Warning spécial pour ce chapitre : Vous connaissez Irène Adler ? Alors vous connaissez ses méthodes ! Mais Irène ne sera pas du tout gentille avec John, bien au contraire. Elle lui fera du mal et ça va mal se passer au point que ni Sherlock, ni John ne pourront l'arrêter.
Il s'agit de la dernière expérience de ce recueil et la plus abominable qui soit pour John qui va être très marqué. Donc, si vous la lisez, soyez très prudent et arrêtez-vous si ça devient insupportable.
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Rating pour ce chapitre : MA
Chapitre 35 : Chambre de Sherlock / BDSM
(Bondage, Domination, Sadisme et Masochisme)
Ou comment se retrouver dans les pattes d'une araignée venimeuse
(John & Irène)
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Je suis dans une sorte de cocon de béatitude. Les expériences s'enchaînaient avec Sherlock, et j'avoue que je salive d'avance de ce qu'il inventait à chaque fois. Je n'ai plus eu de nouveaux partenaires depuis mon dernier trio. Maintenant, Sherlock prenait quasi systématiquement part aux expériences pour ma plus grande joie.
La dernière en date s'est passée sur le canapé. Alors que j'étais à genoux, il a joué de ses sex-toys sur moi, dont le but était de me faire lâcher un maximum de bruits de gorge. Il m'a félicité de mes progrès pour mes réactions réalistes. En même temps, j'espérais qu'il tente quelque chose de plus personnelle sur ma personne, mais il est resté égal à lui-même quand il fait ses expériences : il ne s'est pas écarté de son objectif d'un iota, aveugle de mon comportement plus que subjectif.
Je pensais que dorénavant, je n'aurais plus aucun partenaire, mais ce n'était apparemment pas dans les projets de Sherlock qui continuait ses expériences comme prévu dans notre accord initial. Je suis un peu déçu qu'il n'ait pas encore compris que je veux les faire qu'avec lui... Et avec une compensation plus sentimentale en prime.
Il me faut une bonne dose de patience pour ne pas lui sauter dessus et le secouer pour obtenir une réaction autre qu'un rictus et une lueur dans le regard... Ah, si ! Une main se balade souvent dans mes cheveux, qui, je dois bien l'avouer, me donne un sentiment de réconfort, à défaut d'autre chose.
Quoi qu'il en soit, lorsqu'il m'a annoncé que sa prochaine expérience serait avec une femme, j'ai pris sur moi pour ne pas éclater de joie, mais mes membres frissonnaient d'excitation. Malgré mes sentiments pour Sherlock, je ne rechigne pas d'avoir une femme dans mes bras.
Mycroft avait raison à mon sujet : je dois être bisexuel.
Sherlock n'a fait aucun commentaire en me voyant si joyeux, mais j'ai perçu une pointe de tristesse dans ses yeux. Je ne me fais pas plus de soucis, cela reste une expérience et ne me fera pas varier d'un iota mon amour pour lui, aussi belle ma partenaire soit-elle.
L'après-midi touchait à sa fin quand notre invitée sonna à l'entrée.
Je descends l'escalier pour l'accueillir, tout fringuant que je suis. J'ai pris soin de me laver consciencieusement, de m'habiller de mes plus beaux atours pour faire bonne impression et ajouter une légère touche de parfum.
Quelle n'est pas ma déception, en ouvrant la porte tout sourire, en découvrant que ma partenaire n'est nulle autre qu'Irène Adler. La Femme que je n'ai jamais aimée. D'ailleurs, il ne m'est jamais venu à l'esprit de la séduire bien qu'elle soit très belle. Notre dernière rencontre m'a plutôt laissé un goût amer de jalousie, et j'espérais ne plus jamais la revoir tourner autour de Sherlock.
Mon sourire disparaît en un instant devant le sien qui s'agrandissait.
— Bonsoir, Docteur. C'est un plaisir de vous revoir.
— Bonsoir, Miss Adler, dis-je d'un ton peu enthousiaste.
— À votre mine, je constate que vous n'étiez pas au courant de ma venue.
— En effet, il ne m'avait pas précisé que vous seriez ma partenaire, lui réponds-je en l'enjoignant à m'accompagner à l'étage.
