Bonsoir ! :)

Voici la suite, comme j'ai pas mal de chapitres d'avance, autant en profiter pour publier plus régulièrement ! Cette scène est à peu près au même moment que celle du chapitre précédent, mais se situe à La Push cette fois, du côté de ceux qui sont restés au chalet.

J'espère que ça vous plaira, ça faisait longtemps que je n'avais pas fait un POV de Jasper !

Et sinon, encore une fois merci pour vos reviews, vous n'imaginez pas à quel point ça me fait plaisir ! ^^

Bonne lecture donc, et à bientôt j'espère !

PS : aucun des personnages ne m'appartient…

CloudeGirofle

CHAPITRE XXXV : JASPER

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- Qui reveut de la bière ? Demandais-je en me levant de table.

Bella et Alice levèrent la main de concert et je soupirais avant de me diriger vers la cuisine. J'augmentais au passage le volume de la radio en sifflotant. Edward avait beau eu nous rassurer, nous n'étions pas vraiment détendus. Bells ne cessait de regarder la route, guettant le retour d'Emmett, et Alice jetait de fréquents coups d'œil à son téléphone. Moi, au milieu de tout ça, j'essayais de mettre à profit mes connaissances psychologiques, mais ce n'était pas gagné d'avance. Aussi, j'attrapais une cigarette dans le paquet que Hale avait oublié sur le comptoir de la cuisine avant de rejoindre les filles, plusieurs cannettes à la main. C'était dans ce genre de moments qu'on appréciait cette boisson. Tout compte fait, j'avais bien fait d'en racheter… Alice ne prit même pas la peine de me faire les yeux noirs en me voyant allumer ma cigarette, elle tendit même les doigts pour en prendre une taffe, bientôt suivie de Bella.

- Bon, monsieur le psy n'a vraiment aucune idée de ce qu'il se passe ? Soupira-t-elle en me rendant ma cigarette.

- Non, j'ai bien peur que non. Sûrement une histoire de famille, je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre.

- C'est toi Alice qui les connais le mieux, reprit Bella. Tu ne vois pas ce que ça pourrait être ?

Alice ferma les yeux un instant en enfouissant son visage dans les mains.

- Non, aucune idée. Mais j'ai comme un pressentiment… Je crois que c'est vraiment important, et je sais pas pourquoi, mais Edward y est mêlé d'une façon ou d'une autre.

J'hochais vaguement la tête. J'avais déjà remarqué en effet qu'Alice avait un sixième sens particulièrement aiguisé, mais de là à en déduire quoi que ce soit…

- Vous savez, dis-je d'un ton résolu, ça sert à rien d'angoisser, on ne peut rien faire pour l'instant. Même si on le voulait, on ne pourrait pas parce qu'on est coincés sur ce rocher, alors autant attendre qu'Emmett revienne.

- Bonne idée, approuva Alice en posant sa main sur la mienne. En attendant Jazz, tu vas regarder avec nous les magazines que t'as rapportés, hein ? Et fais attention à pas trop mater les filles, je te surveille ! Ajouta-t-elle avec une moue rieuse.

En soupirant, je me pliais de bonne grâce et nous nous allongeâmes tous les trois sur l'herbe pour regarder à la lumière de la lanterne de l'entrée les photos et les articles. Honnêtement, je dois avouer que ce n'était pas aussi horrible que j'aurais pu le redouter : Alice et Bells ne cessaient de critiquer la plupart des mannequins (« trop grande, trop mince, trop de seins », « moins 32 de QI », « non mais franchement…habille toi plus court, on voit pas ton cul ! », « avec tout le collagène qu'elle a, j'aurai peur de prendre l'avion à sa place ») – critiques qu'il me fallait approuver à renforts de hochements de têtes et exclamations outrées pour ne pas me faire houspiller. Enfin, pour couronner le tout, elles tinrent absolument à me faire le test « Quelle amoureuse êtes-vous ? » où je me révélais, pour le plus grand bonheur des filles, « la fleur bleue au cœur tendre ».

- Oh, mon trésor… Minauda Alice en se tournant vers moi. Ma petite fleur bleue… Viens là que je t'embrasse !

Je grommelais en me laissant néanmoins faire, si bien que Bella se sentit obligée d'essayer de faire des tresses avec mes cheveux.

- Ok, alors on se calme tout de suite ! Les prévins-je d'un regard sévère. Pas de ça sur moi, je me suis bien fait comprendre ?

- Oh, fleurette, fais pas ta rabat-joie, se moqua Alice avec une moue suppliante. S'il-te-plaît, juste pour voir comment ça f…

Heureusement, le crissement des graviers signa la fin de mon clavaire, et par la même occasion, le retour d'Emmett. Bella se précipita à sa rencontre.

- Hey ! Salua-t-il en lui ouvrant ses bras. Ca va ? Vous avez fait quoi de beau ?

- On a un peu bu et fait des tresses à Jasper…

- Quoi ? S'étrangla-t-il en me jetant un coup d'œil incrédule comme je m'approchais.

