Salut à tous/toues !

Bon, ok, j'ai vraiment traîné pour ce chapitre, mais c'est que ce passage de l'histoire est pas très facile à mettre en musique, et je n'ai pratiquement pas eu de temps libre ces derniers temps ! Et puis les personnages ont recommencé à faire des leurs, j'ai dû arrêter le chapitre avant le moment où je voulais l'arrêter, donc bon, ce sera pour la prochaine fois !

Merci à tous ceux et celles d'entre vous qui laissent des petits commentaires et mots gentils ! Ça me fait vraiment chaud au cœur et m'encourage à continuer ! Alors n'hésitez surtout pas à laisser une p'tite review à la fin du chapitre, même si c'est pour me dire pourquoi il ne vous a pas plu, ou même simplement que vous l'avez lu, ça fait toujours plaisir d'avoir des retours.

Un grand merci à vous !


Un homme pour moi

« J'en ai assez ! Vraiment cette histoire est trop longue, j'ai l'impression qu'on ne va nulle part. Pendant encore combien de temps nos deux chers petits tourtereaux vont-ils encore refuser de se parler pour se dire autre chose que des méchancetés ? Ça a assez duré comme ça, tu ne crois pas ? Il serait peut-être temps de s'arranger pour créer une situation qui les oblige à enfin se dire ce qu'ils ont vraiment sur le cœur. » Installée dans sa chaise longue, dans le vaste jardin intérieur aux allures paradisiaques, la femme blonde aux yeux clos caressait une perruche blanche perchée sur sa main, songeuse.

Face à elle, l'homme dont les cheveux gris faisaient surestimer son âge leva la tête de la bicyclette qu'il était perpétuellement en train de réparer pendant son temps libre et dévisagea sa femme d'un air poliment intrigué : « Ah bon, tu trouves ?

-Oui, à l'évidence, à ce rythme-là, on en aura pour des années avant d'en arriver au mariage ! Vu comment ces deux-là sont têtus en plus !

-Mhmmm... Réfléchit l'homme en scrutant sa clef à molette comme si une énigme était gravée dessus. Tu as peut-être raison. Mais quel genre de situation veux-tu créer ? Il ne faut pas que ça fasse trop dissonant dans l'histoire, sinon nous allons gâcher le récit.

-Oui tu as raison mon chéri comme d'habitude... Et toi Fifi ? » Demanda-t-elle à son oiseau qui la scruta en retour d'un œil inexpressif. « Qu'est-ce qu'on pourrait inventer d'après toi, hein ? Quelque chose qui ferait un peu avancer l'intrigue ? » L'oiseau ne répondit pas, absorbé par la caresse et complètement indifférent au charabia de l'humaine dont le chant n'était pas des plus mélodieux qui soient, à son humble avis.

« Criiiii ! » Annonça une seconde perruche en atterrissant sur l'épaule de la nourrisseur

« Ah ! Chantonna l'humaine. Et toi Sissi, une idée ? Qu'est-ce qui vous irait le mieux comme élément modificateur ? Et si l'un d'entre eux se blessait ? Oh non, j'en ai assez des blessures ! Je refuse de faire mal à quiconque ! Et si l'un venait au secours de l'autre dans un danger imminent ? Oh ce serait si romantique ! »

Monsieur Briefs échangea un regard de totale incompréhension avec le chat noir installé sur son épaule, avant de demander poliment à sa femme : « Quoi comme danger imminent ? »

À cela, la blonde sembla réfléchir un long moment, puis soudain, son visage s'illumina d'un large sourire : « Je sais ! Et si l'un des deux se retrouvait coincé dans un vaisseau spatial prêt à exploser ?

-Oh. Tu veux que je te fabrique ça ? » Proposa le mari, conciliant.

Leur discussion s'arrêta là lorsqu'une voix joyeuse en provenance du hall d'entrée annonça l'arrivée d'un nouveau protagoniste : « Papaaaa ! Mamaaaan ! Je suis rentrée !

-C'est Bulma... Constata monsieur Briefs.

-Bulmaaaa ! Appela la mère en retour en se levant (et son cri fit s'envoler les oiseaux) Nous sommes lààà ! »

La femme enceinte qui fit son entrée dans le jardin avait le tein rose et légèrement halé, les yeux brillants de vitalité et un large sourire aux lèvres lorsqu'elle arriva embrasser ses parents.

« Alors, comment se sont passées tes vacances ? S'enquit le père.

-C'était génial ! Répondit-elle. Je serais bien restée une semaine ou deux de plus. Des soirées entières à danser sur la plage et les après-midi à dormir sous les cocotiers, il n'y a rien de mieux pour se ressourcer ! Je me sens de nouveau d'attaque ! Prête à conquérir le monde et à en faire un petit paradis pour mon bébé !

-Tu ne t'es pas trop fatiguée, j'espère ?

-Non maman. Soupira Bulma.

-Et le soleil, tu ne t'es pas trop...

-Non maman.

-Et tu n'as pas...

-Non. Et au fait, bonjour. » La coupa sa fille en parvenant enfin à embrasser sa mère. « Et vous, comment ça s'est passé ici ?

-Oh, eh bien... Commença le père en caressant distraitement le chat sur son épaule. J'avoue qu'on s'est un peu inquiétés avec ton départ précipité...

-Désolée. J'avais vraiment besoin d'air.

-Oui, je comprends... Je suis vraiment désolé de t'avoir demandé d'interrompre tes vacances, mais je ne me voyais vraiment pas survivre à Monsieur Vendredi trois jours en tête à tête pour un énorme contrat, alors que j'ai déjà du mal dix minutes au téléphone avec lui pour régler une broutille.

-Ne t'en fais pas Papa. Concilia sa fille. Je suis là. Ça ne me dérange pas, au contraire ça m'amuse les négociations. Et puis comme ça j'aurai enfin l'occasion de le rencontrer. Et toi maman, qu'est-ce que tu fais ? Tu dessines ?

-Nous sommes en train d'écrire une pièce de théâtre ! S'exclama la mère avec enthousiasme en saisissant sa fille par le bras pour l'attirer vers la pile de feuilles posées sur la table de jardin devant elle.

-Ah bon ? Demanda poliment celle-ci.

-Oui ! Ce sera l'histoire de Sissi et Fifi, les deux tourtereaux qui s'aiment secrètement sans oser se l'avouer l'un l'autre...

-Sissi et Fifi ? S'étonna Bulma.

-Les deux perruches blanches. Lui expliqua le père en indiquant le couple de volatiles qui observaient la scène du haut de la branche la plus proche.

-Ah.

-Oui, tu verras ! Reprit la mère. Avec le superbe maquillage que je leur ai préparé, ils ressembleront vraiment à des tourtereaux paradisiers !

-Ça existe ça ?

-Voyons Bulma ! Ce que tu peux être pragmatique ! Comme ton père ! Laissons-nous un peu de liberté tout de même ! C'est nous qui écrivons l'histoire !

-D'accord d'accord ! Éluda Bulma en riant.

-Tu veux que je te raconte l'histoire ? »

Ce n'était pas vraiment une question, Bulma ne put que renvoyer un sourire à ses deux parents. Son père replongea le nez dans les engrenages de sa bicyclette et reprit ses réglages, tandis que madame Briefs commençait son récit : « Sissi est amoureuse de Fifi parce qu'il est le meilleur tourtereau chanteur de toute la volière, mais elle est convaincue que Fifi la déteste car il vient souvent lui voler ses graines. Mais en réalité, Fifi fait cela pour attirer son attention, il ne sait pas comment faire autrement, il veut lui montrer qu'il est fort et autoritaire, et qu'il serait capable de défendre et nourrir les oisillons qu'ils pourraient avoir ensemble. Et puis un jour, ... »

Attendrie par le récit de sa mère, Bulma s'était assise à côté de celle-ci, immédiatement rejointe par le premier chat opportuniste pour occuper la place sur ses genoux, et trois chiens adorateur blottis à ses pieds, tandis que Kiki le tyrannosaure paradait autour d'eux en quête d'attention. Elle écouta d'une oreille distraite sa mère énumérer mille et une aventures de vols de graines, de cadeaux de fleurs remplies de bon-nectar-le-meilleur-de-tous-les-nectars, de vols à travers des cascades et de bains à deux dans la fontaine à oiseaux sous le clair de lune-qui-existe-encore-dans-cette-histoire. « Mais ils sont têtus ! Continuait la mère avec beaucoup de sérieux. Ils n'osent pas s'avouer qu'ils s'aiment !

