Bonsoir !
Oui, déjà, je sais. Je l'ai écris, alors... je ne vais pas attendre encore une semaine exprès ! C'est déjà la fin de cette aventure, ou du moins de cette histoire. J'espère vraiment qu'elle vous aura plu. Pour le chapitre précédent, un grand merci à BobSherlock, Melfique, Sevmooniadayra, susana (mon Dieu, tu as toujours de très très gentils commentaires), Pika-Clo et Mrs Elizabeth Darcy31 : heureuse de ne pas m'être faite tuer à coups de tomates pour cette première fois un peu particulière !
En tous cas, j'ai tâché tout au long de cette fiction de suivre une ligne : elle était un peu en marge des canons du "genre" Severus-Hermione, mais je suis heureuse que certains d'entre vous aient accroché !
Je ne vous fais pas le coup des larmes à la fin ! Une fic finie... une autre histoire commence ? (Pour ceux que sa intéresse, oui, je vais reprendre l'histoire de Victoire, laissez-moi la relire, me remettre dans le bain, et je m'y remets !)
J'attends avec impatience vos derniers avis ! Je vous en prie, même si vous êtes avares de reviews, un petit commentaire global pour une auteur qui vous fait un grand sourire ?
Je vous embrasse fort,
Bergère
Epilogue.
Il faisait nuit dehors : le faux jour magique de la fenêtre l'indiquait à peine, mais en jetant un œil sur la pendule, que Severus lui avait proposé d'accrocher dans le laboratoire, elle constata qu'il était dix heures. Nuit. Pourtant, il était hors de question d'aller se coucher tout de suite : la potion d'aujourd'hui ne pouvait pas s'interrompre, elle se détruisait presque immédiatement, virant à l'orange maladif, si l'on tentait de la mettre « en pause » avec un stasis. D'ailleurs, s'ils s'y étaient mis si tard c'est que, tout à l'heure, dans le salon de Severus, ils s'étaient en quelque sorte… oubliés. Et maintenant, il n'était plus question de s'arrêter : Sainte-Mangouste attendait un envoi.
C'était l'idée de Severus. Ecrire à Erin pour lui demander si l'hôpital voudrait qu'elle reprenne l'activité de production de potions qu'il avait par le passé – une activité dont elle lui avait rappelé l'existence, bien sûr. L'enthousiasme de la médicomage devait avoir plus à voir avec l'inopinée présence d'un courrier de Severus qu'avec son appréciation des qualités d'Hermione comme potioniste… Mais pour être honnête, elle se contentait de savoir qu'il avait utilisé les termes mon amie et que de sa plume, le sens en était presque transparent.
Depuis qu'ils s'étaient réconciliés, tout était allé tellement plus vite. Sans changement brusques : ni Severus ni elle n'aimaient la brusquerie, dans la vie, n'aimaient être déviés de leur trajectoire sans en avoir été prévenus. Ils s'étaient presque demandés l'autorisation de prendre un plaisir différent et plus total, sous une couverture, et avaient décidés de façon réfléchi la première fois où ils n'avaient pas éteint la lumière. Ils avaient discuté de dormir chez l'un, ou chez l'autre, la semaine et le week-end, et s'étaient décidés pour une organisation digne d'un horloger suisse : la semaine chez Hermione, le week-end chez Severus. Comme pour des enfants de parents séparés.
Certains jours, ils se disputaient. Ils n'auraient pas pu ne plus se disputer, ne plus être en désaccord. Mais ils savaient, maintenant, qu'ils pouvaient aller trop loin ; et sagement tenaient la limite, en quelque sorte. Quitte à en dire plus qu'ils ne l'auraient souhaité, à se découvrir trop, pour pouvoir régler les malentendus et les conflits. Au fond, ils se faisaient confiance maintenant. Le temps où, avec hésitation, elle allait dans l'appartement miteux de Severus paraissait si lointain. Demain, ils devaient aller à Minerva lui proposer, pour Severus, un poste d'assistant en potion qui ne serait pas de refus si elle continuait à approvisionner Sainte-Mangouste de cette façon plus régulière. Et hier, Severus avait plaisanté sur Harry comme si toute la querelle avait été une sorte de blague.
