En premier lieu, désolée pour cette très longue absence et donc attente. Mais dans la vie nous faisons souvent ce que l'on peut et pas toujours ce que l'on veut.

Ensuite un grand merci collectif pour les lecteurs qui ont laissé une review pour le dernier chapitre, pour ceux qu'ils l'ont simplement lu, et enfin pour ceux qui ont mis mes histoires en "favoris" et ceux qui l'ont mis en "suivi".

J'espère que cela nous vous aura pas refroidi et que vous reprendrez la lecture de cette fiction.

Bonne lecture à tous


Chapitre 36

La secrétaire fit entrer Castle dans le bureau du Dr Wang, immédiatement elle remarqua l'état fébrile dans lequel se trouvait son patient. L'écrivain la salua, jeta négligemment son veston qu'il tenait sur son bras, sur le dossier du canapé où il s'allongea pour aussitôt se redresser et s'asseoir, passant une main nerveuse dans ses cheveux.

- Vous semblez bien agité aujourd'hui, Richard. Puis-je en connaître la raison?

- Je vais me marier! Enfin! Kate va devenir ma femme dans quatre jours! C'est merveilleux. J'ai vu mon bébé, notre enfant, hier à l'échographie. Mon père sera là pour notre mariage, je vais lui dire tout à l'heure et….

- Attendez Richard, calmez-vous et essayez de m'expliquer posément comment vous en êtes arrivé à célébrer votre mariage samedi. Tout d'abord dites-moi qui de vous deux l'a demandé à l'autre.

- C'est moi. Mais j'avais vraiment peur de le faire, je craignais un refus de la part de Kate…

- eur qu'elle nous vous aime plus suffisamment?

- Oh non! Notre amour est toujours là, bien présent. Je dirai même qu'il s'est renforcé.

- Alors, pourquoi cette peur?

- Je pensais qu'elle voudrait attendre, en fait, pas qu'elle dirait un non catégorique. Vous savez ces derniers mois, enfin je devrais dire cette dernière année, j'ai découvert une autre Kate. Plus heureuse, plus prompte à montrer ses sentiments, plus la date de notre mariage approchait, plus elle était impatiente peut-être plus que moi. Mais il y a eu tous ces contretemps, la découverte de son mari, la course contre la montre pour lui faire signer les papiers du divorce, la salle de réception qui brûle, sa robe qui est détruite. Vous l'auriez vu pleurer et dire que nous étions maudits, que le mauvais sort s'abattait sur nous. Et puis le jour qui aurait dû être le plus beau de notre vie commune s'est transformé en cauchemar.

- Et toute cette peur est partie lorsqu'elle a dit être d'accord?

- Oui et … non.

Le visage de Castle devint tout à coup plus sérieux, voire même soucieux. La psychiatre lui laissa le temps avant de poser sa question. Malgré la joie manifeste qu'il avait montrée, il était encore perturbé par ce tragique évènement, c'était flagrant. Mais c'est l'écrivain qui aborda le sujet qui le préoccupait.

- C'est à cause de notre licence de mariage, elle n'est valide que jusqu'à samedi.

- Et elle a une importance toute particulière pour vous, n'est-ce pas?

- Énormément… je ne sais pas pourquoi Tyson me l'a laissé alors qu'il a pris tout le reste…peut-être qu'il ne l'a pas vue ou, plus probablement, il n'y a pas touchée pour me faire souffrir encore plus. Ce n'est qu'un simple bout de papier pourtant, facilement remplaçable. Mais pour moi il symbolise tellement plus.

Il s'arrêta et pressa ses paupières avec ses doigts pour ne pas laisser couler les larmes qu'il sentait monter. Il se leva et se dirigea vers la fenêtre, portant son regard sur le flot de voiture et de passants qui passait dans la rue au bas des douze étages.

- Que représente exactement cette feuille à vos yeux?

- L'accomplissement de la bataille que j'ai dû mener pour que Kate me donne enfin les clefs de son cœur.

