Disclaimer : Le monde de Naruto ne m'appartient pas. C'est la propriété de Masashi Kishimoto
Résumé : « - Tu sais, le désir peut être plus fort que l'amour. Il suffit de désirer quelqu'un pour avoir envie d'être avec cette personne. A partir de maintenant, je te désire Naruto Namikaze
Couples : ItaNaru, SasuNeji, GaaraShino, MinaKushi
Genres : OOC, Drame, Romance, Fantastique
Review : les réponses seront là dans la semaine comme ce chapitre a été difficile à écrire et qu'on l'a modifié plusieurs fois avec mes bêtas ^^ et que je n'ai pas le temps de vous répondre.
Merci à mes deux bêtas, Misaki-kun et Disikas pour leur extraordinaire travail !
Bonne lecture
Chapitre 34
22 septembre 2010
- Qu'est-ce que vous comptez faire de cet enfant, Sarah ? Il aura bientôt cinq mois non ? Il est bien né aux alentours du 26-28 avril ? Les services sociaux n'ont toujours pas retrouvé ces parents ?
Sarah prit l'enfant dans ses bras et le berça doucement. Le bébé gigota un peu pour se trouver une bonne position et quand ce fut chose faite, il ferma lentement les yeux. Comme chaque nuit depuis maintenant plusieurs mois, l'enfant n'arrivait pas à faire ses nuits et se réveilla en pleurant au beau milieu de la nuit. Même si ce n'était pas le premier enfant dont elle s'occupait, sa qualité de bonne sœur la mettant sans cesse en contact avec des enfants, elle n'avait encore jamais été en contact avec d'aussi jeunes bébés et ne savait par conséquent pas quoi faire. Ses sœurs l'avaient aidé du mieux qu'elles pouvaient mais elles étaient toutes dans la même situation. Et invariablement, chacune pensait à laisser le poupon dans un orphelinat qui pourvoirait à ses besoins. Elle n'avait pas réellement envie de se détacher du bébé mais elle n'avait pas le choix. Les services sociaux l'avaient laissés à sa garde mais temporairement seulement, le temps de trouver une famille d'accueil pour le bébé. Comme c'était elle qui avait trouvé le bébé sur le pas de la porte, elle s'était tout de suite sentie responsable de lui.
- Non mais ils ont trouvé un endroit pour lui. Il y a un orphelinat tout près qui est disposé à le recevoir, répondit Sarah en couchant le bébé dans son berceau.
- Tu ne lui as toujours pas trouvé de nom ? demanda sa sœur, qui contemplait elle-aussi l'enfant avec tendresse.
- Non, je ne préfère pas. Si jamais il est adopté, ces parents voudront sûrement changé son nom. De plus, si jamais je lui donne un nom, il me sera difficile de me séparer de lui, murmura Sarah triste.
Elle comprenait qu'elle devait laisser partir le nourrisson mais ça lui brisait le cœur à chaque fois qu'elle y pensait. Un lien s'était créé entre eux et elle savait qu'elle ne pourrait jamais oublier ce magnifique bébé qui remplit ses journées depuis maintenant cinq mois. Si elle le pouvait, elle l'aurait sans doute adopté mais sa condition de femme d'église ne lui permettait pas ce genre de chose. En caressant lentement le petit pouce du petit garçon, elle pria qu'on retrouve ses parents ou que sinon, il tombe sur une bonne famille adoptive. Étant elle-même orpheline, elle savait le poids que cela représentait de n'avoir aucune personne en ce monde et le désespoir que l'on pouvait ressentir.
Vraiment, elle ne lui souhaitait pas ça.
27 septembre 2010
- Sarah ? Ils sont là.
Sarah acquiesça et recouvrit lentement le bébé qui la regardait dans les yeux. Les services sociaux allaient placer l'enfant dans un orphelinat en attendant de retrouver ces véritables parents. Ils n'avaient pas encore de pistes sur leur identité mais continuaient les recherches.
Prenant doucement le bébé dans ses bras, elle le souleva et le mit en face d'elle.
- Je ne sais pas trop quoi te dire, commença-t-elle alors que le nourrisson la regardait aussi. On ne se reverra sans doute jamais ou de temps en temps mais ce ne sera pas suffisant. Tu es bien trop petit maintenant pour te souvenir de quoi que ce soit.
Soupirant, elle cala l'enfant dans ses bras et joua avec ses mains.
- Je n'ai vraiment pas envie de me séparer de toi, murmura-t-elle alors que le bébé lui mordillait le pouce.
