TA - CHAPITRE 35
JASPER POV
C'était Thanksgiving et nous allions avoir un putain de million de gens chez nous, comme toujours. Bella avait été en mode ménage et courses toute cette saleté de semaine. Pestant et menaçant Edward et moi de nous priver de sexe pour toujours si nous ne l'aidions pas.
Les gens qui venaient étaient pour la plupart du centre communautaire où Bella était bénévole et qui prenaient des cours de rattrapage depuis les petites classes jusqu'au lycée, quelques collègues à moi du bar, des voisins et quelques étudiantes du programme de l'école de musique d'Edward. Nous faisions un grand repas de Thanksgiving chaque année depuis que nous avions emménagé dans cette maison, et c'était devenu une sorte de tradition.
C'était aussi pour moi le défilé des chattes de mes anciennes conquêtes, puisque je m'étais débrouillé pour coucher avec presque toutes les bénévoles ou étudiantes du centre communautaire et avec quelques unes des amies de l'école d'Edward. Mais j'étais resté en bons termes avec tout le monde, malgré que j'avais le sentiment aujourd'hui que j'allais avoir quelques propositions pour réitérer un certain nombre de mes performances.
Edward et Bella étaient à la cuisine à préparer le repas. J'étais absolument inapte dans une cuisine, en dépit des efforts de nos mères, de ma sœur Rosalie et de Bella pour m'aider à apprendre. J'avais été relégué au rang d'installateur des tables et de la vaisselle, ce qui me convenait parfaitement. Si ce n'est que cela me tenait éloigné de Bella et me laissait le temps de réfléchir à notre situation actuelle. Qui n'était pas si bonne que cela, pour être parfaitement honnête.
Dix-neuf putains de jours.
Dix-neuf jours sans sexe.
Presque trois putain de semaines.
Bordel, je devenais taré. C'était ma plus longue période d'abstinence depuis que j'avais commencé à pratiquer. C'était vraiment pas pour m'aider. Mais ça ne voulait pas dire que je devais apprécier. Parce que ce n'était pas le cas. Merde, j'étais désespéré d'en avoir à nouveau.
Les règles de Bella avaient commencé le lundi après notre rendez-vous et quand cette semaine de torture prit fin, elle avait chopé une infection urinaire étendue. Dont j'appris que c'était très commun pour les femmes qui commençaient soudainement à pratiquer beaucoup le sexe. Elle nous blâma pour ça et était un peu grincheuse et susceptible à ce sujet. "Un peu" étant l'euphémisme de l'année. Je n'aurais pas qualifié cette attitude de "peau de vache", pour l'amour de la sauvegarde de mes boules, mais c'était pas loin.
Elle n'avait pas vraiment mal, mais c'était inconfortable. Enfin, c'est ce qu'elle nous disait à Edward et à moi. Cependant, elle aurait très bien pu nous mentir. Les antibiotiques qu'elle devait prendre annulaient les effets de sa pilule contraceptive, avait-elle dit. Et elle ne voulait prendre aucun risque, malgré le fait que je mettais toujours des préservatifs. Donc, pas de sexe, on en était là. Mais elle nous avait assurés que bientôt, nous pourrions reprendre nos petites activités antérieures.
Je veux dire, je comprenais par où elle passait, mais un mec à des besoins. Pas que je pense à elle juste pour assouvir mon usage physique. Ce n'était pas le cas, du tout… enfin, pas entièrement. Le sexe avec Bella était ce qu'il y avait de mieux. Et je voulais pratiquer le sexe avec elle. Mais plus que cela, je voulais faire l'amour avec elle.
Après la révélation que j'étais amoureux d'elle, suite à notre premier rendez-vous, je voulais simplement me retrouver avec elle, le plus souvent possible. Que ce soit pour sortir avec elle ou être avec elle de cette manière-là. En fin de compte, cela ne se reproduisit pas, les cartes du destin de le prévirent pas.
