Tout d'abord, désolée d'avoir mis aussi longtemps !

Ensuite... ben rien ;-)

Réponse aux reviews !

cuello : Merci de ce commentaire aussi constructif :-D

Llily.B :Merci bien ! Bondupois est bien une madame, mais si je peux te faire un aveu, c'ets bel et bien un bonhomme qui a importé le Quidditch aux States ! (Si tu vois ce que je veux dire... Sinon, jette-toi sur Le Quidditch à travers les âges )

lapin bleu sans patte : Oui les pauvres... voyager avec des Serpentard ne doit pas être très agréable. Mais je vais éviter autant que possible de tuer les gens de JK, elle le fait tellement bien elle-même ! mdr Merci !

la-shinegami : Bon ben, voilà la suite... Avec presque un mois de décalage, mais bon... lol Merci pour ta review :-)

fantasy112 : Ravie que ça te plaise... Par contre si tu veux toujours me frapper, je t'informe (comme je l'ai déjà fait avant, vu que tu n'es pas la/e premier/e à vouloir le faire ;-) ) que j'ai des gardes du corps très costauds... Merci pour ta review !

Melkor-the-morgoth : Merci beaucoup, c'est super gentil ! Et bon courage pour tes études... je sais ce que c'est... soupir

Swendaii : Bon alors, qu'est-ce que ça veut dire ?Tu manges un brownie en lisant cette histoire et il ne te vient pas à l'idée de m'en donner un bout ? Grmmbll... Ca ira pour cette fois... mdr c'est vrai que Harry passe souvent pour un idiot dans les fics, et je dois avouer que même ici parfois il est un peu limite... mais bon, c'est Harry quoi ;-) Sinon, désolée que tu trouves mes chutes de mystères décevantes, (du moment que tu ne critiques pas ma chute de rein, hahahaha ! Bon j'arrête les blagues) moi je les trouvais très rusées ! lol J'espère que la suite te conviendra mieux. Quoi qu'il en soit, merci de ta franchise ! Et pour les détails croustifondants,il n'y en aura pas, parce que je ne me sens pas du tout à l'aise avec ce genre d'écriture. Lire oui, mais écrire je crois que je n'y arriverais pas. Donc désolée, mais ils n'iront pas au numéro 10 ;-)

Pfiou, j'ai jamais fait une réponse aussi longue... Merci beaucoup pour ta review :-)

Flory Wess : T'inquiète pas pour les reviews, ça m'est égal d'en avoir beaucoup ou pas (ce qui m'intéresse plus, par contre, ce sont les "hits" ;-) !) Si tu te proposes pour buter Lucius, tu es la bienv... ah non, tu flinguerais mon histoire par la même occasion ! mdr Merci pour ta review !

drago malefoy16 : Merci, c'est très gentil :-)

Amy Keira : Merci ! C'est vrai que les personnes avec qui l'on voyage font toute la différence, en général... lol


Voilà donc arrivé le chapitre nouveau... J'espère que vous l'aimerez :-)
Avant-première

Piaffant d'impatience, les élèves sautèrent à bas des traîneaux dans l'herbe grasse de la clairière dans laquelle ils avaient atterri. Tout sourire devant tant d'enthousiasme, Bondupois dut réclamer plusieurs fois le silence avant de pouvoir se faire entendre.

- Laissez vos affaires ici, elles seront prises en charge. Pour ne pas perdre de temps, nous allons commencer tout de suite la visite.

Ces paroles furent accueillies par une salve d'applaudissements.

- Pour faciliter la tâche de nos guides, vous serez divisés en quatre groupes ; restez entre coéquipiers, ce sera plus simple. Severus, vous accompagnerez votre maison, je suppose ? Une dernière chose : je vous rappelle que vous bénéficiez d'une autorisation spéciale, aussi je ne saurais tolérer aucun comportement irrespectueux envers le personnel ou le matériel. C'est compris ?

Tous hochèrent vivement la tête en signe d'approbation ; ils étaient pressés de se rendre au stade, que les arbres qui délimitaient la clairière cachaient encore à leur vue.

Bondupois les guida sur un petit sentier jusqu'à ce qu'ils fussent hors de la forêt. Plus loin, debout au bord du lac près d'une dizaine de barques qui rappelaient celles de Hagrid, les attendaient un homme aux cheveux blonds frisés.