Il replongea son regard vers l'agitation de la rue, perdu quelques instants dans ses souvenirs. Le Dr Wang le laissa encore une fois, elle s'était habituée à ces moments de silence qui ne duraient jamais bien longtemps. D'ailleurs Castle se retournait déjà et poursuivait.

- Ça a été une bouée de sauvetage à laquelle me raccrocher durant ma captivité… même si cela signifiait aussi souffrir en pensant à Kate…

- Pourquoi l'avoir gardée sur vous?

- Je voulais qu'on la trouve sur moi. Je savais que Kate en comprendrait la signification. Que mon amour pour elle va au-delà de la mort. Je voulais qu'elle sache que je l'aimerai pour l'éternité… j'ai été lâche pourtant, constata-t-il finalement.

Il retourna s'asseoir sur le canapé, posa ses coudes sur ses cuisses et prit sa tête entre ses mains.

- Pourquoi dites-vous cela, Richard? Vous vous êtes battu pour vivre et vous avez gagné il me semble, non?

- Je n'ai enfin réagi que lorsque j'ai su que j'allais être père, alors que j'aurai dû le faire plus tôt… pour retrouver la femme que j'aime! S'énerva-t-il. Cet amour, à lui seul, n'a pas suffi!

- Parce que cet amour est à double tranchant, comme celui que vous portez à votre fille et à votre mère. Il peut vous rendre le plus heureux des hommes mais aussi vous anéantir si vous pensez l'avoir perdu. Et c'est exactement ce que vous pensiez quand vous étiez dans cette cave. Pour vous la seule issue pour ne plus souffrir psychologiquement était votre mort. Et, au vu de vos conditions de détentions vous de pouviez rien tenter, surtout que vous étiez affaibli physiquement et blessé. Pourtant cela ne vous a pas empêché d'essayer par deux fois, malgré les conséquences pour vous.

- C'était au début, quand j'avais encore un peu d'espoir… qu'il a vite détruit.

- J'aimerai que vous répondiez à cette question : vous redoutiez leurs douleurs à venir, vous n'en supportiez plus l'idée, mais est-ce qu'abréger la vôtre rapidement ou pas allait changer cet état de fait?

- Non, et c'est justement ça qui me tourmente. J'aurai dû réagir à l'inverse, tout faire pour vivre et ainsi arrêter leurs peines et la mienne. Mais je n'ai pensé qu'à moi! Je les aime et je n'ai rien fait pour elle!

- Richard, vous m'avez dit que lorsque vous aviez compris que la voiture était à l'arrêt, vous aviez essayé de vous faire remarquer en donnant des coups de pieds contre le coffre, n'est-ce pas?

- Oui… mais ça n'a servi à rien, comme le reste. Pourquoi parlez-vous de ça, quel rapport avec mon égoïsme?

- Ce que j'essaie de vous faire comprendre c'est qu'à ce moment-là vous étiez toujours dans le même état d'esprit, résigné à en finir au plus vite. Cependant vous avez eu un sursaut de volonté. Alors vous ne pourrez jamais revenir à cette nuit-là dans cette clairière pour changer le cours des évènements, mais rien ne prouve que vous n'ayez pas fini par réagir. À tenter le tout pour le tout comme vous l'avez fait et cela sans que Tyson vous dise que Kate était enceinte. Votre instinct de survie avait déjà fonctionné, il pouvait toujours revenir à la toute dernière seconde. Est-ce que vous comprenez?

Rick s'affala contre le dossier du canapé en soupirant, bien sûr qu'il comprenait. Le Dr Wang avait raison, il était trop faible physiquement et le triple tueur avait réussi à le détruire psychologiquement. Et, quoi qu'il lui en coutât, il devait bien admettre qu'il ne pouvait agir autrement. Quant au reste et aux diverses fins possibles, il n'aurait jamais la réponse.

- Je crois que oui… il va falloir que j'apprenne à vivre avec cela maintenant?

- En effet et je suis là pour vous y aider. Que ressentez-vous à cet instant précis?

- À vrai dire, je n'en sais trop rien. Peut-être un début de soulagement.

