Hellooooooooo ! On est dimanche, demain c'est lundi, j'ai besoin de continuer ?

Hiipsterloser : Merci pour ta première review et en espérant que la suite te plaise toujours. :')

L.Z.12 : Merci ! Si mon petit résumé était bien je vais donc continuer sur cette voie. x) Oui je lui en ai déjà assez fait baver à Victor, comme tous les autres, pour le voir se faire quitter. Du moins ce n'est pas le moment. Je te rassure, tu n'es pas la seule. J'ai parfois du mal avec la prononciation, si ça peut t'aider c'est celle-ci : k AI - lee. Je suis ravie que ma fiction soit ta préférée et que tu es appréciée le lemon. :')

Liloo8593 : Il aurait dû rester avec Lavande oui et nous éviter de voir Ron avec Hermione. Ce qui me rassure dans un sens c'est qu'ils vont avoir une thérapie de couple. x) Pour ma part il gardera longtemps son caractère de gamin. Je le vois vraiment comme ça jusqu'à ses 22 ans. En philosophie, c'est soit tu sur-love, soit tu dors. xD Il est un peu effacé Neville dans la saga HP sauf dans le dernier où il se trouve étonnant. Et d'ailleurs, il n'a pas eu de chance lui non plus, ses parents sont à St Maingouste et il aurait pu être choisi par Voldy et très honnêtement, il serait mort. Les vacances nous sommes d'accord, le meilleur plan reste la fac.. Quatre mois de vacances. Mais où va le monde ? Il faut aller au conservatoire, se faire aussi petite qu'une souris et écouter les musiciens jouer. La musique est excellent moyen de drague, personnellement, je suis la première à se faire attraper dans le filet. Tu penses bien que je ne vais pas répondre à tes questions. ;) Et c'est pas facile d'avoir une amie avec le caractère de Valentine. Oui j'aurais marre aussi à sa place, ils en parlent bien trop souvent du Quidditch. Je ne crois pas qu'elle l'ai écrit mais ça saurait pratique en effet. Oui bientôt la St Valentin... Mais je pense que cette année ça sera cool. ;) A très bientôt du coup et merci pour ta review. :')

KoraKay : Alors je t'ai tout dit par MP mais je tenais quand même à te le redire, merci, pour tes reviews et comme tu le sais déjà, elles sont toujours très attendues. :')

HeYa-NaHe : Coucou toi. :D Encore merci pour ton avis. :')

Craspouille : Merci pour ta review et tes compliments, j'espère que la suite correspondra toujours à tes attentes. :')

GuiGuiGA : Merci d'avoir trouvé ce chapitre à ton goût. Harry et Luna c'est la nouvelle surprenante. x) Pas la peine de trop retenir ce fait là il ne sera pas mis en avant. Oui Harry n'a pas eu une vie ordinaire et j'en profite pour dire que j'aurais aimé le voir avec des difficultés. À être confronté à un certain traumatise car il a quand même vécue des années dans un placard, n'a jamais eu d'ami, il était seul, fin bref il s'en sort très bien. Ron est la gamin de mon histoire. xD Je note ta deuxième fiction mais je ne la lirai pas tout de suite étant donné que tu as remarqué que j'étais lente. x) Merci pour ta review en tout cas et à très bientôt. :')

Galdhopiggen : Tu sais spongiale, ça me fait penser à Bob L'éponge. x) J'espère bien que tu auras encore d'autres plus beaux jours de ta vie en lisant la suite ! J'Update plus souvent, merci à ma beta qui est rapide. x) C'est étrange oui, ça arrive comme un cheveu sur la soupe ! Merci pour ta review. :')

SQForeverSQ : Ce n'est pas grave t'inquiète pas. x) comment tu as trouvé la chapitre de Valentine au fait ? Merci pour tes compliments et de toujours apprécier ce que j'écris. Ça ira mieux, une fois que Valentine se sera fait à l'idée. Je passerai le message à ma beta. ;)

OoO-RED-OoO : Bonne mémoire tu te rappels du petit moment. Tu ne t'étais pas trompée, c'était bien à la base pour faire un Drarry mais j'ai changé d'idée au vue de tous mes couples homos. J'espère que le chapitre sur Lucy ne te décevra pas, à bientôt ! :') Merci pour ton avis.

SssslytherinGirl : J'ai rigolé quand j'ai vu ton nom sur le mail x) Je suis contente que tu aies retrouvé le caractère d'Hermione lors de la scène, c'était un peu un petit challenge. Tant mieux si tu la trouves mignonne quand elle est jalouse car ce n'est pas encore terminé. Tout le monde est jaloux de tout le monde façon. x) Hermione est au courant pour la partie sexe mais pas le reste et c'est en partie pour cette raison qu'elle soulève l'amitié ambiguë de Cai' et Val. C'est bien sous ses traits en effet. x) Je vais t'envoyer en MP le lien de mon Tumblr où je me suis éclatée comme une gamine. Alors si Hermione invite Caileigh c'est qu'elle se sent coupable pour l'avoir rendu triste. Avant d'être jalouse, Hermione à la main sur le coeur. Merci pour ta review. :')

mileesi : J'ai amené ça comme un cheveu sur la soupe aussi donc l'histoire de Harry surprend tout le monde. x) Carolyn est bien l'animagus serpent. Alors non le quota de sommeil n'est pas du tout respecté. xD c'est pour ça que Hermione s'en plaint plus tard à Ginny. J'essaierai de faire attention avec les adverbes de temps. Pourquoi Hermione ne peut pas appeler des gens avec des petits surnoms mignons ? x) Mais je vois ce que tu veux dire. Contente que le chapitre t'ai plu en tout cas et merci pour ta review. :')


Résumé : Valentine fait face à une situation qu'elle n'a jamais connu, être en couple et elle éprouve quelques difficultés. Dans le même temps, Clémence est occupée à s'assurer que Lucy ne rechute pas, délaissant sa meilleure amie. Celle-ci commence à se rapprocher de plus en plus de Rachel et de renouer des liens avec Victor. Elle tente d'oublier l'histoire avec ses parents et se fait du souci pour Caileigh. La tension entre Hermione et Valentine monte de plus en plus et une petite crise de jalousie vient rythmer leur relation.

Hermione commence à être débordée par la charge de travail qui lui tombe dessus, entre ses cours, ses amis, et Valentine elle n'a plus de temps pour elle. Après sa première nuit avec sa copine et quelques questions sur son passé, sa vie va bon train même si elle ne peut pas s'empêcher de s'inquiéter pour ses amis. Clémence lui a fait part de sa grossesse et son meilleur ami de son quasi-flirt avec Luna. Ron semble démontrer une certaine forme de jalousie ou d'inquiétude.

Bonne lecture à tout le monde !

Merci à Mynock pour la relecture du chapitre.


CHAPITRE TRENTE-SIX : POURQUOI CE N'EST JAMAIS SIMPLE ?

Lucy Wayne

Je suis installée sur le lit de Rosie tout en regardant Clémence fouiller mes affaires de fond en comble. Mes vêtements sont éparpillés sur le sol, mes placards vidés jusqu'à la dernière culotte et je préfère éviter de mentionner l'état de ma malle. Parce que j'ai dit qu'il me restait une dose de ma drogue dans ma chambre, elle a cru bon de la fouiller. Je n'ai même pas essayé de la faire changer d'avis, quand j'ai vu son regard changer de cette façon, le genre de regard qui veut tout dire : aux abris.

Je commence à me sentir légèrement mieux. Bien que je pense à la drogue tous les jours. Tous les jours, j'ai envie de me droguer, de m'injecter mon poison ou prendre des cachets. Mais Clémence veut être en ma compagnie le plus souvent possible et ça m'aide. Je préférerais dormir tout le temps dans sa chambre mais c'est compliqué à cause des fouilles faites par les professeurs, et encore, heureusement que grâce à son comportement exemplaire elle a réussi à savoir par le Directeur quand c'était. Mais du coup je dors là de temps en temps et elle a peur que je rechute. J'ai beau lui dire que ce n'est pas le cas pour ne pas l'inquiéter, elle s'est documentée et a très bien retenu la phrase « ne pas croire une addict en guérison ».

