Chapitre 37 : Calmer Allison

Allison tentait de trouver le sommeil, en vain. Elle ne cessait de penser à House. Elle voulait le sentir près d'elle, pouvoir le toucher et l'embrasser. Elle le voulait lui, mais ses désirs dépassaient ce que lui était en mesure d'offrir.

« On ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut…Et pas quand l'on veut non plus. Je ne peux pas forcer House à rester avec moi. Je ne peux pas… Il y a tellement de choses que je ne peux pas faire… »

Elle regarda aux alentours, nerveuse, mais aucune trace de House.

« Le bureau de Wilson est loin… se rappela-t-elle. Très loin…Trop loin. »

Elle sentit ses mains tremblaient suite à ce constat. Elle ne connaissait pas la raison de ces tremblements, elle ne parvenait pas à stopper le mouvement de ses mains. Mouvement qui se répandait jusqu'à ses bras.

***

House se précipita à l'extérieur de la salle.

« Infirmière ! Y'a une patiente à emmener au bloc ! hurla-t-il. »

Trois infirmières se précipitèrent, dont une qui poussait le brancard. Elles déposèrent brutalement Ashley dessus, sans prendre la peine de faire attention alors qu'elle se tordait de douleur.

« Hey, faites attention avec les patients quand même ! On devrait vous faire virer ! rétorqua-t-il. »

Une des infirmières, la plus ancienne, lui lança un regard en biais tout en faisant la comparaison entre le House qu'elle voyait et l'ancien House. Elle se demanda ce qui pouvait bien se passer, si elle rêvait, mais il la fit sortir de ses pensées :

« Quoi ? Je sais que le fait que je sois ici est un vrai mystère pour vous mais une patiente souffre là, bougez-vous ! »

L'infirmière s'exécuta, et elles emmenèrent la jeune femme au bloc tandis que l'une d'elle contactait un chirurgien pour que tout soit prêt – aucune d'elle ne voulait supporter l'humour morose du diagnosticien.

« Eh bien… Tu sais comment les élever, ces infirmières ! Tu as des sucres dans ta poche ? Ah non, c'est vrai, tu es inquiet ! constata Wilson avec humour, bien que sa remarque dissimulait une pointe de vérité pourtant pas si petite. »

House se retourna vers lui, le regard montrant effectivement une once d'inquiétude mais rien de bien définitif. On ne pouvait clairement affirmer qu'il mourait d'inquiétude, mais quelqu'un qui le connaissait comme Wilson, pouvait se permettre de dire « ah, il est inquiet ». Mais il ne le fit pas, attendant plutôt une réponse de House – puisqu'il voyait qu'il allait répondre.

« Attends, j'ai des consultations multipliées par trois parce que je ne prends pas soin des patients ! répliqua-t-il donc.

- House, tu ne fais pas tes consultations… soupira le cancérologue, on ne peut plus exaspéré.

- Peu importe ! Je devrais, mais je ne veux pas. J'ai une canne, je devais justement avoir moins de consultations… »

Wilson ne répondit pas. Il n'en voyait pas l'utilité. Il préféra observer House perdu dans ses pensées. Soudain, ce dernier se retourna avec l'expression qui montrait qu'il avait eu une révélation. Wilson fronça non pas un mais deux sourcils, souhaitant montrer sa totale incompréhension.

« Mais c'est vrai ! s'écria le néphrologue.

- De quoi ? Qu'est-ce qui est vrai ?

- Tu es le petit ami de Cuddy ! Jimmy, t'es mon copain ! Tu veux bien demander à Cuddy de me retirer des consultations ? supplia-t-il.

Aller Jimmy, t'es mon copain Jimmy, vas-y ! pensa House. »

Wilson ne sembla pas rire à cette remarque, il semblait au contraire désespéré par l'attitude de son « ami ». Il soupira d'exaspération et tourna le regard. Mais il trouva bien vite une réplique qui semblait à son goût.

« En parlant de « petit ami », retourne voir ta copine ! assena-t-il.

