivers, son maître l'avait fait évader. Les quelques mois enfermés au sein de la prison des sorciers avaient marqué le visage du maître des lieux. Il avait un peu perdu de sa prestance et de sa suffisance. Devoir subir la présence des détraqueurs lui avait enlevé quelques couleurs et ses cheveux tiraient maintenant sur le blanc presque transparent. A ses côtés se trouvait sa femme qui tentait de se donner encore une certaine contenance malgré les évènements survenus. Avec un port altier et un regard digne, le dos droit et rigide, les gestes contrôlés, elle représentait l'image de l'aristocratie magique. Toute sa personne dégageait une certaine noblesse avec ses cheveux remontés en chignon, sa longue robe verte qui descendait jusqu'au bout de ses pieds, cachant même ses chaussures. Elle avait un visage anguleux à l'image son mari. Evidemment, l'éducation qu'elle avait reçue n'était pas étrangère à ce fait puisque Narcissa Malefoy était née Black. A l'inverse sa sœur, Bellatrix Lestranges n'avait rien des raffinements de sa sœur. Du moins les avait-elle perdus pendant les dix ans qu'elle avait passés à Azkaban pour meurtre et torture. Il ne restait plus rien de la séduisante et aristocratique Bellatrix Black, mariée Lestranges. Elle avait des cheveux noirs désordonnées avec une longue mèche blanche, un rictus fourbe au coin de la bouche et des yeux. Des yeux hallucinés avec une folie meurtrière dans les iris.

Le hibou vola jusqu'au couple du manoir et se posa devant le maître des lieux. Celui-ci arracha le tube et fit repartir le volatile d'un geste de dégoût. Il enleva le capuchon du tube et fit glisser dans sa main gauche un journal. Il déroula le journal et s'arrêta, offusqué sur la première page. Il n'en croyait pas ses yeux. Narcissa jeta elle aussi un regard avant de lâcher sa cuillère qui tomba dans l'assiette posée devant elle.

- Par Merlin et par Salazar ! s'écria le couple.

- Qu'est-ce qui vous prend tous les deux ? demanda acerbe Bellatrix.

Dans le même moment, cinq mangemorts apparurent. Peter Pettigrow se trouvait dans le groupe. Ils s'installèrent à table en silence. Bellatrix s'était approchée de sa sœur et de son beau-frère et s'empara du journal. Elle blêmit d'un coup en lisant l'article. La rage la consumait.

- Comment ose-t-il se moquer du Maître ainsi ? Je vais le tuer et j'apporterais son cadavre fumant au Maître, jura sauvagement la sorcière folle.

- Que t'arrive-t-il ma chère Bella par cette magnifique matinée ? Quelle nouvelle victime vas-tu m'apporter qui puisse nourrir mon cher Nagini ? interrogea une voix froide et cruelle.

Aussitôt les mangemorts se levèrent dans un seul mouvement et s'inclinèrent face à leur maître, Lord Voldemort. L'arrivée du mage noir était toujours accompagnée du bruit caractéristique d'un long corps rampant au sol et sifflant. Voldemort, le plus puissant mage noir de tous les temps, venait de paraître. Ses serviteurs ne levèrent pas leurs yeux. Ils attendaient avec angoisse que leur maître s'installa. L'ondulation du long corps de Nagini glaçait d'effroi chaque mangemort présent car celui-ci se déplaçait entre eux. Le mage noir s'installa à l'emplacement du maître des lieux. Les mangemorts purent relever la tête quand ils entendirent que leur maître avait fini de s'installer et qu'il était prêt à se restaurer.

- Quelles nouvelles ce matin ? demanda Voldemort en caressant la tête de son fétiche.

- Maître, un sorcier ose défier votre autorité, s'empressa de lui répondre Bellatrix.

- Voyez-vous ça ! s'amusa le mage noir. Quelqu'un oserait-il se dresser contre moi ou contre mes plans ? D'où tiens-tu cette information ?

- Maître, répondit simplement la mangemort.

