Note : je suis super contente de vous retrouvez nombreux à chaque nouveau chapitre ! Ca me motive énormément alors merci :) Je publie en parallèle le cœur des meutes qui a un peu plus de mal à décoller, si jamais vous voulez vous laissez tenter n'hésitez pas. On quitte Harry et Lucius pour se tourner d'abord vers Draco et quelques personnages secondaires dont je m'échine à leur offrir une identité propre et une consistance qui peut, je l'espère, les rendre intéressant. Bref, je m'en occupe comme j'ai pu le faire ici avec Sybille. Voilà, voilà, c'était la page de pub ! Bonne lecture

Chapitre 35 : la folie

Bellatrix était une sorcière noble, éduquée depuis son plus jeune âge pour être une parfaite sang-pur. Sa sœur Narcissa était peut-être le résultat escompté par les parents. Très chère sœur. Si parfaite sœur. Bellatrix n'avait quant à elle rien de parfait. Le problème était peut-être dans son sourire. Un peu pincé. Un peu tordu. Un peu moqueur. Un peu cruel. Un peu ... mordant. Bellatrix avait une tignasse noire et frisée sur la tête, si caractéristique, que Harry aurait pu en frémir.

Cette sorcière faisait partie de ses cauchemars. Elle était la personnification même de tout ce qu'il ne pourrait pas maîtriser. Le problème c'était surtout qu'il ne comprenait pas. La famille Black n'avait pas une bonne réputation, au contraire même.

Néanmoins ... Sirius Black deviendrait un héros de guerre, méconnu, mal jugé et tristement décédé. Son frère, Régulus, aurait une prise de conscience brutale, acide, violente, douloureuse. Il en mourrait mais pas avant d'avoir largement contribué à la résolution de la guerre. Deux frères dont les camps de la lumière devraient honorer la mémoire. Plus proche de Bellatrix, Andromeda serait reniée, tout comme Sirius d'ailleurs, pour ses choix de vie. Epouser un né moldus, lorsque l'on né Black, ce n'est pas sans conséquence. Quant à la dernière des trois sœurs, Narcissa, elle eut le destin qu'on lui connait, se dressant de toute sa stature pour protéger son unique enfant en ces temps troublés par la guerre. Elle était certes l'image même de la sang-pur, mais une sang-pur relativement modérée et surtout tournée vers sa famille. Narcissa, c'était l'image d'une mère.

C'est toute une génération Black qui avait décidé de se détourner des choix évidents. Toute ou presque. La grande sœur avait peut-être pris toute la folie des Black, allant la voler même jusque chez ses cousins pour ne pas en laisser la moindre trace. Bellatrix, devenue Lestrange, avait les doigts qui pianotaient sur le rebord d'une fenêtre, son sourire le plus cruel plaqué au visage et ses yeux fous roulant dans leurs orbites. Elle allait devoir s'amuser aujourd'hui. Le manoir était bien protégé, seul un Black pouvait en passer la porte mais les Black étaient visiblement de plus en plus décevants. Amener ici Harry Potter, le petit balafré aux lunettes rondes qui s'en prenait à son très cher seigneur noir. Sincèrement, quelle drôle d'idée. Depuis sa fenêtre, elle observa Sirius qui remontait lentement l'allée principale. Derrière lui, il y avait ce Potter de malheurs, accompagné d'un Malefoy à croire qu'il n'y avait pas que la famille Black qui devait se poser des questions ... et puis ... et puis ... Non, elle n'en savait rien et ça ne l'intéressait pas vraiment. La petite demoiselle derrière eux, ce serait un petit moineau qu'elle allait faire piailler. Voilà tout ce qui comptait. Elle lui arracherait quelques cris. Elle lui prendrait ses ailles et ce serait ... amusant.

Elle traversa le manoir en courant presque et se jeta sur la porte, la poussant assez violement pour la faire claquer devant eux. Ils sursautèrent. Ils étaient juste là, à quelques pas et ils ne savaient visiblement pas où ils mettaient les pieds. Elle éclata de rire tout en hurlant un sortilège de mort. Il rebondit sur un bouclier, un informulé. Ça ne faisait rien, elle l'écraserait quand même ce petit moustique dérangeant. Son maître serait fier d'elle. Oui ! Un rire lui déchira presque la gorge quand un sortilège atteint le mur, tout près de sa tête. Elle entendit le fils Malefoy qui criait "non !" visiblement trop tard. Il avait dû comprendre. Mais le petit moineau avait jeté son sort trop tôt. Petit chose fragile.

