Bonsoir tous le monde !

Voici la suite (une semaine d'attente, ça n'a pas été trop long non ?) qui, je l'espère, vous plaira. J'ai déjà commencé le chapitre suivant, donc si tout va bien, et que mes révisions ne me prennent pas tout mon temps, je devrais être en mesure de vous poster le chapitre suivant la semaine prochaine (je pense que poster le dimanche est le plus simple, surtout pour moi en fait!)

Je tiens à remercier ceux qui continuent à suivre cette fic, et surtout qui prennent le temps de me laisser un commentaire, ceux-ci se faisant de plus en plus rare. Mais bon, je ne vais pas perdre mon temps à vous demander encore et encore de m'en laisser, ce serait prêcher dans le désert. Donc merci pour ceux qui en prennent encore le temps, et c'est principalement pour vous en remercier que je continue de poster cette histoire...

Bonne lecture à tous !

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Chapitre 37 :

POV d'Alexis :

Nerveusement, je me mordillai la lèvre, observant Kate retraverser la rue en courant. J'avais un mauvais pressentiment, et je me retins de la rappeler, ne voulant pas la mettre bêtement en danger. J'avais vu Père à l'œuvre, et je savais de quoi il était capable. Et savoir Kate seule face à lui ne me rassurait pas, même si je la savais parfaitement capable de se défendre, elle ne pourrait rien contre lui s'il l'attaquait par derrière et la droguait. Frémissante à l'idée de ce qu'il pourrait lui faire subir, je détournai mon regard de l'endroit où elle avait disparue et me focalisai sur la maman de Beckie qui observait sa fille, des larmes silencieuseS de joie mêlée à de la peur coulaient le long de ses joues pâles.

« Elle ira bien vous savez » déclarai-je doucement en venant la rejoindre.

« Elle a l'air si petite et fragile comme ça… » soupira-t-elle en caressant tendrement le visage de son enfant.

« Elle est plus forte qu'elle n'y parait vous savez madame… » commençai-je avant de m'interrompre, réalisant que je ne connaissais pas son nom.

« Excuses-moi, je ne me suis pas présentée ! » s'excusa-t-elle en m'adressant un faible sourire « Je suis madame Kates, et Rebecca est ma fille » déclara-t-elle en reportant son regard sur l'adolescente toujours inconsciente.

« Ravie de faire votre connaissance madame, je m'appelle Alexis Castle » souris-je en me présentant à mon tour.

« La fille du célèbre écrivain ? Je croyais que tu étais la fille du partenaire du lieutenant Beckett » voulut-elle savoir dans un froncement de sourcils confus.

« Je plaide coupable ! » m'amusai-je, habituée à ce genre de réaction « Et papa est bien le partenaire de Kate. Elle est sa muse » lui révélai-je en souriant en imaginant le regard noir que Kate m'aurait adressé en m'entendant l'appeler ainsi.

« Mais oui bien sûr ! » s'exclama madame Kates en secouant la tête, comme si elle se reprochait de ne pas avoir fait plus tôt le rapprochement « Pas étonnant que ce soit elle qui ait retrouvé mon bébé si elle est aussi douée que son homologue de papier »

« Elle l'est plus encore… » souris-je fièrement sous le regard amusé de Madame Kates.

« Tu l'admires énormément à ce que je vois » commenta-t-elle en recommençant à caresser du bout des doigts le visage crispé de Beckie, comme si elle faisait un cauchemar.

« Je l'aime énormément… » confirmai-je en tournant machinalement la tête vers la bâtisse délabrée dans laquelle elle s'était engouffrée, sentant à nouveau mon estomac se tordre d'appréhension.

Le son de plus en plus proche de sirènes de police me fit reporter mon attention sur la rue, et je poussai un soupir de soulagement en reconnaissant la voiture des Gars.

« Mon Père arrive ! » m'exclamai-je en souriant grandement, le soulagement m'inondant.

Rassurée, je fis quelques pas sur le trottoir, m'avançant vers l'endroit où se trouvait Kate, espérant la voir surgir en entendant les renforts arriver, mais bien sûr, cela ne fut pas le cas. Peut-être même ne les avait-elle pas entendus, perdue dans les dédales de cet endroit sordide. Les yeux rivés sur le bâtiment, je ne réagis même pas en entendant mon père m'appeler, trop préoccupée par ce nœud à l'estomac qui me faisait craindre le pire. Et soudain, mes pires craintes se matérialisèrent, et les feux de l'Enfer se répandirent sur terre. Littéralement. Une puissante explosion retentit au moment où je crus apercevoir Kate surgir près de la voiture de patrouille.

« Kaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaate ! » hurlai-je à m'en briser les cordes vocales.

Je voulus me précipiter vers l'endroit où elle se tenait quelques secondes avant que tout n'explose, mais une poigne de fer m'en empêcha. Me débattant furieusement, je tentai de m'en détacher, mais l'emprise se resserra autour de moi.

« Alexis, arrêtes ! » entendis-je mon père m'ordonner.

Le son de sa voix me calma quelque peu, mais mon désespoir était tel que je continuai à ruer entre ses bras, voulant porter secours à Kate.

« Papa ! Lâches-moi, Kate est là-bas, près de la voiture ! » criai-je sans me rendre compte de l'impact que mes paroles auraient sur mon père.

« Quoi ? » s'enquit-il d'une voix blanche qui me fit lever les yeux vers lui.

« Elle était à l'intérieur, mais je l'ai vu sortir juste avant l'explosion papa, elle a besoin de nous » soufflai-je en sentant les larmes me monter aux yeux devant le visage défait de mon père.

« Mon Dieu Kate… » souffla-t-il en se tendant contre moi, le regard braqué sur le nuage de feu et de poussière qui nous empêchait de voir quoi que ce soit.

« Papa, il faut aller la chercher, on ne peut pas la laisser là-bas » tentai-je de lui faire comprendre alors qu'il restait sans réaction « Papa ! » hurlai-je en désespoir de cause.

Il sursauta et cligna des paupières, comme si je venais de le tirer d'un mauvais rêve. Il se passa une main tremblante dans les cheveux, son regard se brouilla comme s'il allait se mettre à pleurer, puis il crispa la mâchoire, se redressa, et son regard se durcit, me faisant frissonner.

« Je vais y aller. Toi restes ici » déclara-t-il d'un ton catégorique qui ne souffrait aucune protestation.

« D'accord, mais par pitié sois prudent papa et ramènes-la » approuvai-je d'une voix tremblante.

« Je te le promets pumpkin » marmonna-t-il en déposant un baiser sur mon front.

Tremblante, je m'entourai de mes bras, cherchant un peu de réconfort, et suivis la progression de mon père lorsque mon regard fut attiré par un mouvement à travers la fumée. Plissant les paupières, je tentai d'en percer les mystères, et mon cœur rata un battement lorsque je devinai la présence d'une silhouette qui, malgré l'épais nuage brumeux qui brouillait ma vision, était féminine.

« Kate ! » criai-je pour attirer aussi bien l'attention de la jeune femme que celle de mon père.

Surpris, il s'arrêta en plein milieu de la rue, tourna la tête vers moi pour m'interroger du regard, et suivit des yeux le doigt que je pointai en direction de la voiture de patrouille dont la forme sombre apparaissait comme un phare nébuleux en pleine tempête. Je vis le regard de mon père s'éclairer, signe que lui aussi avait aperçu Kate. D'un hochement de tête, il me fit comprendre qu'il l'avait repérée, et il se mit à courir bien plus vite que je ne me souvenais l'avoir jamais vu faire. Je savais qu'il courait souvent depuis qu'il travaillait avec le lieutenant Beckett, ce qui était plutôt une bonne chose, même s'il faisait assez attention à son physique, je ne l'avais jamais vu faire. Et je comprenais ce que Lanie avait voulu dire lorsqu'elle disait que Beckett était la meilleure carotte possible pour mon père, et que pour elle, il était prêt à dépasser ses limites. Mais alors qu'il posait un pied sur le trottoir d'en face, ne se trouvant plus qu'à quelques mètres de Kate, une autre explosion retentit.

« Papaaaaaaaaaaa ! » m'écriai-je en voyant mon père être violemment projeté en arrière par le souffle de la déflagration.

Il atterrit brutalement presqu'à son point de départ, et mon cœur fit une embardée en le voyant rester à terre. Folle d'inquiétude, je me précipitai vers lui et tombai à genoux à ses côtés avant de le retourner d'une main tremblante. Son visage était ensanglanté, et je craignis le pire avant de le sentir bouger. Il papillonna des paupières dans un gémissement plaintif, et son regard trouble se posa sur moi, mettant quelques secondes avant de s'éclaircir.