-Et pourquoi ? Demanda Bulma en masquant un bâillement.

-Parce qu'ils ont peur que l'autre les fasse souffrir ! Oooh c'est si romantiiiiiiique ! Jusqu'au jour où tout bascule ! Sissi se retrouve coincée dans un vaisseau spatial au bord de l'explosion ! Alors là, le sang de Fifi ne fait qu'un tour...

-Attends, un vaisseau spatial ? S'étonna sa fille.

-Oui, il fallait bien trouver quelque chose pour débloquer la situation. Expliqua la mère d'un air perplexe. Pourquoi ça fait bizarre ?

-Eeeeeuh. Oui, un peu.

-Ah zut, qu'est-ce que je pourrais trouver comme danger plus plausible alors ?

-Un chat ? Proposa Bulma avec pragmatisme.

-Ah non, je ne peux pas faire monter un chat sur scène avec mes petits tourtereaux, c'est trop dangereux !

-Mêow... Regretta le chat sur l'épaule de Monsieur Briefs.

-Mhmmmm... Un autre oiseau alors ?

-Un méchant oiseau ? Tu crois que Cricri accepterait de jouer un rôle de méchant ?

-Le corbeau ? Je ne suis pas très sûre du résultat de ta pièce de théâtre, là maman. Et une troisième perruche ? Pour rendre Fifi jaloux ?

-Oh non ! S'insurgea la mère. Quelle horreur ! Qui ferait une chose pareille à la personne qu'on aime ?

-Ça pourrait ne pas être volontaire.

-Oh non ! Non et non ! Ça dépoétiserait vraiment tout ! »

Bulma haussa les épaules, à court d'idées : « Au moins je trouve ça plus cohérent que ton histoire de vaisseau spatial...

-Moi j'aime bien l'idée du vaisseau spatial. Fit remarquer son père sans cesser ses réglages.

-Miaou ? S'étonna le chat perché en équilibre sur son épaule en le dévisageant avec ses yeux ronds.

-Ah ! S'enthousiasma sa femme. Merci de me soutenir mon chéri ! Je savais que je pouvais compter sur toi ! »

Bulma se mit à rire. Par à-coups d'abord, puis à gorge déployée ensuite. Puis elle se leva en annonçant : « Ah ! Papa, maman, je vous adore ! Bon ! J'y vais, je vais ranger mes bagages. »

Un vaisseau spatial... Et pourquoi pas une invasion d'extraterrestres tant qu'on y est ? Il n'y a bien que chez nous qu'on peut avoir des idées pareilles. Songeait-elle, amusée, en montant les marches qui la menaient à sa chambre. Il y avait cela, à la fois agaçant et tellement réconfortant chez ses parents, cette insouciance et cette légèreté. Comment pouvait-elle s'inquiéter de son avenir, de son enfant, de ses inventions, et du futur de la Terre entière, lorsque sa mère venair lui parler d'organiser une pièce de théâtre avec des oiseaux ?

Monsieur et Madame Briefs restèrent un long moment sans parler. L'un faisait des réglages sur sa bicyclette, l'autre écrivait en chantonnant. Puis...

« Au fait, je me demandais... D'où notre fille tient-elle son impulsivité et son caractère ?

-Oh ? Mais c'est bien simple, mon cher ! Elle tient sa géniale intelligence de toi, et sa beauté dévastatrice de moi. C'est impossible de posséder les deux sans attirer les convoitises. Donc c'est normal qu'elle se soit forgé un caractère de guerrière !

-Ah ? Réfléchit le père. Ah oui, c'est logique... Donc Bulma est bien de moi ! »

La mère éclata de rire : « Évidemment ! Comment peux-tu en douter mon chéri ?

-Eh bien... Tu as réagi avec beaucoup de virulence quand Bulma a proposé un troisième oiseau dans notre pièce de théâtre pour que l'un soit jaloux... Pendant une seconde, j'ai eu peur d'être un troisième oiseau... »

Elle éclata à nouveau d'un rire encore plus strident : « Oh voyons mon chéri ! C'est ridicule d'essayer de transposer une histoire inventée à la réalité ! »

ooooo

C'était normal qu'elle se soit forgé un caractère de guerrière...

Dans ce souvenir flou, les noms étaient annoncés les uns après les autres sans que quiconque s'en souvienne vraiment.

« Untel

-Untel

-Untel

-Untel »

Les deux capitaines nommaient à tour de rôle les membres de leurs équipes, choisissant parmi les élèves de la classe massés devant eux sur le terrain de sport.

« Untel

-Untel

-Mmmmmmm... Unt... non, untel. »

Le nombre de personnes face à eux se réduisait tandis que les élèves se rangeaient docilement derrière l'un ou l'autre capitaine qui les avait choisis, eux aussi des élèves de la classe, mais sélectionnés par le professeur de sport pour leur talent.

« Untel.

-Untel

-Eh merde ! Bon bah untel.

-Untel.

-Untel

-Ah non, fait chier ! Tu vas pas encore me laisser la chieuse ? C'est ton tour de te la coltiner !

-Hinhin ! Ricana l'autre (un adolescent en pleine puberté couvert de boutons d'acné qui contrastaient avec sa coiffure soignée en brosse) Même pas en rêve !

-Allez vas-y quoi, c'est pas honnête ! Je te l'échange contre Untel si tu veux !

-Que dalle ! Tu as voulu choisir en premier, c'est toi qui te tapes la nulle !

-Pfff ! Si encore je pouvais me la taper... Ronchonna le perdant du choix. Eh ! Bulma ! Si je te prends dans mon équipe, tu couches avec moi ? » S'écria-t-il à l'adresse de la frêle adolescente aux couettes bleues restée seule face à eux.

« Eh oh ! Intervint le professeur. Tu sais que ce genre de remarques te vaudrait un avertissement ? Elle est dans ton équipe de toutes manières !

-Nan mais sérieusement monsieur ! Se plaignit l'intéressé. Comment vous voulez qu'on gagne avec un boulet pareil dans l'équipe ?

-Tu te débrouilles, mais tu dois intégrer tout le monde ! Ce n'est pas en l'empêchant de jouer qu'elle deviendra meilleure joueuse !

-Nan mais monsieur ! Si elle est nulle, elle est nulle ! Alors faut bien une p'tite compensation si je dois la prendre sous mon aile !

-Méfie-toi. Lui conseilla le professeur. On a chacun nos points forts et nos points faibles tu sais. Il n'y a qu'en s'entraidant les uns les autres qu'on s'en sort plus forts.

-Ouais, ouais, bah elle y'a qu'un sport où elle doit être douée, et elle, elle fait pas d'efforts pour jouer avec nous ! » Fit remarquer l'élève en déclenchant les rires gras de tous les mâles pré-pubères et quelques femelles non moins immatures de la classe.

« Bon, maintenant ça suffit ! Imposa le professeur. Tu la prends dans ton équipe et tu ne discutes pas, ET je ne veux plus entendre la moindre insinuation irrespectueuse de ta part ou bien tu auras un avertissement, c'est clair ?

-...

-C'est clair ?

-... Oui m'sieur. » Grommela l'élève en se retournant vers son équipe et faisant signe à la cause de la discussion, sans la regarder, de s'approcher du groupe. » Celle-ci se joignit à eux d'un pas calme, la tête droite, sans dire un mot. Un observateur attentif aurait vu ses yeux lancer des éclairs. Mais cette personne se garda bien de tout commentaire.

« Bon, alors la chieuse, déjà rends-nous service et garde ta jolie gueule fermée ok ? Tu passes en premier, comme ça on sera débarrassés. Je vais lancer la balle, essaie de pas la louper. Untel, tu passes en deuxième, oriente la balle vers la droite et essaie de courir un tour complet. Sans marcher sur la chieuse. Untel, tu... » Les indications du capitaine se poursuivirent encore un temps avant que le professeur ne siffle le début du jeu.

Bulma se mit en place, batte en main, toujours sans dire un mot, prête à jouer.