Le manoir était l'une de ces constructions antiques, prévues pour défendre de ses pierres le moindre habitant appartenant à la famille Black. De par son sang, Bellatrix pouvait en prendre possession et le manoir la défendrait. Il attaquerait pour elle. Les gargouilles, les petites créatures de pierres incrustées ici et là allaient prendre vie et ils détruiraient ses ennemis. Non pas qu'elle comptait leur laisser faire tout le travail. Non, elle aussi elle voulait s'amuser.

En sortant la tête pour jeter un sort, elle vit une scène qui la troublerait pour les années à venir. Les pierres s'étaient belles et biens détachées du château, comme prévu. Elles cherchaient à attaquer la fille, celle qui avait jeté le sort, comme prévu. Mais elles restaient là, à flotter légèrement en l'air au lieu de se fracasser sur elle avec force. Personne n'avait eu le temps de lever sa baguette. Qui faisait ça ? Était-ce Potter ? Elle jeta un autre sort qui rebondit comme le premier et se cacha de nouveau.

Ils devaient être là pour le trésor de son maître. Elle devait le protéger, mais elle ne les atteignait pas ainsi. Peut-être qu'avec une diversion ? Une diversion assez grande ? Elle lança son sortilège suivant directement sur les pierres du manoir. Ce n'était plus une défense classique venant répondre à une attaque. Non, la maison répondait directement à son appel et les grandes statues de pierre qui jonchaient les jardins se levèrent à leurs tours. L'une d'entre elle était surnommée : le géant. Immense. Le trait déformé par une colère immortelle. Quand il se leva, il y eut un bruit assourdissant de pierres qui s'entrechoquaient. Les grincements produits étaient des plus terribles. Bellatrix profita de la diversion pour jeter un sort, dans le dos du petit moineau, mais le sort rebondit, encore. Lucius lui répondit immédiatement, visiblement peu surpris par les bruits environnants mais il ne parvient à atteindre que le mur derrière lequel elle s'était glissée.

- Comment on arrête ça ?, cria Sibylle.
- En détruisant toutes les pierres ou ..., commença Lucius.
- Ou en faisant disparaitre cette folle. Le manoir devrait alors me reconnaître pleinement et je pourrais tout arrêter., compléta Sirius.

La protection autour d'eux ne faiblissait pas vraiment, mais ça allait devenir problématique parce que chaque seconde de perdue était une seconde où Bellatrix pouvait se préparer. Sirius eut l'air de comprendre le problème car il s'éloigna de la protection et avança, droit sur le géant qui courrait vers eux. Au dernier moment, alors qu'il allait s'abattre sur le bouclier, là, juste au-dessus de Sibylle, il posa les mains sur la pierre et murmura : "Arrête-toi."

Le géant cessa tout mouvement. Sirius resta les yeux fermés, comme concentré sur un problème particulièrement difficile. L'ordre qu'il voulait donner à savoir "détruit les protections du manoir" était totalement contradictoire avec l'essence même de ce qui mettait ce géant en action. Il devait trouver une parade. Un ordre que la magie aurait une chance de suivre. Il tenta.

- Cette jolie demoiselle s'appelle Sibylle. Géant, protège la pour moi. Protège Sibylle.

Le géant lui rappa la main tellement il se détourna vite. Il attaqua chaque gargouille, chaque statue, chaque pierre qui avait le malheurs de chercher à s'en prendre à sa protégée. Sibylle derrière eux resta figée un instant puis elle se tourna vers Harry.

- Vas-y ! Si les protections en ont uniquement après moi, je reste ici. Sirius ... Sirius va me protéger. Va chercher cette folle !

Harry hésita une seconde, puis il la serra dans ses bras et lui murmurant un dernier conseil. Elle faisait de super bouclier, qu'elle n'hésite pas. Elle était capable de se protéger elle-même. Elle acquiesça sans vraiment y croire et Harry disparu. Sans attendre une seconde de plus, elle passa à l'attaque. Elle détruisit gargouilles après gargouilles, pierres après pierres. Si elle devait détruire la totalité de ce manoir elle le ferait.

Sirius regarda l'élan guerrier une seconde, sans bouger, totalement éberlué, puis il éclata de rire. Qui allait protéger qui ? C'était à s'en poser la question. Néanmoins, il la rejoint en riant. En riant comme le font souvent les Black lorsqu'ils décidaient d'attaquer réellement. Il riait. Il riait si fort qu'elle se prit à rire avec lui. Quiconque les aurait observés de l'extérieur aurait cru qu'ils avaient été touché par un sortilège étrange ou encore, qu'il ne s'agissait que d'un entraînement. Faisaient-ils un concours pour savoir qui détruirait le plus ? Le géant semblait gagner. Comment penser qu'ils défendaient réellement leurs vies à voir les sourires qui s'étalaient sur leurs visages et à entendre leurs rires ?

