Chapitre 33 : Un nouvel éloignement
-« … Barnabé était éleveur. Il possédait un beau troupeau de quinze vers-seuh… »
- « Non vers… on dit vers ma chérie. »
- « Mais y a un ''s'' au bout… »
- « Je sais ma belle, mais il ne se prononce pas. Allez, continue… »
- « Il possédait un beau troupeau de quinze vers à soie tous aussi productifs les uns que les autres. »
Océane se mit à sourire et caressa tendrement les longs cheveux bruns de Lalyh qui s'arrêta de lire et la fixa d'un air grave.
- « Ca fait déjà cinq pages ? » demanda-t-elle avec sérieux.
- « Oui » répondit sa mère en hochant la tête « Mais j'ai dit cinq pages au moins. On peut continuer… »
- « Oh Maman… » grogna alors la fillette de six ans. « Regarde, il y a de la neige ! Je voudrais mieux aller jouer dehors ! »
Océane fronça les sourcils.
- « Il te reste encore des leçons à faire chérie. »
- « Je sais… » bougonna-t-elle.
- « Plus tu les finiras tôt, plus tu pourras aller jouer vite ! » lança alors Océane tandis que d'un coup de baguette magique, elle faisait apparaître devant sa fille son cahier d'écriture.
- « Allez ma belle, un peu de courage » l'encouragea-t-elle. « C'est important de savoir lire et écrire. »
Lalyh hocha la tête et attrapa sa plume qu'elle porta immédiatement à sa bouche. C'était une de ses petites manies, elle mâchonnait toujours ses plumes quand elle écrivait. Depuis le mois de septembre, quand Océane avait décidé de commencer à donner des cours, elle lui avait déjà acheté une dizaine de plumes.
La jeune femme la regarda loucher un moment sur la première ligne de son cahier avant de tirer un petit bout de langues rose, signe d'une application extrême. Océane se mit à sourire et se leva. Elle fit les quelques pas qui la séparait de son bureau et s'y installa. Elle leva le sort qu'elle lançait toujours sur ses tiroirs pour s'assurer que personne ne fouillait dans ses papiers et tira un morceau de parchemin et sa propre plume. Elle savait que Lalyh en aurait pour une petite heure, cela lui laissait le temps d'entamer sa réponse à la dernière lettre qu'elle avait reçu de Remus. Elle fouilla encore un peu plus au fond de son tiroir et en sortit une lettre soigneusement pliée en quatre. La jeune femme se mit à sourire.
Elle n'avait pas revu Remus depuis ce fameux jour sur le Chemin de Traverse. Il continuait à faire sa vie en voyageant de pays en pays. Océane se doutait qu'il ne menait pas une vie facile, mais elle sentait bien au travers de ses écrits qu'il était content de découvrir tant de choses. Il lui écrivait plusieurs fois par an, elle lui répondait dès qu'elle le pouvait, lui donnant de ses nouvelles et de celles de Lalyh. Ce n'était pas grand chose, mais rester en contact avec lui était vraiment très important pour elle. C'était un de ses rares plaisirs dans la vie qu'elle menait.
Plus les années passaient, plus son mariage avec Severus prenait des allures de mascarades. Cela faisait déjà de nombreuses années que son mari avait abandonné l'idée de l'avoir dans son lit. Océane s'y refusait. Elle ne l'aimait pas, pas comme ça. Elle lui était seulement reconnaissante de subvenir aux besoins de Lalyh et aux siens. Elle n'intervenait donc pas dans sa vie privée. Elle savait juste qu'il lui arriver d'aller chercher à l'extérieur ce qu'elle lui refusait chez eux. Elle ne pouvait pas lui en vouloir et comme il se montrait discret et ne ramenait aucune de ses conquêtes chez eux, elle n'avait aucun reproche à lui faire. De son côté, il avait cessé de lui faire des reproches à ce sujet. Et quand quelques personnes de leurs connaissance leur demandait pourquoi ils n'avaient pas fait de petits frère ou de petite sœur à Lalyh, c'était Severus qui répondait qu'un seul enfant était bien suffisant et que sa fille le comblait déjà suffisamment.
Ce qui était entièrement faux. Il n'aimait pas Lalyh. Ce sentiment qui était né dès sa naissance n'avait cessé de croitre avec les années. Il avait énormément de mal à supporter sa présence et bien souvent, il la grondait sans raison apparente. La petite fille était encore trop jeune pour comprendre d'où venait cette injustice et pensait simplement que celui qu'elle appelait père se comportait avec elle comme tous les pères se comportaient avec leurs filles. Severus était sévère et avait établi des règles très strictes dans sa maison qui ne rendait pas l'ambiance agréable. Souvent, Océane le lui reprochait. Elle lui avait à de très nombreuses reprises demandé de faire preuve de plus de souplesses, à chaque fois, cela s'était terminé en dispute entre eux.
Une fois où il lui avait craché à la figure que de toute façon Lalyh ne serait rien d'autre qu'une raté comme son bon à rien de géniteur, Océane l'avait violemment giflé. Cela avait été la première et la dernière fois qu'elle l'avait frappé. Mais il l'avait mise dans une telle fureur. L'arrivée de Lalyh en pyjama, inquiète d'entendre tous ces bruits l'avait immédiatement calmé. Elle s'était empressé de recouché sa fille qui ne semblait pas être assez âgée pour comprendre la nature de l'échange. Néanmoins, elle craignait toujours que la petite ait compris quelque chose et que cela la perturbe. Elle redoublait donc de vigilance pour que le secret de sa naissance soit bien gardé.
