Bonjour à toutes ! Je viens encore une fois pour remercier énormément Marine, alias xQueen !

Précédemment : Edward a réussi à se faire pardonner pour sa fuite. Carlisle et Esmée ont eu un rendez-vous avec une partie de la meute et des Anciens, afin que les loups veillent sur Bella eux aussi.

Chapitre 33

Pov Bella

Je venais de mettre une veste dans mon sac, avant de le cacher à nouveau sous mon matelas. La veste rejoignait un pull, deux pantalons, et deux chemisiers, plus huit dollars et vingt-six cents. Je voulais tenter de mettre un peu plus, mais j'avais entendu une conversation entre Billy et Alice la veille, lors d'un de mes après-midi avec le vieil homme dans la maison de Charlie. Le père de Jake m'observait d'un regard acéré, comme s'il voulait voir au travers de mon corps, mais je ne savais pas quoi.

Je mettais les affaires de mon père en cartons, au premier, quand j'entendis Billy s'en aller. Il était dans l'entrée, en train de dire au revoir à Alice, quand ils baissèrent la voix. Tendre l'oreille fut presque un réflexe.

-Qui sera là à notre prochaine rencontre, dans deux jours ? Avait demandé le vieil indien.

-Jasper. Il est celui qui sait garder le mieux son calme avec la quasi-totalité des loups, et il aime bien discuter tactique avec les jeunes. Qui prend la relève après Jared ?

-Paul, qui sera de garde jusqu'à demain, puis ce sera Embry. Vous n'avez toujours pas de nouvelle des Volturi ?

-Malheureusement, si. Ils nous ont donné quinze jours pour tuer Bella, à moins qu'Edward ne les rejoigne. Une vie humaine contre une vie vampire. Carlisle passe ses journées à négocier, mais Aro est trop obnubilé par le don d'Edward pour l'écouter. La vie de Bella passe au second plan pour le clan italien, tant Edward leur parait puissant.

-S'il doit y avoir un affrontement, dites-le nous rapidement, afin que nous puissions mettre nos jeunes en sécurité, pour pouvoir nous battre à vos côtés.

-Sam est d'accord ? S'étonna Alice, soupçonneuse.

Ils avaient élevé à nouveau la voix, me permettant d'entendre mieux.

-Il est moins enthousiaste que certains, mais comme tous les Quileutes, il rêve de se battre contre des vampires, comme les légendes le racontent.

C'est à ce moment que j'étais descendu, faisant semblant de ne rien avoir entendu. Nous avions dit au revoir à Billy, puis Alice m'avait aidé à remplir quelques cartons supplémentaires avant de nous ramener à la villa.

Alors j'avais pris la décision d'accélérer les choses : je devais partir au plus tôt. Je savais que je devais me livrer aux Volturi, et ce depuis la révélation que m'avait faite Carlisle après le départ du clan italien, pourtant je pensais avoir un peu plus de temps pour dire au revoir à Edward.

Prise d'une impulsion, je saisis le cadre photo contenant une photographie de mon père qui trônait sur la table de nuit, puis après avoir soulevé à nouveau le matelas, je fourrai l'objet dans mon petit sac à dos. Esmée me héla à ce moment, m'invitant à la rejoindre pour manger. Une assiette fumante m'attendait, tandis que la mère de famille finissait d'enduire une pomme de sauce caramélisée. Elle s'amusait comme une folle à essayer tous les desserts possibles. Une fois le dessert terminé, elle s'assit en face de moi.

-Bella, ma chérie, tu sais que l'on t'aime tous, n'est-ce pas ?

Je hochais la tête, attendant de voir où elle voulait en venir. Je savais qu'ils soupçonnaient quelque chose, elle et les autres membres Cullen, mais j'étais certaine qu'ils ignoraient de quoi il s'agissait exactement. C'était presque marrant de les voir essayer de me tirer les vers du nez, ou de quémander sans en avoir l'air des indices. Sauf que les vies à sauver étaient trop importantes pour moi pour que je me trahisse.

Esmée tapota ma main, avant de continuer.

-Je te sens ailleurs depuis quelques jours. Est-ce que quelque chose te tracasse ?