Elle s'approcha du mage noir en restant la tête courbée et les mains tendues devant elle avec le journal. Voldemort s'empara du journal et commença à lire l'article en première page. Les mangemorts justes arrivés s'interrogeaient silencieusement. Pour la famille Malefoy, la peur les gagnait au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Ils connaissaient la nature de l'article. Et ils connaissaient la nature de leur maître. Ils redoutaient à l'avance la réaction de celui-ci. Le visage du mage noir était un masque effrayant de calme. En peu de temps, le mage noir avait lu l'article qui était une interview. Il froissa le journal avec rage alors que son expression n'avait pas changé. Il continua de caresser son fétiche. Tous attendaient la réaction de leur maître. Et celle-ci surgit comme un éclair, trop rapide pour les yeux du commun des mortels.

- Doloris ! hurla-t-il en pointant sa baguette sur le premier mangemort qui se trouvait à sa gauche.

Le mangemort, Crabbe Senior, fut éjectée de sa chaise et se roula au sol de douleur. Le sortilège de la douleur était imparable. Voldemort s'acharna sur son mangemort devant les regards horrifiés des autres mangemorts. Sauf Pettigrow qui osa souffler de soulagement. Le mage noir interrompit son sortilège.

- Personne ne se moque ouvertement de Lord Voldemort. Je veux que vous retrouviez ce sorcier et qu'il soit éliminé dans l'heure. Je veux son cadavre d'ici ce soir. Si vous échouez, vous aurez à faire à moi. Disparaissez sur le champ.

Les mangemorts ne se firent pas répéter les instructions de leur maître deux fois. Ils disparurent sur l'heure. Voldemort se rassit avec rage. Son serpent se frotta contre ses jambes.

- Ses incapables ne le trouveront sûrement pas mais ils se motiveront pour mon plus grand plaisir. Oui Nagini, bientôt tu auras ta pitance. Mais je me demande si ce n'est pas une ruse de ce vieux Dumbledore. Non. Ce mystérieux sorcier dénigre lui-même le directeur de Poudlard. Et Dumbledore est bien trop intelligent.

Voldemort chercha dans sa mémoire quel sorcier serait assez stupide pour défier à la fois Dumbledore et lui. Il ne voyait personne. Et ce ne pouvait pas être ce gringalet de Potter malgré l'évènement de l'été dernier. Le mage noir était perplexe.

- Qui est-il ? se demanda-t-il à haute voix.

A Poudlard, Harry était réveillé depuis longtemps de même que Ginny. Depuis que Harry était enfin libéré de l'emprise de Ginny, il avait accepté que sa sorcière partage la même chambre que lui. Et cela s'arrêtait à ça. Harry courait désormais une demi-heure, ensuite il nageait pendant une heure avant de se mettre à boxer. Ginny profitait des enseignements d'Elfiraes. Au moment où ils rentrèrent, Hermione et Ron étaient déjà levés. Ils se saluèrent rapidement. Harry et Ginny prirent une douche chaude avant de rejoindre leurs amis. Ensuite, chacun regagna son dortoir pour être certain de faire semblant de s'être levé en même temps que leurs camarades.

En cette matinée, et pour la première fois depuis la reprise des cours, Harry affichait un large sourire. Un sourire espiègle. Ce changement n'échappa pas à ses camarades de gryffondor qui s'interrogèrent sans oser en demander la cause. Les quatre amis descendirent en direction de la Grande Salle. Ron bouillait d'interroger son ami. Hermione prenait aussi sur elle. Ginny jugea préférable d'attendre de voir. Ils s'installèrent à la table de leur maisonnée. Déjà un succulent repas était préparé, et chaque élève se servit grassement. Comme à leur habitude, des hiboux s'engouffrèrent dans la Grande Salle, portant le courrier. Un hibou se posa devant Hermione avec la gazette du jour. Elle donna une mornille au volatile qui repartit. Elle déplia le journal et poussa un cri d'exclamation. Cri qui ne passa pas inaperçu mais qui fut répété par de nombreux élèves. La bouche pleine, Ron interrogea sa sorcière.

