Coucou ! Alors, me voici avec un nouveau chapitre (je n'ai pas trainé cette fois xD). Je ne sais pas vraiment ce que j'en pense. Il n'est pas vraiment joyeux il faut dire. Mais pas vraiment triste non plus. Mais bon, je m'égare. Quels meilleurs juges que vous ?
Encore merci à akasha54, Ailinn D'avalon, macho, Mikipeach, Moon Plume, Gwla10 , Rukie-chan, Midnight Fantasy Abby, The Lily and the Hawk.
Risn: Coucou, je suis contente que tu aies aimé ^^ Pour la fin, les réponses sont pour bientôt. La fin est vraiment proche maintenant, ça me déprime rien que d'y penser xD. Merci beaucoup pour ta review en tout cas ;) Elle m'a fait très plaisir.
elenavd: je suis contente que tu aimes ^^ J'espère que la suite te plaira tout autant ;) Merci beaucoup pour ta review.
Pour tout ceux à qui je n'ai pas encore répondu, je suis désolée et je le fais dès que possible. Je n'ai malheureusement toujours pas de PC avec accès internet et j'utilise donc toujours mon gsm ce qui n'est pas pratique. Mais, promis, vous aurez vos réponses dès que je sais. Je prendrais sûrement le temps de le faire un peu ce soir déjà ^^
Un dernier petit truc et puis je vous laisse en paix. J'ai fait une vidéo (première de ma vie soyez indulgent xD) sur cette fiction. Vous la trouverez à cette adresse http / : m . youtube watch?gl = BE&hl = fr&client = mv - Google &v = duZh7QgPce0 (enlever les espaces). Bon par contre, c'est l'adresse que j'ai sur mon gsm -_- je ne sais pas si c'est la même sur un PC mais, elle est également sur le forum Edeinn's World (en même temps je lui fait de la pub, elle sera contente ^^).
Bonne lecture à tous, on se retrouve en bas.
Chapitre 34.
Quand nous arrivons enfin au mur, je suis complètement harassée. J'ai du mal à tenir sur mon cheval, mes yeux se ferment tout seuls.
Il faut dire que je ne suis pas la seule dans cet état. Lucan est derrière Dag, endormi contre son dos. Quant aux autres chevaliers…on ne peut pas dire qu'ils avancent aux pas de course. À moins que ce ne soit mono-sourcil qui ne les ralentisse. Si c'est ça, je les comprends entièrement et les soutiens. Rien qu'à l'idée de le revoir, j'ai envie de faire demi-tour.
Et dire adieu à un bon bain suivi d'un bon lit dans les bras de Tristan ?
Oui, bon, je me contenterais de le nier et de passer devant lui sans le regarder.
Si tu le nies, tu lui passes forcément devant sans le regarder.
Faut vraiment que je dorme.
Arrivée dans la cours d'entrée, nous sommes accueillis par mono-sourcil en personne et je dois, la mort dans l'âme, abandonner l'idée de l'éviter. Quand il me voit, j'ai à nouveau droit à ce regard de pur dégoût avant qu'il ne détourne les yeux. Je plisse les miens, me demandant si je serais capable de mettre le feu à sa robe sans être soupçonnée. À en juger par le regard d'avertissement de Tristan, non.
Je vais me mettre dans un coin pour descendre de cheval, rejointe par Guenièvre et Lucan et prête à partir vite, sans Tristan s'il le faut.
Sauf que voilà, mono-sourcil nous pète un câble. Quand il voit Alecto, j'ai presque l'impression qu'il revoit son premier amour après des années de séparation. Ça pourrait être mignon si ce n'était pas autant flippant et si Alecto ne semblait pas aussi terrifié.
Et puis, s'il n'a pas envie de se laisser regarder… il le voit déjà assez bien non ? Il veut quoi ? Vérifier qu'il a toutes ses dents ?