-Non, je t'assure, tout va bien. Je suppose qu'il est encore normal d'avoir des coups de blues de temps à autre, n'est-ce pas ?

Oui, j'étais horrible d'utiliser la mort de mon père comme prétexte, mais je ne pouvais pas m'encombrer de remords. Plus maintenant.

-Bien sûr que c'est normal ma chérie, affirma Esmée, compatissante. Veux-tu en parler avec Carlisle ?

-Ça ira, ne t'inquiète pas. Généralement, ça dure quelques jours, et c'est fini.

Tranquillisée, elle hocha la tête avec un sourire bienveillant, puis me laissa terminer mon repas. Je comptais partir le lendemain, quand les Cullen vaqueraient à leurs occupations. Et ils me facilitaient presque la tâche, en m'octroyant Jasper comme compagnon de journée. Embry serait plus difficile à éloigner, mais pas impossible, il suffisait juste que je trouve le bon moyen.

Après le repas, j'allais m'asseoir à côté d'Edward, sur le canapé où il regardait les résultats sportifs en compagnie d'Emmett et Jasper. Carlisle était à Port Angeles, il cherchait un cadeau pour fêter l'anniversaire de sa rencontre avec son épouse. Je me coulais dans l'étreinte de mon petit ami, déposant un baiser dans son cou. Edward embrassa le haut de mon crâne, me serrant contre lui. J'avais cessé de le pousser à faire l'amour avec moi, parce que j'avais peur que si nous nous unissions de cette manière, je fasse marche-arrière. Alors je profitais simplement une dernière fois de sa présence et de ses bras rassurants.

Après les résultats sportifs, Emmett voulut regarder une émission où ils passaient des vidéos de personnes se ridiculisant en voulant jouer au plus malin. Les filles arrivèrent de leur chasse commune, Alice et Rose allant retrouver leur mari tandis qu'Esmée partit s'enfermer dans le bureau de Carlisle pour répondre au téléphone.

-On se fait un film ? Proposa Rosalie, que l'émission n'amusait pas vraiment.

-Oh oui ! Il va y avoir de l'orage d'ici deux heures, alors attendons un peu avant d'aller jouer. En plus, Carlisle aura fini sa garde. Bella, tu veux être des nôtres ?

J'acceptai avec plaisir, sachant que c'était la dernière fois que je les voyais tous ensemble. Quand ils partiraient au lycée, je ne pourrais rien laisser paraître. Je savais d'avance que ce serait difficile, mais je devais le faire.

Rosalie choisit donc un film d'action, et je m'endormis, confortablement installée contre mon vampire de petit-ami. Ce fut un coup de tonnerre qui me réveilla, ainsi je pus constater que toute la famille Cullen était réunie au salon, habillée comme une équipe de base-ball, avec des t-shirts à leurs noms. Même Edward avait le sien, mais ça n'aurait pas dû me surprendre. Nonobstant, je devais avouer qu'il était très sexy dans cette tenue.

-Bien, maintenant que Bella est réveillée, on peut peut-être y aller ! Bougonna Emmett en saisissant le sac de battes et de balles.

Les six autres vampires se tournèrent vers moi qui m'étais assise, me frottant les yeux en essayant de me réveiller un peu plus. Je souris en hochant la tête, avant de prendre la main que me tendait Edward afin de m'aider à me lever.

-Habille-toi chaudement, me recommanda Esmée. Prends aussi un coupe-vent, il te protègera de la pluie.

Je pouffai en la comparant à voix haute à ma mère, ce qui la fit rire. Puis, une fois que je fus prête, nous partîmes à la clairière où ils jouaient. Edward me prit sur son dos, afin, selon lui, d'arriver à destination avant la fin de l'orage. De grands poteaux électriques éclairaient le terrain improvisé, signe qu'ils avaient tout aménagé quelques temps plus tôt. Rosalie et Emmett furent nommés capitaines de leur équipe, dont ils choisirent les membres.

-Je prends Alice, Jasper et Edward, déclara Rosalie.