Nous cachons toujours notre relation aux yeux de tous et c'est surtout à cause de Jack ; certains de nos amis sont cependant au courant. Il préfère qu'on attende un peu avant de s'afficher et après tout je lui dois bien ça. Il est triste, déçu, que je ne l'aie pas choisi mais il arrive tout de même à garder la tête haute. Il me sourit timidement quand nos regards se rencontrent. En ce qui concerne les élèves il m'a quitté.

Après une heure de fouille où elle a dû admettre à contrecœur qu'elle avait tort, je l'aide à ranger avant que l'une des filles de ma chambre se décide à rentrer. Nous retournons dans ses dortoirs et je m'installe sur le canapé. Clémence reste debout et s'approche de la cheminée.

- Les filles sont dans leurs dortoirs tu veux aller leur dire bonjour ?

Je suis soudainement perplexe, elle dit cette phrase comme si elle venait juste de l'apprendre, elle se retourne et face à mon regard, elle reprend.

- C'est grâce au tableau juste au-dessus de la cheminée, elles ont le même et quand il y a quelqu'un dans le dortoir, il y a de la fumée qui sort de la maison et on peut même aller les rejoindre directement via le tableau, en s'évitant bien des obstacles.

- Et je suppose qu'elles ne le savent pas ?

- Je ne pense pas, je l'ai découvert il y a pas longtemps et comment dire, j'avais des soucis plus importants à gérer que de le dire à Val ou Hermione.

- D'accord et pour te répondre non, je préfère qu'on reste toutes les deux.

Elle sourit et me prend dans ses bras tout en jouant avec mes cheveux, quand le portrait s'ouvre pour laisser passer Ernie, elle ne bouge pas d'un millimètre. Ce qui nous permet d'assister à une réaction assez étrange de son colocataire, il nous regarde bizarrement puis, finit par sourire malicieusement.

Le lendemain matin, je m'installe à côté de Clémence pour le petit-déjeuner. Rachel se trouvant en face de moi, nous regarde en souriant, je lui retourne son geste affectueux et me sers copieusement. Pas longtemps après je sens la main de Clémence contre ma cuisse et je me crispe fasse à la sensation de ses doigts sur ma peau.

Pour tous les cours de la journée, nous nous sommes mises à côté pour mon plus grand plaisir. En Histoire de la magie, Valentine m'a laissé sa place pour aller à côté d'Hermione, de ce fait je suis à côté de mon amour. Je n'arrive pas à faire autre chose que de la regarder. Bien que de toute façon dans cette matière écouter le prof est impossible. Elle n'arrête pas de sourire et de me regarder en coin, faisant accélérer à chaque fois les battements de mon cœur.

L'heure de rentrer pour se reposer arrive enfin, je m'installe sur le canapé et sors mes cours pour réviser. Je peux encore réussir à réaliser mon rêve, c'est-à-dire devenir Médicomage.

À la lecture de mes cours, je me rends vraiment compte que j'ai pris énormément de retard, je suis vraiment dans la merde. Je me gratte le bras inconsciemment.

Une fois le week-end arrivé, Clémence revient vers moi en me disant qu'une soirée aura lieu dans notre salle commune. Elle n'a pas l'air très motivée. Elle se gratte les cheveux en réfléchissant puis vient s'asseoir à côté de moi. Je repose mon livre sur la table basse et la regarde faire son cinéma, son débat intérieur qui je suis sûre doit être « réviser ou s'amuser ». Elle s'exprime enfin :

- Honnêtement, je préfère rester ici pour travailler mais si tu veux y aller vas-y, enfin je viendrai avec toi.

Le fait qu'elle veuille garder un œil sur moi me fait chaud au cœur néanmoins j'espère que ça ne durera pas une éternité. J'en ai fini avec la drogue et pour de bon. Certes les sensations de plénitude et surtout d'insouciance que je ressentais me manquent un peu car, pendant ces moments-là, je n'avais pas à me préoccuper de mon avenir, de mon mariage, de mes parents puis surtout d'elle. Je n'étais nulle part et partout, je n'avais plus mal. Mais maintenant je l'ai retrouvée, ce qui nous empêchait d'être ensemble, n'est plus qu'un souvenir, ma famille… ne veut pas de moi autour d'eux. Je me tourne légèrement sur le canapé et fais tomber mes cheveux pour cacher mon visage, mes yeux commencent à me brûler. Malheureusement, mon comportement n'est pas passé inaperçu, puis je lui devais une réponse et ça fait sans doute deux minutes que je suis partie dans un monologue intérieur. Elle place mes cheveux derrière mon oreille ce qui lui permet de voir les larmes couler lentement sur ma joue.

- Parle-moi de tes parents.

Je relève la tête surprise et pose mon regard sur ses yeux marron clair. Avant que tout parte en vrille, Clémence arrivait toujours à savoir exactement ce qui me tracassait, jusqu'au jour où Jack est arrivé, jusqu'au moment où j'ai décidé de me comporter comme une garce et me comprendre était devenu impossible.

J'avais oublié cette sensation de, bonheur ? Je suis perdue. Je soupire puis lui réponds, j'apprécie le fait qu'elle ne me force pas, qu'elle me laisse prendre mon temps.

- Je savais que ça finirait comme ça mais, l'imaginer et le vivre sont deux notions complément différentes, c'est dur. Malgré leur comportement, ce qu'ils voulaient que je fasse, une partie de moi... Ils me manquent et me dire que je ne les reverrais plus, jamais, parce que je suis différente, ça laisse un vide immense en moi et non Clémence, je ne regrette pas mon choix.

Elle prend ma main dans la sienne puis repose sa tête contre le dossier du canapé.

- Oui… c'est horrible de se dire ça, c'est nos parents, ils devraient nous aimer, qu'importe le reste.

Je hoche la tête puis reprends mon livre pendant que Clémence est partie chercher tous les siens. Nous travaillons en silence jusqu'à l'heure du dîner. La plupart des amies de Clémence et les miens sont à la soirée dans notre salle commune, du coup nous nous installons à côté d'Hannah. Elle semble épuisée.

- Tu vas bien Hannah ?

Elle révèle la tête et souffle longuement, très longuement avant de répondre.

- Oui, je suis juste fatiguée, je me prépare pour mon permis de transplanage et c'est plus dur que je ne le pensais.

Bien évidemment, Clémence ne tarde pas à lui répondre en lui donnant de nombreux conseils, revoyant la théorie sous tous les aspects possibles. Nous restons à parler pratiquement jusqu'à la fin du repas puis pendant que ma copine révise, encore, je m'occupe en dessinant sur son lit. La fatigue ne tarde pas à arriver pour toutes les deux. Depuis que nous sommes ensemble, à nouveau, nous n'avons toujours pas refait l'amour, bien sûr ça me manque mais ce n'est pas le plus important à mes yeux, plus maintenant, pas tout de suite. Je ne me sens pas encore prête. J'ai peur. Car la dopamine est le neuromédiateur du plaisir. Lorsque sa libération par les neurones augmente dans le système nerveux central, on ressent un état de bien-être physique et mental. Le problème ? C'est que cet état est présent après avoir l'amour ET la prise de drogue.

Deux semaines plus tard une routine s'est installée, dès que je le peux je dors dans son dortoir et nous sommes tout le temps ensemble. Je suis consciente que Clémence ne voit plus sa meilleure amie, du moins elles ne partagent plus de moments toutes les deux et j'ai l'intime conviction, que ça énerve Blondie, et c'est pour cette raison qu'elle est de nouveau chiante. On ne peut plus passer deux minutes dans la même pièce sans se jeter des joutes verbales à la figure.

