Titre : Eclipse Totale
Pairing : Grimmjow Jaggerjack/ Jûshiro Ukitake
Rating : M
Disclamer : Tous les droits sont à Tite Kubo !
Genres : Poetry/Romance
Warning : Yaoi
Note musicale : Aujourd'hui à l'honneur le chanteur Dominique A et sa chanson « Rendez-nous la lumière ».
De : ukitake10xxx
A : grimmjagger06xxx
Daté du : 28.06.2014
Sujet : Les tours de notre ville
Bonjour, Grimmjow.
C'est étrange de se dire qu'un texte qui, à la base, n'était qu'un misérable poème sur le silence, a changé au point de devenir cette nouvelles aux accents de désespoir. Je suis désolé de t'avoir montré cela. J'aurais aimé que tu ne voies pas cette face-là de ma vie. Ce n'est pas une honte, c'est, comme tu le dis, une blessure.
Cette fois-ci, mon but a été atteint. Je m'attendais bien à ce que ce thème te pose des problèmes. J'avoue que cela m'amusait de t'imaginer essayer de caser tes idées rebelles, intenables, remuantes, dans des vers rythmés.
Maintenant, je suis tout de même battu… Que puis-je faire face à toi, Grimmjow ? Ton poème est incroyable. Tu as réussi à canaliser toute l'énergie qui te caractérise, tu l'as modelée à ton image, tout en me décrivant celle d'un autre. Cet homme que tu décris, on comprend qu'il est tout pour toi, que ce héros est celui qui guide et guidera tes pas. Tes mots sont forts, tes images pertinentes et impressionnantes. On frissonne, on s'incline. C'est un Roi, un Souverain que l'on craint de rencontrer, mais que tu nous montres sous un jour nouveau. C'est un Héros, un vrai, comme Hercule, comme Arthur.
Puis-je le dire ? Je suis jaloux. Jaloux de ton talent. Moi qui pensais te voir reculer face à une telle entreprise, voilà que je me retrouve coincé avec tes mots, sans pouvoir rien faire. Quel imbécile je suis…
Alors je voulais prendre ma revanche. Tu veux que je te parle de la Ville ? Je parie que tu t'attendais à une ville étouffante, dangereuse. J'espère pourvoir te surprendre.
Quant à ton prochain thème, je veux que tu me parles de l'orgueil. Parce que tu es fier, parce que ce défaut est le tien. Parle-moi de ce trait de caractère si particulier. Parle-moi de lui comme tu le ressens.
Tu m'as aussi demandé de mes nouvelles. Physiquement, je me porte bien. Moralement, je suis en équilibre. Je ne sais pas de quel côté je vais tomber. Reprendre notre correspondance a été à la fois un soulagement et une torture. Je ne sais pas trop encore comment gérer tout ce qui nous est arrivé. Pardonne-moi pour le ton froid que je prends parfois. J'ai besoin de mettre une certaine distance entre ce que j'écris et ce que je ressens, sinon j'exploserais.
J'espère que toi tu vas bien. Cela fait longtemps que tu ne m'as pas reparlé de ce qui passe de par chez toi. Toujours les mêmes problèmes ?
Au fait, si un jour tu croises, dans ton quartier, un homme du nom de Pesche Guatiche, dis-lui que Jûshirô Ukitake pense souvent à lui et à sa famille.
Je te laisse avec ma ville.
Au revoir,
Jûshirô
Ville
Verre béton acier
Tours d'obsidienne
Flèches élancées
Accrochant le ciel
Dérobant les nuages
Lourdes colonnes
Qui portent la voûte
De fumée grise
Silhouettes de géants
Qui règnent sur la ville
L'écrasent de leurs ombres
Et nous portent
Vers l'infini des étoiles
Elles miroitent
Ces immenses tours
Elles sont nos gardiennes
Nous protègent des vents
De la solitude
Puisqu'entassés
Entre leurs flancs
Serrés contre les autres
Nous gardons la chaleur
De ce qui nous lie
Univers de diversité
Mondes entiers
Qui battent
Dans leurs veines
Métalliques et froides
Ville je t'aime
Ville je te déteste
Tu es la beauté
Tu es la laideur
Auréolée de lumière
Ou bien dissimulée
Par les ténèbres
De ceux que tu abrites
Tu es unie
Tu es contraire
Tu es le reflet
De nos âmes
Tu es le cœur
De ce monde industriel
Tu purges son corps
De son propre pus
Qui ruisselle sur nous
Et nous souille
Rends-moi la pureté
Ville chérie
Ville haïe
Fais de moi
Un être de lumière
Qui puisse voler
Et se poser sur tes tours
Sans craindre l'orage
Je te veux comme maîtresse
Je te veux comme amie
Je te veux comme sœur
Je te veux comme mère
Je veux me blottir
Entre tes bras brûlants et glacés
Je veux ton sang
Dans le mien
Je veux ta chair
Dans la mienne
Je veux être ton enfant
Je veux jaillir de tes flancs
Déchirés et accueillants
Je veux vivre
Dans ton ventre
Ne faire qu'un avec toi
Et oublier le ciel immense
Qui menace toujours
Les bras que tu lances
Vers lui
Ces tours éphémères
Que le temps détruira
Comme il m'effacera
Ville
Ma Ville
En espérant que vous ayez apprécier.
Cahiers et avions en papier
Gros bisous à la semaine prochaine !
