Bonjour tout le monde !

Aaaaah… On se rapproche de la fin… C'est super triste… ç-ç

: Journal des Reviewers :

Tigrou19 : Merciiiii ! Kiss !

Hikki-Saki : Meuh non. Et non, pas encore la fin, j'aime faire durer les choses. Trop court ?! Aaaaah ! Là, tu es injuste. T.T Vous êtes trop exigeante avec moi. Je ne suis pas pro, moua… Kiss et merci !

Sakimin : Lol merci, c'était l'ambiance que je voulais retranscrire. Je suis bien contente que ça ait plu. Non non, Sanae n'a rien, je vais pas tuer mon perso alors que j'ai trimé pour la caser. Lol. Kiss et merci !

Elenthya : Eh oh, il suffit pas de pousser une beuglante. T.T D'ailleurs comme dit le proverbe « Trop de beuglante, auteur à parution lente ». Na. XD Nyaaa crie pas comme ça, non je vais pas la tuer ! Quoique quand on regarde, à part Akina, tous mes persos OC, je les ai tués. Ooooh… Pas bien ! XD Kiss et merci !

Bon, empressons-nous de rassurer les fans de Sanae, tout le monde tremble pour elle. Le chapitre porte bien son nom et vous comprendrez pourquoi. XD


Chapitre 37 : Il n'est jamais trop tard

Toutes ces lumières autour de lui l'aveuglaient, lui donnaient mal à la tête. Son crâne n'était plus qu'un bourdonnement insupportable qui se diffusait tel du poison. Ses yeux étaient brûlants, ils lui piquaient affreusement sans qu'il puisse essayer de pleurer pour calmer cette sensation. Il se sentait collant, sale. Son visage était encore crasseux à cause de son voyage dans les bois. Il n'entendait rien d'autre que son cœur qui tambourinait dans ses entrailles depuis un temps qui lui semblait une éternité. Son cœur pouvait soudainement lâcher, il n'en serait pas surpris. Il avait même la sensation de pouvoir sentir le parcours de son sang dès sa sortie du ventricule. Son corps s'enfonçait dans quelque chose de doux et de chaud mais cela ne dispersait pas le souffle de gel qui parcourait ses entrailles. Ses yeux mornes continuèrent de fixer ses mains noires étroitement croisées. Ses doigts étaient écorchés, il avait perdu un peu du vernis de sa peau. Il fixait la couleur rosée presque sanguinolente de ses plaies sans gravité, absorbé par cette teinte pourtant insoutenable.

Il releva lentement la tête quand il sentit une étendue douce et chaude couvrir ses épaules et croisa des yeux bronze qu'il partageait également.

- Hikaru… murmura-t-il d'un voix sans timbre.

- Tu trembles de tout ton corps, dit son autre avec douceur. Tu as froid ?

Il ne répondit pas et se contenta de serrer le gilet de son frère sur lui. Personne ne pouvait donc éteindre toutes ces lumières ? Ses yeux picotaient de pire en pire.

Pour Kaoru, l'espace-temps avait fait un bond dont il ignorait l'importance. Lui et son aîné étaient toujours dans la résidence de Naoko Suzumura. Les secours étaient arrivés sur le lieu de l'accident et le reste fut flou à la mémoire saturée de Kaoru. Il ne revoyait que vaguement une vague de secouristes fondre sur lui, l'écarter brutalement de Sanae pour l'emporter seulement quelques secondes après.

Quand ses esprits lui étaient revenus, il était là, dans le couloir du premier étage de l'aile Ouest du manoir. Naoko Suzumura étant une femme très âgée et par conséquent très fragile qui n'aimait pas sortir de chez elle, celle-ci avait dédiée une partie de son domicile aux soins. Elle avait son équipe de médecins personnels avec tout ce qu'il fallait. C'était un mini-hôpital dans une maison de particulier. Et comme Sanae nécessitait des soins immédiats, il avait été décidé de l'emmener elle et sa sœur ici plutôt que de refaire tout le chemin vers la ville la plus proche.