- Salut Tab, dit-il lorsqu'ils furent à portée de voix.

- Bonjour Bart, répondit chaleureusement le professeur de défense contre les forces du mal. Je te présente Severus Rogue, maître des potions au collège Poudlard, au Royaume-Uni - les deux hommes échangèrent une poignée de mains courtoise - et les joueurs des quatre équipes de l'école.

- Quatre équipes ? s'exclama Bart. Mazette !

- Une par maison, expliqua brièvement Bondupois. Je peux te les laisser ? Il faut que j'aille voir Charlie.

- Bien sûr, acquiesça Bart. Alors, tout le monde, lança-t-il tandis que Bondupois s'éloignait, la rivière que vous voyez là, c'est l'Ohio. Et le lac derrière moi est artificiel. On a pensé que ce serait chouette de mettre le stade sur une sorte d'île et de faire traverser les spectateurs en barque.

- Vous ne pouviez pas vous installer sur un vrai lac ? demanda un Serdaigle.

- Ça aurait été assez délicat car nous avons démarré la construction cette année, or la Coupe n'est que dans deux ans ; les Moldus se seraient forcément aperçus que personne ne s'était approché de leur lac pendant trois ans, et on aurait pu avoir des ennuis. Le sortilège Repousse-Moldu n'est pas infaillible, vous savez.

- Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, marmonna Drago.

Harry, qui était juste devant lui, sourit furtivement tandis que plusieurs Poufsouffle émettaient des tss tss agacés.

- On a donc un peu détourné la rivière pour créer un lac. Je ne sais pas s'il y a des écologistes parmi vous, mais je vous rassure, tout sera remis en l'état quand la Coupe sera terminée. Bon, tout le monde est prêt ? En voiture Simone !

Bart se retourna pour examiner les barques.

- Vous devriez y tenir à trois. Après vous, mon brave, dit-il d'un ton jovial à l'attention de Rogue.

Celui-ci lui jeta un regard noir et s'installa assez maladroitement dans la barque que Bart lui indiquait. Il fut bientôt rejoint par Baddock et Nott.

Harry adressa un clin d'oeil discret à Drago et embarqua avec Ron et Hermione. Quand tout le monde fut installé, Bart sauta avec aisance dans l'un des canots et empoigna une sorte de longue perche qu'il planta au fond du lac pour faire avancer son embarcation.

- En fait les bateaux avancent tout seuls, dit-il sur le ton de la confidence à Neville qui partageait sa barque, mais ça me rappelle Venise. Tu connais Venise ?

La traversée ne dura que quelques minutes. Quatre dames aidèrent les élèves à accoster et à revenir sur la terre ferme. Chacune tenait à la main un morceau de parchemin.

Quand tout le monde fut rassemblé près de ce qui semblait être l'entrée principale du stade, l'une d'elle lut son parchemin et appela, hésitante :

- Gryff... Gryffondor ?

Les sept Gryffondor s'approchèrent d'elle tandis que les trois autres dames appelaient leurs maisons respectives.

La dame leur adressa un grand sourire. Elle avait les cheveux auburn et le regard vif.

- Enchantée, je m'appelle Denise. Je serai votre guide pour la visite du stade. Qu'est-ce que « Gryffondor » veut dire ?

Hermione lui expliqua le système des maisons, ce qui sembla plonger Denise dans une grande perplexité.

- C'est drôle, dit-elle. Mais vous avez quand même des prénoms, j'imagine ?

Chacun se présenta à tour de rôle et Denise proposa de commencer immédiatement à faire le tour du stade.

Harry regarda vers le groupe des Serpentard et s'attarda un instant sur le visage sérieux de Drago. Il était un peu déçu de ne pas pouvoir faire la visite avec lui, mais de toute manière ils n'auraient pas pu se parler même s'ils avaient été dans le même groupe. La guide des Serpentard semblait aussi charmante que Denise mais un peu niaise.

À ce moment Denise donna le signal du départ, et Harry jeta un dernier regard à Drago avant de traverser le porche géant.