Nous commençons petit à petit à nous dévoiler aux yeux des autres élèves, si Ernie avait encore des doutes, maintenant ils sont dissipés après qu'il nous ait vues nous embrasser sur le canapé. J'essaye de ne pas me préoccuper des regards curieux de certains élèves.

J'attrape mes cours de potion puis lis distraitement, la main de Clémence sur ma cuisse ne m'aide pas à rester concentrée très longtemps… j'entends le portrait s'ouvrir et je suis sûre que c'est Valentine. Bingo, à peine arrivée qu'elle dit :

- Clémence.

Ma copine se lève tout de suite et elles s'en vont dans sa chambre. La porte est fermée et malgré moi je n'arrive pas à rester focalisée sur mes cours, relire la même phrase ne serre strictement à rien. Une idée surgit dans mon esprit. Autant profité que Clémence soit occupée pour aller faire quelque chose que je veux faire depuis des jours.

J'attrape ma veste et m'aventure dans le couloir désert de ce château, à l'heure qu'il est, elle devrait se trouver dans la salle de classe du troisième étage mais avant il faut que je passe par ma salle commune. Une fois dedans, Hannah me salue d'un rapide geste de la main et arrivée dans mon dortoir, Carla sursaute quand elle me voit. Je lève les yeux au ciel, il s'est passé quelque chose avec cette fille ! À chaque fois que l'une d'entre nous rentre ici, elle donne l'impression d'avoir vu ou affronté le diable, elle n'est vraiment pas normale. Elle s'en va et c'est parfait.

Je reprends la marche et ferme les rideaux donnant sur mon lit, je soulève mon matelas et avec ma main qui ne sert pas à garder mon lit surélevé, j'arrache le scotch doucement pour pouvoir le remettre en place par la suite. J'ai eu l'idée de me faire une planque je ne sais plus quand pour cacher une chose : ma drogue. Clémence avait en effet bien raison de ne pas me croire car il me restait bien une dose. Ici aussi. Après avoir tout remis en place, j'observe le petit flacon se trouvant dans ma main, je la monte un peu plus haut de telle sorte que je suis obligée de lever la tête pour pouvoir garder le contact visuel avec cette... ingéniosité. Un long et désagréable frisson parcourt l'ensemble de mon corps, j'avale difficilement ma salive. Mon cœur bat plus vite et l'envie de m'éjecter la drogue devient de plus en plus forte. J'avance vers la sortie de mon dortoir et… ferme la porte. Je retourne sur mon lit, ferme de nouveau mes rideaux. Qu'est-ce que tu fais Lucy ? Tu as tenu plus d'un mois et tu vas tout gâcher maintenant ? Je porte mes mains à mon visage et me balance d'avant en arrière en serrant les dents.

Non ! Non, non, non !

J'ouvre mon tiroir et prends le peu d'économie que j'ai. Je redescends pratiquement en courant l'escalier et me dirige à toute hâte vers Shannon. Une fois que je suis arrivée devant la salle de classe, je l'ouvre et alors que je pensais m'être trompée, une respiration vers le fond de la classe m'indique qu'elle est là. Je m'avance vers elle et trouve une autre fille avec Shannon. Elles ne relèvent pas la tête en me voyant, après avoir claqué des doigts plusieurs fois, Shannon se manifeste mais en voyant l'était de ses pupilles, lui donner de quoi rembourser sa sœur n'est assurément pas une bonne idée.

Être ici, me rend mal à l'aise et si avant ma gorge était un peu sèche, là j'ai l'impression que je n'ai pas bu depuis des semaines et c'est le cas. Je me recule un peu pour mettre de la distance entre elles et moi.

- Faites attention en rentrant.

Elle ne me répond pas et préfère s'affaler comme une merde, c'est le cas de le dire, sur le sol froid de la salle de classe. Un sol que je connais par cœur, qui m'a procuré des sensations indescriptibles, multiples et qui se résument en un mot : mortel.

Je secoue la tête énergiquement et dès que j'ai refermé la porte. Je m'appuie contre celle-ci. Mon rythme cardiaque s'affole de nouveau, des picotements arrivent aux bouts de mes doigts, et j'ai terriblement chaud.

- Tout va bien, Lucy, tout va bien, dis-je pour moi-même.

Je reprends la direction vers les dortoirs de Clémence en courant. J'évite de justesse la chute en montant les escaliers. Peut-être que je devrais faire quelque chose ? Les aider ? Après tout si Valentine n'avait pas été là, j'aurais rechuté à coup sûr, et en étant mariée à Jack, rien ne bon ne serait arrivé, c'est certain.

J'arrive comme une furie dans les dortoirs de ma copine, et je tombe nez à nez avec Clémence.

- Lucy où tu étais ? me demande-t-elle d'une voix inquiète.

Au moment où j'allais tout bonnement dire la vérité, je me rappelle que j'ai le flacon dans la poche de ma veste. J'ai l'impression qu'il est brûlant et qu'il n'attend qu'une chose, que je le vide à l'aide d'une seringue et qu'on parte ensemble s'amuser, s'évaporer dans un monde sans problème, un monde rempli de facilité. Je n'arrive plus à l'oublier, toutes mes pensées semblent dirigées contre ma drogue.

- Lucy !

Je secoue rapidement la tête et m'avance vers elle, lui dire la vérité serait la meilleure solution, mais après elle saura que je lui ai menti et déjà qu'elle n'a pas encore confiance en moi là-dessus, je me tire littéralement une balle dans le pied en lui avouant. Néanmoins, si je lui mens maintenant, qu'est-ce que j'arriverais à faire dans un an ? Trois ? Dix ? Je prends une grande inspiration et évite le contact visuel, je n'ai pas envie de voir la déception apparaître des ses yeux aussi vite que la pluie arrive à Londres. Je mets ma main dans ma poche et en retire l'objet de mes désirs. Je le pose sur la table basse du salon et pour accompagner ceci, mes quatre-vingts livres sterling.

Je ferme les yeux et attends, les cris, les remontrances, un discours sur la confiance bafouée mais rien n'arrive. Je décide alors de m'expliquer mais toujours en regardant le tapis.

- Je comptais rembourser la sœur de Shannon avec, je sais que ça peut te paraître inutile mais c'est important pour moi. Je suis désolée de t'avoir menti.

Je sens l'une de ses mains remonter mon visage et instinctivement je ferme les yeux, son souffle vient s'écraser contre mon visage, comme ma vie l'a pu l'être pendant des mois. Puis il ne faut pas se mentir, même en ayant la personne que j'aime le plus au monde, ma vie est loin de ressembler à un conte de fée.

- Lucy, je savais que tu m'avais menti, tu as eu ce petit tic qui est soit dit en passant, adorable. J'attendais que tu me le donnes de toi-même, pas parce que je te le demandais, mais parce que tu le voulais vraiment. C'est ce que tu as fait et je suis fière de toi puis tu peux l'être aussi. C'est un grand pas. D'avoir résister.

J'avale très difficilement ma salive et je sens ses lèvres déposer un tendre baiser sur mon front, mes bras d'un geste instinctif l'attirent contre moi pour un câlin, plus que nécessaire. J'ai tellement besoin d'elle. Dans un geste presque synchronisé, nous nous asseyons sur le canapé toujours en étant accrochée, je ne veux plus la lâcher, plus jamais. Les larmes viennent d'un coup.

- Il faut que j'aille aux toilettes Lucy, ma vessie est sur le point d'exploser.

Je souris contre son cou et la laisse partir tout en la suivant du regard, je ne tarde à me lever une fois que la porte s'est refermée derrière elle pour aller dans sa chambre mais je suis tout de suite stoppée par la forme se trouvant dans le lit de Clém. Nul doute sur l'identité de celle-ci, Blondie. Elle relève la tête et soupire.

