Déclaration : Les personnages ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter. Merci à Russel T Davies et à la BBC de les avoir créés.
Bêta et encouragements : Réa S, tout aussi précieuse ^^
MADE BY TORCHWOOD
Chapitre 37 : Deux détecteurs valent mieux qu'un
J'attendais à mon bureau que Ianto se réveille, j'avais un peu hâte d'avoir mon café. La nuit avait été courte, je m'étais réveillé en sursaut après seulement une petite heure de repos. Certain de ne pas me rendormir j'étais parti travailler. Un message en particulier égaya mon réveil difficile. Dans un mail, on m'indiquait les conditions de détention de Mace qui constituaient sa punition, jusqu'au détail du numéro de sa cellule d'isolement. Il allait y croupir de nombreuses années avant d'espérer un brin de confort et cela me réjouit malgré moi. Je comptais bien le visiter, cette ordure avait le traitement qu'il méritait, et proposer à Ianto de m'accompagner. Je transférais le mail à mon équipe, Tosh en particulier reconnaîtrait le lieu d'emprisonnement. Leurs conditions de détention étaient tout à fait similaires …
Vers six heures, je rejoignis Ianto qui préparait le café, je m'étais posé beaucoup de questions pendant ma nuit blanche, je n'avais qu'une envie, les lui exposer. Car certaines me concernaient mais j'avais des interrogations également sur ses révélations. Je l'embrassais dans le cou tandis qu'il dosait le café, je n'eus qu'un bref regard, il se re-concentra rapidement sur sa préparation.
- Tu as une sale tête, commentais-je les bras croisés sur mon torse après l'avoir observé un petit moment.
- La faute à qui ?
- Tu as insisté, fis-je remarquer.
- Cela a été utile, non ? questionna-t-il en s'appuyant lui aussi au plan de travail de la petite cuisine.
- Très. Est-ce que … est-ce que cela a été douloureux pour toi ?
- Oh, oui un peu, se risqua-t-il en attrapant mon mug pour le nettoyer et surtout éviter mon regard.
- Tu peux être plus précis ?
- C'était la première fois que je faisais cela sur une personne volontaire, alors … mais j'ai quand même eu l'impression de te torturer, comme pour les autres … Je déteste en fait. Peut-être que je m'y prends mal mais, je ne vois aucun moyen de faire autrement. J'ai cherché, tâtonné au début, j'ai fais quelques dégâts, avoua-t-il d'une petite voix.
- Continue Ianto.
Il prit une grande inspiration comme pour reprendre courage.
- Après deux ou trois aliens … oh mon dieu j'ai honte Jack, marmonna-t-il en lâchant le mug les yeux rivés à l'évier.
- Pourquoi ? fis-je doucement en me rapprochant.
- Parce que j'allais dire qu'ils étaient sans importance, des cobayes basiques pour m'entraîner. Ce sont leurs mots à eux, pas les miens, finit-il par dire en levant ses yeux vers moi.
- Ianto, je te connais, pas la peine de te justifier, d'accord ? Tu n'avais aucun moyen de te soustraire à leurs diktats, je le sais.
Il hocha la tête.
- Ensuite, fit-il en déglutissant difficilement, j'ai pu aller de plus en plus loin sans créer de lésion, heureusement. J'ai quand même eu des loupés … C'était de la torture mentale et j'étais toujours le bourreau ...
- Ianto …
- Si, je l'étais. Je finissais souvent aux toilettes à vomir. Pourtant, il n'y avait aucune raison, j'avais juste un tel dégoût … pour moi, pour ce que je faisais. Et puis je revis les émotions, les tiennes, les leurs. C'est … épuisant et parfois très violent.
- D'où la sale tête … dis-je en l'enveloppant de mon regard puis de mes bras.
- Tu sens bon Jack … murmura-t-il tandis qu'il posait sa tête sur mon épaule. Il s'en dégagea doucement pour terminer les cafés.