Bouillonnant intérieurement, Drago regarda le groupe des Gryffondor s'éloigner. Il aurait voulu faire la visite avec Harry, rien que pour garder un oeil sur lui. Il comptait sur ce voyage pour passer un peu plus de temps avec lui, mais avait très vite déchanté quand il avait compris que les Gryffondor et les Serpentard se verraient très peu ; et l'aventure présentait soudain beaucoup moins d'intérêt à ses yeux. Mais Harry, lui, avait l'air un peu trop heureux pour être honnête.

Il essaya néanmoins de se montrer raisonnable et d'ignorer ce pincement au coeur lorsque la silhouette du Gryffondor disparut derrière un pan de toile tendu entre deux murs.

- Je suis Kristin, se présenta la guide.

Elle souriait bêtement, pas le moins du monde perturbée par l'expression malveillante qu'arboraient les élèves en face d'elle.

- Il n'y a que des garçons, je suis gâtée, gloussa-t-elle.

Sarah se racla bruyamment la gorge et Kristin s'écria :

- Oh ! Excuse-moi ma petite, je ne t'avais pas vue ! Allez, en route !

Tandis que les Serpentard emboîtaient le pas à Kristin, Baddock s'approcha de Sarah, manifestement pour lancer une plaisanterie, mais celle-ci l'arrêta d'un regard noir.

- Ça va être gai, soupira le gardien à l'attention de Drago en roulant des yeux vers la jeune fille.

- À qui le dis-tu...

Rogue, qui paraissait toujours aussi content d'être là, leur intima d'un ton sec de ne pas traîner.

Kristin n'avait pas seulement l'air stupide, elle l'était depuis la racine des cheveux jusqu'aux ongles des orteils. Ses commentaires étaient insipides et elle pouffait à tout bout de champ. Quand, dans les tribunes, Goyle trébucha et dégringola jusqu'en bas elle lui cria :

- Mais attends, mon petit ! Nous descendrons plus tard, pour l'instant j'explique comment sont construits les gradins !

Rogue leva les yeux aux ciel et pointa sa baguette sur Goyle pour le faire remonter en lévitant.

À l'heure du déjeuner ils rejoignirent les trois autres groupes pour manger en plein milieu de stade. Les Poufsouffle, les Serdaigle et les Gryffondor paraissaient plus excités les uns que les autres et babillaient joyeusement à propos de telle tribune officielle mobile ou de telle porte de vestiaire en or massif.

Les conversations s'arrêtèrent net quand le groupe de Serpentard arriva, et la vingtaine de regards froids qui les accueillit les dissuada - s'ils l'avaient jamais voulu - de s'approcher davantage.

Réalisant une fois de plus à quel point les Serpentard étaient méprisés par les autres maisons, Drago murmura :

- On se sent seul, parfois...

- Qu'est-ce que tu racontes, mon petit ? grogna Sarah qui l'avait entendu. Comme si on avait envie de manger avec ces idiots !

Drago fut forcé de reconnaître qu'elle avait raison. Les autres maisons n'aimaient peut-être pas les Serpentard, mais ceux-ci le leur rendaient bien. Il s'assit donc à l'écart avec son équipe, prenant tout de même soin d'avoir Harry dans sa ligne de mire, tandis que Kristin leur apportait un pique-nique substantiel.

Pas une seule fois Harry ne le regarda ; il n'avait d'yeux que pour Weasley, avec qui il semblait s'amuser comme un petit fou. Drago aurait voulu se lever d'un bond et hurler : "Je suis là ! Regarde-moi, Harry !" mais il avait la vague impression qu'une telle scène sèmerait le trouble dans les esprits.

Kristin revint à la fin du repas et fit apparaître une boîte rose.

- Tenez, ce sont des donuts que j'ai faits pour vous, dit-elle en tendant un beignet à chacun.

Drago n'avait plus faim et donna le sien à Crabbe, qui arrêta dix secondes de manger pour féliciter la cuisinière :

- Hmm ! Madame Kristin, vous faites de bons gâteaux !

Kristin rougit de plaisir et annonça que la visite allait reprendre.