« Tape droit devant toi de toutes tes forces, d'accord ? Lui indiqua le capitaine en se plaçant face à elle avec la balle. Essaie de ne pas nous faire trop honte.

-Ta gueule. » Grogna-t-elle enfin.

Le sourire moqueur de l'adolescent disparut d'un bloc. Il leva la main et lança la balle dans sa direction. Bien plus fort qu'il n'aurait dû. Elle écarquilla les yeux et eut juste le temps de déplacer sa tête pour éviter de se prendre la balle en pleine figure. Le projectile lui arriva droit sur l'oreille.

« Aïe ! Mais fais attention un peu ! Comment tu veux que j'attrape ta fichue balle si tu vises comme un bourrin ?

-Toi, menaça-t-il, ne commence pas à me les briser maintenant ! J'ai dit que tu fermes ta gueule, alors tu fermes ta gueule !

-Eh ! » Intervint le professeur qui voulut s'interposer. Mais la seconde balle était déjà lancée en direction de la jeune fille.

Celle-ci la fixa d'un air décidé et projeta de toutes ses forces la batte qu'elle tenait dans les mains.

Puis tous, élèves et professeur, s'arrêtèrent net en ouvrant des yeux ronds, voyant l'objet partir en sens inverse, droit vers la figure du lanceur de balle.

CHTONK !

Il n'eut pas le temps de l'esquiver. Et poussa un cri, les mains sur sa figure.

La tête haute, Bulma s'épousseta les mains avant de déclarer : « Tu t'étonnes que j'envoie bouler les imbéciles puérils dans ton genre ! Apprends à respecter les dames, un peu, sinon tu vas avoir des problèmes dans ta vie bien pires que de mourir puceau !

-Salope...

-Bulma, ce n'est pas... Intervint le professeur.

-Laissez tomber monsieur ! L'interrompit-elle en mettant les mains sur les hanches. Depuis le début de l'année je supporte des boulets qui ne veulent jamais de moi dans leur équipe, et d'ailleurs, je n'ai rien à faire d'essayer de coopérer avec des gamins sur une activité physique qui ne m'intéresse pas. Je n'ai pas besoin d'une bonne note en sport pour sécuriser mon avenir professionnel, contrairement à d'autres. »

Puis elle tourna les talons et s'en fut, tête haute, en ignorant les multiples menaces et protestations qui fusèrent à son encontre. Nul ne tenta de la rattraper.

Elle se retourna juste avant de quitter le terrain de sport. Elle vit un élève revenir en courant avec les deux balles qu'elle n'était pas parvenue à intercepter, et le garçon qui s'était moqué d'elle assis par terre, le visage rouge d'avoir reçu en pleine figure, non pas la balle (qu'elle avait évidemment manquée), mais la batte de baseball elle-même, qu'elle avait lancée de tout son cœur Il jetait vers elle un regard lourd de menaces auquel elle répondit par un doigt d'honneur. Puis, reprenant son chemin elle essuya discrètement, du bout du doigt, un excès d'humidité au coin de son œil

Elle avait mieux à faire. À la bibliothèque de la ville, Bulma ne s'étonna pas de tomber sur une jeune fille blonde, de deux ans son aînée, installée à une table entourée d'une montagne de livres. Cette fille était là si souvent qu'elle aurait pu habiter dans une des étagères du bâtiment sans surprendre personne. Elle semblait s'être fixé pour défi de connaître par cœur tous les ouvrages qui s'y trouvaient.

« Oh, salut ! Sourit-elle lorsque Bulma s'installa à côté d'elle. Tu as fini ton cours plus tôt que prévu ?

-Oui. Éluda celle-ci. Alors ? Tu as du nouveau ?

-J'ai fini la sélection des livres dont je pense qu'ils ont une chance d'avoir des pistes pour notre recherche, mais comme tu vois, ça risque de prendre quelques jours à lire...

-Pfff ! Soupira Bulma. Un jour j'inventerai une machine qui référence tous les contenus de tous les livres et qui pourra retrouver leur contenu instantanément.

-Bof. Moi j'aime bien les livres. » Fit remarquer sa camarade.

Sans autre commentaire, Bulma s'assit à côté d'elle et attrapa un des ouvrages de la pile dont le titre semblait moins rébarbatif que les autres.

Les deux adolescentes avaient fait connaissance il y a peu, lorsque Bulma lui avait demandé à tout hasard si elle savait où elle aurait une chance de trouver un livre qui pourrait lui donner une idée ce que c'était que cette espèce de sphère qu'elle transportait dans son sac à dos, brillante, translucide, de couleur orange, avec deux étoiles flottant à l'intérieur. En effet, elle était convaincue qu'il s'agissait de bien plus que d'un simple joyau décoratif trouvé dans son grenier, car elle avait découvert que l'objet émettait des sortes d'ondes qui avaient perturbé les circuits du détecteur à infrarouges qu'elle avait été en train de concevoir.

Depuis ce jour, Maï (c'était son nom) avait fait preuve d'un enthousiasme et d'un acharnement à toute épreuve pour aider sa nouvelle amie dans sa quête de savoir. Aussi passaient-elles toutes deux presque tout leur temps libre à la bibliothèque depuis plusieurs jours déjà. Une troisième personne vint les rejoindre deux heures plus tard, se précipitant vers Bulma face à qui elle plaqua violemment les mains sur la table pour attirer son attention. Celle-ci sursauta pour tomber nez-à-nez avec un visage souriant, soigneusement maquillé pour masquer les boutons d'acné, entouré d'un désordre indescriptible de cheveux roses.

« Franchement, c'était grandiose ! Jubila July. Grandiose ! Oh quand tu lui as jeté ta batte en pleine figure, vlan ! Mais la tête qu'il a faite ! Et le prof ! Mais la tête ! C'était juste grandiose ! Dans sa gueule ! Franchement, je paierais cher pour revoir ça ! »

Bulma lui renvoya un sourire complice. July était la seule camarade de sa classe avec laquelle elle s'entendait vraiment. Elles avaient en commun leur centre d'intérêt pour l'esthétique, et ne parlaient jamais entre elles de sujets scientifiques, ce qui n'intéressait absolument pas July et donnait à Bulma un sentiment d'importance.

« Il l'avait bien mérité aussi. Commenta-t-elle.

-Ouais, c'est vrai. Non mais quel enfoiré ! C'est vrai que c'est difficile de bosser en équipe avec toi, mais tu as le droit de donner ton avis quand même, et il avait quand même pas à dire ça ! Eh ! Vous trouvez quelque chose dans vos bouquins ? Pfff ! C'est long quand même ! Je vais vous chercher un verre de limonade ! »

Les boissons sucrées étaient interdites dans la bibliothèque, mais July faisait les yeux doux au fils de la bibliothécaire qui surveillait les lieux à cette heure. C'était sa manière de contribuer à leur grande aventure littéraire. C'est ce soir-là que Bulma tomba sur un extrait de texte ancien qui allait marquer un tournant majeur dans sa vie. Intriguée, elle interpella ses camarades et lut à voix haute : « Les étoiles mon amour, ces immortels cristaux de pureté qui scintillent dans le ciel, inatteignables fleurs de lumière que je voudrais pouvoir cueillir pour toi. Dans cette nuit si claire elles voilent le monde d'une clarté cristalline. Et ta beauté en devient mystique. Il est si injuste que tu ne puisses les voir. Pour toi, si tu le veux mon amour, je m'en irai par delà les mers, je ferais le tour de la terre, j'affronterais mille dangers pour rassembler les sept boules de cristal, celles dans lesquelles brillent de l'espoir les étoiles, et je demanderais au tout-puissant dragon éternel de te rendre la vue. Le veux-tu ? »

« C'est beau... Murmura Maï.

-J'ai rien compris. Marmonna July.

