Harry ne sentait plus que le corps de Ron tremblant à côté du sien

Harry ne sentait plus que le corps de Ron tremblant à côté du sien. Ni l'un ni l'autre ne savait quoi faire. Ils étaient sûrs d'une chose : ils n'avaient rien à faire là, mais en même temps, ils avaient cette impression étrange que nul lieu n'était approprié dans un moment comme celui-ci. Voilà, ça avait été dit : Voldemort était entre ces murs.

- Qu'est-ce qu'on fait ?

Certes, Ron n'avait pas été très prudent de parler à voix haute dans un couloir rempli d'aurors seulement voilà, la tension était telle que personne n'aurait pu entendre une vois si faible dans le chaos qui régnait. Harry lui-même ne l'entendit pas vraiment. Il vit son père passer en trombe devant lui, accompagné de ses deux oncles. Le visage grave, il n'eut pas besoin de se demander où ils partaient, son père murmura sur son passage, comme pour lui répondre :

- S'il touche à mon fils…

Bientôt, le couloir fut de nouveau désert. Alors, Ron tira sur le bras de son ami et lui fit remarquer :

- Harry, on doit bouger de là.

En effet, la lueur des torches tremblantes et l'écho de pas lointain ne prêtaient pas à rassurer les deux enfants.

- Harry…

- Je sais, Ron !

Une folle idée pénétra dans l'esprit du jeune Potter. Son père était visiblement à sa recherche. Et, il devait savoir où il était sensé se trouver puisqu'il avait vu le professeur Rogue l'emmener avec lui. Il suffisait donc d'aller le rejoindre dans les cachots. Cachés sous la cape d'invisibilité, ils ne risquaient pas grand-chose.

- Suis-moi, murmura-t-il à l'encontre de Ron. On fait demi-tour.

- On ne devrait pas plutôt rejoindre la salle commune ?

- A l'heure qu'il est, elles sont sans doute déjà fermées.

L'idée que l'on ait pu enfermer des gryffondors dans la tour sans même faire attention à son absence le fit frissonner. Au moins, il arrivait à se réconforter en se disant que trois hommes étaient eux, bel et bien partis à sa recherche.

Plus ils avançaient dans les couloirs, plus ils leur semblaient entendre des claquements, des bruits sourds et parfois même des cris. Sans doute était-ce leur imagination… ils préféraient de loin imaginer cela.

Sans cesser d'avancer, ils regrettèrent rapidement que le professeur Rogue leur ait confisqué leur baguette. Même si face au mage noir, cette dernière ne leur aurait été d'aucun secours, elle aurait au moins pu leur apporter un réconfort psychologique certain. A défaut de cela, il devait se contenter de se savoir deux pour se rassurer.

- Tu vois, tout se passe bien, murmura Harry plus pour lui-même.

Seulement, à côté de lui, la main de Ron agrippa son bras et le tira subitement en arrière. Il se retrouvèrent plaquer contre un mur moisi des sous-sols, écoutant les sons de sorts échouant contre un mur.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Murmura le jeune Potter.

- Un bouclier. Il essaye de le faire sauter. Si on se met derrière, on risque de se faire toucher par un des sorts.

Et en effet, lorsque Harry se risqua à jeter un coup d'œil derrière le mur, il vit des jets de lumières sortirent des baguettes des aurors ricocher sur un mur si invisible que l'on aurait pu le croire.

- Qu'est-ce qu'on fait ? Murmura-t-il à son tour ?

- Je ne sais pas, répondit Ron. Mais en tout cas, on ne devrait pas rester là…

Harry acquiesça et s'apprêta à faire demi-tour lorsqu'un étrange craquement se fit entendre. Les deux gamins se regardèrent tandis que derrière eux, les membres de l'ordre s'écriaient :

- Une fissure ! Courez !

Sans avoir pu réagir, ils se retrouvèrent à courir tout deux, laissant leur pas les porter, sans avoir la moindre idée de l'endroit où ils allaient malgré eux. Ce ne fut qu'au bout de longues minutes seulement qu'ils s'arrêtèrent enfin, à l'abri d'un couloir peu fréquenté. Alors, comme s'il avait eu l'impression que la cape d'invisibilité était la seule fautive des événements de ce soir là, Harry la ôta par une geste vif.

Puis, portant une main sur un point de côté qu'il ressentait tout juste, il prit le temps de regarder Ron. Son ami n'était pas dans un état meilleur que le sien. Son teint d'habitude très facilement enflammable était cette fois, plus blanc que le spectre de Nick Quasisanstête.

- Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Murmura Ron sans réellement attendre une réponse.

- Je crois que ton idée de la salle commune n'était pas si mauvaise.

Ron acquiesça, presque soulagé d'entendre son ami lui donner une réponse aussi censée et rassurante que celle-ci. Bien qu'ils avaient cette impression d'être en sécurité dans ce couloir, le moins que l'on pouvait dire, c'est que l'absence de personne n'était pas elle, des plus tranquillisantes.