- Qu'echt-che qui che pachche Hermchry ? l'interrogea le jeune homme.

- Ron, ne parles pas la bouche pleine, la vitupéra Ginny.

Hermione regardait Harry avec un étrange regard. Elle se retourna pour fixer la table des professeurs. Ils lisaient eux aussi le journal. Ginny, sans attendre, passa par-dessus la table afin de voir ce qui avait déstabilisé son amie. Et elle se mit une main devant la bouche. Harry mangeait tranquillement.

- Et bien Hermione, que raconte-t-il dans ce torchon ? demanda néanmoins le jeune sorcier.

La jeune sorcière était trop abasourdie pour répondre. Ron finissait d'avaler la bouchée qu'il avait dans la bouche quand il se pencha à son tour. Le jeune sorcier regarda soudain son ami de travers.

- Hermione, si tu nous faisais la lecture, demanda un gryffondor.

Revenant à elle, la jeune sorcière déposa le journal sur la table. Un certain nombre d'élèves se regroupèrent autour des quatre amis pour voir et lire le journal.

En couverture de la Gazette du Sorcier, une photo du mystérieux sorcier sur le dos de son dragon au moment où celui-ci saluait d'un signe de la main. Bien que la photo animée soit d'excellente qualité, le mystérieux sorcier était indescriptible. Au-dessus de la photo, un gros titre : La rencontre exclusive avec le sorcier au magyar, par Rita Skeeter. La photo prenait toute la page. Hermione tourna la page. L'interview de Rita Skeeter se trouvait derrière. Hermione lut.

Après le sauvetage pour le moins remarqué de la famille Abbot, nous pensions ne plus entendre parler de ce mystérieux sorcier. Mais voici que celui-ci prend contact avec votre journaliste vedette pour lui accorder une interview. Surprise au début, j'ai néanmoins accepté cette étrange invitation. Je me suis donc rendue à notre rendez-vous qui se trouvait en plein air. Le mystérieux sauveur avait insisté pour ne pas me rencontrer dans un lieu habité afin de ne pas effrayer la population. Geste compréhensible quand on se rappelle qu'il dirige un dragon. Et pas n'importe quel type de dragon, l'un des espèces les plus dangereuses et des plus caractériels, un magyar à pointes. J'attendais avec une certaine appréhension quand soudain le ciel s'est obscurci autour de moi. Avec courage, j'ai fait face à la soudaine apparition de ce sorcier, chevauchant avec aisance son incroyable, et pourtant, monstrueuse créature. Avec élégance, ils sont descendus du ciel et ont atterri près de moi. Avec une décontraction et une assurance certaine, le mystérieux sorcier a sauté du haut de l'encolure de sa monture et a caressé la joue monstrueuse de son dragon. Je suis restée fascinée par ce spectacle. Le sorcier s'est approché de moi. Je ne distinguais pas ces traits dans la nuit car il était enveloppé d'une étrange magie.

- Bonsoir Miss Skeeter, me salua l'étrange sorcier.

La voix du sorcier était douce à l'oreille, comme s'il chantait. Rien que par sa voix, il était envoûtant de charme. En tant que professionnelle, je ne me suis pas laissée prendre à ce charme.

- Bonsoir, le saluai-je en retour.

- Je suis heureux de constater que vous ayez bravé ce froid hivernal pour notre rencontre. Si vous permettez.

Il fit apparaître, ce qui me semblait être une baguette qui était enveloppée comme lui d'une étrange magie. Avec dextérité et rapidité, il dressa un dôme de glace dans lequel il fit apparaître deux sièges et un feu magique. Feu magique qui se fondit dans le dôme, réchauffant la pièce. Il m'invita à prendre place. J'ai souvent pu contempler des sorciers utiliser la magie, mais ce mystérieux sorcier semblait ne faire qu'un avec la magie. Je m'installais confortablement sur le siège.

- Voilà une magie bien intéressante, remarquai-je.