Hikaru, après avoir sorti Sayuri du pavillon et confiée aux secours, avait tout de suite prévenu la police de la présence de Taromaru Manomachi et de ses agissements. Puis, il était venu rejoindre son petit frère qu'il avait découvert comme à demi-mort tant il était choqué.

Il ferma les yeux, les dents serrés.

- MERDE !!! cria-t-il soudainement. Pourquoi ?! On était à côté !!!

- Kaoru…

Hikaru se sentait terriblement mal de voir son jumeau aussi amenuisé en train de culpabiliser à propos de Sanae. Il tendit la main pour lui effleurer les cheveux avec tendresse mais le jeune homme se dégagea vivement, toujours aussi furieux contre lui-même.

- S'il lui arrivait quelque chose !! Je ne pourrais jamais me regarder dans le miroir ! Et Sayuri non plus !! Tu te rends compte que sa sœur était… !

Il se tut, le nez contre le tee-shirt de son frère. Le parfum de l'adoucissant du vêtement apporté par leur chauffeur et celui de sa peau parfumée à l'aloé vera imprégnèrent ses sens étourdis. Les domestiques avaient gentiment proposé aux garçons de se rafraîchir un peu en prenant une douche mais seul Kaoru avait refusé, trop obnubilé par l'état de Sanae.

Hikaru étreignit son petit frère aussi fort qu'il aurait souhaité le faire entrer en lui, la tête reposant sur la sienne.

- Elle était vivante, Kaoru. Très faible, mais vivante, murmura-t-il d'une voix profonde. Si tu n'avais pas compris rapidement, il aurait été trop tard. Sayuri est au courant, elle te remercie du fond du cœur.

Kaoru ne sut quoi répondre, ses mots restaient enrayés, bloqués dans sa gorge. Il referma ses bras autour de la taille d'Hikaru et se laissa envelopper par la chaleur protectrice qu'il cherchait à lui donner de toute sa force.

- Va te laver, conseilla l'aîné après un temps. Ca va te faire du bien. Tu ne peux rien faire de plus pour elle maintenant. Allez, va. Prends ces vêtements propres aussi.

- Hum. D'accord.

Il se dégagea lentement des bras d'Hikaru, pris le petit paquet de vêtements qu'il lui tendait et s'éloigna dans le couloir d'un pas lent et mécanisé.

Kaoru remonta le corridor et bifurqua à l'angle d'une intersection pour quitter l'aile et retourner au bâtiment principal. Après un temps d'errance, où il avait encore l'impression d'être dans le noir du pavillon abandonné, il s'arrêta devant une porte joliment ouvragée. Il se saisit de la poignée-bouton dorée à l'or fin et la tourna.

Cette salle de bain était au moins aussi grande que celle de chez lui. Elle était entièrement faite de marbre blanc et vert forêt et comportait un bassin qui faisait office de jacuzzi en forme ovale. Une large cabine de douche toute faite de verre attendait dans le coin à droite, à côté d'une étagère qui supportait toute une gamme de draps de bains et autres serviettes blanches et douces. Et tout à gauche, une énorme cabine faite de bois à teinte dorée et chaude contrastait avec le lisse et froid du marbre. Un instant, Kaoru se demanda si ce sauna avait beaucoup servi.

Il fixa un moment ce mini chalet qui trônait dans cette salle de bains et pensa à Sanae qui avait été enfermée dans un espace clos où, comme dans un sauna quand on n'était pas habitué, elle avait suffoqué, en manque d'air.

Le jeune homme détourna aussitôt le regard et préféra s'occuper de retirer son tee-shirt sale après avoir posé ses vêtements propres sur le rebord du bassin.

L'eau chaude, bien qu'à bonne température, lui brûlait la peau. Et pourtant, il avait terriblement froid. Il devait avoir de la fièvre. Mais il s'en moquait.

Kaoru resta un moment sous l'eau de la douche sans bouger, laissant le jet piquer sa nuque et son dos de ses petits rais liquides. Le son monophonique et régulier de l'eau qui s'écoulait à ses pieds lui procurait un effet apaisant inattendu. Quand ses frissons le reprirent à force de rester statique, il prit une grosse éponge de mer un peu de gel douche et se lava, plus par volonté de retarder le moment de retourner dans l'aile Ouest du manoir que parce qu'il jugeait qu'il en avait besoin.