— J'imagine que maintenant, vous avez une petite idée de ce que nous allons faire ensemble ?
— Malheureusement, oui, soufflé-je.
— Ne soyez pas déçu, je suis la meilleure dans mon art et j'ai bien l'intention de vous bichonner intimement.
Je la dévisage un moment, comprenant que j'allais être dans les mains d'une manipulatrice qui, par le passé, avait pour client un membre de la royauté.
Qu'elle ait accepté de participer à l'expérience de Sherlock m'étonne beaucoup. Après tout, je ne représente rien pour elle, mis à part un moyen de pression sur Sherlock ? Je doute que cela soit suffisant pour le faire céder sur quoi que ce soit. Alors pour quelle raison est-elle venue, à part m'humilier devant lui ?
Nous atteignons le salon. Sherlock se lève et vient saluer notre invitée. Sherlock se tourne vers moi et dit d'une voix neutre :
— John, je vois que tu n'es pas ravie du choix de ta partenaire et…
— Ce qu'il veut vous dire, le coupe Irène, c'est que je lui ai moi-même demandé à participer à vos expériences. Et j'espère sincèrement que vous acceptiez d'être mon partenaire.
— Pourquoi ? Vous ne m'appréciez pas particulièrement.
— Au contraire ! J'ai une grande estime pour vous. A vrai dire, je suis curieuse d'en savoir plus sur l'homme qui a toute l'attention de Mr Holmes au point de vous faire toutes ces expériences sur le sexe. De plus, je ne pense pas me tromper que personne à part moi ne pourrait vous apporter ce que nul autre n'a envisagé de faire avec vous.
— Vous parlez des séances de sadomasochisme que vous vendez à vos clients, j'imagine. J'avoue que je ne suis pas particulièrement porté par ce genre d'attrait.
— C'est concevable ! Mais il est bien de le tenter au moins une fois dans sa vie. Et cela apportera la touche manquante à toutes vos expériences.
— John, commence Sherlock. Tu peux refuser. Je n'ai jamais voulu aller aussi loin même si je suis assez intéressé, je ne veux pas t'imposer ça.
Sherlock semble inquiet. Il semble me tendre un moyen de sortie.
— Je sais en quoi le BDSM consiste et je n'ai pas peur d'essayer. Cependant, je peux arrêter l'expérience à tous moments si ça me convient plus ?
— Évidemment, John ! Mais es-tu vraiment sûr de…
— Je crois que le Docteur Watson est suffisamment capable de prendre soin de lui, le coupe-t-elle. S'il a envie d'essayer, tu ne peux pas l'en empêcher.
— Ne t'inquiète pas Sherlock, je prends sur moi, le rassuré-je, bien que le doute s'est insinué en moi.
Sherlock ferme les yeux un instant avant de les rouvrir et d'accompagner Irène dans la direction de sa chambre pour discuter des détails.
Je constate qu'Irène tient une mallette à la main. D'habitude, je ne me serais pas intéressé à son contenu, mais aux vues des circonstances, ce qu'il y avait à l'intérieur devait forcément concerner l'expérience et par déduction, être utilisé sur moi.
Je me rends à la cuisine me préparer un thé. Quelque part, je suis quand même nerveux. En même temps, c'est une professionnelle qui sait y faire avec ses partenaires. Cela ne peut que m'être profitable, cependant, je n'aime pas me retrouver dévaloriser face à une femme. Autant avec Greg et Mycroft, bien plus dominants que moi, je n'avais d'autres choix que d'être passif, mais ici, les rôles sont différents et je n'ai côtoyé que des femmes qui se laissaient faire.
Je bois plusieurs gorgées de mon thé. Adossé au plan de travail, je ne parviens pas à calmer ma nervosité. M'asseoir ne me serait d'aucun secours, j'ai besoin de bouger.
Quelques minutes plus tard, Sherlock arrive dans la cuisine, s'arrêtant devant l'entrée. Seule la table me gardait éloignée de lui.
— Irène se change dans la salle de bains. Viens dans la chambre pour que je te prépare, commence Sherlock.
