Saluuuut !

AWESAUCE (c'est comme awesome, mais avec de la sauce c'est meilleur!), on me dit dans l'oreillette que vous avez permis au compteur de dépasser les 2000 reviews sur cette fanfiction... Parti comme c'était parti, et avec les polémiques sur le parring de cette histoire, je m'attendais à tout sauf à passer cette barrière ! C'est juste incroyable pour moi et je vous en remercie du fond du coeur ! Je ne pensais pas en arriver à ce nombre et j'en suis honorée !

Donc, un gros merci à vous toutes (celles qui lisent sans laisser de message -et je le comprends, parfois on a juste rien envie de dire, ou pas envie de dire des trucs). Un énorme merci aussi à toutes celles qui se manifestent :

JasperWife, AuroreAthena, lia3011, lapiaf8, Liline57, fan-par-hasard21, Samystère, Imaginaire-de-kiki, breizangy, lena -lna933-, LolaMiSweetlove, Sky008, erika shoval, coco-des-iles, camillemisscara, halay, fan de twilight x2, Mariefandetwilight, mmccg, ousna, Ptitewam, Aliiice, Lapinou63, Nini Hathaway, catiuski, Em 81 (Ca manquait les chapitres guimauves lol), mamoure21 (Humm... Et bien apparemment selon mes prévisions, je pense m'arrêter à 40 ou 41 chapitres!), Lily-Rose-Bella (Ouais j'serai cruelle de faire perdre son bébé à Bella... mais bon c'est pas la cruauté qui me fait peur =D), ulkan13, CaroolineF13, Grazie, amlove, laurence83, Atchoum16, Brand0fHeroine, vinie65, sarinette60, calimero59, emy299, bichou85, sweetyMarie, Titie, aude77, Habswifes, Ilonka, katner et Butterfly971.

Donc, comme je le disais en répondant à mamoure21, je pense que cette histoire poussera aux alentours de 40 voire 41 chapitres. Ca semble prendre cette direction en tout cas.

Je ne vous embête pas plus, je remercie ma bêta Marine pour sa correction rapide !

Passez un bon week-end sous le soleil, profitez-en & prenez soin de vous!

Tiftouff19.

-o-o-o-

Chapitre 36 : L'un avec l'autre

Point de vue de Jasper.

Alice avait finalement accepté de parler avec ses parents de sa vraie mère, Clara. Bien que Charlie et Renée n'ignoraient rien de sa visite en Floride, Alice ne leur avait que peu parlé. Lorsque j'avais franchi le pas au sujet d'Evie avec mon père, Alice avait décidé d'aborder les choses avec ses parents adoptifs, pour qu'ils sachent à quoi s'en tenir.

Ma femme venait d'investir le salon avec ses parents, et par pudeur je décidais d'une balade. J'embrassais le cou de mon épouse.

- Je vais au lac, rejoins-moi quand vous aurez terminé...

Elle acquiesça et je quittais la maison, direction le lac. Durant deux heures, je patientais en observant le paysage, ou consultant mon portable pour appeler quelques acteurs dont j'avais récupéré les C.V pour organiser bientôt le casting pour mon film. Ma femme fit son apparition vers 16h, souriante et détendue. Elle me rejoignit au pied du vieux chêne contre lequel j'étais adossé et s'installa entre mes jambes.

- Salut...

- Salut !

Je l'embrassais chastement.

- Alors ? Ca a donné quoi ?

- Et bien, Charlie n'a trop rien dit, mais Renée m'encourage à continuer à aller voir Clara de temps à autre, et je suppose que c'est ce que je vais faire...

- Tu en as envie ?

Elle acquiesça.

- Pas tout le temps, mais j'imagine qu'en rendant visite à Monica, je peux aller la voir...

Je repoussais ses cheveux sur le côté, ils avaient bien poussé maintenant et elle les avait pratiquement aux épaules.

- Bonne idée, on ira voir ta tante si tu veux ?

- Je veux bien...

- On pourrait même prendre quelques jours pour y aller...

- Bientôt ?

- Bah ouais... La Floride c'est joli et puis ça nous ferait breaker un peu pour nous retrouver... Ta tante accepterait de nous loger ?