Et puis, comment ça il a triomphé ? Non que j'ai quoique ce soit contre lui et qu'il n'a pas voulu tenter de se battre. Il n'empêche que le petit est resté pépère dans sa carriole pendant qu'on se tapait les saxons. S'il est toujours en vie, c'est un peu grâce à nous quand même !
Vient ensuite le grand moment super émouvant qui aurait dû avoir lieu avant notre mission de la mort: la remise de la liberté des chevaliers.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que mono-sourcil a presque l'air déprimé de devoir tous les donner. Il aurait sûrement préféré qu'un d'eux disparaisse au passage.
Tu m'étonnes ! Dans Harry Potter, il aurait été super dans le rôle de Voldy. Et son pot de colle aurait fait un super serpent. Ou un Queudver aussi, pourquoi pas.
Je souris à cette idée, regardant le pot de colle en question. C'est vrai qu'à bien y réfléchir, il me semble qu'il est toujours dans l'ombre de mono-sourcil. Pour ma défense, il est tellement insignifiant qu'il est facile de ne pas le voir ou d'oublier l'avoir vu.
Les chevaliers vont chercher leur « ordre de congé », un air légèrement dégoûté en même temps que soulagé. Il faut dire que le terme employé pour ce document n'est pas le bon. Ce n'est pas comme si on avait besoin de leurs ordonner de s'en aller, ils n'attendent que ça !
Ils prennent donc à chacun leur tour leur liberté, adressant des regards meurtriers au mono-sourcil ou son pot de colle. Tristan passe en dernier. Il prend le document, s'apprête à partir avant de se raviser.
Je le vois soupeser la boîte des documents avec un air concentré. J'écarquille les yeux. Il ne va quand même pas … ?
Mais il le fait. Il prend la boîte et tourne les talons, me rejoignant alors que je le fixe comme s'il venait d'une autre planète. Il le remarque et hausse un sourcil en arrivant à ma hauteur.
-Ben quoi ? Demande-t-il d'une voix bougonne.
-Tu… Laisses tomber, je grommelle en secouant la tête. Pas possible !
Il hausse les épaules, me suivant alors que je rejoins l'emplacement de mes quartiers. J'arrive presque au bâtiment, salivant d'avance à la pensée d'un bond bain qu'une chose inconnue me saute dessus.
-Tu es en vie !
-Ou je l'étais, je gémis en tanguant sur mes jambes alors que Vanora se recule, me jaugeant d'un air critique.
-Et tu la laisses marcher alors qu'elle est si fatiguée ? S'indigne-t-elle en fusillant Tristan du regard.
-Je ne suis pas impotente non plus, je tente de tempérer.
-Je vais demander à Bors qu'il te po…
Elle n'a pas le temps de finir sa phrase que je me sens décoller du sol. Je reconnais la fragrance de mon Tristan et ne panique donc pas. Je suis plutôt agréablement surprise. Vanora le regarde avec des yeux ronds.
-C'est MOI qui la porte, explique mon homme d'un air bougon.
-Tu lui as fait quoi pendant votre absence ? Me demande-t-elle alors qu'il démarre.
-C'est juste mon néandertalien, je réplique d'une voix endormie en me laissant aller contre lui.
Mes paupières se font lourdes alors que je sens une sorte de torpeur me gagner. Un demi-sourire idiot étire sûrement mes lèvres, mais ces changements chez Tristan me font l'aimer encore plus et me montrent que j'ai pris les bonnes décisions jusqu'ici. Ça m'apporte de l'espoir. Si j'ai réussi jusqu'ici, pourquoi pas pour la fin ?
C'est dans un état second que je me rends compte que le vent a cessé et qu'on me dépose sur une surface douce.
-Bain, je marmonne sans ouvrir les yeux.
-J'attends l'eau chaude, murmure-t-il.
-T'es parfait, je soupire.
-C'est bien la première fois que je t'entends dire ça, réplique-t-il et je sens sourire dans sa voix.
