Titre : Moi et Moi Seul !
Auteur : Moi-même ! (Lubilule-Malefoy)
Disclaimer : L'univers et les personnages ont été créés et appartiennent à la Grande Déesse J.K. Rowling !
Résumé : Harry Potter, le Survivant, lors d'une sortie à Pré-Au-Lard rencontre un jeune homme fort intéressant... Et fort séduisant. Mais quel est cet inconnu du nom de Tom ? D'où vient-il ? Pourquoi ne le traite-t-il pas comme tous les autres ? Et pourquoi est-il aussi beau, par Merlin ? Découvrez les mésaventures du célèbre Harry Potter !
Pairings : LV x HP [Et autres peut-être au fil du temps...]
Rated : M Progressif
Note de l'auteure : Je vous souhaite une bonne lecture à toutes et à tous(?) ! Une petite review ne fait pas de mal, surtout que ça permet à l'auteur de lui donner un bon coup de pied au c** pour qu'elle écrive plus vite ! J'espère que vous aimerez ! Sur ce...
SPOIL : SPOIL sur l'histoire de Voldy, et sur le TOME 5
Bonjour ou Bonsoir très chères lectrices et lecteurs.
J'espère que vous allez bien et que vous apprécierez la venue un peu plus rapide encore de ce chapitre ! Je m'améliore ;) J'espère pouvoir tenir un rythme plus régulier, avec les cours par milliers qui viennent de me tomber sur la gueule !
Question : Avez-vous un jour de la semaine où vous préféreriez que je poste ? En fonction de vos disponibilités peut-être ? J'ai remarqué que j'avais un pic de visites le jeudi et le dimanche... d'où ma question x)
Et ! C'est avec joie que je constate que cette fiction a dépassé le pallier des 550 reviews ! Ô joie ! Je vous remercie énormément ! C'est vraiment INCROYABLE !
J'espère que vous apprécierez ce chapitre également ! Comme promis, également axé sur Harry et Voldemort !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Lubilule-Malefoy
REVIEWS :
Pour les reviews sur le précédent chapitre, je voudrais remercier : Daemon Celestis, stormtrooper2, hinatanatkae, omaima9456, Feather Pen Soul, Yume resonnance, Tom potter jedusor, baekjong, Streema, Princesslytherin et Une lectrice
/!\ Je sais que pour l'une d'entre vous( et sans doute d'autres), le personnage de Voldemort paraît incohérent pour le moment, mais tout s'éclairera dans les chapitres suivants !
Une nouvelle fois, même refrain pour les fautes d'orthographe ! Si quelque chose vous dérange, signalez-le moi !
34 – La Seconde Première fois
C'était en ce matin froid du 17 février qu'il arriva pour la toute première fois au Manoir Malefoy.
Il avait attendu ce moment depuis TANT de temps ! Il avait l'impression que cela faisait une éternité depuis que ce drôle de bonhomme était venu le voir chez lui ! Et dire que le Seigneur des Ténèbres lui-même le connaissait de réputation ! Ca lui avait fait tout drôle quand le loup-garou lui avait dit ça. Apparemment, ils avaient une liste plus ou moins précises de personnes qu'ils voudraient recruter. Quel immense bonheur de savoir qu'il en faisait partie ! Mais il trouvait ça dommage qu'il soit l'un des seuls à montrer un tel enthousiasme à rejoindre les rangs du plus grand mage noir de tous les temps. Parfois il se demandait si certains sorciers n'étaient pas, à l'instar des moldus, complètement débiles. Comment résister face à tant de grandeur ? Il soupira, mais intérieurement seulement. Il devait réussir à se concentrer. Chose assez difficile pour lui. Lorsqu'il sortait la tête de ses livres et de ses recherches, il lui était quasiment impossible de faire un focus sur une seule et unique chose. Ce qui avait le don d'agacer pas mal de monde. Pas étonnant qu'il passe la plupart de son temps seul. Pas que ce soit quelque chose qui le dérange plus que ça...
- Bon... Llewellyn, c'est pas qu'j'me les gèle mais...
Le loup-garou appelé Greyback l'attendait, les mains dans les poches, devant un immense portail en fer noir. L'interpellé lui lança l'un de ses plus beaux sourire, et avança d'un pas. Le portail s'ouvrit et ils durent parcourir un chemin complexe entre plusieurs haies qui avaient l'air de former un labyrinthe. Au bout de quelques minutes, il arrivèrent enfin en face d'une haute double porte en chêne.
- N'aurions-nous pas mieux fait de transplaner directement devant cette entrée ? Demanda Esaias Llewellyn d'une voix claironnante.
Un grognement lui répondit.
- J'pouvais pas. T'es nouveau. Faut l'autorisation du Maître, d'un Malefoy ou d'un Lestrange pour pouvoir transplaner direct ici, lui répondit finalement Greyback.
- Ah... Je vois. Trouvons donc l'un de ces messieurs dans ce cas ! Rit-il.
Le loup-garou le regarda de travers avant de faire un grand geste du bras tenant sa baguette. Un bruit de déverrouillage résonna de l'autre côté de la porte, puis l'un des battants finit par pivoter, leur laissant la possibilité de pénétrer à l'intérieur de la vaste demeure. Esaias fut ébloui par la beauté sombre du grand hall de pierre. Cela lui rappela ses années d'étude à Poudlard, bien qu'il ne règne ici une ambiance bien différente. Il précéda Greyback et posa le pied sur le sol, également fait de pierres sombres. Il leva la tête, admirant les lustres et les peintures austères accrochées aux murs. Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas la porte se refermer derrière lui ainsi que les nombreux regards tournés vers lui. Un homme brun rit brusquement, le ramenant sur terre.
- Et moi qui me demandais pourquoi tu n'étais pas là ce matin Greyback ! Dit le même homme. En train de fricoter avec de la chair fraîche ?
Il appuya sa remarque d'un clin d'œil, qui fit ricaner les autres. Mais pas Greyback visiblement.
- Non merci. Pas mon style ce genre de frappadingue, répondit-il en montrant Esaias du doigt.
Le concerné ne sembla pas plus vexé que ça et sourit à ceux qui allaient être à présent ses nouveaux collègues de travail. Et dire qu'il allait devoir porter ces... affreuses robes noires. À vrai dire, il faisait un peu tâche dans le décor, avec ses cheveux coupés en un carré blond clair, ses yeux couleur turquoise, son sourire et son accoutrement coloré – veste ample couleur saumon et pantalon blanc.
- Enchanté ! Dit-il alors. Je m'appelle Esaias Llewellyn, j'ai vingt-six ans et je suis en cavale depuis... trois ans déjà ! J'espère que nous nous entendrons bien !
Il s'inclina gracieusement devant les regards ébahis des autres Mangemorts. Puis l'homme qui s'était moqué de Greyback rit de nouveau à gorge déployée avant de s'avancer vers lui.
- Enchanté petit, dit-il à son tour. Moi, c'est Rodolphus Lestrange.
Il lui serra la main, puis le prit par l'épaule et se mit dans le même sens que lui, face aux autres.