- Ce n'est pas ma copine, répondit House sèchement. »

Il repensa au visage déçu d'Allison quand il avait refusé sa demande, quand il avait refusé d'entretenir une simple relation avec elle, même si rien ne serait « simple ».

« Oui, c'est vrai. Elle n'est pas ta copine parce que tu refuses toute marque de bonheur. Tu t'enfermes dans ton propre malheur, mais contrairement aux autres, tu espères que personne ne vienne te chercher. Parce que ça te plait de te sentir misérable, ça te donne une vue différente des choses et c'est tout ce qui compte pour toi. Être différent. Toujours, ne pas être comme les autres sinon tu te sentirais banal. Et plus simplement, tu ne veux être avec personne parce que les gens « normaux » vivent avec d'autres gens comme eux.

- Non, je ne veux pas qu'elle se coltine un mec comme moi. Je ne suis pas quelqu'un pour elle de toute façon, même un koala accroché à un lampadaire pourrait le deviner. »

Il sourit intérieurement à sa propre remarque, s'imaginant parfaitement la scène d'un koala accroché un lampadaire. Il ignorait pourquoi il « reçut » entièrement la phrase de son ami…

- House, ça fait au moins cinq ans qu'elle te connaît et elle t'aime toujours. Tu crois qu'elle ne réalise pas ce que cela représente, une relation avec toi ? Si tu n'essaies pas de la comprendre ne serait-ce qu'un peu, tu la perdras.

- Je ne veux pas l'avoir, arrête tes idioties ! ragea House, presque au bord de l'agacement total.

- Non, tu as peur de la faire souffrir, c'est pour ça que tu ne veux pas qu'elle te fréquente et c'est pour ça également que tu la repousses.

- Oui, c'est vrai ! Je la repousse pare que je ne veux pas qu'elle souffre ! C'est bon, tu as compris ? Maintenant fous le camp ! »

House s'énervait au fur et à mesure qu'il se rappelait de la déception de Cameron, qu'il se rendait compte à quel point il pouvait la faire souffrir, même inconsciemment. Il ne voulait pas l'accepter. Et il ne pouvait pas non plus, de toute évidence. Mais Wilson insista, refusant de lâcher prise.

« Tu ne veux pas la faire souffrir ? Et à ton avis, qu'est-ce qui lui fait le plus de mal ? Vivre avec l'homme qu'elle aime, ou bien être repoussée sans cesse sans comprendre pourquoi ? »

Il ne répondit pas. Il connaissait la réponse, ne voulait pas l'entendre, mais c'était sans compter l'aide du cancérologue, qui semblait ravi de l'embarras de son ami.

« Tu ne le sais pas ? Tu n'as aucune idée de ce qu'est une vraie vie humaine. Elle souffre, parce que tu la repousses. Alors vas la voir, sois heureux avec elle et protège la ! »

House baissa la tête, à moitié vaincu. Cette théorie pouvait s'appliquer pour n'importe qui, mais Wilson ne connaissait pas Allison comme House la connaissait.

Il partit sans dire quoi que ce soit, vers la chambre de sa « protégée ».

***

House ouvrit grand la porte qui claqua bruyamment. Allison sursauta et se retourna vers la provenance du bruit, à peine surprise de voir House au seuil de la porte.
Elle était secouée par des spasmes et ne se contrôlait plus.

« House… suffoqua-t-elle. »

Il se précipita vers elle et s'assit sur le lit. Il fixa la jeune femme qui perdait son self-control, qui ne contenait plus ses mouvements. Elle pleurait assez pour pouvoir se noyer dans ses propres larmes.

« Pas d'inquiétude, si elle se noie j'essaierai de la sauver… Je lui dois bien ça, non ? pensa-t-il en se représentant la métaphore. »

L'once d'inquiétude qui transperçait son regard quelques minutes auparavant refit surface, s'empirant au moment où elle éclata en un sanglot désespéré et déprimant.