Océane redressa la tête et observa un moment Lalyh qui écrivait avec soin en prenant bien garde de ne pas déborder entre les lignes. Elle ne lui prêtait absolument pas attention, alors elle prit une plume et commença la rédaction de sa lettre. Elles travaillèrent toutes les deux en silence pendant un assez bon moment. Océane commençait à peine à lui parler des progrès scolaire de sa fille quand cette dernière se leva en raclant bruyamment sa chaise contre le sol. Elle s'approcha alors en courant de sa maman.
- « J'ai fini ! Regarde, j'ai fini ! » s'exclama-t-elle.
Océane sursauta et d'un geste vif, retourna sa feuille et accueillit Lalyh en souriant.
- « Fais moi voir ça. » souffla-t-elle en lui prenant le cahier des mains.
Ses l étaient assez maladroits et elle avait encore du mal à attacher toutes les lettres mais les progrès étaient là.
- « Bravo ma chérie ! » la félicita-t-elle « C'est très bien ! »
- « Je peux aller jouer alors ? » demanda la fillette.
Océane soupira. Elle se tourna vers la grande fenêtre qui donnait sur le jardin. La neige scintillait au soleil, mais pour combien de temps encore ? L'après midi était déjà bien avancé, et si Lalyh n'avait pas pris l'air de la journée, la coucher serait terrible. Il lui restait encore des cours à voir, mais Océane ne voulait pas la priver d'une récréation. La jeune femme se tourna alors vers sa fille.
- « File t'habiller et attend moi, on va aller faire un tour au parc… »
Lalyh poussa alors un cri de joie et courut hors du bureau de sa mère. Océane leva les yeux au ciel en soupirant et rangea soigneusement toutes ses affaires, lança toute la série de sorts habituels et quitta à son tour la pièce. Lorsqu'elle arriva dans l'entrée, la petite fille était en train de s'empêtrer dans une des manches de son manteau. Océane vint à sa rescousse, puis lui tendit son bonnet et son écharpe.
- « On pourra aller du côté des balançoires ? » demanda Lalyh en enfilant ses moufles.
- « Si tu veux mais je ne suis pas sure que tu pourras en faire… »
- « On peut toujours faire de la balançoire ! » lui rétorqua sa fille qui avait déjà ouvert la porte.
Océane haussa les épaules et sortit tout en reboutonnant son manteau.
- « Lalyh ne court pas tu vas … »
Mais déjà sa fille avait dévalé le perron sur les fesses.
- « … glisser » termina Océane en descendant à son tour les marches, avec plus de dignité. « Tu t'es fait mal ? »
- « Non ! » grogna la fillette en prenant la main que sa mère lui tendait.
Elle avait pourtant les yeux brillants de larmes et elle se frotta le derrière en grimaçant.
- « Tu es sure ? »
- « Ouais ! On va au parc ?! »
- « D'accord, mais je ne te lâche plus… » déclara Océane.
On aurait pu croire que sa mésaventure avait refroidit la petite fille, mais il n'en était rien. Océane devait la tenir bien fermement pour l'empêcher de courir partout et de glisser à chaque coin de rue. Sa fille avait toujours été une vraie boule d'énergie et elle avait toujours aimé ce trait de caractère, mais parfois, elle la fatiguait… Et c'était le cas ce jour là. Océane fut soulagé de pouvoir enfin lui lâcher la main une fois arrivé au parc. Elle la regarda s'éloigner en courant sur les graviers humides, et Océane plongea ses mains bien profondément dans ses poches.
La jeune femme souriait en voyant sa fille monter puis dévaler les maigres pentes en riant. Elle était tellement pleine de vie et pourtant si solitaire. Severus refusait autant qu'il lui était possible de voir des enfants de son âge. C'était un moyen comme un autre pour lui de lui montrer son ressentiment. Lalyh n'avait pas d'amis, et les rares enfants qu'elle pouvait croiser au parc ou dans la rue ne venait jamais lui parler. Elle était « la fille bizarre » du quartier. Lalyh commençait à en souffrir, elle était à l'âge où les enfants comprenaient de mieux en mieux la nécessité de vivre caché quand on était un sorcier vivant parmi les moldus. Mais si Océane faisait de son mieux pour tout lui faire comprendre avec ses mots à elle, Severus n'y mettait absolument pas du sien. Il critiquait régulièrement les moldus devant elle, parlait de la guerre et de ses horreurs suffisamment souvent pour que Lalyh en fasse des cauchemars. Non vraiment, vivre dans la maison du bout de l'Impasse du Tisseur n'était pas une chose facile.
- « Maman ! Tu traines ! » s'écria alors Lalyh en mettant ses mains en porte-voix.
Océane se mit à sourire. Et déjà sa fille revenait vers elle en courant.
- « On rentre bientôt ? » demanda alors Lalyh en arrivant à sa hauteur.
Sa mère éclata de rire.
- « Tu es incroyable ! On vient à peine d'arriver et tu penses déjà à repartir ? »
- « Non ! Mais je veux savoir si on dois rentrer tôt ou pas ! Père est là ce soir ? »
Océane regarda sa fille en souriant tendrement.
- « Non, il a dit qu'il resterait à Poudlard ce soir… »
Il arrivait souvent que Severus reste au château le soir quand il avait beaucoup de travail. Et cela lui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps. Lalyh se mit alors à sourire largement.