— Pourquoi elle ? dis-je simplement. Après tout, ma question est légitime.
— Je lui avais demandé de participer au tout début, quand j'ai choisi tes partenaires. Elle a toujours refusé jusqu'à présent. J'ignore ce qui l'a fait changer d'avis. Alors, je me suis dit que ça te changerait d'avoir une femme pour l'expérience. Elle est plutôt douée.
— Ce n'est sûrement pas pour mes beaux yeux qu'elle fait tout ça ? tenté-je.
Il grimace à ma remarque.
— Ce n'est sûrement pas ce qui la motive, c'est certain. Je ne sais pas, j'ai du mal à comprendre ses motivations.
— Alors quoi ? Si ce n'est pas moi, c'est sûrement pour toi ! C'est toi qu'elle veut depuis le début. Pourquoi ne sors-tu pas avec elle ?
— Tu le sais bien ! Je suis marié à-
— Pas à moi, Sherlock ! Je commence à bien à te connaître. Elle t'a toujours fasciné. Tu gardes même son téléphone dans le tiroir de ta chambre. Je le sais, je l'ai vu !
— Mais je ne l'aime pas, elle ! insiste-t-il.
Que sous-entend-il par là ?
Je m'apprête à lui poser la question, quand il me devance, en comprenant ce qu'il venait de dire :
— Allez viens ! Inutile de faire traîner cette expérience. Je te rassure d'une chose : elle n'a pas l'intention d'en faire d'autres avec toi après celle-ci.
— Tant mieux, parce que si ça avait été le cas, tu connaissais déjà ma réponse.
Il n'ajoute rien et je le suis dans sa chambre.
Quand j'arrive dans la pièce, j'écarquille les yeux en découvrant le contenu de la valise ouverte sur le lit, rien à voir avec les jouets sexuels de Sherlock. Il y avait comme quelque chose de malsain et vicieux qui s'en dégageait, quelque chose d'interdit qu'on utiliserait pour des réunions secrètes de sadomasochisme.
— C'est assez impressionnant comme ça...
— C'est moi ou tu es plus nerveux que moi ?
Je reste planté devant le lit à observer Sherlock. Je le sens mi-figue, mi-raison. Une part de lui attend cette expérience avec impatience, et d'un autre, il la redoute. Je pose ma main sur mon épaule pour le réconforter. Il pose la sienne par-dessus.
— Inutile de te dire quoi faire, John.
Je commence à me déshabiller. Pendant ce temps, Sherlock sort de la mallette plusieurs chaînes qu'il fixe aux barreaux aux quatre coins du lit. Je ne suis pas surpris des pratiques de Miss Adler. J'ai eu l'occasion de voir son site Internet et une vidéo particulièrement scandaleuse sur sa manière de traiter ses clients.
Les cliquetis du métal me font frissonner tant leur symbolique est fort. J'ai l'impression d'être un prisonnier qui va subir les tortures les plus atroces. Paradoxalement, je vais subir les pires plaisirs qu'un homme n'ait jamais éprouvés. Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour, je me trouverais à la place de ses clients. Dois-je me sentir effrayé ou excité de vouloir ressentir de telles sensations ? Les deux, je pense.
Une fois nu, je m'allonge sur le lit et me laisse attacher. J'observe Sherlock me fixer les membres, m'obligeant à écarter les jambes et lui offrir une vue plongeante sur mon intimité au repos. Nos regards se croisent furtivement dès qu'il lève la tête.
Si les rôles avaient été inversés, ça fait longtemps que je lui aurais sauté dessus. Mais Sherlock fait preuve de beaucoup trop de retenu et ça m'agace énormément.
Je suis persuadé qu'il connaît mes sentiments. J'ignore combien de temps nous allons encore nous tourner autour sans que les mots ne franchissent nos lèvres. Lui qui est si doué pour lire en moi, qu'attend-il pour se manifester ? Ai-je bien fait d'écouter Mycroft et d'attendre qu'il fasse le premier pas ?
Comme à chaque fois qu'il entame une expérience, il est terriblement sérieux et distant – plus que d'habitude, cette fois, je dois dire. J'ignore ce qu'il ressent au fond de lui après ces derniers mois où nous n'étions que tous les deux. L'arrivée de Miss Adler a-t-elle perturbé quelque chose ? Son visage ne trahit aucune émotion.