« Allison, ça va ? »

Elle sourit, mais les larmes ne cessaient de couler. Elle se plaqua une main sur la bouche et baissa le visage, comme honteuse de cette situation. Il se rapprocha un peu plus d'elle et lui posa une main sur l'avant-bras, tentant en vain de l'apaiser. Il aurait voulu lui apporter le meilleur des réconforts, mais il savait tant bien que mal que jamais il ne le lui apportera, qu'il n'en était pas capable et ne le sera jamais.

« Ça va ? répéta-t-il en chassant ses sombres pensées de son esprit. »

Elle ne répondit pas, lui lançant un regard inquiet. Il sortit un paquet de mouchoirs de sa poche et essuya les yeux de la jeune femme avec.

« Vous n'avez pas de chance avec votre mascara… dit-il en regardant le noir qui s'éparpillait un peu partout. »

Elle décolle main de sa bouche pour enlever les cheveux qui lui tombaient sur le front trempé. Il continua de l'essuyer et le noir se transforma en un rouge éclatant. Il ne pu s'empêcher de sourire à ce détail, et à sa plus grande surprise, elle lui rendit son sourire.

« Elle pleure, mais sourit en même temps… constata-t-il. »

Une fois que le visage de la jeune femme fut sec, il rangea le mouchoir dans sa poche – il le jetterai plus tard. Il se tourna vers elle et vit qu'elle était perdue.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il en cachant mal son inquiétude. »

Elle fronça un sourcil, inconsciemment.

« Je rêve ou sa voix est tremblante ? se demanda-t-elle. »

Elle sentit son cœur battre contre sa poitrine à tout rompre.

« Il…il s'inquiète un peu pour moi, mine de rien… »

Son cœur s'accéléra à tel point qu'elle crut qu'il allait perçait sa peau. Elle posa une main sur sa poitrine et constata que son cœur battait les records.

« Non, il ne s'inquiète pas pour moi. Il ne m'aime pas, je le sais. Ashley a tord. Et puis, il ne se le permettrait jamais, cela va contre ses principes. Il ne s'inquiète pas pour moi… »

Elle tenta quelques minutes de se persuader que jamais il n'éprouverait quelques choses pour elle, mais n'y parvint pas. Il se rendit compte quelques temps après qu'elle tergiversait encore sur cette « voix qui tremble », puis il toussa bruyamment – une manière de dire « ne prêtez pas d'attention à ça » et elle prit soin de l'écouter même si l'effort était loin d'être facile.

« Tout va bien je vous assure… Il n'y a… absolument rien… répondit-elle, hésitante sur ce qu'elle devait dire exactement pour se qualifier. »

A peine sa phrase fut-elle formulée que les larmes recoulèrent, provoquant une cascade miniature et aussi belle qu'une vraie cascade, tout aussi… mélancolique. Il ria, ne résistant plus. Il s'étouffait de rire tandis qu'elle pleurait même si elle gardait toujours ce sourire incertain. Quand il se fut calmé il s'excusa mais continua :

« Vous n'avez absolument rien, je vois ça…

- Mais je ne sais pas, je… je me suis mise à trembler puis j'ai pleuré… Mais c'est idiot, je n'ai aucune raison de pleurer, je ne sais pas pourquoi… »

Elle se perdait dans ses explications et il l'arrêta en lui posant un doigt sur les lèvres.

« Pourquoi ce geste me rappelle-t-il quelque chose ? »

Elle se mit à rougir en pensant à leur « séance sur le canapé », où il lui avait posait un doigt sur les lèvres. Il prit conscience de la gêne de la jeune femme et, par simple envie, il caressa ses lèvres doucement, lui rappelant de mieux en mieux la scène passée. Elle lui embrassa doucement le doigt.

« Il ne vaudrait mieux pas qu'on recommence ça, il ne faut pas que j'oublie qu'elle est hospitalisée, et non en séjour…pensa-t-il malgré lui. »

Il retira donc son doigt, pensant qu'il était préférable qu'elle se repose un peu.

« Ce doit être l'après-coup, lui rappela-t-il. N'oubliez pas que vous avez fait une crise d'angoisse… »

Une lueur douce apparut dans les yeux du diagnosticien. Une lueur réconfortante, apaisante, chaleureuse, et bien d'autres synonymes.