- « Cool ! On n'est pas obligé de rentrer tôt pour pas qu'on soit pas là quand il revient ! » s'exclama-t-elle.
Océane eut un sourire triste. Voir sa fille heureuse quand elle savait qu'elle ne retrouverait pas Severus chez elle lui faisait beaucoup de mal.
- « On va aux balançoires ?! » s'exclama-t-elle alors joyeusement.
- « Pars devant, je te rejoins. » lui répondit-elle.
Et tandis que Lalyh repartait en courant, Océane soupira et passa sa main sur son visage d'un air las. Elle aurait tant voulu que tout soit plus simple…
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Severus l'avait prévenu qu'il rentrerait tard ce soir là. La rentrée était le jour où les directeurs des maisons avaient le plus de travail. Il fallait accueillir les premières années et leur expliquer les bribes les plus importantes du règlement.
D'habitude, Océane ne l'attendait pas. Comme à chaque fois qu'il rentrait tard, elle se couchait et c'est ainsi que parfois, ils ne se voyaient que le week-end. Mais cette année là n'était pas comme les autres. La jeune femme y avait pensé une semaine avant et avait sentit l'impatience monté en elle. Cette année là était spéciale : Harry allait faire son entrée à Poudlard. Et Océane en était toute excitée.
Durant toutes ces années, elle n'avait eu que très peu de nouvelles du petit garçon. Remus avait beaucoup questionné le professeur quand il était en contact avec lui et c'est ainsi qu'elle savait que le petit garçon avait eu sa lettre d'admission. Océane doutait que son oncle et sa tante aient célébrés l'évènement comme cela aurait été le cas dans une famille sorcière, mais elle espérait tout de même qu'ils aient célébré l'évènement. C'était un évènement important dans la vie de n'importe quel sorcier.
Durant toute cette période, Océane fut à la fois tout excitée à l'idée que Harry, le petit Harry qu'elle avait vu ramper partout dans le salon de ses parents avec son adorable petit regard espiègle, fasse son retour dans leur communauté, mais aussi très mélancolique.
James et Lily n'étaient pas là pour assister à tout cela. Cela faisait dix ans. Dix longues années qu'ils avaient été tués, dix longues années qu'ils lui manquaient.
Le temps avait passé, penser à eux était désormais moins douloureux mais toujours aussi triste. Océane pensait à eux régulièrement, à Harry aussi, à Sirius… A son ancienne vie qui avait complètement disparut sous le poids des années. Il lui restait les souvenirs heureux dont elle se souvenait quand le quotidien devenait trop lourd à porter. C'était un peu comme des morceaux de rêves qu'elle revivait parfois.
Et ce jour là, les souvenirs et la réalité se rejoignait un peu. Alors elle était aussi excitée par l'évènement qu'elle l'aurait été si elle avait continué à côtoyer Harry durant toutes ces années.
C'était pour cela qu'elle attendait Severus avec une impatience mal contenue. Elle ne parvenait pas à tenir en place. Elle était passée du canapé, à la fenêtre, de la cuisine au salon, de sa chambre à l'étage à l'entrée de la maison. Lalyh était couchée depuis très longtemps et elle se trouvait seule. Trop énervée pour lire, trop impatiente pour aller se coucher et attendre le lendemain.
Lorsque Severus rentra enfin, Océane était déjà derrière la porte à l'attendre.
- « Alors ? ! » s'exclama-t-elle tandis qu'il passait le seuil de la porte.
- « Tu es encore levée ?! » s'étonna-t-il.
- « Ca s'est passé comment ? » demanda Océane qui n'avait même pas entendu qu'il lui avait parlé.
- « Bien, comme toutes les rentrées ! » bougonna Severus en ôtant sa cape.
- « Mais… » Océane se figea et le regarda rejoindre le salon comme si de rien n'était.
Elle n'osait plus tellement lui parler de cela maintenant qu'elle l'avait en face de lui, mais elle avait trop envie de savoir pour se taire. Elle le suivit donc et tandis qu'il se servait un grand verre d'hydromel, elle posa la question qui lui brûlait les lèvres.
- « Tu l'as vu ? » souffla-t-elle.
Severus se figea un moment. Il lui tournait le dos et Océane se demanda s'il allait prétendre ne pas comprendre de qui elle parlait. Mais ce ne fut pas le cas. Il ne devait pas avoir envie de jouer à ce petit jeu.
- « Oui » souffla-t-il simplement.
Un silence s'installa ente eux.
- « Et ? » insista la jeune femme qui s'était rapprochée de lui.
- « Et quoi ? » lui demanda Severus en se retournant vers elle « Qu'est-ce que tu veux que je te dises ? C'est un première année comme les autres, en plus prétentieux bien sur ! Mais ça c'est de famille ! »
Océane haussa un sourcil d'un air amusé.
- « Mais je n'ai pas perdu mon temps à me focaliser sur lui ! Crois moi il n'en vaut vraiment pas la peine ce gringalet mal coiffé ! »
Severus posa son verre sans même y avoir touché.
- « Je vais me coucher ! » déclara-t-il d'un ton agacé.
Océane savait qu'il lui en voulait de parler de tout cela, mais elle s'était empêché de lui parler d'eux pendant toutes années, ce soir là, elle s'autorisait un écart.
- « Et dans quelle maison est-il ? » s'exclama-t-elle au moment où Severus quittait la pièce d'un pas vif.
Il se figea et s'appuya contre l'embrasure de la porte avant de répondre.