-Hey ! C'est pas juste ! Protesta son mari. Non seulement vous êtes quatre contre nous trois, mais en plus, tu as pris tous ceux qui ont un avantage !

-Tu te sens inférieur mon chéri ? Railla la vampire blonde.

-Non, mais toi oui, visiblement, contrattaqua le brun. Le nombre contre l'intelligence, c'est ça ?

Rosalie s'avança vers lui, le poing levé, prête à en découdre. Sauf que Carlisle calma les esprits.

-C'est Bella qui va répartir les équipes, décida-t-il.

Je grommelai un vague "merci", avant de faire mon choix, qui devait être équitable. Je choisis donc d'attribuer Alice, Jasper et Esmée dans l'équipe d'Emmett, tandis que Rosalie jouerait avec Edward et Carlisle. Je savais pertinemment qu'Esmée ne me laisserait pas seule bien longtemps avant de se joindre à moi.

Puis le match commença. Ce fut l'équipe d'Emmett qui eut l'honneur de lancer les premiers. Quand la batte de Carlisle renvoya la balle lancée par Jasper, le bruit fut semblable au tonnerre frappant tout près. Malheureusement, tout ce que je vis ensuite, ce fut une forme floue voler autour des bases du terrain.

Le jeu continua quelques minutes, jusqu'à ce que tout se fige, et pour cause : Jake était là, en compagnie de Quil, Jared, Embry, Seth et Paul. Ils s'avancèrent, l'air menaçant, jusqu'à ce que Quil se mette à sourire.

-Ça vous dit de jouer avec des adversaires plus forts que vous ? Demanda-t-il aux Cullen.

-Pourquoi pas ?! Si on arrête de respirer, ça pourra être amusant, surtout qu'on pourra vous montrer qui sont les plus forts.

Rosalie ne semblait pas si contrariée que je ne m'y attendais, et ce fut Esmée qui m'expliqua le pourquoi.

-Lors de notre dernier séjour ici, elle avait déjà émis l'idée de jouer contre eux, Ce qui m'étonnait d'elle, mais ça prouve qu'elle sait dépasser ses préjugés, quand ça l'arrange bien sûr.

-C'est le cas de beaucoup de monde, assurai-je. Rosalie a un grand cœur, et elle sait ce qui est bien pour elle. Elle semble bien s'amuser en tout cas !

Il n'y avait pas qu'elle d'ailleurs : tous les enfants Cullen, Edward compris, ainsi que Carlisle jouaient comme des petits fous avec les indiens, dans une ambiance plutôt détendue. C'était une image que j'aurais voulu voir depuis un moment : les deux clans rassemblés avec des idées communes, se faisant assez confiance pour jouer ensemble et se battre côte à côte si le besoin se faisait sentir. Le fait de savoir que c'était un danger en moins me réconfortait un peu.

Le jeu dura trois bonnes heures, le jour se levant peu à peu. Les vampires brillaient très légèrement parce que le soleil faisait une timide apparition, promettant de belles éclaircies durant la journée. Et ce fut Esmée qui donna le coup d'arrêt en rappelant que les cours n'allaient pas tarder à commencer.

-Encore un peu ! Supplia Emmett d'une voix aiguë.

-Non non non, Emmett. Ces jeunes gens doivent aller se changer, et sûrement rassurer leurs parents.

Seth vint en courant vers Esmée et moi en rigolant.

-On dirait Sue, ma mère ! Rit-il. Mais vous avez raison, elle risque de m'engueuler pour avoir fait le mur, alors je vais y aller. Avec un peu de chance, Jake me couvrira en disant que j'ai patrouillé avec lui et que j'échapperai à l'école !

-Ne rêve pas, gamin ! Rétorqua Jacob en désordonnant les cheveux du jeune garçon. Sue t'y enverra même si tu dors debout !

L'adolescent se rebella, mais Jake le maîtrisa gentiment.

-On se voit plus tard ! S'écria Seth en partant, poussé par Jacob qui me salua de la main en promettant que ça se ferait à nouveau.

Une fois les Quileutes partis, Edward me prit dans ses bras.

-Tu grelottes, constata-t-il. Tu as froid ?