Je ne réponds rien n'en ayant plus la force. Je ne reprends un peu conscience que lorsque je le sens me déshabiller et je tente de l'aider du mieux que je peux. L'eau chaude me tire un soupir de bien-être complet et j'arrive à entrouvrir les yeux. Tristan est assis à même le sol, face au bac. Je lui souris alors qu'il prend l'éponge humide pour frotter mon corps. Il est délicat, m'aidant à me relever quand c'est nécessaire et me recouchant. Je mets ensuite ma main dans la sienne et reste ainsi un long moment.
-L'eau devient froide, intervient finalement Tristan en se levant. Il faut que tu sortes avant d'être malade.
Il me relève et m'enroule dans un tissus. Il me porte une nouvelle fois sur le lit. Je baille à m'en décrocher la mâchoire, consciente que ce n'est pas le geste le plus sexy que j'aurais pu envisager, mais ce n'est pas comme si Tristan n'avait pas vu pire. Il connait tout mes défauts, je n'ai pas besoin de paraitre parfaite. S'il n'a pas encore fui, ce n'est pas me voir bailler qui le fera partir.
Je le sens s'éloigner et attrape sa main avant qu'elle ne disparaisse.
-C'est à mon tour de me laver, explique-t-il et je sais qu'il sourit une nouvelle fois.
Je le relâche donc et me laisse partir vers le sommeil, consciente que nous sommes en milieu de journée.
Il fait chaud, une chaleur malsaine. J'ai l'impression d'étouffer et tout est noire autour de moi, je ne vois rien. Je me tourne dans tout les sens mais rien. Juste cette chaleur et des cris inhumains. De cris de souffrance.
Sacrifié.
Je sursaute. Cette voix, je l'ai déjà entendue. Cette sensation aussi. Quand ?
Tu l'as sacrifié.
Je me bouche les oreilles, mais la voix vient de l'intérieur. Elle est dans ma tête.
C'était ton choix.
Non, elle a assez donné.
Elle doit payer. Chaque vie doit être payée.
Elle l'a déjà fait.
Il mourra, elle doit sacrifier.
Il faut lui rendre sa liberté.
Trop tard.
Les voix se disputent, ma tête me fait horriblement souffrir et j'ai beau les supplier de se taire, ils crient de plus en plus fort.
Je me sens tomber à genoux alors que des flash de sang et de mort m'asseyent en même temps que les cris. C'est insupportable. La chaleur augmente et je n'arrive plus à respirer.
Je ne comprends rien de ce qu'ils peuvent dire et les images défilent trop vite pour que je les distingue correctement. Puis, l'une d'elle se fixe et un visage s'incruste dans ma tête.
Traitre…
Je me relève, le souffle coupée et collante de transpiration. Le bain n'a servi à rien visiblement. Une main me caresse le dos et je la reconnais immédiatement.
-Tu n'arrives même plus à dormir, soupire Tristan.
-Tout va bien, je marmonne en me frottant les yeux.
-Tu ne hurlerais pas dans ton sommeil si tout allait bien, crache-t-il en se relevant. Que se passe-t-il ? Pourquoi refuses-tu de me le dire ?
-Peut-être parce que tu n'as pas besoin de savoir, je soupire avec agacement.
Il me foudroie du regard et je grimace.
Mauvais plan de lui dire que ça ne le regarde pas. Tu veux qu'il claque encore la porte ?
Je veux qu'on arrête de me prendre la tête. C'est assez difficile comme ça.
Tu devrais commencer par arrêter de te plaindre. C'est eux qui risquent de mourir, pas toi !
-Je suis désolée, je souffle autant à Tristan qu'à ma petite voix. La fatigue me rend méchante sans raison.
-Tu vas m'expliquer ? Depuis les saxons, tu ne t'es pas réveillée une seule fois paisiblement.
-C'est que…je crois que ça a réveillé certaines choses.