- « Gryffondor ! Où veux-tu qu'il aille ? Il a hérité de tous les traits de caractère de son père et crois moi son allure aussi ! C'est le portrait craché de cette tête enflée ! »
Puis il s'en alla sans ajouter un mot. Océane elle, se laissa tomber dans le canapé tout sourire. Elle avait entendu tout ce qu'elle avait voulu entendre. Ce que James et Lily avaient rêvé pour leur fils commençait à se réaliser… C'était le meilleur cadeau que le petit Harry pouvait leur faire.
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Il faisait chaud, très chaud. Assise dans son fauteuil près de la fenêtre de son bureau, Océane lisait un roman. Les vitres grandes ouvertes, elle profitait ainsi de la petite brise qui venait par moment caresser son visage et la rafraichir un peu. La maison était calme ce qui était assez inhabituel. Severus devait étudier ses potions dans son laboratoire et Lalyh… avait du trouvé pour une fois une activité calme qui lui convenait. Océane lui était reconnaissante de faire des efforts pour ne pas provoquer Severus. Plus les années passaient et plus leurs relations devenaient conflictuelles. Lalyh avait désormais onze ans, et elle avait un caractère bien trempée qui faisait qu'elle ne se laissait pas marché sur les pieds. Chacune de leur conversation tournait invariablement à la dispute, aussi cela faisait de longues semaines qu'ils ne se parlaient plus. C'était une chose plutôt aisé quand Severus était à Poudlard, mais cela rendait les choses délicates quand, comme c'était le cas actuellement, il se trouvait à la maison pour les vacances d'août… Alors quand la maison était calme comme s'était le cas actuellement, cela était vraiment très reposant.
Elle venait de terminer un chapitre de son livre et se régalait par avance d'entamer le suivant quand un cri la fit sursauter puis sourire. Océane referma son livre et se tourna vers la porte, elle savait que cela était trop beau pour être vrai. Elle n'attendit que quelques secondes avant de voir Lalyh entrer en trombe, les joues rougies et en brandissant un parchemin dans la main.
- « Je l'ai reçu Maman ! Je l'ai reçu ! »
Le cœur d'Océane fit alors un bond dans sa poitrine et se leva immédiatement pour la rejoindre.
- « Vraiment ? » s'exclama-t-elle en souriant.
- « Oui ! Ecoute ça ! »
La jeune fille se redressa de toute sa hauteur, s'éclaircit la voix et se lança dans la lecture du parchemin.
- « Collège Poudlard, Ecole de Sorcellerie
Directeur : Albus Dumbledore
Commandeur du… Oh mais tu le sais tout ça ! » lança alors Lalyh. « Je vais passer à la partie intéressante ! La voilà !
Cher Miss Rogue
Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège Poudlard. »
Lalyh abaissa alors le parchemin en souriant.
- « Tu te rends compte ?! Je vais aller à Poudlard ! »
Très émue, Océane hocha la tête et ouvrit grand ses bras dans lesquels sa fille vint se blottir.
- « C'est super ! » continuait-elle à s'exclamer « Je l'attends depuis le début des vacances ! »
- « Je sais chérie, je sais… »
- « Je vais enfin aller là bas ! Tu m'en as déjà tellement parlé ! J'ai l'impression de tout connaître ! »
- « Oh… Détrompe toi ma belle, on ne peut jamais connaître entièrement Poudlard ! » répondit Océane avant de
poser un baiser sur le front de Lalyh qui se mit à rire.
Toutes les deux savouraient ce moment de joie quand un raclement de gorge attira leur attention. Toutes les deux se retournèrent alors vers Severus qui se tenait dans l'embrasure de la porte, aussi sévère qu'à l'accoutumée.
- « Pourrais-je savoir ce qui provoque un tel vacarme ? » demanda-t-il d'un ton sec.
Comme à chaque fois qu'elle se trouvait dans la même pièce que son père, Lalyh se raidit immédiatement. Elle se mettait sur ses gardes. Océane soupira et ses épaules s'affaissèrent.
Severus plongea alors son regard interrogatif dans le sien, la jeune femme esquissa un sourire et prenant sa fille par les épaules, lui répondit d'un ton enjoué.
- « Lalyh vient de recevoir sa lettre d'admission pour Poudlard ! C'est une grande nouvelle, n'est-ce pas ? »
Severus se renfrogna immédiatement et fronça les sourcils. Océane en fut surprise. Elle avait la désagréable impression que quelque chose allait se passer.
- « Il faut que je vous parle » déclara-t-il alors d'un ton grave « Passons au salon »
Et sans plus attendre, il tourna les talons et se rendit dans le salon. Océane sentit le regard de Lalyh se poser sur elle. Elle croisa alors le regard de sa fille qui, tout comme elle, ne comprenait pas ce qui se passait.
- « Tu es au courant de quelque chose ? » lui demanda-t-elle.
Océane fit non de la tête et incita d'un signe de menton sa fille à rejoindre Severus. Toutes les deux se rendirent donc dans le salon où Severus les attendait déjà, installé dans son fauteuil habituel. Il avait toujours cet air grave qui n'inspirait rien de bon à Océane. Elle prit place en face de son mari, dans le canapé et Lalyh comme à son habitude, vint s'installer tout près d'elle.
- « Qu'est-ce qui se passe alors ? » demanda la jeune fille avec ce brin d'insolence qui avait le don de sortir rapidement Severus de ces gonds.
Ce dernier la regarda d'un air mauvais avant de se tourner vers Océane.
- « Je pensais avoir plus de temps pour vous parler de tout cela, mais je constate que je me suis trompé. » annonça-t-il.
