Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre.
Teaser Partie 2 : La paix pour laquelle ils s'étaient tant battus et avaient tant sacrifié ressemblait étrangement à la guerre, et au bout de onze longues années de conflit, même les plus braves étaient arrivés au bout de leur courage. Pour sa part, Remus n'était pas bien sûr de comprendre pour quelles raisons son cœur continuait de battre dans sa poitrine.
- Et maintenant ? demanda-t-il dans un soupir.
Dumbledore se laissa tomber sur sa chaise.
- Je ne sais pas, Remus. Je ne sais plus.
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RaR :
Lola : Hey ! Merci beaucoup pour ta review ! Ah, bah tu sais les Black, toujours un sen théâtrale qui leur va particulièrement bien, mais qui ne se révèle pas très très pratique dans la vie de tous les jours. Merci pour le passage avec James et Lily. Il a pas été facile à écrire (je veux dire, mes bébés chéris ;() et je suis contente s'il passe bien quand même ^^
Maellyn n'a pas vraiment beaucoup plus de chances que son père, je l'avoue. Sirius n'est pas encore à Azkaban, tout espoir n'est pas perdu ^^ (et c'est clair qu'il ne veut pas d'une éducation à la Mangemort pour sa chère petite). Encore merci pour ta fidélité à tout épreuve ! A très vite !
A/N : Bonjour à toutes et à tous ! Merci à lune patronus, mimi70, Sundae Vaille, Lola et Eve et Zod'a (x4) pour leurs reviews ! J'ai été super gâtée, ça fait trop plaisir !
Bon, comment va la vie de votre existence ?
Moi, ça va plutôt pas mal. Je n'ai officiellement plus de cours, mais comme je prends part au grand tintouin du bac, c'est correction de copies et oraux de rattrapages à l'horizon. Et si jamais vous vous demandiez à quel point c'était cool d'être dans les coulisses, bah je dois tout de suite vous dire que c'est aussi relou que de passer le bac tous les ans...
Bref, niveau écriture, j'ai pas été d'une productivité époustouflante depuis la dernière fois, mais le chapitre 17 de la troisième partie avance gentiment et je devrais en voir le bout très vite !
A part tout mon blabla, je vais vous laisser avec les conséquences de la mort des Potter (MON PAUVRE COEUR!) et sachez quand même que ce chapitre m'a inspiré le très succin résumé de « waaaahhh, galère galère », c'est pas peu dire (on dit Merci Jo pour les chronologies de merde).
Bonne lecture !
Un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Au fait, la surprise de Sundae Vanille est en ligne, c'est Falling Through the Rabbit Hole et c'est aussi sucré qu'un panier de chocolats !
Black Sunset
Partie II : Black Holes.
Chapitre 7
« Seal my heart and break my pride
I've nowhere to stand and now nowhere to hide
Align my heart, my body, my mind
To face what I've done and do my time
Well, yes sir, yes sir, yes, it was me »
(Dust Bowl Dance – Monford and Sons)
Dimanche 1er Novembre 1981, Résidence de Peter Pettigrow, Londres Ouest, Angleterre.
En arrivant dans le quartier où vivait Pettigrow, Bellatrix eut une étrange impression de déjà vu. Un an plus tôt, quand elle était venue recruter le jeune homme de force, la même scène s'était déroulée sous ses yeux.
Une brume épaisse dans les rues de Londres, si dense qu'il était difficile de voir à plus de deux mètres devant soi.
Avait-elle fait la pire erreur ce jour-là ? Etait-elle responsable de la chute supposée du Seigneur des Ténèbres ? Sans ce petit traître, jamais Dumbledore n'aurait pu tendre un piège à son Maître...
Elle voulut s'élancer vers la maison de Pettigrow, la réduire en cendres et prier pour qu'il y ait trouvé refuge. Ensuite, elle s'en prendrait à sa mère et lui ferait goûter aux pires sorts Noirs qu'Il lui avait appris à maîtriser, jusqu'à ce que son esprit soit brisé et que son corps soit méconnaissable.
Pettigrow allait payer sa trahison !
La main de Rodolphus l'empêcha de faire plus de deux pas, et il la plaqua contre le mur à l'ombre duquel ils se dissimulaient en attendant Stan et Bartémius.
- Patience, Bellatrix ! souffla-t-il, ignorant son regard noir. Imagine que l'Ordre nous attende ?
- Justement ! Je veux tuer ces vauriens jusqu'au dernier !
- Ne sois pas ridicule. Bartémius et Stan ne vont plus tarder.
S'il n'avait pas été son mari et le père de sa fille, Bellatrix aurait sans doute cédé à son envie de l'assommer, autant pour se libérer de son étreinte que pour lui faire regretter la façon dont il lui parlait.