Je savais qu'Edward en ressentait le besoin, lui aussi. Mais il ne l'admettait pas. "Mr Bien Dans Ses Deux Godasses" était au-dessus de tels besoins. Du moins, le prétendait-il. Mais je le connaissais bien. Il avait été blessé au moins autant que moi.
Bâtard.
Bâtard d'embrasseur de c*l.
Edward avait été super attentionné pour Bella ces deux dernières semaines. Il pensait qu'il avait été rusé à ce sujet pour me le cacher, mais ce n'était pas le cas. Je voyais bien ce qu'il était en train de faire. Pourquoi est-ce que j'avais un problème avec ça ? Pourquoi soudainement était-il super agréable et pas comme d'habitude, le connard grognon qu'il avait été auparavant ? Qu'est-ce qui avait changé ? Changé entre eux, pourrais-je dire, car il était toujours la même tête de con habituelle avec moi. Je ne savais pas ce qui avait changé ou ce que j'avais pu faire.
C'est quoi cette merde, mec ?
Je sais, il est au courant de quelque chose !
Enfin, je me mentais à moi-même. Je savais que ce que j'avais fait aurait pu induire que son attitude envers moi soit si froide. Mais il ne pouvait rien savoir de tout ça… si ? Je n'avais rien dit à Edward au sujet de notre rendez-vous ou de mes sentiments pour Bella. Je voulais attendre jusqu'à ce qu'elle me retourne ces sentiments, avant de parler à Edward de tout ça. Je ne voulais pas ouvrir la boite de Pandore si je n'avais pas à le faire.
Il y avait eu cependant une brève conversation qui m'était sortie de l'esprit. C'était le dimanche après notre virée. J'avais dit à Bella que j'étais amoureux d'elle, ce matin-là. Elle avait paru choquée au départ et ensuite avait semblé accepter ma déclaration. Quand j'étais parti, j'avais le vertige comme une foutue minette paniquée.
Quand je suis rentré à la maison le soir, je les avais trouvés tous les deux dans le salon, à se prélasser dans des fringues assortis et à jouer à Mario Kart, apparemment heureux.
Quand Bella me vit, elle m'offrit un faible sourire. Avant que je puisse lui demander à quoi ça rimait, elle est allée préparer le dîner. Je pris sa place dans le jeu ; il y avait une tension indéfinie dans l'air entre Edward et moi. Pendant une petite minute, j'ai pensé qu'il pouvait être au courant de notre rendez-vous, alors, je décidai d'avancer sur des œufs.
A ce moment-là, il me demanda ce que nous avions fait le jour précédent. Je fus honnête, lui racontant que j'avais emmené Bella à la fête foraine, mais ne divulguai pas la raison de cette virée. Il fit quelques remarques à propos de cônes à la fraise et du bien-être de mes chaussures. Puis, il me demanda si rien d'autre ne s'était passé avec un ton crispé dans la voix. Je lui mentis et lui répondis que non. Je me sentis immédiatement coupable de lui sortir des bobards. Je n'avais jamais menti à aucun d'entre eux. Jamais.
Edward laissa tomber et nous n'en reparlâmes plus. Mais j'avais le sentiment qu'un truc s'était passé entre eux. Exactement quoi, je n'en savais rien encore. Et il ne me dit rien non plus.
Ce qui me ramenait à Bella. Il fallait encore qu'elle me dise qu'elle était amoureuse de moi, mais je lui dis que je savais toute la chance que j'avais. J'étais frustré qu'elle ne me l'ai pas encore dit, mais je gardais ce petit fait pour moi-même. Toutes ces choses de l'amour étaient toutes nouvelles pour moi. Cependant, je les appréciais vraiment. Alors que les jours passaient, mes sentiments devenaient plus forts. Ce qui était bizarre, puisque nous n'étions pas ressorti ensemble depuis, et n'avions pas été liés de manière sexuelle depuis presque trois semaines. Je suppose que ça prouvait juste que c'était de l'amour.
Autant je voulais avoir du sexe, autant c'était agréable de simplement ETRE. De simplement être ensemble.