-Les sept boules de cristal dans lesquelles brillent de l'espoir les étoiles... Répéta Bulma en sortant de son sac la boule scintillante qu'elle avait trouvée par hasard dans son grenier. Et si c'était ça ? »

La suite de l'histoire, qu'elles lurent à tour de rôle à voix basse, était cependant bien moins douce. Le malheureux amoureux avait parcouru les quatre coins du globe pendant sept ans et était mort noyé en mer en tentant de remonter à la surface après avoir attrapé la septième boule de cristal sous l'eau. Son frère qui l'accompagnait avait récupéré les boules sur le cadavre flottant et était revenu vers la fiancée aveugle avec pour ambition de prendre la place de son frère auprès de la belle. Mais elle avait reconnu sa voix et l'avait rejeté, ivre de peine en comprenant que son bien-aimé était mort, maudissant l'espoir futile qui pousse à vouloir toujours plus et détruit le bonheur existant. Amer, le frère avait fait appel au dragon éternel en faisant le vœu de devenir roi, pour qu'ainsi plus rien ne puisse jamais lui être refusé. Il avait contraint la belle aveugle à l'épouser, lui promettant de faire appel à tous les meilleurs médecins de la Terre pour qu'elle puisse retrouver la vue. En réponse, elle s'était jetée à la mer.

« C'est tellement triste... Commenta Maï avec une larme à l'œil

-Sept boules de cristal pour faire un vœu auprès du dragon éternel et tu peux même devenir roi... Résuma Bulma pragmatique.

-Tu ferais quel vœu toi ? S'enquit July curieuse.

-Moi ? Répondit Bulma. Une montagne de fraises ! Un stock illimité ! Et toi ?

-Moi ? Que tous les humains vivent en paix et harmonie à tout jamais ! Et toi Maï ?

-Moi je ne vois pas comment retrouver sept boules de cristal qui peuvent être n'importe où sur Terre, et pourquoi prendre le risque de ruiner mon bonheur actuel en cherchant à avoir toujours plus.

-Aha ! Triompha Bulma. Mais c'est là que j'entre en scène ! Je fabrique un radar qui détecte les ondes émises par ma dragon ball, j'affiche la carte de la Terre, et si je trouve qu'il en existe sept, alors ça pourrait bien être vrai ! À moi les fraises !

-Et tu partirais à l'aventure les récolter ? Partout dans le monde ?

-C'est sûrement dangereux...

-Tu n'auras pas le temps avec les cours...

-Il y aura sûrement des endroits inaccessibles !

-Ça va te prendre une vie entière de tout récolter !

-Tes parents ne te laisseront jamais partir comme ça !

-Mais non ! Rétorqua Bulma en agitant la main avec dédain face à la montagne d'objections qui fusaient face à elle. Le temps de bricoler un radar le soir après les cours, et je serai prête à partir pour les prochaines vacances dans deux mois ! Vous venez avec moi ?

-Euh, non merci, ça ne me rassure pas cette histoire. Répondit Maï.

-Et moi j'ai un rencart à ne pas louper... Répondit July.

-Je vois... Soupira la scientifique en herbe en se levant. Tant pis pour vous. Moi je vais pas rester à moisir chez moi pendant mes vacances alors que j'ai une montagne de fraises qui m'attend !

-Attends, tu es sérieuse avec tes fraises ? Lui demanda Maï.

-Bien sûr, pourquoi ?

-Eh bien... Je ne sais pas... Imagine que cette histoire de vœu soit vraie... Que tu puisses vraiment faire exaucer n'importe quoi... Mais un seul vœu Tu ne voudrais pas souhaiter quelque chose de plus... Enfin... Quelque chose qui te fasse avancer dans la vie ?

-Mhmmm... Songea Bulma. Je vais y réfléchir. Après tout, j'ai deux mois pour me fixer sur ce que je veux. »

En sortant de la bibliothèque, ce soir-là, elle croisa un groupe de trois garçons installés sur un banc à rire et se relayant à faire des figures sur un skateboard. Ils devaient tous avoir entre deux et quatre ans de plus qu'elle, et l'un d'eux était encore plus mignon que les deux autres. Le sang de l'adolescente ne fit qu'un tour, elle les aborda sur-le-champ.

Bien vite, elle s'installa avec eux tandis qu'ils redoublaient d'inventivité et de prise de risque sur le skateboard pour lequel ils se chamaillaient à présent, tous avides de montrer leurs talents à la jolie fille qui s'était jointe à eux. Ils parlèrent de figures acrobatiques, de circuits bétonnés, puis ils parlèrent de l'ennui de l'école, et des vacances à venir dans deux mois, de tout ce qu'ils allaient pouvoir faire. C'est à ce moment que Bulma trouva l'occasion de leur démontrer son côté aventureuse en leur parlant du grand voyage qu'elle planifiait de faire autour du monde à la recherche de secrets perdus.

« Et d'ailleurs, si ça dit à l'un d'entre vous de m'accompagner, je serais ravie d'avoir un homme fort à mes côtés. » Conclut-elle en battant des cils, notamment en direction du plus mignon du groupe.

S'ensuivit un moment de silence durant lequel tous trois la regardèrent d'un air à la fois admiratif et intrigué. Puis l'un d'eux demanda : « Mais tu vas aller loin jusqu'où comme ça ?

-Aussi loin qu'il le faudra. Affirma Bulma comme si ce détail n'avait pas d'importance.

-Genre, tu vas aller jusqu'aux banlieues de la Capitale ?

-Oui bien sûr, je vais sortir de la ville.

-Hein ? Tu vas aller à la campagne ? Mais il n'y a rien là-bas !

-Mais si ! Il y a des champs, des montagnes, des déserts, des forêts...

-Tu vas aller dans des forêts ? S'étonna l'un.

-Il y a des monstres et des bêtes sauvages ! Objecta un autre.

-On peut pas rouler là-dedans. Tu vas déchirer tes vêtements en avançant dans les buissons. Fit le troisième.

-Allez quoi, insista Bulma d'un air enjôleur, c'est sûrement pas ces broutilles qui vont faire peur à des hommes forts comme vous ! C'est l'aventure ! Vous allez laisser une frêle demoiselle comme moi partir seule un mois à l'aventure comme ça ?

-Quoi ? Un mois ? Mais tu vas gâcher toutes tes vacances en no man's land ? T'es pas sérieuse !

-Si tu veux de l'aventure, proposa celui qui était le plus charmant, je peux t'emmener au parc d'attraction ce week-end.

-Avec plaisir ! S'enthousiasma Bulma. Mais à condition que tu n'essaies pas de faire un truc cochon avec moi après !

-Oh... Pourquoi ?

-Mhmmm, ajouta-t-elle d'un air malicieux, si tu veux tenter ta chance à ça, il faut m'accompagner à mon tour du monde ! »

L'air déconfit qu'il afficha alors trahit sa réponse négative avant même qu'il ne la prononce. C'est à cet instant que Bulma cessa de le trouver mignon. Tous, ils n'étaient qu'une bande de dégonflés, comme tous les autres.

C'est à cet instant, tandis qu'elle les plantait là en leur lançant à la figure tout le bien qu'elle pensait de leur courage et de leur ouverture d'esprit, qu'une autre idée de vœu à formuler au dragon éternel lui était venue à l'esprit...

ooooo

Assise sur son lit, une main sur son ventre arrondi, Bulma souriait doucement en se remémorant tous ces vieux souvenirs qui lui semblaient si loin aujourd'hui. C'était il y a quinze ans... La fabrication du dragon radar, la négociation avec ses parents, son départ, cette vallée immense et inhabitée où elle avait trouvé la dragon ball à cinq étoiles échappant de justesse à un tigre qui l'avait crue appétissante (ce qu'elle était, mais pas dans ce sens là!), et puis le moment où toute cette aventure avait soudain pris une tournure inattendue lorsqu'elle avait manqué d'écraser un petit garçon avec une queue de singe et un gros poisson sur l'épaule. Son Goku. Ils étaient si différents l'un de l'autre et pourtant tous deux mus par ce même goût pour l'aventure. À l'époque, Bulma ne s'était intéressée qu'à son objectif, le vœu qu'elle comptait formuler au dragon éternel, elle avait mis du temps à réaliser que le trajet lui avait apporté bien plus que l'arrivée. Des amis. Son Goku, son très innocent camarde de voyage au cœur pur et excellent protecteur, aujourd'hui un de ses amis les plus proches qu'il lui arrivait de considérer comme son petit frère (du moins, quand elle évitait de considérer à quel point il était devenu fort et séduisant et combien elle avait probablement raté son coup en ne tentant pas de le séduire tant qu'il en était temps, mais du reste, elle plaignait parfois Chichi vu le caractère du garçon). Et puis Yamcha, le petit-ami génial qu'elle avait ramené comme un trophée chez elle, tous deux heureux de s'être trouvés l'un l'autre, sans l'aide du dragon éternel ni de personne.