- Je pense... Ca va faire déménager les filles mais je pense qu'elles seront d'accord !

- Sinon on louera une petite chambre d'hôtel, et on en profitera pour aller voir ta mère...

Elle se blottissait contre moi, son nez froid touchant mon cou.

- Je ne veux plus aller la voir sans toi...

J'appuyais mon visage contre son front.

- Il n'en est plus question... T'as pas à affronter ça toute seule ! Et je refuse que tu affrontes ça toute seule...

Je l'entourais de mes bras, et le soleil caressait nos peaux.

- C'était dur tu sais... La voir comme ça, regarder le plafond... Etre à côté d'elle... Je ne sais même pas si elle se rappelle qu'elle a eu une fille qu'elle a abandonnée...

- Tu sais, si on en croit le récit de ta tante, elle a définitivement perdu le peu de raison qui lui restait après t'avoir déposée devant cet orphelinat...

Je caressais le dos de ma femme.

- Je m'en sens coupable...

- T'as foutrement pas à l'être, comme je ne suis pas responsable de la mort de ma mère !

- J'aurais aimé que tout soit plus simple... Qu'on soit comme dans un film, qu'elle retrouve la tête et la raison quand je serais rentrée dans la pièce... Qu'elle me reconnaisse et qu'elle retrouve ses esprits...

C'était un joli rêve...

- Je sais mon amour... Mais ça ne marche pas comme dans les films malheureusement...

Elle ne répondit pas, et je réalisais seulement qu'elle pleurait en baissant les yeux sur elle.

Merde !

- Oh non mon bébé... Pleure pas... Shhh... Pleure pas...

Elle éclata en sanglots contre mon torse.

- C'est... tellement injuste...

- Je sais mon coeur... Je sais... Allez pleure si t'as besoin, j'suis là...

Nous restions devant ce lac jusqu'à ce qu'elle se calme. Je restais là, pour elle. Avec elle.

C'est juste notre place : l'un avec l'autre.

::..

C'est comme ça que nous avions voyagé jusqu'à Jacksonville, pour trouver refuge chez sa tante quelques jours. Monica n'avait pas caché son enthousiasme de nous voir ensemble et nous avions pris nos appartements dans la chambre de la petite Lucy, qui dormait avec sa soeur pour la durée de notre séjour.

Et au bout de deux jours à peine, nous prenions la voiture de sa tante pour nous rendre dans cet asile, où Clara se trouvait. Alice était crispée, se tenant contre moi. Monica nous accompagnait, nous devançant pour récupérer des badges utiles à notre accès à la grande salle. Nos mains entrelacées, nous avancions jusqu'à Clara, qu'honnêtement je n'aurais pas reconnue. Mais elle ressemblait à Alice, et ma femme face à sa mère, c'était une évidence. Monica s'approchait, à l'aise.

- Bonjour Clara ! Alice est revenue te voir, elle est mariée tu sais, et l'homme avec elle c'est Jasper ! Il n'était pas là l'autre jour...

La dite Clara osa un regard sur nous, tellement bref. Alice se rapprochait de moi.

- Bonjour maman...

- Bonjour Clara...

Clara reportait son regard ailleurs, et Monica lui pressait la main.

- Ca n'a pas l'air d'aller aujourd'hui, toi...

Un infirmier s'approchait.

- Elle a eu une nuit agitée... Elle a beaucoup crié...

- Des cauchemars ?

- Oui !

- Répétés ?

- On a dû lui administrer un calmant par piqûre et lui attacher les bras et les jambes pour qu'elle ne se relève pas...

C'est pas une bestiole quand même, merde ! Contre moi, Alice se tournait, son visage contre mon torse. Je caressais ses cheveux, déglutissant en observant cette femme. Alice entourait ma nuque de ses bras.

- Je peux pas, Jasper... Je peux pas...

- D'accord...

Je frictionnais son dos et embrassais son front.

- On va sortir, Monica... On vous attend à la voiture...

Sa tante opina et j'entraînai Alice à l'extérieur de l'institut.

Elle s'éloignait de moi, avançant au milieu du parking ombragé, ses mains sur son visage. C'est trop pour elle !