- Tu connais déjà ce gros balourd, Fenrir Greyback, dit-il en lançant un sourire moqueur au loup-garou. Là, le type qui me ressemble -en moins beau-, c'est mon frère, Rabastan. Le petit mignon à côté de lui c'est Serys Montague, fraîchement arrivé et très prometteur. Ces deux là sont amants, donc je te conseille de ne pas faire quoi que ce soit de louche, enfin, si tu tiens à rester en vie plus de deux jours.
Ce fût au tour de Serys de rire, en lui lançant un « enchanté ! » claironnant.
- Et le grand brun avec la petite barbiche ridicule, c'est l'oncle de Serys, Antonin Dolohov. Expert en sortilèges, si tu as des questions sur la magie pure, tu peux t'adresser à lui, c'est un expert...
- Je sais qui il est, le coupa Esaias.
Il observa un instant Dolohov, un air vague sur le visage.
- J'ai entendu dire que personne n'avait encore réussi à déceler la manière dont vous lancez votre sortilège fétiche, dit-il alors.
Antonin lui lança un sourire prudent avant de répondre.
- C'est exact.
- J'adorerai vous voir à l'œuvre, coupa-t-il à nouveau. Parce que moi, je sais que je réussirai à vous copier.
Son air à la fois détendu et sérieux les prirent au dépourvu. Mais ce moment de flottement ne dura pas bien longtemps. Esaias ne serait certainement pas le premier original qui déambulerait dans ces couloirs. Ils étaient tous plus ou moins spéciaux, il était inutile de le nier.
- Si vous vous sentez capable de cet exploit, alors étonnez moi Llewellyn, lui dit Dolohov en hochant la tête.
Il avait l'air à la fois perplexe et ravi. Un tel défi, ça ne se présentait pas tous les jours. Il était pressé de voir les capacités du nouveau venu. Pourquoi était-il si sûr de lui ? Était-ce un génie? Ou n'avait-il que de la gueule ? Si le Seigneur des Ténèbres s'était donné la peine de se pencher sur son cas, il devait tout de même avoir un minimum de potentiel...
Ils continuèrent à faire plus ou moins connaissance, parlant dans le hall, jusqu'à ce que Serys ne chuchote quelque chose à l'oreille de Rabastan et s'éloigne du groupe. Son départ ne sembla déranger personne mais Esaias, l'esprit étant incapable de se fixer sur une seule chose en particulier, le regarda partir d'un air distrait, se dirigeant vers des escaliers menant à l'étage du dessous. Ce n'était pas sa destination qui l'avait interpellé, mais la présence d'un autre Mangemort, caché dans l'ombre, tout près de là où il était passé. Dès que Serys s'était approché, il s'était collé contre un mur et l'avait observé, ou plutôt, l'avait dévoré des yeux. Lorsqu'il avait été hors de vue, il était sortit de sa cachette, un sourire malsain collé sur le visage. Cheveux auburn et yeux noirs pétillants.
Llewellyn entendit un grognement à côté de lui. Il provenait de Rabastan Lestrange. Lui aussi avait remarqué le regard de l'autre.
Rodolphus posa la main sur l'épaule de son frère.
- Qui était-ce ? Demanda Esaias.
Les deux frères se tournèrent vers lui. Rabastan allait ouvrir la bouche mais son frère le devança.
- C'est Joshua Shield, répondit-il. Il est ici depuis quelques temps déjà. Très doué, mais je ne peux pas le voir... C'est uniquement car il nous est utile que je ne lui ai pas déjà balancé de Sortilège Impardonnable.
- Pourquoi vous ne pouvez pas le voir ? Demanda innocemment le nouveau venu.
- Il est arrogant, répondit Rodolphus. Un peu trop, même. Et ce n'est pas la première fois qu'il reluque le petit. Je le vois... c'est déjà arrivé lorsqu'ils s'entraînent ensemble.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
La voix de Rabastan était emplie de colère, même si l'expression de son visage restait de marbre. Son aîné mit quelques secondes à répondre.
- Tu avais beaucoup de travail à faire pour le Maître. Je ne voulais pas t'ajouter de soucis supplémentaires.
Il y eu un silence, mais sa réponse parût satisfaire son frère. Il s'éloigna d'ailleurs à son tour, prenant le même chemin que son amant quelques minutes auparavant.
- Paraît qu'il a r'vu une de ses connaissances, dit Greyback en parlant de Shield. La semaine dernière. Il a butté un jeune, un des nôtres, pour pas qu'il parle. S'était fait attrapé par les Aurors.
- Comment a-t-il pu revoir une de ses connaissances ? Demanda Dolohov. Il n'y avait que des Aurors là bas, non ?
- Ouais, dit le loup-garou en souriant.
Ils s'attendaient à plus d'explications, mais le demi-homme ne sembla pas vouloir leur en dire davantage. Les hommes restants continuèrent alors leur conversation, sur un air léger, souvent décontenancé par les interventions de leur toute nouvelle recrue, un peu farfelues et hors contextes parfois, mais dans l'ensemble, il n'avait pas l'air de les déranger plus que ça. Maintenant, il fallait qu'ils se rendent compte de ses capacités au combat. Car après tout, c'était pour ça qu'il avait été recruté. Une dizaine de minutes plus tard, les deux amants revinrent, se tenant par la taille.
Esaias regarda tous les Mangemorts autour de lui. Certes, il avait dit connaître Dolohov en particulier, mais ça, c'était parce qu'il était celui qui l'intriguait le plus. En réalité, il les connaissait tous très bien. Il s'était documenté à leur sujet. Du moins, pour les plus âgés, Serys étant fraîchement sortit de Poudlard, il attendait de voir de quoi il était capable de ses propres yeux. Tous ces gens autour de lui... Lord Voldemort les avait choisi personnellement. Et ils savaient, que eux au moins, se rendaient compte du privilège qu'ils possédaient. Qu'ils étaient entièrement dévoués à la cause de leur Maître et Seigneur. Cela se voyait dans leurs yeux. Il avait des doutes concernant la dévotion de Greyback, mais après tout, aimant le sang et la chair, il devait très bien se retrouver dans les affaires du Maître de la Magie Noire.
Esaias se demanda un instant s'il pourrait avoir accès à la bibliothèque des Malefoy... Il avait des centaines de livres de Magie Noire, certes, mais il était sûr qu'une famille de ce prestige devait posséder de petits bijoux de connaissance...
Il allait se plaire ici, cela ne faisait aucun doute.
oOoOoOo
Il était si fatigué.
Il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il ne s'était pas reposé. Qu'on ne lui avait pas donné l'autorisation de se reposer. Qu'on ne lui laissait pas une seule seconde de répit. Qu'il fallait qu'il souffre, encore plus. Et pourtant, chose étrange... malgré son mal de tête, sa gorge douloureuse et ses muscles engourdis, il lui semblait qu'il y avait quelque chose de différent. Différent de ces derniers jours de torture mentale permanente, seul, ses pensées tournant en rond dans son esprit, l'assommant. De ces visites désagréables. De cette noirceur quasi-totale dans laquelle il avait été plongé. De cette froideur insupportable dans laquelle il était pourtant obligé de rester. De la dureté du sol, sur lequel il avait été contraint de s'allonger...