Océane fronça les sourcils.
- « De quoi parles-tu très exactement ? De la lettre de Poudlard ? »
- « Effectivement » répondit Severus
- « Et bien qu'est-ce qu'elle a ma lettre de Poudlard ? »
Océane prit la main de sa fille dans la main.
- « Je t'en prie ma chérie… » souffla-t-elle pour l'inciter à se contrôler car elle présageait que la conversation qui allait suivre allait être douloureuse.
- « Il se trouve que je n'avais pas l'intention de t'envoyer à Poudlard » annonça alors Severus.
- « Quoi ?! » s'exclamèrent en même temps Océane et Lalyh.
Severus quand à lui restait impassible.
- « Pourquoi ne veux-tu pas l'envoyer à Poudlard ? » demanda Océane en essayant de se reprendre, tandis que Lalyh fixait Severus d'un regard haineux.
Sa fille serrait fort sa main dans la sienne, Océane la caressa doucement du pouce pour tenter de l'apaiser sans grand succès.
- « Je n'ai pas très envie d'avoir ma fille en classe » annonça alors sèchement Severus « Poudlard est mon lieu de travail et je n'ai absolument pas envie de la croiser dans les couloirs ou… »
- « C'est injuste ! » hurla alors Lalyh en se levant d'un bond « Tu n'as pas le droit de me faire ça ! »
- « Je suis ton père, je fais ce que je veux ! » lui rétorqua-t-il.
- « Tu ne peux pas m'empêcher d'étudier ! » lui lança-t-elle.
- « Non, effectivement » répondit Severus en la fixant d'un air grave « Je n'en ai jamais eu l'intention ! Je me suis occupé de ton inscription à Beaubâtons à la rentrée prochaine »
- « A Beaubâtons ?! Mais c'est en France ? »
- « Il y a un internat ! »
- « A Poudlard aussi ! » gronda Lalyh.
Océane, elle, observait l'échange d'un air stupéfait. Elle avait du mal à réaliser que ce qu'elle entendait était réél. Elle ne voulait, tout simplement pas y croire.
- « De toute façon Lalyh, cette décision ne t'appartient pas ! » lança Severus avec sévérité.
- « Ce sont mes études ! » s'écria-t-elle.
- « Et c'est moi qui décide dans cette maison ! » lui rétorqua-t-il.
- « Maman ! Pourquoi tu … ? » commença Lalyh en se tournant vers sa mère, mais Severus la coupa.
- « Ta mère n'était au courant de rien, c'est moi qui ai prit la décision sans lui en parler. Mais je suis sure qu'elle sera de mon avis… »
- « Comment ? » s'indigna alors Océane « Comment as-tu osé prendre une telle décision sans m'en parler avant ?! »
Severus la regarda d'un air surpris, avant de se rembrunir.
- « Il me semblais que c'était la meilleur solution… » lança-t-il.
- « Il te semblais ! A toi Severus ! Pourquoi n'as-tu pas jugé utile de me mettre au courant ? » demanda Océane avec colère.
Elle commençait à comprendre qu'il venait de la manipuler et elle ne le supportait pas. Surtout quand il menaçait de la séparer de sa fille. Severus lui lança à son tour un regard empli de colère.
- « De toute façon, elle est déjà inscrite à Beaubâtons, j'ai tout régler la semaine dernière » décréta-t-il « C'est moi qui décide ici et il n'en sera pas autrement ! »
- « Tu n'es qu'un sale… »
- « Lalyh ! » la coupa alors Océane.
La jeune fille se tourna vers elle, les yeux remplis de larmes et le regard plein de haine.
- « Monte dans ta chambre, je dois discuter avec ton père ! » lança Océane en détournant son regard du sien.
La voir dans une telle rage lui faisait mal, aussi préférait-elle se concentrer sur sa propre colère.
- « Maman, tu te rends compte de ce qu'il veut faire ? » s'indigna Lalyh « Il… »
- « Chérie, s'il te plait… Monte dans ta chambre » répéta alors Océane avec plus de fermeté.
Elle ne regarda pas sa fille quitter la pièce mais entendit la porte claquer très violemment. Elle ferma un moment ses yeux très fort avant de les rouvrir et de fixer Severus avec colère.
- « Pourquoi ? » demanda-t-elle simplement en tentant de se contenir au mieux.
- « Je l'ai déjà expliqué » répondit-il alors avec toujours ce même ton froid et distant qu'il avait quand il était en colère. « Je n'ai pas envie de retrouver Lalyh sur mon lieu de travail. Je trouverais ça trop étrange »
- « Pourquoi ? Parce que ça fait plus de cinq ans que tu ne rentres à la maison que les week-ends et les vacances et que tu n'as jamais pris le temps de la connaître ! Regarde les choses en face Severus, Lalyh et toi vous êtes deux étrangers l'un pour l'autre ! Qu'est-ce que cela changera qu'elle soit à Poudlard ou non ?! » s'écria Océane.
Lorsqu'elle cessa sa tirade, elle était autant essoufflée qu'elle était indignée. Severus continuait à la regarder sans dire un mot.