Il s'enroula dans une serviette chaude prise sur le porte-serviettes chauffant et s'assit sur le rebord du bassin central pendant qu'il se séchait les cheveux, toujours aussi lentement. Il enfila ensuite le tee-shirt ample à capuche et le pantalon en lin léger qu'Hikaru lui avait donné puis ressortit.

Quand il revint, Hikaru l'attendait dans le sofa du couloir dans lequel il s'était prostré auparavant. En voyant son petit frère revenir, Hikaru se leva et lui demanda comment il se sentait.

- Ca va… répondit Kaoru avec un faible sourire pour ne pas lui causer trop de tracas. Des nouvelles… ?

Le visage d'Hikaru se rembrunît à cette question.

- Sayuri se repose, elle devra porter une attelle à sa jambe pour un moment. Le reste, ce sont des blessures superficielles. Un vrai miracle quand on sait…

- Et Sanae ?

- On attend qu'elle se réveille. C'est surtout la panique due à sa phobie qui l'a le plus affectée.

Kaoru se mordit la lèvre. Il n'eut toutefois pas le temps de s'inquiéter davantage car un toussotement dans son dos le fit se retourner. C'était un domestique de la demeure, probablement le majordome en chef s'il en jugeait son costume impeccable avec une qualité au-dessus de celle des autres domestiques. C'était un homme d'une taille impressionnante quand on regarda son âge, plus que mûr. Une chevelure plaquée en arrière, une moustache poivre et sel et des petites lunettes rondes qui grossissaient un peu ses petits yeux bleus enfoncés, il devait avoir pas loin de 60 ans. Il semblait aussi embarrassé d'avoir à parler aux jumeaux.

- Madame…. Naoko-sama a été informée des derniers événements, commença-t-il d'un air mal assuré. Et elle me charge de vous remercier en son nom pour ce que vous avez fait pour ses petites-filles.

- Elle ne vient pas les voir ? s'étonna Kaoru avec une pointe de colère dans sa voix.

- C'est vrai. Elle aurait aussi pu nous le dire en face… appuya son frère en hochant la tête, les sourcils froncés.

Le malaise du majordome grimpa en flèche. Il sortit un petit mouchoir blanc de son gousset et se tamponna le front avec une nervosité tremblotante.

- Certes, mais… Enfin… Voyez-vous, elle considère qu'elle n'a pas à vous rencontrer avant… la veille du mariage…

- Quoi ?! s'exclamèrent les garçons qui n'en croyaient pas leur oreilles. Mais ce sont ses petites filles ! Elle est juste à côté, Sayuri et Sanae… !

- Je suis désolé, mais Naoko-sama a déjà eu la visite de ses petites-filles cet après-midi, elle…

- Ca suffit, c'est bon ! coupa Hikaru avec colère. Disposez !

Les jumeaux laissèrent le pauvre majordome repartir au petit galop dans le couloir avec une extraordinaire montée acide les dévorant de l'intérieur. Ils étaient tout bonnement scandalisés par ce qu'ils venaient d'entendre. Qu'est-ce que c'était donc que cette femme acariâtre et détestable qui ne voulait même pas s'inquiéter de l'état préoccupant de sa famille ? Ils comprenaient à présent l'antipathie des jumelles envers Naoko Suzumura et leurs réticences à aller lui rendre visite. Quelle horrible bonne femme !

- Vieille baba… pesta Hikaru en reprenant l'expression de Sayuri. Tu te rends compte ?

- Non, j'ai du mal. Dire qu'on va devoir la rencontrer, ça me dégoûte.

Oui, « dégoûtés », c'était le bon mot. S'ils n'avaient pas leurs amies quelques chambres plus loin dans de situations délicates, ils n'auraient qu'une seule envie : partir à la recherche de la douce aïeule et lui dire deux-trois petites choses sur ce qu'ils pensaient de sa façon de se comporter.