Le jeune homme au caractère farouche et intense avait tout pour plaire à l'aventurière qu'elle était. Il avait été son premier véritable petit-ami. Son premier homme. Mais pas le premier garçon dans sa vie ! Les garçons de la ville... Ah ! Ceux-là étaient en général très rapidement parvenus à la décevoir. Ceux à qui tenir la main d'une jolie fille comme elle ne convenait que deux minutes avant de vouloir passer à l'étape suivante... Ceux qui ouvraient des yeux béats quand elle se pavanait devant eux en faisant voltiger sa jupe courte, mais qui dans son dos riaient d'elle en faisant des allusions vulgaires. Yamcha avait été différent... Il avait sincèrement voulu construire quelque chose de durable avec elle, découvrir l'univers dans lequel elle vivait et lui faire découvrir le sien. Prendre le temps de se découvrir l'un l'autre. Mais le monde de la ville, toutes ses richesses, ses diversités et ses loisirs avaient peu à peu changé le jeune guerrier qui avait fini par surmonter sa timidité et se plonger à corps perdu dans cet univers d'opulence. Il avait voulu rencontrer d'autres personnes, tenter sa chance, et bien entendu, il avait fini par tomber sur des jolies filles moins caractérielles et exigeantes que Bulma. Leurs chemins avaient commencé à s'éloigner là.

« Pfffff ! » Soupira Bulma en se laissant tomber allongée sur son lit. Aucun homme n'était-il donc à la hauteur de ses attentes ? Était-elle trop exigeante ? Lui faudrait-il donc partir à nouveau en quête des dragon balls pour formuler clairement ce souhait ? Un homme pour moi. Était-ce vraiment trop demander ?

Elle n'avait toujours pas commencé à ranger sa valise. Elle s'endormit.

ooooo

L'humaine était de retour.

Végéta en fut certain dès que la porte de sa chambre de gravité s'ouvrit ce soir-là. Il avait senti son ki bien avant, mais avait tenté de ne pas y prêter garde. Ça aurait pu être n'importe qui. Mais à présent que la porte ouverte lui donnait accès à l'air du couloir, il en avait la certitude. Le parfum d'épices et d'océan se diffusait à nouveau partout dans la maison. Le faible ki émanait de sa chambre, calme. Manifestement elle n'était toujours pas disposée à lui céder ni même le voir.

Le guerrier expira bruyamment par le nez, marquant son agacement. Sa maintenance technique s'était brutalement interrompue cinq jours auparavant avec le départ précipité de sa scientifique pour une destination qu'elle s'était bien gardée d'indiquer à quiconque. L'inutilité des deux parents à combiner leurs efforts pour tenter de combler ce que faisait d'ordinaire leur fille à elle seule n'avait fait qu'empirer sa morosité. Il aurait presque pu s'en vouloir d'avoir si ouvertement défié la belle humaine, s'il n'avait pas été autant en colère contre elle.

Elle ne voulait pas venir à lui ? Très bien ! Ce n'était certainement pas lui qui viendrait à elle !

Plus tard ils se croiseraient, mieux ça vaudrait pour eux deux...

Tentant de limiter son boitement en mettant le moins de poids possible sur sa cheville tordue, utilisant sa queue comme balancier, le guerrier se dirigea comme à son habitude vers sa chambre pour y prendre sa douche avant d'aller manger. Il espérait que la blonde au parfum de fleurs envahissantes qui parlait trop ne viendrait pas tenter de lui faire la conversation ou de changer le bandage autour de son bras droit. Même Bulma semblait discrète et respectueuse de son espace vital comparée à sa mère...

Grâce à une certaine pièce de théâtre en cours de rédaction, nul ne le dérangea.

ooooo

« Eh bien, monsieur Briefs, vous m'aviez caché que vous aviez une telle perle rare chez vous... »

Agréablement surprise, Bulma dévisagea l'homme qui venait ainsi de la saluer. Elle venait d'entrer dans le jardin intérieur où ses parents s'étaient installés pour discuter avec leur client important arrivé le matin-même. Vêtue d'une simple mais élégante robe noire pour signifier son caractère de demoiselle distinguée, et une paire de chaussures de sport surmontée de guêtres grises pour marquer son dynamisme, ses longs cheveux relevés en queue de cheval haute, elle était parée à soutenir son père dans la négociation ardue à venir.

Mais le gentleman qui s'avança vers elle avec un sourire affable semblait tout aussi préparé qu'elle, vêtu d'un élégant costume gris-bleu sombre d'une part, mais le col de sa chemise blanche légèrement ouvert et la cravate relâchée autour de son cou dans une tenue dynamique tout en restant distinguée. Il avait les cheveux courts couleur châtaigne mettant avantageusement en valeur son tein sésame et ses yeux noisettes il avait ce visage harmonieux de ceux qui semblent comestibles. À croquer, nota Bulma pour elle-même en lui serrant la main avec un sourire franc.

« Je vous présente ma fille, Bulma. » L'introduisit son père en souriant à celle-ci, visiblement soulagé de la voir apparaître. « C'est la deuxième inventrice de Capsule Corporation, mais pas des moindres car c'est elle qui pilote la plupart de nos avancées majeures depuis quelques années déjà. Nous gérons le département recherche et les affaires de la société ensemble. Bulma, voici monsieur Vendredi.

-Belle et intelligente donc ? S'enquit celui-ci en lui envoyant un regard impressionné. Votre mari est très chanceux miss Bulma, mais il doit se faire bien du souci de vous laisser paraître seule en public, vous devez attirer bien des convoitises... »

Flattée, Bulma s'amusa de cette dernière remarque et posa une main sur son ventre arrondi : « Ne vous y trompez pas, il n'y a pas d'heureux papa. Je suis toujours à la recherche de l'homme qui saura se montrer à la hauteur de mes attentes, mais mon désir de maternité n'a pas attendu jusque-là. » Puis, devant le regard poli mais perplexe qu'il lui renvoya, elle lui adressa un clin d'œil : « Et vous, y a-t-il une femme qui se morfond de vous savoir si loin de chez vous et en agréable compagnie ?

-Malheureusement non, répondit-il avec un sourire affable, je suis moi aussi toujours à la recherche de celle qui saura dérober mon cœur

-Hoho ! S'amusa madame Briefs qui était restée silencieuse trop longtemps pour sa santé mentale. Dans ce cas méfiez-vous de ma charmante petite fille, car elle est aussi exigeante en matière d'âme sœur qu'avec la qualité de ce qu'elle invente, mais ça ne l'empêche pas de savoir faire tomber les cœurs comme personne !

-J'imagine. Répondit poliment leur invité.

-Bon, assez parlé d'âmes sœurs ! Déclara Bulma en posant les mains sur les hanches d'un air décidé. On vous a déjà fait visiter le complexe, monsieur Vendredi ?

-Non, répondit-il en portant son verre à ses lèvres. Mais rien ne presse. Lorsqu'il est question de gros contrats comme celui-ci, je préfère prendre le temps de bien connaître mes partenaires commerciaux.

-Nous prenions un verre en t'attendant. Ajouta son père.

-Ah, d'accord.

-Je t'ai préparé un cocktail sans alcool. Intervint sa mère lorsque Bulma prit place à la table.

-Alors, vous étiez en train de me parler de l'évolution de la hop-pop capsule... Reprit Vendredi en se retournant vers le père.

-Oui, c'est ça. Se rappela celui-ci. C'était il y a trente-quatre ans déjà... »

Une journée entière ne suffit pas à bien connaître la famille Briefs, ni à cerner la richesse de la personnalité de Monsieur Vendredi. Ce dernier, homme franc et courtois originaire du continent Est, avait grimpé seul les échelons de la société en sachant repérer les meilleures affaires aux meilleurs moments, et nouer les meilleurs partenariats avec la meilleure stabilité grâce à son sens de la négociation et de l'équité. Il savait utiliser pour lui les meilleurs arguments en fonction de ses interlocuteurs, sachant cerner le caractère de ces derniers en quelques minutes de discussion seulement. Il sut charmer monsieur Briefs en racontant à son tour les obstacles qu'il avait dû franchir pour parvenir à faire voir le jour et fructifier sa société d'extraction et pré-conditionnement de matières premières. Il sut charmer madame Briefs en expliquant combien il trouvait rentable de faire travailler ses ouvriers seulement quatre jours par semaine pour un salaire supérieur à ce qui se pratiquait dans les autres entreprises, dans des conditions d'ergonomie maximales, limitant ainsi les risques d'accidents et fidélisant ses travailleurs prêts à donner chaque jour le meilleur d'eux-mêmes. Il sut charmer Bulma en démontrant par ces deux argumentations parallèles qu'il possédait un esprit d'analyse fin et subtil.