Je ne mens pas…. Pas vraiment. Disons qu'il interprète ma révélation d'une certaine manière qui n'est pas vraiment correct et que je me retiens de le mettre sur la piste. Il pense que je parle de ce qu'ils m'ont fait alors que je parle de ces voix qui me harcèlent. Toujours les mêmes mots, toujours les mêmes sensations, toujours les mêmes voix. Et pourtant, je ne comprends toujours pas.
Je me relève pour aller me rafraichir et il me suit. Il s'appuie contre le battant de la porte, me regardant avec chaleur et je lui souris.
-Nous partirons le plus tôt possible, me prévient-il. Nous n'avons plus besoin de rester.
Je détourne le regard en me mordant la lèvre. Je sais que je dois dire quelque chose, essayer de lui expliquer, mais je ne vois aucun moyen de le convaincre de partir alors que je reste.
-Toujours ce mauvais pressentiment ? Interroge-t-il en fronçant les sourcils. On en a pourtant parlé.
Je hausse les épaules et un soupire agacé lui échappe. Je n'ose pas le regarder, me sentant coupable. Il veut que je lui parle, mais j'en suis incapable. Lui dire ce que je sais ne m'aidera à l'éloigner.
-Je vais aller voir Vanora, je réplique en fermant ma robe.
-Enora, soupire-t-il.
-On en parlera, d'accord ? Mais, plus tard. Là, j'ai envie de retrouver mes amis.
Je l'embrasse rapidement et sors tout aussi vite, ne lui laissant pas le temps de me rattraper.
J'avance dans les rues boueuses pour retrouver Vanora quand je vois Éric. Il se fige un instant avant de s'approcher à vive allure. Il me sert ensuite dans ses bras brièvement avant de s'éloigner et de me regarder sous toutes les coutures.
-Je n'ai rien, je ris légèrement alors qu'il fronce les sourcils.
-Oui, juste des hanches en plus, sourit-il moqueusement alors que je me fige, indignée. On aurait pourtant cru que tu perdrais du poids.
-Espèce de….
Je lui envois un coup de poing dans l'épaule alors qu'il rit, fier de lui. C'est vrai que j'ai pris un peu de ventre depuis quelques jours. Comme si le fait d'accepter sa présence l'avait poussé à se manifester. Et j'ai peur que ça n'aille pas en s'arrangeant. Avec un peu de chance, les choses seront réglées avant.
-Bonjour Enora.
Je me tourne vers Félicie qui me sourit timidement et je lui réponds de la même manière. On ne tente plus de s'arracher la tête, on avance, non ? On ne va pas en plus se prendre dans les bras !
-Salut, je réponds. Vous n'auriez pas vu Vanora ?
-Sûrement avec Bors et ses enfants, répond Éric en se rapprochant de Félicie.
Je souris. Il a l'air bien avec elle.
Je hoche la tête et m'éloigne. Il fait vraiment sombre maintenant, la nuit est tombée et je n'ai pas envie de trainer seule.
C'est sur cette pensée qu'on me fonce dedans, m'envoyant au sol.
-Enora, s'exclame Arthur en me relevant. Je suis sincèrement désolée, je ne t'avais pas vue.
-J'avais remarqué, je grommelle. Où tu vas à cette allure, il y a le feu ?
-J'ai bien peur que ce ne soit pire, annonce-t-il sombrement.
Je me sens blêmir. Déjà ? Je n'ai même pas eu droit à une nuit de sommeil ? Je sens le poids sur mes épaules s'alourdir.
Je remarque alors Guénièvre qui le suit de près. Elle me lance un regard encourageant et j'y puise la force nécessaire pour me redresser.
-Je viens avec toi, je souffle avec fatalité.
Il acquiesce et nous nous mettons en route. Nous arrivons au mur et je grimpe les marches, arrivant essoufflée en haut.
-Je croyais que tu allais chez Vanora ? M'accueille Tristan. Je t'ai cherché partout.
Je lève les yeux au ciel sans lui prêter attention et regarde par-dessus le mur… avant de reculer vivement.