-Un peu, mais c'est sûrement la fatigue. Je me reposerai à la villa.

Il me porta comme une jeune mariée et nous rentrâmes à la maison, puis tandis que chacun allait se laver et se changer - les vampires adorent prendre des douches et des bains, à une eau tellement brûlante qu'elle ferait cuire un œuf, mais grâce à cette température élevée, les Cullen pouvaient sentir un minimum de chaleur - mon petit-copain me conduisit directement sur mon lit. Il me déposa en douceur, se couchant à moitié sur moi pour m'embrasser. C'était un baiser doux, sensuel, approfondi, qui me laissa haletant mais sereine.

-Tu sèches les cours pour qu'on essaye les préliminaires ? Tentai-je une dernière fois.

-C'est tentant, souffla-t-il. Par où veux-tu que je commence ? Par là ?

Il posa ses lèvres dans mon cou, pour se déplacer vers ma clavicule, avant de revenir dans le cou pour en suçoter un peu de peau. Je gémis pour approuver ce traitement, encourageant ses mains à partir à l'aventure, empaumant mes seins. Passant ses doigts frais sous mon pull, il caressa ma poitrine, s'attardant sur mes tétons déjà durcis. Ma culotte se mouilla, et j'eus le réflexe de frotter mes cuisses afin de créer une friction qui apaiserait un peu le feu qui couvait.

Edward se releva un peu, le temps d'enlever mon pull, ôtant sa chemise en un clin d'œil. Puis sa bouche vint gober mon sein droit, tandis que ses mains caressaient mes flans, ses longs doigts froids effleurant mon ventre. Il créait toujours en moi des sensations que j'espérais ne jamais oublier, et pourtant, à chaque fois qu'il faisait ses gestes, je trouvais le souvenir fade, bien en dessous de la réalité.

Ses baisers migrèrent vers le sud, vers la zone surchauffée, la glace de ses doigts créant une dualité plus que bienvenue. Je commençais à croire que j'allais enfin obtenir une partie de ce que je voulais, consciente que ça ressemblerait plus tard à un cadeau d'adieu. Cependant, cette pensée ne résista qu'une seconde face au déferlement de sensations que ses mains et ses lèvres atteignant mon pubis me procurèrent. Une sensation glacée sur mon clitoris me fit crier, faisant rire Edward.

-Nous venons de chasser les Cullen pour une demi-heure, souffla-t-il. Alors, tu peux crier autant que tu veux !

C'est quand cette sensation revint que je compris : Edward passait sa langue le long de ma fente, avant d'insérer un doigt dans mon intimité. Il le fit aller et venir, me faisant me tordre dans tous les sens sans le vouloir. Un deuxième doigt vint rejoindre le premier, me faisant couiner de plaisir.

-Edward ! Gémis-je. S'il te plaît !

Je ne savais pas ce que j'attendais, pourquoi je le suppliais, mais il fallait qu'il fasse quelque chose. En revanche, j'avais conscience qu'il pouvait m'apporter une réponse, qu'il avait le pouvoir de me donner une délivrance.

Un sentiment de vide me fit protester.

-Hey ! M'écriai-je en me relevant. Veux-tu bien finir ?!

Quand je me rendis compte qu'il était en boxer, presque gêné devant moi, j'en perdis la parole. On ne jouait plus. Mon regard accrocha le sien, pour ne plus le lâcher tandis qu'il venait s'allonger sur moi, avant de m'embrasser avec passion. Je répondis à son baiser, m'accrochant à lui de toutes mes forces. C'était si bon, j'attendais ça depuis tellement longtemps, et pourtant c'était si triste que nous fassions l'amour maintenant, après que j'aie choisi de me livrer, que des larmes perlèrent au coin de mes yeux, l'une d'elle réussissant à passer la barrière de mes paupières pour rouler le long de ma joue. Evidemment, Edward s'en aperçut.

-Hey, souffla-t-il doucement en essuyant la goutte d'eau salée. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?

-Pour une fois, au contraire, tu me fais beaucoup de bien, réussis-je à dire d'une voix tremblotante. Ne t'arrête surtout pas !