Plusieurs secondes passèrent pendant lesquelles elle essaya de graver l'image du bébé dans son cœur. Elle se noya dans ses beaux yeux bleus océan et caressa le petit duvet châtain qu'on pouvait voir sur sa tête. Celui-ci, inconscient du drame qui se déroulait, jouait à la mordre et mouvait ses mains autour de lui. Il ne savait pas qu'il serait bientôt abandonné dans un orphelinat où il passerait dix huit ans de sa vie si jamais personne ne l'adoptait. A cette pensée, Sarah eut l'envie subite de garder le bébé avec elle et de s'enfuir pour le protéger de tous les désagréments qu'il risquerait sans doute de rencontrer dans l'avenir. Mais elle savait que ce n'était pas possible. Elle n'était pas dans un film et la vie n'était pas rose.
- J'espère que tu pourras me pardonner un jour, souffla-t-elle alors que des larmes coulaient sur ses joues.
Le bébé s'arrêta de jouer quelques secondes, peut-être touché par la tristesse de la femme qui le tenait, mais recommença sans plus se préoccuper d'elle. Il était vraiment trop petit.
Sarah ne lui en tint pas rigueur et sourit pour se remonter le moral. Doucement, elle ramassa les affaires du poupon par terre et se dirigea vers la sortie. Les services sociaux l'attendaient dans la pièce d'en bas et elle ne se pressa nullement. Elle savourait chaque instant avec le poupon.
17 mars 2011
- Salut toi !
Yû caressa doucement la joue de l'enfant. Il passa un doigt sur son nez pour en tracer les contours, pinça ses joues quand l'enfant sembla apprécier la caresse, tritura tendrement ses cheveux pour finir par l'embrasser sur le front. Il était tellement heureux de le rencontrer enfin.
Il avait quitté le Japon sous sa forme astrale il y avait de cela quelques semaines. Il ne pouvait pas à proprement quitter le corps de Naruto car c'était son « récipient » comme certains le disent et qu'il n'était pas sa Chimère actuelle. Kurama et lui ne s'étaient jamais retrouvés à partager le même corps malgré qu'ils ne forment qu'un seul être. Mais ils savaient tous deux que le jour où cela arriverait, leur hôte ne pourrait avoir qu'une seule Chimère qui prendrait le pas sur l'autre. Même si Yû avait son propre corps pour se déplacer, il était limité dans ses mouvements car l'hôte ne lui « appartenait ». Il lui avait été très difficile de se déplacer et plusieurs fois, il avait réellement cru que son corps s'affaiblissait. Il ne pouvait pas se ressourcer puisque trop loin de Naruto et quelques fois, il avait dû s'arrêter pour rassembler son énergie éparpillée à travers Paris.
Comme dit à Kurama, il avait bien senti l'énergie du bébé alors que Naruto était transporté à l'hôpital. Il lui avait fallu du temps avant de retrouver exactement le lieu où il l'avait senti et quand c'était finalement arrivé, il s'était rendu compte que le bébé avait été comme « déplacé ». Avec une certaine gêne car il n'avait jusqu'à présent jamais eu à pister quelqu'un, il avait focalisé toute son énergie sur la trace du bébé et après quelques semaines, coupées de pauses pour se reposer, il l'avait enfin retrouvé.
Il se rappelait encore de la première fois qu'il l'avait vu. L'enfant venait de s'endormir dans sa petite chambre à l'orphelinat. Yû s'était doucement rapproché de lui et était resté comme figé. Il n'avait pas su comment agir. L'objet de ces désirs se trouvait là, à portée de main et en même temps si lointain. Plusieurs sentiments l'avaient traversé, de la joie de faire encore sa connaissance, de la tristesse de devoir déjà le quitter bientôt, la colère de ne pas pouvoir le voir grandir et de la mélancolie en repensant aux mois de grossesse de Naruto et à ce que lui et Kurama avaient senti quand le bébé se mouvait à l'intérieur de leur hôte. Il avait été le premier à sentir le bébé. Et le premier à s'en être attaché. Kurama avait été au début furieux. Il n'avait pas compris la grossesse de Naruto étant donné que celui-ci n'était censé porté que l'enfant de son âme sœur qui était Yoku. Il s'était aussi senti blessé en pensant à tout ce que cela signifiait et Yû avait dû user de patience pour le convaincre de ne pas intervenir et interrompre la grossesse. C'est là que Kurama avait vraiment réalisé ce que cela signifiait pour un hôte d'avoir deux Chimères. Naruto avait deux chimères donc deux âmes sœurs. Yû devait être pris en compte dans l'équation des couples et Kurama l'avait oublié. Parce que ce n'était encore jamais arrivé. Parce que c'était inimaginable.