- La magie est aussi variée que les sorciers qui l'utilisent, me répondit-il.

Avec la lumière qui maintenant imprégnée les murs, je tentais de mieux cerner mon interlocuteur, mais la protection magique de celui-ci était impénétrable. En tant que journaliste, je voulus me renseigner.

- Quelle magie utilisez-vous Mr …

- Appelez-moi simplement Sorcier du Dragon. Ça suffira pour le moment.

Je compris que le sorcier ne m'en dirait pas plus sur son identité.

- Pour vous répondre, la magie que j'utilise est si ancienne qu'elle ne se trouve plus dans les archives de Poudlard ou dans celles du Ministère. Il est donc inutile de s'attarder sur ce détail, m'annonça-t-il.

Je notais ce fait intéressant.

- Rita, je peux vous appeler Rita ? me demanda-t-il.

Je lui souris de connivence. J'apprécie de mettre mes interlocuteurs à leur aise.

- Rita, j'ai demandé à vous rencontrer car mon apparition a dû créer un certain nombre d'interrogations, me dit-il avec un amusement que je devinais.

- On ne peut pas dire que votre intervention soit passée inaperçue, et nombres de mes lectrices et de mes lecteurs s'interrogent sur votre cas. Notre communauté traverse une grave crise, et un sorcier qui ose se dresser contre Vous-Savez-Qui et ses partisans n'a que peu de chance de vivre, lui appris-je.

Petit éclat de rire cristallin du la part du Sorcier du Dragon puisqu'il faut le désigner ainsi.

- Rita, Rita, il me semble pourtant que dans cette guerre, n'ayons pas peur des mots, d'autres sorciers que moi affrontent Voldemort. Ne sursautez pas ainsi à l'évocation du surnom de ce mage noir. Mais à l'inverse d'eux, je ne veux pas l'affronter, je veux profiter de cette guerre, me déclara-t-il.

La stupéfaction dut se lire sur mon visage car il rit à nouveau.

- Ne faîtes pas cette tête. Vous avez la chance d'interviewer un sorcier qui n'a pas peur de vous faire connaître ses intentions à l'inverse des autres sorciers impliqués dans cette guerre.

- J'ai peur de comprendre vos propos.

Le Sorcier du Dragon croisa ses jambes et je devinais qu'il me scrutait derrière sa protection magique.

- Rita, notre communauté est en guerre. Et cette guerre est une opportunité à saisir. Les deux camps qui s'opposent maintenant vont ressortir affaiblis de cette guerre, et il faudra alors qu'un sorcier se dresse pour reprendre les choses en main, me dit-il.

- Et vous pensez donc que vous êtes ce sorcier ? l'interrogeai-je.

- Qui d'autre que moi ? Actuellement note communauté est dirigée par une bande de bureaucrates qui a peur et qui est influençable. Voldemort a déjà commencé à disséminer ses pions au sein de notre gouvernement. Le Ministère est complètement dépassé et tente des actions désespérées qui font le jeu de Voldemort.

Nouveaux frissons de ma part en entendant le nom de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

- Vous n'avez donc pas peur des représailles qu'il pourrait lancer à votre encontre.

- Rita, soyons clairs. Voldemort, comme ses idées, sont d'une autre époque. Les sorciers qui le suivent ou le suivraient dans son dogme sont des sorciers dont le coefficient intellectuel vole plus bas que le derrière d'un troll.

Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire à l'image qui s'impose dans mon esprit.

- Les convictions proposées par Voldemort sont le résultat de la bêtise d'un esprit dont le sang est corrompu et instable.

- Je ne comprends pas.

- Si nous suivons les principes proposées par Voldemort, tous les sorciers qui ne sont pas de sang-pur doivent périr. Mais dans ce cas, plus de la moitié de la population magique sorcière doit disparaître. Toujours en suivant cette idéologie, les créatures inférieures doivent elles aussi disparaître. Donc ce cas, ce ne sont plus seulement les sorciers qui sont concernés, mais toutes les créatures magiques. Si Voldemort devait à réussir dans ses plans, il ne resterait plus que les sorciers de Sang-Pur. Maintenant, dans une telle perspective, imaginer les mariages qui s'ensuivraient et les enfants qui en découleraient. A la fin, un frère et une sœur finiraient par se marier. Et leurs enfants seraient déformés et seraient instables intellectuellement et magiquement. Même les trolls seraient plus beaux.