La journée traîna en longueur. Ayant parlé toute la matinée, ils ne se décidèrent qu'après le repas de midi à visiter le complexe de Capsule Corporation. Les deux premiers étages majoritairement dédiés au jardin intérieur. Le deuxième étage où ils venaient de manger, servis par des robots ménagers capables de réagir à une multitude impressionnante de commandes vocales. L'étage supérieur était dédié aux commodités de vie telles que la bibliothèque et la salle de sport. Et l'étage encore au dessus dédié aux machines de confection et d'assemblage, machines de test, machines de coupe et découpe, et plusieurs pièces de stockages des prototypes abandonnés ou en attente. Ils ne prirent pas la peine de monter au dernier étage qui, plus petit, comprenait juste un grenier et deux chambres d'amis. Puis ils redescendirent en direction des deux annexes situées dans le jardin, les laboratoires principaux des deux scientifiques.

Leur invité prit le temps de s'intéresser à tous les détails et de poser des questions pertinentes qui montraient qu'il comprenait très bien de quoi relevait l'activité de Capsule Corp'. Il s'interrogea même sur des détails plus anodins, tels que le nombre de robots cuisiniers et l'existence d'un étrange bruit de bourdonnement dans le complexe que l'on n'entendait qu'en s'arrêtant au quatrième étage. À cette première remarque, monsieur Briefs lui répondit qu'ils recevaient régulièrement un grand nombre d'invités de marque, dont certains étaient très voraces, ce à quoi sa femme ajouta que bien sûr, les robots ne faisaient que l'assister en de telles circonstances, car elle aimait par dessus tout cuisiner pour ses invités. À la deuxième question, Bulma lui répondit par une vérité arrangée et arrangeante : « Mon testeur est en train de travailler sur une machine à amplification de gravité que j'ai crée.

-Une machine à amplification de gravité ?

-Oui, vous avez peut-être entendu parler de la nouvelle attraction du grand parc de la capitale Ouest ?

-Euh, non.

-C'est une machine que nous avons créée sur ce modèle de simulation de gravité. En l'occurrence, ce sont des gravités extrêmement faibles, parfois négatives. Les enfants qui entrent dedans ont l'impression de voler.

-Remarquable. Reconnut Vendredi avec intérêt. Pourrai-je tenter ma chance dans votre simulateur de gravité personnel ?

-Eh bien... Euh... Oui, certainement. La personne qui y fait des tests reste à l'intérieur toute la journée, mais nous pourrons aller y jeter un œil ce soir quand il libérera la salle. Je devais y faire une maintenance de toutes manières.

-Bien volontiers. C'est un rêve d'enfant de pouvoir voler... Mais, qu'est-ce qu'il teste au juste, votre ouvrier ?

-La résistance de mes invention en conditions extrêmes. Répondit Bulma sans hésiter (mais masquant de justesse une grimace au mot « ouvrier »). Ça me permet de détecter les failles de fabrication et de conception et m'encourage à créer des machines toujours plus résilientes et résistantes.

-Ah. Mais pourquoi toujours plus de résistance ?

-Parce qu'ici c'est une zone hautement sismique, expliqua la scientifique en souriant. Nous avons toujours peur d'avoir à faire face à un tremblement de terre plus important que les autres qui ferait des victimes. Nous pouvons empêcher cela si les bâtiments de demain ne s'effondrent plus, si les véhicules ne perdent pas le contrôle et que les hop-pop capsules ne sont pas trop lentes à charger pour les évacuations et les sauvetages. D'un autre côté, perfectionner le matériel, c'est diminuer les risques des vices de fabrication dangereux lorsqu'on se met à produire à la chaîne. Nous produisons des véhicules et des robots en tous genres, nous ne voulons faire courir de risque à personne. La perfection est un de nos plus gros critères de différenciation, et en ce qui me concerne, j'aime ce genre de défis.

-Miss Bulma, vous êtes une femme passionnante. Commenta son interlocuteur en hochant la tête d'un air approbateur.

-Passionnée aussi. Ajouta-t-elle d'un air malicieux. Proposez-moi des défis, je me ferais un plaisir de les relever.

-N'importe quel genre de défis ? » Demanda-t-il avec un nouveau sourire charmeur, plein de promesses silencieuses, qui réchauffa le cœur de Bulma. Cela faisait très longtemps qu'un homme ne lui avait pas fait la cour dans les règles de l'art. Et voilà que depuis ce matin, ce gentleman tout à fait charmant s'intéressait à elle et aux petits détails de sa vie qu'elle voulait bien lui donner, sans perdre une seule occasion de la complimenter de manière subtile sur sa beauté et son intellect.

Alors ? Que répondre ? Porte ouverte ou porte fermée ? Quelle question ! Elle était Bulma-la-géniale, et tous les hommes devaient être à ses pieds !

Elle papillonna des cils vers son interlocuteur en lui renvoyant un sourire malicieux en murmurant : « C'est à voir. Tentez votre chance ! Pourquoi, vous avez une idée en tête pour défier mes compétences ? »

Comme attendu, l'homme tenta de réprimer un sourire victorieux sans y parvenir, et ses yeux se mirent à briller pendant quelques instants, avant qu'il ne se plie à une réponse appropriée : « Un certain nombre en fait, mais nous aurons tout le loisir d'en discuter une prochaine fois. Aujourd'hui c'est vous qui me faites découvrir votre entreprise et vos attentes. Si notre partenariat se développe de manière aussi prometteuse, je n'hésiterai pas à faire appel à votre ingéniosité pour des enjeux spécifiques. Mais méfiez-vous, moi aussi je peux être très... difficile à satisfaire.

-Oh ne vous en faites pas pour ça ! Répondit Monsieur Briefs indifférent à l'échange de sous-entendus qui venait de se produire. Bulma et moi sommes toujours ravis qu'on nous soumette des idées nouvelles à développer !

-C'est bien pour ça que je suis l... Oh ! Miss Briefs ! Attention à vous ! Ça va ? »

Bulma venait de trébucher dans les marches de l'escalier, rattrapée de justesse à la rampe et par Vendredi qui s'était précipité vers elle. Elle soupira de soulagement en regardant la volée de marches devant elle, qu'elle avait failli descendre en glissade libre. Elle posa la main sur son ventre par réflexe. « Ouf ! Oui, ça va, merci. J'ai perdu mon équilibre. Si ça ne vous dérange pas, j'aimerais bien aller m'asseoir un moment. Je suis un peu fatiguée.

-Oui, bien sûr. Compatit son père tandis que Vendredi hochait la tête.

-Je pourrai venir vous rejoindre après que vous ayez visité les laboratoires extérieurs ? Proposa-t-elle en reprenant prudemment sa descente vers le salon où elle entendait sa mère cuisiner en chantant.

-Oh, rien ne presse ! S'empressa de répondre Vendredi. Faisons une pause et nous terminerons la visite ensuite ! »

Ainsi fut fait.

Au final, le gentleman ne la lâcha pas d'une semelle de toute la journée, ne manquant pas une occasion de la complimenter. Bulma s'y trouvait à son aise, répondant poliment et avec dignité à tout ce qu'il pouvait dire, enregistrant tout. Car en parallèle des politesses et présentations, la négociation avait déjà commencé entre les lignes. Il donnait ses conditions au milieu de l'énumération de ce qu'il aimait, elle donnait ses attentes au milieu de la description de ses méthodes de travail. Au milieu de ces échanges calculés, le malheureux monsieur Briefs avait rapidement attrapé un mal de crâne qui n'avait fait qu'empirer au cours de la journée, et qu'il justifia par son grand âge. Il ne tarda pas longtemps dans la soirée avant de s'excuser et d'aller se coucher, suivi par sa femme qui voulait veiller sur lui, non sans s'être assurée auprès de leur invité qu'il avait tout ce dont il avait besoin pour la nuit dans la chambre qu'il occuperait pour les deux prochains jours.