Ils sont nombreux, trop nombreux. On va tous se faire massacrer ! On va finir en hachis Parmentier avant d'avoir pu lever une épée et….
Quel optimisme ! Ça fait plaisir à voir.
Il y en a de trop.
Les pictes sont sûrement nombreux aussi. Ils ne décideraient pas de se battre s'ils ne pensaient pas avoir une petite chance.
À moins que ce ne soit des suicidaires !
Essaie de te rappeler tes cours d'histoire ! Qui gagnait d'après le prof ?
Je n'ai JAMAIS écouté les cours d'histoire !
Guenièvre regarde à son tour avant de se tourner vers Arthur qui a les yeux rivés sur moi. Je lui souris tristement. Je ne peux pas prendre de décision pour lui mais je sais qu'il l'a déjà prise.
Il regarde alors les chevaliers tour à tour. Ceux-ci ne savent ni quoi dire, ni quoi faire. Je les comprends, ils ne se sentent pas vraiment concernés par cette histoire, ils veulent juste partir.
Arthur regarde ensuite vers le bas. Je fais de même et vois les villageois, entassés devant le mur. Ils nous regardent avec terreur et un peu d'espoir.
-Chevaliers, entame Arthur et je retourne mon attention sur lui. Mon voyage avec vous s'arrête ici. Puisse Dieu vous accompagner.
Sur ces paroles, il fait demi-tour. Lancelot tient deux secondes avant de le suivre, visiblement en colère. Guenièvre suit la joyeuse petite troupe et je reste là, ne sachant pas quoi faire exactement.
-Arthur ne devrait pas rester, ça ne le concerne plus, gronde Bors.
-Bien plus que tu ne le penses, je soupire, attirant l'attention sur moi. Il a beau n'être picte qu'à moitié et détester Merlin, c'est son peuple qu'on s'apprête à exterminer. C'est son sang. Tout comme le mien.
Il y a un silence tendu. Ils me fixent avec incrédulité pour certains, d'autres avec la peur de comprendre où je veux en venir.
-Que veux-tu dire ? Demande Gal dans un rire nerveux. Que tu vas…rester et te battre ?
Il a dit ça comme si c'était une absurdité, mais l'inquiétude de sa voix prouve qu'au fond, il a compris.
-Bien sûr que non, elle ne le fera pas, intervient Bors en se relevant. Elle rentre avec nous. Pas vrai, gamine ?
Je ne réponds rien et n'ose regarder aucun d'entre eux.
-Enora ? M'appelle Dagonet et sa voix semble légèrement paniquée.
Je ne lève toujours pas la tête, j'ai trop peur de me faire tuer par un des regards ici présents.
-Peu importe ce que Merlin a fait et combien je le déteste pour tout ça, je soupire en croisant les bras. Ce serait injuste de faire payer ça à tout un peuple.
Une prise douloureuse se fait sur mon bras et je me sens secouer, me faisant me mordre la langue. Je n'ai pas besoin de l'entendre me crier dessus pour savoir qu'il s'agit de Tristan
-Es-tu devenue folle ? C'est ça que tu refusais de me dire ?
-Tristan ! S'exclame Dagonet en s'interposant mais sans réussir à faire lâcher Tristan. Calme-toi, tu vas lui faire mal !
Le concerné ferme les yeux et je le regarde pour la première fois depuis que je suis arrivée. Il est blême, je ne l'ai jamais vu dans cet état. Je voudrais lui demander pardon, le supplier de me pardonner. Comme je voudrais qu'il comprenne, qu'il accepte. Rien n'a d'importance pour moi si ce n'est sa vie.
Il inspire profondément avant d'ouvrir les yeux. Il est furieux, je le vois.
-Toi et moi allons avoir une petite conversation, articule-t-il difficilement. En privé, ajoute-t-il durement alors que Dag ouvre la bouche.