Tandis qu'ils arpentaient le dessous des tribunes où, comme l'expliquait Kristin, serait entreposé le matériel de sécurité, Drago vit Nott s'approcher furtivement de Sarah. Il se pencha pour lui murmurer quelque chose à l'oreille et essayer de lui prendre la main. Sarah le repoussa et s'éloigna vivement.

- Pff, soupira Nott, les filles... !

Ne se sentant pas d'humeur à compatir aux malheurs d'autrui, Drago ne répondit rien. Devant un tel manque de réaction, Nott partit chercher du réconfort auprès de Zabini - s'il le trouva, l'histoire ne le dit pas.

- Quelque chose vous tracasse, Monsieur Malefoy ? fit soudain une voix froide à sa gauche.

Drago sursauta et releva la tête, pour tomber nez à nez avec Rogue.

- Non, tout va bien, assura-t-il.

- Vous ne semblez guère apprécier ce petit voyage que le professeur Bondupois nous a concocté...

- Sauf votre respect, professeur, vous non plus n'avez pas tellement l'air heureux d'être là.

- Je n'ai jamais été féru de Quidditch, dit simplement Rogue. Ecoutez, Malefoy, je ne crois pas avoir jamais dit cela à qui que ce soit...

Il marqua une pause et Drago attendit la suite de la phrase avec un mélange d'inquiétude et de curiosité.

- ... mais si vous avez besoin de parler, je répondrai présent, conclut Rogue avec l'ombre d'un sourire.

- Merci Professeur, répondit Drago, troublé. Je saurai m'en souvenir, ajouta-t-il en se promettant d'oublier cette conversation au plus vite.

Apparemment l'air américain ne faisait de bien à personne.

Il fut soulagé quand enfin Kristin les reconduisit au bord du lac - il n'aurait jamais cru qu'il fallait plus d'une journée pour visiter un stade de Quidditch.

Bart les accueillit joyeusement et ils s'entassèrent à nouveau dans les barques. Sur l'autre rive, Bondupois les attendait, presque aussi excitée que les Poufsouffle, qui n'avaient pas cessé de jacasser depuis l'embarquement.

- Alors ? Ça vous a plu ? demanda-t-elle avidement.

Tous - à l'exception des Serpentard - se mirent à pousser des exclamations enthousiastes, puis Bondupois les ramena à la clairière dans laquelle ils avaient atterri.

Les Padres et leurs attelages avaient disparu, remplacés par quatre bungalows adossés à la forêt - deux grands et deux plus petits.

- Les filles dans celui de droite, les garçons dans celui de gauche ! annonça Bondupois. Severus, vous n'aurez qu'à prendre celui-ci, ajouta-t-elle en indiquant le petit bungalow de droite. Je serai dans l'autre.

Le moral de Drago remonta en flèche lorsqu'il réalisa qu'il dormirait sous le même toit que Harry ; il s'approcha de Sarah, dont le visage s'était décomposé, pour la rasséréner.

- Allons allons, ma petite, ça se passera bien, dit-il avec une pointe de sarcasme dans la voix.

- J'aurais préféré dormir avec six brutes de Serpentard qu'avec dix fifilles de Gryffondor, Serdaigle et... - elle grimaça de douleur - Poufsouffle ! dit-elle d'une voix blanche, sans paraître avoir entendu Drago.

Ce dernier lui adressa un sourire compatissant - si Harry n'avait pas été là, lui aussi aurait détesté dormir avec des élèves d'autres maisons.

- Comment se fait-il que tu aies l'air si content, toi ? demanda soudain Sarah qui venait de retrouver ses esprits.

- Moi ? bafouilla Drago. Non, c'est... Je suis content d'aller me coucher, je tombe de fatigue, assura-t-il en feignant un bâillement sous l'oeil soupçonneux de Sarah.

- Allez mettre vos affaires dans vos bungalows respectifs, dit Bondupois. Installez-vous confortablement, puis on se retrouve ici pour dîner.

Les élèves s'exécutèrent prestement. Harry attendit que Drago eût pénétré dans leur bungalow pour entrer à son tour. Son plan était de faire en sorte d'arriver le dernier pour qu'il n'y ait plus qu'un seul lit de libre ; avec un peu de chance ce lit serait voisin de celui de Drago, et il pourrait s'exclamer bien fort à quel point il n'avait pas de chance de devoir dormir près de lui.