Edward avait été parti de plus en plus souvent, et encore plus les toutes dernières semaines, nous laissant Bella et moi, seuls tous les deux durant les soirées. La plupart des soirs, nous étudiions à la table de la cuisine et nous regardions un film ensemble après cela. Ce n'était pas vraiment différent de ce que nous avions l'habitude de faire la plupart du temps. Mais ça faisait plus comme un couple que comme simplement deux amis qui se tiennent compagnie. J'aimais ça.
Edward et Bella rirent très fort dans la cuisine et cela me tira de mes souvenirs absurdes. La curiosité supplanta tout le reste et j'allai voir ce qui se passait. Et aussi, j'espérai profiter de la plaisanterie. Ils me manquaient. Nous, tous les trois. Bella était pliée en deux à se tenir la taille tellement elle riait et Edward était appuyé contre le plan de travail à essuyer les larmes de rire qui lui coulaient des yeux.
- « Qu'est-ce qui est si drôle ? » Demandai-je en rigolant rien qu'à les voir éclatés tous les deux. Je ne pouvais pas m'en empêcher, leur rire était contagieux.
- « C'est vraiment stupide, Edward a dit quelque chose qui m'a rappelé quelque chose d'autre… et je lui ai dit quoi et ça a dégénéré de là, » dit Bella essayant de reprendre son souffle.
- « Quoi donc ? » Insistai-je, voulant des explications.
- « Je te montre le mien, si tu me montres le tien ! » Dit Edward avec un visage sérieux, tentant de ne pas rire et échouant lamentablement.
J'avais saisi à présent, et c'était tellement drôle. Ces simples mots me revinrent en mémoire et je commençai à rire, ce qui, en retour, fit redoubler leurs rires à nouveau.
Ces mots avaient déjà été prononcés auparavant. C'était en été, entre la 6è et la 5è. Les anniversaires d'Edward et moi venaient de passer récemment et nous avions douze ans. Bella en avait toujours onze. Ma sœur aînée, Rosalie, était rentrée du lycée pour l'été et avait ramené avec elle son petite copain d'alors, qui est maintenant son mari, Emmett, à la maison pour rencontrer la famille.
Edward et moi avions immédiatement accepté Emmett. Il incarnait tout ce qu'il y avait de mieux pour deux garçons pré-ado comme nous l'étions alors. Il était grand, costaud et drôle et simplement vraiment trop cool, pour tout dire. Il était presque comme un héros à vénérer et je ressentais toujours encore un peu cela à son sujet presque treize ans plus tard.
Nous les suivions partout, tout au long de l'été, au plus grand déplaisir de Rose d'ailleurs, Bella évidemment nous accompagnait partout. Rose et Emmett avaient réussi à nous semer et à partir de leur côté quelque part. Mais, comme les bons petits explorateurs que nous pensions être à l'époque, nous finîmes par les retrouver.
Et nous les avions bien trouvés. Il y avait un petit ruisseau dans les bois derrière ma maison et c'est là que nous les avions localisés… en plein "flagrant délit", en quelque sorte. Bella étant Bella, le raconta à Renée, qui à son tour, causa des problèmes à Rose et à Em'. Et quelques nouvelles règles furent mises en place juste après ça.
Nos mères, oui, toutes les trois, ainsi que Rosalie, ont pris à part Bella pour "La Discussion" après l'incident. Le père d'Edward et le Chef Swan nous ont parlé à Edward et à moi, puisque le Capitaine était en mer, comme toujours.
Après cela, nous sommes allés dans la cabane dans l'arbre, dans mon jardin essayant d'extorquer à Bella des informations sur leur conversation, en la cajolant. Mais elle ne voulait rien savoir. Elle se contentait de rougir, embarrassée, secouant négativement la tête et les yeux rivés au sol. Nos mères étaient dans la maison à bavasser et à prendre le café et à nous ignorer, comme la plupart du temps. Si elles avaient su ce qu'Edward et moi avions dans la tête et étions sur le point de faire, nous aurions eu de sérieux ennuis.