Préférant penser à leurs amies qu'à Naoko Suzumura, Hikaru et Kaoru retombèrent dans le moelleux du sofa de velours rouge qu'ils quittèrent aussitôt en voyant l'un des médecins refermer la porte de la chambre de Sanae derrière lui. A peine eut-il le temps de tourner la poignée que les jumeaux avaient fondu sur lui, avides de réponses.

- Comment va-t-elle ? demandèrent-il a l'unisson.

- Elle s'en tirera. Mais elle a vécu une expérience traumatisante… dit-il sans préambule. Elle s'est esquintée les mains à vouloir tenter de sortir de ce puit… Cette jeune fille se sert-elle beaucoup de ses doigts ?

Les gorges des garçons se serrèrent jusqu'à les étouffer.

- Elle… Elle joue de la harpe.

Quand ils virent l'homme en blouse blanche baisser les yeux vers le sol, ils comprirent. Ils ne voulurent pas entendre mais l'homme le dit quand même :

- Eh bien, elle ne pourra sans doute plus les utiliser pour cela, souffla-t-il à voix basse. Elle a son bras gauche et une côte cassés. Cependant, nous ne pensons pas qu'elle a subi de traumatisme crânien. L'expérience reste tout de même difficile, elle aura besoin de se sentir entourée.

- Je peux la voir ? demanda Kaoru comme s'il n'avait pas écouté le reste.

- Non, elle est encore inconsciente. Même si elle était réveillée, elle serait trop faible. Vous devriez aussi vous reposer, Messieurs.

Sur ce, il dépassa Hikaru et Kaoru pour s'en retourner ailleurs. Ils étaient complètement abasourdis. Sanae ne pourrait plus jamais jouer de la harpe. Kaoru revit les mains de la jeune fille quand il l'avait trouvé dans son caveau. Ses doigts étaient sanguinolents, usés, excoriés, morts. Combien de minutes, combien d'heures Sanae avait-elle passé à gratter la pierre qui bouchait le puit ? Et avec un bras cassé de surcroît. Elle avait dû être si terrifiée, le noir, l'étroitesse, le manque d'air, la peur, l'incapacité de bouger. En dépit de tout cela, elle continuerait à souffrir en se voyant privée de sa passion ?

« - Quant à moi, je ne vis que pour la harpe. J'espère devenir professionnelle et, pourquoi pas, jouer plus tard dans les ballets que dansera Sayu. »

C'était ce qu'elle avait dit, le jour où Hikaru et Kaoru avait découvert qu'elle jouait et que Sayuri dansait. Elle était si douée en plus. Elle avait d'ailleurs pu remplacer la harpiste d'une école de musique pour le ballet que Sayuri avait dansé avec sa classe, elle avait en potentiel monstre.

Et là… plus rien. Tout s'arrêterait comme ça. Par la faute de ce fou de Taromaru Manomachi qui devait déjà être en garde à vue à l'heure qu'il était.

Kaoru serra lentement le poing de rage et son frère vint poser une main sur son épaule.

- Au moins… elle est vivante souffla-t-il à voix basse.

Son autre hocha lentement la tête et se laissa une nouvelle fois retomber dans le sofa, les mains serrées l'une contre l'autre. Il en avait assez d'attendre, il voulait voir Sanae. Juste voir son visage et savoir qu'elle se reposait paisiblement, loin de cette douloureuse épreuve.

Ils attendirent alors. Il était déjà plus de 2 heures du matin. Ils étaient exténués, auraient bien besoin d'un bon lit douillet et d'un repas pour leur ventre en famine et se laisseraient bien volontiers aller dans les bras si accueillants de Morphée. Qu'il était dur de résister à l'appel du sommeil.

Ils résistèrent comme ils purent dans l'espoir de vite entendre la voix d'un médecin leur dire que Sanae s'était enfin réveillée, en se donnant de temps en temps des petits coups l'un à l'autre quand ils gardaient les paupières fermées un peu trop longtemps.

Alors que les garçons s'étaient assoupis, la tête l'une sur l'autre, le bruit de pas précipités martelant le sol et des voix affolées les réveillèrent brutalement :

- Hikaru-kun ! Kaoru-kun !