À présent, il lui semblait qu'il n'avait plus aussi froid. Son corps devait même avoir retrouvé une température normale. Derrière ses yeux clos, il lui semblait également que l'endroit où il se trouvait devait être bien plus lumineux que ce à quoi il avait été habitué ces derniers jours. Et dernièrement, il sentait bien qu'il n'était plus allongé sur le sol dur et humide des cachots. Son dos était collé tout contre quelque chose d'épais et de moelleux, sa tête reposant sur ce qui devait sans doute être un oreiller. L'espace d'un instant, il espéra qu'on l'avait retrouvé. Que quelqu'un était venu le sauver du calvaire dans lequel il était, et l'avait ramené avec lui à Poudlard. Car c'était la sensation qu'il avait en ce moment. Se retrouver allonger sur son matelas, parmi les coussins de son lit dans le dortoir des Gryffondor. Il essaya de plier ses doigts dans son demi-sommeil, mais il n'y parvint pas. Peut-être ne se trouvait-il plus dans le même endroit, mais il était toujours aussi faible. Il fronça les sourcils. Ca avait été une mauvaise idée. Il fut pris d'un mal de tête phénoménal, comme si une barre de fer chauffé à blanc lui transperçait le crâne. Il expira fortement par le nez et tenta de bouger à nouveau. Sa nuque le faisait souffrir également. Il sentait que tout son corps était courbaturé, lourd. Il stoppa toute tentative de mouvement pendant un moment. Il devait réussir à se détendre un peu, sinon, il ne réussirait pas à trouver la force de se mouvoir correctement.
Il ne bougea plus pendant, à son avis, une bonne dizaine de minutes. Il se força à se calmer, malgré la douleur qu'il ressentait. Il écouta attentivement les bruits autour de lui, afin d'essayer de savoir où il se trouvait. Mais il n'y avait aucun bruit, excepté celui d'un feu crépitant dans une cheminée. La pièce était totalement silencieuse et calme. Il n'entendait également aucun signe lui indiquant que quelqu'un se trouvait dans la pièce avec lui. C'était un soulagement. Cette fois-ci, il y a alla en douceur, ne souhaitant pas se retrouver au bord du malaise une seconde fois. Il réussit finalement à plier et à déplier ses doigts, lentement. Il inspira un grand coup et commença à soulever doucement ses paupières qui étaient restées closes jusque là. La lumière qui régnait dans la pièce était agréable. Rien ne devait l'éclairer en plus du feu de cheminée. Le plafond était fait de pierres brutes, c'était tout ce qu'il pouvait voir pour le moment. Il laissa ses yeux s'habituer à la clarté de la pièce, clignant des paupières à plusieurs reprises. Après encore un temps d'adaptation, sa tête posée sur un gros coussin, il la redressa légèrement, son regard tombant sur une énorme bibliothèque. Il laissa retomber son crâne lourdement dans l'oreiller, l'effort lui ayant apportée une douleur supplémentaire à la nuque. Il serra les dents. Il devait se trouver dans une sorte de salon.
Mais ça ne l'avançait pas plus que ça. Il ne savait toujours pas où il était exactement. Mais au fond... était-ce si important ? Car même s'il l'apprenait, il ne disposait d'aucun moyen pour prévenir ses amis. Et même si certains Mangemorts étaient clairement des crétins, aucun n'était tout de même assez bête pour lui permettre de communiquer avec l'extérieur. Ses lèvres se serrèrent. Il se sentait si impuissant que ça le rendait malade. Il déglutit en pensant à l'état d'urgence dans lequel devaient se trouver ses alliés en ce moment. Peut-être pensaient-ils déjà qu'il était mort ? Peut-être qu'ils avaient abandonné les recherches, se disant que puisque Lord Voldemort l'avait enfin capturé, il l'avait sans doute déjà exécuté ? En tout cas, c'est ce que lui aurait sans doute pensé à leur place. Peut-être que Voldemort lui-même était allé les voir pour se vanter de cette action qu'il n'avait, pour il ne savait quelle raison, toujours pas commise ?
L'esprit embrumé par toutes ces pensées négatives, Harry respira un peu plus fort, ce qui enclencha une crise de toux. Essayant alors de reprendre difficilement sa respiration, il se tourna sur le côté avec difficultés. Après plusieurs minutes passées la tête posée sur l'accoudoir du canapé sur lequel il était allongé, les yeux clos par la douleur, il reprit enfin une respiration normale. Il inspira profondément, se faisant mal aux côtes, et se décida à ouvrir de nouveau les yeux.
Son cœur rata alors un battement. Dans le fauteuil qui lui faisait face était assis un homme qu'il aurait préféré ne jamais revoir. Tom Montague le fixait de ses yeux noirs où dansait une légère lueur rougeâtre.
oOoOoOo
Alors qu'ils étaient enfin parvenus devant la pièce souhaitée, le garçon s'était évanoui dans ses bras. Il avait eu alors un sourire satisfait et l'avait porté jusque sur le canapé de l'un des petits salons privés du troisième étage. Ensuite, il avait allumé un feu d'un coup de baguette magique et avait changé son apparence, retrouvant les traits de l'homme séduisant qui avait su plaire à Harry Potter. Il s'était ensuite installé sur l'un des fauteuils faisant face au canapé, et avait attendu des heures durant, sans rien faire d'autre que de le regarder. Une étrange sérénité avait pris possession de son esprit. Pour la première fois depuis bien longtemps, tout se déroulait comme il l'avait prévu.
Les Aurors et les alliés de Dumbledore étaient incapables de faire quoi que ce soit d'utile afin de retrouver leur cher héros. Leurs recherches ne menaient à rien. Les espions qu'ils avaient envoyés avaient tous été débusqués et éliminés. Ils avaient Harry Potter à présent, c'était donc inutile de disposer de plus d'otages. Quant aux attaques des Mangemorts, elles se déroulaient toutes avec une telle fluidité qu'il en était lui-même étonné. Aucune anicroche. Aucun soucis. Aucun contre-temps. Les Lestrange réglaient tout d'une main de Maître et il n'avait rien de plus à faire que de donner les ordres de missions qu'il avait préalablement rédigés. Enfin, concernant ses troupes...
Depuis quelques temps déjà, il était occupé, en dehors de la personne de Harry Potter, dans des recherches complexes. Il devait absolument trouver une toute autre personne, qui allait lui être plus qu'utile pour l'accomplissement de son plan.