- C'est un bon début. nous en avons fini pour aujourd'hui, je vous revois donc vendredi.

- Oui. Au revoir docteur.

- Malgré la discussion difficile qu'il venait d'avoir, comme à chaque fois après sa séance, Rick se sentait plus serein. Il héla un taxi, il avait juste le temps de se rendre au restaurant.


De son côté Kate était arrivée chez le Dr Burke dans le même état d'excitation que Castle. Tout comme lui, elle s'était lancée dans des explications confuses, passant du coq à l'âne sans arrêt et le psychiatre avait dû lui aussi la canaliser.

- Vous avez donc été surprise qu'il vous demande cela?

- Bien sûr, je pensais qu'il n'était pas encore prêt psychologiquement, alors j'attendais qu'il se sente mieux pour le faire. Car, malgré sa thérapie et le fait qu'il arrive de temps en temps à se confier, à parler de ce qu'il a vécu et ressenti, je voyais bien que parfois, il s'enfermait dans son monde. Le silence peut parfois être plus explicite que des mots.

- Donc vous n'attendiez que ça?

- Oui, et cette solution me convient parfaitement. En petit comité, aves les personnes que nous apprécions le plus.

- Même son idée de choisir votre ancien capitaine pour vous unir?

- C'est même une idée géniale… ça lui arrive d'en avoir de bonne, dit-elle en souriant.

- Pourtant vous avez eu des débuts difficiles avec elle.

- C'est vrai, mais avec le temps elle a gagné ma confiance et mon estime et moi, de-même. Elle a prouvé à maintes reprises que nous pouvions compter sur son soutien, si elle pensait que nous avions raison. Même vis-à-vis de Rick malgré ses idées farfelues et ses pitreries. J'aime à penser que maintenant que j'ai quitté la police nous deviendrons de bonnes amies. Le choix était donc logique, je crois que Rick a pensé que c'était la meilleure façon de la remercier pour tout ce qu'elle avait fait pour nous. Et particulièrement lors de ce drame, elle n'a rien lâché tout comme les gars et une bonne partie de nos collègues. C'est une femme de cœur, et j'ai vu que la demande de Rick l'avait émue.

- Nous pouvons donc dire que tout va bien pour vous deux.

- Oui, je sais qu'il risque d'avoir des périodes d'abattements, mais je serai là pour lui. Vous savez je lui ai avoué pour ma tentative de suicide, j'ai vu la peine dans son regard mais aussi de la compréhension et de l'amour. Je lui dit tout, vous voyez… plus de mur.

- C'est vrai, le travail que vous avez fait sur vous est remarquable, je constate que vous récupérez vite. Mais je ne vais pas vous laisser pour autant, vous allez avoir besoin de moi encore un peu.

- Je sais et je n'aurai jamais cru dire ça un jour, mais je suis contente de pouvoir venir voir. Vous avez raison, je me remets plus vite que Rick certainement parce que je n'étais pas seule comme lui. Mais il va y avoir tellement de bouleversement à venir que j'aurai sûrement besoin de votre aide pour m'aider à le gérer.

- Et quels sont ces bouleversements?

- Déjà le fait d'être maman, j'en ai vraiment pris conscience en entendant le battement du cœur de notre enfant lundi à l'échographie. Je pourrai dire que c'était merveilleux mais c'était bien plus que cela. Je crois qu'il n'existe pas de mot pour exprimer ce que j'ai ressenti au plus profond de moi. Mais je suis au moins certaine d'une chose, je ne remettrai pas les pieds au 12th, Gates a transformé ma démission en congé sabbatique pour me laisser le temps de réfléchir, mais ma décision est prise. Rick a élevé Alexis seul c'est un fait, mais il m'a souvent parlé des bons moments qu'ils avaient passés tous les deux et c'est ce que je veux. Je veux connaître ces mêmes moments avec notre enfant et son père. Je ne veux pas lui laisser la responsabilité de veiller sur lui pendant que je ferai des horaires impossibles et que je risquerais ma vie tous les jours. Je ne veux pas vivre avec la peur qu'il m'arrive quelque chose et que je les laisse tous les deux. Et encore moins laisser vivre Rick avec cette crainte.