- Monsieur et Madame Suzumura…

Les parents des jumelles venaient tout juste d'arriver. Hikaru et Kaoru manquèrent de ne pas les reconnaître tant ils semblaient différents ainsi habillés en civils. Apparemment, ils étaient tombés du lit. Kenichi Suzumura avait tout juste eu le temps d'enfiler un pantalon ivoire, une chemise mal boutonnée et n'avait pas pris le temps de lacer ses chaussures. Son front semblait criblé de rides tant il plissait les yeux à cause de l'inquiétude et ses cheveux grisonnants indisciplinés lui donnaient l'air d'un épouvantail fou. Quant à son épouse, elle gardait encore la longue tresse qui gardait ses cheveux miel en place et se balançait au niveau de sa poitrine sur une robe plissée bleu outremer qui n'était même pas en accord avec ses chaussures. Tous deux étaient pâles et très anxieux.

Hikaru et Kaoru les reçurent et accueillirent comme ils le purent toute la flopé d'interrogations que les parents Suzumura déversait sur eux. Que s'était-il vraiment passé ? Comment avaient-ils compris qu'il y avait quelque chose d'anormal ? Comment allaient leurs filles ? Etc.

Ils racontèrent en détails leur mésaventure en prenant soin de d'abord préciser que Sayuri et Sanae ne courraient plus aucun risque. Au fur et à mesure de leur récit, ils virent les visages de Kenichi et d'Amaya se vider de toute couleur humaine. La ballerine manqua même de s'évanouir quand elle apprit que sa cadette avait été enfermée pendant plus de huit heures dans un puit. A la fin, la stoïque et charismatique Amaya Miyano était au bord des larmes et elle fit une chose qui surprit beaucoup les garçons.

Elle prit une main de chacun et s'inclina devant eux, le front contre elles, comme un vassal réclamerait la pitié de son seigneur.

- Merci… lâcha-t-elle d'une voix tremblante. Merci du fond du cœur à tous les deux. Sans vous… sans votre courage… mes filles… Sayuri et Sanae… Merci…

Même son époux semblait ébranlé par ce geste qu'il était loin d'imaginer des riches en train de le reproduire. Là où n'importe quelle personne fortunée aurait conservé une très haute dignité et un visage neutre, Madame Suzumura avait laissé l'émotion la gagner et avait laissé tomber tous ses masques. Cela fit un choc pour les jumeaux qui se souvinrent avoir vu par deux fois une femme sûre et fière. Mais après tout, elle venait d'un milieu modeste, elle n'avait pas été élevée avec tous les faux semblants des riches. Ce ne fut qu'à ce moment-là que les garçons réalisèrent que Sayuri et Sanae étaient comme leur mère, authentiques, naturelles et vraies dans leurs émotions et leurs comportements.

- Madame… S'il vous plait… firent les garçons avec gêne. On a fait ce que l'on avait à faire, c'est tout…

- Nous n'oublierons jamais cela, promit Monsieur Suzumura qui aidait sa femme et se ressaisir.

Peu après, ils reçurent un appel de la police leur annonçant que Taromaru Manomachi avait tout avoué sans attendre et qu'il serait placé dans un service spécial dans la prison où il serait envoyé. Bien que cela ne surprît personne, tout le monde fut soulagé de l'apprendre.

Les Suzumura et les jumeaux parlèrent beaucoup, autant pour tuer le temps et l'angoisse de l'attente que pour se soulager de ce poids douloureux qu'ils avaient dans la poitrine. Monsieur Suzumura connaissait un peu le chauffeur de sa mère car il l'avait déjà accompagné pour certains déplacements et avoua qu'il n'aurait jamais cru que cet homme pourrait un jour agir de cette manière.

Enfin, vers 3h10, un médecin approcha le petit groupe de personnes à demi somnolentes et parut étonné de découvrir que quelqu'un pouvait encore rester éveillé pour espérer des nouvelles. Heureusement pour eux, leur veille fut récompensée :

- Mademoiselle Sayuri vient de se réveiller.