À la différence des menottes traditionnelles, j'ai plus de liberté de mouvement : mes mains sont au niveau de ma tête et je peux plier les genoux à mi-hauteur. Ça n'empêche quand même que quoi qu'elle fasse, je ne pourrais pas participer.
— J'ai installé trois caméras : une au plafond, une à droite et une à gauche, m'indique-t-il. Irène sera munie d'une mini caméra sur elle et je communiquerai avec elle par un micro qu'elle portera à son oreille.
— Tu vas lui dire quoi faire ? lui demandé-je.
— Non, elle connaît son travail, c'est juste une précaution. Et pour le bien de l'expérience, je dois te bander les yeux pour que tu restes bien focaliser sur tes sens.
— J'ai l'impression que je risque ma vie avec elle.
Une lueur de tristesse voile brièvement sa vue, comme une excuse qu'il m'adressait muettement, avant de se ressaisir.
— Allons, John ! Ne joue pas les rabat-joies. J'ai cru comprendre que tu étais ravie d'avoir une femme comme partenaire, qui plus est une très belle femme comme tu les aimes. Tous les hommes rêveraient d'être à ta place ! Tu n'imagines pas le nombre de demandes qu'elle doit refuser chaque jour. Estimes-toi heureux qu'elle t'ai ajouté dans ses clients. En plus, l'occasion est parfaite vu que tu n'apprécies pas Irène, tes sentiments n'interféreront pas dans l'expérience. As-tu des questions ?
— Embrasse-moi !
— Que… Pardon ? bafouille-t-il, pris au dépourvu.
— Ne m'oblige pas à me répéter… (je souffle) Embrasse-moi pour me donner du courage.
Sherlock cligne des paupières plusieurs fois avant de finalement se pencher vers moi et poser délicatement ses lèvres sur les miennes. C'est court et pourtant si électrisant. Puis il s'écarte. Le regard de Sherlock se trouble et il me fixe un moment. Puis, après un hochement de tête, il me bande les yeux avec son écharpe.
Je l'entends quitter la chambre d'un pas léger.
Me voilà fin prêt à recevoir toutes les attentions de Miss Adler. J'ai l'impression d'être une offrande pour la déesse de la débauche. Je ne suis pas totalement rassuré. Elle peut très bien me faire du mal. C'est généralement ce qu'on ressent dans ce genre de séance.
Je reste quelques minutes seul avec moi-même – le calme avant la tempête. Totalement aveugle, je ne peux que me fier à mes autres sens. J'entends des voix lointaines, mais je ne capte aucune parole. Sherlock et Irène devaient discuter à côté.
J'inspire à fond. L'odeur de l'écharpe me rappelle son propriétaire et bizarrement, ça me détend, comme si je n'étais plus tout à fait seul.
J'entends la porte se fermer et un froufrou léger passer à côté du lit.
— À nous deux, John, je peux vous appeler John ? Vous avez mon autorisation pour m'appeler par mon prénom. Ce que nous allons faire dépasse largement le cadre de la simple courtoisie donc soyez vous-même et faites comme d'habitude. À ce que Sherlock m'a dit, vous avez déjà expérimenté des centaines de méthode et que vous avez une résistance nettement supérieure à la normale. Je suis impatiente de découvrir toutes vos possibilités qui me changeront de mes clients habituels.
— J'aimerais juste savoir une chose : allez-vous me laisser en vie après ? m'enquis-je d'un petit rire crispé.
Elle s'approche tout près de moi et me murmure près de mon oreille :
— Je vous trouve particulièrement attirant et délectable. Je ne m'attendais pas à une telle surprise de la part d'un petit homme comme vous. Pendant toute l'expérience, je vais vous donner l'occasion de me demander grâce deux fois. Il ne tient qu'à vous de me donner ce que je veux en retour.
— Vous donnez quoi ?
Ma question reste suspendue dans les airs. Je ne tirerais rien d'autre d'elle. Mais si elle pense que je lui céderai aussi facilement, elle peut toujours attendre !