Bartémius et Stan revinrent une poignée de minutes plus tard, la démarche légère de ceux qui sont convaincus que rien ne peut leur arriver.
- Il n'y a personne dans la maison, expliqua aussitôt Bartémius.
- J'avais bien dit que Pettigrow n'était pas stupide au point de venir se cacher ici !
La gifle lui échappa sans qu'elle ne s'en rende compte. Son alliance laissa une profonde coupure sur la joue de son beau-frère, et du sang coulait de sa lèvre fendue quand il lui fit de nouveau face, ses yeux sombres brillants d'une rage difficilement contenue.
- Au vu des récents événements, je pense que l'on peut admettre que Pettigrow est loin d'être stupide ! Je considérerais qu'il n'est pas ici une fois que nous aurons fouillé sa maison de fond en comble ! Demi-tour !
Rabastan ouvrit la bouche, sûrement pour contester son ordre, et elle pointa sa baguette sur sa gorge avant que le moindre son ne s'échappa de ses lèvres.
- Maintenant !
Il ne lui obéit qu'à contre coeur – et visiblement parce que Rodolphus venait de confirmer son ordre par un hochement de tête – et ils remontèrent la rue dans un lourd silence.
La maison de Pettigrow n'avait pas changé depuis sa dernière visite. Le papier peint était toujours démodé, le sol usé, les meubles de seconde main. La seule différence était la légère odeur de renfermé, comme si personne ne vivait là depuis quelques temps. Ils firent le tour des pièces, utilisant des sortilèges de Magie Noire pour repérer toute présence humaine, sans résultat.
Pour autant, Bellatrix était décidée à ne pas se laisser abattre. Pettigrow ne pouvait pas être loin. Il n'avait pas supporté d'être loin de Londres plus d'une semaine et il n'avait aucun intérêt à quitter le pays, à part s'il souhaitait affirmer sa culpabilité.
Ils allaient le retrouver.
- Il n'y a aucune trace de lui à l'étage, ma Lady, lui confirma Bartémius en la rejoignant dans le salon. Quels sont vos ordres ?
- Allons fouiller la maison de sa mère. Il a pour elle un attachement gênant. Peut-être est-il retourné se cacher dans ses jupons...
- Et s'il ne s'y trouve pas ?
- Nous aviserons. En route.
Dimanche 1er Novembre 1981, Résidence de Peter Pettigrow, Londres Ouest, Angleterre.
Sirius poussa la porte de la maison de son traître d'ami avec le plus de discrétion possible, sachant pertinemment que si Peter était là, il était caché sous sa forme Animagus.
Se retrouver ici lui donnait envie d'allumer un grand brasier, juste après avoir installé des barrières anti-transplanage. Avec un peu de chance, Peter y brûlerait vif.
Sauf qu'il ne pouvait pas se fier à la chance. Il voulait s'assurer que le petit rat était mort de sa main. Après ce qu'il avait fait à James et Lily, ce qu'il avait fait à l'Ordre, il méritait mille morts !
Une larme solitaire lui échappa et il l'essuya d'un geste rageur, avant de s'obliger à expirer par le nez, luttant pour ne pas se laisser emporter par la colère qui bouillonnait au creux de son ventre. Parce qu'il deviendrait cette pire version de lui-même, incapable d'aligner deux pensées cohérentes d'affiler, ce qui n'allait pas l'aider à retrouver Peter au final.
Il se glissa dans la forme de Patmol, puisque la magie ne lui serait d'aucune utilité pour retrouver un Animagus.
Dès qu'il fut chien, il remarqua aussitôt ce que ses sens humains avaient complètement loupé. Quatre personnes étaient venus récemment. Une femme et trois hommes. Et on avait utilisé de la Magie Noire dans chaque pièce.
Il n'était pas le seul à la recherche de Peter. Visiblement, ses amis Mangemorts avaient en tête de lui demander des comptes, ce qui n'allait pas faciliter sa tâche. Il fit rapidement le tour du rez-de-chaussée sans succès, puis prit la direction de l'étage, sa truffe collée sur le parquet usé, à l'affût de l'odeur caractéristique de son traître d'ami.
L'un des Mangemorts qui étaient passés dans la chambre de Peter avant lui portait un puissant après-rasage, et Sirius faillit bien manquer la piste quand il longea le mur. Il se figea, ravalant un grognement sourd pour ne pas se trahir si jamais Peter n'avait pas encore remarqué sa présence, et remonta l'odeur consciencieusement, se stoppant devant la porte de la salle de bain pour reprendre forme humaine.
Il fit brusquement irruption dans la pièce, juste à temps pour voir la queue du rat disparaître à la fenêtre.
- Pettigrow ! Tu es un homme mort ! gronda-t-il en se précipitant vers l'ouverture, la faisant exploser d'un sort. Il se pencha dans le vide sans se méfier des éclats de verre.