« Je dois devenir complètement folle pour voir des choses comme ça…Je suis totalement dingue de lui et j'essaie de me persuader que oui, il m'aime. Mais je ne veux pas me faire de faux espoirs, pas encore, pensa-t-elle en se dégoûtant un brin. »

Il lui sourit. Il avait un regard gourmand et un comportement quelque peu déroutant. Mais non, elle ne rêvait pas. Il prenait vraiment soin d'elle.

Il lui prit doucement la main et s'approcha d'elle pour l'embrasser. Ce geste ne dura que quelques secondes mais ces « quelques secondes » suffisaient à rendre la jeune femme écarlate, encore plus qu'elles ne l'étaient encore.

« Vous le faites exprès ou quoi ? demanda-t-elle en suffoquant à moitié, se sentant prise au dépourvu.

- Comment ça je le fais exprès ? »

Elle mordilla sa lèvre, hésitant entre être agacée par le comportement du diagnosticien ou se jeter dans ses bras. Elle attrapa House par la chemise et l'attira à elle, trouvant le chemin menant à ses bras tout aussi consolants que son regard.

« Hey ! Qu'est-ce qui vous prend ? demanda-t-il sans comprendre un brin de ce qu'elle faisait. »

Elle se blottit contre lui et respira son odeur longuement, avant de se rendre compte qu'il lui avait posé une question.

« Rien, vous m'agacez. Et ne me posez pas de questions. »

Il s'embrouilla quelques secondes avec ce qu'elle venait de dire, mais finit par demander :

« Quel est le rapport entre l'agacement et une femme follement amoureuse ?

- Je vous avais dit de ne pas me poser de question ! répliqua-t-elle en riant.

- J'ai le droit à des explications tout de même, non ? »

Il sentait qu'elle allait lâche prise et il eut raison :

« Disons plutôt que j'essaie de vous rendre la pareille.

- Je vous agace quand je vous embrasse ? »

Elle lui donna un petit coup sec dans l'épaule pour plaisanter, mais il lui prit la main et posa des petits baisers sur ses doigts, lui rendant lui aussi la pareille du baiser qu'elle lui avait donné sur le doigt.

« Vous vous sentez bien ? demanda-t-elle avec amusement. »

Il ne répondit, s'amusant avec cette main comme un gosse qui s'amusait avec son jouet favori – dans ce cas-là, le jouet s'agissait évidemment de la main de Cameron ce qui la gêner davantage.

« Que je ne vous entende plus jamais vous plaindre de mon comportement, s'indigna-t-elle quand elle vit qu'il prenait du plaisir à la taquiner. »

Il se détacha des doigts d'Allison pour serrer la jeune femme un peu plus dans ses bras, ce qui, évidemment, la fit s'empourprer. Elle commençait à s'habituer à ce genre de « phénomène » mais elle à son plus grand plaisir, il ne fit aucune remarque déplaisante. Il se contenta de poursuivre cette conversation plus ou moins embarrassante :

« Quand est-ce que j'ai dit une chose pareille ?

- Jamais, mais j'imagine que vous le pensez, répondit-elle.

- Depuis quand est-ce que vous lisez dans les pensées ?

- Je le devine, c'est tout…

- Vous ne voyez pas ce que je veux dire en disant que vous ne lisez pas dans les pensées ? »

Elle ne comprenait pas où il voulait en venir, et était trop fatiguée pour chercher à comprendre.

« Non, je ne vois pas du tout mais si vous pouvez être plus précis je pourrai peut-être y arriver.

- Vous ne pouvez pas savoir ce que je pense de votre comportement…

- Et vous savez que ça ne m'aide toujours pas ?

- Je ne suis pas exaspéré par votre comportement, il ne m'agace pas du tout. »

Lentement, elle décolla son visage du torse de l'homme qui lui sortait ces paroles. Elle le fixa intensément puis il lui posa un prompt baiser sur les lèvres, tout en souriant.