- Tu veux bien refermer cette porte Lucy, voir ta tête me donne envie de vomir.

- Ah ah ah on a retrouvé son humour merdique à ce que j'entends.

Elle souffle tout en criant, je sais qu'elle ne veut pas me faire de mal, enfin je crois.

Une main dans mon dos m'indique que Clémence a fini et qu'elle veut rentrer dans sa chambre, ce que je la laisse faire. Je la suis dans son mouvement et m'installe également sur le lit, à l'opposé de Valentine. Je ne suis pas en forme pour une bagarre et je compte bien gagner la prochaine qui aura lieu. Pourquoi elle semble si énervée en plus ?

- Lucy je te donne vingt pence si tu vas chercher à manger dans les cuisines, apparemment tu as besoin d'argent.

- Et puis quoi encore ! Tu veux aussi que je t'apporte ça sur un plateau ?

- Seulement en argent sinon ça ne sert strictement à rien.

Je roule des yeux et m'apprête à répliquer quand Clémence me regarde avec insistance. Voyant que je ne réponds pas, Blondie s'appuie contre la tête du lit et regarde sa meilleure amie en claquant sa langue contre son palais.

- Tu l'as dissuadée de répondre ! T'es chiante quand tu t'y mets.

- Pardon ?

- Tu m'as très bien comprise !

Je secoue la tête et reste une totale spectatrice face à ça, quand je pense que j'ai été jalouse de leur relation, le suis encore un peu puis bon, j'ai raison d'un côté ! Enfin maintenant je me rends compte que c'était stupide et je sais très bien qu'en plus que si je lui demandais de choisir entre Valentine et moi, elle la choisirait à coup sûr, donc autant essayer de s'entendre avec Blondie puisque je la verrais après Poudlard, et encore après !

J'aurais donc eu le temps de prendre une douche, de m'habiller, de finalement vider avec une boule au ventre ma drogue dans les toilettes et enfin de mettre de l'ordre dans mes notes avant la fin de leur « querelle », qui a cessée une fois pour toute quand Valentine s'est dirigée vers sa table, avec ses idiots de Serpentards.

- Vous vous arrêtez de temps en temps ?

Elle me regarde en coin, comme si ma question était stupide. Nous nous installons à table et elle prend doucement ma main dans la sienne.

- C'est ma meilleure amie, je suis désolée.

- Pourquoi tu t'excuses ? Tu as le droit d'être là pour elle, je comprends tout à fait.

Elle fronce les sourcils et rigole dans son jus de citrouille. Peut-être qu'un peu trop d'hypocrisie était présente dans mes paroles. J'inspire un bon coup mais elle rétorque avant moi.

- Ne te justifie pas, on a toujours eu cette relation et ça ne changera pas mais tu sais très bien qui j'aime.

- Qui ?

Elle roule des yeux.

- C'est évidant, elle.

Je pince sa main et elle sourit. Elle se rapproche doucement de moi, de telle façon que je puisse sentir souffle sur mon visage et avant que je ne réalise pleinement qu'elle est sur le point de m'embrasser, c'est déjà le cas. Mon coeur bat la chamade quand je prends conscience que nous sommes dans la Grande Salle et non pas sur son canapé, mais contre toute attente, j'arrive partiellement à oublier.

L'échange est doux, soft, juste ce qu'il faut. Elle se décolle de moi pour poser son front contre le mien, il est brûlant, depuis que je l'ai retrouvé son corps est chaud, probablement à cause de l'être qui se trouve en elle.

- Je t'aime Lucy.

- Je t'aime aussi Clémence.

Un sourire apparaît sur ses lèvres, le genre de sourire qui vous fait tout oublier tout, ses yeux brillent et non, ce n'est pas à cause des lumières artificielles de la Grande Salle, pas à cause d'une drogue, elle est heureuse et me dire que je n'avais pas vu cet éclat sur son visage depuis des mois, me fait du mal. Le reste du repas est plutôt calme, nous remontons ensuite main dans la main jusqu'à ses dortoirs.

Le lendemain matin, je mange distraitement en écoutant la conversation des filles. La distribution de courrier arrive comme d'habitude à la même heure et ah, aujourd'hui, j'ai reçu une lettre. Dès que je reconnais l'écriture, j'arrête de respirer. C'est l'écriture de mon père.

Celui qui ne veut plus de moi chez lui.

Je l'ouvre les mains tremblantes et commence ma lecture :

Bonjour,

Après mûre réflexion, j'ai pris ma décision. Tu ne recevras sûrement pas ma bénédiction quant à la décadence de ton style de vie. Je garde de bons souvenirs des moments qu'on a partagés, mais tout ça appartient au passé.

Ne t'attends pas à ce que l'on se reparle un jour. Il n'y aura plus aucune communication. Je ne viendrai pas te rendre visite, et je ne veux pas de toi chez moi non plus. Ce week-end nous ne sommes pas là, viens récupérer tes affaires personnelles et si tu ne le fais pas, tout ira à la décharge.

Tu as pris ta décision, aussi mauvaise soit-elle. Dieu ne cautionne pas ce style de vie contre nature.

Au revoir,

Jacob Wayne »

Je continue de fixer ses mots, au point d'en avoir mal aux yeux. Les larmes montent et je pleure dans l'instant qui suit. C'est tellement douloureux de se faire rejeter par les seules personnes qui sont censées m'aimer, qu'importe le reste. Comme quoi, la vie réserve bien des surprises. Je fais tout mon possible pour chasser les images qui commencent à envahir mes pensées, mais c'est inévitable. Je revois mon père avec moi sur ses épaules, galopant à toute vitesse après ma mère, encore lui et moi, quand il m'a expliqué pourquoi il fallait traiter avec respect tous les êtres vivants de cette planète, du plus grand, au plus petit. Comment à t'il pu me sortir un tel discours, alors qu'il n'avait clairement pas de respect envers eux, envers moi.

Je me lève sans plus attendre en direction des toilettes les plus proches. Quand est-ce que cela s'arrêtera ?! Je décide de m'arrêter en cours de route et de me laisser glisser contre le long du mur. Je ferme les yeux et appose l'une de mes mains sur mon front. Comment je vais faire ? Où je vais mettre mes affaires ? Chez Valentine ? Ok, et après ? Comment feront-nous quand le bébé sera là ? Comment on fera pour le nourrir ? Nous nourrir ! Et puis, on où dormira ? Bordel de merde !

Je sens deux mains se poser contre mes genoux et j'ouvre tout de suite les yeux. Clémence tient dans l'une de ses mains la lettre et porte nos deux sacs. Je soupire et elle prend la parole avant moi.

- Je suis désolée Luce. Sincèrement.

Je hoche la tête et elle reprend :

- C'est signé que par ton père, qu'en pense ta mère ? Tu en as une idée ?

Tiens c'est vrai, maintenant qu'elle le dit, je ne sais pas ce que ma mère pense de tout ça. Une soudaine chaleur envahit de nouveau ma cavité thoracique mais elle se dissipe tout de suite après. Ma mère a toujours suivi mon père. Toujours. Je secoue la tête en signe de négation. Elle m'aide à me relever et je n'arrive pas à me concentrer sur les cours. Sa présence n'y fait rien.

À la fin de la journée, alors qu'elle me demandait si je voulais une tasse de thé, j'explose :

- Mais merde Clémence ! Comment fais-tu ?! Comment fais-tu pour ne pas paniquer pour l'avenir ! Comment fera-t-on une fois qu'on aura quitté Poudlard hein ? Je n'ai pas d'argent et tu disposes d'à peine cinq mille pounds sur ton compte, c'est rien ! On ne fait rien avec une somme pareille ! J'en peux plus ! Il faut que je sache où on va sinon, je vais péter un câble !