- Je vous connais assez Kate pour savoir que vous ne pourrez pas rester sans rien faire.

- Je sais, mais j'ai déjà trouvé ce que j'allais faire.

- Bien, je peux savoir de quoi il s'agit?

- Je vais reprendre mes études de droit, j'en ai parlé avec Alexis et elle trouve que c'est une très bonne idée. J'ai rendez-vous avec le doyen de l'université de Columbia la semaine prochaine.

- C'est une excellente nouvelle, vous vous projetez dans l'avenir, c'est assez…

- Incroyable, n'est-ce pas?

- Je crois que nous pouvons dire ça effectivement, confirma-t-il en souriant. Vous êtes très proche d'Alexis pour lui en avoir parlé en premier. Car je suppose que personne d'autre n'est au courant pour l'instant ?

- Non, j'attends d'avoir eu l'entretien avant de l'annoncer à Rick et à mon entourage. Quant à Alexis ce que nous avons traversé à créer un lien très fort entre nous et j'en suis ravie. Pas seulement pour nous deux mais aussi pour Rick. J'ai surpris certains de ses regards quand nous sommes ensembles et il est heureux de voir que nous nous entendons bien.

L'heure étant écoulée Kate quitta le Dr Burke, sauta dans un taxi qui la conduisit chez « Remy's ».


Castle était arrivé cinq minutes avant les gars et Lanie et ils étaient installés à une table dans un endroit discret au fond de la salle. Naturellement l'écrivain subissait une avalanches de questions qui au grand damne de ses trois amis étaient pour l'instant restées sans réponse. Mais c'est avec un soulagement certain qu'il vit Kate entrer dans le restaurant. Elle se dirigea vers eux, s'assit près de son homme qu'elle embrassa avant de remercier ses amis d'être venus.

- Bon alors maintenant que tu es là, allez-vous enfin nous dire ce que vous voulez nous annoncer? S'impatienta Lanie.

- Vous avez quelque chose de prévu ce samedi?

- C'est pas vrai! Je veux une réponse, pas à répondre à une question!

- Vous voulez savoir ce que nous avons à dire?

- Oui, asurèrent-ils.

- Alors répondez d'abord à la mienne.

- Jenny et moi n'avons rien de prévu, juste elle et moi pendant deux jours. Ma mère a insisté pour prendre sa petite fille, prétextant que nous avions besoin de nous retrouver tous les deux.

- Une femme pleine de bon sens, nota Castle. Et vous? Dit-il en regardant tout à tour Lanie et Javier.

- Comme Ryan, weekend tranquille en amoureux, répondit ce dernier en prenant la main de Lanie.

- Parfait, vas-y, annonce leur, dit Rick s'amusant d'avance de la réaction des leurs amis.

- Dans ce cas puisque vous n'avez rien de prévu, votre présence est requise au loft ce samedi à 16h30, leur dit simplement Kate, voulant s'amuser encore un peu à leur dépend.

- Bon sang! Mais qu'est-ce que vous avez tous les deux? S'écria Lanie qui n'en pouvait plus d'attendre.

- Nous allons nous marier samedi au loft et…

- Le cri de joie que poussa son amie fut si strident que toutes les têtes se tournèrent en direction de leur table. Ça et la tête qu'ils faisaient tous les trois déclenchèrent une crise de fou rire chez les futurs mariés.

- Wouah… dit Ryan.

- Super! S'écria Esposito.

- C'est merveilleux Kate, je suis contente pour vous deux…. Enterrement de vie de jeune fille vendredi soir! Et aucun refus n'est admis, dit-elle en pointant un doigt menaçant sur elle, ce qui accentua leur rire.

- Ouais, et pareil pour toi mec. Nous allons appeler Alexis pour organiser ça, dit Ryan.

- D'accord, acquiescèrent-ils de concert.

- Bon et si nous passions notre commande, ajouta Castle. Je ne sais pas pour vous mais moi je meurs de faim!