Des sourires exténués mais radieux illuminèrent les quatre visages et les visiteurs suivirent le médecin qui les conduisit à la chambre de l'aîné des sœurs.

La pièce ne ressemblait pas du tout à une chambre d'hôpital mais à celle d'un manoir luxueux. Les colonnes de marbre ouvragés et sculptés s'alignaient en intervalles réguliers sur des murs couverts de papier peint pêche lumineux. C'était vide à l'intérieur. Un immense et confortable lit occupait le centre de la pièce. Il était simple, sans baldaquin ni ciel de lit, mais était fait de bois laqué foncé finement travaillé. Entre les draps vaporeux et immaculés, reposant entre une multitude d'oreillers qui la maintenant un peu redressée, Sayuri se reposait. Un bandage entourait sa tête pour se perdre dans sa chevelure éparse comme un autre entourait son bras et nombreux pansements cachaient ses plaies aux mains.

Elle entrouvrit lentement les paupières quand elle entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Elle inspecta un à un les visages qui l'entouraient et eut un pâle sourire.

- Whoua… Si vous voyez vos têtes…

- Et toi, tu t'es vue ? rétorqua Kaoru dans un rire aigre-doux.

- Chérie, comme tu te sens ? s'inquiéta sa mère, une main sur la joue albâtre de son aînée.

- Vide… Tout mon corps me fait mal…

Elle clignait souvent des yeux étant donné sa fatigue et avait vraiment une mauvaise mine, mais par rapport au moment où Hikaru l'avait retrouvée dans le pavillon, blessée, pantelante et à bout nerveusement, le jeune homme la trouvait presque radieuse.

Le faux air indolent de Sayuri s'évapora un instant quand elle osa demander à sa mère si elle pourrait tout de même reprendre la danse après cela, ce à quoi Amaya lui répondit qu'elle ne pourrait pas danser avant quelque temps mais que sa carrière n'était pas compromise.

- Heureusement, railla gentiment Hikaru. Vu comment j'ai trimé pour te faire revenir à l'école, tu n'as pas intérêt à t'être laissée avoir par un stupide accident.

- Comment il se la joue, le fier héros… retourna l'adolescente en roulant des yeux.

Ni les parents ni Kaoru n'ignorèrent l'index d'Hikaru qui s'était accroché discrètement autour du petit doigt de Sayuri en signe de soulagement et de soutient. Les deux jeunes gens se souriaient de façon simple et pourtant, il y avait tant à dire derrière ces visages.

- Nous décalerons la cérémonie des fiançailles de demain soir, déclara Kenichi en regardant sa femme et ses futurs gendres. Personne n'est en état de…

- On maintient.

Ils se turent et se tournèrent vers Sayuri qui avait fermé les yeux. Son père fronça les sourcils et voulut la raisonner. Elle sortait d'une terrible expérience et était encore convalescente, ce n'était pas raisonnable de…

- Même si j'y vais avec des béquilles, j'irais, décida la jeune fille. Durant ce mois d'août, j'aurais compris une chose : il ne faut pas chercher à décaler les choses et ça s'applique à tous les domaines.

Seuls les deux rouquins de la pièce comprirent ce message.

Sayuri sourit à ses parents qui la dévisageaient comme si c'était la première fois qu'elle leur offrait telle figure.

- Et puis… les cartons d'invitations ont déjà été envoyés, je suppose ?

Kenichi et Amaya hochèrent la tête avec un air attendri. Ils ne reconnaissaient plus leur aînée si fière et si fermée d'ordinaire. Ce nouveau visage lui allait si bien. Ils désespéraient de voir un jour Sayuri se détacher de son cocon de grande sœur protectrice et autoritaire qui l'enchaînait à Sanae. Certes, elle gardait ses appuis de forte tête mais cela, elle les garderait certainement toute sa vie.

- Entendu, accorda Madame Suzumura. Mais toi et Sanae, vous restez ici jusqu'au 31. Je veux que vous vous reposiez.

- Hum… Au fait… comment va-t-elle… ?