Elle referme la bouche surprise puis finit de servir sa tasse de thé. Elle déglutit difficilement puis s'exprime calmement.

- L'argent ne m'inquiète pas parce que, de un, quand ma mère sortira de ma vie, je pourrais avoir accès à un compte où j'ai beaucoup plus d'argent, certes ce n'est pas énorme, c'est même rien d'ailleurs mais c'est un début, ensuite à mes vingt-un ans, j'aurais l'héritage de mon grand-père et là, on aura largement de quoi débuter, de deux, en attendant, j'ai ma marraine, la mère de Valentine. On pourra toujours retourner vivre aussi chez moi, quand ma mère ne sera plus là. Cette éventualité ne me plaît pas trop, à cause du bébé et j'ai trop de mauvais souvenir de cette maison. Je comptais t'en parler prochainement mais autant te le dire maintenant, ma sœur habitera avec nous. Je sais qu'il y a mon père quand il sortira d'Azkaban, mais je n'ai pas envie de la laisser là-bas. Depuis neuf ans, c'est mon frère et ma sœur. Je sais que c'est mal placé mais… retrouver la relation que j'avais avec mon père ne m'intéresse pas pour l'instant. Il a abandonné, il nous a abandonnés. Je ne veux pas me préoccuper de lui, pas maintenant.

Le fait de l'entendre dire que ses parents vont aller à Azkaban me semble irréel. Je souffle longuement avant de répondre.

- D'accord. Le fait est que, je n'aime pas dépendre des autres. Je n'aime pas devoir rendre la pareille, OK ? Et ça me soûle encore plus dans cette situation car je ne peux rien y faire, je ne peux pas refuser sinon on se retrouverait à la rue. Ça me ronge de l'intérieur. Et là maintenant cette lettre de mon père. Je ne pensais pas que ça prendrait de telles proportions. Sans oublier les problèmes avec ta famille, qu'est-ce qui se passera si ta mère s'en tire ? Tu ne pourras pas héberger ta sœur qui d'ailleurs est coincée chez toi en ce moment même.

- Je sais tout ça Lucy et ça m'agace. Que veux-tu que je te dise de plus ? À part ce que tu sais déjà, si tu...

Sans pouvoir m'en empêcher, je hausse le ton.

- Je t'interdis de prononcer ce mot Clémence, tu m'as comprise ?

Elle hoche la tête tout en se mordant la lèvre. Je ne veux pas l'entendre me dire que si je le souhaite, je peux partir. Prendre la carte correspondant à la sortie de prison. C'est hors de question. Je finis par m'installer sur le canapé pensive. Au bout d'un certain moment, je lève la tête vers elle et son expression signifie qu'elle attend une réponse.

- Hum ?

- Je disais qu'on ira récupérer tes affaires samedi après-midi et qu'on aura besoin de l'aide de Valentine, voire d'une quatrième personne. Je pense qu'il est préférable qu'on fasse qu'un aller.

Je hoche la tête distraitement. Mon ventre me fait un mal de chien, comme si j'allais passer un examen. Pourquoi j'ai tant peur de croiser mon père alors qu'il a dit que ça ne serait pas le cas ? Je me rapproche de Clémence et me blottis dans ses bras et inhaler son odeur vanillée me fait vraiment du bien.

Le week-end arrive bien vite. En plus du duo inséparable, Caileigh m'aidera à mettre des morceaux de ma vie dans des boîtes en carton ou valises qui resteront probablement des mois enfermés avant qu'ils ne revoient la lumière du jour. Une fois arrivées chez Valentine, nous récupérons des valises et nous transplanons dans ma chambre. L'ambiance est morose et ça me va très bien. Heureusement, Blondie s'abstient de faire des commentaires sarcastiques à mon égard. Elle se comporte de nouveau comme les fois où elle m'aidait après m'être droguée.

Mon premier réflexe est de regarder par la fenêtre pour voir si la voiture de mes parents est là. L'emplacement est vide. Je soupire et m'active à la tâche. Personne ne parle, c'est calme. Je ne perçois aucun bruit en provenance de l'extérieur. Les battements de mon cœur résonnent dans mes tympans. J'ai toujours attendu le moment où je pourrais emballer mes affaires, démarrer une nouvelle vie, avoir un chez moi mais aujourd'hui, je voudrais tellement ne pas effectuer ces gestes.

Une fois que j'ai fini de remplir ma valise, je vais dans la salle de bains pour récupérer les quelques produits de beauté restés ici ensuite, je descends et ouvre le premier tiroir de la commode du salon pour prendre des papiers importants. Je relève la tête et mon regard est attiré par la photo se trouvant juste sur ma droite. Une photo de nous trois datant d'il y a deux ans. J'étais déjà avec Clémence, Jack n'était que mon ami. Tout était parfait. Enfin, du moins mes parents étaient là. Je me retourne et Valentine se trouve devant moi, son sac à la main, plein de mes affaires.

- Je voulais te dire que ta présence chez moi ne me dérange pas du tout, ni ma mère d'ailleurs. Vous pourrez rester aussi longtemps que vous en aurez besoin. Je ne te l'ai jamais dit, mais c'est très courageux ce que tu as fait. Je ne pense pas que je serais allée aussi loin.

- Merci.

Elle hoche la tête et retourne en haut. J'inspecte chaque mètre carré de la maison pour être sûre de ne rien oublier. Tout me semble bien... Avant de partir, je rentre dans la seule pièce dans laquelle je ne suis pas encore allée, la chambre de mes parents. Tout est nickel, comme d'habitude. Je m'approche de la commode et attrape le parfum de ma mère. J'en mets légèrement sur mon poignet que je frotte ensuite à l'autre. Mon père m'a toujours interdit de toucher aux affaires de ma mère mais elle, me laissait m'amuser avec son maquillage quand mon père était absent.

Je retourne dans ma chambre et trouve seulement Clémence. Une lettre à la main. Elle me la donne tout de suite quand elle me voit. Sans réfléchir, je l'ouvre.

Rencontre-moi à vingt heures ce soir. Ton amie peut venir.

Je tends le parchemin à Clém et elle s'exclame tout de suite.

- C'est où ?

- Au parc, près de la fontaine. Ma mère avait l'habitude de m'emmener faire du vélo là-bas, j'y jouais avec Jack lorsque nous étions enfants, on a fait des pique-niques, enfin c'est un lieu important.

- On ira alors.

- Pourquoi faire ? Pour qu'elle me dise elle aussi, qu'elle ne veut plus me voir finalement ? Non merci.

- Je ne pense pas que ce soit ça Lucy.

Je souffle tout en serrant les dents et attrape une valise pour la descendre en bas. Je répète le processus jusqu'à ce qu'il n'y a plus rien. Je pourrais le faire à l'aide de ma baguette, mais c'est la dernière fois que je viens ici. Une fois dans le salon avec Clémence, je demande :

- Mais où sont les filles ?

- Très bonne question.

Nous commençons à les appeler, pas de réponses. Je monte, regarde dans toutes les pièces mais ne trouve personne. Où sont-elles ? Je redescends et secoue la tête, alors que Clém allait l'appeler sur son portable, j'entends la porte coulissante du patio s'ouvrir. Je me dirige là-bas et elles sont là ! Enfin.

- Mais putain qu'est-ce que vous foutiez dans le jardin ?

Blondie me répond :

- On prenait l'air.

Je ne cherche pas plus loin et soupire. Elles me suivent jusqu'au salon puis, nous transplanons chacune notre tour. Quand j'arrive chez Valentine, je mords ma lèvre inférieure pour vraiment m'empêcher de pleurer. Nous mettons tout dans notre « chambre » et je fais rétrécir deux valises pour qu'elles tiennent moins de place. Je m'allonge ensuite dans le lit et enfin Clémence me prend dans ses bras. Je m'endors en pleurant, peu de temps après.