« Où est le chauffard qui m'a percuté ? » grogna-t-il en s'appuyant contre moi pour s'asseoir.

« Il y a eu une seconde explosion papa… » murmurai-je d'une voix rendue rauque par les larmes que je retenais de plus en plus difficilement.

De concert, nous tournâmes la tête vers la voiture de patrouille, constatant qu'elle n'était plus qu'un amas informe de tôle. Et de Kate, nulle trace. Elle se tenait juste à côté de la voiture lorsque l'explosion s'était produite, autrement dit, elle n'avait probablement même pas eu le temps de comprendre ce qu'il se passait avant que…

« Papa… » gémis-je en me censurant moi-même, incapable de faire face aux implications de mes propres pensées.

« Je sais pumpkin, je sais… » murmura-t-il faiblement, le regard voilé par un chagrin si profond que mes larmes coulèrent en écho.

« Bon sang Bro, mais qu'est-ce qu'il t'a pris de vouloir te jeter dans cette fournaise ? » s'exclama Espo avec fureur « Si Beckett apprend que tu as encore voulu jouer les Superman, elle va te botter le cul si fort que tu éprouveras des difficultés à t'asseoir pour le restant de tes jours » ajouta-t-il devant le manque de réaction de papa.

« Kate était là-bas Espo… » souffla papa d'une voix désincarnée.

« Ok Bro… tu délires là ! » s'écria Espo en se raidissant, refusant de croire à ce qu'il venait d'entendre « ce coup sur la tête t'a fait halluciner, je vais appeler les secours pour qu'un médecin t'examine » décréta-t-il en faisant signe à Ryan de venir avec un ambulancier.

« Nous l'avons vue Espo, elle se tenait juste à côté de la voiture de patrouille au moment de la seconde explosion. C'est pour ça que papa essayait d'y aller, pour l'aider à sortir de là… » expliquai-je, sans chercher à stopper les larmes qui déferlaient le long de mes joues.

« Merde ! Ça ne peut pas être vrai, elle ne peut pas être… » s'étouffa le latino en observant à son tour la carcasse calcinée d'un air lugubre.

« Il faut envoyer une équipe là-bas… elle est peut-être seulement blessée et en attente de secours » soufflai-je en croisant doigts et bras contre ma poitrine, comme je le faisais lorsque j'étais enfant et que je voulais quelque chose par-dessus tout.

« Je préviens les pompiers » s'exclama Espo avant de partir en courant vers plusieurs équipes qui s'activaient non loin de là.

Sans attendre, il se rua vers le premier pompier qu'il croisa, et à renfort de grands gestes nerveux en direction de la voiture, il lui ordonna de se bouger les fesses. Du moins le devinai-je, car j'étais trop loin pour entendre ce qu'il disait. Mais je vis le visage du pompier passer de l'agacement à la perplexité, puis à la pitié en une fraction de secondes. Il jeta un regard vers l'incendie qui continuait à faire rage, à croire qu'il ne s'éteindrait jamais, puis dit quelque chose qui fit enrager Esposito. Il s'agita un peu plus, et finalement, sur un hochement de tête, le pompier se dirigea vers un camion, attrapa un tuyau, mit son casque, et avec d'autres hommes du feu, avança vers la fournaise.

« Ils pensent qu'ils ne peuvent plus rien pour elle… » commenta papa d'un ton lugubre, me faisant sursauter.

« Ne dis pas ça papa, elle va bien, elle ne peut pas être morte » protestai-je en serrant les poings, me mettant à trembler violemment.

Sans rien dire, papa m'attira à lui, me serrant de toutes ses forces entre ses bras. Et son silence me glaça plus que n'importe quelle parole creuse visant à me rassurer. Je savais qu'il n'y croyait pas. Que l'explosion avait été si puissante qu'il faudrait un miracle pour que Kate en ait réchappée. Et elle se tenait si près de la voiture au moment où la bombe avait explosée que je frémis alors que des images de cadavres calcinés me parasitaient le cerveau. Mes pensées fusaient dans ma tête comme une belle de flipper folle, et je n'arrivais pas à me focaliser sur une pensée précise. Secouant la tête, je me concentrai sur la présence silencieuse de papa à mes côtés. Tendus l'un contre l'autre, nous observâmes en silence les pompiers atteindre la voiture, ou du moins ce qu'il en restait, et commencer à l'arroser pour éteindre Le feu. Mais alors que les flammes semblaient s'atténuer, il y eu une nouvelle explosion, moins puissante que les deux premières, et l'incendie reprit de plus belle.