- Ce que vous énoncez est effrayant, ne pus-je m'empêcher de souligner.

- Non, c'est juste une observation basée sur des travaux scientifiques moldus. Mais je ne veux pas vous importuner avec ses détails car notre communauté ignore de quoi je parlerais. Tout ce que je peux vous dire, c'est que les moldus sont plus avancés que nous sur ce point.

- Je comprends. Pourtant, comme vous l'avez dit, notre communauté est en guerre, et des opposants se dressent contre Vous-Savez-Qui.

Haussement d'épaules à peine perceptible de la part de mon interlocuteur.

- Si vous me parlez de ce cher directeur de Poudlard et du Survivant qu'il cache au sein de son école, alors je peux vous dire que nous avons déjà perdu cette guerre.

- Albus Dumbledore est le plus grand sorcier de tous les temps, et Vous …

- Je suis au courant de ce que l'on dit. Je suis la situation de notre communauté depuis un certain temps. Albus Dumbledore comme Voldemort n'est qu'un vieux débris tout cassé qui devrait penser à céder sa place.

Je ne pus m'empêcher de frissonner en entendant cela.

- Rita, je sais que je vous choque. Mais soyons clairs sur ce point. Albus Dumbledore est un respectable sorcier qui a fait son temps. Et ce temps est révolu. Il aurait dû songer à passer le flambeau depuis bien longtemps. De plus, d'après mes informateurs, le directeur de Poudlard n'est pas au mieux de sa forme depuis le début de l'année scolaire.

- Vous oubliez le jeune Potter que tout le monde voit comme le Sauveur annoncé pour vaincre Vous-Savez-Qui, lui rétorquais-je.

Eclat de rire prononcé du Sorcier du Dragon.

- Rita, j'ai aussi entendu beaucoup de bruits autour de cette histoire. Pensez-vous réellement que je m'amuserais à suivre un bébé dans une guerre d'une telle importance. Qui serait assez stupide pour croire à cette fable ? Je sais, on m'objecterait – oui mais il a survécu au sortilège de Mort et pendant plus de dix ans notre communauté a vécu en paix. De qui se moque-t-on ? On nous annonce que Voldemort est mort en essayant de tuer ce garçon, et d'un coup il revient. Interrogez-vous. Ne trouvez-vous pas étrange que Voldemort réapparaisse comme ça ? Qui a annoncé la mort de Voldemort ? Qui a désigné ce gosse comme le sauveur de notre communauté ? Qui a annoncé le retour de Voldemort ? Qui ? Une seule personne à ma connaissance, comme à la vôtre, Albus Dumbledore. Et si nous avions été manipulés. N'avez-vous jamais remarqué par bien des points nous ne connaissons rien des passés de Voldemort ou de Dumbledore.

La réflexion du Sorcier du Dragon me prit au dépourvu. Sa réflexion éveilla en moi d'un coup un intérêt soudain. Je continuai néanmoins.

- Vous posez un certain nombre d'interrogations mais vous jetez aussi un grand trouble dans les cœurs de nos lectrices et de nos lecteurs.

- Non, je suis comme tout le monde, je m'interroge. Pourquoi devrais-je suivre stupidement les ordres d'un Ministère incompétent ? Ou me rangez du côté d'un mage noir dérangé ? Ou encore me battre du côté d'un manipulateur ? Je revendique le droit de défendre ma vie comme bon me semble. Et vos lectrices et vos lecteurs devraient en faire de même, comme les créatures magiques. Sommes-nous donc des moutons que l'on peut envoyer à l'abattoir pour assurer le pouvoir d'une élite décadente ? Sommes-nous si inférieurs face à ses sorciers que nous devions subir sans réagir ? Je me pose comme la voix silencieuse du bas peuple. Et je crie que nous en avons assez de subir sans réagir. Nous revendiquons le droit de défendre nos foyers et nos familles comme nous l'entendons. Que les élites se battent entre elles pour le pouvoir n'est pas le souci, cela s'est toujours produit et continuera à se produire. Mais que le peuple en soit toujours la victime est inadmissible. Et je me dresse contre ce fait.