- « Pourquoi est-ce que tu prends de telles décisions sans me consulter ? » explosa alors Océane « Lalyh ira à Poudlard tu m'entends ? Elle a sa place là bas ! Et tu n'as pas à faire ce genre de choix pour ma fille ! »
- « Notre fille ! » siffla-t-il d'un air mauvais entre ses dents « Légalement, je suis son père et je fais ce qui me semble le mieux pour elle ! »
Océane le fixa un moment, estomaquée avant de serrer les poings. Elle n'avait jamais eu envie de le frapper. Elle lui était même reconnaissante de prendre soin d'elle et de Lalyh en général mais l'entendre parler de la sorte lui donnait envie de le gifler de toutes ses forces. Comment osait-il dire des choses de ce genre, lui qui avait toujours refusé de prendre la moindre décision concernant Lalyh ?!
- « Pourquoi ?! » lui demanda-t-elle avec colère « Pourquoi tu veux l'éloigner encore plus de moi ? Qu'est-ce qu'on t'a fait bon sang ?! Lalyh doit aller à Poudlard ! C'est une étape importante dans la vie d'une jeune sorcière ! C'est là où j'ai fait mes études ! C'est là où… »
- « Où il a été ! » la coupa Severus. « Tu crois que je n'ai pas compris ?! »
- « De quoi tu parles ? » demanda Océane qui était un peu perdue
- « Tu me prends donc pour un imbécile ? Poudlard était le terrain de jeu des Maraudeurs, tout le monde les connaissait là-bas ! Bon sang ! Tu n'as pas vu comment elle lui ressemble ? Plus ça va et plus c'est pire ! Le même regard de conspirateur, la même insolence éhonté !Il n'y en aura pas un qui l'aura connu qui ne le reconnaitra pas dans ses traits ! Je refuse que tout le monde sache que j'ai dû garder sous mon toit l'enfant de cet… »
- « Tais toi ! » s'écria Océane « Je te défends de parler de lui ! »
La jeune femme sentait son cœur battre à un rythme fou dans sa poitrine. Jamais elle n'avait évoqué Sirius avec lui et elle aurait préféré qu'il s'en abstienne. Elle ne voulait pas qu'il puisse ternir l'image qu'elle avait de lui et qui avait si souvent été mise à mal toutes ses années. Il continuait à être l'homme de sa vie et elle ne voulait pas que d'autres qui le détestaient parlent de lui.
- « Ose seulement dire que tu n'as pas pensé qu'elle pourrait être reconnue et qu'elle finirait par savoir la vérité ? » s'exclama-t-il.
Océane baissa les yeux. Bien sur qu'elle y avait déjà pensé. Prétendre le contraire aurait été malhonnête. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle l'avait souhaité. Elle se demandait si tout cela ne serait au final pas trop traumatisant pour sa fille. Après tout ,dans le monde sorcier, Sirius était considéré comme un assassin. Elle était la seule à croire en son innocence, Lalyh ne voudrait peut être pas suivre sa voie. Pour autant, elle souhaitait que sa fille connaisse Poudlard, l'endroit où elle avait passé quelques unes des plus belles années de sa vie, l'endroit où son amour pour son vrai père était né. Poudlard était trop chargé de souvenirs heureux pour elle pour qu'elle puisse penser une seule seconde à ne pas y envoyer sa fille.
- « Tu dramatises Severus ! Pourquoi veux-tu qu'elle puisse l'apprendre un jour ! Personne ne sait la vérité ! »
- « Arrêtes de te voiler la face ! Quiconque a connu son père la reconnaitra ! » cracha Severus à voix basse. « Je refuse qu'elle vienne à Poudlard ! C'est mon domaine ! Je refuse que mes collègues comprennent et me lancent des regards de mépris ! Je ne veux pas d'elle dans mes pattes ! J'ai déjà suffisamment de problème avec Potter pour remuer les fantômes du passé ! »
Océane eut un choc. Jamais il ne lui avait parlé de Harry mais surtout jamais il n'avait montré combien il craignait que tout le lourd passé qu'il tentait tellement d'effacer lui explose au visage.
- « Nous étions d'accord pour que jamais elle n'apprenne la vérité ! » siffla-t-il alors toujours à voix basse.
- « Je ne veux pas que tu l'éloignes de moi ! J'ai besoin d'elle ! » lança alors Océane.
- « C'est une grande fille, il est temps pour elle se cesser d'être constamment dans tes jupes ! Elle ira à Beaubâtons un point c'est tout ! » trancha Severus.
- « Tu n'as pas le droit de faire ça ! » s'exclama la jeune femme qui sentait déjà les larmes lui monter aux yeux.
- « Je suis son père et ton mari ! Je fais ce que je veux ! » lui rétorqua-t-il « Et ma décision est de l'écarter de nos vies ! Cela ne pourra que nous faire du bien ! Cette petite est insolente et tu la laisses faire trop de choses. L'éloignement ne peut être qu'une bonne chose ! »
- « Comment oses-tu dire ça ?! » s'indigna Océane.
Mais Severus ne lui répondit pas.
- « J'ai prévu de la faire partir dans quinze jour dans un centre à Paris pour qu'elle perfectionne son français qui n'est pas brillant. Ensuite, de là, elle partira directement pour Beaubâtons et elle ne reviendra que pour Noël si elle se montre sage. »
- « Quinze jours ?! » s'étrangla Océane.
- « Pendant onze ans, tu n'as vécu que pour elle, tout tourne autour de Lalyh, il est désormais temps que cela change ! » trancha Severus. « Ma décision est prise et tout est déjà réglé. Ton père a donné son accord, il pense aussi qu'un recadrage ne peut pas faire de mal à Lalyh. Il l'accompagnera en France pour quelques temps… »
- « Tu ne me donnes que quinze jours avant de me séparer de ma fille ? » souffla Océane qui pleurait désormais sans chercher à le cacher.