Kurama était l'âme sœur d'Itachi. La partie humaine de Sasuke était l'âme sœur de Yû. Parce qu'un Uchiwa pouvait avoir deux âmes sœurs : sa partie humaine et sa Chimère pouvait se lier avec deux personnes différentes. Mais Sasuke n'avait pas choisi Yû. Mais Yû tenait tellement à lui et voulait tellement laissé une trace de lui qu'il avait fait en sorte que Naruto, en tant que son hôte, tombe enceinte du brun. Et le miracle tant attendu avait eu lieu : le bébé de Yû était né. Son si désiré bébé.
Même s'il avait dû trahir Kurama pour l'avoir, même s'il avait blessé Naruto en le mettant dans une situation effrayante pour un jeune homme aussi fragile il ne regrettait absolument rien. Bientôt il ne resterait rien de lui très bientôt car le siècle était bouclé. Rien d'autre que ce bébé. Et il l'aimait tellement qu''il en avait mal.
Sans pouvoir s'en empêcher, des larmes coulèrent de ses joues et tombèrent sur la joue de l'enfant qui venait d'ouvrir les yeux.
- Si tu savais à quel point tu étais attendu, mon petit. Je suis tellement heureux de te voir. Tellement…
A la pensée que l'enfant allait déjà sur ses un an au mois d'avril et qu'il ne le connaissait que depuis quelques semaines, le cœur de Yû se serra à lui en faire vraiment mal. Il se mit même à détester Kurama qui allait être près du bébé.
Décidant de ne plus y penser, Yû se pencha et tenta de prendre l'enfant dans ces bras. Étonnamment, celui-ci ne pleura pas et quand Yû l'approcha de son visage, l'enfant serra un de ses doigts. Amoureusement, Yû étreignit l'enfant et resta longtemps à le bercer.
Il l'avait enfin rencontré. Dans les jours qui suivirent et jusqu'à ce qu'il soit sûr que les services sociaux ne déplacent pas l'enfant dans un autre orphelinat, Yû ne le quitta pas un instant, le dévorant des yeux à chaque minute. Il l'avait tellement contemplé qu'il serait capable de le dessiner les yeux fermés.
Quand il fut sûr que l'enfant ne risquait plus de disparaître, Yû retourna au Japon pour en avertir Kurama. Il était temps d'être réunis.
19 mars 2011
- Coucou toi.
Suigetsu tourna la tête vers la porte de sa chambre et sourit en apercevant Karin. La jeune femme, vêtue d'une robe rouge avec des collants était tout simplement magnifique. S'il ne faisait pas aussi froid, elle aurait mis des sandales au lieu de ces bottes noires.
- Coucou, répondit Suigetsu en voyant la jeune femme arrivée.
Il ne se rendait toujours pas compte du nombre d'années qui était passés entre son accident et son coma et s'étonnait de voir Karin aussi…adulte. Lui-même avait changé mais comme ça ne comptait pas.
- Qu'est-ce que tu veux faire aujourd'hui ? demanda Karin en s'asseyant sur le bord du lit, un sourire aux lèvres.
Comme tout son entourage le lui avait fait remarquer, Karin souriait beaucoup plus. Depuis le réveil de Suigetsu, elle semblait reprendre goût à la vie et cela faisait du bien de la voir ainsi. Quand il vit qu'elle avait pris sa main dans la sienne, Suigetsu oubliait complètement ce qu'il voulait dire. Son cœur battait beaucoup trop fort. Autre fait remarquable, il s'était rendu compte que maintenant qu'il était un jeune homme, il avait des pulsions…sexuelles. La vue du corps de Karin réveillait en lui des sensations qu'il n'avait jamais connu auparavant et bien que cela le déboussolait un peu, il s'y était finalement fait. Depuis, il ne rêvait que d'une chose : faire plus qu'embrasser.
- Je ne sais pas trop…peut-être aller quelque part, finit-il par murmurer quand il prit conscience qu'il mettait trop de temps à répondre.
Karin lui envoya un sourire mystérieux avant de s'approcher et de l'embrasser chastement. Elle avait toujours peur de le brusquer et ne faisait jamais rien qui puisse trop lui demander d'effort. Son amant se remettait doucement et bien que ses jambes soient encore mous, il pouvait tout de même se déplacer mais sur de courtes distances. Pour l'instant, il n'avait pas quitté l'enceinte de l'hôpital.
Quand elle s'écarta, elle constata avec plaisir que Suigetsu rougissait et dans un geste tendre, lui caressa la joue. Elle-même ne revenait pas du bonheur qu'elle ressentait. Le monde lui paraissait plus beau et lumineux depuis cinq mois maintenant et malgré que parfois des flashbacks de son passé pas très glorieux lui revenaient en mémoire, elle n'éprouvait aucun regret. Sauf un seul : celui d'avoir blessé Naruto. Mais pour ça, elle s'était promis de tout faire pour se racheter auprès du jeune homme.