Il m'entraine alors avec force dans l'escalier, dévalant les marches alors que je tente de le suivre comme je peux. Il va vite, me tirant quand je ralentis. Il m'entraine dans ses appartements, me balançant littéralement à l'intérieur avant de claquer la porte et de la verrouiller.
Il s'apprête peut-être à nous tuer.
Merci, je me sens très rassurée !
Je dis juste ça comme ça.
Tristan se tourne lentement vers moi alors que les larmes me montent aux yeux.
-Depuis quand as-tu pris cette décision ? Demande-t-il dans un murmure glacial.
-Le jour sur la glace, quand j'ai sauvé Dagonet. Il y a eu ce rêve, ces voix, ces images. Je savais que les saxons reviendraient, je te l'ai dit. Je n'étais juste pas sûr de savoir quand et où, mais je savais que je serais là. Je savais que je devais être là.
-Rien ne t'y oblige ! Crache-t-il en donnant un coup dans le mur.
-Si les saxons battent les pictes, je suis l'une de celles qui sait exactement comment finiront les survivants. Et tu me crois capable de partir avec vous avec ça sur la conscience ?
-Depuis quand tu soucies-tu des autres ?
J'accuse le coup, sachant qu'il parle sous le coup de la colère même s'il n'a pas tort.
-C'est peut-être ça le problème, je réponds simplement. J'ai assez pensé à moi.
-Et à moi ? Tu y penses ?
-Plus que tu ne le crois.
Il ferme les yeux en serrant les poings si bien que je me demande s'il se retient de m'étrangler. C'est sûrement le cas, il a toujours eu du mal à contrôler sa colère.
-Si tu restes, je reste, annonce-t-il.
-Non, je panique. Surtout pas ! Tristan, n'y pense même pas !
-J'ai pourtant toujours été clair ! Je t'emmènerai partout où j'irai, et je te suivrai partout où tu iras. Ça en fait parti.
-Tu ne sais pas ce que j'ai vu. Si tu restes, tu meurs. Je ne laisserai pas ça arriver. Même si je dois t'attacher à une carriole, tu partiras d'ici demain matin !
-Et si je ne reste pas, qui me dit que tu ne mourras pas ?
-Moi.
Il fronce les sourcils alors que je tente de soutenir son regard. Je vais lui mentir. Je n'ai jamais réussi à le faire jusqu'ici, mais je n'ai pas le choix. Il faut qu'il s'en aille.
-Dans ce que j'ai vu, il y a la version où tu es là et où tu te fais tuer. Il y en a une autre, où tu es absent. Nous gagnons et je suis toujours là.
Il détourne la tête, refusant d'entendre. Je m'approche et lui prends le visage, le forçant à me regarder.
-Tristan, tu sais ce que je sais faire. Je suis la plus apte à me défendre ici. Ils auront besoin de moi. De plus, ils sont une partie de moi. Je suis du sang de Merlin, peu importe à quand ça remonte. Tu ne peux pas me demander de les laisser mourir parce que tu t'inquiètes inutilement, et je refuse de fuir devant un saxon.
-Et je refuse de te laisser mourir.
-Je ne mourrai pas, je l'assure. Et je te rejoindrai. Quand tout sera fini, je reviendrai près de toi et nous pourrons commencer à faire de vrais projets, ensemble.
Il me prend les poignets alors que je caresse son visage, que je passe mes mains dans ses cheveux, cherchant à l'apaiser. Il plante son regard déterminé dans le mien et articule chacun de ses mots comme pour que je les imprègne.
-Je. Ne. Partirai. Pas. Sans. Toi.
Je ferme les yeux, dépitée et reprends mes mains. Je me détourne de lui et vais me poster à la fenêtre. De là où je suis, je vois les feux de l'autre camp. Les saxons. Des êtres brutaux sans aucune valeur. Ils prennent tellement de plaisir dans la souffrance des autres. Ce ne sont que des monstres. Et Tristan veut rester pour leur faire face ou m'emmener avec lui.