Je l'entends fouiller dans sa mallette. Je frissonne lorsqu'elle prend mon sexe au repos entre ses doigts. Elle le caresse, peut-être pour en observer tous les détails. J'espère qu'elle apprécie mes dimensions avantageuses.
Ensuite, je sens qu'elle attache quelque chose à la base du sexe et autour de la pointe. Je connais la plupart des jouets sexuels qui existent et je devine qu'il s'agit d'anneaux vibrants.
Le premier, il me semble, est ce qu'on appelle un anneau de torture qui englobe séparément les testicules d'un coté et le pénis d'un autre.
L'autre est différent, il semble y avoir une tige qu'elle enfonce à un centimètre dans la fente. Ça ressemble à un plug de chasteté, pourtant, je doute que c'en soit vraiment un – trop court -, pas le genre de Miss Adler, quoi que... C'est un peu douloureux, mais pas autant qu'une sonde vésicale qui remonte jusqu'à la vessie.
— Relevez vos fesses, je vous prie.
Tout à coup, je sens qu'elle insère quelque chose en moi – long et froid, me remplissant complètement et qui percute ma prostate lorsqu'il est totalement en moi, me faisant sursauter – jusqu'à la base de l'objet qui bute contre mes fesses et qu'elle fixe autour de mes cuisses pour le tenir en place.
Je couine un coup quand elle me pince les tétons, non pas avec ses doigts, mais avec deux tiges métalliques. Je commence sérieusement à ne pas la sentir cette expérience. Irène fait du BDSM... À quoi m'attendais-je d'autres ?
— Impressionné, John ? Je voulais emmener un peu plus de matériel pour vous travailler, mais Mr Holmes n'a pas voulu. Dommage, je suis sûre que vous auriez adoré ! Un de ces jours, venez me voir pour les tester, rit-elle de sa voix mélodieuse. Bien, commençons !
Elle monte sur le lit et s'installe à côté de moi. Le peignoir qu'elle porte, frôle mes cuisses d'une douce caresse. Je frissonne et je compte mentalement dans ma tête les secondes qu'il me reste avant que ça ne commence.
Je sens le long de ma jambe gauche un objet en cuir froid pas très large qui remonte jusqu'à mon fessier puis celui-ci se retire et me claque la peau. Une fois, deux fois, trois fois. Je glapis à chaque coup qui se fait de plus en plus fort. La houssine me laisse une chaleur à l'endroit où les coups sont portés.
Elle la remonte sur mon flanc, ma poitrine puis vole jusqu'à ma joue qu'elle caresse. Elle me fait lever le menton pour la faire glisser sur ma pomme d'Adam et redescendre sur mon torse. Je frissonne de plus en plus et ma respiration s'accélère.
Le premier coup de jus me fait sursauter en arquant le dos. C'est de l'électricité en faible intensité qui m'électrise par assaut. Et tandis qu'elle continuait à glisser la houssine sur mon corps parsemé de chair de poule, les deux pinces me faisaient glapir.
Elle repose l'instrument sur le lit et c'est à ce moment précis que tout se met en marche.
D'abord, les vibrations sont légères quand les anneaux se mettent à vibrer à l'unisson, puis le deuxième instrument se met en route et je me cabre à l'écho qui me traverse et répond aux premiers et je ne peux m'empêcher de gémir quand une brusque poussée d'adrénaline me parcourt de la tête aux pieds.
Je ressens une forte pression sur mon bas-ventre et je pouvais imaginer le chemin du courant électrique qui parcourait mon corps en appuyant férocement sur mes points de mon anatomie les plus sujettes à me donner du plaisir, comme si ces appareils étaient dotés d'un appétit malsain à me torturer de la plus diabolique lubricité. Je me tortille, essayant de me soustraire à cet afflux de sensation qui m'empêche de me contrôler correctement.
Les coups de cravache reprennent. Plus précis, plus fort, plus insidieux, se faufilant vers les zones interdites. Me caressant, me fouettant les bourses, me faisant sombrer dans un délice insoutenable. Je tire sur les chaînes, dans une tentative vaine de me libérer. Cela ne fait qu'attiser le feu d'Irène à me tourmenter davantage.