J'attrapais une clope dans ma poche et l'allumais. Je m'approchais.

- Ca va ?

- J'peux pas... C'est immonde... On dirait une... un animal qu'on pique parce qu'elle crie et qu'on attache juste pour avoir la paix... C'est ma mère...

J'opinais.

- Je sais ma belle... C'est la fatalité malheureusement...

Elle se retournait vers moi, les yeux tristes.

- Ils ne la considèrent pas ici...

- T'as une idée ?

- On pourrait p'tètre... trouver un autre endroit mieux pour elle ou...

- Elle a Monica ici... Je ne sais pas si ta tante voudra s'éloigner d'elle, tu comprends ?

- Il y a bien d'autres endroits, même dans la région, non ?

Je haussais les épaules.

- On peut se renseigner si c'est vraiment ce que tu veux...

- Ca va sûrement être cher... Mais je paierais...

- ON paiera... D'accord ? On paiera tous les deux...

Je me tournais vers le vieux manoir qui accueillait Clara. Même la façade n'inspire pas confiance... C'est pas parce qu'ils n'ont pas de tête, qu'ils doivent être balancés dans le premier taudis venu...

C'est ainsi que nous en sommes venus à chercher un nouvel établissement pour Clara. Par chance, il y en avait un deuxième, certes un peu plus éloigné du domicile de Monica, mais qui était bien plus convenable : chambres individuelles, personnel plus étoffé et visiblement plus compétent. Nous avions effectué quelques recherches sur Los Angeles, et avions trouvé d'autres établissements. Mais Monica s'était opposée à son transfert si loin d'elle. La mort dans l'âme, Alice avait accepté que nous la fassions rentrer dans un nouvel établissement proche de Jacksonville.

Quelque part, ça m'arrangeait. Alice n'avait pas à prendre à sa charge exclusive sa mère folle, même par culpabilité. Alice devait avoir sa vie à elle. Clara avait eu quelques minutes de lucidité pour lui offrir une vie loin d'une mère sans raison. Elle n'aurait pas voulu que sa fille se sacrifie, j'en étais certain.

::..

Les papiers furent très vite remplis, et on ordonna le transfert de Clara pour début septembre, ce qui nous laissa le temps de revenir pour assister à l'apéritif du mariage de Maria.

La dernière fois que j'ai été au mariage de Maria, je me rappelle bien du déroulement de l'affaire...

Lorsque je me garais devant le manoir loué pour l'occasion, je me sentais extrêmement bizarre. Ca avait été le mien, il y a quelques années en arrière.

Alice avait passé l'une de ses premières créations : une robe de cocktail absolument sublime, d'un bleu nuit. Elle était divine avec ses talons noirs, et son châle blanc.

- Si on m'avait dit que j'assisterais une deuxième fois à "Maria en robe de mariée"... murmura ma femme.

Je souriais et faisais un petit clin d'oeil à mon lutin avant de nous avancer vers la salle des cocktails. Quelques invités étaient déjà présents, et je reconnus la soeur de Benjamin, Tia, qui s'approchait de moi.

- Jasper ! Je ne pensais pas te voir ici !

- Salut Tia... J'te présente ma femme, Alice...

Tia souriait d'un air entendu à Alice avant de lui serrer la main.

- C'est donc elle...

- Oui, c'est elle... La cérémonie est terminée ?

- Oui... Certains font des photos en extérieur avec les mariés...

- Pas toi ?

- Tu sais que j'ai horreur des photos...

Un serveur passait avec des coupes de champagnes et nous en prenions une chacun.

- Merci... Alors... et toi, toujours dans le milieu du ciné ?

- Bien sûr, pourquoi changer ?

Elle haussait les épaules.

- Et vous, Alice ?

- Dans le milieu de la mode... J'ai longtemps tourné avec Jasper, j'ai fait des costumes mais j'ai créé ma propre boîte de sur-mesure depuis peu...

- Cette robe est votre création ?

Alice opinait, et je pouvais sentir d'elle toute sa fierté.

- C'est une merveille !

- Merci !