Une forme sombre descendait le long du mur à toute vitesse. Il lança plusieurs sortilèges, dont un Avada Kedavra qu'il pensait vraiment, mais n'arracha que des morceaux de plâtres au mur.
- Putain de bordel de merde ! JE VAIS TE RETROUVER PETER ! Je le jure sur ma magie !
Il enjamba le bord de la petite fenêtre et sauta sans y réfléchir à deux fois. Il perdrait du temps s'il utilisait les escaliers, et le temps jouait contre lui. Il était hors de question que les Mangemorts mettent la main sur Peter avant lui !
La réception fut douloureuse et il s'éloigna en boitillant, avant de reprendre la forme Animagus, comptant sur les sens affûtés de Patmol.
La piste était plus fraîche que jamais. Il la suivit à travers le jardin, puis dans la rue. Il atteignait une petite ruelle quand il entendit le pop caractéristique d'un transplanage.
Samedi 2 Novembre 1981, Résidence des Potter, Godric's Hollow, Angleterre.
Rodolphus avait réussi à la convaincre de faire une pause dans leurs recherches dans l'Allée des Embrumes, peu avant le lever du soleil. Il voulait en profiter pour demander à quelques connaissances de garder un œil ouvert pour lui dans le quartier, et de le prévenir s'ils voyaient Pettigrow dans les parages.
Bellatrix s'était laissée tenter par un verre d'alcool fort, sans que cela réussisse ni à lui remonter le morale, ni à atténuer la rage en elle.
Circée, elle n'en revenait toujours pas !
Hier, le Seigneur des Ténèbres lui annonçait qu'ils n'étaient plus qu'à quelques jours de leur victoire.
Aujourd'hui, elle avait l'impression d'être la seule à ne pas croire à sa défaite : ses anciens camarades Mangemorts étaient tous en train de retourner leur robe pour éviter la prison.
En face d'elle, Bartémius était perdu dans ses pensées, un air de profonde réflexion sur le visage, sans qu'elle n'arrive à deviner s'il réfléchissait à un moyen d'aider le Maître, ou à la meilleure façon de leur fausser compagnie. A ses côtés, Rabastan avait troqué sa rancune pour de l'inquiétude, comme s'il avait enfin réalisé que le Seigneur des Ténèbres venait de connaître sa pire défaite en dix années de lutte.
Bellatrix leva les yeux à la recherche de son mari et le trouva en pleine discussion avec le gérant. Son visage était de plus en plus fermé – ce qui n'était jamais bon signe – et il jetait des regards inquiets en direction de leur table de temps à autre – ce qui avait le don de l'agacer au plus haut point ! Elle n'était pas stupide ! Elle n'allait pas provoquer un duel au milieu de ce bar miteux ! –.
- Alors ? demanda-t-elle quand il eut repris sa place à sa droite, aussi grave que les jours qui avaient suivi la mort de son père.
- Selon Ambrosius, ce serait l'enfant Potter qui aurait vaincu le Maître, souffla-t-il.
- James Potter tu veux dire ?
- Non, son fils. Le bébé.
Bellatrix faillit exploser – comment quelqu'un d'aussi censé que Rodolphus pouvait-il croire une telle chose ? – mais le rire fut plus fort.
Il résonna étrangement dans le bar à moitié vide, et tous les visages se tournèrent vers leur table.
- Dumbledore est très fort, dit-elle après s'être calmée. Vraiment très fort ! Sauf que son histoire ne tient pas debout ! Un enfant de cet âge n'a pas la puissance magique pour se dresser face au Seigneur des Ténèbres ! Dumbledore est le seul sorcier à avoir une chance dans un duel avec le Maître ! Je suis sûre qu'il a lancé cette rumeur pour essayer de convaincre notre communauté qu'Il n'a jamais été une menace. Mais c'est faux ! Et Il le prouvera en revenant d'entre les morts !
Rodolphus hésita un long moment avant de lui répondre, et elle lui adressa un regard sombre en réponse. Qu'avait-il donc ce soir à croire qu'elle allait s'effondrer s'il ne choisissait pas ses mots avec soin ?
- Bellatrix, nous devrions quitter le pays... Certains vont tout faire pour sauver leur peau et éviter la prison, et les Aurors nous soupçonnent depuis trop longtemps. Si nous restons, Stan, toi et moi allons terminer à Azkaban avant la fin du mois.
- Non ! Je refuse de partir ! Le Maître n'est pas mort, Rolf ! C'est impossible ! Il attend notre aide, je le sens.
Rodolphus la dévisagea à nouveau avant de soupirer, arrachant une exclamation irritée à son jeune frère au passage.