Mon esprit vacille lorsque le rythme change. Les vibrations sont remplacées par des va-et-vient profonds et lancinants qui me font pousser des soupirs obscènes. Au grand jamais, je ne m'étais comporté dans une telle débauche de plaisir. La force des poussées et des vibrations s'accélère et mes gémissements deviennent des râles profonds, des cris de plus en plus forts, rythmés par les coups de boutoir qui m'arrachent systématiquement un cri d'extase plus fort les uns que les autres dès que la jouissance me prend, me rependant sur mon ventre.
Irène m'enlève l'anneau de la pointe et la remplace par une sorte de capuchon qui descend sur le gland. Cela semble caoutchouteux et m'enserre tout autour. Ce qui suit ne m'aurait jamais venu à l'esprit : ce capuchon semble vouloir m'engloutir tout entier. Une sorte d'aspiration m'aspire, chassant tout l'air à l'intérieur. De ses doigts habiles, Irène m'entoure et me pompe avec énergie faisait surgir du liquide pré-séminal qui se faisait aspirer hors de moi. Je me concentre au maximum, car je sais ne pas pouvoir tenir longtemps avec une telle pression qui tente de me vider de mes substances.
Je n'arrive plus à réfléchir. Je secoue frénétiquement ma tête de droite à gauche. Mon corps court-circuite toutes mes pensées, et mes barrières que j'ai réussi à garder dressé jusque-là s'effondrent en un instant et plus rien n'empêche des mots de franchir ma bouche. Un nom en particulier que je gardais précieusement au fond de moi et que je m'étais interdit de prononcer, jaillit de ma voix la plus sensuelle qui soit comme un appel.
— Sherlock !
La cravache arrête ses mouvements, tout comme sa main sur moi. Au-dessus, Irène ne fait plus rien. Seuls les sex-toys continuent leur travail, insensibles aux comportements humains, me faisant continuer à ahaner, mon cœur cognant frénétiquement dans ma poitrine.
D'un coup, la lumière revient. J'ouvre les yeux à moitié, toujours en proie à des montées de désir qui me font jouir tant et plus.
J'observe Irène, le nez dans l'écharpe. Je perçois un grésillement de l'oreillette qu'elle porte. Sherlock semble lui parler en cet instant.
— En fait, vous influez vous-même sur les résultats. À quoi bon faire des expériences si vous trichez ?
— (…)
— Non ! Je change de méthode et on verra comment il réagira. Vous n'aurez pas le dernier mot !
Elle retire l'oreillette de son oreille et la jette au sol.
— Changement de programme, John, dit-elle. Je vais m'impliquer un peu plus et j'attends de vous que vous réagissiez comme je l'entends.
Elle me montre une petite télécommande et en appuyant sur un bouton, tout s'arrête. Je souffle de soulagement, même de courte durée, je profite de cette accalmie temporaire pour retrouver mes esprits.
— Que se passe-t-il ? Pourquoi m'avez-vous enlevé l'écharpe ?
— Je veux voir votre visage pendant la jouissance. Celle qui dépasse de très loin toutes celles que vous avez eues jusqu'à présent. Et je veux que vous ne voyiez que moi. Montrez-moi que vous êtes capable de vous sublimer au-delà de mes attentes. Oubliez Sherlock, oubliez qui vous êtes, oubliez tout et concentrez-vous uniquement sur moi, comme si j'étais la personne la plus importante de votre vie.
— Quoi ? Mais ce n'est pas-
Elle ne me laisse pas le temps de finir ma phrase et fait alors une chose que je ne m'attendais pas du tout : elle retire le capuchon et s'assoit à califourchon sur moi en s'empalant sur mon sexe.
Je sursaute, surpris par sa soudaine prise à partie. Elle dégage de ses épaules son peignoir, me révélant son corps aux proportions généreuses, sa poitrine tentatrice, sa peau parfaite. Elle caresse ma poitrine de ses mains, retire les pinces et titille mes boutons de chairs dressés et très sensibles. Elle se penche et les prend en bouche. Je ne la quitte pas des yeux, envoûté par ses iris noirs qui plongent dans les miens alors qu'elle se délectait de moi.