- Tiens, fit-il en me tendant mon mug rempli de café presque à ras-bord. Je pense que nous allons en avoir besoin, expliqua-t-il devant ma mine étonnée.
- J'ai beaucoup réfléchi cette nuit ...
- Et pas beaucoup dormi.
- Non effectivement, confirmais-je en riant. Je peux te poser quelques questions ?
- Bien sûr, autant que tu veux.
- Comment connais-tu si bien le Tardis ?
- Il s'est présenté lui-même.
- Quoi ! m'exclamais-je en recrachant un peu de café dans ma tasse ce qui me valu un regard désapprobateur de sa part. Il me tendit une petite serviette pour que je m'essuie avant d'abandonner son air outré.
- Il est très poli, à l'image de son navigateur je suppose.
- C'est-à-dire ?
- Quand le Docteur est arrivé sur Terre, je ne lui ai pas parlé, je ne l'ai pas vu non plus, j'étais enfermé aux archives, comme tu le sais. Mais son Tardis l'a fait, par télépathie. Il m'a senti tout comme moi j'ai détecté sa présence … je me demandais qui il était, je pensais au début parler à un être vivant pas à une machine. Alors il m'a expliqué ses origines …
- Continue Ianto, l'encourais-je à nouveau étonné par ces révélations, un peu irrité aussi. J'aimais bien être celui qui en savait plus que les autres.
- Tu vas te mettre en colère, c'est ça ?
- Non, je suis désolé, avouais-je puisque je venais d'être démaqué. Je me demande juste … tu as oublié de m'en parler peut-être ?
- Je ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie. J'ai clairement ressenti ta déception d'avoir manqué le Docteur ...
Mon Ianto toujours aussi attentionné.
- J'ai discuté avec le Tardis, continua-t-il, je ne savais pas qu'il était à l'origine de ton immortalité, même si maintenant je trouve cela assez évident, finit-il songeur.
- J'ai compris, dis-je avec douceur. Explique-moi ce qu'il t'a dit, moi je ne sais que très peu de choses.
- Le Tardis est vivant mais il a aussi des circuits, un peu comme les cybermen d'ailleurs … tiens, je n'y avais jamais pensé auparavant. Bref, il a été élevé sur la planète du Docteur, spécifiquement pour lui. Ce n'est possible que sur cette planète grâce à la science des Seigneurs du Temps. Il m'a révélé qu'elle avait disparue au cours d'une guerre et que jamais plus aucun Tardis ne pourrait voir le jour.
- La Guerre du Temps, ça je connais. Pourquoi diable est-il allé t'expliquer tout cela ?
- Je ne sais pas, j'ai senti que cela le rendait triste, qu'il avait besoin d'en parler … je suis fort pour tirer des aveux, finit-il en me faisant un clin d'œil.
Sur ce il quitta rapidement la cuisine inquiet des représailles, je suppose.
- Ianto, attends ! lançais-je.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- S'il revient ici, tu le sentiras ?
- Je suppose, s'il ne se pose pas trop loin. Pourquoi ?
- La faille lui permettra de refaire le plein d'énergie du Tardis, crois-moi, il se posera tout près du Hub. J'ai prévu d'aller à sa rencontre grâce à sa main dans le bocal …
- C'est sa main ? !
- Oui …
- Je me posais des questions au sujet de cette main … C'est bizarre, finit-il en me regardant un peu dégoûté.
Je regardais le bocal, effectivement cela pouvait susciter des questions.
- Tu ne l'as pas vu dans mes souvenirs ?
- Tu m'as fait confiance, tellement confiance en me laissant accéder à tes souvenirs … cela aurait pu mal se passer, fit-il soudain nerveux en se remémorant probablement ses ratés dont il m'avait parlé.
- J'y avais quelque chose à gagner et j'étais certain que tu réussirais.
- C'est bien ce que je disais … Je n'ai pas cherché plus que nécessaire dans ton esprit, je n'ai vu que ce qui m'étais utile, c'est-à-dire très peu de choses. Je ne sais pas comment tu as pu récupérer sa main et je crois que je ne préfère pas savoir … Il est comme Dark Vador maintenant ?