- Rolf, si on part, on peut aussi bien signer nos aveux tout de suite et les envoyer au département des Aurors, reprit Stan. Ils finiront par nous retrouver, comme ils avaient retrouvé les alliés de Grindewald à l'époque. Nous devons rester et aider le Maître. C'est notre meilleure option.
- Les Aurors sont sans doute déjà à notre recherche !
- Pas obligatoirement, intervint Bartémius. Mon père pense encore que je soutiens Dumbledore, comme le Maître le désirait... Personne ne s'étonnera de me voir au Département de la Justice. Je pourrais vous tenir au courant des différents soupçons, et garder un œil aux Archives. Pettigrow pourrait être tenté d'y trouver refuge.
Ballatrix plissa les yeux et détailla son protégé, cherchant à deviner s'il s'agissait d'une astuce afin de pouvoir les doubler, puisque si elle l'avait pris sous son aile, c'était autant pour son talent en Magie Noire que pour sa remarquable intelligence.
Elle ne dut pas être assez subtile, car il planta son regard dans le sien.
- Je vous crois ma Lady quand vous affirmez qu'Il est encore en vie. Je veux vous aider et je serais plus utile au Ministère que partout ailleurs.
Il y avait une lueur au fond de ses yeux marrons, celle-là même qui brillait dans le sien quand elle évoquait la Cause. Elle hocha la tête en silence et Rodolphus précipita leur départ pour le bureau du Maître, espérant trouver quelque chose d'utile là-bas.
Samedi 2 Novembre 1981, Pré-au-Lard, Ecosse.
Patmol s'extirpa difficilement de la grotte où il venait de mener des recherches aussi méticuleuses que possible. Sirius retrouva sa forme humaine sans l'avoir vraiment prémédité et il grogna de frustration.
Les événements de la nuit, la fatigue accumulée au cours des derniers mois, et sa traque ininterrompue drainaient sa magie, et il devait puiser dans des réserves qu'il ignorait avoir, mais que
sa colère et la soif de vengeance avaient su trouver en lui.
Il passa une main tremblante sur son front et détailla les environs de Pré-au-Lard sous le soleil levant. De hautes montagnes coupaient le village sorcier du reste du monde sur sa gauche, tandis que la lisière de la Forêt Interdite formait une autre barrière naturelle, redoutable. Les grottes où il avait décidé de commencer ses recherches avaient accueilli les premières aventures des Maraudeurs lors de leur troisième année. Il était presque certain que Peter n'y avait pas trouvé refuge – pas assez de confort, trop éloigné du village s'il espérait se tenir au courant des dernières nouvelles – mais il ne laisserait rien au hasard.
Puisque Peter n'avait transplané dans aucun des endroits qu'il fréquentait près de Londres, cela signifiait qu'il se pensait en grave danger – et il avait raison, bien sûr – et Poudlard restait l'endroit le plus sûr du pays...
Fouiller le château lui prendrait des heures, même s'il réussissait à mettre la main sur la Carte, à supposer que Peter n'ait pas eu cette idée avant lui, et il se mit en route vers le centre du village d'un pas lourd.
Si Peter n'était pas à Poudlard, que ferait-il ? Retourner à Londres ? Tenter sa chance ailleurs ? Mais où ? Peter avait passé toute sa vie dans le même quartier, sa scolarité exceptée. Sa famille se résumait à sa mère, et elle n'était pas chez elle, il avait vérifié. Il était presque entièrement convaincu que le sale petit rat ne trouverait pas refuge dans le monde moldu. Il n'y avait jamais été à l'aise, et il voudrait sans doute se tenir informé de ce qu'il se passait. A sa place, Sirius aurait choisi une maison sorcière quelconque et aurait attendu que la tempête passe... Sauf que Peter venait de prouver qu'il n'était pas capable du moindre sacrifice personnel. Il choisirait des sorciers qu'il connaissait, Mangemort ou membre de l'Ordre, même si le meilleur choix serait Dumbledore et...
Sirius se figea brusquement, soudainement nez à nez avec le visage souriant de James et Lily. La une de La Gazette était accrochée à la vitrine de Scribenpenne. Il déglutit difficilement tandis que le couple soufflait des baisers en direction du photographe – James presque élégant si on oubliait sa collection d'épis, et Lily, éblouissante dans une robe moldue prune –. Les voir aussi vivants, même si ce n'était qu'une pauvre photo, était au-dessus de ses forces. Pas quand il les avait vu morts, tous les deux, une poignée d'heures plus tôt. Il aurait voulu fermer les yeux, sauf que cela conjurait immanquablement des images de la nuit passée – James, Lily, Harry, la maison détruite et la cachette vide de Peter – et il s'écroulerait s'il pensait à ça maintenant.