- Il y a un orphelinat tout près, on pourrait aller le visiter si tu veux, proposa-t-elle pour faire baisser l'atmosphère. Ils étaient trop excités.
Pourquoi pas, accepta Suigetsu en caressant sa main. Karin lui avait dit un jour, peu de temps avant son accident, qu'elle rendait souvent visite à une bonne sœur bénévole dans un orphelinat. Suigetsu ne savait pas si c'était celui-dont parlait Karin mais il avait hâte de la voir. La façon dont Karin la décrivait était très douce. Il était rare que sa petite amie parle de quelqu'un comme ça. Vraiment, il avait hâte de la voir.
Karin se promit de demander l'autorisation du médecin pour leur permettre cette sortie et pria pour qu'il accepte. Suigetsu avait grandement besoin de sortir pour reprendre des couleurs.
19 mars 2011
- Vous serez envoyé dans un Centre en Espagne dans trois jours. Là-bas, ils vous aideront à appréhender votre nouveau statut de Sans-Chimère. Vous ne serez pas très nombreux étant donné la rareté de votre...cas. D'habitude les Sans Chimères n'ont justement pas de Chimère mais ce n'est clairement pas votre cas. Il est prodigieux que vous ayez survécu, votre lien avec votre Chimère aurait faire que dès le moment où on l'a extraite de votre corps, vous auriez dû mourir. C'est un mystère que nous ne nous expliquons pas. Votre Chimère Kon, à cause de son instabilité, est toujours entre les mains de nos services. D'après nos tests et les résultats qui nous ont été donnés, il est ressorti qu'il est impossible d'arriver à la contrôler. Nous continuerons bien sûr mais vu sa puissance, il nous sera difficile de le relâcher. Avez-vous des questions ?
Kabuto regarda attentivement la femme face à lui. Il ne l'avait encore jamais vu depuis son incorporation. A vrai dire il n'avait pas vu grand monde. La seule visite qu'il ait reçue datait de quelques semaines déjà et il n'avait pas été particulièrement ravi de voir Itachi Uchiwa. Sans Kon, il n'avait pas pu se défendre contre l'attaque de la Chimère Yoku. Il avait expliqué à Naruto que les Chimères se manifestaient dans un corps physique seulement si c'était urgent mais il commençait à douter. Pourtant il tenait cette information d'un membre de la Communauté Chimérique. Kon ne lui avait pas confirmé mais il avait cru que c'était parce que c'était vrai. Mais en même temps, il s'était toujours demandé pourquoi Kon se manifestait à lui aussi souvent mais comme c'était toujours pour demander des nouvelles de Naruto, il ne s'était douté de rien. Maintenant, il se demandait si toutes les informations qu'il avait reçues étaient exactes. Mais il ne voyait pas pourquoi le professeur qui lui avait enseigné la Culture Chimérique lui aurait menti. Certes celui-ci lui avait la réputation d'être sénile à toujours se tromper dans ce qu'il disait mais c'était impossible qu'il se soit trompé sur quelque chose d'aussi important.
Soupirant doucement, Kabuto leva les yeux sur un plafond morne. Il ne savait même pas pourquoi il pensait à ça. Depuis qu'il était enfermé, il se mettait à remettre en question tout ce qu'il avait appris jusque-là. C'était en quelque sorte une petite rébellion contre Kon car c'était lui qui lui dictait sa pensée avant. Kabuto n'avait jamais pu réfléchir par lui-même jusqu'à présent. Il avait toujours été un esclave.
- Vous m'écoutez ? demanda la jeune femme, sans se départir de son sourire. On lui avait dit que le jeune homme était devenu amorphe et qu'il lui fallait un peu de temps pour saisir la situation. Ça faisait souvent cet effet-là à ceux qui perdaient leurs Chimères. Certes ils étaient rares, deux cas tous les dix ans environs, mais on veillait toujours à les prendre en charge.
Kabuto soupira une nouvelle fois et tenta de se concentrer pour se rappeler ce qu'elle lui demandait. Il avait envie de se promener. D'être libre.
- J'ai compris.
La jeune femme acquiesça et continua de lui expliquer le fonctionnement du Centre.
- Vous vous y plairez beaucoup. Comme ce n'est pas un hôpital à proprement parlé et que le bâtiment est assez petit, vu le nombre limités de résidents, vous bénéficierez d'une liberté considérable mais somme toute limitée. Nous n'oublions pas que même sous l'emprise de votre Chimère, vous avez quand même une certaine responsabilité dans tout ce qui est arrivé à monsieur Namikaze. Bien que vous ne fassiez l'objet d'aucunes poursuites judiciaires pour séquestration, nous garderons toujours un œil sur vous. Vous resterez au centre le temps qu'il faudra et ne le quitterez que si nos services l'approuvent. Vous serez nourris et logés mais devrez partager votre chambre avec un autre patient. Comme d'autres Sans-Chimères seront aussi présents, le Centre organise des rencontres qui vous aideront à répondre à certaines questions.