Ainsi, dès le début de la soirée, Bulma et Vendredi se retrouvèrent en tête-à-tête, n'ayant rien d'autre à faire que de discuter en attendant que la chambre de gravité se libère. Tous deux parfaitement à l'aise, sirotant un thé, ils évoquèrent leurs loisirs. Bulma mentionna avec entrain combien elle aimait la danse, les sports de vitesse et les voyages. Lui aussi aimait découvrir de nouveaux horizons et discuta longuement de toutes les beautés du continent Est d'où il venait. Mais il parla plus de villes et monuments que des immenses contrées sauvages que Bulma avait sillonné des années auparavant et dont elle se rappelait maintenant avec nostalgie. Pour sa part, Vendredi semblait avoir encore moins de temps qu'elle pour les loisirs, mais se vanta de faire régulièrement du sport pour entretenir sa forme physique. À cette remarque, il prit sans doute le sourire amusé de Bulma pour de l'approbation. Il fallait bien reconnaître que le physique de Vendredi était agréable à regarder et qu'il en prenait soin. Mais malheureusement pour lui, la femme qu'il tentait de séduire fréquentait les guerriers Z.

« Je pratique aussi un peu les arts martiaux. » Annonça-t-il comme un secret incroyable. Cette annonce eut malheureusement l'effet inverse de celui qu'il aurait escompté, mais Bulma, loin de lui dire que cette information ne valait rien pour elle en comparaison des gens qu'elle connaissait, joua le jeu de l'enthousiasme :

« Vraiment ? J'adore les arts martiaux ! Enfin, je ne les pratique pas personnellement, mais j'ai souvent été assister à des tournois pour encourager des amis !

-Vous avez des amis qui pratiquent les arts martiaux en tournoi ?

-Oui, enfin c'était il y a quelques années.

-Ah oui, je comprends... C'est vrai que c'est un peu démotivant de nos jours, de tenter de participer à des tournois quand on sait qu'il existe quelqu'un d'aussi fort que Mister Satan. »

Bulma évita de peu de se retrouver ridicule, s'apprêtant à demander très innocemment qui était cet illustre inconnu, lorsqu'un tintement bruyant retentit dans la cuisine, suivi immédiatement d'une activation de la vingtaine de robots ménagers qui s'y trouvaient et de l'allumage des fours.

« Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta Vendredi en observant la scène, incrédule.

-Oh, rien, c'est normal. Dissipa Bulma. C'est l'alarme qui signale que la chambre de gravité vient d'être libérée.

-Ah bon ? Mais pourq...

-Allons-y ! Signala la scientifique avec un sourire aimable. Je vous ai déjà fait attendre tout l'après-midi pour ça. » Elle se leva avec précautions, toujours une main sur son ventre, puis sembla réfléchir et ajouta : « Ça ne vous dérange pas si je fais mon opération de maintenance avant de vous montrer comment fonctionne la machine ?

-Non, bien entendu. Puis-je vous accompagner ? »

Bulma considéra la question durant trois secondes, puis répondit : « Oui, avec plaisir. Mais je dois vous prévenir que je ne suis pas toujours aussi aimable quand je traite avec mes machines.

-Dans ce cas, je ne dois certainement pas manquer cette occasion de mieux vous connaître. » Déclara le gentleman avec un rire amusé.

Quelques minutes plus tard, le gentleman en question se retrouvait en charge de porter la lourde caisse à outils de la scientifique qui n'avait pas jugé nécessaire de lui mentionner qu'elle disposait de robots ménagers capables de remplir la même fonction. C'était tout de même plus rapide, et ses précieux outils risquaient moins de se faire cogner contre les murs du couloir Et puis c'était toujours tellement plus agréable quand les hommes portaient ses affaires !

Ils ne croisèrent personne en chemin.

Ce fait faillit rendre Bulma nerveuse. Végéta n'était pas du genre à l'éviter. Donc soit il était blessé, soit il digérait mal de s'être fait rejeter, soit il était carrément furax contre elle depuis ses quatre jours d'absence. Peut-être même un mélange des trois options. Mais quoiqu'il en fut, elle n'eut pas le temps de s'en inquiéter sérieusement, trop occupée à surveiller du coin de l'œil que l'homme qui l'accompagnait ne risquait pas de faire tomber ses précieux outils à force de changer de main tout le temps. Ne pouvait-il donc pas accélérer ?

Ce ne fut qu'une heure plus tard qu'elle croisa enfin le saiyan. Elle avait rapidement opéré sa maintenance sur la salle de gravité, vérifiant que tous les mécanismes étaient en état de fonctionnement approprié, remplaçant la connectique d'un des répercuteurs et en remettant deux autres en place après les avoir minutieusement inspectées une à une. Puis elle avait lancé la machine en gravité nulle, pour le plus grand émerveillement de Vendredi qui s'était amusé quelques minutes à se propulser d'un mur à un autre en apesanteur totale, tentant à deux reprises de frôler Bulma qui lui parlait avec enthousiasme des nombreux usages médicaux et thérapeutiques qui allaient pouvoir être développés grâce à cette invention, tant pour les guérisons et opérations en apesanteur que les nouvelles méthodes d'extraction moléculaire sous gravité augmentée. Une toute nouvelle génération de vaccins pourrait certainement voir le jour d'ici cinq ou six ans grâce à cette technologie. Intérieurement, elle en était convaincue, le vaccin qui allait sauver Goku de sa maladie cardiaque serait certainement l'un de ces nouveaux vaccins. Cela la réconfortait un peu de penser qu'elle pouvait jouer un rôle pour contribuer à sauver son ami, même dans une dimension parallèle. Elle se sentait moins inutile.

Vendredi l'avait écoutée avec intérêt et admiration sans manquer une occasion de la complimenter. Bulma se sentait à l'aise, valorisée comme il se devait par un homme qui avait lui aussi tout pour plaire.

Puis ils étaient repassés par la salle à manger et s'étaient salués à l'entrée du couloir menant aux chambres. En passant, Vendredi avait lancé un « Bonsoir » poli vers un individu couvert de bandages et mal coiffé, assis là à manger et à qui Bulma n'avait pas adressé le moindre regard. Il avait souhaité une agréable nuit à la belle scientifique en lui prenant la main pour y déposer ses lèvres avec une petite révérence qui la fit rire d'aisance. Oui, sans aucun doute, cet homme était tout à fait charmant !

Puis elle attendit que son aimable invité ait tourné au bout du couloir, s'assurant qu'il ne reviendrait pas sur ses pas.

Une seconde.

Deux secondes.

Trois secondes.

Puis elle se retourna.

Et se heurta de plein fouet à un regard ténébreux braqué sur elle comme un laser de lumière noire.

Et toutes ses certitudes s'effondrèrent.

ooooo

Végéta fronça davantage les sourcils pour marquer son désagrément. Une multitude de pensées se bousculaient dans sa tête et il avait grand peine à faire le tri. Ça avait été si simple de réfléchir pendant plusieurs heures à ce qu'il allait dire à cette humaine stupide et à la façon dont il allait lui cracher son mépris à la figure. Mais encore une fois, elle jouait avec les règles du jeu, et tout se trouvait remis en question lorsqu'elle plongeait son regard bleu d'océan dans le sien, le soutenant sans crainte et même avec une lueur de défi, comme une égale.

Il la vit ciller, et se visualisa se jetant vers elle pour saisir sa gorge délicate qu'il broierait sans mal entre ses doigts qui le démangeaient rien qu'à cette idée. Et il romprait la nuque de l'intrus qui venait de partir dans la foulée.

Il la sentit vaciller, et se visualisa se jetant sur elle pour dévorer son corps délicat qu'il dominerait toute la nuit de ses doigts qui le démangeaient rien qu'à cette idée. Et la nuit suivante dans la foulée.

Il la vit serrer les poings et lutta pour ne pas sourire, sentant arriver le combat.

Puis il sentit son parfum, et réprima une moue de dégoût. L'individu avec son chiffon-à-étrangler autour du cou avait laissé son odeur de charbon un peu partout dans la maison, et encore plus sur elle. Que faisait donc là cet intrus ?