Mais aucune de ses options n'est la bonne. Je ne peux pas partir et il ne peut pas rester. Si je l'éloigne, il vivra. Mais, je dois réussir à le tenir à distance et ce n'est pas gagné. Une idée germe dans mon esprit et je me méprise pour ne serait-ce qu'y penser. Il ne me laisse pourtant pas le choix. Je prends donc un visage résignée, me surprenant pour faire preuve d'autant de talent en comédie pour la première fois de ma vie.
-Très bien, je soupire et un éclair de surprise passe dans ses yeux avec de la méfiance. Mais, j'ai une condition.
-Je me disais bien que c'était trop facile, grommelle-t-il.
-J'ai une stratégie pour eux qui les aideront à gagner. Tu pars devant, le temps que je les aide à tout mettre en place. Quand c'est fait -et avant que le combat ne commence, je t'assure-, je rejoins et on s'en va.
-Enora…, commence-t-il en secouant la tête.
-Tu ralentiras un peu, pour que je puisse te rejoindre plus rapidement. Ça nous évitera de perdre du temps. Je veux nous éloigner avant que les choses sérieuses ne commencent. Il est hors de question que tu restes dans les parages.
Il se met à tourner en rond dans la chambre, marmonnant dans sa barbe. J'attends en croisant les doigts. C'est un pari risqué et la seule solution. S'il refuse, je ne sais vraiment pas quelle autre ruse je pourrai utiliser. C'est tout ce que j'ai en réserve. Il faut que ça marche.
Il s'arrête en soupirant.
-J'imagine que c'est tout ce que j'obtiendrai, réplique-t-il finalement d'un ton las.
Je laisse échapper un léger soupir de soulagement alors qu'il tourne un visage dur vers moi.
-Tu leur dis tout ce que tu as à dire et tu me rejoins, ordonne-t-il d'un ton glacial. Pas de contretemps, pas de retard. Si tu tardes à venir, je viendrai te chercher et les saxons n'auront pas l'occasion de te tuer, je le ferai moi-même.
-Merci, je souris en le rejoignant, le prenant dans mes bras.
Je me sens mal, coupable, menteuse. Je me sens traitre. Je l'ai trahi, mais je n'ai vu que ça. Je n'ai plus qu'à espérer que quand il prendra la décision de venir me chercher, ce sera fini. Et que les saxons ne seront plus qu'un mauvais souvenir.
Au fond de moi, je suis terrorisée. J'ai peur que nous perdions, j'ai peur de mourir. Je ne veux pas mourir. Mais, plus encore, je ne veux pas que Tristan meurt.
Pour faire taire mes pensées et ces images qui me hantent, je l'embrasse. J'y mets tout ce que je ne peux pas dire, tout ce que je ressens, tout ce que je peux lui donner. Et il me le rend.
Je m'agrippe à lui comme à une bouée de sauvetage, le dévorant de baisers pour me souvenir de chaque parcelle de son être. J'y puiserai ma force, mon courage, ma volonté. Je m'éloigne un peu, lui lançant un regard coquin.
-On est enfin seuls, je fais remarquer. Personne pour nous interrompre, une porte verrouillée, un lit douillet. Que demander de plus ?
-Moins de vêtements ? Sourit-il moqueusement.
-Oui, tu as raison. Beaucoup, beaucoup moins de vêtement.
Il agrippe mes cheveux et me ramène à ses lèvres, m'embrassant avec passion. Des frissons me parcourent toute entière alors que je gémis de bonheur. Ça fait si longtemps que je n'ai pas pu l'avoir de cette façon. Et c'est peut-être la dernière.
Cette pensée me fait mettre encore plus de fougue dans mon baiser alors que les vêtements disparaissent un à un. Il me fait tomber sur le lit, me surplombant tout en embrassant mes joues, puis ma gorge. Il est trop doux, trop tendre, trop lent. Je veux autre chose. Je lui lacère alors le dos de mes ongles et un gémissement de douleur me répond. Je prends le dessus avant de l'embrasser violemment. Je descends ensuite à sa gorge que je mords plus ou moins fort.