Elle continua ainsi pendant quelques minutes et Kabuto fit un effort considérable pour rester à l'écoute. Une heure plus tard, elle annonça la fin de la conversation et commença à ranger ses papiers en lui disant qu'un médecin passerait le voir dans la journée afin de passer des tests médicaux. Au moment où elle allait se lever pour sortir, la jeune femme sembla se souvenir de quelque chose. Aussi, se rassit-elle. Fronçant les sourcils, elle se racla la gorge et veilla à parler le plus distinctement possible.
- Il y a une question qu'on m'a demandé de vous poser si jamais je jugeais que votre état vous permettait d'y répondre.
Kabuto reporta son attention sur elle et attendit qu'elle développe sa pensée.
- Le jour où vous avez été enfermé ici, vous n'avez pas dit un seul mot de ce qui s'était passé dans votre domicile. On ne voulait pas trop vous bousculer mais il reste un mystère à résoudre. Sachez que si vous ne parlez pas cependant, il se peut que votre voyage au centre soit annulé jusqu'à preuve de conciliation. Il ne tient donc qu'à vous de choisir.
Elle lui faisait ni plus ni moins que du chantage et ça Kabuto le comprit très bien. Ce qui l'intrigua.
- Qu'avez-vous fait du corps du bébé ? Finit-elle par demander sans détours. Monsieur Namikaze n'a rien voulu dire et comme c'est vous qui avez été chargé de vous en charger, nous vous demandons des explications.
Kabuto aimait bien la façon qu'elle avait de dire « nous ». Elle veillait à lui rappeler par-là que ces ordres émanaient directement de la Communauté Chimérique et qu'il ne fallait donc pas les violés. Elle lui mettait la pression tout en le rassurant. C'était drôle.
- Alors ? Que pouvez-vous nous dire ? Le pressa-t-elle pour en finir au plus vite.
La naissance d'un enfant Chimérique par un homme était très rare. On ne recensait que quatre naissances depuis aussi longtemps que la Communauté Chimérique existait. Cet enfant était un miracle et il était regrettable qu'il n'ait pas survécu. Elle ne pouvait qu'imaginer la douleur morale que devait subir le père. Une telle perte laissait forcément des traces et elle ne pouvait qu'espérer que Naruto Namikaze s'en remette.
Voyant que le jeune homme ne répondait toujours pas, elle décida de lui laisser quelques minutes, rien que pour remettre ses idées en place au moins. Ce qu'elle ne savait pas c'était que le jeune homme en question ne voulait aucunement répondre à sa question. Il avait bien trop peur et…honte. Il souffrait de garder un tel secret, surtout si celui-ci pouvait permettre à Naruto de se remettre mais il ne savait pourquoi, il n'arrivait pas à parler. Il enrageait d'être aussi lâche. Il aurait pu le dire à Itachi quand celui-ci lui avait demandé mais il ne s'était pas senti capable.
Soufflant un peu, il tenta de se calmer. Toute sa vie, il avait été lâche. Il n'avait jamais rien fait de réellement bien. Son amour pour Naruto était peut-être illusoire, ce qui faisait que ses actions pour l'avoir étaient malsaines. C'était toujours douloureux de se rendre compte qu'au nom de son prétendu amour pour Naruto, il était allé jusqu'à demander à une jeune adolescente de tuer Mizuki. Bien sûr, c'était plus Kon qui avait enrôlé Karin dans leur histoire en se servant de son désespoir mais Kabuto avait été suffisamment conscient pour se rebeller. Mais comme d'habitude, il n'avait rien dit et tout avait dégénéré. Il avait voulu Naruto. Il l'avait cassé. Il avait considéré Kon comme sa famille. Kon l'avait réduit en esclavage. Il était débarrassé de Kon, mais celui-ci continuait à lui faire peur et à le contrôler.
Alors pour une fois dans sa misérable vie, Kabuto décida de faire quelque chose de bien. Il commença maintenant.
- Il est vivant.
La jeune femme sursauta, ne s'attendant pas à ce qu'il réponse soudainement. Quand elle comprit ce qu'il voulait dire, elle laissa échapper une exclamation choquée tandis que son cœur battait la chamade. Que venait-il de dire ?
- Vous pouvez répéter ?
Kabuto la regarda fixement et veiller à bien détacher les mots.