Encouragé par ces paroles, mon superbe vampire replongea sur moi, reprenant ma bouche d'assaut pendant que sa main revenait sur mon intimité, ses doigts si délicieusement frais s'introduisant une fois de plus dans mon antre. Il rajoutait un doigt à chaque fois, me préparant à le recevoir en moi. Quand il cessa de m'embrasser, un courant d'air froid m'indiqua qu'il venait d'ôter son dernier vêtement, se retrouvant aussi nu que moi.

-Tu es certaine que c'est ce que tu veux ? Me demanda-t-il. Je peux te blesser, ou même te tuer si je perds le contrôle…

Je me relevai à moitié, et pris son visage entre mes mains pour capter son regard.

-Tu ne me feras aucun mal, j'en suis certaine. J'ai confiance en toi.

Il soupira avant de fermer les yeux une fraction de seconde, puis me sourit. Je sentis son gland appuyer doucement à l'entrée de mon vagin, ensuite glisser lentement et entrer en moi.

-Je te fais mal ? S'inquiéta le vampire.

Ne pouvant répondre - en partie à cause de la douleur, puisque j'étais vierge, et que le membre d'Edward était gros, et en partie parce que je voulais profiter de toutes les sensations en me focalisant sur la zone qui réclamait beaucoup d'attention - je secouai juste la tête, invitant Edward à revenir m'embrasser et à s'occuper de mes seins, ce qu'il fit avec vénération. Quand mon hymen se déchira, je ne pus retenir un petit cri de douleur, mais le baiser qu'Edward me donna et ses mains qui voyageaient partout sur moi me firent vite oublier la douleur. Au bout de quelques secondes, le magnifique vampire commença des va-et-vient, faisant à nouveau grimper le plaisir. Le froid de son membre calma la douleur, ce qui me permit d'avoir un orgasme dont je me souviendrai longtemps. Mes doigts de pieds se recroquevillèrent, mon sang semblait bouillir, et je vis des étoiles. Edward me suivit dans la jouissance dans un grognement bestial qui me fit sourire. Il se laissa tomber sur moi, comme s'il était fatigué, mais il ne pesait pas sur mon corps, son souffle frais percutant mon cou brûlant.

-C'était… commença-t-il, à court de mot.

-Waouh ! Finis-je pour lui.

-Exactement !

Il roula à côté de moi en riant doucement, me prenant dans ses bras. Ma main caressa son visage, suivant tous les traits de son visage. Je ne voulais pas l'oublier, même dans la mort. Je voulais que ce soit la dernière image qui me viendrait lorsque je mourrais.

-Je t'aime, déclarai-je à Edward. Je t'aimerai toujours.

-Je t'aime aussi Bella. Peut-être plus que tu ne peux l'imaginer.

Je souris devant sa volonté d'avoir le dernier mot. Mais je ne relevai pas, me collant à lui. Mon corps se refroidit doucement, et je me glissai sous la couette.

-Alice et Jasper approchent, avertit Edward, rompant le silence qui régnait depuis quelques minutes. Je vais devoir me préparer à aller au lycée.

-Reste ! Grognai-je en me collant à lui, le faisant rire.

-Je te promets que nous recommencerons, maintenant que je sais que je peux me maîtriser.

Il m'embrassa fugacement sur la bouche, avant de se lever après avoir remis son caleçon, pour se rendre dans la salle de bain, où j'entendis l'eau couler. Sans qu'il le sache, Edward venait de me faire le plus beau des cadeaux, mais c'était le dernier aussi.

Quand il revint de la salle de bain, le vampire s'arrêta quelques secondes sur le seuil de la chambre, comme subjugué par moi. Pourtant, je ne devais pas ressembler à grand-chose, avec les cheveux en bataille, les lèvres sans doute gonflées, et les yeux sûrement cernés à cause du manque de sommeil.

-Tu es magnifique, affirma-t-il en revenant vers moi, me faisant rougir. Peu importe ce qu'il se passera, je t'aime. Je veux que tu le saches.

