Chapitre 35 : Peur
Après s'être remis de ses émotions, Rodney s'était levé et habillé pendant que John et Eilish préparaient le petit déjeuner. Ils se retrouvèrent tous les trois à table et mangèrent tranquillement en famille. Eilish, qui finit plutôt que ses parents, demanda à sortir de table pour jouer. John accepta mais avant réclama un bisou. La petite fille lui fit un gros sourire et John, ainsi que Rodney, eurent droit à un beau baiser bruyant et baveux. La petit couru ensuite cers le salon pour aller jouer. John la regardait paternellement. Il était lui-même soumis à une intense observation par son compagnon. Rodney détaillait les traits fins de son compagnon, regardait ses rides naissantes, observait l'arrête de son nez et dévorait du regard les lèvres du militaire qu'il aimait embrasser et qui le faisaient frémir de plaisir lorsqu'elles étaient sur sa peau. Le canadien sourit. Pour la première fois de sa vie, il savait enfin ce que signifiait le mot famille, elle n'était peut être pas « traditionnelle », mais il s'en fichait. Il aimait John et ce dernier l'aimait. Il aimait Eilish et elle aussi. Il était heureux. Il posa une main sur celle de John et la caressa tendrement ce qui eut pour effet de faire tourner la tête de John vers lui. Les deux hommes se sourirent, leurs regards étaient perdus l'un dans l'autre et Rodney lia sa main avec John. Oh oui, il était heureux.
Rodney : Ca faisait longtemps qu'on ne s'était pas retrouvés comme ça, sans responsabilité, sans Wraith...
John : Oui, je dois avouer que ça me fait un bien fou...
Rodney : Et si on s'enfuyait ?
Le militaire sourit à cette phrase.
John : Ce me tente bien, mais je préfère ne pas imaginer ce qu'Elisabeth nous ferait si elle nous retrouvait.
Rodney sourit à son tour. Lui qui détestait les vacances se prenait à les apprécier, et même, à les aimer.
John : Tu as une idée pour e soir ?
Rodney le questionna du regard, ne voyant pas de quoi il parlait.
John : Tu te rappelles que ta sœur vient dîner ce soir ?
Rodney : Je...j'avais un peu oublié...eh bien, je ne sais pas moi, ça fait plus de deux ans que je ne l'ai pas vue...ses goûts ont peut être changés...
John : Est-ce qu'elle est allergique à un aliment ?
Rodney : Non, elle peut manger de tout.
Le militaire sourit.
John : Très bien, dans ce cas je lui ferais ma recette spéciale.
Il fit un clin d'œil au canadien puis se leva et commença à plier la table du petit déjeuner. Rodney le suivit du regard.
Rodney : Quelle recette spéciale ?
John : La recette qui fait que toutes les femmes tombent dans mes bras.
Il s'éloigna en direction de la cuisine, inconscient de l'effet que ses paroles avaient eu sur le canadien. Il savait bien que c'était stupide d'être jaloux de sa propre sœur, surtout que John lui avait montré à maintes reprises qu'il l'aimait.
John (dans la cuisine) : Tu ne crois quand même pas que je vais plier la table seul !
Rodney : J'arrive...
Il soupira puis récupéra ce qu'i restait et entra dans la cuisine. Il posa ce qu'il avait dans les mains sur le plan de travail puis son regard se fixa sur une des mosaïques de la cuisine. Après un moment de silence, il se risqua à une question.
Rodney : Tu aimes toujours les femmes John ?
Le militaire s'arrêta net dans son mouvement. Il se tourna lentement vers le canadien.
John : Tu peux répéter ?
Rodney : Tu as très bien comprit la question.
Il lui répondit un peu sèchement ce qui l'étonna mais surprit également le militaire. Depuis qu'il sortait avec Rodney, il n'avait plus pensé aux femmes. Bien sûr, il n'avait pas arrêté de les regarder lorsqu'elles passaient devant lui, mais depuis qu'il s'était rendu compte et avait accepté ses sentiments envers Rodney, il n'avait plus ressenti de désir pour une femme.
John : Je ne sais pas, ça fait presque un an et demi que nous sommes ensembles et pendant tout ce temps, la seule personne que j'ai désirée, c'est toi...pourquoi ?
Rodney : Pour...pour rien...oublie ça, je ne sais pas ce qu'il m'a prit...
Le canadien commença à repartir vers le salon mais John le prit dans ses bras et le força à le regarder.
John : Ecoutes moi Rodney MacKay : pendant une période de ma vie, j'ai été un grand coureur de jupons, je ne vais pas le nier. Mais maintenant ça ne m'intéresse plus, je t'ai toi, nous avons Eilish et ce dont tu peut être sûr, c'est de l'amour que je vous porte et que pour rien au monde je ne voudrais perdre cela...
Rodney sentit les larmes monter aux coins de ses yeux et plongea sa tête dans le cou de John pour qu'il ne les voie pas. Ce dernier resserra son étreinte sur le canadien.
John (murmurant) : Mon objectif n'est pas de draguer ta sœur, mais de lui plaire en tant que beau frère...
Rodney : Je suis sûr que tu lui plairas.
John sourit et déposa un baiser dans le cou de son compagnon. Il espérait que ce dernier avait raison parce que plus il pensait à ce dîner et à sa présentation à la sœur de Rodney, plus le nœud qu'il avait au fond de l'estomac ne cessait de grandir.