- Il n'est pas mort. J'ai réussi à le sauver. Je l'ai posé devant une porte près de la Seine, là où je suis tombé à l'eau.
Chaque mot prononcé était comme une libération et Kabuto apprécia chaque révélation. Il vit la femme prendre son portable et appela ses collègues. Elle parlait vite et jeta des coups d'œil furtifs autour d'elle. Kabuto pouvait sentir sa surprise et un peu de joie mais tout ça lui était indifférent. Il venait de se libérer enfin et se sentait vide.
Le reste se passa dans le flou total tandis que son esprit enfin apaisé lui enleva un peu du poids invisible sur ses épaules.
19 Mars 2011
C'était gênant. Vraiment gênant cette situation. Il ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise et se sentait étouffé. Il n'avait pas prévu d'affronter cette situation aussi vite et aussi...soudainement. Il voulait fuir, quitter cet endroit, ne plus revoir ces visages qui le blessaient tant. Vite, il fallait fuir !
-Je ne pensais pas te trouver ici, Naruto. C'est...soudain, déclara Mikoto Uchiwa en adressant un regard surpris à Naruto.
Pour seule réponse, celui-ci se contenta de boire une gorgée de son thé tandis qu'il cherchait une excuse pour s'échapper. Il ne voulait pas réfléchir à ce qui se passait et évitait de regarder toute personne qui n'était pas Itachi.
- Je suis navrée que nous nous soyons quittés aussi brutalement à Paris. Tu étais tellement proche de Sasuke que je pensais que tu serais venu nous dire au revoir, continua Mikoto sans se douter du point douloureux qu'elle venait de soulever. Elle ne remarqua pas non plus que les quatre jeunes de la pièce s'étaient tous figés et que l'ambiance devenait pesante.
Naruto se crispa à ces mots et manqua de s'étouffer. Pour ne pas paraître impoli, il reposa sa tasse et afficha un sourire de politesse. Même lui fut étonné de rester aussi calme.
-C'est que je ne pouvais pas venir. J'étais...indisposé.
Ou enceinte. Au choix. Mais Naruto se garda de répondre cela et veilla à continuer à répondre aux questions de la matriarche de la façon la plus sereine possible. De temps en temps, il voyait Itachi essayer d'intervenir mais à peine voulait-il parler que Naruto monopolisait l'attention. Il ne voulait pas que le brun divulgue par hasard des informations sur sa grossesse. Ça ne les regardait pas.
La conversation dura ainsi jusqu'à ce que Mikoto intervienne de nouveau. Elle était en forme, la femme !
- Mais que fais-tu ici, au Japon ?
Naruto se mordit la lèvre. Il ne voulait pas vraiment répondre à cette question mais il savait que tôt ou tard ils découvriraient qui il était en réalité. Il ne servait donc à rien de garder le secret.
- Je suis venu avec ma famille.
Sa réponse rendit tout le monde mal à l'aise. Tous savaient que le jeune homme était orphelin et qu'il ne connaissait et n'avait personne de sa famille auprès de lui.
- Tu veux dire des parents...adoptifs ? Tenta Mikoto qui ne voyait que ça comme seule possibilité même si apprendre que le jeune homme avait été adopté à un tel âge était pour le moins surprenant.
- Non, mes vrais parents. Je les ai retrouvés récemment.
Mikoto laissa échapper un son de surprise. A ses côtés, son mari fronça les sourcils d'étonnement tandis que Neji et Sasuke restaient figés. Ils ne cessaient de regarder le blond avec insistance mais pas une seule fois celui-ci ne tourna le regard vers eux. Ils semblaient ne pas exister aux yeux du blond. Seul Itachi restait impassible, ce qui étonna Fugaku. En regardant de nouveau son cadet et Neji, le père de famille se sentit désolé pour son gendre. Même si Sasuke ne leur avait pas dit, ils avaient toujours soupçonné Naruto et Sasuke de sortir ensemble. Mikoto avait tenu à ce qu'ils ne s'en mêlent pas mais à voir la situation aujourd'hui, il se demandait s'ils avaient bien fait. Est-ce que c'était à cause de Naruto que Neji semblait si mal dans son couple ?
L'attention de Fugaku se porta sur Naruto quand le portable de celui-ci sonna. Le jeune homme y répondit aussitôt en s'excusant. Après quelques secondes et le nom de Deidara prononcé, Fugaku comprit que Naruto devait rentrer et que la personne au téléphone passait le chercher. Le jeune homme raccrocha et leur adressa un sourire désolé.
- Malheureusement je dois bientôt vous quitter, ma mère a besoin de moi.