Quand j'arrive à son torse, j'y plante mes dents en souriant. Il m'attrape la gorge et me relève alors que je le regarde avec provocation. Il semble comprendre mon humeur puisqu'il arque un sourcil moqueur et surpris. Je dois dire que je m'étonne moi-même. Je ne me savais pas capable d'une telle envie de violence.
Il me donne alors ce que je demande, reprenant sa place du dessus. Il m'écarte les jambes et entre en moi. Ma tête part en arrière alors qu'un gémissement de soulagement m'échappe. Il n'y a que dans ses moments-là que je me sens réellement à ma place. Même si j'ai un peu mal à cause du « manque de pratique », le sentir reprendre sa place me comble.
Il entame des va et vients profonds, rapides. Mes ongles lui griffent le dos sans que je n'arrive à me contrôler alors que mes cris doivent s'entendre depuis très loin sans que je n'en ressente aucune gêne. Tristan m'attrape les poignets et me les maintient d'une main au-dessus de ma tête alors que l'autre me serre la hanche à m'en faire mal et je sais que j'aurai une marque demain.
Mon bassin va à la rencontre du sien, nos peaux claquent et nos dents mordent. Je pense que, si j'étais extérieure à la scène, je me ferais un peu peur. Je n'arrive pas à expliquer mon besoin et ça n'a pas d'importance, j'en ai juste besoin.
Le plaisir que je ressens est presque insupportable. Mon corps entier est tendu alors que je tente de faire durer le moment plus longtemps. Je voudrais le garder pour l'éternité, qu'il ne se sépare jamais de moi. Si seulement nous pouvions rester enfermer dans cette bulle, loin du monde et de la mort.
Mais, tout à une fin, surtout les plus belles choses.
Mon corps se crispe entièrement alors que mon souffle se coupe sous la force de mon orgasme. Tristan se tend alors au-dessus de moi et le sentir venir me fait presque le suivre une seconde fois.
Il nous faut un moment pour nous remettre alors que je parsème toutes les parties de son corps que je peux atteindre de baisers légers. Il me regarde ensuite et fronce les sourcils d'inquiétude avant de passer sa main sur ma joue, et je me rends compte qu'elle est humide, que des larmes y ont coulées.
-Je t'ai fait mal ? S'enquit-il anxieusement.
Je ris légèrement en secouant la tête. J'aurais cru qu'il était visible que je n'avais pas du tout mal.
-Pourquoi pleures-tu alors ?
Je lui souris doucement en lui caressant la joue, cherchant les mots exacts qui ne me trahiront pas.
-Parce que tu es la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivée, je réponds finalement.
Cette chaleur si particulière qui n'appartient qu'à moi gagne ses yeux et je sais que j'ai pris la bonne décision.
Il vivra. Alors, au fond, qu'importe le reste ?
Alors, qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Nul ? Très nul ? Passable ? (comment ça je ne suis pas optimiste ?)
Tristan n'a pas eu l'air content mais a été légèrement soulagé d'entendre qu'il obtenait ce qu'il voulait. Comment réagira-t-il quand il saura qu'il a été roulé ? Va-t-il vraiment la tuer ? Reviendra-t-il la chercher ou partira-t-il en décidant que finalement, c'est pas plus mal de s'en être débarrassé ?
Et les saxons, quel accueil leur réserve Enora ? Va-t-elle faire beaucoup de dégât ? Tristan l'enlèvera-t-il avant que le combat ne commence ?
Et après, que se passera-t-il ? Comment toute cette histoire va-t-elle se terminer et que veut dire toute ces voix dans les rêves d'Enora ?
Pour cette fois-ci, je dis que celui qui postera la 240ème review aura droit à une interview xD Je suis vraiment trop gentille, avouez :P
Laissez-moi plein de review, je suis en manque de sucre xD
Bisous.