Soupçonnait-il ce que j'avais en tête ? Devinait-il mon projet ? Comment le pourrait-il ? Je n'avais laissé échappé aucun indice, Alice n'avait toujours pas de vision, et Edward ne pouvait pas lire dans mes pensées. Le seul qui devait se poser des questions était Jasper, et je me doutais qu'il allait m'en poser aujourd'hui. Sauf que la machine était en marche, et qu'il n'y avait plus d'échappatoire.

Je me levai, enveloppée du drap, pour que nous partagions encore un baiser. J'avais envie de l'avoir contre moi encore et encore, jusqu'au bout, mais je ne devais pas être égoïste.

-Je vais me laver, dis-je à regret en m'éloignant. Vous partez dans combien de temps ?

-D'ici vingt minutes, tu as le temps de te préparer. Ne va pas tomber dans la douche.

Je lui tirai puérilement la langue en courant vers la salle de bain. Je me brossai les dents, pris une douche en quatrième vitesse, avant de m'habiller tout aussi vite.

-Tu as un rendez-vous ? Rit Edward à mon retour dans la chambre. Tu es bien pressée.

-Je dois être devenue accro à ton sourire charmeur, répondis-je nonchalamment. J'essayerai une cure de désintox un jour.

-Tu n'en as aucun besoin, susurra-t-il à mon oreille en m'enlaçant. Je n'ai pas vraiment envie que tu t'éloignes de moi mon cœur.

Il ne m'aidait vraiment pas ! Je gémis de frustration, et aussi parce que le poids que j'avais sur l'estomac venait encore de s'alourdir. Je tentai de sourire, en vain. Alors, pour cacher ma gêne, et surtout pour empêcher les larmes de me monter aux yeux, je cachai mon visage dans sa poitrine, l'enlaçant de toutes mes forces. Je sentais mon cœur cogner fort, alors je supposais qu'Edward le sentait tout autant. Cependant il ne commenta pas, soupirant d'aise, son visage enfoui dans mes cheveux. Nous restâmes enlacés ainsi plusieurs minutes, avant qu'Esmée ne nous rappelle à l'ordre, comme n'importe quelle mère de famille humaine.

-C'est l'heure d'aller au lycée ! Tu vas être en retard Edward !

Celui-ci émit un petit rire discret, avant d'embrasser le haut de ma tête puis ma nuque.

-Je crois qu'elle est sur le point de venir te tirer les oreilles, plaisantai-je.

-Si tu savais ! Elle en dit beaucoup moins qu'elle n'en pense, c'est assez marrant. On se revoit de suite après les cours, prends soin de toi.

Ces mots me rappelèrent ce qui allait se passer dans les prochaines heures. Je vivais le moment le plus dur, mais c'était pour le bien d'Edward. Si même les Cullen ne trouvaient pas de solution, alors c'était à moi d'agir. Je partageai un dernier baiser, essayant de transmettre tout mon amour à travers ce geste. Je tentais également de mémoriser son goût, sa saveur, la douceur de sa peau, son odeur, la sensation glacée de ses caresses sur ma peau, sur ma langue, de son nez glissant le long de ma mâchoire ou de mon cou… Bref, tout de lui. Une ultime fois.

Edward pressa une dernière fois ses lèvres sur les miennes avant que nous ne descendions ensemble, main dans la main. Alice, Rosalie et Emmett patientaient dans l'entrée, leurs sacs de cours sur l'épaule.

-Tu feras le joli cœur plus tard, déclara Alice. Si nous arrivons en retard, monsieur Banner va encore nous faire son laïus sur le respect des valeurs d'autrefois. Mais qu'est-ce qu'il y connait ? Je suis dix fois plus vieille que lui ! Je lui rabattrai bien son caquet moi ! Non mais n'importe quoi !

Elle continua à grommeler en sortant, se dirigeant vers la voiture qui attendait les enfants Cullen devant la porte. Rosalie la regarda narquoisement.

-On ne dirait pas comme ça qu'elle approche des deux cent ans, rit-elle. A ce soir Bella !

Elle et Emmett rejoignirent Alice, presque immédiatement suivis d'Edward. Je regardai la voiture s'éloigner sur le chemin de terre en compagnie d'Esmée, l'estomac noué, presque nauséeuse.