- Oui bien sûr mais avant dis-nous quelque chose, ce...Deidara, c'est bien le frère de Minato Namikaze ? Demanda Fugaku qui venait de se souvenir d'où il avait entendu ce nom.
Naruto se crispa mais ne laissa rien voir. Il ne pensait pas avoir à tout dire aujourd'hui sur sa famille.
- Oui c'est bien cela.
- Quels sont tes liens avec lui, si ce n'est pas indiscret ? Fugaku se doutait bien évidemment qu'il était un membre de sa famille mais il voulait confirmation.
- C'est mon oncle, répondit calmement Naruto.
Sasuke se fit remarquer à cause de son sursaut. Il venait soudainement de comprendre ce que cela impliquait. La gorge sèche, il ravala difficilement sa salive et fixa Naruto, incrédule. Celui-ci le regardait aussi mais son regard était vide de toute chaleur. Il le fixait comme si le brun était transparent. Sasuke frissonna tandis que Neji, mal à l'aise à cause du regard de son ex-meilleur ami, se serra contre son époux. Il eut peur un instant que le brun le rejette mais Sasuke entrelaça leur main alors que son cœur menaçait d'exploser à cause de ce qu'il soupçonnait. De son côté, Neji eut un mauvais pressentiment. Sa poitrine n'arrêtait pas de se serrer et même Asan, sa Chimère, était agité. Quelque chose de mauvais allait bien se produire.
Alors que tous attendaient que la question tant redoutée vienne de Sasuke, ce fut Mikoto qui une fois de plus intervint, un peu anxieuse.
- Mais alors, tu es aussi une...tu sais, finit par dire Mikoto sans pour autant trop en révéler. Elle ne tenait pas à divulguer le secret des chimères si jamais Naruto n'était au courant de rien.
- Oui, je suis bien une Chimère, finit Naruto.
Le silence s'installa mais personne n'était dupe de la gêne. Ils voyaient tous que Naruto se forçait pour leur répondre et qu'il ne souhaitait sans doute qu'une chose, partir. Pourtant le blond restait assis là, n'affichant aucune émotion, semblant comme déconnecté. Chacun avait remarqué que le blond était beaucoup trop poli, les ayant habitué à un caractère beaucoup plus...vivant. Mikoto ressentit une immense peine en pensant à l'ancien Naruto. Elle avait tout de suite aimé le jeune homme dès leur première rencontre et avait été très peiné de ne pas lui avoir dit au revoir. Vraiment peiné.
- C'est impossible !
Tous se tournèrent vers Neji qui s'exprimait pour la première fois. Il était vraiment très pâle et avait les yeux grands écarquillés. Sa Chimère, Asan, était aussi très agité et ne cessait de lui murmurer des choses qu'il ne voulait pas savoir mais qui pourtant étaient tellement vraies et expliqueraient bien des choses.
- Tu ne peux pas être une Chimère ! La voix de Neji était affirmée et convaincue.
A côté de lui, Sasuke étudiait chacune des réactions de son compagnon. Il savait exactement ce que Neji pensait et lui-même doutait quelque peu. Mais comme il se l'était promis en Australie, il avait choisi Neji et ne reviendrait pas là-dessus. Même si Naruto leur disait là maintenant que Sasuke était son âme sœur. Même si cela était impossible. A une exception près.
Voyant que Neji allait continuer sur sa lancée, Sasuke lui toucha doucement le visage pour le sortir de l'espèce de transe dans lequel il était. Neji lui adressa un regard effrayé et Sasuke se sentit tout de suite mal. Son époux avait toujours peur qu'il le quitte. Se composant un visage serein, il adressa un sourire à Neji et sans plus se préoccuper du monde qui les entourait, il se pencha et embrassa amoureusement Neji. Celui-ci, surpris un premier temps, ne tarda pas à y répondre lui aussi. Il ne se préoccupa plus de Naruto et de son état de Chimère et se consacra uniquement à apaiser Asan.
De son côté, Naruto n'avait rien raté du baiser. Ni de la bague qu'il pouvait voir sur le doigt de Neji. Mais comme pour l'instant il se concentrait à rester le plus calme possible alors que son cœur battait comme un fou dans sa poitrine et qu'il sentait comme un début de panique. Il n'avait pas prévu de revoir Sasuke et Neji. Il avait cru qu'il aurait le temps de s'y préparer, de prendre son temps pour avaler l'idée que désormais, vu ce qui se passait entre lui et Itachi, il verrait tout le temps les deux époux. Cette rencontre et la façon dont elle s'était passée était trop brutale…trop choquant. Il lui fallait du temps, bon sang !