Mais à peine avait-il posé un pied sur le sol du gîte que Ron lui criait :

- Hé Harry ! Par ici !

Il avait réservé deux lits près de la fenêtre et Harry n'eut pas d'autre choix que de le rejoindre avec un sourire forcé. Un rapide coup d'oeil l'avertit que Drago, lui, s'était installé presque à l'opposé de la pièce, entre Nott et Blaise Zabini.

Harry avait passé une excellente journée, mais il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle aurait été encore meilleure s'il avait eu Drago à ses côtés. A l'heure du déjeuner il avait vainement essayé d'attirer son attention, mais le Serpentard gardait obstinément les yeux baissés sur son sandwich.

Il s'arrangea tout de même pour arriver à la porte en même temps que lui lorsque Bondupois les appela pour dîner. Drago lui adressa un sourire un peu raide et ils s'éloignèrent l'un de l'autre aussitôt qu'ils furent dehors.

- Et maintenant, au lit ! lança joyeusement Bondupois après les marshmallows grillés - malgré les vingt-cinq degrés et le fait qu'il fasse encore jour, elle avait tenu à allumer un feu de camp - Je sais qu'il est encore tôt, mais le décalage horaire a dû vous épuiser. Bonne nuit, et à demain !

Tout le monde alla se coucher sans rechigner.

Bien qu'exténué, Harry se força à rester éveillé jusqu'à ce qu'il fasse nuit noire et que tous les autres soient profondément endormis. Là, il se leva discrètement et sortit du bungalow en espérant que Drago aurait la même idée.

Il regretta aussitôt de ne pas avoir mis ses chaussures ; l'herbe était froide sous ses pieds. Il s'assit alors sur les marches menant au bungalow et attendit.

Il attendit longtemps. Apparemment Drago n'avait pas eu la même idée. J'attends encore dix minutes et tant pis, je rentre, décida-t-il, un peu déçu.

Il se dirigeait vers la lisière de la forêt pour se dégourdir les jambes lorsqu'il se raidit. Il venait d'entendre un craquement sec. Tous les sens en éveil, il se mit à scruter les arbres enténébrés. Soudain il se sentit soulevé de terre et plaqué contre un arbre ; l'écorce du tronc s'enfonçant dans sa chair lui arracha un gémissement et Drago se mit à l'embrasser fiévreusement dans le cou.

- Je suis content de te voir, souffla-t-il entre deux baisers.

- Moi aussi. Mais repose-moi, j'ai des fourmis dans les jambes.

Drago s'exécuta mais ne le lâcha pas pour autant. Au contraire, il redoubla d'ardeur et bientôt Harry avait les lèvres en feu. Il repoussa doucement mais fermement Drago et lui demanda :

- Alors, tu as passé une bonne journée ?

- Atroce. Et toi ?

- Vraiment excellente.

Le visage de Drago s'assombrit et sa voix se fit glaciale.

- J'aurais dû m'en douter.

- De quoi ? demanda ingénument Harry en approchant sa main du visage de Drago.

Mais ce dernier repoussa vivement sa main et Harry put voir à la lueur de la lune ses traits déformés par la colère.

- Pendant que je m'ennuyais comme un rat mort loin de Monsieur, Monsieur passait une « excellente » journée en compagnie de son ami Weasley ! s'emporta Drago.

- Arrête de crier, tu vas nous faire repérer. Et qu'est-ce qui te prend, d'abord ?

- Tu t'imagines peut-être que je ne vous ai pas vus rigoler ensemble à midi ?

Harry était partagé entre la consternation et la fureur.

- Ça ne va pas, chez toi ! Ron est mon ami, il l'a toujours été et ça ne changera jamais.

- Il le faudra bien, répliqua froidement Drago.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Tu as très bien saisi, j'en suis sûr.

- Je crois que itoi/i tu n'as pas très bien saisi. Il est hors de question que je fasse un choix ! Je ne t'appartiens pas, Drago. J'ai le droit de voir qui je veux et de choisir mes amis. J'avais une vie avant toi, et je...

- Hiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Comme un seul homme, ils se retournèrent vers l'endroit d'où venait le cri et sans se concerter ils dégainèrent leurs baguettes et foncèrent vers les bungalows.