-Bien ! S'écria-t-elle avant de continuer sur un ton normal. J'ai plusieurs rendez-vous aujourd'hui, dont un à Seattle, puis je rejoins Carlisle à l'hôpital. Si le téléphone sonne, surtout laisse Jasper répondre s'il te plaît.

-Pourquoi ?

-Oh, ce sont juste des clients, j'ai expliqué à Jasper ce qu'il fallait dire.

Son explication ne correspondait pas à sa précédente insistance, mais je laissai couler. Elle me conseilla sur la température du four pour faire réchauffer le plat pour le diner, et précisa que j'avais une salade César pour le déjeuner, puis elle partit à son tour. A chacun des Cullen qui me quittait, je voulais les prendre dans mes bras, leur avouer à quel point je les aimais, à quel point ils m'avaient aidée, leur dire toute l'estime et le respect que j'avais pour eux, pourtant je ne l'avais pas fait. Un déchirement de plus, simplement.

Quand elle fut loin elle aussi, je retournai dans ma chambre, puis sortis le sac de sous le matelas. Si j'avais fait les choses correctement, je devais me rendre à trois kilomètres de la sortie nord de Forks, hors du territoire des Quileutes et des Cullen, d'ici une heure. Me souvenant qu'Embry devait être dans le coin, je lui envoyai un texto en numéro masqué, prétendant que j'étais une fille de son lycée qui flashait sur lui, et qui lui donnait rendez-vous dix minutes plus tard devant la petite épicerie de la réserve. J'attendis une minute avant de mettre mon sac sur l'épaule, puis je partis à la recherche de Jasper, le trouvant dans la bibliothèque, penché sur plusieurs livres ouverts. Ces derniers temps, il passait de longues heures dans cette pièce, se relayant avec les autres membres de la famille. Je ne savais pas ce qu'ils cherchaient, mais ces recherches les occupaient, les obsédaient même. Si je quittais la maison, allait-il s'en apercevoir ? Cela m'éviterait de lui faire du mal, comme j'en avais l'idée initialement…

En faisant le moins de bruit possible, mais sans paraître trop suspecte, je me rendis au rez-de-chaussée, me préparai deux sandwiches au beurre de cacahuètes et un autre au jambon, allai prendre (voler serait plus juste, puisque je ne pourrais jamais le rendre) de l'argent dans le pot à cookies, puis sortis, mine de rien. Choisir une voiture fut difficile, parce que j'avais peur que les Volturi la dégradent par vengeance, ou même qu'elle se fasse voler. Plus le moment du rendez-vous approchait, plus je me posais de questions : allaient-ils me tuer de suite ? Allaient-ils m'emmener d'abord dans un coin tranquille ? Ou à Volterra, en Italie, pour me conduire à Aro ?

Finalement, je décidai de prendre un simple vélo : pas de bruit de moteur, moins de risque de vol, et je pourrais profiter de la température plutôt agréable. Après avoir enfilé mon sac à dos, je me mis en selle et m'éloignai de la villa, aussi nonchalamment que possible, Je débouchai rapidement sur la nationale 101 et pris la direction de Port Angeles, vers le nord. Une moto arrivant derrière moi à toute allure - et grand bruit - et me dépassa, avant de déraper comme un malade. Le motard sauta au sol, tandis que je commençais à l'engueuler.

-Non mais ça ne va pas la tête ?! Vous devriez aller encore plus vite ! Si vous avez un rendez-vous, fallait partir plus tôt ! Et si un enfant traverse la route ? Vous voulez nous tuer ou quoi ? Vous êtes un véritable danger !

-Et toi, tu peux m'expliquer ce que tu fabriques ?

Le motard venait d'arriver devant moi, et retira son casque au moment de parler, me permettant de découvrir un Jasper très en colère, et du coup très impressionnant. Je ne pus m'empêcher de reculer devant l'aura de danger qu'il dégageait.