Inspirant profondément, il crispa la mâchoire jusqu'à s'en faire mal et ferma brutalement les yeux. Il crispa ces mains ensuite, de sorte à ce que ces jointures deviennent toutes blanches. La douleur qu'il ressentit alors lui permit d'oublier celle de son cœur. La blessure n'était toujours pas refermée et il doutait que ce soit le cas plus tard. Il avait tellement subi qu'il n'aurait jamais pensé s'en remettre. C'était un miracle s'il arrivait à parler.
Alors qu'il repensait à son passé encore une fois, le souvenir de son bébé le submergea et il ravala avec difficulté la bile qui montait à la gorge. La panique qu'il avait essayé de contenir revint deux fois plus forte et sans pouvoir se contrôler, sa respiration se fit sifflante. Il ne savait pas si les autres avaient remarqué son état. Tout ce dont il était certain, c'était que s'il ne sortait pas de cette pièce et qu'il ne cessait de regarder Sasuke, la situation risquait de dégénérer.
Lentement sans plus faire attention aux autres, il se leva, une main devant la bouche. Il tituba et entendit Itachi l'appeler mais il ne s'arrêta pas. Son objectif était de sortit d'ici au plus vite !
Il continua donc à marcher, ne faisant pas vraiment attention au chemin qu'il empruntait. Ses jambes étaient molles, la tête lui tournait et son cœur ne cessait de lui faire mal. Sa respiration hachée lui faisait mal et il était certain que les gouttes d'eau qui tombaient au sol étaient des larmes. Il se sentait vraiment mal.
A un moment, il crut entendre Itachi le prier de s'arrêter mais lui-même ne contrôlait plus ses mouvements. Ses jambes le portaient tout seul et il ne se sentait pas la force de s'arrêter. Il était certain que s'il s'arrêtait de marcher, de bouger, il se sentirait encore plus mal. Alors il continua, il ne savait où mais il continua. Juste pour ne pas s'écrouler.
Itachi était derrière Naruto. Il ne se tenait pas à côté de lui pour ne pas le déranger…peut-être. A vrai dire il ne savait pas lui-même. Il sentait juste qu'il ne fallait pas envahir la bulle du jeune homme. Mais malgré cela, il appelait Naruto de temps en temps, pour qu'il sache qu'il était là. Depuis toujours. Ses parents n'avaient pas compris quand il s'était précipité à la poursuite de Naruto. Il avait juste intercepté un regard éloquent de Sasuke avant de disparaître à son tour. Il ne savait pas comment interpréter ce regard. Son petit frère essayait-il de lui faire passer un message ?
Quand il vit que Naruto commençait à trébucher, Itachi se rapprocha de lui sans pour autant le toucher. Le blond ne semblait toujours pas lui prêter attention et continuait d'avancer. Le brun aurait voulu lui dire qu'il ne prenait pas le chemin de la sortie mais il se ravisa.
Après quelques mètres, le brun commença réellement à craindre pour le blond. Non seulement ces pleurs avaient augmentés mais en plus le blond commençait à trembler convulsivement. Itachi le vit à plusieurs reprises mettre sa main sur son cœur mais comme il ne pouvait pas voir le visage de Naruto, il ne sut pas que celui-ci souffrait vraiment. Le jeune homme avait l'impression que quelque chose voulait sortir de lui et que cette chose était dans son cœur. Il pensa un instant que c'était Kurama avant de s'évanouir brusquement. Itachi ne put le rattraper et Naruto se cogna durement contre le sol. Le brun s'empressa de le relever en criant son prénom. Son premier geste, en tant que médecin fut de prendre son pou et de vérifier sa respiration. Quand il fut rassuré que le jeune homme s'était simplement évanoui, Itachi soupira longuement sans pour autant que son inquiétude se calme. Essayant de se reprendre, il tenta de prendre le blond dans ses bras mais n'y arriva pas très bien. Après quelques essais infructueux, il prit son portable dans la poche de son pantalon et appela Sasuke. Celui-ci arriva quelques minutes plus tard et fronça les sourcils en voyant le blond à terre. Itachi le rassurant sur son état, demanda à son frère de l'aider à transporter l'inconscient jusqu'à la chambre de l'aîné. Mais alors qu'il le soulevait, Naruto ouvrit lentement les yeux et cria en reconnaissant Sasuke. Son esprit embrumé et fatigué lui renvoya l'image de son bébé qu'il n'avait jamais vu mais dont il imaginait les traits. En tombant dans les yeux onyx de son ancien amant, Naruto lui adressa un regard peiné et mélancolique.
- Il devait te ressembler.
Sur ces mots mystérieux pour Sasuke, Naruto s'évanouit pour la seconde fois, hanté par le souvenir du jour où il avait donné la vie. Où Kabuto avait-il enterré son bébé ?