Parce que James et Lily étaient morts. Et ça sonnait comme un ramassis de conneries, pire que la doctrine sur les Sang-Purs que Walburga avait voulu lui inculquer à coup de sortilèges. Sauf qu'ils n'étaient pas moins morts pour autant, leurs regards éteints pour le reste de l'éternité. Il n'entendrait plus le rire de Lily. Il ne verrait plus le sourire moqueur de James. Plus de Bichette. Plus de Cornedrue. Même Harry lui avait été arraché.
Alors il détourna les yeux, au prix d'un immense effort, déglutissant difficilement pour ravaler les sanglots qui lui donnaient l'impression d'avoir une bête sauvage en train de ravager sa poitrine, et il lut le titre accrocheur qui surplombait la photo pour éloigner ses idées noires.
Harry Potter a vaincu Lord Voldemort. La guerre est terminée.
Il dut le relire une deuxième fois, et même une troisième fois.
Putain de bordel de merde !
Il pensait Voldemort en déroute, au moins blessé, mais certainement pas mort, et encore moins à cause de son filleul de quinze mois. Merlin, Harry ne savait même pas parler !
Il passa une main tremblante sur son front et lut le reste de l'article en ne comprenant qu'un mot sur deux tellement la nouvelle le troublait. La Gazette avait recueilli le témoignage exclusif de Dumbledore qui expliquait que James et Lily n'avaient pas survécu à l'attaque, mais que leur fils était à l'origine de la mort de Voldemort, pour des raisons qu'il n'expliquait pas encore.
Voldemort était mort.
Il lui faudrait sûrement encore quelques jours pour admettre cette réalité-là. Il...
Il comprenait un peu mieux pourquoi les Mangemorts étaient aussi à la poursuite de Peter !
Un bref rire nerveux lui échappa malgré lui quand il comprit qui était à la poursuite de son traître d'ami. La seule personne qui était prête à tout pour son Maître était sa folle à lier de cousine psychopathe. La haine viscérale qu'il avait désormais pour elle – qui dépassait tout ce qu'il avait pu imaginer jusqu'ici – eut raison du choc laissé par la découverte du statut de héros de son filleul. Il n'allait pas laisser Bellatrix lui arracher sa vengeance, pas quand elle lui avait déjà trop pris.
Sirius reprit sa route à travers le village encore désert et décida de faire un détour par la Cabane Hurlante, juste pour être certain que Peter ne s'y trouvait pas, à moins qu'une part de lui espérait y croiser Lunard.
Comment avait-il pu être assez stupide pour croire que Remus était le traître ?
Ce n'était pas la première fois que cette question revenait le hanter, et il l'ignora à nouveau. Il devait se concentrer sur sa mission. Il devait retrouver Peter et le ramener à Dumbledore même s'il mourrait d'envie de le tuer de ses mains. La dernière promesse qu'il avait faite à James et Lily était de ne pas terminer à Azkaban par vengeance et il ne pouvait pas les trahir. Il aurait le temps de se racheter aux yeux de Lunard quand tout serait terminé.
La Cabane Hurlante était identique à son souvenir, à l'exception que les sortilèges qui empêchaient quiconque d'approcher – et de prendre le risque de se trouver nez-à-nez avec un loup-garou – s'étaient affaiblis. Il retrouva la forme de Patmol avec un soupir de soulagement – les pensées du molosse était terriblement plus simples – et remonta le chemin en silence.
L'odeur de Peter le frappa dès qu'il fut à l'intérieur.
Patmol se figea aussitôt, ses sens en alerte, plus à l'affût que jamais. Il tenait peut-être sa dernière chance d'attraper Pettigrow et il était hors de question qu'il lui échappe à nouveau.
Il reprit forme humaine, sa baguette pointée devant lui, et s'avança dans ce qui tenait lieu de pièce principale dans la cabane. L'épaisseur de la poussière lui apprit qu'il devait chercher un rat et non un homme, puisque les seules empreintes de pas étaient les siennes.
Il resta immobile et balaya la pièce d'un rai de lumière. La Cabane Hurlante n'était qu'une ruine que Dumbledore n'avait pas trop cherché à réparer pour éviter que les curieux s'approchent. Résultat, le moindre pas faisait grincer le parquet sinistrement. La dernière chose qu'il voulait était de révéler sa présence prématurément...
Sauf que Peter n'était pas a rez-de-chaussée. Il n'avait aucun meuble derrière lequel se cacher – Lunard s'était chargé de les détruire des années auparavant – et il pouvait voir chaque recoin depuis sa position.
Merde.
Peter était à l'étage. Il aurait le temps de l'entendre arriver, même si la Cabane grinçait toujours un peu avec le mauvais temps. Ce petit connard avait décidément pensé à tout en choisissant une nouvelle planque !