« A croire que Père voulait être certain que les feux de l'Enfer s'abattraient sur Terre ! » marmonna papa en fixant les flammes « Drôle de façon de purifier l'humanité » ironisa-t-il, me faisant froid dans le dos.

« Tu crois qu'il a tendu un piège à Kate n'est-ce pas ? » m'enquis-je, même si je connaissais déjà la réponse.

Kate avait réussi là où tous les autres avaient échoué. Non seulement elle l'avait identifié, mais en plus, elle lui avait repris Eva, et cela à deux reprises. Il n'avait pu le supporter, et avait décidé de l'éliminer de l'équation et d'ainsi pouvoir poursuivre ses plans diaboliques, quels qu'ils soient.

« Papa, il faut renforcer la sécurité autour d'Eva. Il va vouloir la récupérer » m'inquiétai-je en tournant machinalement la tête vers l'adolescente.

Elle était allongée sur un brancard, visiblement toujours inconsciente, entourée de sa mère, de Ryan et de deux uniformes. Ryan avait une main posée sur l'épaule de madame Kates, et lui parlait doucement, comme pour la rassurer. Un léger soupir de soulagement m'échappa en constatant que Ryan veillait au grain et qu'il ne laisserait rien arriver à Eva et sa mère.

« Ryan veillera sur elle, ne t'inquiètes pas » déclara papa en écho à mes pensées.

Relevant la tête vers son visage, je frémis en avisant le masque de dureté qu'il arborait. Je n'avais pas l'habitude de le voir comme ça. Pour moi, il était toujours souriant, faisant des blagues plus ou moins douteuses, ayant l'esprit espiègle d'un enfant de dix ans. J'aimais cette facette de sa personnalité, mais en cet instant, il était devenu l'homme mûr et responsable qu'il était derrière cette façade rieuse. Faisant preuve d'un sérieux mortel, il suivait la difficile et lente progression des secours, serrant les poings pour ne pas se ruer vers eux et se jeter dans les flammes pour en sortir lui-même Kate. Je savais que seule ma présence l'en empêchait, que si je n'avais pas été là, il aurait jeté toute prudence à la poubelle et aurait tenté un acte fou et désespéré pour tenter de sauver la femme qui avait volé son cœur bien des années plus tôt, et au diable sa promesse de ne pas m'abandonner, de ne pas prendre de risques inutiles.

J'avais compris depuis longtemps que la vie de Kate était plus précieuse à ses yeux que sa propre vie, et la profondeur de son amour pour elle m'avait longtemps laissée perplexe, principalement parce que je ne comprenais pas qu'on puisse aimer à ce point. Comment pouvait-on aimer une personne au point de s'oublier soi-même ? Encore plus quand ladite personne ne vous rendait pas vos sentiments. C'est comme ça que j'avais su que je n'avais jamais vraiment été amoureuse. J'avais aimé Ashley, mais mes sentiments me paraissaient si ternes, si faibles par rapport au lien qui unissait papa et Kate, que je n'avais plus eu aucun regret d'avoir rompu avec lui. Et à présent que je savais que Kate éprouvait les mêmes sentiments intenses pour papa, je ne pouvais qu'espérer un jour connaître un tel amour. Et en cet instant, j'avais l'impression de lire un de ces amours tragiques propres à la littérature romantique.

Mais non, la vie ne pouvait pas être cruelle à ce point. Papa et Kate avaient déjà surmontés tant d'épreuves, s'étaient éloignés puis retrouvés si souvent, qu'ils ne pouvaient pas ne pas vivre enfin leur amour au grand jour. Ce n'était pas possible. Des cris attirèrent mon attention, coupant court à mes sombres pensées, et je me redressai au moment où je vis les pompiers sortirent quelque choses des flammes.

« Nooooooooooooooon ! » entendis-je hurler avant de réaliser que ce cri déchirant, c'était moi qui l'avait poussé.