J'allais ajouter que le talent de mon épouse était naturel mais une salve d'applaudissements m'interrompit et je me retournais pour voir apparaître le couple de jeunes mariés.

Wow...

- J'adore sa robe... murmura Alice.

Et c'est vrai qu'elle était belle : une jolie robe crème bouffante, avec des tons un peu plus éclaircis. Putain... Benjamin, à son bras, rayonnait dans un costume noir. Ils saluèrent et embrassèrent les invités, et bientôt, Maria m'aperçut.

Je n'étais pas jaloux, mais voilà. La page était définitivement bien tournée cette fois-ci. Ils étaient là, beaux, heureux et amoureux, comme nous l'étions. Finalement, Maria s'était trompée : nous n'étions pas faits l'un pour l'autre. La preuve.

Ils s'avancèrent vers nous, Benjamin un peu étonné de ma présence. Alice et mon ex-fiancée se jaugèrent un instant.

- Jolie robe, Alice...

- Oh, merci... Mais elle n'égale pas la tienne... C'est toi la mariée après tout !

Elles se souriaient et je sus que la glace était brisée, définitivement.

- Alors ça y est Benji ? Tu t'es jeté à l'eau ?

Il opinait, et finalement me souriait.

- Ca fait bizarre...

- Ouais...

J'attrapais la main d'Alice.

- Mais tu verras... C'est pas si mal...

- Je sais...

Maria fut embarquée par ses tantes pour faire des photos, et Alice me fit un clin d'oeil avant de s'éclipser vers le buffet. Je savais là que je devais profiter de l'euphorie ambiante.

- Ben ?

- Ouais ?

- J'ai déconné, hein ?

Le marié prit son verre.

- Un peu...

- J'suis désolé, alors...

Ses yeux s'écarquillèrent.

- Wow... Jasper Cullen qui s'excuse ? Ca existe ?

- J'ai fait que ça ces derniers temps...

- Et t'as vu, ça t'a pas arraché la gueule finalement...

- Et ben nan...

Il avala un petit four, vida sa coupe et s'approcha pour m'enlacer.

- Excuses acceptées... Dans mes bras mon pote ! Tu m'as trop manqué !

Je lui tapotais le dos.

- Félicitations... J'te souhaite d'être heureux avec Maria... Prends soin d'elle... Même si on ne s'est pas quittés en bons termes. Prends soin d'elle...

- Promis ! Et toi, continue sur ta lancée... T'es sur la bonne voie pour devenir un sacré mec !

- J'ai toujours été un sacré mec !

Il éclatait de rire et nous fîmes tinter nos verres.

Les filles nous rejoignirent, et nous évoquâmes leur voyage de noce, qui me redonna envie de voyager avec ma femme. Bientôt elle, et moi, et un tour du monde. En avalant mon verre de champagne, je m'en fis la promesse.

Après quoi, honnêtement, à part avoir bien bouffé, bien bu, et avoir fait la gigue avec Alice toute la nuit dans notre chambre réservée au manoir, je ne me rappelais plus de grand-chose...

..::..

- Point de vue d'Edward -

Le 13 septembre était vite arrivé, et il ne pouvait y avoir plus beau cadeau d'anniversaire pour ma femme que cette échographie. Elle se portait très bien, flemmardait très bien, et prenait soin d'elle et du bébé dans son ventre. Ou des bébés... Si ça se trouve va savoir, c'est des triplés ! Ou pire...

Je n'avais rien avoué, car elle se serait inquiétée, mais j'attendais beaucoup de ce rendez-vous médical. Savoir comment va le bébé, et je comptais bien harceler le professionnel de santé pour vérifier ses affirmations. Et vérifier qu'on aura pas trois bouches supplémentaires à nourrir !

Après tout, la première échographie de bébé n°1 avait été positive elle aussi... et peu de temps après... c'est pour ça qu'on avait changé de cabinet médical.

L'obstétricien fit enlever à Bella son pantalon, pour faire une échographie vaginale. Ok... Y a que moi normalement qui doit connaître cet endroit hein... Ca va que je dirais rien pour aujourd'hui... Mon coeur battait anormalement vite en attendant que cet examen ne délivre ses premiers résultats. Je n'avais pas été là pour la première fois, mais j'avais pris ma journée exceptionnellement pour accompagner ma femme ici. Faire mon rôle de papa, quoi. De futur papa foutrement heureux !