La tête du jeune homme bougea lentement sur le coussin, ce qui interrompit le fil de ses pensées. Harry tourna la tête à droite et à gauche, fronçant les sourcils. Un léger sourire fleurit sur les lèvres du Seigneur des Ténèbres. Enfin, il se réveillait. Il allait pouvoir passer un très agréable moment. Le garçon arrêta tout mouvement, puis retenta quelques minutes plus tard. Il finit enfin par ouvrir les yeux. Ses yeux, d'un vert qu'il n'avait jamais vu auparavant, à part dans les prunelles de sa défunte mère. Ces yeux... où se reflétaient si facilement toutes ses émotions, avec une intensité telle qu'elle le fascinait à chaque fois qu'il y plongeait son regard. Le jeune Potter bougea lentement ses doigts, observant doucement le plafond, tentant de tourner la tête pour essayer, sans doute, de comprendre où il se trouvait. Puis, enfin, après une crise de toux interminable, il tourna la tête vers lui. Ses yeux s'écarquillèrent alors et il se redressa brutalement, sans cesser de le regarder.
Voldemort vit alors les sourcils du garçon se froncer tout aussi brutalement, et il vacilla, baissant rapidement la tête, se maintenant en s'appuyant sur l'une de ses mains, l'autre soutenant son crâne. Faire autant d'effort en ayant si peu de force n'était clairement pas une bonne idée. À travers ses doigts légèrement écartés, le jeune homme le fixait avec hargne, le souffle court. Ils se regardèrent un moment, sans dire mot. Le Seigneur des Ténèbres savait bien qu'il ne courait aucun risque. Son prisonnier était faible, sans baguette et personne ne viendrait les interrompre. Et le Gryffondor devait savoir également qu'il n'avait aucune chance de s'en sortir indemne s'il faisait quoi que ce soit d'irréfléchi. Voldemort se redressa alors à son tour, fouillant dans les plis de sa robe d'une main, tout en ne le quittant pas un instant du regard. Puis, de l'une de ses poches, il sortit une petite fiole, emplie d'un liquide rougeâtre. Il la déboucha d'un air absent et la tendit en direction de Harry, d'un geste lent. Les yeux de Harry firent des allers-retour entre la fiole et son visage, l'air méfiant.
- Bois ça, dit Tom d'une voix neutre.
- Jamais... murmura alors Harry.
Un rictus apparu alors sur les lèvres du Seigneur des Ténèbres. Le lion ne rangeait jamais complètement les griffes.
- Ce n'est pas du poison, répondit-il d'un ton amusé. Allons Harry, tu sais ce que c'est, je t'en ai déjà donné auparavant, tu ne te souviens pas ?
Cette fois-ci Harry fixa la fiole plus attentivement, mais ne bougea pas d'un millimètre pour autant. Rien ne montrait qu'il comptait ne serait-ce qu'esquisser le moindre geste.
- Lorsque je t'ai « sauvé » de Pré-Au-Lard, tu te souviens ? Dit Tom en souriant doucement. Pour que ta migraine passe.
- Pourquoi me donnerais-tu ça ? Dit finalement Harry.
Le Seigneur des Ténèbres jubila intérieurement. Il avait remarqué qu'en fonction de la forme sous laquelle il se présentait, le jeune homme le tutoyait ou le vouvoyait.
- J'ai besoin que ton esprit soit des plus clairs, c'est tout ce que j'ai à dire.
Le Maître des lieux avait parlé d'une voix calme et posée. Et bien qu'il ne pensa pas que ce facteur influe sur le comportement du plus jeune, il s'avéra que c'était quand même le cas. Harry cligna plusieurs fois des paupières avant de prudemment lever sa main libre et de saisir la fiole, tout en prenant soin à ne pas toucher la main de Voldemort. Il renifla rapidement le contenu avant de l'avaler sous le regard légèrement rouge de son interlocuteur. Il baissa alors les yeux un instant, avant de rapidement secouer la tête. Et oui, parfois il lui arrivait de dire la vérité. La tête maintenant sans aucun doute plus légère, le garçon s'assit correctement sur le canapé, à bonne distance de lui tout de même, le regard toujours méfiant. Il était plus que satisfait de la situation et s'empêcha de sourire plus largement. Il y eut un silence qui dura un moment, mais qui ne s'éternisa pas.
- Pourquoi aurais-je besoin d'avoir l'esprit plus clair ? Demanda finalement Harry, d'une voix dure mais rendue fluide par la potion.
Le garçon fût lui-même étonné de la clarté de sa voix, mais repris bien vite une expression fermée. Le Seigneur des Ténèbres avait attendu cette question.
- Parce que j'ai besoin que tu coopères.
oOoOoOo
Qu'il coopère ?!
Harry eut l'air plus outré que jamais. Mais bien qu'il n'ait plus mal à la tête et que sa voix ait retrouvé une sonorité normale, il n'avait pas retrouvé ses forces. Le Seigneur des Ténèbres n'était tout de même pas aussi stupide. Le corps tremblant et les muscles engourdis, il jeta un regard brûlant de colère à l'apparence de celui qu'il avait appris à tant aimer. Et c'était ça le plus difficile. Évidemment, le Mage Noir le faisait exprès... de se présenter comme cela devant lui. Même si Harry savait très bien que Tom et Voldemort était une seule une même personne, sans distinction de personnalité ou quoi que ce soit... voir le visage de Tom était pour lui comme un retour en arrière de la période où il pensait qu'il n'avait rien à craindre, qu'il était en sécurité et aimé. Tout ça le dégoûtait et lui serrait le coeur.
- Que je coopère ? Cracha-t-il.
Le visage de Tom eut une expression amusée. Bien entendu, il ne s'était pas attendu à obtenir une réponse positive. Mais le fait que tout ça l'amuse... évidemment, c'était bien de Lord Voldemort qu'il s'agissait. Mais voir... le caractère, les attitudes de Voldemort dans le corps de « Tom »... Il ne s'y était clairement pas habitué. Le Sorcier en face de lui s'adossa un peu plus dans son fauteuil, les bras posés sur les accoudoirs, ne le quittant toujours pas des yeux.
- Du moins, ce serait beaucoup moins compliqué si tu le faisais, dit-il d'une voix mielleuse.
- Jamais je ne t'aiderai pour quoi que ce soit ! Répliqua alors Harry violemment.
Le sourire de Lord Voldemort se fana sur le visage angélique. La lueur rouge de ses yeux s'accentua et Harry déglutit. Tout ça n'annonçait rien de bon. Le Lord se leva alors, et lui tourna le dos. Il s'avança un peu plus loin dans la pièce, à côté d'une bibliothèque. Il leva alors sa main, où il tenait sa baguette, et d'un geste du poignet, fit s'écarter plusieurs étagères, laissant alors apercevoir un petit renfoncement dans le mur. D'un autre geste léger, une bassine de pierre recouverte de runes s'éleva du renfoncement et flotta au dessus du sol jusqu'à s'arrêter devant Tom. C'était une Pensine. Après avoir exécuté un autre geste de la main, le feu qui crépitait dans la cheminée s'amoindrit, plongeant presque la pièce dans le noir. À présent, on voyait un peu mieux la légère lueur bleutée qui émanait de la Pensine. Mais elle fit froid dans le dos de Harry. Cette lueur éclairait par le bas le visage de Tom, donnant à ses joues un air un peu plus creusé et à sa peau une teinte encore plus pâle. Malgré cela, ses longs cils surplombant ses yeux et son regard sombre le firent frissonner. L'ambiance était devenue encore plus inquiétante. Et il n'aimait pas ça du tout.