Un bisou dans mon cou finit par me réveiller, j'ouvre les yeux doucement et regarde l'heure. Il est dix-neuf heures quarante.

- Prête à y aller ?

- Pas vraiment.

Le lit se surélève et je reste encore un moment allongée avant de me lever, me recoiffer, enfiler ma veste et m'asseoir sur le lit. Bon, si je veux y aller c'est maintenant. J'attrape la main de Clémence et pivote. Il fait nuit et heureusement, notre arrivée passe inaperçue. Toujours en tenant la main de Clém, je nous fais sortir des buissons. Nous marchons encore dix bonnes minutes puis c'est là. Mon cœur bat tellement vite que j'ai l'impression qu'il va exploser.

Les réverbères nous permettent de ne pas être complètement dans le noir. Enfin nous arrivons, elle est là, seule. Assise sur le banc d'une table de pique-nique. Je peux voir qu'elle regarde l'heure à son poignet. Elle tourne la tête vers notre direction quand mon pied bute contre une bouteille en plastique que je ramasse pour la mettre à la poubelle. Elle se lève tout de suite. Je m'arrête et la légère pression de Clém sur ma main, me fait continuer. Une fois devant elle, elle me sourit mais je ne lui retourne pas.

- Merci d'être venue.

Nous faisons le tour de la table et nous asseyons en face d'elle. Elle lance un regard inquisiteur à l'encontre de Clémence, qui finit par prendre la parole puisque je reste muette comme une tombe.

- Bonsoir, pourquoi vouliez vous nous voir ?

- Bonsoir, tout d'abord, je voulais m'excuser pour le comportement de ton père, Lucy. Cette lettre, je ne l'ai pas signée car je ne suis pas d'accord avec son opinion. J'espère qu'il prendra conscience de son erreur de jugement et s'il ne change pas d'avis le mien, de choix, est déjà pris. Ensuite, je voulais te voir, rencontrer ton amie et que tu m'expliques ton choix, me parles. J'ai besoin de comprendre.

Sans pourvoir m'en empêcher, je réponds de manière agressive.

- Mon choix ? Mais tu crois que je l'ai choisi, d'être homosexuelle hein ? Que j'ai choisis de me faire renier par mon père ?!

- Lucy.

Je me mords la lèvre inférieure et jette un regard envers Clémence. Je reprends, plus calmement.

- Je suis comme je suis maman et je ne changerai pas. Ce n'est pas un interrupteur.

Elle hoche la tête, comme si elle prenait totalement conscience, enfin, que la vision de sa fille avec un garçon n'arrivera jamais. N'arriverait plus. Elle sort de son sac une enveloppe et m'explique un tas d'informations concernant la sécurité sociale, la gestion de mon compte en banque entre autres, plus des choses dont je n'avais même pas notion. Putain de merde. Je ne suis pas prête à être indépendante.

- C'est juste au cas où tu aurais un souci et que je ne serais pas joignable Lucy. Je veux être présente dans ta vie, OK ? Tu es ma fille et je t'aime. Je ne peux pas abandonner mon unique enfant.

Une larme vient s'écraser sur la table, bientôt rejointe par les miennes. Ensuite, Clémence se présente rapidement en évitant de parler des détails de sa vie, du fait qu'elle est enceinte et que sa mère est une folle à lier. Une heure plus tard, nous rentrons et je ne refuse pas le câlin de ma mère avant de partir.

Une fois assise sur le lit de ma chambre de substitution, je laisse échapper un long soupir de soulagement. Je m'attendais à tout autre chose.

- Tu vois qu'on a bien fait d'y aller, ça t'a du bien. De l'entendre te dire qu'elle t'aimait.

- Hum.

- Tu viens manger un bout ?

Je hoche la tête et suis Clémence. Arrivée dans la cuisine, je suis trop fatiguée pour faire à manger, mais je l'aide quand même. Alors que nous étions à la moitié de la préparation, Valentine débarque, avec un t-shirt blanc moulant comme ce n'est pas possible et qui arrive à la moitié de ses cuisses. Je peux assurer avec certitude qu'elle est nue en dessous. Je hurle :

- Putain mais Blondie !

- Oh je t'en prie Lucy, on est toutes faite pareil.

- Certes mais il y a des limites, comme se promener nue devant du monde !

- Mais je ne suis pas nue, détends-toi puis pour une fois que tu as une beauté fatale en face de toi, admire.

Quand je la vois passer devant moi avec son sourire niais, je soupire et je regarde Clémence, qui la reluque.

- Mais je rêve Clémence !

Elle me regarde en haussant un sourcil puis dit :

- Je regardais juste le pansement, tu t'es fait quoi Val ? Ne me dit pas que c'est un autre tatouage ?

Du coup, à contrecœur, je regarde de nouveau Valentine qui est dos à nous, à trifouiller dans le frigo. Elle a un large pansement qui est sur son avant-bras droit.

- Valentine ! Je t'ai posé une question !

- Oh Clém, s'il te plaît. Où est cette putain de crème chantilly ?!

Clémence se déplace et lui montre avec sa main.

- Là en face de toi ! Faudrait peut-être que tu arrêtes, ton tatouage au poignet n'a même pas un an.

- Oui maman, et notre tatouage est tout petit tu rigoles ou quoi. Ça ne compte pas.

Notre tatouage ? C'est quoi encore cette histoire ? Elle fait demi-tour et Clémence hurle avant qu'elle ne quitte la cuisine.

- On reparlera de ton tatouage demain Valentine !

- Ouais ouais ouais !

Quand la porte se referme. J'attrape les pommes de terre et commence à les éplucher.

- J'hallucine, un autre tatouage. Elle est incontrôlable. Elle va finir par se faire tout le corps.

- Mais non t'inquiète, et vous avez fait un tatouage en commun ?

Tout en continuant à surveiller la cuisson du poisson, elle me répond :

- Oui, pour mes dix-sept ans.

Elle enlève sa montre, que je vois d'ailleurs tout le temps à son poignet, même en allant à la douche, puis elle me montre le signe de l'infini. Valentine aurait donc le même au poignet gauche.

- D'accord c'est sympa et au fait pourquoi tu n'enlèves jamais ta montre ?

- Oh… commence-t-elle par dire, c'est que je me suis inspirée des Galions qu'avait ensorcelés Hermione, tu sais, ceux utilisés durant notre cinquième année pour savoir l'heure des rendez-vous. En gros ça me permet d'envoyer n'importe quelle message à Valentine, et pareil pour elle. Suffit que j'appose ma baguette sur le cadran de ma montre et elle peut lire ce qui je lui ai envoyé, par contre, qu'en apposant sa baguette sur son bracelet. Ça permet de « garder » le message un temps infini.

Dois-je dire que je suis impressionnée ? Et jalouse ?

- D'accord, je comprends mieux. Hermione est là au fait ?

- Oui elle est arrivée quand on était avec ta mère.

- D'accord.

- Ça va Lucy ?

- Oui je vais bien.

Elle me jette un nouveau regard en biais sans rien me dire et nous finissons la préparation dans le calme. Une fois le ventre rempli, douchée et allongée sur le lit, je suis pensive. Clémence se faufile sous les draps et je ne tarde pas à me coller à elle. Je finis par m'endormir assez tardivement.

Le lendemain matin, nous traînassons au moins une bonne heure au lit avant que Clémence ne se lève précipitamment pour probablement aller vomir. Pour la première fois, je prends pleinement conscience de notre situation et de ce qui va venir chambouler notre vie dans normalement sept mois. Ça sera démentiel. Est-ce que je suis vraiment prête à endosser ce rôle ? Je soupire, j'ai l'impression que ma vie sera toujours compliquée.

Quand elle revient dans la chambre, elle m'embrasse sur le front puis avale son médicament.

- Il y a des jours où tu ne le prends pas ?