Sa voix s'était subitement éteinte. Les parents échangèrent un regard qui se voulait neutre mais reflétait pourtant un certain malaise. Personne n'osait lui dire que Sanae avait perdu ses mains de harpiste. Même les jumeaux n'osaient pas la regarder en face. Hikaru ne voulait pas qu'elle réussisse à déchiffrer son regard navré et Kaoru essayait de ne pas sombrer une nouvelle fois dans la culpabilité.

- Ta sœur se repose encore, répondit sa mère avec douceur en lissant les draps d'un geste qui aurait pu trahir sa nervosité. Elle est hors de danger. Maintenant, dors.

Elle déposa un baiser sur son front, Monsieur Suzumura lui caressa un peu la joue du revers de l'index et tous deux sortirent en invitant les garçons à faire de même.

- Rétablis-toi vite, lui dit Kaoru avec un petit signe amical de la main. Tu viens, Hika ?

- J'arrive.

La porte se referma doucement sur la silhouette de Kaoru et le silence entoura Hikaru et Sayuri. L'adolescente baissa les yeux sur l'index du garçon entre ses doigts et eut un léger sourire

- Toi alors, tu peux te vanter d'avoir fichu à Hikaru Hitachiin la trouille de sa vie… dit celui-ci en s'asseyant au bord du lit à côté d'elle. Fière de toi ?

- Quelle jouissance… ironisa Sayuri en papillonnant des yeux. Mais surtout… fière de toi.

Elle se laissa glisser de ses oreillers et posa sa tête contre l'épaule du jeune homme, un sourire évasif sur les lèvres.

- Mon héros… s'amusa-t-elle en réprimant un bâillement. En revanche… embrasser une fille dans un instant… de faiblesse… c'est… c'…

Elle se tut et sombra dans le sommeil. Hikaru la laissa ainsi en se retenant de pouffer de rire et libéra son index pour poser sa main sur celle de son amie. Oui, vraiment, elle saurait oublier cette histoire.

Resté près de la porte entrouverte de la chambre, Kaoru baissa les yeux au sol. Ca y est. Son grand frère avait enfin trouvé sa place près de Sayuri comme Sayuri s'était enfin laissée approcher. Pour eux, la lumière au bout du tunnel devenait de plus en plus vive. Il ferma les paupières sur un sourire heureux et une larme d'origine inconnue.

- T'en as mis du temps, crétin… Ne m'oublie pas…

Le jeune homme s'éloigna lentement. Maintenant que son frère et celle qui lui serait destinée s'étaient enfin trouvés, il n'avait pas le droit de les déranger.

Hikaru avait enfin trouvé Sayuri. Mais lui, Kaoru, quand trouverait-il enfin Sanae ? Depuis tout ce temps ? La réponse lui sautait aux yeux alors qu'il se répétait qu'il pensait l'avoir perdue.

Le rouquin arpenta alors les couloirs déserts en prenant soin de surveiller qu'il ne croiserait aucun médecin. Il s'arrêta peu après devant une nouvelle porte, celle de la chambre de Sanae. Un dernier coup d'œil à droite et à gauche puis il l'ouvrit.

La porte s'ouvrit sans un bruit dans une pièce à la lumière douce et tamisée. La chambre était en tous points semblable à celle de Sayuri, jusqu'à même l'image de la jeune fille qui occupait le lit. Sans un bruit, Kaoru referma la porte et s'approcha du lit d'un pas feutré.

Ce qu'il vit en premier lui serra le cœur. Les fins doigts de l'adolescente, enrubannés de bandages se refermaient faiblement sur le drap qui la recouvrait. Son bras gauche reposait sur sa poitrine, bandé lui aussi, alors que le droit restait le long de son corps avec une perfusion qui gouttait à côté du matelas. Ses longs cheveux blonds encadrant son visage cachaient un pansement qui barrait sa joue gauche. Sa peau avait été nettoyée de la terre et du sang et révélait un rose pâle discret. Kaoru pensait à la dernière toilette des morts à la voir ainsi jolie, comme si rien ne s'était produit. Sanae semblait si apaisée pendant qu'elle dormait alors que ses songes devaient être sombres et sans air.