Bella était crispée, et j'embrassais son front discrètement. Pour toute réponse, elle resserra sa prise sur ma main. Puis, alors, le bruit d'un coeur qui n'était pas le mien, s'éleva dans la pièce. Le bruit était régulier, presque en écho. Ils pourraient mettre de meilleures enceintes !

- Alors... voyons voir tout ça...

Sur l'écran apparut alors des taches, blanches et noires. J'y comprends que dalle, mais on dirait bien que y en a trois...

Bella penchait la tête et me souriait, les yeux pleins de larmes.

- Salut bébé...

Le professionnel continuait ses manoeuvres, insensible au grand moment qui se jouait sous ses yeux : mon fils, ou ma fille, ou les trois, sont devant lui. Et lui, il reste insensible. Connard ! Ca t'épatera quand tu le ou la verras. Ou LES verra tiens !

- Est-ce que tout va bien ? demanda Bella d'une voix chevrotante.

Ma gorge se nouait.

- Hmm...

Mon ventre se noua, et je crus que la bile allait remonter.

- Quoi ?

Bella se redressait.

- Dites-nous... J'ai déjà fait une fausse couche alors... S'il vous plaît...

- Vous voulez vraiment savoir ?

J'opinais, tentant d'occulter les derniers instants de la précédente grossesse de Bella... J'suis sûr que va y avoir un couac, genre des triplés ! C'est bien mon style ça, des triplés !

- Y en a trois, c'est ça ?

- Pardon ?

- Bah Edward... Pourquoi tu veux qu'il y en ait trois ?

Mais le praticien ne cillait pas et mon coeur s'accélérait trop vite.

- Oh non... Plus que trois, hein ? quatre ? Cinq ?

L'homme éclatait de rire.

- Calmez-vous monsieur Masen... Il n'y en a que deux...

Ah, que deux, ouf... Que... HEIN ?

- PARDON ?

Le type se mit à rire.

- J'ai le plaisir de vous présenter bébé numéro un, et bébé numéro deux...

Deux tâches s'animèrent, et je crus que mon coeur allait lâcher.

DEUX BEBES ! ON VA AVOIR DEUX BEBES...

Ok... en définitive, mon coeur va lâcher...

Bella eut un sanglot bruyant, sa main devant sa bouche.

- Oh mon dieu... Deux bébés... Des jumeaux...

Des jumeaux... Merde... Des jumeaux...

- Tout a l'air de bien aller... Mais vu qu'il s'agit là d'une grossesse gémellaire, on va renforcer les contrôles, avoir des échographies plus régulières, et surveiller tout ça...

- Est-ce qu'il y a un risque ?

- Absolument aucun à ce jour...

- Excusez-moi... Vous êtes sûr de vous ?

- Absolument monsieur...

- Parce que voyez, à la précédente grossesse, tout allait bien aussi à la première écho et on a quand même perdu ce bébé alors...

Il nous souriait, apaisant.

- Je suis formel... Bien évidemment, votre fausse couche précédente, et là ces deux bébés, nous allons faire attention. Mais inutile de vous alarmer, ni de créer du stress inutilement. Vous travaillez actuellement Mrs Masen ?

- Non, je suis au chômage pour le moment...

- Alors évitez trop de stress, et si vous retrouvez un emploi, évitez le surmenage... aussi les montées d'escaliers, et les voyages trop longs...

- D'accord...

- Je ne vois aucune raison de nous alarmer... Vous allez prendre rendez-vous en sortant pour la prochaine échographie, disons dans un mois...

Il se levait et s'apprêtait à retirer son... comment dire... son "engin" à défaut d'autre terme de l'intimité de ma femme mais je l'arrêtais.

- Excusez-nous... mais pourriez-vous... Enfin, vous pouvez imprimer des photos ?

- Bien sûr !

Il s'exécutait, et sortit plusieurs clichés.

Pour maman celui-là...

Dans la voiture, Bella regardait par la fenêtre et souriait, une main posée sur son ventre.

- Ca va ?