- Viens par là.
Sa voix suave combinée à l'intonation donnée par l'ordre lui donnèrent l'impression qu'une pierre s'était coincée dans sa gorge. Ce type était sans aucun doute un dirigeant hors pair. On ne pouvait répondre à un ton comme celui-là. Mais ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de lui obéir... Puis Harry repensa à ce qui s'était passé un peu plus tôt. Dans les cachots... Quand il l'avait torturé, humilié... et même d'abord, devant tous ses Mangemorts quand il l'avait capturé... Comment pouvait-il changer d'attitude aussi rapidement ? Les poings serrés, Harry ne bougea pas. Et pendant une fraction de seconde, si brève qu'il se demanda s'il n'avait pas rêvé, les traits de Tom se durcirent d'une telle façon qu'il cru qu'il allait le tuer sur place, sans hésiter. Puis son visage redevint le même, séduisant et inquiétant à la fois. Il soupira, et sans un sourire, il leva sa main d'un geste las et claqua des doigts. Harry sentit alors ses jambes se détendre d'un coup, comme s'il était monté sur ressorts. En une seconde, il avait été forcé de se mettre debout, sans même que Tom n'utilise sa baguette magique. Surpris, Harry le regarda. Tom avait gardé le même air froid. Et malgré toute la volonté qu'il avait de ne pas lui obéir, son regard de glace lui fit penser qu'il ne valait mieux pas trop le provoquer. En temps normal, il n'aurait peut-être pas changé d'avis aussi rapidement, voire pas du tout, mais là, il était bien trop faible, et surtout désarmé, pour résister. S'il recevait un autre sortilège impardonnable, il ne pourrait peut-être pas se relever, surtout lorsque c'était Lord Voldemort qui en était l'émetteur.
Harry avança avec prudence vers le Seigneur des Ténèbres, avec l'impression que ses jambes étaient aussi fragiles et molles que des morceaux de coton. Il contourna la fauteuil, s'empêchant de s'y appuyer pour avoir plus d'équilibre, et s'approcha de plus en plus de la lueur bleutée. Il s'arrêta à quelques pas de la Pensine, et regarda Voldemort dans les yeux par-dessus elle. Celui-ci fronça les sourcils.
- Plus près, dit-il d'un air sombre.
Harry serra les poings. Il n'avait aucune envie de s'approcher davantage. Mais l'air agacé que Voldemort arborait si souvent quand il revêtait sa véritable apparence le fit frissonner, et il avança finalement. Le visage presque au dessus de la Pensine, il attendit. Puis Voldemort prit sa baguette et la leva jusqu'à ce que le bout touche sa tempe. Il recula sa baguette et un mince filet argenté sortit de sa tête. Voldemort le déposa sur la surface plane de la Pensine, et il s'anima. Il passa lentement sa main sur le dessus du souvenir qui flottait maintenant à la surface et regarda de nouveau le Survivant.
- Après toi.
Le jeune sorcier inspira fortement et serra les mâchoires. Il leva lentement ses mains et s'agrippa aux rebords de l'objet magique. Il jeta un dernier coup d'œil vers son ennemi, et il ne vit plus que la lueur rouge brillant dans ses prunelles avant de pencher la tête en avant et plonger dans le souvenir.
Il atterrit doucement dans un flou sombre. La silhouette de Tom apparut à côté de lui dans la brume. Le souvenir se composait doucement, les brumes noires et grises prenant peu à peu de la couleur, se solidifiant, prenant forme. Puis Harry eut un hoquet lorsqu'il reconnut le lieu. Ce n'était pas seulement un souvenir de Tom. Ce souvenir... C'était également le sien.
oOoOoOo
Avec satisfaction, au fur et à mesure que la scène se dessinait sous leurs yeux, le Seigneur des Ténèbres vit le visage de son prisonnier se décomposer. Quoi de mieux que de raviver un souvenir agréable pour l'un et douloureux pour l'autre, en le reconstituant sous ses yeux ? Rien, bien évidemment.
Sous leur regard attentif, les volutes de fumée s'étaient doucement transformées en un décor bien connu. Il s'agissait de la chambre de Voldemort au Manoir Malefoy. Il y avait deux raisons pour lesquelles il avait décider de lui montrer ce souvenir en particulier. L'une d'elle était de le faire souffrir, une nouvelle fois, de lui montrer à quel point il avait été naïf... de lui montrer à quel point il s'était trompé sur son compte... de comment il s'était abandonné à lui. La deuxième raison quant à elle, était purement pratique, et requérait toute la « coopération » du jeune homme pour ce qu'il avait préparer depuis plusieurs mois déjà...
- Non...
La plainte du jeune homme n'avait été qu'un murmure, et il ne devait même pas s'être aperçu de l'avoir dite à voix haute.
À présent, la scène était entièrement dessinée. Harry était assis, dos aux oreillers, sur le lit double. Lui-même était assis sur le rebord du matelas, en face de lui, et lui tenait doucement la main. Il se souvenait de tous ces mots qu'ils s'étaient dits, de tout ce qui s'était passé cette soirée là, cette nuit là.. et il ne l'oublierai jamais. Rien ne pourrait jamais lui faire oublier cette fois là, où il avait pris la chose la plus précieuse que le grand Harry Potter ait jamais eu. Lord Voldemort jeta un coup d'œil à Harry, qui se tenait un peu en retrait, les yeux brillants et la lèvre tremblante, fixant la scène avec une peur non dissimulée. Il sourit alors et s'approcha de lui. Le jeune homme le vit et fit vivement un pas de côté.
- Pourquoi sembles-tu avoir si peur ? Demanda le Mage Noir tout en s'avança davantage.
Il n'attendit pas de réponse et saisit le bras du jeune homme, l'empêchant de bouger.
- Tu sais pourtant très bien ce qui va se passer n'est-ce pas ? Lui dit-il en le fixant. Je doute que tu ais oublié une chose aussi... importante et agréable, ai-je tort ?
Harry tenta de se dégager en bougeant la tête de gauche à droite.
- Lâche moi ! Cria-t-il.
- Non.
Sa réponse avait été ferme et claquante. Si bien que le Gryffondor le regarda, les yeux écarquillés, s'arrêtant soudainement de gigoter. Puis les paroles de leur souvenir parvinrent à leurs oreilles.
- Et au fait Harry, as-tu travaillé la magie sans baguette ?
Les deux spectateurs tournèrent alors la tête vers la scène d'un même mouvement, le Seigneur des Ténèbres, tenant toujours fermement le bras du plus jeune. Ils entendirent la réponse de l'autre Harry et le rire de l'autre Tom.
- Tu me montres ce que tu sais faire ?
Lord Voldemort se plaça alors dans le dos de Harry, le maintenant toujours proche de lui.