Je grommelais en fusillant du regard.

- On dirait que je suis arrivé à temps vieux, me glissa-t-il à l'oreille, un peu plus et je te retrouvais avec une French manucure !

- Oh, ça va ! M'agaçais-je alors qu'il s'écroulait de rire. La prochaine fois, c'est toi qui t'y colleras et on verra comment tu débrouilles, hein…

- Bon les gars, nous appelèrent les filles depuis le salon. Vous venez ou quoi ?

- Ouais, renchéris-je. Tu ferais mieux de nous donner des nouvelles des autres au lieu de raconter des conneries !

Alice et Bella ramassaient les derniers couverts sur la table et nous les aidâmes à ranger avant de fermer la maison et de s'asseoir à la table du salon, une assiette sur les genoux pour Emmett : celle que Bella lui avait soigneusement réservée tout au long du diner.

- Bon, alors ? Trépigna Alice.

- J'ai déposé Ed devant de portail de Hale et il a marché jusque chez en elle en me promettant de m'envoyer un texto quand il l'aura vue. D'ailleurs, il ne devrait pas tarder, c'était ya au moins une heure…

- Mais il a fait tout le chemin avec leurs deux valises sous le bras ? S'étonna Bella. D'après ce qu'il m'avait dit, c'est vraiment grand chez elle…

- Oh merde ! Les valises ! S'écria Emmett en se frappant le front de la main. On a complètement oublié !

Il ne fallait pas être très fin psychologue pour voir que son ton mélodramatique démontrait un certain embarras. Il ne savait pas quoi dire et ne voulait pas mentir. M'était d'avis que le trousseau de clés de Hale supposément oublié dans un sac n'avait strictement rien à voir avec le départ précipité d'Edward… Mais connaissant Emmett, je préférais me taire : il nous parlerait en temps voulu.

- Attends déjà qu'il t'envoie le texto, l'apaisa Bella en posant une main sur son épaule. Tu verras bien s'il te la demande, après tout, il peut très bien les avoir gardé sur lui…

Et tout en disant cela, elle fronçait les sourcils d'un air suspicieux. Visiblement, elle n'avait pas l'air très dupe elle non plus. Je me renfonçais dans le canapé en fermant les yeux. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être, mais j'étais de plus en plus épuisé. Mes paupières se faisaient lourdes et mon esprit confus. Le canapé n'était pas si désagréable finalement, il était suffisamment incliné pour avoir le dos bien calé contre le dossier, et…

- Jazz… Réveille-toi chéri.

- Hein ?

- Tu commençais à t'endormir, me sourit Alice en caressant mes cheveux. Ed vient juste d'envoyer un texto à Emmett et tout va bien... Apparemment elle avait juste besoin de s'expliquer avec son père. Il les a laissé tous les deux et est rentré chez lui pour la nuit.

- Oh, soufflais-je, à la fois rassuré et intrigué. D'accord…

Bella et Emmett se brossaient les dents dans la salle de bain, et Alice était assise à côté de moi, un livre sur les genoux.

- Alice au pays des Merveilles ? Encore ? M'amusais-je en reconnaissant la vieille couverture racornie qui rabaissait ainsi une des oreilles du lapin blanc. Ca vire à la névrose, tu sais…

Depuis Noël, il ne se passait en effet plus une journée sans que je ne la voie feuilleter les pages de ce vieux bouquin poussiéreux. Je ne savais pas si elle l'avait acheté chez un antiquaire ou à une brocante, mais il entrainait toujours dans ses sillages un parfum d'humidité qui avait un goût de secret de famille.

- Oh, épargne-moi tes psychanalyses à deux balles, râla-t-elle en me tirant par le bras. Va te brosser les dents et te mettre au lit plutôt, sinon je te laisse dormir sur le canapé…

Je soupirais en trainant les pieds jusqu'à notre chambre pour récupérer ma trousse de toilette.

- Jazz ? M'appela soudain Alice. Ya ton téléphone qui sonne dans la poche de ta veste !

- Quoi ? Mais c'est qui ?

- Aucune idée, fit-elle en me tendant l'appareil. C'est un numéro inconnu.

- Non mais je ne réponds pas à une heure pareille, c'est quoi ce délire ? Je ne sais pas pour qui il se prend ce type mais il peut aller se faire fou…

- Jasper, me calma-t-elle en posant une main sur mon bras. Réponds, c'est peut-être important : le boulot, ta famille… Promis, tu iras dormir après ! Ajouta-t-elle avec un clin d'œil.

Je décrochais, un peu moins furieux.

- Allô ? Jasper Whittlock ?

- Oui ! Aboyais-je. Je ne sais pas qui vous êtes, mais vaut mieux pour vous que ça soit important ! Vous avez vu l'heure ?