Une multitude de questions se chamboulaient dans sa tête, et il en choisit prudemment une : « Qu'est-ce que c'était, ça ?

-Hein ? S'étonna Bulma qui sembla reprendre brutalement pieds dans la réalité. Quoi ?

-Sa gestuelle, juste avant de partir. Il a posé sa bouche sur ta main. Qu'est-ce que ça veut dire ?

-Ah, ça ! C'est un baisemain. Dans sa culture, sur le continent Est, les hommes de bonne société font ça pour saluer une demoiselle distinguée. C'est une marque de galanterie.

-Ah.

-Tu sais ce que c'est, la galanterie ? S'enquit-elle en risquant un pas prudent dans sa direction.

-Non, et je m'en fous.

-Ça se voit. Moqua-t-elle en croisant les bras eu dessus de son ventre arrondi.

-La réserve de robots de combat, tu me cachais ça depuis longtemps ? Changea-t-il sèchement pour un sujet plus intéressant.

-Oui, il fallait bien que je m'organise pour que tu ne sois jamais à sec.

-Ça aurait pu marcher si tu n'étais pas partie pendant cinq jours. Lui reprocha-t-il.

-Je ne serais pas partie si tu ne m'avais pas harcelée. Répliqua-t-elle en sifflant entre ses dents.

-Je ne t'aurais pas harcelée si tu n'avais pas changé d'avis sans raison. Rétorqua-t-il sans broncher.

-Je n'aurais pas eu de raison de changer d'avis si tu ne m'avais pas mise enceinte sans en avoir rien à foutre.

-Je ne vois pas le rapport. Ce n'est ni ma faute ni mon problème. »

En l'espace de ces quelques secondes, l'instinct avait repris le dessus et ils s'étaient retrouvés nez à nez, se jaugeant de leurs regards assassins, lasers noirs s'entrechoquant contre des éclairs bleus. Végéta avait même cessé de manger.

« C'est bien là qu'on n'est pas d'accord, monsieur-le-saiyan ! J'aspire maintenant à une relation stable et épanouissante pour mon bébé. Inutile de revenir sur ce sujet. On en reparlera le jour où tu auras envie d'une relation stable aussi. En attendant, inutile de revenir à la charge.

-Donc tu vas fréquenter plus souvent des vermisseaux dans le genre de celui qui était là tout à l'heure ?

-Oui. Un vermisseau comme tu dis, ça peut aussi être quelqu'un de beau, aimable et attentionné qui m'admire à ma juste valeur, contrairement à toi. Je vais en trouver un à mon goût, je le prends pour petit-ami, il s'installe ici, il dort avec moi toutes les nuits, mon enfant l'appellera Papa, et on lui fera des petits frères et sœurs.. Quoi ? Ça te pose un problème ? »

Elle avait certainement remarqué qu'il serrait les dents. Il faut dire qu'il les serrait si fort qu'elles avaient sûrement grincé. Il détestait chacune de ces paroles tout autant qu'il ignorait pourquoi. Cette femme, avec ses yeux bleus qui le fixaient, son parfum par vagues d'épices et d'océan, et son caractère indomptable, elle tentait de le manipuler.

« Bien sûr que non. Répondit-il après avoir manqué une crampe de la mâchoire. Tant que ces imbéciles ne rognent jamais ton temps de travail pour moi.

-Eh oh ! Je parle d'avenir à long terme, là ! Quand tu seras un super-saiyan, tu n'auras plus besoin de moi pour t'entraîner !

-C'est vrai, reconnut-il avec un sourire sadique tandis que tout son esprit hurlait le contraire. Je pourrai enfin te tuer.

-Hmmmm. Soupira Bulma d'un air blasé. Mais oui mais oui ! D'ici là, tâche de ne pas te tuer toi-même tout seul pendant ton entraînement. Tu n'as pas franchement bonne mine, là ! » Elle désignait les bandages autour de son bras et de sa cheville, et les multiples traces de brûlures qui parcouraient ses épaules. Par chance, le T-shirt qu'il portait cachait le pire.

« Et toi, tâche de ne pas me sous-estimer. Gronda-t-il. De quel droit est-ce que tu as cru pouvoir juger que je ne serais pas capable d'affronter tous les pathétiques robots de ta réserve en même temps ?

-Du droit de la scientifique qui n'a pas envie de perdre tout le temps et le génie qu'elle investit depuis presque deux ans, pour aider un fou qui finit juste par se tuer tout seul. Tu as vu l'état dans lequel tu es ? Tu es mal placé pour...

-Humaine, articula-t-il lentement en se levant avec un air menaçant, ne me sous-estime pas.

-Très bien. Répondit Bulma sur un ton de confidence en levant un sourcil amusé. Dans ce cas... Prouve-moi que tu es à la hauteur de mon génie... Arrête de t'abîmer tout le temps. Tu vois, je ne te sous-estime pas, mais je suis une scientifique : je veux des preuves. Alors la prochaine fois que tu te casses quelque chose, je ne réparerai plus tes robots jusqu'à guérison totale.

-Humaine, tu cherches des problèmes. Menaça-t-il.

-Non. Conclut-elle en se redressant fièrement et terminant là le duel des regards. Ça je les ai déjà trouvés depuis longtemps. À partir de maintenant, ce que je vais chercher pour moi, c'est un homme à ma mesure. Un homme digne de moi. Qui voudra affronter les problèmes et la vie avec moi, pas m'en créer d'autres. On en reparle le jour où tu comprendras ça. »

Elle lui tourna le dos, cherchant à clore là la discussion.

Elle se trompait.

« Arrête avec tes sous-entendus ! Lança-t-il dans son dos en ricanant. C'est inutile d'insister, on n'en reparlera jamais. Je te l'ai dit, Bulma, je ne céderai rien. Mais toi, tu ne trouveras jamais un misérable humain qui corresponde à tes attentes. Même moi je ne te supporte pas, et crois-moi, j'ai supporté bien des choses dans ma vie. Tu vas vite te lasser, comme d'habitude. Mais si tu reviens vers moi un jour, même si tu fais des concessions, avant de revenir, souviens-toi juste que je suis... parfois rancunier. »

Le sourire carnassier qu'il lui envoya ne trouva pas d'écho dans le regard bleu de l'humaine lorsqu'elle se retourna brièvement vers lui, froide comme la glace : « Va au diable Végéta. »

Comprenant par là qu'il venait de remporter cette bataille, le saiyan croisa les bras et lui renvoya son rictus le plus machiavélique, trouvant inutile de rétorquer, tandis que l'humaine tournait les talons et quittait la pièce à grands pas bruyants, tête haute, les hanches chancelant sous le poids de son ventre sur ses jambes trop fines.

Il laissa tomber son sourire dès qu'elle fut hors de vue. L'humaine insoumise arrivait à jouer avec ses nerfs comme personne jamais n'y était parvenu, pas même Frieza, Zarbon et Dodoria réunis. Il ne savait pas d'où lui venait cette rage sourde qu'il sentait instiller dans ses veines quand elle lui parlait de choisir un autre homme pour faire avec lui ce qu'ils avaient fait tous deux, cette envie qui démangeait ses poings d'aller se loger dans la gueule de ce mâle insipide et à l'odeur de charbon qui avait osé poser sa bouche sale sur les doigts de sa femelle, ce besoin de trouver une pierre ou un bout de métal et de le ronger jusqu'à en faire des milliers d'éclats tranchants qu'il pulvériserait autour de lui.

Cette humaine. Si fragile. Si influençable. Si insignifiante.

Elle jouait avec les règles du jeu comme avec ses nerfs.

Et ça pouvait mal finir.

ooooo

« Et à ce moment-là, il y a un troisième oiseau qui passe en volant au dessus d'eux, juste passer, hein, pas s'arrêter et faire la cour à Sissi, juste passer, vraiment. Mais Sissi lève les yeux et le regarde une fraction de seconde. Fifi est horrifié ! » Éclairée par sa lampe de chevet, madame Briefs écrivait dans son lit aux côtés de son mari qui lui tournait le dos :

« Ma chérie, pour la quinzième fois, je te promets que je ne faisais pas semblant, j'ai vraiment mal au crâne. Pitié. Tu ne veux pas éteindre la lumière ? »

La journée du lendemain promettait d'être encore pire.