Cho Chang était debout contre la porte et fixait quelque chose par terre, les yeux écarquillés de terreur.

Harry ne voyait pas ce qu'elle regardait ainsi mais il jugea préférable de ne pas s'approcher davantage. La porte des garçons s'ouvrit, ainsi que celle des filles, et quelques visages ensommeillés apparurent tandis que Bondupois arrivait à son tour, suivie par Rogue qui avait un filet sur la tête. Quelqu'un ricana et Rogue marmonna un juron. La seconde d'après, il n'avait plus que sa chevelure sur le crâne.

Bondupois se baissa et ramassa une sorte de longue corde.

- Allons ma fille ressaisissez-vous ! Vous n'avez jamais vu de serpent-jarretière ? Suis-je bête, gloussa-t-elle, comment l'auriez-vous pu, on n'en trouve qu'ici ! Magnifique spécimen, en tout cas ! Ne vous inquiétez pas, il est inoffensif, et je crois qu'il a eu plus peur que vous ! Retournez tous vous coucher, je vais le mettre plus loin - que faites-vous là, vous ?

Drago et Harry échangèrent un bref regard.

- Euh...

- Je ne veux pas le savoir. Retournez au lit, à demain.

Trop heureux de s'en tirer ainsi, les deux garçons filèrent sans demander leur reste. Heureusement, Ron dormait toujours profondément et Harry n'eut pas à inventer une excuse pour s'être trouvé dehors en même temps que Drago. Celui-ci, en passant devant son lit, lui adressa un piteux sourire, auquel Harry répondit par un signe de tête.


Il fut réveillé par le gazouillement des oiseaux. Il s'habilla rapidement et alla s'asseoir près d'Hermione sur l'un des rondins disposés autour des vestiges du feu de camp de la veille tandis que les autres filles évoquaient le serpent-jarretière qui s'était aventuré hors de son terrier durant la nuit.

- Tu aurais dû lui jeter une pierre dessus ! disait Jennifer Meadow en mimant le geste.

- Ou le piétiner ! ajouta Meredith Smith.

- Je n'avais pas de pierre à portée de la main et j'étais pieds nus, répondit Cho qui semblait toujours secouée par cette rencontre impromptue.

- Et Bondupois a dit qu'il était inoffensif, rappela Hermione.

- Oui mais il faisait peur, répliqua Meredith.

- Et il était laid ! renchérit Jennifer.

- Belle mentalité, fit Hermione en se tournant vers Harry. Bien dormi ?

- Oui, mais je n'ai pas réussi à mettre la main sur mes chaussures, ce matin... Tu ne les as pas vues ?

Hermione secoua la tête et lui tendit une tranche de bacon grillé.

- J'ai l'impression que Malefoy veut te parler, dit-elle soudain entre deux bouchées de pain.

Harry releva la tête et aperçut Drago, sur le rondin opposé, qui le regardait avec insistance.

- Tant pis, dit-il.

- Attends, je vais m'éloigner un peu et il viendra.

- Non, tu ne comprends pas, je ne veux pas...

Mais Hermione était déjà loin ; elle venait d'interpeller Ron qui faisait mine de se diriger vers Harry.

Harry essaya de toutes ses forces de faire comme s'il n'était pas là ; il n'avait pas envie de parler à Drago. Celui-ci passa derrière lui sans s'arrêter.

- Tes chaussures sont là où on s'est retrouvés hier soir. Je te les avais apportées, dit-il dans un souffle.

Il avait l'air tellement honteux que Harry s'en voulut d'être toujours en colère contre lui. Mais il ne parvenait pas à s'en empêcher. Il ne pouvait pas le laisser croire qu'il avait le droit de régenter sa vie à sa guise.

À la fin du petit-déjeuner il retrouva effectivement ses chaussures là où Drago le lui avait indiqué. Il les ramassa d'un geste rageur et rejoignit le reste des élèves, qui écoutait le professeur Bondupois énoncer le programme de la journée.

- Prenez vos balais avec vous ! lança-t-elle gaiement. Hier vous avez visité le stade en long et en large, mais aujourd'hui on passe aux choses sérieuses... Aujourd'hui nous allons étrenner le terrain !