- Je devine qu'à travers vos propos, vous avez perdu beaucoup au cours de cette guerre.

- Comme beaucoup de personnes. Et quelle compensation avons-nous eu en retour ? Rien. Est-ce que nous sommes interrogés quand Voldemort, le Ministère ou Albus Dumbledore décident de fomenter leur petite guerre de pouvoir ? Non bien sûr. Le peuple n'est que de la chaire à canon, pour reprendre une expression moldue. Ce fait m'exaspère. Alors j'ai décidé de me battre à ma manière. J'ai quitté l'Angleterre après la première guerre et je suis parti à la recherche de savoir ancien. Et maintenant je reviens. Je reviens pour m'élever à mon tour. Et je vous le dis, Voldemort et Dumbledore sont mes ennemis. Mais je ne les affronterais pas. J'attendrais de voir lequel des deux mourra, et quand ce sera fait, je tuerais le survivant. Il suffit de subir sans rien dire la guerre des élites.

Le ton amical du début de l'entretien a laissé place à un ton plus froid.

- Sorcier du Dragon, vous vous revendiquez comme la voix du peuple. Et pourtant vous annoncez que vous tuerez le vainqueur. Quelle différence entre vous et les autres partisans ?

- A l'inverse des mes adversaires, je suis seul. Je n'ai pas de pions à sacrifier. Et je ne demanderais pas à des gens de se sacrifier pour moi. Je suis responsable de mes choix. Voldemort, Dumbledore, Le Ministère, ce sont tous des lâches qui se réfugient derrière leurs soutiens sans pour autant prendre les coups.

- Pourtant, l'année dernière, une confrontation a eu lieu entre Vous-Savez-Qui et Dumbledore. Et le Survivant était présent.

- Et étrangement Voldemort s'en est sorti. Et puisque vous le signalez, n'est-ce pas le seul et unique échange entre les deux protagonistes des deux guerres ? Ne trouvez-vous pas cela bizarre ? Car d'après la fiche de Dumbledore, celui-ci a déjà affronté un mage noir par le passé qu'il a vaincu. Il n'aurait dû avoir aucun mal avec Voldemort. Je vous l'affirme Rita, dans cette guerre, tout est manipulation, et on ne nous dit pas tout.

- Pensez-vous que Harry Potter est un quelconque rôle à jouer dans cette guerre ? Pensez-vous qu'une prophétie l'annonce comme le sauveur de notre communauté ? Ou êtes-vous persuadé qu'il n'est lui aussi que la victime malheureuse d'une machination ?

- Que de complaisance Rita envers ce jeune homme d'un coup. J'ai lu les articles que vous aviez faits sur lui. Vous étiez plus acerbes dans vos propos. Pourtant je suis d'accord sur un point avec vous. Harry Potter vit avec les fantômes de son passé. Je pense que la tragédie qui l'a frappé a servi à Dumbledore pour monter cette escroquerie d'Elu. Je dis bien escroquerie. Voldemort a voulu tuer toute une famille pour le plaisir, Dumbledore est arrivé sur les lieux, il a affronté le mage noir qui a dû s'enfuir blessé. Pour éviter de compromettre un de ses plans, il a décidé de faire croire en cette prophétie. Et si vous me demandez pourquoi, je vous répondrais que c'est parce que durant le duel, Voldemort et Dumbledore se sont rendus compte qu'ils étaient d'un même niveau et qu'il y avait égalité de puissance. Plutôt que de l'avouer publiquement, il a préféré cacher sa honte derrière cette histoire de Survivant. La preuve de mon affirmation, les évènements de l'année dernière. Et étrangement il est encore blessé. Je vous le dis Rita, il y a trop de coïncidences et de faits qui se répètent. Il est temps que nous nous réveillions et que nous cessions de fixer stupidement les illusions que tous ces sorciers superposent à la réalité. Voilà ce que j'avais à déclarer.