- « Ce n'est pas si dramatique ! » trancha Severus « Et de toute façon, tu n'as pas le choix. Je ne me laisserais plus marcher sur les pieds dans ma propre maison, c'est maintenant qu'il faut que j'assoie mon autorité sur elle, sinon, jamais elle ne me respectera. Dans quinze jours, elle sera partie et elle aura compris qu'il n'y a rien à gagné à s'opposer à moi. Son secret sera aussi conservé. C'est la meilleur solution et tu le sais parfaitement ! »
Océane le regarda avec un mélange de colère et de désespoir, avant de lui tourner le dos et de quitter la pièce précipitamment. Elle se précipita dans sa propre chambre et vint se lancer tomber sur son lit. Elle attrapa son oreille et le serra fort contre son visage pour étouffer ses pleurs. Elle n'arrivait pas à y croire. Severus allait la séparer de sa fille. Si Océane s'était préparée à la voir partir pour Poudlard et s'en réjouissait même, elle ne pourrait jamais supporter de laisser sa fille partir dans un pays étranger dont elle ne connaissait presque rien, dans l'unique but de préserver l'égo de son mari.
C'était tellement injuste et tellement soudain qu'elle ne parvenait pas à se reprendre. Elle était tellement perdue dans ses pensées qu'elle n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir. Aussi fut-elle très surprise de sentir un petit corps se blottir près du sien. Elle releva la tête et fixa Lalyh qui pleurait également allongé près d'elle.
- « Tu n'as rien pu faire, pas vrai ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.
Incapable de lui répondre, Océane se contenta d'hocher la tête tristement.
- « C'est pas juste ! » gronda la fillette « Moi je veux pas partir ! »
- « Je sais, moi non plus ! » lui répondit sa mère.
Lalyh se redressa un peu alors et vint caler sa tête sur sa poitrine comme quand elle était petite.
- « Pourquoi il nous fait encore pleurer ? » demanda-t-elle d'un air grave « Pourquoi il fait tout pour te rendre triste ? »
Océane referma ses bras sur elle et la serra fort contre son cœur.
- « Ce serait tellement bien si t'étais heureuse un peu de temps en temps… » murmura Lalyh d'un air triste.
Et le cœur de la jeune femme se serra encore plus. Elle serra davantage sa fille et posa un baiser sur son front. Toutes les deux restèrent un très long moment enlacées. Qui sait quant cela pourrait se reproduire à nouveau ?
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- « Comme vous pouvez le constater, Madame Rogue, toutes nos jeunes pensionnaires sont bien choyés » traduisit l'interprète qui la suivait depuis son arrivée à Beauxbâtons.
Océane se tourna vers elle et lui esquissa un maigre sourire. Elle tenait Lalyh par les épaules. La jeune fille avait le visage fermé qui contrastait avec celui qu'elle avait en général et surtout celui qu'elle avait eu quand elles s'étaient vues le matin même.
Cela faisait trois longues semaines que Lalyh avait quitté Londres pour Paris. Dans le pensionnat où Severus l'avait inscrite, de vieilles sorcières s'évertuaient à lui apprendre les rudiments du français, avec beaucoup de mal car Lalyh faisait preuve d'une mauvaise volonté terrible. Océane ne pouvait pas la blâmer. Elle prenait cet éloignement pour ce qu'il était: une punition. Elle n'avait pas adressé la parole à Severus depuis des jours et faisait la sourde oreille chaque fois qu'il venait se plaindre qu'il avait reçu un hibou indiquant que sa fille s'était mal comportée. Océane était dans une rage folle, et même plus en encore de se savoir totalement impuissante.
Ce matin là, elle avait rejoint Paris en portoloin pour rejoindre sa fille et partir avec elle dans le sud du pays pour visiter Beauxbâtons avant la rentrée. C'était un privilège qui leur était accordé du fait de leur situation d'étrangères.
L'Académie Beauxbâtons se trouvait dans un vieux château fortifié. Le cadre était vraiment magnifique, Océane devait l'admettre. Il y faisait chaud, et toutes les pièces étaient très lumineuses. C'était vraiment un bel endroit, mais Océane ne pouvait s'empêcher de préféré les pierres froides et humides des couloirs sombres de Poudlard.
- « Les dortoirs se trouvent par ici » continuait l'interprète qui suivait de près la personne chargée de les faire visiter et qui parlait très vite dans un accent très prononcé.
Elle leur fit prendre un large couloir qui donnait sur une magnifique cour intérieure.
- « C'est beau, n'est-ce pas ? » souffla Océane à l'oreille de sa fille, mais elle n'eut qu'un grognement pour toute réponse.
Elle soupira.
Elles arrivèrent alors dans une aile, transformée en dortoir. Elles visitèrent une des chambrée, très confortable et bien aménagées. Non, vraiment, Beauxbâtons avait tout pour plaire, mais si Océane ni Lalyh ne pouvait s'en réjouir.
- « Monsieur votre mari nous a déjà fourni tous les documents nécessaires à son inscription. » traduisait l'interprète tandis qu'elles se rendaient dans le bureau de la directrice « Les démarches ont été un peu longue, mais maintenant tout est réglé. Madame Maxime va vous recevoir immédiatement »
- « Merci » murmura Océane en français, avec un tel accent que cela fit sourire l'interprète et la sorcière qui les avait guidées tout au long de leur visite.