- Regarde ça attentivement, veux-tu ? Lui murmura-t-il chaudement dans le creux de l'oreille. J'ai besoin que tu retiennes cette partie-ci tout particulièrement...
Le jeune homme eut un souffle tremblant en guise de réponse.
Ils virent le Harry du souvenir se décaler pour s'asseoir en tailleur au centre du lit, en face de Tom qui s'installa dans la même position. Les paumes tournées vers le haut, cet Harry là ferma les yeux. Un silence s'installa durant plusieurs minutes, où le seul changement était le rythme respiratoire de l'autre Harry, s'apaisant doucement et se faisant plus régulier. Puis finalement, un hoquet étonné sortit de la bouche de son Tom et ses yeux noirs s'écarquillèrent en fixant le Gryffondor.
Tout en regardant la scène d'un point de vue extérieure, Lord Voldemort observait avec attention les réactions du garçon qu'il retenait. À présent, lui aussi pouvait voir ce que son corps avait fait cette fois-là. Cette lueur dorée qui s'était emparée de son être avant de se répandre spécifiquement jusqu'à ses mains tendues vers le haut. Quelques secondes plus tard, de petites boules lumineuses sortirent alors du bout de ses doigts et flottèrent au dessus de ceux-ci. Le Tom du souvenir leva alors sa main, l'air fasciné, et toucha l'une de ces sphères lumineuses du doigt. Celle-ci entra alors en lui, comme si les deux magies de chacun étaient connectées.
Le Lord se souvint que lorsque la lueur chaude du jeune Potter était entrée en lui à ce moment là, elle s'était transformée... Sa magie s'était adaptée à sa propre magie en devenant glacée à son contact.
- Tom… Ce qu'il s'est passé… Est-ce que c'est normal ?
- Je ne sais pas si c'est normal. Mais en tout cas, lorsque j'ai commencé à apprendre la magie sans baguette… Il s'était passé exactement la même chose que toi.
- Vraiment ? Comment est-ce possible ?
- Aucune idée… Cependant… Il y avait quand même une petite différence… Tes « lueurs » sont dorées, et les miennes étaient argentées.
- Tu crois que c'est dû aux couleurs de nos maisons ?
Le Tom du souvenir sourit doucement.
- Ça aurait pu être le cas en effet, étant donné que mes couleurs étaient vert et argent, et que les tiennes sont rouge et or. Mais je ne sais pas vraiment à quoi c'est dû…
- Tu crois que tu pourrais le refaire ?
Il y eut un petit silence.
- Je suppose, oui. Mais je n'en suis pas certain. Il n'est pas facile pour quelqu'un d'expérimenté de refaire les bases.
En silence, le Tom du souvenir planta alors son regard dans celui de son homologue, inspira profondément, laissant son corps, puis plus précisément ses mains, se recouvrir d'une lueur argentée qui semblait émaner directement de lui-même. Puis de petites lueurs argentées sortirent du bout de ses doigts, flottant doucement.
- Tom... c'est incroyable... Tu... C'est comme moi !
- Oui, quasiment... Je suis aussi étonné que toi... Jamais je n'avais vu quelqu'un avoir les mêmes résultats que les miens...
- Vraiment ? Alors, comment ça se fait que... Ma magie réagisse de la même manière que la tienne...
- Alors ça Harry, je n'en ai aucune idée...
Voldemort approcha ses lèvres de l'oreille d'Harry.
- Tu entends bien ce que je t'ai dit à ce moment-là ? Chuchota-t-il, en référence au souvenir.
Ses paroles soudaines le firent sursauter. Il n'attendait pas réellement de réponse. Il savait très bien que le Survivant l'avait entendu, et c'était tout ce dont il avait besoin pour le moment.
- Regarde bien à présent.
Le Tom du souvenir avança doucement ses mains vers celles du jeune homme. Les petites lueurs flottantes se rencontrèrent avant que leurs mains ne se touchent. Le regard des deux hommes se détachèrent de celui de l'autre et regardèrent le résultat. La lueur dorée, et celle argentée fusionnèrent doucement, donnant une lueur de couleur blanche. Puis, l'autre Harry prit l'initiative d'avancer un peu plus sa main et son Tom fit de même. Un de leur doigt toucha la lueur en même temps, celle-ci se sépara alors en deux, et chaque moitié revint dans la main de l'autre.
- Tom... Crois-tu que l'on ait fait un échange de magie ?
- C'est fort possible. Mais normalement... Les magies ne fusionnent pas entre elles. Pas comme les nôtres.
- Est-ce que tu sais si c'est normal ?
- Je ne pense pas que ce soit quelque chose qu'on pourrait qualifier de « normal ». Cependant, je ne pense pas que ce soit quelque chose de dangereux. Ne t'en fait pas.
Le Tom du souvenir ne s'arrêta pas là. Il avança de nouveau sa main vers celle du Gryffondor. Il continua encore. De plus en plus près. Leur peau se touchant presque... Puis l'un des doigts de Tom frôla celui de l'autre, un frisson les parcouru. Le plus jeune leva les yeux vers le plus âgé et l'autre l'imita. Quelques secondes passèrent, puis les paroles de Tom résonnèrent à leurs oreilles.
- Fais-moi confiance Harry.
Les deux spectateurs frissonnèrent alors en voyant les mains de leur double du souvenir se toucher. Mais pas pour la même raison. Certes, tous les deux savaient très bien ce qui allait se passer. Le Seigneur des Ténèbres avait été tellement ravi de ce retournement de situation... Et il était sûr, que sur le moment, le garçon avait pensé exactement la même chose que lui. Cependant, à présent, il était certain que son ressenti avait changé. Et la réaction du jeune homme près de lui lui confirma ce qu'il pensait. Au moment-même où les lueurs disparurent et que les deux hommes se jetèrent l'un sur l'autre dans un baiser passionné, Harry détourna ses yeux de la scène, fermant brusquement les paupières. Le Seigneur des Ténèbres ne put s'empêcher de ricaner silencieusement. Sous leurs yeux, leur doubles se dévoraient sauvagement les lèvres, et les mains du plus âgés passèrent sous le pull du jeune homme allongé sous lui.
- Tu ne regardes pas ? Chuchota-t-il en entourant le corps d'Harry d'un de ses bras.
Le jeune homme ne répondit pas et baissa davantage la tête sur le côté.
Le Harry du souvenir laissa échapper un gémissement sonore, qui fit trembler de panique le jeune homme devant lui.
- Tu devrais pourtant... continua-t-il. Je suis en train d'enlever ma chemise... Tu avais eu l'air d'apprécier la vue la première fois.
- Stop...
Sa plainte n'avait pas été plus sonore qu'un soupir, et Voldemort l'ignora. À présent, les deux hommes du souvenir étaient torse nus, étalés l'un contre l'autre, se caressant allègrement. Le Seigneur des Ténèbres eut un sourire et passa sa main libre sur la joue de sa victime, la caressant à son tour, s'imprégnant de ce qu'il avait sous les yeux. Ce merveilleux souvenir. L'un des meilleurs de toute sa vie. Le Gryffondor trembla davantage, tentant tant bien que mal de se décaler afin qu'il ne l'atteigne plus. En vain.