« Vous savez que vous venez de me faire une révélation ? dit-elle. »

Il fronça un sourcil, réclamant davantage d'explications, mais d'une certaine manière il n'aurait pas voulu comprendre, pour ne pas souffrir. Mais ce sentiment devenait de plus en plus fou, et il préférait ne pas trop se poser de questions là-dessus. Elle comprit qu'il ne tenait pas à être dans l'ignorance et s'expliqua du mieux qu'elle pouvait :

« Moi qui voulais me retenir pour ne pas en faire « trop » avec vous, et puis vous me déballer comme ça que vous vous en fichez… Vous êtes vraiment trop cruel… développa-t-elle.

- Vous en faites toujours beaucoup, mais jamais assez… avoua-t-il. »

Il se prépara à observer l'impact de ses mots, s'imaginant toute sorte de réaction. Mais il n'alla pas jusqu'à s'imaginer que la jeune femme sursauterait. Il se mit à rire encore une fois, un rire qui la rendait totalement dingue habituellement – et ce que ne fut pas le cas cette fois-ci :

« Arrêtez de rire ! cria-t-elle. »

Il s'arrêta brusquement en entendant le ton sévère qu'elle prenait.

« Excusez-moi, souffla-t-il. »

Elle regretta aussitôt d'agir aussi brutalement, mais n'en pouvait plus d'être prise pour une comédienne alors qu'elle ne le faisait jamais exprès.

« Ecoutez, ce n'est pas de ma faute si je sursaute tout le temps, si je deviens tout le temps rouge comme une pivoine… se défendit-elle.

- Je le sais bien, mais avouez que c'est tout de même drôle de vous voir sursauter simplement parce que je vous dis quelque chose…

- Oui, et le jour où je me jetterai par la fenêtre car… vous auriez fait quelque chose je ne sais pas du tout quoi, ce sera aussi drôle ? »

Elle était sérieuse dans ces paroles. Il lui sourit timidement avant de dire :

« D'accord Allison. »

Il l'embrassa sur le front mais elle le poussa.

« Pourquoi est-ce que vous m'appelez Allison ? demanda-t-elle.

- Eh bien si je vous appeler « Cameron », on pourrait vous confondre avec votre sœur, alors que vous êtes bien différentes… Pourquoi, ça vous gêne ? »

Elle rougit légèrement mais attira House à elle. Il lui posa finalement son baiser sur le front avant de l'allonger confortablement.

« Je n'ai pas sommeil, dit-elle.

- Mais oui bien sûr, vous êtes totalement atténuée. »

Elle n'insista pas, et se laissa faire.

« Je ne veux pas qu'il parte… pensa-t-elle alors qu'il l'enroulait sous les couvertures. »

Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il l'embrasse sur la joue, s'allonge à côté d'elle et lui passe un bras autour de la taille.

« House !

- Oui ? »

Elle déglutit difficilement mais se risqua à poser la question :

« Vous comptez dormir ici ?

- Vous m'aviez dit que vous n'aimez pas être sans moi, n'est-ce pas ?

- Oui, mais je ne veux pas vous forcer à…

- Chut. »

Elle se tu et il ferma les yeux, s'apprêtant à s'endormir. Mais la voix de la malade s'éleva dans la pièce, encore une fois :

« Embrassez-moi. »

Il se leva et s'exécuta, l'embrassant furtivement au coin des lèvres.

« Non ! C'est pas bien comme ça ! protesta-t-elle en riant. »

Il se releva à l'aide du coude, se retrouvant à moitié au dessus du corps d'Allison. Il recommença sa tentative, l'embrassant profondément et sans aucune gêne. Elle mit une de ses mains sur le dos du médecin, alors qu'une autre attirait son visage à elle. Ils mirent quelques minutes avant de se séparer.

« Est-ce mieux ainsi, mademoiselle ?

- Oui ! répondit-elle sans cacher son sourire ravi. »

Il l'embrassa sur la joue puis se rallongea à côté d'elle. Il ne lui avouera jamais que s'il le pouvait, il continuerait indéfiniment à l'embrasser.

Et ils s'endormirent en songeant aux événements futurs, et à la relation ambiguë qu'ils entretenaient.