Après leur avoir souhaité une bonne journée, les deux femmes prirent congés, laissant Océane et Lalyh seules dans le couloir. Elles avaient beau de pas s'être vu pendant plusieurs semaines, ni l'une ni l'autre n'était capable de parler. Etre là était oppressant pour l'une comme pour l'autre et Océane savait que sa fille serait bien plus bavarde le soir même quand elles auraient regagné l'hôtel dans lequel Océane s'était installée.
Elle avait insisté auprès de Severus pour avoir quelques jours pour préparer la rentrée de sa fille. Elle avait besoin de connaître un peu mieux l'endroit où elle allait vivre et surtout de passer du temps seule avec elle avant leur séparation qui serait très pénible, elle le savait très bien.
Océane n'avait jamais été séparée de sa fille. Elle n'avait jamais laissé à quiconque le soin de s'occuper d'elle. Sa mère l'avait bien gardé quelques heures de temps en temps, et c'était tout. Océane se demandait comment elle allait pouvoir supporter son absence. Elle était toute sa vie. Et elle avait connu suffisamment d'absence dans sa vie pour savoir que celle-ci serait terrible.
- « Tu as vu la taille de la porte ? » murmura alors Lalyh après un moment.
Océane n'avait pas fait attention, mais maintenant qu'on le lui disait, la porte qui leur faisait face était immense. Bien plus haute et large que toutes les autres qu'elle avait pu voir dans l'Académie. La jeune femme n'eut pas longtemps à attendre avant de savoir ce qui justifiait une telle architecture.
Lorsque laporte s'ouvrit une femme gigantesque en sortit. On aurait dit qu'elle était de la famille à Hagrid. Océane la fixa un moment avec les yeux arrondis par lasurprise avant de se reprendre.
- « Miss Rogue ? » demanda la géante avec un accent très surprenant « Je suis enchanteuh de vous rencontrer ! »
- « Moi aussi » lui assura Océane en serrant l'immense main qu'elle lui présentait.
- « Et je seuppose qu'il s'agit de Lalyh ? »
- « Bonjour Madame » souffla la jeune fille dans un français impeccable.
Océane se mit à sourire et d'une pression de la main sur son épaule, remercia sa fille pour cet effort.
- « Comme elle est charmanteuh ! » s'extasia la directrice « Je meuh présente. Je suis Olympe Maxime, et je dirigeuh Beauxbâtons. Je vous en prie, suiveuh moi dans mon bureau ! »
Océane et Lalyh la suivirent donc dans un bureau à son image et furent invitées à s'asseoir dans de larges et moelleux fauteuils.
- « Il est rare de rencontrer de jeunes sorciers britanniques désireux de faire leurs études à l'étranger » commença Olympe en souriant « Votre mari a parlé de raisons familiales ».
- « C'est tout à fait ça » murmura Océane d'une toute petite voix.
- « J'espère que tous ces changements ne te peurturberont pas trop Lalyh » continua la directrice « Dans notre Académie, nous exigeons l'exceullence »
- « Je ferais de mon mieux » répondit la jeune fille.
- « C'est très bien. Je sais que l'euloignement sera difficile, mais les voyages forment la jeunesse comme on dit ! » lança Madame Maxime d'un ton guilleret.
Océane se contenta d'esquisser un sourire triste.
- « Je vous tiendreuh régulièrement au courant des résultats de votre fille et bien évidemment, nous nous engageons à l'accompagner au centre des voyages en Portoloin à chaque début de vacances pour s'assurer qu'elle rentre bien chez vous »
- « Merci. » souffla Océane.
- « J'espère que la visite vous a plu… » souffla alors la géante.
- « C'est un endroit magnifique » répondit Océane.
- « C'est vrai, nous avons beaucoup de chance » reprit la directrice.
La discussion avec madame Maxime s'éternisa un peu, même si Océane ne montrait qu'un enthousiasme forcé. Lorsque Lalyh et elle quittèrent enfin l'Académie, toutes les deux étaient un peu déprimées. Elles n'avaient rien à redire concernant l'établissement, mais toutes les deux auraient préférés ne pas y avoir mis les pieds.
- « Tu seras bien là bas » lança Océane tandis qu'elles se trouvaient dans sa petite chambre d'hôtel.
- « Ouais » souffla Lalyh en se laissant tomber sur le lit.
- « Tu te feras des amies, tu sauras parfaitement parler français… »
- « Arrêtes Maman ! Ne cherche pas des arguments pour me convaincre que je serais mieux ici qu'à Poudlard, je n'ai pas le choix ! » la coupa Lalyh. « Pourquoi est-ce qu'il me fait ça ? »
Océane soupira.
- « Ton père préfère ne pas t'avoir comme professeur, ne pas travailler à l'endroit où tu vivrais… »
- « C'est vrai qu'il ne tient pas vraiment à se trouver dans le même endroit que moi ! » grogna Lalyh. « Ca fait long temps que ça dure ! »
- « Chérie… » soupira Océane.
- « Je le déteste ! » gronda la jeune fille en lui tournant le dos et en se roulant en boule.
Océane la regarda alors d'un air triste. C'était une réaction à laquelle elle s'était attendue et qui était pourtant évidente.
- « Mon cœur…on s'écrira. On ne se verra pas moins que si tu avais été à Poudlard… »
- « C'est pas ça la question ! » gronda Lalyh.
Océane le savait bien. Elle soupira une nouvelle fois et vint prendre place à côté de la fille. Elle lui caressa les cheveux tendrement, sans rien dire. C'était tout ce qu'elle pouvait faire et cela la minait.