- Tu devrais écouter ce que tu t'apprêtes à dire Harry... dit-il d'une voix suave au creux de son oreille.
Les baisers passionnés s'étaient interrompus. Le plus âgé, une main sur l'entrejambe de l'autre, le regardait avec insistance.
- Jusqu'où tu veux aller Harry ?
- Avec toi... Jusqu'au bout.
Un sanglot naquit dans la gorge du jeune homme et n'échappa pas à Voldemort, qui resserra encore son étreinte, collant son bassin contre le dos de son prisonnier.
- Est-ce que ce sera la première fois ?
- Arrête ça... Je... Arrête...
La voix brisée de Harry parvint à ses oreilles, et il l'agrippa fermement, mais pas violemment par les cheveux pour l'empêcher de bouger. Le jeune homme du souvenir hocha la tête.
- Alors je te promets que je ferais en sorte que cette première fois soit inoubliable.
La voix légèrement brumeuse du souvenir arracha un nouveau hoquet à Harry.
- Ouvre les yeux, ordonna le Seigneur des Ténèbres d'une voix caverneuse.
Vaine tentative de la part du Survivant de lui résister. Pour qui se prenait-il ? Il savait très bien qu'il ne pouvait pas se permettre de se refuser à lui, n'est-ce pas ? Et bien que de nombreuses fois, il avait été témoin que Gryffondor était souvent synonyme de stupidité, il espérait que cette fois-ci, cette caractéristique de la Maison rouge et or ne vienne pas empiéter sur son instinct de survie et sur sa raison. Il lui fallut encore un peu de patience ainsi que resserrer sa prise sur les cheveux du jeune homme pour qu'il daigne ouvrir les yeux. Le souvenir montrait à présent un Harry les bras accrochés derrière la nuque de Tom, celui-ci défaisant la boucle de ceinture du plus jeune. Puis un moment de silence. Puis les paroles qui firent encore plus de mal.
- Quelque chose ne va pas Harry ?
- Non...
Harry de débattit à nouveau dans son étreinte, se fichant de la main et du bras qui le maintenaient fermement.
- Je voudrais que... Même si je trouve ça vraiment gênant... je voudrais que...
- Je t'en prie, finis ta phrase...
- Je voudrais que tu me regardes dans les yeux... pendant.
- Est-ce vraiment ce que tu veux ?
- Oui, c'est ce que je veux.
- Alors, sache que ça ne me pose aucun problème, et que j'aurai grand plaisir à le faire... Ne sois gêné de rien Harry. Tu n'as pas à avoir honte de quoi que ce soit avec moi. Surtout dans ce genre de situation.
- Arrête ça ! Cria-t-il, les yeux débordant de larmes, se débattant brusquement.
Les détournant du souvenir, le Lord lâcha le garçon et le gifla si fort qu'il vacilla dangereusement, manquant de tomber sur sol. Le souffle court, le garçon posa sa main sur sa joue douloureuse, lui jetant un regard haineux, les yeux brillants. Comment osait-il... Tout chez ce gosse le mettait dans des états impossibles... et à cet instant, alors qu'il avait été absolument ravi, il était entré dans une colère noire. Pour qui se prenait-il ? Il n'avait rien à exiger de lui ! Absolument rien ! IL était le maître ici ! Il faisait ce que bon lui semblait, passait son temps de la manière qui lui plaisait, s'amusait avec qui il voulait et ne laisserait personne lui enlever le plaisir qu'il ressentait depuis de nombreuses semaines maintenant, à torturer la personne qu'il détestait le plus au monde, celle qui lui avait gâché la vie.
- Comment oses-tu ? Dit-il d'une voix orageuse.
Le garçon trembla et recula d'un pas, alors que lui s'avançait, menaçant. Le dos du jeune homme heurta le mur derrière lui, et paniqué, il le regarda d'un air qui semblait presque suppliant.
- N'approche pas... murmura-t-il.
- Tu n'as pas d'ordre à me donner, cracha Voldemort en plaquant ses mains de chaque côté de la tête du jeune homme, contre le mur.
Il décolla l'une de ses mains du mur, et prit fermement son cou entre ses doigts, serrant suffisamment pour qu'il relève la tête et le regarde dans les yeux.
- Tu m'appartiens. Mets-toi ça dans la tête, continua-t-il sur le même ton. Contente-toi de faire ce que je te dis.
Le garçon gémit sous ses doigts, le son étranglé se mêlant à ceux devenus torrides de leur souvenir commun. Le jeune homme tenta de se débattre en vain, les larmes coulant doucement sur ses joues, ses yeux verts ne le quittant pas une seule seconde. Se pourrait-il que... malgré tout ce qu'il lui faisait subir, tout ce qu'il lui avait fait... le garçon n'ait pas réussi à mettre au placard tous ses sentiments ? Lord Voldemort s'approcha encore plus près, serrant ses doigts de façon à ce que le garçon lève la tête un peu plus haut. Il le surplomba de sa hauteur, collant son torse et son bassin au sien, plantant son regard sombre dans les émeraudes de son prisonnier. Les gémissements émanant du souvenir, de plus en plus obscènes, leur parvenait avec une clarté affolante.
- Tom... fais-le... je t'en prie... tout ce que tu me fais... c'est trop.. ahhn...
Maintenant très proche de lui, il sentit son coeur s'arrêter un instant et vit ses yeux se fermer brusquement. Puis il vit qu'il ouvrait la bouche, tentant de dire quelque chose. Il décala alors sa main, maintenant à présent sa tête en passant sa main à l'arrière de son crâne.
- Je t'en prie... Fais-moi sortir de là... je ne peux pas... supp...
Il fit cesser les plaintes du plus jeune en l'embrassant violemment. La première fois depuis des semaines. Ses lèvres, leur douceur, sa chaleur... ah... Tout ça... Ca lui faisait mal de se l'avouer, mais ça lui avait manqué d'une certaine façon. Toutes ces manières diverses qu'il avait eu de le blesser... et d'y prendre encore plus plaisir... Puis le garçon le mordit et il se recula, amusé. Comme s'il était capable de lui faire mal... Le jeune homme, essoufflé, le regarda avec un mélange de haine et d'autre chose, qu'il n'arriva pas à distinguer.
- Ca ne t'a pas suffi ? Dit le plus jeune avec une colère telle, qu'elle brisa sa voix.