-Eh bien… J'avais juste décidé d'aller me balader, de profiter de cette journée moins froide et pluvieuse que les autres…

-Avec un sentiment de panique et de tristesse aussi intense ? Je ne pense pas. Tu veux que je te dise ? Je crois que tu veux rejoindre Port Angeles pour prendre l'avion, afin d'aller en Italie. Je crois aussi que tu veux te sacrifier pour qu'Edward reste libre. Mais c'est inutile, nous allons trouver quelque chose pour que vous restiez tous les deux vivants et ensemble.

Il avait empoigné mon bras, et me ramenait vers sa moto.

-Ça fait des jours que vous cherchez, mais vous n'avez toujours rien trouvé. Je sais qu'Aro a donné une limite temporelle, et il est hors de question qu'Edward aille en Italie, avec ces monstres.

Jasper n'écoutait plus : il plaça d'autorité son casque sur ma tête, puis il releva l'engin. Je ne pouvais pas le laisser me reconduire à la villa et m'y garder. Une idée pour me débarrasser de lui germa dans ma tête, mais j'avais besoin d'un outil, tranchant de préférence, pour le faire fuir.

-D'accord, capitulai-je faussement. Je dois passer chez mon père avant de rentrer.

Le mari d'Alice me regarda avec incrédulité et méfiance, sûrement pas dupe une seconde, mais il finit par accepter en soupirant. Je montai de bonne grâce sur la moto, que le vampire démarra, puis nous partîmes rapidement. Nous mîmes à peine deux minutes pour arriver devant la maison de Charly. Je sautai à terre aussitôt après nous être arrêtés, avant de courir jusqu'à la porte que je déverrouillai. Jasper me suivit à l'intérieur, m'observant attentivement avec son regard perçant. Tentant d'occulter sa présence, j'allai à la cuisine, ouvris plusieurs portes de placard, comme si je cherchais quelque chose, et c'est en voyant du pain de mie que j'eus l'idée de le sortir pour le mettre sur la table, avant de prendre un pot de gelée de groseilles. Je farfouillai dans un tiroir pour mettre la touche final à ma petite trahison : en même temps que je saisis une cuillère, je subtilisai discrètement un couteau, que je glissai dans ma manche. Je me retournai tranquillement vers la table pour faire une tartine, vérifiant que Jasper n'avait rien vu. Mais il restait stoïquement debout, appuyé contre le chambranle de la cuisine.

-Tu avais vraiment besoin de venir ici pour ça ? I manger à la villa. Et si tu espères qu'un Quileute vienne et qu'on se batte ensemble, ça ne marchera pas. Je sens beaucoup de détermination en toi, mais je n'ai pas la faculté de savoir exactement ce que tu vas tenter.

-Et tu crois que je vais te le dire ? Ris-je. Remarque…

Je le fixai dans les yeux, décidant de passer aux choses sérieuses. Le plus rapidement possible, je sortis le couteau de ma manche, comme dans les films, et sans le vouloir, la lame s'enfonça dans ma peau au passage, me coupant. Pas très profondément, mais suffisamment pour que du sang commence à goutter sur le sol. Aussitôt, les yeux de Jasper se teintèrent de noir. Il fit deux pas très lents, avant de se ramasser sur lui-même, comme le font les félins, et les lions ou les tigres à la télévision, puis, sans prévenir, il ne fut plus là.

-Eh ben… grognai-je en appuyant sur la blessure. Ça dépasse mes espérances !

En effet, j'avais bien prévu de me couper, seulement c'était de manière plus délibérée. Là, ça avait été une simple maladresse, cependant Jasper pourrait donner cette version à Edward, ce qui lui ferait moins de mal. Combattant la nausée et le tournis qui venaient de me prendre à cause de l'odeur du sang, j'enroulai un torchon autour de ma main, l'attachant solidement pour plus de commodité. Je remis tout en ordre avant de fermer la porte d'entrée une dernière fois.

-Je sais que tu ne comprendrais pas, murmurai-je en posant ma main sur le panneau de bois, visualisant la tombe de mon père. Mais cette fois, c'est pour sauver l'homme que j'aime.

Après avoir pris une profonde inspiration, je me retournai, prête à repartir là où nous avions laissé le vélo, quand une ombre immense apparut devant moi, me faisant crier.