Le jeune homme tira la chaise vers lui et s'assit au chevet de Sanae. Doucement, sa main vint se poser sur le front de l'adolescente et l'effleura avec légèreté comme s'il craignait de froisser cette peau lisse. Ce geste était doux, apaisant et le sentiment de proximité qu'il ressentait envers Sanae n'avait jamais été aussi fort.

- Je suis désolé… murmura-t-il d'une voix à peine audible.

Kaoru resta ainsi pendant un temps qui lui était impossible à définir et réitérait ce geste délicat quand il vit les cils de Sanae papillonner. Il ne dit rien et laissa son amie découvrir petit à petit les lieux. Quand elle tourna un peu la tête vers lui, le sourire, même en demi teinte, qu'elle lui adressa lui donna l'effet d'une cuillerée de liquide chaud dans sa gorge lors d'une longue soirée d'hiver.

- Hé… fit-elle d'une voix rocailleuse.

Elle grimaça et essaya de s'éclaircir la gorge mais Kaoru lui déconseilla.

- Ne parle pas. Contente-toi de te reposer.

- Sayuri… appela-t-elle en essayant de rester éveillée en dépit de ses paupières lourdes.

- Elle va bien. Elle se repose et Hikaru lui tient compagnie.

Sanae eut un sourire amusé. « Ils sont tous les deux, on n'a plus de souci à se faire » semblait-elle dire silencieusement.

Kaoru resta un moment silencieux à la dévisager, trop heureux de la voir ainsi bouger de nouveau. Après un temps, il essaya de lui sourire mais il n'en ressortait qu'une grimace de coupable.

- Tu nous as fichu une peur bleue. Si tu savais comme on est contents de te… ? Sanae… ?

Il fut mis à quia par les yeux fatigués de Sanae qui étaient en train de se charger de larmes.

- Sanae ? Ca ne va pas ? Tu as mal ? paniqua-t-il en commençant à se lever. J'appelle… !

- Non, Kaoru…

Elle le retint comme elle le put par le bas de son tee-shirt et le regarda dans les yeux pour lui demander de rester, chose qu'il fit aussitôt en se rasseyant.

- Ca va très bien… souffla-t-elle d'une voix encore rauque.

Elle lâcha son tee-shirt pour poser sa main sur la sienne. Quand elle leva de nouveau la tête vers lui, des larmes roulaient sur ses joues.

- Juste… Je suis tellement contente d'être encore ici… Quand j'étais là-dedans… dans cet endroit sombre… J'ai hurlé, j'ai tout fait pour sortir… Je voulais m'extirper de là… Il fallait que je sorte pour te revoir… Je devais te revoir, Kaoru.

Il sentit son cœur résonner quand elle prononça son nom.

- Je ne devais pas mourir ici…. Je devais te revoir… Parce que, si j'avais rendu mon dernier souffle dans ce puit… Jamais je n'aurais pu te dire que je t'aime.

Là, Kaoru sentait clairement le rose empourprer ses joues et ses pupilles dilatées au maximum.

- Depuis la première fois où je t'ai vu, avoua-t-elle en lui souriant avec espoir. J'ai failli me taire à jamais, maintenant, je te le dis. Je ne veux plus risquer de te perdre. Je t'aime tellement…

Tout en parlant et en ignorant la douleur, elle s'était redressée pour que le dernier mot s'éteigne contre les lèvres de Kaoru. D'abord pris de court, le jeune homme se laissa bien vite aller à la douceur des mots que Sanae lui communiquait silencieusement et lui rendit son baiser avec autant d'émotions étranges et confuses qui bourdonnaient dans sa poitrine qu'il était heureux d'avoir enfin entendu les sentiments de Sanae à son égard.

Quand il se sépara d'elle, il posa son front contre le sien dans un état de sérénité indescriptible.

- Bon retour.


Quand je disais « Enfin… » XD Alalala… Il était temps quand même.

Prochain chapitre : dans tout anime qui se respecte, du moins, les longs, on y a le droit. La séquence souvenirs flashs back.

Et pour ceux que ça intéressent, la prochaine fic avance bien. J'ai dû faire un quart de travail.