Comprenant l'allusion à tout ce qu'il avait fait dans son ensemble, Lord Voldemort reprit son rôle, qu'il avait tant adoré jouer. Il lui sourit tendrement, et fit descendre ses lèvres jusque dans son cou, les faisant glisser lentement contre sa peau, légèrement, le frôlant à peine, savourant les frissons qu'il provoquait. Il n'avait donc pas eu tort. Son corps réagissait encore au sien, et ce de la plus délicieuse des façons. Il tira un peu plus la tête du Gryffondor vers l'arrière, lui laissant un champ d'action plus large, et lécha la peau dorée du bout de la langue. L'une des mains du jeune homme agrippa son bras, et tenta de le repousser. Le Seigneur des Ténèbres l'ignora et remonta sa bouche jusqu'à sa joue, qu'il parsema de léger baisers. Il remarqua alors que le jeune homme avait de nouveau fermé les yeux et était pris de tremblements. Puis il se rendit compte de ce qu'avait été « l'autre chose » qu'il avait vu dans le regard d'Harry. C'était du désir. Il eut un rire amusé, qui fit sursauter le jeune homme, et celui-ci ouvrit doucement les paupières, apeuré. L'air interrogatif et craintif, il le regarda, suppliant. Puis la voix suave du souvenir résonna à leurs oreilles.
- Prêt ?
Et Voldemort sourit en entendant dans les secondes qui suivirent les cris d'extase du jeune Harry et les bruits des chairs claquant l'une contre l'autre. Il ramena alors le Gryffondor tout contre lui et le fit avancer si près du matelas qu'ils étaient à deux doigts d'y tomber à leur tour. Collé contre son dos, caressant ses côtes, le Seigneur des Ténèbres lui maintint le visage droit en le tenant par le menton.
- Regarde-toi Harry... lui murmura-t-il sensuellement. Regarde-toi. Tu vois ton visage ? Ton expression ?
Tout en parlant, il avait passé ses mains sous le haut de Harry, caressant son corps à même la peau, remarquant qu'il pouvait sentir davantage ses côtes à présent... Le garçon trembla en sentant ses doigts glisser tout contre lui, rejetant sa tête sur le côté, essayant faiblement de se soustraire à son toucher, faisant tout son possible pour ne pas regarder la scène qui se déroulait juste à quelques centimètres de lui. Mais c'était peine perdue. L'odeur de transpiration et de sexe était bien présente bien qu'il s'agisse d'un souvenir, les bruits obscènes qu'ils produisaient et le mouvement du matelas contre ses genoux devaient être bien problématiques pour lui. Mais c'était une situation exquise pour le Maître des lieux. Voir le Survivant perdre pied était réellement devenu une drogue pour lui. Dans tous les sens du terme... il adorait provoquer toutes sortes de choses chez lui. Car il savait bien qu'au final, elles allaient le détruire, même s'il les avait appréciées à un moment précis.
Le Lord remonta ses mains plus haut sur son torse, attrapant l'un de ses tétons avec douceur. Son souffle courant sur la nuque d'Harry, il continua son monologue.
- Regarde-toi Harry. Le plus heureux moment de ta vie... Tu peux lire le plaisir sur ton visage ? Le plaisir que je t'ai donné à ce moment-là ?
Le jeune homme tenta une nouvelle fois de se soustraire à son emprise, mais ne parvint pas à bouger ne serait-ce d'un millimètre. Tout ce qu'il pouvait faire était de fermer les yeux... Mais même cela, il n'y parvenait plus. Sa voix l'envoûtait, et il ne pouvait rien faire d'autre que de l'écouter. Inconsciemment, sa tête se posa sur l'épaule de Tom, écoutant sa voix lui susurrant toutes sortes de choses à l'oreille, touchant son corps, l'ensorcelant de plus en plus.
- Te souviens-tu de la sensation que tu as ressentie à ce moment précis ? Murmura-t-il en descendant son autre main au niveau de son nombril.
Il sentit le corps du Gryffondor se tendre contre lui. Il sourit. Bien sûr qu'il s'en rappelait. Il caressa plus fermement le bout de chair rosé entre ses doigts, arrachant un soupir au plus jeune. Celui-ci sembla s'en rendre compte et se crispa. Mais le Lord n'en avait rien à faire. De son autre main, il défit l'ouverture du pantalon du jeune homme à la va-vite et plongea sa main dans son sous-vêtement. Harry eut un cri de surprise et agrippa le poignet de l'homme avec ses deux mains, tentant de s'en débarrasser. Le Seigneur des Ténèbres rit intérieurement, amusé par toute la pseudo-volonté du jeune Potter. Tout ça était inutile ? S'en rendrait-il compte ? Il attrapa son membre et commença à bouger son poignet dans un va et vient lascif, faisant courber le dos de sa victime haletante. La situation était réellement des plus plaisantes...
Mais elle eut une fin prématurée.
D'un coup, d'un seul, ils furent propulsés à l'extérieur du souvenir. Mais Lord Voldemort savait très bien pour quelle raison. Dès qu'ils se retrouvèrent sur le sol du salon privé du Manoir Malefoy, Le Seigneur des Ténèbres jeta Harry sur le sol, fit retrouver sa vigueur au feu de cheminée, renvoya la Pensine à sa place d'origine, et reprit son apparence cadavérique. Des petits coups furent de nouveau frappés contre la porte en bois, et Voldemort l'ouvrit d'un coup de baguette, laissant entrer le visiteur. Celui-ci était vêtu, à l'instar de tout ses fidèles, d'une longue cape noire, un capuchon abaissé sur son crâne. Le Mangemort posa un genoux à terre et baissa la tête en signe de salutation et attendit l'approbation de son Maître avant de parler.
- Maître, navré de vous déranger pendant vos occupations, mais vous m'avez dit de venir immédiatement dès que je saurais quoi que ce soit au sujet de la Sorcière, dit le Mangemort d'un ton pressé et essoufflé.
- Parle dans ce cas, répondit Voldemort, l'air alerte.
Le Mangemort fit une pause, et releva prudemment le visage, le regardant avec un air ravi.
- Je l'ai trouvée Maître. Je sais où elle se cache.
Une vague de satisfaction traversa son corps et il ne retint pas un sourire de marquer son visage.
- Tu seras récompensé pour cela. Et Llewellyn ? Qu'en est-il de lui ?
- Il est arrivé avec Greyback ce matin, Monseigneur.
- Parfait. À présent sors d'ici et attends-moi dans le Hall, nous partons immédiatement, ordonna Voldemort.
Le jeune Mangemort sortit du salon après une rapide révérence et claqua la porte derrière lui.
Enfin ! Ce pourquoi il avait travaillé durant tant de temps allait enfin voir le jour !
Lord Voldemort fit volte-face, et s'avança vers le jeune homme qui était resté sur le sol, là où il l'avait laissé, le visage livide et la respiration saccadée. Il le regarda de haut et sortit sa baguette, la pointant vers son corps recroquevillé sur le sol.
- Je dois partir pour l'instant, dit-il. Navré que notre petite séance ait été avortée. Tu vas resté tranquille jusqu'à mon retour. J'espère que c'est comprit.
En une seconde, il fit transplaner le Garçon dans ses appartements d'un coup de baguette magique, là où l'attendait Nagini, puis sortit à son tour de la pièce.
Tout allait s'accélérer à présent.
À suivre...
Merci de m'avoir lue ! Review ?
* Pour ceux/celles ayant été perdues, les paroles en italiques sont celles issues du souvenir !