- Chère communauté magique, vous n'êtes plus seule livrée à vous-même. Un sorcier aujourd'hui se dresse pour faire face aux puissants qui veulent nous sacrifier pour assouvir encore plus leur soif de pouvoir. Je me refuse à rester les bras ballants pour savoir qui gagnera cette guerre. Mes propos vous terrifient mais la réalité est encore plus terrifiante. Et je m'adresse à vous, Dumbledore, Voldemort, un nouvel élément s'ajoute dans cette guerre. Je serais sans pitié à votre encontre. Et je m'adresse aussi à toi, celui que l'on surnomme le Survivant. Détaches-toi de la tutelle de Dumbledore et rejoins-moi. Si tu veux venger tes proches, rejoins-moi et je te donnerais les moyens de te défendre.

Sur ces dernières paroles, le Sorcier du Dragon me tendit la main pour m'aider à me lever. Il fit disparaître son enchantement. Il me salua, monta sur la tête de son dragon et repartit comme il était venu. Je ne saurais dire quelle impression il m'a faite, mais dans cette guerre déclarée, il est à noter que la présence de ce sorcier sera déterminante pour l'issue de la victoire. Je me suis empressée de retourner au journal pour vous retranscrire cette interview. Plusieurs questions se posent auxquelles tout un chacun devra répondre un jour.

Signée Rita Skeeter

Ainsi se concluait la fin de l'article. Un silence abasourdi régnait dans la Grande Salle. Silence comparable à quand Severus entrait dans sa salle de cours. Les élèves se regardaient tour à tour, regardaient en direction du directeur ou de Harry. Celui-ci avait relevé la tête et regardait autour de lui avec incompréhension. Dans son esprit il jubilait. Le silence régnait toujours autant. Les professeurs fixaient le directeur. Des chuchotements commencèrent à se faire entendre. Le directeur se leva avant que n'enflent le bruit des conversations.

- Jeunes gens, votre attention, s'il vous plaît. L'article de Rita Skeeter a, semble-t-il, créé un certain émoi. Les … propos du Sorcier du Dragon, puisqu'il faut le nommer ainsi, peuvent jeter le trouble dans vos jeunes esprits. A mon avis, ils ne font que semer plus de zizanie dans une situation périlleuse. Nous devons rester unis pour faire face à la véritable menace que représente Voldemort. Certes chacun est libre d'exprimer ses opinions, mais dans le contexte actuel, de tels propos ne font que diviser plus notre communauté. Quand cette guerre sera terminée, chacun devra rendre des comptes sur son rôle. Maintenant, dépêchez-vous de terminer votre repas, les cours vont commencer.

Le directeur se rassit. Les élèves avaient écouté. Cependant le doute s'était insinué dans plusieurs esprits. Les chuchotements reprirent avec intensité. Il en ressortait que la guerre déclarée avait un nouveau participant, et déjà des clans se formaient pour prendre position en faveur du Sorcier du Dragon. La plupart venait des nés moldus qui avaient compris certains propos du sorcier. Les professeurs se terminèrent de manger rapidement pour obliger les élèves à rejoindre leurs cours un peu avant l'heure. Harry prit son temps. Ginny dut suivre le mouvement à contrecœur. Les trois amis furent les derniers à sortir de la salle. Harry se retourna pour voir son directeur qui était en grande conversation avec Severus Rogue. Il se retourna avec un imperceptible sourire sur les lèvres. Les trois amis ne purent discuter tant les élèves prenaient leur temps pour commenter l'article.