Sirius détailla l'escalier avec hargne, sachant pertinemment qu'il n'avait pas d'autre moyen pour accéder à la seule autre pièce de la bâtisse.
Ce qui se passa ensuite ne fut pas une surprise : il eut beau remonter les marches aussi vite que possible, il eut à peine le temps de voir Pettigrow se faufiler à l'extérieur, usant d'une ouverture où il pouvait difficilement passer son bras. Son échec cuisant lui arracha un cri rageur et il asséna un violent coup de pied dans le piano, manquant sûrement de justesse d'achever sa cheville déjà douloureuse.
Samedi 2 Novembre 1981, Godric's Hollow, Angleterre.
Bellatrix ne put retenir une grimace de dégoût face aux nombreuses voitures et aux autres marques évidentes de la présence de moldus. Elle n'était pas surprise que les Potter aient choisi un tel village pour s'installer. Ils remontèrent la rue principale d'un pas vif, autant pour se soustraire plus rapidement à la pluie que pour ne pas s'éterniser ici. Retrouver la maison de James et Lily Potter ne fut pas compliqué. Outre les nombreux curieux massés dans la rue, c'était la seule maison à avoir un toit en parti effondré.
S'approcher ne fut pas aussi simple que ce qu'ils espéraient. Deux Aurors – Kingsley Shacklebolt et une gamine qui devait avoir quitté Poudlard en juin dernier – montaient la garde devant la maison ravagée par les sortilèges. Les curieux étaient priés de rester à une centaine de mètres, derrière une ligne marquée par un amoncellement ridicule de fleurs.
Bellatrix aurait voulu entrer, refaire les derniers pas de son Maître et tenter de comprendre ce qu'il s'était vraiment passé. Contrairement à Rodolphus, elle ne croyait pas une seule seconde à la rumeur concernant l'enfant Potter. S'ils entraient, elle pourrait montrer les traces de duels dans la maison à Rolf. Peut-être reconnaître certains des sortilèges qui avait été lancés, ou du reste tenter de deviner celui qui avait tant affaibli le Seigneur des Ténèbres. Connaissant Dumbledore, ça ne pouvait être que de l'ancienne Magie. Ce vieux fou refusait d'utiliser les Impardonnables, ou du reste, il se vantait d'avoir stoppé Grindelwald sans en avoir eu besoin... Pourquoi aurait-il changé ses habitudes cette fois ?
Sauf qu'aucun sortilège d'ancienne Magie n'était assez puissant pour détruire son Maître. Il possédait des connaissances en Magie Noire qui faisait de Grindelwald un débutant, et s'Il lui avait avoué que la mort ne pourrait plus l'atteindre, c'était certainement parce qu'Il avait fait le nécessaire.
- Bella, ne traînons pas ici...
Elle ignora son mari et continua à se faufiler à travers la foule en liesse, le capuchon de sa cape rabattu sur son visage pour ne pas attirer l'attention des Aurors.
Elle avait reçu une lettre de sa sœur : Lucius avait été arrêté et elle n'avait jamais fait confiance à son beau-frère. Et s'il n'était pas celui qui les dénonçait, d'autres s'en chargeraient bien assez vite.
Elle ne se stoppa qu'une fois parvenue à quelques mètres de la limite autorisée, se glissant dans l'ombre de la maison qui faisait face à celle des Potter.
Autour d'elle, les discussions animées allaient bon train. Personne ne semblait se lasser de louer le Survivant et de se réjouir de la mort du Seigneur des Ténèbres. Faire abstraction de tous ces débiles lui demandait une énergie qu'elle ne pensait pas avoir après une nuit blanche, sauf qu'elle n'avait pas le choix...
Elle pouvait se tromper, mais elle était certaine que le Ministère allait mettre en place des mesures de sécurité drastiques une fois les célébrations terminées, et elle n'aurait plus la moindre chance de pouvoir s'approcher de la sorte, encore moins de trouver une faille pour entrer.
Elle resta immobile pendant une interminable paire d'heures, détaillant la maison et les visages impassibles des deux Aurors. Plusieurs sorciers se trouvaient à l'étage. Elle misait sur le Chef des Aurors, Fol-Oeil, et quelques Langues-de-Plomb. Elle ne savait pas ce qu'ils espéraient trouver... Les restes de son Maître ? L'explication à l'improbable victoire d'un bambin sur le plus grand Mage Noire de tous les temps ? La raison de la mort des Potter ?
Elle eut un sourire à cette pensée. C'était bien la seule bonne nouvelle à retenir de toute cette histoire. James et Lily Potter étaient morts. Dumbledore avait dû mal préparer son plan ! Etait-il arrivé trop tard ? Ou avait-il également voulu se débarrasser de ces petits héros gênants ? Croyait-il que son Maître aurait été plus faible après les avoir tué ? Ou les Potter avaient-ils joint leurs efforts à celui de leur Chef, pensant lui échapper une cinquième fois ?