Elle s'approche de mon visage et dépose ses lèvres sur les miennes. Elle insère sa langue dans ma bouche et s'attaque à sa jumelle. Elle ne me laisse aucune chance de gagner cette bataille. Elle est partout sur mes lèvres, dans ma bouche, elle me submerge complètement.
Elle poursuit ses baisers dans mon cou, le long de ma mâchoire.
— John, ce soir, vous êtes à moi ! Rien qu'à moi !
Elle se redresse et remet les pinces en place, puis reprend la télécommande. Elle appuie un bouton et les sex-toys reprennent leurs fonctions. C'est une avalanche qui déferle en moi. Elle avais mis le niveau maximum à tous ses jouets. Je crie à en perdre haleine. Au-dessus de moi, Irène bouge à l'unisson et semble contrôler son corps bien mieux que moi, malgré les sensations qu'elle devait ressentir aussi. Son déhanchement est sauvage et parfaitement ciblé. Son souffle est erratique, mais maîtrisé.
Mon orgasme explose une fois, deux fois, trois fois et rien ne semble l'arrêter. Je me sens souillé à l'extrême, tout ce qui me reste de sperme coule à l'intérieur d'Irène. J'espère seulement qu'elle a pris soin de se protéger. Le sex-toy dans mon anus fait un chuintement obscène quand il entre et sort de moi. J'ai l'impression d'être pris par plusieurs personnes qui coulissent en moi en alternance.
Je n'en peux plus, Irène me vide de toutes mes forces et pourtant à chaque fois, elle arrive à raviver le désir en moi alors que je dépasse les limites de mes capacités physiques normales. Tout ce que j'ai appris lors des expériences, toute la résistance que j'ai accumulée, se fracassent alors qu'elle se déchaîne sur moi pour me briser de l'intérieur.
Mon cœur ne tiendra plus très longtemps avec tant de pression. Mon souffle se coupe régulièrement, je suffoque, mais à chaque fois que j'atteins l'orgasme, elle semble toujours me pousser à en vouloir plus. Sa résistance est bien supérieure à la mienne et je le découvre à mes dépends.
— Stop ! Arrêtez ! Je n'en peux plus, arrêtez ça ! hurlé-je.
— Tenez bon, John. Je sais que vous pouvez aller encore plus loin !
J'entends la porte s'ouvrir violemment.
— Arrêtez, Irène ! Libérez-le ! crie Sherlock, affolé.
— Oh, non ! Il doit aller jusqu'au bout.
— Écartez-vous de lui ! crache-t-il. Vous allez lui causer des dommages irréversibles.
— Les dommages sont déjà faits alors autant achever ce qui a été commencé. C'est tout ce que vous méritez !
Sherlock fait deux pas dans notre direction, lorsque soudain, Irène brandit une arme sur ma poitrine, à l'emplacement de mon cœur.
— À votre place, je n'en ferais rien, si vous tenez à la vie de John, menace-t-elle.
— Que faites-vous ?
— Ce pour quoi je suis venue. Savoir ce que votre ami a dans les tripes et qui vous attire tant. Oh, ne faites pas cette tête, mon Cher ! Vous êtes pathétique tous les deux ! Restez si vous le voulez, mais laissez-moi finir !
Je n'arrive pas à saisir la portée de ses paroles. Mon corps sonne la sirène d'alarme tant il est en souffrance. Cette femme est diabolique ! Elle serait capable de me tuer en me baisant, tout comme une Mante religieuse qui décore le mâle après l'accouplement.
Irène avait arrêté ses mouvements pendant l'altercation avec Sherlock, mais elle reprend avec plus d'assiduité, toujours armée au cas où Sherlock tenterait un geste stupide ; Irène savait qu'elle ne pouvait pas lui faire confiance et qu'à la moindre inattention, il reprendrait le dessus.
Je continue de gémir, totalement perdu dans mes sensations. Mes jambes tremblent convulsivement et je tire vainement sur mes entraves pour chercher du réconfort quelque part. Mes yeux tournent d'Irène à Sherlock et de Sherlock à Irène, je ne sais plus où donner de la tête.