Le corps de Bella avait commencé à changer et je m'en rendais compte. C'est à peu près à cette époque que je réalisais finalement qu'il y avait une différence entre Bella et nous. C'était difficile de ne pas se rappeler à ce moment qu'elle était une fille et pas un garçon comme nous. Qu'importait nos supplications et nos prières, elle ne disait toujours rien.
Alors Edward, dans un moment de pur génie, laissa échapper : "On te racontera tout sur nos affaires, si tu nous racontes les tiennes."
Bella y réfléchit pendant quelques minutes avant de tout nous révéler sur les règles et les seins et les baisers et les poils sur le corps et les garçons amoureux et tous les autres secrets de l'ancienne sagesse conférée à la vieille génération sur les filles et leur entrée dans la féminité. Alors, nous lui dîmes tout sur les érections, sur les rêves humides et sur les poils sur la poitrine et le visage, sur le rasage et sur le fait de traiter une dame avec respect.
C'était le concept de bander qui la laissait le plus perplexe. Et comme Edward et moi venions de découvrir ce phénomène par nous-même, nous tentâmes de la renseigner du mieux que nous le pouvions.
- « Ça fait vraiment ça ? » Demanda-t-elle timidement en nous regardant par-dessous ces cils.
- « Ouais ! » Répondîmes Edward et moi en cœur avec enthousiasme.
- « Comme ça ? Tout le temps ? »
- « Heu… non, juste quelque fois ! » Concéda Edward, embarrassé à présent.
- « Et ça le fait, maintenant ? » Demanda-t-elle plus rouge qu'elle ne l'avait jamais été auparavant.
Edward et moi nous regardâmes l'un l'autre avant de jeter un coup d'œil à nos entre-jambes et de secouer la tête de façon négative.
- « Oh, d'accord ! Je voudrais juste… en quelque sorte… heu… voir ça, » ajouta doucement Bella.
« Je te montre le mien, si tu me montres le tien, » sortit Edward.
Il baissa immédiatement la tête, choqué lui-même parce qu'il avait osé dire.
- « D'accord ! » Fit Bella dans un léger murmure.
Edward et moi la regardâmes et ensuite nous nous dévisageâmes l'un l'autre, choqués qu'elle ait accepté aussi facilement. Nous avions vu des femmes nues avant dans Playboy, mais jamais en vrai. Et là, nous allions en voir une. Bella commençait juste à avoir des nichons et je ne pouvais croire en notre bonne fortune.
Alors, nous avions relevé nos chemises et abaissé nos pantalons et montré les uns aux autres les parties incriminées de nos corps. Le seul commentaire de Bella fut qu'elles étaient moches et qu'elle ne voudrait jamais en toucher une.
La cabane dans l'arbre était toujours là. Nous y avions un paquet de souvenirs. Bella et moi y avions eu notre premier baiser avec la langue l'été suivant, juste pour savoir pourquoi on faisait tout un battage là-dessus. Je savais que Bella et Edward s'y étaient soûlés et tripotés, passant ainsi à la seconde phase quand nous avons eu quinze ans. Nous y avions fumé nos premières cigarettes volées et descendu nos premiers shots de téquila. Nous y avions passé la nuit après la remise des diplômes au lycée et à nouveau la nuit après l'obtention de nos licences.
Cette cabane était notre propre forteresse de solitude en quelque sorte. Rien ne pouvait nous y atteindre. Je ressentis une impulsion, une envie soudaine, de les prendre tous les deux dans la voiture et de nous conduire là-bas tous les trois, tout de suite. Pensant peut-être que de se retrouver dans la cabane dans l'arbre pourrait remettre toutes les choses à leur place et que tout serait à nouveau parfait entre nous.
Pas que les choses étaient mauvaises maintenant, seulement, elles étaient différentes. Et je ne savais pas si cette différence était une bonne ou une mauvaise chose. Nous faisions ces… ces trucs… depuis deux mois, à présent. Mais est-ce que ça pouvait encore durer plus longtemps ? Avec tous ces nouveaux sentiments et toutes les autres choses qui arrivaient ?