Les visiteurs finirent par redescendre. Bellatrix comprit aussitôt qu'elle n'avait pas deviné juste. L'homme et les femmes qui étaient venus ici n'étaient pas au service du Ministère. Dumbledore continuait à se mêler de la guerre, quand bien même il clamait qu'elle était terminée. Alice et Frank Londubat n'avaient pas changé : toujours cet air impétueux sur le visage, malgré le fait qu'ils avaient fui les combats durant toute l'année passée. Bellatrix était certaine qu'ils ne tarderaient pas à reprendre leurs habitudes au département des Aurors et le Ministère devait se réjouir à l'idée de retrouver ses petits héros.
Elle se détourna du couple Londubat pour croiser le regard étrange de Maugrey Fol-Oeil. Elle aurait dû s'inquiéter que l'irascible Auror la repère au milieu de cette foule, et partir aussitôt qu'il tourna la tête vers les Aurors pour les prévenir.
- Ton ordure de Maître est mort, Bellatrix ! s'exclama Alice Londubat en pointant sa baguette dans sa direction. On dirait bien que tu es dans le camp des perdants finalement !
Bellatrix soutint son regard, un sourire mauvais sur les lèvres, comme une promesse de vengeance qu'elle entendait tenir.
Elle transplana, non sans laisser un sort noir s'échapper de sa baguette en guise d'avertissement pour les chiens de garde de Dumbledore.
…
Dimanche 3 Novembre 1981, Londres, Angleterre.
Patmol guettait depuis des heures maintenant, et le plus dur était presque de rester éveiller.
Oh, bien sûr, il revoyait les corps de James et Lily dès qu'il fermait les yeux, aussi faisait-il en sorte de rester alerte, l'oreille tendue et son flair à l'affût.
Il avait cessé de suivre Peter aux quatre coins du pays. De toute évidence, le sale petit traître pouvait se révéler plein de ressources quand sa peau était dans la balance, et il avait essuyé trop d'échecs pour s'acharner.
Alors il avait changé de tactique. Plutôt que d'agir en limier, il se prêtait au rôle de chien de garde. Il avait visité tous les endroits où Peter aurait pu être tenté de trouver refuge, laissant son odeur en guise d'avertissement, puis s'était rabattu sur la dernière cachette qui avait encore du sens pour son ancien meilleur-ami.
Après tout, s'il avait fait l'erreur de lui accorder sa confiance, il pouvait au moins mettre à profit la liste des faiblesses de Pettigrow, et il était certain qu'il en restait une dernière que personne ne penserait à exploiter, à commencer par Bellatrix.
Peu savait que Peter était sorti avec Mary MacDonald pendant une année, juste avant que sa famille ne la décide à quitter le pays pour échapper à la guerre. Peter avait été inconsolable – il avait presque failli la suivre – et revenait de temps à autre traîner dans l'ancien quartier où avait vécu Mary.
Alors que tous ceux qu'il connaissait étaient soit morts, soit à sa poursuite, Peter allait forcément se rabattre sur le refuge pour lequel il avait le plus d'attachement, parce que Peter était un grand sentimental.
Alors Patmol attendait, et il savait que sa traque n'était plus qu'une question de temps. Il finirait par le tenir et lui faire payer sa trahison.
Merlin, personne ne serait en mesure de l'identifier quand il en aurait terminé avec lui, pas même sa propre mère.
Il usa sa patience une bonne partie de la journée, caché dans un recoin d'une allée peu fréquentée – parfaite pour un transplanage –, priant sa bonne étoile – même si cette garce semblait l'avoir abandonnée depuis plusieurs mois maintenant – que son plan fonctionne.
Il avait besoin de se venger, lui, et James et Lily. Et sûrement Judy et Maellyn aussi, parce qu'il se demandait sincèrement si Peter n'avait pas joué un rôle dans le meurtre de sa petite-amie et la disparition de sa fille. Sa colère contre l'univers devait sortir de son cœur d'une façon ou d'une autre, et la mort de Pettigrow semblait parfaitement adaptée.
Perdu dans des pensées au goût de sang, il faillit manquer le discret pop non loin, et releva la tête juste à temps pour reconnaître les épaules étroites de son ancien meilleur ami à quelques mètres de lui.
Sirius s'élança depuis la ruelle et termina sa course en percutant violemment Pettigrow.
Ils roulèrent au sol, dans un enchevêtrement flou de membres. Un cri de rage lui échappa quand son poing manqua le nez de son ancien ami. Un sortilège de Répulsion le projeta en arrière, juste assez longtemps pour que Peter puisse se relever, mais pas assez pour qu'il ait le temps de se transformer encore.