- Je suppose que oui... Et toi ?

- Je suis soulagé que ça ne soit pas des triplés !

Elle tournait la tête vers moi.

- Tu ne voulais pas de jumeaux ?

- Je n'y avais pas vraiment pensé en fait... Et toi ?

- Ben... Ca m'a mis un petit coup mais je crois que je suis heureuse...

Je souriais et pressais sa main.

- On aura juste fait nos deux enfants en une seule fois...

Elle opinait et je m'arrêtais à un stop. Elle se pencha et posa sa tête contre mon épaule.

- Ca risque d'être compliqué...

- Oui... Au début sûrement... Mais je suis heureux d'avoir ces deux jumeaux avec toi, Bella...

Elle se redressa, passa sa main derrière ma nuque et m'attira à elle pour m'embrasser doucement.

- Je t'aime...

Je posais ma main sur son ventre.

- Et je les aime déjà...

Elle appuyait ma paume contre elle.

- Moi aussi je vous aime tous les trois...

Le feu passait au vert et je roulais vers notre petit appartement, pour nous ramener chez nous, là où nous avions conçu ces deux bébés. D'après l'estimation, on les aurait conçus peu de temps avant notre anniversaire de mariage. Il est vrai que nous avions partagé quelques rapports sans protection...

Ce sont des bébés supermans que j'ai fait !

J'avais du mal à croire que Bella attendait un enfant, et encore plus deux enfants pour le coup, et que c'était moi qui avais implanté ma "petite graine"... MES petites graines en elle, pour faire ce miracle de la vie. Dans quelques mois, six environ, deux petits visages viendraient égayer notre existence : nous empêchant de dormir d'abord, puis nous procurant les plus grandes joies du monde. Nous allions grandir et vivre avec eux, et les deux me regarderaient en m'appelant "papa".

J'espérais être un bon papa. Je n'avais jamais vraiment eu de modèle, mais je voulais donner de l'amour, les voir grandir, être complice et à la fois le symbole de leur sécurité.

Merde... J'vais avoir DEUX bébés...

..::..

Point de vue d'Elisabeth.

Je n'avais pas pu m'empêcher de perdre l'équilibre lorsque j'avais ouvert cette enveloppe marron, qui m'était destinée, de l'écriture de mon fils. Une simple photo, une échographie et j'avais pleuré, laissant les larmes tomber avec encore plus de force lorsque j'avais vu les deux inscriptions : bébé 1, et une autre : bébé 2. Et un autre petit texte sur un petit papier blanc, toujours écrit par mon fils : Les bébés se languissent de rencontrer leur grand-mère Elisabeth, d'ici six mois. Papa et maman sont aux anges, et espèrent que cette nouvelle mettra du baume dans le coeur de leur jolie mamie.

Esmé avait reçu le même papier, avec un mot de sa fille tout aussi touchant. Nous avions eu la même réaction, une réaction de maman, et nous étions rencontrées à mi-chemin entre nos domiciles, l'échographie en mains et les larmes sur les joues. Elle venait chez moi comme j'allais chez elle...

Nous avions juste eu cette réaction naturelle de nous serrer dans les bras l'une de l'autre, gardant en tête la peine d'Isabella lors de sa fausse-couche précédente. Mais cette annonce-là avait quelque chose de magique, de positif. Le climat peut-être, le soleil, l'ambiance actuelle. Mais ces enfants allaient arriver dans un endroit serein et entourés d'amour, ce qui était une suite logique à l'amour qu'avaient reçu leurs deux parents...

C'est dans cet esprit que j'entrepris un voyage à Chicago, alors qu'Eric était bloqué à Port Angeles au travail. Il avait encouragé ce bref séjour de trois jours chez Jerry, l'oncle de mon fils. J'étais venue ici pour leur annoncer la nouvelle, bien qu'ils avaient eux aussi reçu une petite lettre, sans photos malheureusement. Mais si j'étais venue ici, c'était surtout pour rentrer dans ce petit cimetière, comme je venais de le faire. Il doit savoir... il aurait été tellement heureux de l'apprendre, de voir son fils devenir papa... de jumeaux...