- Oui mais c'est rare.

Je hoche la tête et la regarde poser la boîte de médicament dans sa trousse de toilette.

Je m'aventure vers la cuisine pour manger quelque chose. Je pense que Clémence voudra rentrer tôt à Poudlard pour pouvoir profiter de la bibliothèque et travailler avec tout le matériel indispensable pour être la meilleure. Une fois dedans, la mère des « jumeaux » est ici, une tasse de thé dans l'une de ses mains, un stylo dans l'autre. Elle tourne la tête en me voyant et sourit brièvement.

- Bonjour Madame Silverwood, vous allez bien ?

- En fait aujourd'hui, oui.

Je souris à mon tour et nous échangeons quelles formules de politesse rapides. Je n'ai pas envie de la déranger dans son travail. Clémence ne tarde pas à arriver. La mère des « jumeaux » s'exprime.

- Valentine est réveillée Clémence ? J'aimerais lui parler.

- Tu as vu l'heure ? Il n'est même pas neuf heures. Non, elle doit sans doute encore dormir. Lucy et moi allons rentrer avant le déjeuner je pense, j'aimerais travailler à la bibliothèque.

- D'accord pas de soucis, tu as besoin de quelque chose en particulier ? Tu as pris rendez-vous chez ta gynécologue ?

- Non… Tu sais bien comment maman fonctionne.

Un silence s'installe, il est chargé de tristesse.

- Ta mère est venue, Clémence. Elle pense que tu traficotes quelque chose et cette situation me rend mal à l'aise. Ta sœur agirait différemment. Bon Dieu, comment ma meilleure amie, la fille avec qui j'ai pratiquement grandi, a pu agir de cette façon envers vous ? Quand est-ce que cela a commencé Clémence ?

- Un peu avant la rentrée de Clay, en mille neuf cent quatre-vingt-dix.

Elle secoue légèrement la tête. Elle rebouche son stylo avec le bouchon et ferme son dossier.

- D'accord… - son téléphone portable sonne et elle s'excuse envers nous avec sa main, avant de répondre -, oui allo ? Non ! Je te rejoins, ce n'est pas possible à la maison. D'accord on fait ça, bisou. Désolée les filles je vais devoir y aller. Si vous ne revenez pas le week-prochain, envoie-moi une lettre Clémence mais dans tous les cas il faut que tu ailles voir un gynécologue, je m'occupe de prendre rendez-vous.

Elle s'approche de nous, embrasse Clémence et serre mon épaule avant de s'éclipser précipitamment. Clém s'exprime.

- Euh, je ne sais pas qui l'a appelé mais tu as vu comment ses joues sont devenues rouges ? Plus le fait qu'elle ne voulait pas que cette personne vienne ici, clairement à cause de notre présence. Je me demande bien qui c'est.

- C'est tout ce que tu retiens de votre conversation ? Pas ta mère, ni ton rendez-vous chez le docteur ?

Elle soupire et ne me répond pas. Je ne comprends pas pourquoi elle se soucie autant de la vie des autres quand elle a franchement d'autres chats à fouetter. Nous déjeunons en silence pour je ne sais quelle raison. Je n'arrête pas de lui jeter des regards en biais mais elle ne me calcule pas. Elle lit le journal. Alors que j'allais lui faire une remarque, Caileigh fait son apparition.

- Bonjour les filles.

- Hello ça va ? dis-je tranquillement.

- Oui, juste crevée. Clémence où se trouvent les bols s'il te plaît.

- Troisième placard en partant de la gauche.

- Merci. Vous rentrez à quelle heure à Poudlard ?

- Dans pas longtemps.

- Ok cool, je viendrai avec vous alors.

Clémence relève la tête de son journal.

- Valentine et Hermione rentrent aussi au fait ?

Caileigh mange des céréales à la main puis répond.

- Je pense que non, Valentine m'a dit qu'elles rentreraient vers dix-huit heures.

- Mais rentrer d'où ? Elles sont parties ce matin ?

Je me lève et récupère nos bols pour les mettre dans le lave-vaisselle.

- Hier soir, je crois qu'il était quatre heures du matin. Elle est venue me faire chier à je ne sais plus qu'elle heure pour regarder un film. J'avais juste envie de dormir du coup je n'ai pas trop saisi ce qu'elle m'a dit. Seulement de rentrer en même temps que vous.

Clémence hoche la tête et retourne à la lecture de son journal mais je parie que dans quelques secondes, elle va se lever et aller je ne sais où. Bingo ! J'avais raison. Je discute avec Caileigh de tout et de rien et quand la discussion dérape sur sa famille, elle me dit qu'il faut qu'elle aille prendre une douche. Je retourne dans la chambre que je range, je prépare mon sac pour tout à l'heure, m'habille et peu de temps après Clém revient. Je soupire.

- Quoi ? Quoi encore Lucy ?

- Est-ce que j'ai dit quelque chose ?

Tout en s'habillant elle me répond :

- Et ton soupir c'était pour quoi ? C'est le fait que je me préoccupe de ma meilleure amie qui te dérange, c'est ça ? Qu'est-ce qu'il y a au nom de Merlin dans notre amitié qui te gène autant ? Je ne comprends vraiment, mais vraiment pas Lucy.

- Laisse tomber.

Elle lève les yeux au ciel et finit de s'habiller. J'ai cru que j'avais enfin mis dernière moi mes crises de jalousie concernant Valentine, apparemment pas. Ça me soûle.

Nous ne nous adressons pas la parole de la journée, heureusement, j'arrive un peu à réviser. On s'arrête pour aller dîner et à peine installées, Valentine s'installe en face de nous. C'est vraiment la dernière personne que je souhaite voir à l'heure actuelle.

- Ma mère m'a dit de te dire que tu as rendez-vous samedi prochain pour tu sais quoi.

- Pourquoi tu ne m'as pas répondu ?

- Peut-être parce que je ne pouvais pas. Tu veux bien arrêter deux secondes de penser à moi et penser à toi ! Tu es agaçante sérieusement Clém.

- Oui, c'est bon. Vous êtes contentes toutes les deux ? - Valentine fronce les sourcils car elle ne comprend pas pourquoi elle m'implique -. Alors Val, où tu étais ?

Elle soupire puis se lève.

- Nous étions avec Evanna.

- Tu la connait Clémence ?

- C'est sa cousine, mais elle me ment.

Je décide de changer de sujet et de parler des cours mais pas sûr que ça la détende. Une fois de retour dans ses dortoirs, je pars prendre une douche puis rentre dans la chambre de ma copine pour me changer. Je pose la serviette sur la chaise et m'avance vers son placard pour prendre des sous-vêtements.

- Tu sais quand le prochain devoir en Botanique sera Clém ?

Trouvant sa non-réactivité étrange, je me retourne. Elle me regarde. Elle détaille plus mon corps en fait et je me surprends à rougir, tellement je ne m'attendais pas à ça. Elle se lève et s'approche lentement. Son regard sur moi me donne chaud. Une fois devant moi, elle fait passer ses doigts tout doucement sur mon visage et je ferme les yeux à ce contact. Ma respiration reste bizarrement très calme alors que je bouillonne de l'intérieur. J'ai un moment d'hésitation, qui disparaît, lorsqu'elle prend ma main et me fait m'asseoir sur son lit. Je me sens prête. Elle continue à faire balader ses doigts contre mon visage puis descend vers mon cou, le haut de mon buste, j'avale ma salive difficilement et quand elle effleure l'un de mes seins et je laisse échapper un gémissement.