Sirius le saisit par sa veste et le secoua violemment, son front heurtant l'arcade sourcilière du sale traître dans un craquement sinistre.
- Je te promets que tu vas payer, Pettigrow ! Je vais te faire regretter d'être né !
Sa voix n'était plus qu'un grondement sourd, uniquement destiné au jeune homme qu'il tenait enfin. Trois journées de traque lui avaient laissé le loisir de réfléchir à ce qu'il ferait une fois Pettigrow à sa merci. Les détails n'étaient pas encore très clairs, mais il avait bien l'intention de terminer avec les phalanges à vif avant de l'escorter au quartier général de l'Ordre inconscient.
- COMMENT AS-TU PU FAIRE CA SIRIUS ? COMMENT AS-TU PU TRAHIR JAMES ET LILY ! hurla soudainement Peter à plein poumon. TU DISAIS QUE TU ETAIS LEUR AMI !
Il n'en crut pas ses oreilles. Les paroles de Pettigrow déchaînèrent la colère qu'il avait réussi à contenir tant bien que mal pendant trois jours. Il lâcha la veste pour la gorge de son ancien meilleur ami, de celui qu'il avait considéré comme un frère pendant si longtemps. Peter était responsable de la mort de James et Lily ! Il allait le tuer ! Il allait...
Il fut propulsé en arrière avec une force qu'il n'avait pas connu depuis l'explosion sur le Chemin de Traverse. Cette fois, il ne se réceptionna pas sur une porte en bois, mais sur le béton de la chaussée, juste assez violemment pour avoir le souffle coupé, mais pas encore trop pour tomber inconscient. Il releva la tête du mieux qu'il put, cherchant un point de repère dans tout ce chaos.
Le monde ne voulait pas cesser de tourner autour de lui et une poussière dense essayait de se frayer un chemin dans ses yeux.
Il finit par reconnaître Pettigrow, à moins d'un mètre de lui. Ses vêtements fumaient, mais il se redressait déjà, sa baguette dans sa main droite, et sa main gauche particulièrement ensanglantée. Sirius serra les poings par réflexe, et réalisa à ce moment-là qu'il avait lâché sa baguette et sa proie à cause du choc.
Il eut juste le temps de voir le sourire mauvais de Peter avant qu'il ne se transforme en rat.
La colère fut plus forte que son corps endolori, plus forte que ses vertiges et que ses oreilles qui sifflaient. Il se redressa aussi vite que possible, prêt à s'élancer à sa poursuite. Il ne pouvait pas le laisser s'échapper, pas maintenant qu'il l'avait enfin retrouvé ! Peter devait payer pour ce qu'il avait fait à James, Lily, Harry et à l'Ordre.
Son premier pas fut approximatif – ses jambes étaient molles, sa cheville était définitivement foulée – le deuxième ne fut pas beaucoup plus assuré, et il manqua de trébucher au troisième.
Un regard au sol lui fit comprendre à cause de quoi.
Un corps atrocement mutilé gisait à ses pieds.
Sirius se figea et balaya la scène du regard.
Il y avait des corps partout. Ensanglantés. Démembrés. Le sol était rouge. Le sol était déformé et rouge.
Ses oreilles choisirent ce moment-là pour se remettre à fonctionner.
La cacophonie formée par les cris de peur, les bruits des ambulances et de la police, le fit vaciller.
- Police ! On ne bouge plus !
Il se tourna vers l'homme qui venait de crier, et pensa trouver un moldu.
Sauf qu'aucun moldu ne s'habillait en robe et n'utilisait pas une baguette à la place d'une arme à feu.
Réaliser que Peter Pettigrow – ce salopard de première à qui il avait fait l'erreur d'accorder son amitié et sa confiance douze ans plus tôt – venait de le piéger avec un ingéniosité digne des Mauraudeurs, la cruauté des Mangemorts en plus, manqua de le faire vomir.
Sauf qu'il était un Black.
Alors il éclata de rire pour ne pas s'effondrer en sanglots.
…
Et on dit « Joyeux Anniversaire, Sirius », tous en cœur. Nan mais sérieux, Rowling est d'un sadisme à avoir mis sa date de naissance le 3 Novembre !
J'avoue que je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
- Sirius, encore et toujours, qui a vraiment, vraiment pas de chances.
- Cet espèce de crevure finie qu'est Peter.
- Trixie qui est plus ou moins convaincue d'avoir basculé dans un monde parallèle.
Bon, tant que j'y pense, petit concours pour la 150ème review ? Le prix en jeu est le premier « chapitre » du UA (le truc est officiellement hors de contrôle). A vos claviers;)
A très vite !
Orlane.
Mis en ligne le 24/06/2017