Mon petit garçon est un homme, il est devenu un si bel homme et va être papa. Il aurait eu le meilleur des modèles si la tragédie ne l'avait pas emporté...

Je m'agenouillais devant la tombe. "Edward Masen Senior, père, époux." car c'est tout ce qui comptait au moment où il nous a quitté...

- Bonjour mon amour...

Car en dépit de tout, et même si je suis très heureuse et très amoureuse d'Eric, Edward Senior restera mon amour, pour toujours.

J'effleurais du bout des doigts le marbre de la tombe face à moi. Sa place n'était définitivement pas ici, et jusqu'à il y a quatre ans, il m'arrivait souvent de souhaiter me retrouver à ses côtés. Tout couper, tout arrêter, et le retrouver assis sur un nuage, lui toujours beau dans l'éternité, son sourire à se damner. Parfois, je me plaisais à me dire qu'il m'attendait là-haut. Mais plus les journées passaient, et plus je voulais rester ici. Notre fils m'accrochait ici bas, et maintenant ses futurs enfants, ainsi que sa femme qui est comme ma fille.

- Tu vois... Je crois que le Paradis est descendu sur terre ces derniers jours... Je suis venue ici pour t'annoncer ce que tu aurais probablement attendu avec une certaine ferveur si tu avais vu Edward grandir et épouser Bella... Ils vont avoir deux bébés... Oui, deux bébés...

Je souriais bien malgré moi. Deux bébés.

- Deux fois plus de tricot, Edward...

J'aurais pu entendre le sergent se mettre à rire.

- Je suis tellement heureuse pour eux deux... Bella est ce qui pouvait arriver de meilleur à Edward. Je crois que malgré tout ce qui se passait à l'époque, il a trouvé son salut en allant travailler chez les Cullen... Bella est née pour lui, comme il est né pour elle... J'espère que tu le vois de là-haut, vois comme il est beau et comme il rayonne. Notre fils s'est transformé depuis toutes ces années, et jamais même dans mes rêves les plus fous je ne l'aurais imaginé si beau...

J'extirpais l'enveloppe de mon sac.

- Voilà la première échographie de ces deux bébés dans le ventre de Bella... J'aurais aimé voir la tête d'Edward quand ils ont su qu'il y en aurait deux... Mais il les aime déjà, j'en suis certaine...

Je soupirais, inspirant une bouffée d'air frais.

Le vent se levait doucement sur le cimetière, mais il faisait bon. Je crois que la bonne nouvelle déteignait même sur les conditions météorologiques... Tout allait être beau désormais, j'en étais certaine. Pour moi, ces deux enfants étaient comme s'ils m'appartenaient déjà, comme s'ils étaient ma chair et mon sang. J'aurais aimé avoir une famille nombreuse. J'aurais aimé que mon fils ne soit pas fils unique. J'aurais aimé que son sergent de père me donne au moins trois enfants de plus. Mais la vie était ainsi, et le destin en avait décidé comme ça : Edward Sr avait dû partir, pour que je rencontre Marcus et que les tristes événements fassent en sorte que mon fils rencontre sa femme, celle qu'il aimait plus que tout au monde, voire plus que sa propre vie.

- Si je suis venue jusqu'ici, en plus de vouloir moi-même t'annoncer que tu devenais grand-père, c'est parce que j'avais une requête... Je te demande de les protéger, de là-haut... De t'assurer que Bella aille au bout de cette grossesse, que ces deux enfants viennent à nous avec la beauté, la gentillesse, la bonté d'âme et du bonheur plein les bras... Je te demande de faire en sorte que notre fils soit le plus heureux des hommes... Envoie-leur tout l'amour que tu peux... Ce n'est pas Dieu que je prie aujourd'hui, c'est toi... Donne-leur ce bonheur, et veille à ce qu'ils s'aiment, en dépit de tout et que surtout, rien ne vienne à les séparer... Personne n'a pu veiller sur nous à l'époque, fais en sorte que notre fils, sa femme et leurs enfants aient la plus belle vie qui soit...

Je me penchais légèrement, et embrassais le marbre avant de me redresser.

- Et n'oublie jamais que l'on t'aime... Et surtout que je t'aime...