Je me laisse tomber sur le dos et remonte à la tête de lit pour être complètement allongée. Elle dépose de doux baisers sur mon ventre et ses cheveux qui glissent contre celui-ci me font frissonner d'envie. À un moment donné, je me relève et j'enlève son t-shirt. Je me rapproche d'elle de sorte qu'elle soit assise sur moi, la vision de son ventre me perturbe légèrement. Je finis par enlever son soutien-gorge et observer sa poitrine. J'avais oublié sa petite tache de naissance qui se trouvait sur son flanc droit, juste à côté de son mamelon qui se trouve être durci. Je l'embrasse affectueusement et elle vient placer sa main dans mes cheveux en les agrippant fermement.

Je nous fais totalement basculer et entremêle nos jambes en continuant de la couvrir de baiser, tout est comme dans mes souvenirs mais en mieux, chaque caresse que je sens dans mon dos, l'une de ses mains contre mes fesses, la façon dont elle me regarde, tout est là, presque.

Elle renverse la situation et couvre mon visage de baisers, elle finit par me tenir les deux mains fermement et je n'ai pas la force de lutter. Elle place son genou contre mon entre-jambe et je penche la tête en arrière tout en gémissant de plaisir. Elle se couche sur moi et vient enfin m'embrasser, je quémande l'accès et elle ouvre tout de suite la bouche pour me permettre d'avoir la sensation de sa langue contre la mienne. Mon bas-ventre me brûle et je meurs d'envie qu'elle me touche.

Je me relève assez brutalement, elle tombe néanmoins doucement sur le dos puis je détache sa ceinture et enlève son pantalon en même temps que sa culotte. Elle en profite ensuite pour m'encercler avec ses jambes ce qui fait que je couche littéralement sur elle. En même temps, nous nous lamentons. Mes lèvres sont contre son cou et je la marque doucement sur la clavicule, pendant qu'elle malaxe l'un de mes seins. J'ai terriblement chaud.

Ensuite, je fais glisser mes doigts en elle. Clémence se cambre instantanément et je plaque l'une de mes mains sur son épaule pour la maintenir un tant soit peu. Je peux sentir le peu d'ongles qu'elle a s'enfoncer dans ma peau. Tous les bruits qu'elle émet avec sa bouche sont en train de me rendre folle. C'est tellement excitant de l'entendre gémir. Elle me demande d'aller plus vite, comme d'habitude, ne me laissant pas le temps de le faire, voulant toujours tout contrôler. Ma gorge devient très sèche. Respirer l'odeur de ses cheveux, la faire gémir de plaisir, que ça ne s'arrête jamais, plus jamais. Je me mords la lèvre inférieure sans pouvoir m'en empêcher quand j'entends et sens qu'elle a son orgasme.

Je n'arrête pas de me cambrer sous ses caresses extraordinaires, contre les sensations procurées par sa langue, c'est tellement agréable. Je me sens revivre, mon cœur ne bat plus pour la drogue, mais pour moi. C'est tellement plus appréciable de se faire l'amour sans se faire du mal. Alors que j'étais en train de m'amuser avec son sein, elle se relève et je m'installe à califourchon sur elle. Clémence me sert fort contre elle en me couvrant de baisers sur toutes les parties accessibles de mon corps, effleurant avec ses lèvres mes seins. Puis quand je sens ses doigts en moi, tout mon corps se contracte, c'est inconcevable de ressentir autant de plaisir et je veux pourtant en ressentir encore plus.

Elle me soumet à elle, et je me laisse complètement faire.

Après des heures, nous nous arrêtons et je lâche :

- Mon Dieu.

Elle rigole.

Je la ramène contre moi et nous nous endormons pour les quelques heures qu'il nous reste à passer avant que son réveil ne sonne.

Lundi matin, une nouvelle semaine commence. Les cours passent vite, heureusement, et je profite du fait que Clémence y soit encore pour aller prendre une longue douche. L'eau qui parcourt mon corps me fait un bien fou, c'est tellement agréable que pour la première fois depuis des semaines, je me mets à chanter la première chanson qui me vient en tête. J'ai à peine le temps d'arriver à la moitié que je sursaute en hurlant :

- Mais Valentine qu'est-ce qu'il te prend !

- Putain mais tu sais chanter !

Je me tourne à moitié pour essayer de me cacher, mais je suis dans ma douche là ! Elle n'a donc aucun problème avec l'intimité ? Mais quelle question stupide ! Bien sûr que non !

- Oh tu sais Lucy au point où j'en suis une de plus ou une de moins et puis je te ferais remarquer que je t'ai déjà vu toute nue !

Ah oui exact, mais dans ces moments-là, j'étais bien trop allumée pour me préoccuper de son regard alors que là, je suis dans mon état normal !

- Je refermerai la porte de la douche quand tu recommenceras à chanter, j'attends.

- Sérieusement Blondie laisse-moi finir de prendre ma douche tranquillement.

- Allez ! Tu veux que ce soit encore plus gênant ? Je te rejoins.

Je ne peux pas m'empêcher de rigoler, non mais sérieusement, elle n'oserait pas ? Mais quand je la vois rouler des yeux et déboutonner les boutons de sa chemise, je m'exclame.

- Ok ! Ok c'est bon garde tes fringues.

Elle affiche son sourire triomphant et je roule de yeux. Je m'éclaircis la gorge et diminue la pression de la pomme de douche pour qu'elle m'entendre parfaitement.

Elle garde un assez long moment la bouche grande ouverte pour enfin la refermer.

- Quand tu auras fini ta douche je t'emmène quelque part.

Je fronce les sourcils et je suis plus que curieuse, elle s'en va et je finis de me laver. Une fois habillée, elle relève la tête de son magasine quand elle s'aperçoit que je la fixe. Nous nous dirigeons je ne sais où. Mon cœur accélère ses battements dans ma poitrine quand je m'aperçois que nous sommes dans une salle de musique, si elle croit que je vais chanter devant des élèves, elle rêve ! Mais elle m'emmène dans une autre pièce au calme avec quelques instruments.

Elle s'installe sur le banc d'un piano et je reste plantée où je suis. Elle s'assied à califourchon et me sourit tendrement. C'est juste abusé, elle est tellement différente, limite lunatique. Quand je pense qu'il y a quatre mois elle n'aura pas hésité à me pousser dans l'escalier, là elle est ici, dans la même pièce que moi, parce qu'elle l'a voulu, parce que je l'ai voulu. Je souris rapidement et m'installe comme elle. Après avoir soupiré, elle prend la parole la première.

- Accepterais-tu de m'accompagner ?

- Oui pourquoi pas, tu ne chantes jamais ?

- Nan, je préfère écouter les autres et puis le chant ce n'est pas vraiment ce qui me fait vibrer.

J'esquisse un sourire et hoche la tête.

- Euh je ne sais pas trop quoi choisir, tu connais Your Song ? De Elton John ?

- Oh que oui.

Elle se positionne en face du piano, après avoir effleuré toutes les touches du bout des doigts, elle ferme les yeux. Les premières notes commencent à retentir, remplissant progressivement la pièce et je prends une grande inspiration puis débute.

Mon Dieu, ça fait tellement du bien, j'avais oublié à quel point j'aimais chanter, c'est la troisième fois qu'on fait cette chanson, et une heure plus tard on en a fait quatre différentes. Je ferme les yeux un moment tout en chantant et quand je les ouvre de nouveau, mon cœur bat la chamade et je souris de plus belle, Clémence est ici. Elle me rend un sourire encore plus éclatant et pendant trois minutes et quarante secondes, j'oublie que mon père m'a renié, que j'ai pratiquement pas d'argent, que si Valentine n'était pas là je serais à la rue, que je combats une addiction et que Clém attend un enfant, non, pendant trois minutes et quarante secondes, je suis juste : Lucy.


Il y avait du drama, je le concède mais il fallait forcément aborder les conséquences du mariage. Vous vous doutez bien que la suite avec Clémence sera dans le même style ? Voire pire.

Je le précise pour réveiller dans le même temps les fans, mais c'était bien un clin d'œil la scène de la douche.

Donc à dans deux semaines ( sans doute avant ) avec Clémence.