L'entretien du Sorcier du Dragon fut sur toutes les lèvres la journée durant. Tout le monde l'avait à la bouche. Au cours du repas du midi, plusieurs élèves relisaient avec intérêt l'entretien. Des copies avaient été imprimées entre les cours. Harry se félicitait intérieurement de son idée. La journée fut longue pour les professeurs car les élèves étaient assez dissipés. Des punitions fusèrent de toutes parts. Des escarmouches éclatèrent entre els élèves par rapport aux prises de position de chacun. Une majorité voulait continuer à faire confiance à Dumbledore, une minorité montante approuvait les propos du Sorcier du Dragon et le reste supportait Voldemort ou était sans position. Ce qui se produisait au sein de Poudlard prenait plus d'ampleur à l'extérieur des murs de l'école. La voix silencieuse du peuple commençait à gronder. Alors que les gens avaient pris l'habitude de se terrer depuis le retour de Voldemort, ils décidaient de sortir de leur frayeur pour demander des comptes au Ministère. Certains n'hésitèrent pas à demander le départ immédiat de l'actuel Ministre afin que celui-ci soit remplacé par le Sorcier du Dragon. Certains proposèrent même de prendre eux-mêmes les rênes du pouvoir afin de débusquer Voldemort et ses partisans par leurs propres moyens. La plus grande confusion régnait. Une chose apparut tout de même, l'interview du Sorcier du Dragon avait donné un grand coup de pied dans la fourmilière qu'était la guerre des sorciers. Et désormais chacun remettait en cause les actions des protagonistes de cette guerre. Une rumeur fut même lancée que Dumbledore et Voldemort travaillaient main dans la main. La situation échappait à tout contrôle.

Quand les quatre amis se retrouvèrent dans leur dortoir après le repas du soir, Harry put se laisser aller à sa joie. Il rigola à pleurer. Il n'aurait jamais imaginé que son plan fonctionne aussi bien. Hermione ne partageait pas du tout ce point de vue.

- Harry, te rends-tu compte du mal que tu viens de faire ? s'insurgea-t-telle.

- Pas un mal. J'ai réveillé les consciences, différence. Désormais, Voldemort et Dumbledore vont devoir compter un nouvel adversaire. Un adversaire inconnu qui retardera leurs projets. Un adversaire qui préparera la guerre à sa manière. Et surtout un adversaire qui obtiendra l'adhésion de sorciers et de créatures magiques exclues de notre communauté.

- Pourtant tu as dit que tu mènerais ce combat seul, lui rappela Ginny.

- Et c'est vrai. Mais je veux laisser le libre arbitre à chacun en connaissance de cause. Et surtout je veux éviter que Voldemort ne recrute d'autres créatures comme les géants. Hermione, tu ne vois que les conséquences sur notre communauté. Moi je vois plus que ça. J'envisage les réactions de mes ennemis.

- Harry, tu vois vraiment Dumbledore comme un ennemi ? demanda apeuré Ron. Et tu veux vraiment le tuer ?

- Je ne vais pas tuer le directeur. N'oublies pas que je dois lui sauver la vie. Non, c'est plus subtil. Je veux qu'il soit si préoccupé par cette histoire qu'il laisse tomber ses défenses. Ainsi je pourrais obtenir tous les renseignements que je désire.

- NON ! s'écria soudain Hermione. Tu n'envisages pas de …

L'idée était si terrifiante aux yeux de la jeune sorcière qu'elle ne voulait pas le croire. Ginny et Ron la regardèrent sans comprendre alors que Harry souriait de toutes ses dents.

- Harry, Dumbledore est le plus grand legilimens de tous les temps. Tu ne pourras jamais pénétrer son esprit.

- Pourquoi ? Je peux le faire avec Voldemort qui est lui aussi un puissant legilimens. Alors pourquoi pas sur Dumbledore ? Et pour y arriver, je dois juste l'ébranler. C'est parfait. Maintenant nous avons du travail.

Harry s'assit au sol et s'enferma en lui-même. Les trois amis regardèrent le jeune sorcier. De tout ce que celui-ci avait tenté, ce projet était peut-être le plus incertain et le plus dangereux jamais envisagé.