- C'est cette saga … c'est dans Star Wars c'est ça ?
- Oui, mais peu importe. Ça te sert à quoi exactement ?
- C'est pour détecter le Tardis. Mais maintenant je t'ai toi !
- Je ne suis pas un détecteur, s'insurgea Ianto en fronçant les sourcils.
Je m'approchais de lui, un grand sourire carnassier sur les lèvres, j'aimais bien quand il avait cet air bougon. Je l'entourais de mes bras, comme un objet qui m'appartiendrait, en prenant soin de coller mon corps au sien.
- Tu es à moi Ianto Jones …
- Vraiment ? demanda-t-il feignant, avec brio, l'innocence un sourcil levé mais sans tenter de se dégager.
- Oh que oui. Tu viendras avec moi quand il reviendra ?
Il baissa les yeux soudain troublé, il aurait aimé que je le lâche maintenant, ce que je ne fis pas bien entendu.
- Qu'est-ce qu'il y a ? relançais-je devant son silence gêné.
- Je pensais, que peut-être, tu ne partirais pas maintenant que tu sais … lâcha-t-il dans un murmure.
- Je n'ai pas toutes mes réponses, je l'attends depuis si longtemps, Ianto. Il faut me comprendre … Qu'est-ce qui t'empêche de venir avec moi ? Qu'est-ce que tu en dis ? insistais-je.
- Mais Jack, le Docteur ne voudra pas de moi, s'offusqua-t-il comme si c'était une évidence.
- Bien sûr qu'il voudra de toi, idiot.
Il plissa les yeux en me regardant bizarrement.
- Je ne veux pas m'imposer.
- Tu reprendras tes papotages avec la machine vivante.
- Bien sûr, et pendant ce temps tu reprendras les tiens avec le Docteur ?
- Ianto Jones, seriez-vous jaloux ?
Il soutint mon regard malicieux.
- Bon alors, fis-je en resserrant mon étau, tu viendras ?
- Oui, je … je suis content que tu me le proposes, avoua-t-il la voix nouée.
- Tu pensais que je partirais sans toi.
Ce n'était pas une question mais une affirmation, je venais de le comprendre.
- Je ne pourrais pas … répliquais-je soudain ému, pas après tout ce qu'on a vécu ensemble.
Il ne dit rien et se réfugia à nouveau au creux de mon épaule. Il me sembla simplement distinguer vaguement un « fichus phéromones » qui m'amusa et m'aida à gérer mon émotion. Je ne pus m'empêcher de goûter un Ianto au café. C'était délicieux et le matin au réveil, irrésistible. La cuisine du Hub était petite mais finalement bien pratique pour prendre appui et effectuer des prouesses qui nous amenèrent tous deux vers des sommets de plaisir …
La redescente est parfois rude, sans toutefois que cela me décourage d'effectuer à nouveau cette ascension, c'était même peut-être ce qui en faisait son charme … Je me fis presque engueuler parce qu'il allait être en retard avec le rangement de la cuisine qui s'ajoutait maintenant à tout le reste. Il eut juste le temps de terminer le camouflage de nos ébats avant l'arrivée de Tosh. D'ailleurs, un claquement sur ses fesses coïncida avec l'alarme de la porte du Hub, ce qui me valut un regard courroucé de sa part mais qui, moi, m'amusa beaucoup. C'était avec mon flegme habituel que je saluais Tosh, tandis que Ianto faisait de même en jetant des coups d'œil craintifs autour de lui, nettement moins détendu. Tout en ajustant sa cravate, il lui proposa son café du matin. Le regard que j'échangeais avec Tosh me confirma qu'elle avait le même sentiment que moi, Ianto était enfin de retour au Hub.