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Hermione récupérait ce qu'il coupait. Couper n'était pas particulièrement intéressant, mais il devait lui reconnaître plus de dextérité que lui, une habitude différente. Mais il avait progressé à nouveau, il savait voir et sentir, il pouvait travailler seul – mais la chose était parfois laborieuse. Il savait aussi voir, maintenant, les détails dans lesquelles elle lui était supérieure, les mouvements de coudes, l'emploi des deux mains en parallèle. Et un monceau de connaissances à finir de récupérer mais, quand il n'était pas occupé avec Hermione, ni occupé d'Hermione, il s'était mis à lire de façon forcenée. A prendre quelques notes.
Ces études intensives et semi-autodidactes avaient repris quelques jours après leur reprise de contact. Presque sans friction, ils étaient revenus à leur système d'antan, à la complicité, à la simplicité. Et un jour, allongée et à demie nue en travers de son lit, Hermione s'était retournée brusquement en s'exclamant qu'il était grand temps qu'il revienne un peu dans le laboratoire, qu'il revienne faire des potions. Elle l'avait assommé de questions, et il avait dû remettre à plus tard le projet de lui couvrir l'échine de baisers : se souvenait-il de tout ? avait-il fait des choses sans elle ?
Maintenant, il l'aidait, réellement. Ce qu'il faisait était considéré comme assez bon pour n'être pas particulièrement supervisé, et ce qu'elle supervisait était d'un tout autre niveau. Parfois, les mêmes potions ; seulement le professeur était devenu difficile, tatillon, et il avait passé quatre chaudrons à avoir le bon rythme en tournant parce qu'il tournait comme pour de la Tue-Loup, ce n'est pas de la Tue-Loup ! Après quoi elle avait jugé bon de pouffer avant de lui expliquer pourquoi le réflexe sur une potion comme celle-là était drôle à ce point. Elle en était à tourner, elle aussi, et il jeta un œil au livre de recette. Hermione s'était refusée à l'annoter mais, souvent, elle n'en suivait tout de même pas les indications.
Cette fois, il était écrit alternativement à droite et à gauche, un tour et demie, cinq fois de suite. Hermione faisait visiblement cinq à droite, cinq à gauche. Il observa et fronça les sourcils. A la prochaine étape, il faudrait faire sept tours, puis huit, puis neuf. Hum… Il la regarda à nouveau tourner, très appliquée, et hésita un petit moment. Mais tout de même, c'était bizarre.
« - Hermione…
- Attends une seconde, pas maintenant Severus.
- Mais tout de même je me disais…
- Attends ! lâcha-t-elle d'une voix stridente.
- …qu'il faudrait peut-être faire six tours, plutôt, finit-il entre ses dents quand même. »
Inutile d'insister maintenant. Et s'énerver parce qu'elle ne l'écoutait pas était très tentant, mais il risquerait de faire exploser la pièce, ou pire de s'attirer un regard noir. Il sourit : il devait revoir l'ordre de ses priorités, décida-t-il, en réfléchissant à ce qu'il venait de se dire. Hermione, déjà, en avait fini avec cette partie de la potion. Tant pis, il le lui dirait après.
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Hermione s'agitait depuis dix minutes. Il était minuit passé, la potion était finie, ils étaient dans ses appartements à elle ; et il venait de lui faire part de son observation. Elle bâillait la minute d'avant, mais maintenant, ha, il n'était plus question de sommeil. Elle avait commencé par éliminer l'observation d'un haussement d'épaule, et soudain avait ouvert grands les yeux, le bras à moitié passé hors de son chemisier, et lâché un Merlin mon Dieu ! Fourrant à nouveau son bras dans le chemisier, elle avait sorti quelques livres. Quelques dizaines. Tous ouverts en un instant à la page qu'il lui fallait : cela soulevait la question de son degré de connaissance de la pagination, ou de l'existence d'un instinct particulier de recherche. A voir.
Elle marmonnait. Il la regardait marmonner, s'agiter, tourner les pages, et froncer très haut ses sourcils ébouriffés par le passage du chemisier : il l'avait rarement vue dans cet état. D'ordinaire, elle était malgré tout maîtresse de la situastion. Et enfin, levant les yeux sur lui, elle se mit à rire, se releva, et dansa presque sur place. Que se passait-il ?
« - Tu as raison ! Merlin, tu as raison, c'est du génie ! Tu as raison ! »
Elle s'était jetée sur lui, l'embrassant à pleine bouche. Et soudain il réalisa : il venait de lui apprendre quelque chose. Quelque chose dont il n'avait pas même eu besoin de se souvenir.