Progressivement, un nouveau déferlement de plaisir surpassant toutes celles que j'ai eues auparavant s'impose à moi. À la limite de l'évanouissement, je tente désespérément de résister à cette déflagration qui allait me dévaster.
— Je t'en supplie… marmonné-je dans un souffle, les larmes coulant abondamment sur mes joues. Mon regard rivé sur celui de Sherlock.
Celui-ci est partagé entre la colère et la peur, par son incapacité à me sortir des griffes de cette femme. Son inquiétude me soulage dans le sens qu'il semble se soucier de moi : pour ma vie si jamais Irène décidait d'appuyer sur la gâchette ; pour mon corps pas entraîné à supporter tant de pression ; pour moi, car peut-être a-t-il peur que je renonce à faire d'autres expériences après celle-ci. Et peut-être autre chose... Je n'avais jamais vu autant d'émotions passer dans son regard, dans son corps depuis que je le connais.
Je suis pris d'un orgasme si violent que tout mon corps se tend à l'extrême et qui me laisse presque sans voix. L'expression qui se peint sur le visage, doit être particulièrement impressionnante vu les expressions surprises de mes deux observateurs. La pression reflue d'un coup lorsque le vibromasseur et l'anneau s'arrêtent.
Irène se penche sur moi et me murmure à l'oreille :
— Je connais votre secret.
Enfin, elle se redresse et quitte mon giron, me laissant perplexe sur ce qu'elle comptait faire de l'information qu'elle avait découvert sur moi. Sûrement mon amour pour Sherlock. Il n'y a bien que lui qui ne voit rien.
Mon soupir de soulagement résonne fort à mes oreilles. Ma respiration est forte et saccadée comme si j'avais couru un marathon. Je suis encore en vie, me dis-je.
Personne ne dit mot. Sherlock détache les chaînes, qu'Irène range dans sa mallette. Il ne cesse de m'observer, guettant le moindre signe de reproches dans mon regard.
Sa main dans mes cheveux, puis sur ma joue m'apaise, et instinctivement, je pousse ma tête contre sa main et pose la mienne sur la sienne pour plus de contact. Cela semble le faire réagir, mais il ne doit pas oser faire quoi que ce soit en présence d'Irène.
Mes paupières sont lourdes, mon corps tout entier m'envoie des signaux alarmants de fatigue. Ma résistance, dont j'étais si fier, avait fini par céder.
Il me nettoie, car j'en avais pas la force - tous mes membres étaient lourds -, tandis qu'Irène quitte la chambre.
Je roule sur le côté, remontant mes genoux à la poitrine. Sherlock remonte les couvertures sur moi et dépose un baiser sur mon front. Je sombre aussitôt dans un profond sommeil.
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Cette expérience m'a laissé un goût amer. Sherlock et moi n'en avons pas reparlé. Aucune dispute, ni rancœur. Nous avons juste repris le cours normal de nos vies en essayant d'oublier ce qui s'était passé. Sherlock m'a juste juré que je n'aurai plus jamais d'autre partenaire.
J'avais accepté cette expérience en toute connaissance de cause et j'avais espéré que j'aurais pu la gérer. Mais tout a dérapé. Tout est de la faute de cette femme. Qu'avait-elle en tête en voulant me faire perdre mes moyens de la sorte au risque d'essayer de me tuer ? Quel était son objectif ?
Sherlock semble avoir fait cette expérience à contre-cœur, comme si c'était l'expérience qui perturbait tous ses plans, quels qu'ils soient. En tout cas, je le pense.
Mais un non-dit subsiste depuis lors entre-nous, chacun fermement campé sur ses positions, attendant peut-être les réactions du camp adverse. Je refuse d'être le premier à craquer.
Je l'aime… Je l'aime à un point qu'il m'arrive d'en pleurer la nuit. Mon amour pour lui pèse lourd au fond de mon cœur, de ne pas trouver écho en Sherlock, mais j'en suis arrivé à ne plus supporter cette situation. Je ne veux plus souffrir en silence.
Ce que je veux... Que j'aimerais… c'est que tout ça s'arrête. J'en ai assez. Assez.