Il avait raison, la journée allait être chargée. En plus des exercices mentaux que j'allais dispenser à Tosh et Owen tous les jours, il était prévu que l'équipe fasse connaissance avec Abigaël et Ianto avait du travail dans les archives et des rapports à rattraper.
J'instaurais donc la leçon d'exercices mentaux à mes deux agents, que je leur dispenserais tous les jours jusqu'à ce que je juge leur niveau suffisant. Je passais le reste de la matinée dans mon bureau, je ne m'absentais qu'une petite heure pour aller rencontrer un militaire de l'Unit que l'on m'avait recommandé, qui pourrait devenir un informateur. Même si Mace n'était plus là, comme dans toute institution qui plus est secrète, il ne devait pas y avoir qu'un seul ver dans le fruit. Et puis il y avait des rumeurs … sur une arme, une arme ultime et cela m'inquiétait. Je pensais rencontrer un homme, mais ce fut une agréable surprise de découvrir une femme militaire. Plutôt tendue au début de notre entretien j'usais de mon charme pour détendre l'atmosphère et l'amener à me révéler des informations confidentielles. Délier les langues était ma spécialité … dans tous les sens du terme. C'était une personne proche d'Abigaël, elle la suivait dans son affectation à Cardiff. Elle me fit un récit détaillé des prises de fonction du nouveau directeur qui accessoirement était notre contact, des difficultés qu'elle avait déjà rencontrées, des vacheries qu'elle subissait. Mace n'était pas apprécié de ses hommes, mais cela ne les empêchait pas de rendre la tâche difficile à son successeur. Je finis par l'interroger sur cette arme secrète qui était apparemment testée à New York. Elle promit de se renseigner. Je ne l'interrogeais pas sur ses motivations, elle en avait, c'était certain. Quelque chose à gagner. Ce n'était certes pas mon problème mais en tant voulu, en apprenant à la connaître, je creuserais cette question.
Je trouvais une tasse de café sur mon bureau en rentrant. Ianto et son timing … exactement ce dont j'avais envie en revenant de mon excursion. Je ne l'avais pas vu de la matinée, enfermé dans ses archives, je fus heureux de le retrouver pour partager un repas heureusement plus copieux que les précédents.
Il fut de courte durée, la sonnerie de la salle de réunion nous signala une demande de connexion, nous avions rendez-vous avec Abigaël et elle était en avance.
J'ai mis à jour le PDF (dispo dans mon profil) pour ceux que ça intéresse. C'est pratique pour imprimer, j'ai fait des sauts de page par chapitre. J'avais quelques chapitres de retard (une bonne dizaine !), c'est maintenant corrigé.
J'espère que ce nouveau chapitre vous a plu, j'ai hâte de le savoir ^^
Désolé pour le titre, vraiment je n'arrivais pas à en trouver un ... c'est pas vraiment dans le style des autres mais tant pris, il y a un moment où il faut se lancer !
Merci pour vos encouragements surtout en ce moment où j'ai vraiment très peu de temps pour écrire et donc une baisse de motivation ...
Un extrait de la suite :
"- Tu t'es fait plaisir Jack, me lança Owen alors que nous quittions tous les trois la salle de conférence. Nous pouvions encore entendre Ianto et Abigaël, il lui proposait un rendez-vous hebdomadaire ... Owen me dévisageait toujours, attendant une justification quelconque avec son air « je_sais_très_bien_ce_que_tu_as_en_tête ». Bien sûr la beauté d'Abigaël, même par écran interposé ne lui avait pas échappée.
- Suzie m'avait dit la même chose pour Ianto, fis-je remarquer.
- Elle n'avait pas totalement tort, rétorqua-t-il sans se démonter.
- Jack, interpella Tosh alors qu'Owen et moi nous nous regardions en chiens de faïence, tu ne vas pas le laisser seul avec elle ?
- Ce n'est pas Mace, la rassurais-je en détachant mon regard de celui d'Owen. Les dossiers lui obéissent, avec moi ils font de la résistance …"
Merci de suivre cette histoire, à bientôt !