« Kate… non pas ça…mon Dieu Kate… » entendis-je la voix de papa, comme à travers un brouillard.

Les jambes coupées, je m'affalai au sol comme une poupée de chiffon, les yeux braqués sur le corps calciné et méconnaissable que les secours venaient de sortir des flammes. De longues mèches brunes témoignaient encore de la somptueuse chevelure qui avait été celle de la victime. Ce ne pouvait qu'être Kate. Il n'y avait eu personne d'autre qu'elle là-bas au moment de l'explosion. Impuissants, tétanisés par la douleur, nous observâmes les pompiers déposer le corps carbonisé dans un sac mortuaire, et je crus voir à travers le rideau d'eau de mes larmes, Lanie pleurer dans les bras d'Esposito. Je ne l'avais même pas vu arriver, mais les Gars avaient dû l'appeler, et je frémis en songeant qu'une de ses pires angoisses venaient de se réaliser. Un soir que nous faisions des heures supplémentaires à la morgue, elle m'avait confié qu'une de ses pires craintes étaient d'avoir un jour à pratiquer l'autopsie de sa meilleure amie ou d'un des Gars.

Et aujourd'hui, c'était le corps de Kate qu'elle allait escorter jusqu'à la morgue. Pourtant, aussi difficile que ce soit pour elle, je savais qu'elle ne laisserait personne s'approcher du corps de Kate. Ce serait elle qui prendrait soin d'elle et qui veillerait à ce qu'elle soit bien traitée. Un long gémissement de douleur m'échappa en imaginant Kate, allongée, sans vie, sur une des tables d'autopsie de la morgue. C'était un cauchemar dont j'allais me réveiller, tremblante et couverte de sueur, mais à l'abri de ma chambre, sachant Kate en vie, chez elle, ou encore au 12th, papa à ses côtés.

« Alexis, va avec les Gars, je te rejoins plus tard… » déclara doucement papa, d'une voix éteinte.

Je m'apprêtai à protester, mais ce que je lus dans son regard me stoppa net. Son regard était éteint, comme si quelqu'un s'était penché au-dessus de la flamme qui illuminait habituellement son être et l'avait soufflée. Il paraissait désincarné, comme si voir Kate morte l'avait tué lui aussi, et je compris que plus jamais il ne serait le même. Hésitant à le laisser seul, je tendis la main vers lui, dans un geste de soutien, mais il s'éloigna sans rien remarquer, et indifférent à l'agitation des pompiers qui bataillaient contre les derniers foyers d'incendie, il s'avança vers l'endroit où le corps de Kate avait été retrouvé. Il s'immobilisa à quelques millimètres du coffre éventré, et resta là de longues secondes avant de soudainement tomber à genoux, le corps secoué de lourds sanglots. Incapable de rester là à le regarder souffrir, je le rejoignis en courant, et l'entourai de mes bras. Mais soudain, il se dégagea de moi, et ramassa quelque chose sur le sol. Avec des gestes tremblants mais délicats, il nettoya l'objet, et un halètement m'échappa en comprenant ce dont il s'agissait.

« Mon dieu, c'est… » murmurai-je alors que de nouvelles larmes coulaient le long de mes joues.

« La montre de son père… » approuva papa en portant le bijou brisé à ses lèvres, l'embrassant avec révérence.

« Elle ne la quitte jamais… » soufflai-je, n'arrivant pas à me rappeler de la dernière fois où je n'avais pas vu le précieux bijou au poignet de la détective.

« Le seul moment où elle la retire, c'est quand elle est chez elle…. » m'expliqua papa en enveloppant le bracelet dans son mouchoir qu'il serra dans son poing.

Le silence retomba entre nous, tous deux digérant l'implication de la présence de cette montre ici. Cette découverte venait de détruire nos dernières illusions quant à une possible survie de Kate. Jamais elle n'aurait abandonné la montre de son père derrière elle. Sauf si elle était morte, et donc incapable de récupérer le précieux talisman. A cette pensée, de nouvelles larmes vinrent se mêler aux précédentes, et j'enfouis mon visage entre les omoplates de papa, indifférentes aux soubresauts qui le secouaient.

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Alors?

Je vous rappel que si vous me tuez, vous n'aurez jamais la suite de cette fic...

A la semaine prochaine, bisous