Lucius et Harry les entendirent mais ils ne se retournèrent pas. Pour Harry c'était très difficile de laisser ainsi ses amis. Il n'en avait absolument pas envie, mais ils méritaient sa confiance. Sirius avait l'air de vouloir vraiment aider et Sibylle ... Sibylle ne serait jamais une excellente guerrière. Elle n'aurait jamais le niveau de puissance nécessaire pour devenir auror par exemple ! Mais elle pouvait casser quelques pierres à présent et s'en sortir d'une façon tout à fait correcte sur un champ de batailles. Ce n'était juste pas son domaine de prédilection. Sirius lui avait une grande force brute mais Harry ne l'avait pas entraîné. Tout ce qu'il pouvait espérer c'est qu'ils fassent une équipe correcte et que le sang des Black coulant dans les veines du jeune homme les aide.

Lucius le guida à travers le manoir comme si c'était une évidence que ce couloir, richement décoré, n'était pas le bon couloir à emprunter. Il vérifia rapidement quelques détails et les mena sans aucune hésitation jusque dans les tréfonds du manoir où se trouvait effectivement Bellatrix Lestrange entrain de griffonner quelques choses sur un petit carnet. Harry comprit immédiatement. Quel cadeau immense pour la folle que de se voir ainsi confier un horcruxe avec lequel elle pouvait communiquer. Elle avait dû le prévenir. Harry se demanda s'il allait se défendre comme l'avait fait le médaillon. Si ça se passerait comme à l'époque.

Des ombres sortirent un jeune Tom Elvis Jedusor. Un futur Voldemort. Déjà un tueur. Harry déglutit. Il repensa à Ginny et tout ce que ce carnet lui avait fait subir. Tout ce qu'avait fait Lucius, son amant, contre eux. Il s'appuya légèrement sur lui, comme pour se souvenir que tout était différent à présent. Tout était différent.

- Lucius laisse-moi te présenter Tom Elvis Jedusor, plus connu sous le nom de Voldemort.

Il aurait giflé directement Bellatrix qu'elle aurait eu l'air moins outrée qu'en entendant prononcé par cette bouche détestable le nom de son très cher maître. Mais Harry continua, imperturbable et pourtant légèrement avachi contre Lucius.

- J'ai une question Tom ... Est-ce que tu comptais réellement t'en prendre à l'intégrité magique ?
- L'intégrité magique ... Oh, tu l'ignores donc. Elle a toujours connu des hauts et des bas. Les pantins du conseil le savent bien. Parfois, elle s'effondre, mais ce n'est pas grave car elle refleurit plus belle que jamais. La magie, c'est un vrai phénix. Tu pensais sauver la situation ? Pauvre petit voyageur ... tu n'imagines pas tout ce que tu détruis. Tu détruis une nouvelle aire !
- Peut-être. Peut-être oui ... mais je ne veux pas de ta nouvelle aire et il se trouve que je peux te la refuser à présent.

Dans son dos, Lucius se tendit alors qu'il la sentait. La magie de son amant s'écoulait librement, hors de son corps. Elle enfla tranquillement jusqu'au journal et s'enroula autour de lui, le contraignant, le restreignant, le compressant jusqu'à ce que l'illusion disparaisse. Bellatrix avait été quant à elle était repoussée contre le mur, plaquée, bloquée. La pression devenait si forte, si intense qu'elle s'évanouie. Un instant d'avant pourtant, son visage s'éclairait d'un sourire nouveau. Harry Potter était tellement fort, tellement puissant. Elle trouva ça beau. Elle le trouva magnifique.

A l'extérieur, les pierres se figèrent mais les rires continuèrent, ponctués de cris de joies parce que cet arrêt ne pouvait signifier qu'une chose. Ils avaient gagné.

Lucius s'approcha de la jeune femme évanouie ... Il l'avait vu sourire. Doucement, il replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille tout en demandant à son amant ce qu'il comptait faire d'elle.

- J'aimerai la mettre dans une maison de soin ... parce qu'elle est juste folle ... mais pour le moment, elle va devoir aller à Azkaban.

Harry s'en voulait pour ça. Il s'en voulait pour la torture qu'elle allait subir là-bas, toutes les souffrances qu'elle allait endurer, mais il ne pouvait pas tout réformer du jour au lendemain. Alors il la déposerait à Azkaban et dès qu'il le pourrait, il ferait évoluer les choses pour que retenir et empêcher de nuire ne rime plus avec souffrir, dépérir, maigrir, subir ... Oui, il avait encore beaucoup de travail se dit-il tout en récupérant le journal qu'il avait mis, très temporairement, hors-jeu.