- Toujours aussi aimable Darling, susurra une voix enjouée et sensuelle. Excuse-moi, je ne suis pas encore habituée au décalage horaire. Tu sais comme moi qu'au Texas, il n'est pas la même heure…

Soudain, ce fut comme si une pierre venait de chuter au fond de mon estomac. Je sentis ma main trembler et je dus crisper les doigts pour ne pas lâcher le téléphone. J'avais la bouche tellement sèche que je fus incapable de répliquer.

- Tu es bien taciturne ce soir Darling, reprit la voix. Je t'ai connu plus gai, faut croire que ce temps pourri a fini par te refiler sa morosité. C'est vrai quoi, c'est dingue, depuis que je suis arrivée, je n'ai pas vu le soleil encore une fois ! Pas étonnant que tu déprimes mon pauvre chou…

- M-Maria ? Articulais-je d'une voix blanche.

- C'est bien moi mon cœur. J'ai cru un moment que tu ne m'avais pas reconnue, et puis je me suis dit, toi et moi on se connait trop bien pour ça…n'est-ce pas Darling ?

Je m'assis sur le canapé en serrant les lèvres. J'étais à deux doigts d'envoyer balader mon téléphone contre le mur. Ce petit accent chantant qui faisait traîner en longueur les syllabes finales… Mon ventre se nouait d'angoisse et de désir mêlés. J'avais envie de vomir, j'avais envie de la prendre sauvagement contre le mur, à l'image de la multitude de souvenirs que sa voix rauque avait fait resurgir dans mon esprit.

- Ne m'appelle pas comme ça, en fait, ne m'appelle pas tout court. Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi, c'est clair ? Je croyais que tu l'avais compris !

- C'est qui ? Demanda silencieusement Alice en passant la tête par l'entrebâillement de la porte du salon.

- Euh… Un collège de bureau, répondis-je en chuchotant, une main sur les micros de mon portable. Il est de garde cette nuit et il me demandait un truc… Rien de grave, t'inquiète, j'arrive dans deux minutes.

Quand elle fut rentrée dans notre chambre, je tâchais de reprendre une respiration normale.

- Alors Darling, on fait des petites cachotteries ? Railla la voix à l'autre bout du fil. C'est vilain ce que tu viens de faire là, mentir… C'est bien ce que tu m'avais dit non, avant de partir ? C'est même pour ça que tu as voulu partir, pas vrai ?

- Ca suffit ! Fulminais-je. Je ne t'ai rien demandé ! Sors de ma vie, c'est fini entre nous ! Alors je vais raccrocher et ce sera la dernière fois qu'on se sera parlé, c'est clair ?

- Tt-tt-tt…pas si vite, trésor. Pour toi c'est peut-être fini, mais pas aux yeux de la loi, alors ne t'avise pas de jouer au con avec moi Jasper !

Je me raidis, tellement absorbé par ses paroles que je pouvais entendre les propres battements de mon cœur.

- Et oui, ça t'avais échappé ça, mon chou… Reprit-elle tranquillement. Faut croire qu'ici, les nuages n'embrouillent pas que le ciel… Tu n'es pas fait pour ce climat cow-boy, d'ailleurs je ne sais pas comment tu as fait pour tenir jusqu'ici. Moi ça fait une semaine que je suis là et ma seule façon d'encaisser le coup, c'est les UV et les margaritas… D'ailleurs, si tu cherches des adresses de bars, figure-toi qu'en j'en connais déjà pas mal et…

- Attends, soufflais-je en fermant les yeux, ses paroles prenant sens au fur et à mesure dans ma tête. Attends…tu es là ?

- Tu comprends vite mais faut t'expliquer longtemps Darling ! Ca t'a vraiment abruti ce trou de bouseux, mais oui, c'est ça, je suis là, à quelques kilomètres de toi seulement…

- A Forks ?

J'avais la gorge si nouée que je ne parvenais plus qu'à chuchoter.

- Non mais tu brûles… Tu donnes ta langue au chat ? Bon allez, je te le dis : Seattle, cow-boy ! Et crois-moi, je suis pas prête de repartir ! J'ai même eu un contrat du magazine pour bosser à la rédaction de Seattle pendant deux mois, alors tu vois…

- Qu'est-ce que tu viens foutre ici ? Criais-je presque. Tu l'as dit toi-même : c'est un trou à bouseux, ya rien pour toi ici ! Rentre à Houston !

Au désespoir de la voir débarquer dans cette nouvelle vie que j'avais eu tant de mal à bâtir s'ajoutait celui de se voir trahi par son propre corps : mon bas-ventre se consumait déjà de désir et il me fallait serrer les lèvres pour ne pas gémir de frustration. Juste le son de sa voix et j'étais redevenu l'adolescent à qui elle avait fait découvrir les plaisirs du sexe, bien des années auparavant.

- Mais si trésor, murmura-t-elle d'une voix si charmeuse que je pouvais deviner l'arc sensuel de ses lèvres s'étirer en un sourire, il y a un truc pour moi dans ce bled et je compte bien le récupérer : mon mari.

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Tadaaam ! ^^